André Priore : En Algérie (mars 1965 – automne 1965). Lutte des classes et syndicalisme

Article d’André Priore paru dans La Révolution prolétarienne, n° 208, octobre 1965, p. 16-18.

Press Conference of President Houari Boumediene after the presentation of new Algerian government on August 8, 1965 in Algiers, Algeria. (Photo by Gamma-Keystone via Getty Images)

Depuis la déposition de Ben Bella par la fraction bureaucratique hétérogène que conduit Boumedienne, les luttes ouvrières en Algérie – qui s’expriment avant tout dans l’action syndicale – n’ont fondamentalement pas changé de nature. Les congrès syndicaux qui se sont tenus depuis le 19 juin ne sont pas qualitativement différents des congrès antérieurs, du moins de ceux qui ont suivi le « congrès-pilote » des cheminots algériens (juin 1964). Pendant un an, jusqu’en juin 1965, la lutte des classes a connu ses développements les plus conscients lors des congrès syndicaux, au niveau des A.G. d’usines et de fermes, des U.L., des U.R. mais surtout à celui des fédérations corporatives ainsi que de la Centrale elle-même (fin mars 1965). En l’absence d’un parti d’avant-garde du prolétariat des villes et des campagnes (ce dernier étant numériquement le plus important), c’est le mouvement syndical qui joue, dans l’Algérie révolutionnaire d’aujourd’hui, l’Algérie des ouvriers et des paysans pauvres, le rôle de canalisateur de la pression des masses.

QUI EST LE VERITABLE COMITE CENTRAL ?

Sur les plans idéologiques et programmatiques, il faut comparer la résolution du comité central du F.L.N. de février 1965 et le résultat du travail des commissions du 2e congrès de la centrale U.G.T.A. un mois plus tard, pour constater que le vide politique presque total du « Parti » devait amener les syndicats à proposer au pays la « Charte syndicale », document bien plus riche, à bien des égards, que la « Charte d’Alger d’avril 1964. D’un côté, le 2e C.C. du F.L.N. de février 1965 apparaît comme un équilibre précaire de tendances politiques hétérogènes exprimant la lutte acharnée que se livraient – et que se livrent encore – en bas, les classes antagonistes entre elles, et au sommet : les diverses couches bureaucratiques des appareils de l’Etat et du parti ; d’un autre côté, la Charte syndicale de mars dernier exprime dans une mesure assez grande, la poussée ininterrompue du prolétariat et des masses paysannes pauvres qui veulent absolument préserver leurs conquêtes économiques déjà considérables (l’autogestion fondamentalement), afin de mener jusqu’au bout la Révolution socialiste par l’instauration d’une économie et (surtout) d’un Etat réellement socialistes.

Ainsi, malgré la bureaucratie du F.L.N., du parti et de l’Etat, malgré le vide politique et organisationnel de ces appareils, les syndicats purent imposer leur charte au pays. La question peut donc être posée après le 2e congrès de la Centrale : qui est le véritable Comité central en Algérie ?

Sur le plan de l’organisation, le mouvement relancé après le congrès du F.L.N. (avril 1964), malgré une direction syndicale nationale non représentative, devait se poursuivre après le 2e congrès de l’U.G.T.A. Malgré le changement total de la Direction à la Centrale, le processus d’organisation ne devait pas être accéléré pour autant et ce n’est que les 8 et 9 juin que la Commission Exécutive nationale prit des résolutions importantes concernant l’organisation. Le premier congrès, celui de l’U.L. d’Alger-centre (30.000 syndiqués sur 100.000 prolétaires algérois) était ainsi convoqué pour les 19 et 20 juin 1965.

Si le premier congrès n’était convoqué que trois mois après celui de la centrale, cette période assez creuse en somme, a connu cependant les premiers développements de la crise entre les syndicats ouvriers et les syndicats « caporalisés » fédérés sous le contrôle bureaucratique de l’O.N.R.A. (Office National de la Réforme Agraire), à la tête duquel est placé Ali Mahsas, ministre de I’Agrlculture et membre du Bureau politique, syndicats de fonctionnaires contrôlant la F.N.T.T. (fédération nationale des travailleurs de la terre). La résolution des 8 et 9 juin condamne le « travail fractionnel » de la F.N.T.T. mais n’envisage aucun moyen concret pour que les producteurs, prolétaires agricoles, puissent, avec l’aide des ouvriers des villes, venir à bout de la bureaucratie d’Etat, qui cherche à liquider l’autogestion après les syndicats, par le truchement de l’appareil de l’O.N.R.A. Ainsi, plutôt que d’entreprendre un travail d’organisation et de formation syndicale et politique en profondeur auprès du prolétariat des campagnes, la Direction syndicale se contente de « condamner » le travail fractionnel.

APRES LE 19 JUIN : FAIBLESSE DES DIRECTIONS SYNDICALES

Le coup d’Etat de la nuit du 18 au 19 juin devait paralyser momentanément les syndicats et le congrès constitutif de l’U.L. d’Alger-centre ne se réunit que le 25 juillet. Que s’est-il donc passé dans la classe ouvrière et dans ses organisations syndicales pendant le mois qui a suivi la chute de Ben Bella ?

Pendant la première semaine de manifestations de rue dans les grandes villes, les grandes formations syndicales constituées devaient rester muettes et inactives. Seuls quelques syndicats locaux, telle de l’U.L. de Hussein-Dey (8.000 ouvriers syndiqués ayant organisé 3 congrès depuis 1962 alors que toutes les autres U.L. de l’Algérois étaient encore « provisoires »), tinrent des réunions élargies de cadres et votèrent des résolutions non publiées dans la presse.

Parmi les multiples tracts qui circulèrent dans la capitale lors de cette semaine, ceux des militants de l’autogestion et de militants syndicalistes de la base méritent l’attention. Il est possible que ces quelques réactions – les plus « politisées » qui nous soient parvenues – aient influencé les masses ouvrières, ainsi que la C.E. nationale qui se réunit à Alger à la fin de cette première semaine d’agitation fébrile, le dimanche 27 juin. La résolution de cette C.E. est un savant compromis entre les responsables syndicaux, les uns opposés et condamnant le coup d’Etat, les autres espérant consolider leur position de bureaucrates (dans l’appareil syndical, ou mieux étatique), en soutenant le « retour au 1er novembre ». La condamnation des « éléments arrivistes et opportunistes » qui sont de « retour sur la scène politique » (éléments non cités cependant), et surtout les perspectives organisationnelles contenues dans la Résolution contrastaient avec l’appel au calme décrété par la même C.E., appel qui aboutit au communiqué d’allégeance publié début juillet 1965 dans la presse.

Pendant cette période d’hésitations et de paralysie, c’est la base qui allait réagir en déclenchant quelques mouvements de grève dans les usines de l’Algérois. Pendant 13 jours, du 12 au 24 juillet, les 175 ouvriers des Laboratoires du Chalet à Hussein-Dey tinrent bon et aboutirent, un mois après le « coup d’Etat » à l’instauration du contrôle ouvrier sur la production et la commercialisation (jusqu’alors très défectueuse) de cette entreprise. On ne sait pas si la commission désignée par le syndicat a pu mener à bien ses tâches de contrôle, dans le contexte général qui a vu par la suite un regain d’énergie, sinon de confiance de la part du patronat. Il n’empêche que malgré les entraves bureaucratiques dressées contre les travailleurs par l’administration, parfois même par certaines directions syndicales, des luttes, comme celles des laboratoires du Chalet ont pu aboutir très loin. Il est vrai que les travailleurs ont repris à leur compte, lors de cette période où leur force était due en partie à la désagrégation de la bureaucratie du Parti (FLN), l’idée lancée par la base, il y a six mois, sur le « contrôle ouvrier » (1) ; et dont la bureaucratie conservatrice du parti et de la centrale de l’époque avait interdit la discussion. (Notons entre parenthèses que la « Charte syndicale » adoptée à l’issue du 2e congrès de l’UGTA contient tous les éléments permettant d’instaurer un « contrôle ouvrier » de la production et de la commercialisation dans les entreprises capitalistes et d’Etat. Cela prouve que malgré les tentatives terroristes de la bureaucratie conservatrice de l’Etat, du parti et des syndicats, de très grandes couches de cadres moyens et de militants ouvriers de base ont admirablement compris le contenu du document intitulé « Projet de programme sur le contrôle ouvrier » et l’on immédiatement fait leur, car il répondait, à l’époque, aux intérêts historiques du prolétariat algérien des villes et des campagnes.

LE MOT D’ORDRE DE « CONTROLE OUVRIER » REAPPARAIT AVEC FORCE

Dans la dynamique des luttes ouvrières qui reprenaient dès le début de l’été, et malgré le nouveau « régime » qui ne pouvait enrayer un mouvement incontrôlable, le pouvoir fut également contraint de tolérer la convocation d’un certain nombre de congrès syndicaux, dont le premier, nous l’avons vu, était celui d’Alger-centre.

Ce congrès fut assez positif dans la mesure où il enregistra la chute totale de la quasi-totalité d’une direction provisoire tenace, médiocre et bureaucratique sous la pression de la base décidée à prendre ses affaires en mains. L’expérience dira si la nouvelle direction de cette importante U.L., élue dans des conditions assez peu démocratiques (comme c’est souvent le cas dans les syndicats algériens où les « élections » sont trop souvent de simples formalités couvrant les combinaisons de clans), saura répondre aux objectifs de la base. Ce congrès donna aussi l’occasion au secrétaire général de la Centrale, Mouloud Oumeziane de relancer la polémique contre la FNTT. La pression du prolétariat dans le contexte d’une vague de licenciements et de durcissement patronal fit entendre la voix de la base à ce congrès. C’est pourquoi la résolution finale fut censurée par la presse algérienne.

Les pré-congrès et le congrès constitutif de la fédération de l’alimentation et du commerce devaient aller encore plus loin dans la présentation du programme de la révolution socialiste. A ces tribunes, le mot d’ordre du « contrôle ouvrier » ainsi que celui de « direction ouvrière de l’économie nationale » devaient être avancés et développés. Cependant, ces mots d’ordre révolutionnaires devaient s’accompagner aussi d’un soutien tactique au nouveau pouvoir issu du coup d’Etat, frisant l’opportunisme de la part des directions syndicales qui adoptaient publiquement, en le défendant, le programme du contrôle ouvrier de la production dans l’attitude de la centrale ainsi que dans celle de la direction de la fédération de l’alimentation qui n’hésitèrent pas à proclamer des points très importants du programme de la révolution prolétarienne (dans les termes non plus du philistinisme petit-bourgeois habituel, mais parfois du langage marxiste révolutionnaire), toutefois ces directions ne semblèrent pouvoir le faire sans applaudir trop bruyamment le nouveau pouvoir représenté à ces congrès par des membres du lamentable « Secrétariat Exécutif du Parti » et même par des fonctionnaires : bureaucrates, invétérés.

En réalité, dès le lendemain du coup d’Etat, une fraction des dirigeants syndicalistes était prête à passer une alliance tactique avec le nouveau pouvoir, dans la mesure. où ces dirigeants obtenant des garanties concernant les « libertés syndicalistes » se verraient intronisés par la nouvelle équipe au pouvoir et serviraient de courroie de transmission entre les masses et le nouveau régime. Il semble qu’une autre aile de responsables syndicaux ait voulu s’opposer publiquement en vain au régime Boumedienne au lendemain du 19 juin et qu’une partie ait tenté aussi de concilier les « aventuriers » et les « opportunistes ». Celle-ci que Mouloud Oumeziane couvre de son autorité semble avoir réussi à préserver la cohésion des sphères dirigeantes de l’UGTA. Mais elle n’a pu le faire qu’au prix d’une alliance tactique avec le nouveau pouvoir, essentiellement le Secrétariat exécutif du Parti composé de bureaucrates autoritaires, médiocres et sans aucun prestige dans les masses. L’attitude des dirigeants de la centrale dans les congrès dont nous venons de parler se voit clairement désormais dans l’organe syndical qui vient de reparaître à Alger : « Révolution et Travail ». Les nombreuses références du numéro 1 de l’organe syndical au secrétariat exécutif du Parti le montrent (n° 94 du vendredi 10 septembre, nouvelle série), notamment en ce qui concerne la restitution de l’usine NORCOLOR à son patron, l’UGTA soulignant que le secrétariat exécutif a condamné lui aussi cette restitution). Mais cette alliance tactique ne peut pas durer longtemps. Déjà le numéro suivant de « Révolution et Travail » (17 septembre) ne fait aucune référence au secrétariat exécutif du parti. Ce n’est certainement pas par hasard et cela indique déjà que le soutien tactique un peu tapageur de la centrale au groupe des anciens chefs de willayas qui ont en main le « Parti » est en train de s’effondrer. La cassure est d’ailleurs inévitable et se fera lorsque la Centrale ne pourra plus trouver de compromis entre la direction autoritaire et bornée du « parti » et de l’Etat, et les masses qui se manifestent comme toujours par des grèves de plus en plus importantes.

LES GREVES DE L’AUTOMNE 1965 ANNONCENT DES LUTTES SANS PRECEDENT

C’est naturellement l’attitude de la classe ouvrière des villes et des campagnes qui constitue la clé de la situation, non seulement syndicale, mais du pays lui-même dont la révolution socialiste apparaît menacée par le nouveau régime sur lequel l’impérialisme (français et américain) et la bourgeoisie nationale essaient de faire pression pour « stabiliser » le pays et remettre de « l’ordre » (l’ordre bourgeois) dans l’économie.

Après le succès de la grève des laboratoires du Chalet, la classe ouvrière des villes poursuit son combat pour la sauvegarde des libertés syndicales et pour l’instauration du contrôle ouvrier dans les usines capitalistes et d’Etat, ainsi que pour préserver la gestion ouvrière des entreprises placées sous « comités de gestion ».

Voici quelques faits que la presse algérienne s’est bien gardée de citer et de commenter :

– lors des pré-congrès et du congrès des travailleurs de l’alimentation, les critiques et les résolutions ont abondé, dénonçant les licenciements arbitraires de responsables syndicaux dans les entreprises d’Etat, surtout après le 19 juin.

– A Constantine, une grève de plus d’un mois a eu lieu en août sur un chantier de Travaux publics de 80 ouvriers. (Nous ne savons pas si satisfaction a été obtenue).

– A Alger, aux ateliers Renault (250 ouvriers), une grève de 3 jours et demi a été déclenchée à la fin du mois d’août pour que soient préservés les droits syndicaux. Le ministre du Travail se comportant en « briseur de grève » (malgré le prestige qu’il semblait avoir en tant qu’homme de gauche et rédacteur de la « Charte d’Alger »), fit reprendre le travail avant toutes discussions, lesquelles sont rendues impossibles pendant longtemps par le patronat ainsi remis en selle.

– A Bougie, début septembre, une grève éclate à l’usine capitaliste SIAN (Huilerie, Savonnerie) de 150 ouvriers. La gendarmerie intervient et tente d’arrêter les délégués syndicaux de l’usine et de l’U.L. Il a fallu l’intervention du nouveau sous-préfet (un capitaliste algérien propriétaire de l’usine de bonneterie S.A.B.) pour freiner le commandant de gendarmerie trop zélé. A l’usine ICOTAL (privée, 500 ouvriers, textiles) des conflits couvent ; de même au terminal du pipe-line de Hassi-Messaoud à Bougie, un grave conflit se prépare (Société la SOPEG, 600 ouvriers).

– A Oran, une grève des ouvriers des Bains Maures en lutte contre un patronat à mentalité féodale se solde par le « ramassage » des délégués syndicaux et de ceux de l’U.R. par la Police (PRG).

– A Rouiba (Algérois), les ouvriers de la chaîne de montage de l’énorme usine Berliet (800 ouvriers) sont en grève.

– A Miliana et dans l’Oranie, les ouvriers agricoles des domaines autogérés se mettent en grève par milliers. Cause : non payés depuis plus de 6 semaines. Certains ouvriers meurent de faim au travail, n’ayant pas mangé depuis plusieurs jours !

Il est certain que le prolétariat agricole va se mettre massivement en grève au cours de cet automne et de l’hiver. C’est le plus gros noyau de la classe ouvrière algérienne, le plus misérable et le plus mal payé, le plus exploité par la bureaucratie, et malheureusement le moins bien organisé. Il est donc à craindre que n’éclatent des « grèves spontanées » que les appareils de répression pourront contrôler ou briser en partie. Mais le prolétariat algérien des campagnes n’est toutefois pas isolé. Dans le combat sanglant contre la bureaucratie qui se prépare à grande échelle, les ouvriers agricoles se forgeront de nouveaux dirigeants dont il existe déjà un peu partout des noyaux isolés, réaliseront l’Union avec les prolétaires des villes et devront prendre à la gorge la bureaucratie d’Etat ainsi que la bourgeoisie d’affaires. Un exemple concret nous montre comment la bourgeoisie utilise l’appareil de l’ONRA (Office de la « Réforme » agraire) pour s’enrichir scandaleusement. Dans la région de Sétif, le frère du Commissaire départemental de l’ONRA est un des plus puissants grossistes de la région. En 1964, il a racheté à bas prix tout le fourrage des Comités de gestion du département et l’a revendu 6 mois plus tard 2 à 3 fois plus cher. Cette année, les ouvriers agricoles doivent être payés en nature, en fourrage notamment (car il n’y a plus d’argent dans les caisses de l’ONRA et notre grossiste pense pouvoir racheter ce fourrage aux ouvriers agricoles. Cependant, instruits de leur expérience passée, il semble que les ouvriers les plus conscients s’organisent pour résister aux complots de l’ONRA et de la bourgeoisie d’affaires. La situation économique est d’autant plus alarmante dans les Hauts Plateaux sétifiens que cette année, la récolte de céréales, particulièrement mal organisée, n’a donné que 50 % de la production réelle, la moitié ayant été laissée sur le terrain et confisquée par les nombreux nomades qui s’en retournent au Sahara à la fin de l’été.

L’autogestion industrielle (qui ne représente que 15 % à peine du potentiel industriel algérien) est en train d’être jugulée par les services du nouveau ministère des Finances que tient Kaïd Ahmed, bien connu pour sa dilapidation des deniers de l’Etat. Les Impôts et les Contributions réclament leur dû aux Comités de gestion industriels qui attendent depuis 2 à 3 ans que l’Etat leur paye les travaux effectués. Parfois, il faut aussi payer les dettes des ex-patrons. De sorte que dans peu de temps, la plupart des usines devront fermer, car elles n’auront même pas le moindre fonds de roulement pour payer leurs dettes. La seule solution pour sauver ce faible secteur autogéré est de procéder à des nationalisations massives d’industries, des banques, du commerce extérieur et du commerce intérieur en gros, et de planifier ainsi l’industrie socialisée mise soit en autogestion soit sous le contrôle des ouvriers. Mais l’actuel gouvernement est incapable d’appliquer ce programme (qui est celui de la « Charte d’Alger »), tout comme Ben Bella a eu le tort historique d’avoir tergiversé dans l’application du programme révolutionnaire du Parti.

Dans un tel contexte de remise en cause (qui risque d’être radical) des conquêtes des masses laborieuses, on comprend que le rôle des syndicats algériens soit aujourd’hui de la plus grande importance.

André PRIORE


(1) La R.P. de mars 1965 a publié de larges extraits de ce document sur le contrôle ouvrier qui fut interdit par la bureaucratie.


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