Edgar Morin : Autocritique

Source : Edgar Morin, Autocritique, Paris, Seuil (Points), 1991, p. 187-203.

 

 

En automne 1955, Antelme, Mascolo, Louis-René des Forêts et moi fondions le Comité d’action des intellectuels contre la guerre en Algérie. C’était l’époque où une lame de fond semblait vouloir se former dans le pays. Des casernes étaient assaillies. Des jeunes rappelés chahutaient. D’autres voulaient se planquer. Le parti communiste s’efforçait de canaliser le mouvement dans un sens légal pétitionnaire et il lui brisait les reins. Nous voulions nous élever contre le principe même de la guerre coloniale et pour le principe même du droit des peuples. Notre force première était d’être indépendants. De nombreux intellectuels de gauche adhérèrent au comité. Quelques communistes, déçus par la mollesse tacticienne du parti, nous rejoignirent quoiqu’on les eût mis en garde contre ce « comité d’exclus ». Continuer la lecture de « Edgar Morin : Autocritique »

Jean Poperen : La gauche française et le duel FLN-MNA

Source : Jean Poperen, La Gauche française. Le nouvel âge (1958-1965), Paris, Fayard, 1972, p. 70-74.

La gauche française et le duel FLN-MNA

(…) en métropole, dans les milieux ouvriers les plus politisés, le MNA de Messali Hadj conserve une implantation notable. Les hommes qui l’animent ont souvent appartenu au mouvement communiste durant l’entre-deux-guerres et, lorsqu’ils rompirent, ils furent accusés par les communistes de tendances « nationalistes » et « trotskystes ». La vraie raison de leur rupture est qu’ils jugeaient insuffisante l’action du PCF pour la réalisation de l’indépendance algérienne. Continuer la lecture de « Jean Poperen : La gauche française et le duel FLN-MNA »

Mahmoud Bouzouzou : De deux prisons à la liberté

Source : Mahmoud Bouzouzou, « De deux prisons à la liberté », in Gabriel Marcel (dir.), Un changement d’espérance. A la rencontre du réarmement moral, Paris, Plon, 1958, p. 67-78.

Je suis né dans une ville de la côte algérienne, Bougie, qui fut, à une époque de l’histoire, la capitale de tout le Maghreb oriental, c’est-à-dire de toute l’Algérie, et le centre d’un grand rayonnement culturel pour toute l’Afrique du Nord. Ses habitants l’appellent depuis très longtemps « la petite Mecque », à cause du nombre important des saints qui y reposent. Continuer la lecture de « Mahmoud Bouzouzou : De deux prisons à la liberté »

André Blanchet : L’itinéraire des partis africains depuis Bamako

Source : André Blanchet, L’itinéraire des partis africains depuis Bamako, Paris, Plon (coll. « Tribune libre »), 1958, p. 50-52

C’est dans le même esprit qu’il fut fait grief par certains au RDA d’avoir invité à Bamako l’Union des Syndicats des Travailleurs Algériens (USTA), organisation d’obédience « messaliste » (MNA) qui put ainsi déléguer à Bamako deux représentants : MM. Abdallah Filali et Ahmed Bekhat. Continuer la lecture de « André Blanchet : L’itinéraire des partis africains depuis Bamako »

Mohammed Harbi : L’Algérie et son destin. Croyants ou citoyens

Source : Mohammed Harbi , L’Algérie et son destin. Croyants ou citoyens, Paris, Arcantère, 1992, p. 52-57

Le rôle de Messali a été réévalué. J’aborde ici un point qui a été, pour moi, la source de troubles de conscience et de souffrances. Dans la geste du FLN, le fondateur du nationalisme apparaît toujours sous le visage du traître. (…) Ma conviction que Messali était diabolisé parce qu’il pensait différemment – la question de savoir s’il avait raison ou tort m’apparaissant secondaire – s’est fait jour en 1957. Continuer la lecture de « Mohammed Harbi : L’Algérie et son destin. Croyants ou citoyens »

André Breton: Témoignage en faveur de Mohamed Maroc, 22 janvier 1957

Source : André Breton , Écrits sur l’art et autres textes, Œuvres complètes, IV, éditions de Marguerite Bonnet publiée, pour ce volume, sous la direction d’Etienne-Alain Hubert avec la collaboration de Philippe Bernier et Marie-Claire Dumas, Paris, Gallimard, 2008.

Questions

I° Mohamed Maroc, dont vous avez sans doute entendu parler, est un intellectuel algérien qui s’est formé lui-même. L’une des raisons essentielles de sa révolte est que, selon lui, le colonialisme est source d’ignorance et d’inculture. Qu’en pensez-vous ? Continuer la lecture de « André Breton: Témoignage en faveur de Mohamed Maroc, 22 janvier 1957 »