Georges Henein : L’esprit frappeur

Extrait de Georges Henein, L’esprit frappeur (Carnets 1940-1973), Paris, Encre éditions, 1980, p. 159-160.

 

 

1960. – Mort de Camus. Albert Camus dont le destin vient de s’interrompre comme au milieu d’une phrase, appartient au jaillissement de la Libération. Jusqu’à sa mort, il est resté marqué à la fois par les exigences et par l’équivoque de cette conjoncture particulière. Continuer la lecture de « Georges Henein : L’esprit frappeur »

Simone Weil : « Ces membres palpitants de la patrie » (1938)

J’ai choisi de partager ce texte de la philosophe française Simone Weil (1909-1943) dans lequel elle prend position contre la dissolution de l’Etoile nord-africaine (ENA) par le gouvernement de Front populaire. L’ENA, dirigée par Messali Hadj, est surtout présente dans l’émigration algérienne en France et représente le courant politique le plus avancé dans la lutte indépendantiste. Le texte de Simone Weil permet de comprendre les arguments et engagements de ces intellectuels français en solidarité avec les causes algérienne et anticolonialiste, bien avant le 1er novembre 1954.

Il y a quelques semaines, un article paru dans notre grande presse d’information, se réclamant pour une fois de Jaurès, et voulant écraser d’un coup tous les raisonnements possibles en faveur des revendications allemandes, appelait les colonies « ces membres palpitants de la patrie » . On ne peut refuser à cette expression un singulier bonheur, une grande valeur d’actualité. Palpitants, oui. Sous la faim, les coups, les menaces, les peines d’emprisonnement ou de déportation ; devant l’aspect redoutable des mitrailleuses ou des avions de bombardement. Une population domptée, désarmée serait palpitante à moins. Continuer la lecture de « Simone Weil : « Ces membres palpitants de la patrie » (1938) »