Albert Camus, un copain

Article paru dans La Révolution prolétarienne, n° 121, novembre 1957, p. 1-2.

 

 

L’idée ne nous était pas venue de parler d’Albert Camus à l’occasion du Prix Nobel. Certes, semblable distinction nous réjouit, parce qu’il est toujours agréable de voir un jury d’intellectuels reconnaître le talent là où il existe, saluer une conscience authentique, récompenser un homme qui a su tracer sa voie à lui seul sans jamais proclamer qu’elle fût géniale. Mais la « R.P. » n’avait pas la prétention de confirmer ou de critiquer l’attribution d’une distinction à la fois littéraire et morale. Après les flashes des photographes, après les grandes interviews, après les monceaux de télégrammes de félicitations au lauréat, nous pensons pouvoir un jour serrer la main de Camus avec un peu plus de solennité peut-être, à l’occasion d’une rencontre.

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Le secrétaire général adjoint de l’USTA abattu rue d’Enghien

Article paru dans Combat, 10 octobre 1957.

C’est le quatrième dirigeant parisien de l’U.S.T.A. condamné à mort par l’U.G.T.A. (pro-F.L.N. et membre de la C.I.S.L.)

Le secrétaire général adjoint de l’Union syndicale des travailleurs algériens (U.S.T.A.), M. Filali Abdallah, a été victime d’un attentat rue d’Enghien. Atteint de quatre balles dans le dos, le syndicaliste algérien a été transporté dans un hôpital parisien. Son état est critique. Continuer la lecture de « Le secrétaire général adjoint de l’USTA abattu rue d’Enghien »

Une grève de la faim qui fait date

Article paru dans Nouvelle Gauche, n° 21, 11 au 24 février 1957.

 

 

En poursuivant pendant 13 jours la grève de la faim pour obtenir le bénéfice du régime politique, les 40 militants du M.N.A. dont nous avons déjà parlé dans ce journal n’ont pas seulement gagné la partie en ce qui les concerne, ils ont aussi suscité un grand mouvement d’unité à la prison de Fresnes, et leur victoire profitera dans l’avenir, à tous ceux, militants algériens et français, qui tomberont sous le coup de l’article 80 (atteinte à la sûreté extérieure de l’état). Continuer la lecture de « Une grève de la faim qui fait date »

A propos des « Bases de la négociation en Algérie »

Article paru dans La Vérité, n° 442, 25 janvier 1957.

 

 

C’est dans le cadre des Journées d’études sur l’Afrique du Nord, organisées par le Mouvement de Libération du peuple (MLP) et qui se sont tenues les 19 et 20 janvier au centre administratif et social d’Asnières, que Robert Barrat a traité d’un sujet brûlant entre tous « les bases de la négociation en Algérie ». Continuer la lecture de « A propos des « Bases de la négociation en Algérie » »

Algérie : les effets et les causes

Extraits de la chronique de Jean-Marie Domenach parue dans Esprit, n°312, décembre 1962, p. 1039-1041.

 

 

Chaque fois que j’ai rencontré un responsable de la Résistance algérienne, je me suis trouvé en face d’une intransigeance totale, qui allait jusqu’à l’apologie inconditionnelle de la violence. Lorsque, en 1957, je rencontrai Abbane Ramdane, à Tunis, le simplisme brutal de ses propos m’épouvanta ; prenant une brochure sur la table (curieusement, c’était la Revue de défense nationale !), il s’écria : « l’Algérie, c’est très simple, c’est comme ce livre : vous me l’avez pris, rendez-le moi ! », et il m’exprima sa volonté de conduire l’action terroriste jusqu’à la victoire totale. On dira qu’il s’agissait d’un exalté (d’ailleurs généreux d’après ceux qui le connurent). Continuer la lecture de « Algérie : les effets et les causes »

Notes documentaires sur le problème Algérien

Extraits d’un article paru dans Afrique Informations, n°47, 15-31 janvier 1957.

 

 

Aux premiers jours de l’année, de trois éléments principaux paraissait dépendre la solution du problème algérien :

I. – LA DECLARATION d’INTENTIONS du gouvernement français comportant elle-même ses répercussions sur le prochain débat à l’O.N.U. Il s’agissait alors d’un élément inconnu.

II. – LES PERSPECTIVES ET LES REACTIONS DES REBELLES, et des deux organisations nationalistes, F.L.N. et M.N.A. qui en constituent l’expression politique, compte tenu de la rivalité entre les deux organisations. Continuer la lecture de « Notes documentaires sur le problème Algérien »

Gisèle Halimi : Le lait de l’oranger

Extrait du livre : Gisèle Halimi, Le lait de l’oranger, Paris, Gallimard, 1988, pp. 190-191.

 

 

Février 1957. Je me rends à Rome pour y rencontrer le roi du Maroc, Mohammed V.

Il s’agissait de l’informer des projets de Messali Hadj, que j’étais allée voir à Belle-Ile.

Les autorités françaises avaient assigné à résidence le leader algérien dans cette île, tout en mimosas et lumière bleue. Continuer la lecture de « Gisèle Halimi : Le lait de l’oranger »

Daniel Martinet : « Ceux qui s’en vont : Messali Hadj »

Article de Daniel Martinet paru dans La Révolution prolétarienne, n° 605, juin-juillet 1974.

Messali Hadj, l’apôtre de l’indépendance du Maghreb, n’est plus. Il nous a quittés, après une longue et pénible maladie, le lundi 3 juin 1974 et il a été inhumé en terre algérienne.

Il a été, à mes yeux de jeune étudiant, dans les années 30 où j’ai le souvenir de l’avoir entendu à un meeting de l’Etoile Nord-Africaine, le prototype du militant nationaliste et prolétarien, l’équivalent pour l’Algérie de ce que fut Hô-Chi-Minh en Indochine. Continuer la lecture de « Daniel Martinet : « Ceux qui s’en vont : Messali Hadj » »

Louis Houdeville : Le massacre de Melouza

Article de Louis Houdeville paru dans Nouvelle Gauche, n° 29, 9-22 juin 1957.

 

 

Nous sommes de ceux pour qui l’anticolonialisme militant constitue une raison de vivre. Nous sommes de ceux qui n’avons jamais cessé de dénoncer les crimes commis au nom de la raison d’Etat, de la Nation ou des « impératifs » de la présence. Nous sommes de ceux qui n’avons cessé de lutter contre les bourreaux pour que justice et réparation soient rendues aux victimes. Continuer la lecture de « Louis Houdeville : Le massacre de Melouza »

Une prise de position d’adversaires du gouvernement

Texte reproduit dans La Révolution prolétarienne, n° 117, juin 1957, p. 20.

 

 

Gilles Martinet, Claude Bourdet, René Capitant, Jean Rous, Georges Suffert, Pierre Stibbe, Jean Nantet, André Philip, Pierre-Henri Simon, Jean Daniel et Robert Barrat ont signé le texte suivant :

Le massacre de Melouza a bouleversé l’opinion française et surtout ceux qui, depuis des années, se sont attachés à dire la vérité sur le drame algérien. Continuer la lecture de « Une prise de position d’adversaires du gouvernement »