{"id":10045,"date":"2020-10-01T09:29:02","date_gmt":"2020-10-01T07:29:02","guid":{"rendered":"https:\/\/sinedjib.com\/?p=10045"},"modified":"2024-01-10T22:43:28","modified_gmt":"2024-01-10T21:43:28","slug":"larbi-hamdane-crise-algerie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2020\/10\/01\/larbi-hamdane-crise-algerie\/","title":{"rendered":"Larbi Hamdane : La crise en Alg\u00e9rie (signification et perspectives)"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Article de Larbi Hamdane paru dans <em><a href=\"http:\/\/association-radar.org\/IMG\/pdf\/16-014-00113.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Quatri\u00e8me Internationale<\/a><\/em>, n\u00b0 33, avril 1968, p. 22-26<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"627\" data-attachment-id=\"10046\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2020\/10\/01\/larbi-hamdane-crise-algerie\/quatrieme-internationale-avril-1968\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Quatrieme-Internationale-avril-1968.png?fit=400%2C627&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"400,627\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Quatrieme-Internationale-avril-1968\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Quatrieme-Internationale-avril-1968.png?fit=400%2C627&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Quatrieme-Internationale-avril-1968.png?resize=400%2C627&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-10046\" style=\"width:315px;height:494px\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Quatrieme-Internationale-avril-1968.png?w=400&amp;ssl=1 400w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Quatrieme-Internationale-avril-1968.png?resize=191%2C300&amp;ssl=1 191w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Dans la nuit du 14 au 15 d\u00e9cembre, quelques unit\u00e9s de chars font route vers Alger, avec \u00e0 leur t\u00eate Tahar Zbiri, chef d&rsquo;\u00e9tat-major de l&rsquo;A.N.P., et plusieurs officiers. Elles sont stopp\u00e9es \u00e0 El-Affroun, apr\u00e8s intervention de l\u2019aviation ; le chef de la premi\u00e8re r\u00e9gion militaire Sa\u00efd Abid se suicide dans des conditions pour le moins obscures (certains pr\u00e9tendent m\u00eame qu&rsquo;il aurait \u00e9t\u00e9 fusill\u00e9 tout \u00e0 fait r\u00e9glementairement). Voil\u00e0 pour les faits les plus spectaculaires et les plus connus qui ont marqu\u00e9 la crise. Simple \u00e9pisode d&rsquo;une bataille pour le pouvoir au sein de la m\u00eame famille, celle qui avait \u00e9limin\u00e9 Ben Bella le 19 juin 1965, ou bien crise plus profonde ? Nous consid\u00e9rons, pour notre part, qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de lutte pour le pouvoir, m\u00eame au sein d&rsquo;un appareil tr\u00e8s bureaucratis\u00e9, qui se situe en dehors de la dynamique des forces sociales, de leurs luttes, et du rapport des forces \u00e0 un moment d\u00e9termin\u00e9. Aussi, nous analyserons la signification de cette crise \u00e0 la lumi\u00e8re de l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;Alg\u00e9rie depuis 1962, et plus sp\u00e9cialement de l&rsquo;\u00e9volution des rapports entre les classes depuis la crise du Moyen-Orient.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>LA VERSION OFFICIELLE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Citons pour m\u00e9moire l&rsquo;interpr\u00e9tation officielle : depuis que l&rsquo;Alg\u00e9rie avait pris la position que l&rsquo;on sait sur le probl\u00e8me du Moyen-Orient, elle \u00e9tait devenue la cible n\u00b0 1 de l&rsquo;imp\u00e9rialisme ; celui-ci allait-il intervenir de l&rsquo;ext\u00e9rieur ou de l&rsquo;int\u00e9rieur ? C&rsquo;est bien entendu par l&rsquo;in\u00adt\u00e9rieur qu&rsquo;il choisit de le faire, par l\u2019interm\u00e9diaire d&rsquo;une bande d&rsquo;aventuriers sans scrupule et d&rsquo;un <strong>faible d&rsquo;esprit<\/strong> (c&rsquo;est du chef de l&rsquo;A.N.P. qu&rsquo;il s&rsquo;agit) : les djounouds r\u00e9volutionnaires et la maturit\u00e9 du peuple ont d\u00e9jou\u00e9 ses plans ; l&rsquo;Alg\u00e9rie et son Etat sortent grands de la crise et poursuivent leur marche triomphale vers le socialisme. Quant aux divergences politiques qui, selon Boumedienne, ont surgi entre Zbiri et le Conseil de la R\u00e9volution, depuis le 1er novembre, aucune n&rsquo;est d\u00e9voil\u00e9e. Nous ne retiendrons qu&rsquo;une seule chose de ce verbiage pseudo-r\u00e9volutionnaire ; la pression des masses est encore assez forte pour obliger ceux qui liquident la R\u00e9volution \u00e0 s&rsquo;\u00e9riger en d\u00e9fenseurs de la R\u00e9volution ; transformer en conscience organis\u00e9e les aspirations vagues des masses, telle est la t\u00e2che centrale et absolument d\u00e9cisive des r\u00e9volutionnaires dans les semaines et les mois qui viennent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>BASE SOCIALE DU GOUVERNEMENT<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 nous, c&rsquo;est dans la courte histoire de l&rsquo;Alg\u00e9rie depuis l&rsquo;ind\u00e9pendance que nous situerons cette nouvelle crise et que nous en chercherons l\u2019explication. <\/p>\n\n\n\n<p>La caract\u00e9ristique fondamentale du gouvernement alg\u00e9rien depuis 1962 est qu&rsquo;il n&rsquo;exprime pas la dictature d&rsquo;une classe ou d&rsquo;une couche sociale sur les autres, mais qu&rsquo;il r\u00e9sulte d&rsquo;un \u00e9quilibre toujours tr\u00e8s pr\u00e9caire, d&rsquo;un compromis entre des forces violemment antagonistes, mais dont aucune n&rsquo;est assez structur\u00e9e, ne poss\u00e8de assez d&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9, de coh\u00e9sion, d&rsquo;organisation, de conscience de soi, pour \u00e9craser les autres.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais tr\u00e8s vite, il appara\u00eet que le compromis n&rsquo;est pas viable, car il a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 sur un certain \u00e9quilibre des forces, \u00e0 un moment d\u00e9termin\u00e9, que la dynamique des forces sociales a modifi\u00e9 ; fondamentalement, au sein de l&rsquo;appareil d&rsquo;Etat bourgeois, la bureaucratie se renforce, la bourgeoisie s&rsquo;organise, tandis que les masses sont d\u00e9mobilis\u00e9es par les petits-bourgeois apparatchiks du parti et du syndicat.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant la premi\u00e8re p\u00e9riode, le poids des masses ouvri\u00e8res et paysannes s&rsquo;est fait sentir et l&rsquo;\u00e9quilibre a souvent pen\u00adch\u00e9 en leur faveur, mais elles ont pay\u00e9 le compromis d&rsquo;un prix tr\u00e8s cher ; leur d\u00e9sorganisation compl\u00e8te, d&rsquo;o\u00f9 le peu de r\u00e9action lors du coup d&rsquo;\u00e9tat du 19 juin 1965.<\/p>\n\n\n\n<p>Vers la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 1964, une s\u00e9rie importante de gr\u00e8ves, auxquelles succ\u00e9dait le 2e congres de l&rsquo;U.G.T.A., rompaient l&rsquo;\u00e9quilibre des forces : d&rsquo;o\u00f9 le coup d&rsquo;\u00e9tat du 19 juin, qui est une victoire des forces r\u00e9actionnaires, traduisant qualitativement les modifications mol\u00e9culaires intervenues jour apr\u00e8s jour au sein de l&rsquo;appareil de l&rsquo;Etat et dans l\u2019organisation et la conscience des classes, mais dont il r\u00e9sulte un nouveau compromis, un nouvel \u00e9quilibre des forces, qui va pencher de plus en plus en faveur de la droite, mais qui ne signifie pas sa victoire totale, ni l&rsquo;\u00e9crasement de la R\u00e9volution, car la bureaucratie manque encore d&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9, elle est loin d\u2019\u00eatre soud\u00e9e \u00e0 la bourgeoisie, et elle craint la r\u00e9action des masses. <\/p>\n\n\n\n<p>Mais ce nouveau compromis devait se r\u00e9v\u00e9ler encore moins viable que le premier et comme nous l&rsquo;avons d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9 dans un autre article, la crise au Moyen-Orient a jou\u00e9 un grand r\u00f4le en contribuant \u00e0 creuser le foss\u00e9 entre les classes et en stimulant leurs luttes. Ex effet, les quatre derniers num\u00e9ros de <em>R\u00e9volution et Travail <\/em>(125 \u00e0 128 de novembre &#8211; d\u00e9cembre 67), barom\u00e8tre de l&rsquo;activit\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re alg\u00e9rienne pendant cette p\u00e9riode, ont montr\u00e9 que celle-ci a men\u00e9 ses luttes avec opini\u00e2tret\u00e9 et d\u00e9termination contre le patronat, les administrations et la bureaucratie.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est dans ce contexte, et alors que de l&rsquo;\u00e9quilibre entre des forces de plus en plus antagonistes r\u00e9sultait un blocage complet du syst\u00e8me, incapable de choisir entre des orientations totalement divergentes sur tous les grands probl\u00e8mes : planification, r\u00e9forme agraire, institutions, politique \u00e9trang\u00e8re, que se produisit le second coup de force qui voit une prise en main de la r\u00e9action beaucoup plus nette : la liquidation du Secr\u00e9tariat Ex\u00e9cutif du parti, et la mont\u00e9e de Ka\u00efd Ahmed, ex-ministre des finances, au poste de Responsable du F.L.N. Cet \u00e9v\u00e9nement survient quelques jours avant la r\u00e9bellion de Tahar Zbiri, sursaut sans perspective de victimes du \u00ab\u00a0coup d&rsquo;Etat\u00a0\u00bb des 10-12 d\u00e9cembre.<\/p>\n\n\n\n<p>Il appara\u00eet donc que cette exacerbation de la lutte des classes ces derniers mois est la cause r\u00e9elle et profonde de la rupture de l&rsquo;\u00e9quilibre des forces, laquelle conduit au coup d&rsquo;Etat. A cet \u00e9gard, le communiqu\u00e9 de l&rsquo;U.G.T.A. du 13 d\u00e9cembre est tout a fait symptomatique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>DEPUIS L&rsquo;ECLATEMENT DE LA CRISE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Notons d&rsquo;abord l&rsquo;absence totale de r\u00e9action parmi les masses ; une fois de plus, ceci montre l&rsquo;\u00e9chec de l&rsquo;action politique au sein des appareils, totalement coup\u00e9e de l&rsquo;action parmi les masses, ind\u00e9pendamment des bonnes intentions d&rsquo;un Zerdani et de quelques autres.<\/p>\n\n\n\n<p>A l&rsquo;U.G.T.A., les r\u00e9actions ont \u00e9t\u00e9 ambigu\u00ebs : le dernier num\u00e9ro paru de <em>R\u00e9volution et Travail<\/em>, le 18 d\u00e9cembre (il y a donc plus d&rsquo;un mois, c&rsquo;est un hebdomadaire !), publiait un communiqu\u00e9 r\u00e9clamant la d\u00e9mocratisation des institutions. l&rsquo;organisation d&rsquo;un parti d&rsquo;avant-garde des travailleurs, la lutte contre la bureaucratie et la bourgeoisie ; ce num\u00e9ro n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 vendu dans les kiosques, mais uniquement dans les usines par les mili\u00adtants syndicaux ; d&rsquo;autre part, convoqu\u00e9e par Ka\u00efd Ahmed, la Commission Ex\u00e9cutive de l&rsquo;U.G.T.A., ou au moins une partie d\u2019entre elle s&rsquo;alignait sur la position du gouvernement, et d\u00e9cidait la convocation rapide d&rsquo;un congr\u00e8s (d\u00e9j\u00e0 d\u00e9cid\u00e9 une premi\u00e8re rois, puis ajourn\u00e9), sous la direction du parti.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais les faits les plus significatifs qui ont imm\u00e9diatement suivi la r\u00e9bellion, se sont d\u00e9roul\u00e9s dans l&rsquo;Oranie. En effet, \u00e0 Oran, la direction du parti pensait qu&rsquo;en bonne logique, il \u00e9tait maintenant possible de frapper \u00e0 gauche ; il y<em> <\/em>avait dans la r\u00e9gion une situation agit\u00e9e, de nombreuses gr\u00e9ves, jus\u00adque chez<em> <\/em>les fonctionnaires : les travailleurs de l&rsquo;h\u00f4pital civil d&rsquo;Oran. Donc, sans informer l&rsquo;arm\u00e9e, ils arr\u00eat\u00e8rent les principaux responsables de l&rsquo;U.L. d&rsquo;Oran ainsi que des \u00e9tudiants d&rsquo;opposition. Apr\u00e8s diverses pressions syndicales allant des t\u00e9l\u00e9grammes de protestation \u00e0 Bou\u00admedienne, jusqu&rsquo;\u00e0 des menaces de gr\u00e8ves, et apr\u00e8s diverses tentatives d\u2019intimidation des r\u00e9calcitrants par des gorilles du parti, tout le monde a \u00e9t\u00e9 finalement lib\u00e9r\u00e9 sur intervention de l&rsquo;arm\u00e9e. Ceci est int\u00e9ressant a plus d&rsquo;un titre : d&rsquo;une part, cela montre la nature profonde de la crise, que l&rsquo;U.G.T.A. s&rsquo;y trouve au centre, et que l&rsquo;organisation syndicale sera dans les prochains mois l&rsquo;enjeu d&rsquo;une lutte d\u00e9cisive entre la bureaucratie et les travailleurs ; et d&rsquo;autre part, cela montre aussi la nature et le r\u00f4le profond\u00e9ment r\u00e9actionnaire du parti, tandis que l&rsquo;\u00e9pilogue montre le choix fait par les diverses forces en pr\u00e9sence \u00e0 l&rsquo;issue de cette crise : la recherche d&rsquo;un nouveau compromis.<\/p>\n\n\n\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 du nouveau pouvoir, et en dehors du fait important qui vient d&rsquo;\u00eatre soulign\u00e9, \u00e0 savoir la faiblesse de la r\u00e9pression et son caract\u00e8re extr\u00eamement limit\u00e9, quelles ont \u00e9t\u00e9 les r\u00e9actions, quelles sont les initiatives prises ?<\/p>\n\n\n\n<p>Du discours de Boumedienne devant les cadres du parti et de l&rsquo;Etat, nous ne retiendrons que l&rsquo;attaque voil\u00e9e contre l&rsquo;autogestion agricole, laissant entendre que le morcellement de certains domaines et la distribution des parcelles \u00e0 des paysans sans terre ne sont pas \u00e0 exclure.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais le souci majeur de l&rsquo;\u00e9quipe dirigeante est le suivant : rassurer les masses, en prenant toute une s\u00e9rie d\u2019initiatives, autour desquelles est orchestr\u00e9e une campagne de propagande visant \u00e0 faire croire qu&rsquo;un bienfaisant vent de d\u00e9mocratisation souffle sur l&rsquo;Alg\u00e9rie, et qu&rsquo;enfin, le \u00ab retour \u00e0 la source, le peuple \u00bb, est \u00e0 l&rsquo;ordre du jour. D&rsquo;o\u00f9 la cr\u00e9ation et l&rsquo;installation des Assembl\u00e9es d\u00e9partementales Economiques et Sociales, qui auraient pu \u00eatre effectu\u00e9es depuis pr\u00e8s d&rsquo;un an, puisqu&rsquo;elles sont compos\u00e9es des pr\u00e9sidents des Assembl\u00e9es populaires communales de chaque d\u00e9partement ; d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;annonce de la restructuration \u00ab par la base \u00bb, du parti et du syndicat. <\/p>\n\n\n\n<p>Le but r\u00e9el est d&rsquo;organiser l&rsquo;Etat sur une base plus large que celle de l&rsquo;arm\u00e9e, qui a compl\u00e8tement fait faillite, de contr\u00f4ler les masses beaucoup plus \u00e9troitement, au niveau des quartiers par interm\u00e9diaire du F.L.N., au niveau des lieux de production par l&rsquo;interm\u00e9diaire de l&rsquo;U.G.T.A., d&rsquo;int\u00e9grer totalement le parti et le syndicat \u00e0 l&rsquo;Etat.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce programme est-il r\u00e9alisable ?<\/p>\n\n\n\n<p>Tout d&rsquo;abord, il faut d\u00e9terminer qui repr\u00e9sente le nouveau pouvoir, et sur qui il s&rsquo;appuie. Dans la personne de Ka\u00efd Ahmed, on peut affirmer qu&rsquo;il repr\u00e9sente aujourd&rsquo;hui d&rsquo;une fa\u00e7on assez nette les hauts fonctionnaires de l\u2019appareil d&rsquo;Etat, les technocrates, les gros commer\u00e7ants, alli\u00e9s au secteur traditionnel agricole, et une grande partie des commandants de l&rsquo;arm\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Les instruments de l&rsquo;exercice du pouvoir sont fondamentalement : l&rsquo;appareil de l&rsquo;Etat, quoi que tr\u00e8s faible, les polices secr\u00e8tes, certains corps de s\u00e9curit\u00e9 militaire, et ce qui reste de l&rsquo;appareil du parti, commissaires, contr\u00f4leurs, permanents en g\u00e9n\u00e9ral, li\u00e9s pour la plupart aux diff\u00e9rentes polices secr\u00e8tes.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, tous ces corps ne sont pas en condition d&rsquo;exercer une r\u00e9pression \u00e0 outrance, car, comme nous l&rsquo;avons d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9, les couches sociales dominantes ne sont pas assez structur\u00e9es pour faire face \u00e0 ses cons\u00e9quences, d&rsquo;o\u00f9 la recherche du compromis, notamment avec la direction de l&rsquo;U.G.T.A.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9pression \u00e9tant \u00e9cart\u00e9e pour l\u2019instant, l&rsquo;organisation et le contr\u00f4le du parti et du syndicat sont les deux principaux objectifs de la clique dirigeante pour l&rsquo;ann\u00e9e \u00e0 venir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>LE PARTI<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Du parti, il ne reste pratiquement rien. D\u00e8s le lendemain du premier congr\u00e8s, en avril 1964, des directives furent donn\u00e9es pour emp\u00eacher la participation et l\u2019organisation de la base. De l&rsquo;organisation dans les usines, sur les lieux de production, on passa \u00e0 l&rsquo;organisation territoriale, en kasmas, f\u00e9d\u00e9rations&#8230; o\u00f9 les secteurs politis\u00e9s \u00e9taient franchement minoritaires. M\u00eame cela fut sabot\u00e9 par la suite, puisque ni kasmas, ni f\u00e9d\u00e9rations n&rsquo;eurent un programme concret de travail. A titre indicatif, nous pouvons affirmer que m\u00eame la publication de la Charte d&rsquo;Alger fut stopp\u00e9e pendant plusieurs mois, le Bureau politique consid\u00e9rant que l&rsquo;\u00e9tude par la base d&rsquo;un document jug\u00e9 trop dangereux par de nombreux \u00e9l\u00e9ments ne s&rsquo;imposait pas. Au moment du coup d&rsquo;Etat du 19 juin, 90 % des kasmas \u00e9taient limit\u00e9es aux simples responsables et ne tenaient pratiquement plus de r\u00e9union. Depuis, la situation n&rsquo;a fait qu&#8217;empirer jusqu&rsquo;\u00e0 la quasi liquidation du parti.<\/p>\n\n\n\n<p>La cause fondamentale de cette situation, est la contradiction, impossible \u00e0 r\u00e9soudre, entre les int\u00e9r\u00eats de la couche sociale repr\u00e9sent\u00e9e par sa direction, et son programme (la Charte d&rsquo;Alger), quelles que soient ses limites.<\/p>\n\n\n\n<p>Certes, en multipliant les d\u00e9clarations hostiles au premier congr\u00e8s du F.L.N., et \u00e0 travers lui, \u00e0 la Charte d&rsquo;Alger, en proclamant la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;\u00e9laborer un nouveau programme, Ka\u00efd Ahmed tente de r\u00e9soudre la contradiction. Mais on peut pr\u00e9dire que, tant que durera le compromis entre les classes, tant que la bureaucratie sera incapable de s&rsquo;exprimer de fa\u00e7on autonome, la construction du parti sera un travail de Sisyphe.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>LE SYNDICAT<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un peu d&rsquo;histoire est n\u00e9cessaire pour expliquer le r\u00f4le de l&rsquo;U.G.T.A. depuis l&rsquo;ind\u00e9pendance.<\/p>\n\n\n\n<p>Janvier 63 : le secr\u00e9taire du parti (Khider), comprenant le danger que signifiait un mouvement ouvrier fort, d\u00e9cide de jouer le tout pour le tout, et fait un v\u00e9ritable \u00ab coup de main \u00bb, dans le meilleur style gangst\u00e9ro-fasciste, pour imposer \u00e0 l&rsquo;U.G.T.A. une direction d\u00e9vou\u00e9e \u00e0 la clique du parti. Depuis ce moment, le mouvement ouvrier alg\u00e9rien a subi les coups r\u00e9p\u00e9t\u00e9s qu&rsquo; \u00ab au nom de la r\u00e9volution socialiste \u00bb et dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la \u00ab nation \u00bb, la r\u00e9action infiltr\u00e9e au sein du gouvernement et du parti faisait subir aux ouvriers et aux paysans alg\u00e9riens.<\/p>\n\n\n\n<p>Fin 64 : l&rsquo;appareil mis en place pour contr\u00f4ler les masses est incapable d\u2019endiguer les nombreuses gr\u00e8ves dans lesquelles sont engag\u00e9s les travailleurs. Ben Bella tente de reprendre, au b\u00e9n\u00e9fice du parti, la direction du syndicat, usant de toute son autorit\u00e9. Mais le congr\u00e8s d\u00e9borde son entreprise et impose une direction qui, bien que fruit d&rsquo;un compromis, est beaucoup moins servile que la pr\u00e9c\u00e9dente, mais tout \u00e0 fait incapable d&rsquo;appliquer ce qui reste aussi un beau programme : la Charte syndicale. <\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00ab coups de main \u00bb organis\u00e9s lors du premier congr\u00e8s de l&rsquo;U.G.T.A., la lutte contre \u00ab l&rsquo;ouvri\u00e9risme \u00bb des ann\u00e9es 63-64, les arrestations de syndicalistes pendant le congr\u00e8s de l&rsquo;Union locale d&rsquo;Alger-Cen\u00adtre en 1966, et les nombreuses arrestations dont furent victimes des dirigeants syndicaux depuis l&rsquo;ind\u00e9pendance, nous obligent \u00e0 faire une analyse approfondie de la pente sur laquelle est engag\u00e9 le syndicat depuis cinq ans, et des mesures qui s&rsquo;imposent si nous voulons \u00e9viter la liquidation totale des objectifs socialistes fix\u00e9s par le premier congr\u00e8s du parti, dont la Charte syndicale est le mode d\u2019application.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re constatation est que les diff\u00e9rentes directions de l&rsquo;U.G.T.A. ont accept\u00e9 des compromis, qu&rsquo;elles ont ou bien capitul\u00e9 ou tout au moins recul\u00e9 dans les moments d\u00e9cisifs. R\u00e9sultat : l\u2019activit\u00e9 syndicale a consid\u00e9rablement diminu\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me constatation est que, si les ann\u00e9es 1962, 63, 64, se sont caract\u00e9ris\u00e9es par une collaboration opportuniste avec l&rsquo;Etat, le \u00ab refus de collaboration \u00bb a \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9 avec plus ou moins de rigueur depuis 1965 ; il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;une conqu\u00eate mais bien tardive, car pendant les ann\u00e9es 1963-64, la r\u00e9action se servait des militants en les bernant avec des slogans, tout en mettant en place un appareil de r\u00e9pression et tout en organisant un parti dans le parti&#8230;. Les militants ont tu toutes leurs critiques ; ils ont march\u00e9 et contribu\u00e9 \u00e0 faire marcher les ouvriers et les paysans en leur faisant croire qu&rsquo;on b\u00e2tissait le socialisme, alors que les dirigeants syndicaux \u00e9taient parfaitement au courant des atteintes port\u00e9es \u00e0 la r\u00e9volution en haut lieu. Pourquoi se sont-ils faits les complices des ennemis de la R\u00e9volution ? Sans doute certains par opportunisme, d&rsquo;autres par l\u00e2chet\u00e9, mais la majorit\u00e9, nous voulons le croire, par manque de compr\u00e9hension, par d\u00e9faut d&rsquo;une analyse correcte de la soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9rienne, des classes sociales qui la composent, et surtout du r\u00f4le de l&rsquo;organisation syndicale dans le processus de d\u00e9veloppement de la r\u00e9volution socialiste, et de sa position <em>ind\u00e9pendante <\/em>de l&rsquo;Etat et des organisations politiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>LES RAPPORTS PARTI-SYNDICAT<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9j\u00e0 en mars 65, on avait tent\u00e9 d\u2019imposer que les dirigeants syndicaux \u00e0 tous les niveaux soient obligatoirement membres du parti. Aujourd&rsquo;hui, Ka\u00efd Ahmed, secr\u00e9taire du parti, consid\u00e8re que c&rsquo;est non seulement une obligation, mais aussi que les syndicalistes doivent se soumettre \u00e0 la discipline du parti. Ceci aurait pour cons\u00e9quences : premi\u00e8rement que l&rsquo;U.G.T.A., ne serait plus une organisation des ouvriers, mais un simple appendice de l&rsquo;appareil du parti, duquel seraient exclus tous ceux qui ne sont pas dans la ligne, deuxi\u00e8mement, que l&rsquo;U.G.T.A., tout comme le parti aujourd&rsquo;hui, perdrait toute autorit\u00e9 sur les masses, et serait compl\u00e8tement liquid\u00e9e \u00e0 tr\u00e8s court terme. Si telle devait \u00eatre la situation au lendemain du 3e congr\u00e8s de l&rsquo;U.G.T.A. (en principe vers juillet 68), les travailleurs devraient alors se cr\u00e9er un autre instrument pour d\u00e9fendre, jour apr\u00e8s jour, leurs int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques, culturels et politiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 2e congr\u00e8s de l&rsquo;U.G.T.A. avait rejet\u00e9 l&rsquo;obligation formelle d&rsquo;\u00eatre membre du parti, mais admis que les responsables syndicaux pouvaient militer au F.L.N. Le fait que Ka\u00efd Ahmed pose \u00e0 nouveau le probl\u00e8me aujourd&rsquo;hui, et en ces termes, est la preuve de la grande faiblesse du parti, dont aucun militant n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 capable de gagner la confiance des masses au point d&rsquo;\u00eatre \u00e9lu \u00e0 des responsabilit\u00e9s syndicales.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, la bureaucratie n&rsquo;a pas perdu l&rsquo;espoir de contr\u00f4ler un instrument qui a le soutien des masses, tel que l&rsquo;U.G.T.A. ; d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;installation des trois commissions r\u00e9gionales de pr\u00e9paration du 3e congr\u00e8s par Ka\u00efd Ahmed, o\u00f9 pr\u00e9fets, commandants de l&rsquo;arm\u00e9e et cadres du parti pr\u00e9sidaient tandis que les syndicalistes faisaient figure de comparses.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>QUE FAIRE ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En effet, le 20 d\u00e9cembre 1967, face \u00e0 un nouveau coup de main, la direction de l&rsquo;U.G.T.A. a capitul\u00e9. Elle se fait aujourd\u2019hui complice d&rsquo;une nouvelle machination contre les masses ; mais, l&rsquo;exp\u00e9rience des derniers mois de l&rsquo;ann\u00e9e 1964 l&rsquo;a d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9, les travailleurs alg\u00e9riens sauront passer outre le compromis au sommet et sauront exiger leurs droits. Maintenant, la lutte eut ouverte, Il s&rsquo;agit de d\u00e9cider si le 3e congr\u00e8s sera une veill\u00e9e fun\u00e8bre, ou bien le point de d\u00e9part d&rsquo;un combat \u00e0 mort contre la r\u00e9action sous toutes ses formes.<\/p>\n\n\n\n<p>Les travailleurs savent ce que veut la r\u00e9action, ils savent aussi quelle est la cons\u00e9quence des compromis : janvier 63, juin 65, d\u00e9cembre 67. Ils devront se dresser pour rompre l&rsquo;alliance des gros propri\u00e9taires fonciers, des gros commer\u00e7ants, des hauts fonctionnaires, des cadres de l&rsquo;arm\u00e9e et des \u00e9l\u00e9ments d\u00e9faillants de la classe ouvri\u00e8re, et se doter d&rsquo;une direction capable d&rsquo;appliquer la Charte syndicale du 2e congr\u00e8s. Ils devront lutter contre toute forme de compromis \u00e0 tous les niveaux, et surtout sur les lieux de production.<\/p>\n\n\n\n<p>Ne pas faire de compromis, c&rsquo;est : d\u00e9noncer sans rel\u00e2che les plans de la r\u00e9action maintenir aux niveaux des union locales, des unions r\u00e9gionales, des usines, une organisation syndicale forte, active, qui fonde son action sur une organisation effective de tous les ouvriers \u00e0 la base, en tenant des r\u00e9unions r\u00e9guli\u00e8res, en informant quotidiennement la base, et en cr\u00e9ant une structure \u00e0 l&rsquo;abri de la r\u00e9pression polici\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Si le journal <em>R\u00e9volution et Travail <\/em>ne parait pas chaque semaine, dans chaque usine, une assembl\u00e9e devra suppl\u00e9er la d\u00e9faillance du journal : il faut que les ouvriers soient tenus au courant de la situation locale et nationale. De m\u00eame aux niveaux des unions locales et r\u00e9gionales.<\/p>\n\n\n\n<p>La lutte sera \u00e2pre et dure et exigera des militants d\u00e9vou\u00e9s. Tout \u00e9l\u00e9ment qui a peur, qui ne r\u00e9pond pas aux exigences de la lutte devra \u00eatre remplac\u00e9 sur le champ.<\/p>\n\n\n\n<p>On oppose aujourd&rsquo;hui les \u00ab\u00a0r\u00e9flexes de guerre\u00a0\u00bb qu&rsquo;avait acquis le mouvement syndical pendant la lutte de lib\u00e9ration nationale, \u00e0 ce que doit \u00eatre son activit\u00e9 dans la p\u00e9riode de construction du \u00ab socialisme \u00bb<em> (El Moudjahid, <\/em>24-1-68) ; il faut au contraire les r\u00e9apprendre, ces \u00ab\u00a0r\u00e9flexes de guerre\u00a0\u00bb, car il s&rsquo;agit maintenant d&rsquo;une nouvelle guerre, une guerre de classes, qu&rsquo;il faut aussi gagner.<\/p>\n\n\n\n<p>Le parti a pu \u00eatre liquid\u00e9, mais les travailleurs alg\u00e9riens ne permettront pas que leur organisation syndicale devienne un appareil dirig\u00e9 contre leurs int\u00e9r\u00eats : ils ne permettront pas qu&rsquo;elle soit dirig\u00e9e pat un parti fantoche au service des nouveaux bourgeois alg\u00e9riens.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 3e congr\u00e8s se tiendra donc dans la perspective d&rsquo;une exacerbation de la lutte des classes ; il faut que s&rsquo;y expriment \u00e0 fond les potentialit\u00e9s r\u00e9volutionnaires que rec\u00e8lent les masses, comme elles ont su s&rsquo;exprimer il n&rsquo;y a pas si longtemps face \u00e0 des ennemis beaucoup plus puissants et plus intelligents que ceux auxquels elle doit faire face aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, et quels que soient la direction et le programme issus du 3e congr\u00e8s de l&rsquo;U.G.T.A., de la t\u00e2che strat\u00e9gique fondamentale pour la classe ouvri\u00e8re alg\u00e9rienne demeure celle de l\u2019organisation et du d\u00e9veloppement d&rsquo;un parti ouvrier qui lutte pour le pouvoir des masses ouvri\u00e8res et paysannes. Aujourd&rsquo;hui, alors que la structuration des classes est plus avanc\u00e9e, que la r\u00e9action proclame plus clairement ses objectifs, que la direction de l&rsquo;Etat et du parti est plus homog\u00e8ne et plus ouvertement r\u00e9actionnaire, lutter pour un syndicat de masse qui combatte sur des bases de classe parfaitement nettes, contribuer \u00e0 la construction du parti ouvrier d&rsquo;avant-garde, doivent \u00eatre les deux volets ins\u00e9parables et compl\u00e9mentaires de l&rsquo;activit\u00e9 quotidienne de tout militant r\u00e9volutionnaire alg\u00e9rien. Il y va de l&rsquo;avenir de la r\u00e9volution socialiste en Alg\u00e9rie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Le 28 janvier 1968.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article de Larbi Hamdane paru dans Quatri\u00e8me Internationale, n\u00b0 33, avril 1968, p. 22-26 Dans la nuit du 14 au 15 d\u00e9cembre, quelques unit\u00e9s de chars font route vers Alger, avec \u00e0 leur t\u00eate Tahar Zbiri, chef d&rsquo;\u00e9tat-major de l&rsquo;A.N.P., et plusieurs officiers. 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