Algérie. Le danger mortel du démocratisme

Article paru dans Le Prolétaire, n° 400, février-mars-avril 1989.

Students gather for a meeting at Bab-Ezzouar University in the suburbs of Algiers. Only a month before, in October 1988, hundreds of protesters, many of them students, were killed during anti-government riots. (Photo by © Patrick Robert/Sygma/CORBIS/Sygma via Getty Images)

Les derniers mois sont marqués par le renouveau de l’agitation et par les manœuvres du pouvoir pour canaliser cette agitation dans le sens d’un ravalement de façade de l’édifice social sous la forme d’une « démocratisation » bien contrôlée. L’effervescence sociale touche plusieurs classes qui se manifestent de façon différente et pour des objets différents ; d’un côté, des couches petites-bourgeoises et bourgeoises s’agitent en faveur de la démocratisation et de la libéralisation d’un régime au sein duquel elles veulent conquérir une place plus grande ; de l’autre, la classe ouvrière qui aspire elle aussi à la fin de l’autoritarisme et de la répression dont elle souffre plus que quiconque, est entrée en lutte pour la défense de ses intérêts immédiats : plusieurs centaines de grèves dans tout le pays, selon la presse officielle elle même. Dans certaines usines des tentatives d’organisation indépendante ont eu lieu.

Continuer la lecture de « Algérie. Le danger mortel du démocratisme »

Georgi Gogelia : Ennemis du socialisme (Choses de Russie)

Article de Georgi Gogelia dit K. Iliachvili paru dans Le Réveil socialiste-anarchiste, n° 125, 8 avril 1905.

Une chose nous attriste profondément, c’est de voir les anarchistes devenir constitutionnalistes et républicains, sous prétexte qu’il est inopportun de parler d’anarchie à l’heure qu’il est en Russie. Ainsi le camarade Jean Grave — on peut le dire puisqu’il ne le cache pas lui-même— a fait imprimer de petites affiches multicolores, où l’on peut lire : « Vive la République russe ! » — « Demandons le rappel de notre ambassadeur à Saint-Pétersbourg ! »— etc. Que penser d’un anarchiste qui, au moment d’une révolution, commencée après tout par le peuple,se borne à hurler : « Vive la république ! » et ne trouve les moyens de soutenir cette révolution qu’en reniant ses principes ?

Continuer la lecture de « Georgi Gogelia : Ennemis du socialisme (Choses de Russie) »

Pierre Naville : Note sur l’histoire des conseils ouvriers

Article de Pierre Naville paru dans Arguments, n° 4, juin-septembre 1957, p. 1-4.

Les jeunes camarades se sont intéressés à l’action des Conseils ouvriers dans les événements de Pologne et de Hongrie depuis octobre 1956, et depuis quelques années en Yougoslavie. Mais pourquoi s’imaginent-ils que l’apparition de tels Conseils est un fait absolument nouveau ? Et pourquoi font-ils souvent à leur sujet de la métaphysique au lieu d’étudier avec soin leur rôle, les transformations de leurs fonctions, les résultats de leur activité, etc… ?

Continuer la lecture de « Pierre Naville : Note sur l’histoire des conseils ouvriers »

Algérie : sursaut prolétarien (octobre 88)

Article paru dans Communisme, n° 29, octobre 1989, p. 40-47.

Octobre 1988 : Les prolétaires en Algérie ont secoué, une semaine durant, le carcan de leur misère ; pendant trois jours, ils ont brisé la paix sociale, la soumission, ont attaqué l’ordre établi. Contre le monde inhumain que nous impose Ia bourgeoisie aux quatre coins du monde, … la seule réponse de notre classe, c’est celle que les prolétaires ont, malgré toutes les limites de l’époque, remis en avant en Algérie : LA LUTTE.

Continuer la lecture de « Algérie : sursaut prolétarien (octobre 88) »

Panne de courant à Alger : un mort !

Article paru dans Jeune Taupe, n° 24, janvier-février 1979, p. 6-8.

Depuis un mois, les médias ont consacré plus de temps et de pages à l’Algérie qu’ils ne l’avaient fait en quinze ans de régime boumédienniste. L’Algérie, cette nation « progressiste » était alors un sujet tabou, pour la droite comme pour la gauche, et dont on ne parlait qu’à l’occasion de ses rodomontades internationales (affaire du Sahara, nationalisation du pétrole, etc…). Le chef d’Etat algérien, le colonel Houari Boumédienne, s’en va doucement mais sûrement et l’on s’aperçoit qu’il ne laisse pas une situation florissante derrière lui tout comme l’on est « choqué » de voir une population pour le moins indifférente au spectacle de la survie artificielle de « son » ex-Raïs, attendant avec curiosité que les cardinaux du « conseil de la révolution »désignent le nouveau pape de l’Algérie.

Continuer la lecture de « Panne de courant à Alger : un mort ! »

L. : Les espaces définis du nationalisme

Article signé L. et paru dans Front libertaire des luttes de classe, n° 112, 18 juin 1979, p. 3-4.

La motivation première de ce présent texte est la parution, il y a trois mois, d’une luxueuse (et chère) brochure, intitulée «Manifeste Breton», qui a été déposée un peu partout en Bretagne, en tant que supplément à «Combat Breton» qui lui-même est réapparu à la faveur du créneau économique offert par l’arrestation et la détention des supposés membres du FLB. Cette brochure présente une nouvelle fois (après l’UDB, le PCB, le FASSAB*) une idéologie nationaliste bretonne qui se voudrait «de gauche», voire «révolutionnaire ». Elle est l’occasion de réaffirmer nos positions vis-à-vis de tout nationalisme quel qu’il soit, y compris celui des différents Fronts de libération nationaux du Tiers-Monde.

Continuer la lecture de « L. : Les espaces définis du nationalisme »

Al Bourquii : Algérie, d’un colonel à l’autre. « L’Algérie caporalisée »

Article d’Al Bourquii paru dans Spartacus, n° 103, mars-avril 1979, p. 5-6.

 

 

En quinze jours, la presse et les medias auront consacré plus de place à l’Algérie qu’ils ne le firent en treize ans de régime boumedieniste. Hier il fallait jouer des pieds et des mains pour s’informer sur la situation algérienne. Aujourd’hui on sait pratiquement « tout » sur les difficultés du pays et le mécontentement de la population : crise économique, démographique, faillite de la réforme agraire, maigre bilan de la politique d’industrialisation.

Continuer la lecture de « Al Bourquii : Algérie, d’un colonel à l’autre. « L’Algérie caporalisée » »

A propos d’une adresse aux prolétaires et aux jeunes révolutionnaires arabes et israéliens contre la guerre et pour la révolution prolétarienne

Extrait de l’article paru dans Jeune Taupe, n° 10, juin 1976, p. 17-18

 

 


Le Moyen-orient connait une crise grave à tous les échelons : crise économique, politique et sociale dont le Liban est la tragique illustration. Depuis quelques années, le mouvement ouvrier a fait une réapparition de plus en plus radicale sur son terrain de classe. C’est le moment qu’ont choisi des révolutionnaires arabes et israéliens, dont la radicalité est le produit de cette remontée des luttes prolétariennes, pour dégager une perspective communiste au Moyen-orient.

Continuer la lecture de « A propos d’une adresse aux prolétaires et aux jeunes révolutionnaires arabes et israéliens contre la guerre et pour la révolution prolétarienne »

Gilbert Meynier : L’Algérie révélée

Extrait de Gilbert Meynier, L’Algérie révélée. La guerre de 1914-1918 et le premier quart du XXe siècle, 2010, Alger, El Maarifa, p. 692-695

 

 

Le 1er mai est dans toutes les villes l’occasion de grandes démonstrations unitaires surpassant en ampleur les manifestations de l’année précédente. Plus qu’en 1919, l’atmosphère est à la fête : fête-dérivatif plus que célébration de la force ouvrière pour un mouvement ouvrier minoritaire et isolé. Mais les Algériens sont plus nombreux aux manifestations qu’en 1919. L’ordre colonial s’émeut de ces fêtes intercommunautaires. Continuer la lecture de « Gilbert Meynier : L’Algérie révélée »

Ammour, Leucate et Moulin : La voie algérienne

Extrait de : Kader Ammour, Christian Leucate et Jean-Jacques Moulin, La voie algérienne. Les contradictions d’un développement national, Paris, François Maspero, 1974, p. 175-176.

voiealgérienne

Pour une alternative révolutionnaire

Face à la montée de la bourgeoisie industrielle, face à l’approfondissement de la dépendance vis-à-vis de l’impérialisme, face au durcissement des antagonismes sociaux et de l’oppression politique, face à la mystification idéologique des discours socialisants de la technocratie, il n’est pas d’autre issue historique, pour le prolétariat algérien et les masses rurales, que de se libérer de la tutelle exercée par la petite bourgeoisie bureaucratique, que de s’affirmer de manière autonome comme force sociale organisée ayant vocation dès maintenant à assurer la pleine direction politique du processus révolutionnaire. Continuer la lecture de « Ammour, Leucate et Moulin : La voie algérienne »