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Le PAGS pour une nouvelle législation anti-ouvrière

Article paru dans Travailleurs immigrés en lutte, n° 24, septembre 1978, p. 8-9

Usine de liquéfaction de gaz naturel de Skikda, le 5 juin 1978 en Algérie. (Photo by Gilbert UZAN/Gamma-Rapho via Getty Images)

Le projet de statut général du travailleur a été définitivement adopté par l’assemblée algérienne, sans être fondamentalement modifié, comme nous le prévoyions dans un article de notre bulletin n° 23. Cette nouvelle législation vise à accroître l’exploitation des travailleurs. Elle institutionnalise notamment la liaison entre le salaire et la productivité, et elle autorise l’allongement de la durée du travail (de huit à douze heures par jour) et les licenciements individuels ou collectifs ; elle supprime les allocations familiales qui représentent une, part importante des salaires ; enfin, elle fait de la grève un crime économique dans le secteur d’Etat.

Les positions du Parti de l’Avant-Garde Socialiste (l’équivalent du PCF en Algérie) concernant cette législation anti-ouvrière méritent d’être examinées, parce qu’elles sont révélatrices de sa nature politique.

– Les salaires : la nouvelle législation prévoit qu’une partie importante du salaire sera dorénavant versée aux travailleurs en fonction de leur rendement. Cela signifie concrètement que les patrons pourront baisser les salaires comme ils le voudront. Le PAGS estime quant à lui qu’il faut « prévoir des dispositions pour la protection des salaires » (voir brochure théorique du PAGS, « Révolution Socialiste » n° 13), mais ne dit rien sur le fait qu’une partie du salaire des travailleurs soit lié au rendement.

– Les licenciements : A ce propos, la nouvelle loi autorise les licenciements individuels ou collectifs « pour des raisons économiques ». C’est-à-dire que les entreprises privées ou d’Etat pourront comme bon leur semble jeter les travailleurs à la rue. Cela existait déjà de fait en Algérie, comme dans tous les pays capitalistes, et cette loi n’a rien d’étonnant en soi. Pour les staliniens du PAGS, il faut tout juste « introduire des dispositions rigoureuses au sujet des licenciements Collectifs » (RS n° 13).

On doit donc en conclure qu’ils sont pour les-dits licenciements, une fois que des « dispositions rigoureuses » auront été prises. En clair, il faut licencier, mais sans abuser.

– Le droit de grève : la nouvelle loi interdit la grève dans le secteur d’Etat. Le PAGS est contre cette interdiction, mais tout en prenant des précautions : « Les travailleurs doivent faire preuve d’un grand esprit de responsabilité dans l’usage du droit de grève » (RS n° 13).

De toutes façons, les staliniens n’envisagent l’usage de la grève que « pour ou contre l’application des orientations de la Charte Nationale, pour le succès ou l’échec de la bataille de la production ». En d’autres termes, ils n’envisagent l’usage de la grève que comme un moyen de soutenir la bourgeoisie bureaucratique contre la bourgeoisie privée.

Ainsi, le PAGS ne dénonce pas le caractère répressif du statut qui prévoit toute une série de sanctions contre les travailleurs qui sortent de la ligne. Le PAGS ne s’oppose pas à l’augmentation de la journée de travail. D’une manière générale, les propositions du PAGS concernant la nouvelle loi s’attachent surtout à montrer que l’usage de la démagogie est parfois plus payant que la force, mais dans le fond, il est d’accord ; il considère que ses critiques ne sont que des « divergences secondaires entre patriotes et progressistes », et ce n’est pas nous qui dirons le contraire !

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