En dépit de certains « accords locaux » la rivalité persiste entre le F.L.N. et le M.N.A.

Article paru dans le quotidien Le Monde, le 19 mai 1956.

Une quinzaine de Français musulmans ont été égorgés dans la région de Palestro. Ils appartenaient, croit-on, au Mouvement national algérien, et l’on en déduit que le modus vivendi sur lequel le M.N.A. et le Front de libération nationale se sont mis d’accord dans certaines régions (Alger et Constantinois notamment) ne revêt encore qu’un caractère local.

Dans d’autres cas les bandes messalistes ont, semble-t-il, choisi d’opérer dans des secteurs où le F.L.N. ne s’est pas encore implanté. C’est ainsi que la bande qui obéissait aux ordres de Si Mostefa, le « général de l’armée du Sahara », tué avant-hier à Taguine, dans le Sud algérien, était de tendance M.N.A.

Quelques jours avant l’Aïd-Es-Seghir, Si Mostefa, qui faisait un mouvement vers l’ouest avec ses hommes, surprenait les goumiers du poste d’Aïn-Naga, au sud de Djelfa. Il s’emparait des armes des goumiers, égorgeait les chevaux et laissait un « bon de réquisition » frappé du timbre M.N.A., comme il l’avait fait à d’autres étapes de son parcours.

Il a été établi que cette « armée du Nord-Sahara » messaliste ne comptait dans ses rangs aucun Nord-Saharien, si ce n’est quelques autochtones recrutés sous la menace. Ses membres étaient originaires de la région de Bougie et du Centre constantinois, secteurs où l’influence du F.L.N. est prédominante.

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