Mohamed Dahou : Notes pour un appel à l’Orient (1954)

A la suite de la publication de mon article intitulé « Les spectres algériens de Guy Debord » sur le site du journal Article 11, j’ai choisi de proposer aux visiteurs de ce blog les « Notes pour un appel à l’Orient » rédigées par Mohamed Dahou en juillet 1954. On pourra y trouver un point de vue rarement mis en valeur dans l’étude des mouvements d’avant-garde ou dans l’histoire de la décolonisation. D’aucuns tenteront sans doute de mettre en perspective les bouleversements en cours dans le monde arabe. Toujours est-il que la radicalité des lettristes demeure encore inégalée dans la critique des oppressions. Continuer la lecture de « Mohamed Dahou : Notes pour un appel à l’Orient (1954) »

Albert Camus : trois documents (1955-1958)

J’ai choisi de partager trois documents rédigés par Albert Camus entre 1955 et 1958. Connus des spécialistes, ils demeurent rarement cités par ceux qui, de part et d’autre de la Méditerranée, instruisent des procès à charge ou à décharge, sans chercher à restituer l’ambiguïté, la complexité ou la tension inhérentes à chaque trajectoire individuelle. Continuer la lecture de « Albert Camus : trois documents (1955-1958) »

USTA : Résolution sur la libération de la femme algérienne (1957)

J’ai choisi de partager cette résolution sur la libération de la femme algérienne, adoptée lors du premier congrès de la Fédération de France de l’Union des syndicats de travailleurs algériens (USTA) qui s’est tenu à Paris en juin 1957.

Le texte a été publié dans le journal La Commune (n°4, juillet 1957), qui était l’organe du Comité de liaison et d’action pour la démocratie ouvrière (CLADO) au sein duquel se regroupaient les militants français plutôt favorables au Mouvement national algérien (MNA).

 

La libération de la femme algérienne présuppose sur le plan économique toute une série de mesures permettant à l’Algérie de sortir de ce moyen-âge économique où vit l’écrasante majorité du peuple algérien et qui ne sert qu’à asseoir la domination économique d’une infime minorité de gros colons et de féodaux musulmans.  Continuer la lecture de « USTA : Résolution sur la libération de la femme algérienne (1957) »

Appel en faveur d’un cercle international des intellectuels révolutionnaires (1956)

J’ai choisi de partager cet appel daté de novembre-décembre 1956 et paru en mai 1957 dans la revue dirigée par Maurice Nadeau, Les Lettres nouvelles. Parmi ses initiateurs, on retrouve Jean Duvignaud et Edgard Morin. Le premier était membre du bureau du Comité pour la libération de Messali Hadj et des victimes de la répression. Le second s’est insurgé contre les calomnies visant les messalistes et a eu l’occasion de revenir sur son engagement dans de nombreuses publications. Je suis revenu sur certains enjeux de ce microcosme anticolonialiste dans mon article « Face à la guerre d’Algérie : transactions anticoloniales et reconfigurations dans la gauche française ».

Le rôle propre des intellectuels dans le mouvement révolutionnaire

Des événements d’une immense importance, ceux de Hongrie au premier rang, viennent de bouleverser le monde ; ils nous mettent en face de nos responsabilités. En Pologne, en Hongrie, aux côtés des travailleurs en mouvement, les écrivains, artistes, professeurs, étudiants se sont engagés sans réserve dans le combat pour la vérité. Ils ont réussi à briser les tabous qui interdisaient, sous le couvert de la défense du communisme, toute revendication véritablement communiste. Leur contribution à la lutte révolutionnaire a été décisive. Ils ont fait la preuve à nouveau que la pensée et la parole sont une action. Continuer la lecture de « Appel en faveur d’un cercle international des intellectuels révolutionnaires (1956) »

Simone Weil : « Ces membres palpitants de la patrie » (1938)

J’ai choisi de partager ce texte de la philosophe française Simone Weil (1909-1943) dans lequel elle prend position contre la dissolution de l’Etoile nord-africaine (ENA) par le gouvernement de Front populaire. L’ENA, dirigée par Messali Hadj, est surtout présente dans l’émigration algérienne en France et représente le courant politique le plus avancé dans la lutte indépendantiste. Le texte de Simone Weil permet de comprendre les arguments et engagements de ces intellectuels français en solidarité avec les causes algérienne et anticolonialiste, bien avant le 1er novembre 1954.

Il y a quelques semaines, un article paru dans notre grande presse d’information, se réclamant pour une fois de Jaurès, et voulant écraser d’un coup tous les raisonnements possibles en faveur des revendications allemandes, appelait les colonies « ces membres palpitants de la patrie » . On ne peut refuser à cette expression un singulier bonheur, une grande valeur d’actualité. Palpitants, oui. Sous la faim, les coups, les menaces, les peines d’emprisonnement ou de déportation ; devant l’aspect redoutable des mitrailleuses ou des avions de bombardement. Une population domptée, désarmée serait palpitante à moins. Continuer la lecture de « Simone Weil : « Ces membres palpitants de la patrie » (1938) »