{"id":14030,"date":"2021-09-15T07:19:35","date_gmt":"2021-09-15T05:19:35","guid":{"rendered":"https:\/\/sinedjib.com\/?p=14030"},"modified":"2021-09-15T20:38:34","modified_gmt":"2021-09-15T18:38:34","slug":"guy-ducornet-ralph-ellison-homme-invisible-pour-qui-chantes-tu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2021\/09\/15\/guy-ducornet-ralph-ellison-homme-invisible-pour-qui-chantes-tu\/","title":{"rendered":"Guy Ducornet : Ralph Ellison &#8211; Homme invisible, pour qui chantes-tu ?"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Article de Guy Ducornet paru dans <em><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k9692017n?rk=85837;2\" target=\"_blank\">Les Langues modernes<\/a><\/em>, n\u00b0 4, juillet-ao\u00fbt 1969, p. 394-401<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/fr.shopping.rakuten.com\/photo\/972854619.jpg?resize=343%2C553&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"343\" height=\"553\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><br><em><strong>RALPH ELLISON<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>HOMME INVISIBLE, POUR QUI CHANTES-TU ?<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Grasset, 1969, traduction de Robert Merle<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><em>Invisible Man<\/em> est une longue m\u00e9taphore dans la tradition de <em>The Wasteland<\/em> ou de <em>Moby Dick<\/em> ; Ellison nous fait participer \u00e0 un rituel qui sous-tend l&rsquo;histoire de la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine, qui en est la d\u00e9finition et le produit. L&rsquo;in\u00e9vitable question, l&rsquo;\u00e9ternelle pr\u00e9occupation des meilleures \u0153uvres am\u00e9ricaines, c&rsquo;est le \u00ab qui suis-je ? \u00bb dans le contexte am\u00e9ricain, que l&rsquo;on retrouve de Marc Twain \u00e0 Philip Roth, de Stephen Crane \u00e0 Bellow, L&rsquo;oeuvre est toujours une mani\u00e8re parti-culi\u00e8re de r\u00e9soudre le probl\u00e8me de l&rsquo;identit\u00e9. Elle ne se contente pas de d\u00e9crire une exp\u00e9rience, elle la cr\u00e9e sous nos yeux. <\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>On serait tent\u00e9 de croire, lorsqu&rsquo;on aborde le roman d&rsquo;un \u00e9crivain noir comme Ralph Ellison, peut-\u00eatre \u00e0 cause de la publicit\u00e9 donn\u00e9e r\u00e9cemment \u00e0 tout ce qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit par un noir aux Etats-Unis, que la question pos\u00e9e sera diff\u00e9rente et que le roman sera un pamphlet, ou une illustration d&rsquo;un folklore qui fait partie de la tradition des Etats-Unis. Pour Ellison, l&rsquo;exp\u00e9rience d&rsquo;un groupe donn\u00e9 n&rsquo;est qu&rsquo;un aspect d&rsquo;une exp\u00e9rience plus large, la m\u00eame, qualitativement, que celle des autres minorit\u00e9s qui vivent en Am\u00e9rique Italiens, Irlandais, Juifs, etc., c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;exp\u00e9rience am\u00e9ricaine. Quelques rares critiques avaient vu cela lors de la publication du livre \u00e0 New York il y a quatorze ans. Les plus acerbes furent les critiques noirs qui accus\u00e8rent Ellison de se vendre \u00ab aux puissances d&rsquo;argent de Wall Street, au capitalisme blanc \u00bb. Ellison \u00e9tait l&rsquo;oncle Tom ! (*) Les critiques sont encore vives aujourd&rsquo;hui car Ellison ne participe directement \u00e0 aucun mouvement int\u00e9grationiste ou s\u00e9paratiste. \u00ab Je suis un \u00e9crivain \u00bb, dit-il, \u00ab pas un activiste \u00bb. <\/p>\n\n\n\n<p><em>Invisible Man<\/em> \u00e9tait le premier roman d&rsquo;importance d&rsquo;un \u00e9crivain noir qui ne fut pas seulement un cri de r\u00e9volte contre la s\u00e9gr\u00e9gation raciale, et ce n&rsquo;est pas par hasard que le livre compte comme l&rsquo;un des meilleurs romans parus aux Etats-Unis depuis cinquante ans, malgr\u00e9 le peu d&rsquo;activit\u00e9 de son auteur sur la sc\u00e8ne litt\u00e9raire. <\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;exp\u00e9rience, on pourrait dire l&rsquo;odyss\u00e9e, dont nous sommes les t\u00e9moins dans <em>Invisible Man<\/em>, a l&rsquo;avantage d&rsquo;\u00eatre pr\u00e9cise, circonscrite historiquement et g\u00e9ographiquement. La mont\u00e9e sud-nord du h\u00e9ros nous donne l&rsquo;itin\u00e9raire d&rsquo;une qu\u00eate, dans la meilleure tradition des romans picaresques. Nous traversons sans cesse la fronti\u00e8re de deux mondes s\u00e9par\u00e9s avec exactitude, la barri\u00e8re de couleur, si remarquable dans les grandes villes o\u00f9, sur chaque trottoir en \u00e9t\u00e9, deux fronts de dormeurs se font face, les uns noirs, les autres blancs, comme sur la sc\u00e8ne du th\u00e9\u00e2tre ou Jean Gen\u00eat aligne ses masques. Voil\u00e0 le cadre r\u00e9el de l&rsquo;odyss\u00e9e. <\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9crivains noirs nous avaient habitu\u00e9, Richard Wright en particulier, \u00e0 des \u0153uvres brutales, am\u00e8res et pessimistes, vitup\u00e9rant un ordre social inacceptable, une injustice flagrante, et qui t\u00e2chaient de r\u00e9veiller sans trop y croire la bonne conscience endormie de tout un peuple. Il est donc tentant, d\u00e8s qu&rsquo;on ouvre <em>Invisible Man<\/em>, d&rsquo;y chercher le cri d&rsquo;un homme en col\u00e8re. On s&rsquo;aper\u00e7oit tr\u00e8s vite que, si une certaine col\u00e8re n&rsquo;est pas totalement absente, le ton est tr\u00e8s diff\u00e9rent. Il n&rsquo;est pas non plus n\u00e9cessaire d&rsquo;\u00eatre tr\u00e8s au courant de la situation raciale aux Etats-Unis pour entrer dans l&rsquo;univers d&rsquo;Ellison. Le monde y est r\u00e9el, des champs et des bouges du sud aux rues de Harlem, et l&rsquo;identit\u00e9 du h\u00e9ros \u00ab total \u00bb est dissimul\u00e9e sous une s\u00e9rie de masques tellement apparents, tellement caricatur\u00e9s, que le porteur de masques devient invisible. Il s&rsquo;achemine vers la perception de sa v\u00e9ritable identit\u00e9 \u00e0 travers un labyrinthe de signes, de rites, de symboles. Le tout repose sur un paradoxe, un malentendu presque comique le h\u00e9ros, si reconnaissable par sa couleur, est en r\u00e9alit\u00e9 un homme invisible (1). <\/p>\n\n\n\n<p>Le voyage du h\u00e9ros sans nom \u2014 on pourrait l&rsquo;appeler \u00ab N \u00bb, \u00e0 la mani\u00e8re de Kafka \u2014 nous entra\u00eene au c\u0153ur de la conscience am\u00e9ricaine. Le noir, qui n&rsquo;est pas le seul \u00e0 \u00eatre \u00ab invisible \u00bb, bien qu&rsquo;il soit le plus ais\u00e9ment identifiable \u00ab de loin \u00bb, y joue le r\u00f4le primordial d&rsquo;une sorte de r\u00e9v\u00e9lateur qui force cette conscience \u00e0 s&rsquo;ouvrir et \u00e0 s&rsquo;exprimer. On conna\u00eet toutes les histoires (et les films), o\u00f9 l&rsquo;on voit un noir qui \u00ab passe \u00bb pour un blanc ou qui a ces quelques gouttes de sang noir dont le pourcentage est calcul\u00e9 exactement dans les Etats du Sud. Elles nous font penser \u00e0 l&rsquo;\u00e9pisode de la fabrique de peinture blanche \u2014 le blanc optique qui sert \u00e0 badigeonner les monuments officiels \u2014 o\u00f9 \u00ab N \u00bb travaille. Pour que la peinture blanche tienne, il faut qu&rsquo;il y ajoute quelques gouttes d&rsquo;un liquide brun\u00e2tre. Il se trompe de flacon, verse un autre liquide dans la peinture qui devient une m\u00e9lasse inutilisable. Ce geste provoque sa rel\u00e9gation au sous-sol o\u00f9 se produit la \u00ab catastrophe \u00bb, l&rsquo;explosion de la chaudi\u00e8re. Ce symbolisme, aussi gros qu&rsquo;un calembour de chanson de rues, est un des moyens dont use Ellison tout au long du livre. Dans ses essais critiques comme dans ses cours aux \u00e9tudiants am\u00e9ricains, il aime rappeler cette influence r\u00e9v\u00e9latrice (et \u00e0 double tranchant) du noir dans la tradition litt\u00e9raire am\u00e9ricaine le r\u00f4le de <em>Nigger Jim<\/em> dans <em>Huck Finn<\/em>, ou les noirs que l&rsquo;on trouve dans les romans de Faulkner comme <em>Intruder in the Dust<\/em>. C&rsquo;est le m\u00eame symbolisme qui sous-tend <em>Moby Dick<\/em> de Melville. <\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;odyss\u00e9e part d&rsquo;issu trou \u00e9clair\u00e9 par 1369 ampoules \u00e9lectriques vol\u00e9es \u00e0 la compagnie <em>Light and Power<\/em>. \u00ab Light \u00bb, c&rsquo;est la lumi\u00e8re mais c&rsquo;est aussi la blancheur ; quant \u00e0 \u00ab power \u00bb, c&rsquo;est le courant \u00e9lectrique en m\u00eame temps que le pouvoir. A ce premier jeu de mots r\u00e9pondrait en 1966 le slogan de \u00ab black power \u00bb qui inqui\u00e8te tant les ti\u00e8des partisans de la cause des noirs, et encore plus leurs adversaires (2). Ellison inaugure ici une technique dont il va user, et parfois abuser dans son livre. Il jongle jusqu&rsquo;\u00e0 \u00e9puisement des effets avec le dualisme blanc\/noir et tr\u00e8s souvent, c&rsquo;est le souci de l&rsquo;effet de style qui cr\u00e9e la situation. On reconna\u00eet dans le prologue sous-terrain l&rsquo;influence de la nouvelle de Richard Wright \u00ab <em>L&rsquo;Homme qui vivait sous terre<\/em> \u00bb (3), et plus loin, celle de Dosto\u00efevski. Dans l&rsquo;\u00e9pilogue du livre, on reviendra \u00e0 ce trou, cette fois pour en ressortir, fort d&rsquo;une conviction toute neuve. <\/p>\n\n\n\n<p>Ce roman ressemble tr\u00e8s souvent \u00e0 une autobiographie ; et les critiques s&rsquo;en sont souvent tenus l\u00e0. On sait qu&rsquo;Ellison a fr\u00e9quent\u00e9 un coll\u00e8ge noir dans le sud (Tuskegge Institute), qu&rsquo;il est venu \u00e0 New York o\u00f9 il a fait divers petits m\u00e9tiers, qu&rsquo;il a \u00e9crit pour des revues de gauche \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque du <em>New Deal<\/em> de Roosevelt et qu&rsquo;il a connu les milieux communistes qu&rsquo;on retrouve en partie dans \u00ab the Brotherhood \u00bb, qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 reporter pour le <em>New York Post<\/em> lors des \u00e9meutes raciales de 1941, etc., mais Ellison se d\u00e9fend avec v\u00e9h\u00e9mence de s&rsquo;\u00eatre peint ou racont\u00e9. Il a transpos\u00e9 une exp\u00e9rience qui, dit-il, n&rsquo;est pas tr\u00e8s originale puisqu&rsquo;il en partage les grandes lignes avec les autres noirs am\u00e9ricains de sa g\u00e9n\u00e9ration. C&rsquo;est l&rsquo;exp\u00e9rience d&rsquo;un groupe qui est importante ici. Elle comprend presque toujours la mont\u00e9e vers le nord, la vie en ghettos, les passages de la barri\u00e8re de couleur, les confusions d&rsquo;identit\u00e9, le double jeu de la part des noirs (4) contenu dans les conseils du grand-p\u00e8re du h\u00e9ros : Dire oui aux blancs, oui jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;ils en cr\u00e8vent. On trouve le double jeu des blancs, les soi-disant lib\u00e9raux, les philanthropes au grand c\u0153ur qui cherchent leur propre gratification\u2026 S&rsquo;il y a l&rsquo;expression d&rsquo;une r\u00e9volte dans <em>Invisible Man<\/em>, c&rsquo;est celle que l&rsquo;on trouve dans <em>Le Proc\u00e8s<\/em>, ou dans <em>La Condition humaine<\/em> et elle est aussi symbolique : c&rsquo;est le coup de poing dans la vitrine qui offre des produits \u00e0 d\u00e9cr\u00eaper les cheveux, c&rsquo;est la fuite dans les rues \u00e0 la fin du livre. En fait le roman contient des th\u00e8mes de vocation sociale sous le rire de d\u00e9rision et le h\u00e9ros, loin d&rsquo;\u00eatre aveugle, se tourne au contraire vers le monde. On pourrait se demander si Ellison a r\u00e9ussi \u00e0 convaincre le lecteur sur ce point. <\/p>\n\n\n\n<p>Ellison ne s&rsquo;est jamais demand\u00e9 \u00ab ce qu&rsquo;on attendait de lui \u00bb lorsqu&rsquo;il a entrepris d&rsquo;\u00e9crire ce livre, et surtout pas un livre \u00ab noir \u00bb \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 la seule voix d&rsquo;importance \u00e9tait celle de Richard Wright avec qui Ellison travaillait \u00e0 une revue et quand, il faut bien le dire, r\u00e9gnait une p\u00e9nurie de bons manuscrits. Ellison reconna\u00eet lui-m\u00eame qu&rsquo;il ne s&rsquo;agissait pas d&rsquo;une s\u00e9gr\u00e9gation concert\u00e9e de la part des \u00e9diteurs. (On assiste aujourd&rsquo;hui \u00e0 une surabondance de livres \u00e9crits par des noirs et la qualit\u00e9 est souvent fort loin d&rsquo;\u00eatre en rapport avec la quantit\u00e9). <\/p>\n\n\n\n<p>Ellison demande \u00e0 son pass\u00e9 les \u00e9l\u00e9ments de sa mythologie, si riche, si f\u00e9conde, et dont la vitalit\u00e9 est une des conditions de la survie du groupe. Elle est un \u00ab n\u00e9gatif \u00bb des ph\u00e9nom\u00e8nes d&rsquo;\u00e9volution qui ont marqu\u00e9 les \u00e9tapes de l&rsquo;av\u00e8nement de la conscience am\u00e9ricaine en tant que conscience nationale. <\/p>\n\n\n\n<p>A la base, et depuis que la condition des noirs est devenue un probl\u00e8me politique, psychosociologique qui confronte <em>tous <\/em>les Am\u00e9ricains, un \u00e9l\u00e9ment a disparu : le \u00ab darky act \u00bb, com\u00e9die des cabarets ou des th\u00e9\u00e2tres ambulants <em>blancs<\/em>, dont le h\u00e9ros \u00e9tait un masque repr\u00e9sentant le n\u00e8gre, na\u00eff, peureux, rieur (et dont le type le plus c\u00e9l\u00e8bre fut d&rsquo;ailleurs un blanc : Al Jolson), au costume reproduisant Oncle Sam, la banni\u00e8re \u00e9toil\u00e9e ! Toute la partie \u00ab sudiste \u00bb d&rsquo;<em>Invisible Man<\/em> emprunte \u00e0 cette tradition le comique de situation et le double jeu des couleurs. Les personnages ne sont que les projections d&rsquo;une image \u00ab blanche \u00bb pour un public blanc : c&rsquo;est le cas pour M. Norton, pour les spectateurs de la \u00ab bataille royale \u00bb, etc. <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab L&rsquo;indignit\u00e9 de l&rsquo;esclavage n&rsquo;\u00e9tait rien aupr\u00e8s du d\u00e9placement, de la confusion continuelle de notre image. Parce que certaines choses sont li\u00e9es \u00e0 la notion que les blancs ont du chaos, il leur est impossible de consid\u00e9rer des questions comme l&rsquo;amour, les femmes, l&rsquo;identit\u00e9 nationale, les changements de l&rsquo;histoire, la justice sociale, et m\u00eame la \u00ab\u00a0criminalit\u00e9\u00a0\u00bb implicite dans l&rsquo;\u00e9largissement des libert\u00e9s, sans qu&rsquo;ils fassent appel \u00e0 des images d&rsquo;hommes noirs malfaisants (\u2026). Dans la branche anglo-saxonne du folklore am\u00e9ricain, dans l&rsquo;industrie du spectacle, le noir est r\u00e9duit \u00e0 un signe n\u00e9gatif qui joue en g\u00e9n\u00e9ral dans une com\u00e9die grotesque, inacceptable. Toute l&rsquo;action des \u00ab\u00a0minstrel shows\u00a0\u00bb, avec leur chor\u00e9graphie d\u00e9riv\u00e9e de danses noires, leurs grattements de banjos, leurs voix caquetant un pseudo-dialecte noir (&#8230;), leurs acteurs suants aux costumes bariol\u00e9s, constituait un rituel d&rsquo;exorcisme (\u2026). Le masque \u00e9tait un \u00e9l\u00e9ment ins\u00e9parable de l&rsquo;iconographie nationale. Ainsi, quand un noir jouait un r\u00f4le abstrait, l&rsquo;implication nationale restait inchang\u00e9e ; son costume utilisait le symbolisme sacr\u00e9 du drapeau national &#8211; pantalon ray\u00e9 rouge et blanc, et col bleu sem\u00e9 d&rsquo;\u00e9toiles blanches &#8211; mais il ne pouvait se produire sur sc\u00e8ne que gant\u00e9, et le visage noirci \u00e0 la graisse ou au bouchon. Ce masque, cette stylisation volontaire, cette modification intentionnelle de la couleur naturelle du visage et des mains \u00e9taient n\u00e9cessaires pour \u00e9voquer une atmosph\u00e8re o\u00f9 le public pouvait go\u00fbter la fascination de la noirceur, pour que le comique se produise. L&rsquo;identit\u00e9 raciale n&rsquo;avait aucune importance ; le masque \u00e9tait \u00ab la chose \u00bb, et sa fonction \u00e9tait de voiler l&rsquo;humanit\u00e9 du noir, ainsi r\u00e9duit \u00e0 un signe, et de supprimer chez les blancs la conscience d&rsquo;une quelconque identification morale avec ses propres actes, avec l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 morale refoul\u00e9e sous le masque. \u00bb (5) <\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>L&rsquo;identit\u00e9 raciale s&rsquo;exprime dans <em>Invisible Man<\/em> sous forme de blagues pour initi\u00e9s, les \u00ab <em>in <\/em>jokes \u00bb qui ont cours \u00e0 Harlem, quand ce n&rsquo;est pas la langue elle-m\u00eame, ce qu&rsquo;on appelle le \u00ab harlemite \u00bb, gui est un code. Ce sont des blagues, par exemple que l&rsquo;acteur Dick Gr\u00e9gory colportait nagu\u00e8re de sc\u00e8ne en sc\u00e8ne pour le public blanc et \u00e0 ses d\u00e9pens. Un seul critique avait, \u00e0 ma connaissance, trouv\u00e9 le livre d&rsquo;Ellison amusant en 1953. L&rsquo;humour demande une participation du lecteur, un rire de d\u00e9rision parfois path\u00e9tique, un rire-de-soi, traditionnellement anglo-saxon. Les exemples en abondent dans le roman et certaines images ne servent qu&rsquo;\u00e0 provoquer ce rire grin\u00e7ant et lib\u00e9rateur ainsi, au d\u00e9but de l&rsquo;histoire, lorsque le barman du bouge affirme qu&rsquo;il ne refusera pas de servir M. Norton \u00ab Nous, on ne s\u00e9gr\u00e8gue personne \u00bb, il d\u00e9capite la mousse blanche de deux demis de bi\u00e8re avec une spatule d&rsquo;ivoire\u2026 Une autre sc\u00e8ne pourrait venir tout droit d&rsquo;un film des fr\u00e8res Pr\u00e9vert, ou de <em>Paris Week-end<\/em>, la S\u0153ur Blanche, de race noire, accompagnant une autre bonne-s\u0153ur, blanche celle-l\u00e0, mais tout habill\u00e9e de noir. On remarque au fil des chapitres qu&rsquo;\u00e0 chaque fois que le h\u00e9ros essaie de rejeter son pass\u00e9, de mettre un masque, Ellison d\u00e9tend tout le tragique que cet abandon implique en introduisant un \u00ab gag \u00bb avec, en plus, la richesse de la langue, la pr\u00e9cision avec laquelle les diff\u00e9rents \u00ab dialectes \u00bb ou accents noirs sont rapport\u00e9s ; dans la sc\u00e8ne d&rsquo;\u00e9meute de Harlem, le personnage de Ras l&rsquo;Exhorteur, tel Don Quichotte sur Rossinante, est d\u00e9crit en \u00ab harlemite \u00bb le plus pur. <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab Il y avait les probl\u00e8mes de la langue, du dialogue qui, avec ses monosyllabes, ses paragraphes courts et secs, est un des sommets de la prose am\u00e9ricaine de notre temps. Mais malgr\u00e9 la notion que ces rythmes-l\u00e0 sont ceux de la langue quotidienne, il m&rsquo;a sembl\u00e9 que si je les comparais \u00e0 la richesse linguistique qui m&rsquo;entourait &#8211; cette langue bourr\u00e9e d&rsquo;images, de ruses de rh\u00e9torique &#8211; un tel dialogue aurait \u00e9t\u00e9 trop aust\u00e8re. Notre parler r\u00e9sonne de trois cents ans de vie am\u00e9ricaine ; il est un m\u00e9lange de folklore, de termes bibliques, scientifiques et politiques ; argotique ici, l\u00e0 tout acad\u00e9mique, un moment charg\u00e9 d&rsquo;imagerie po\u00e9tique, puis math\u00e9matiquement d\u00e9nud\u00e9 de toute image. \u00bb (6).<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Le rire permet au personnage de renverser les obstacles, de d\u00e9couvrir au passage sa sup\u00e9riorit\u00e9 momentan\u00e9e sur la r\u00e9alit\u00e9, de sentir toute sa vitalit\u00e9, son unit\u00e9 organique. C&rsquo;est un rire toujours ambivalent qui jaillit des plus am\u00e8res d\u00e9ceptions. Ellison aime rappeler une cl\u00e9 pour comprendre le jeu des symboles dans son roman ; c&rsquo;est un vieux proverbe noir<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>If you&rsquo;re black stay black <br>If you&rsquo;re brown stick around <br>If you&rsquo;re white, you&rsquo;re right. <\/p><p>(Si t&rsquo;es noir reste noir <br>Si t&rsquo;es marron t&rsquo;as une chance <br>Si t&rsquo;es blanc t&rsquo;as raison). <\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est la transposition de ce th\u00e8me que nous voyons lorsque le personnage passe sans cesse de la <em>noirceur <\/em>\u00e0 la <em>blancheur<\/em>, de l&rsquo;invisibilit\u00e9 \u00e0 la visibilit\u00e9, de l&rsquo;ignorance \u00e0 la connaissance, du trou \u00e0 la lumi\u00e8re, etc. <\/p>\n\n\n\n<p>Chaque \u00e9tape du roman est un passage vers le visible ; les symboles indiquent ce mouvement au lecteur, ou l&rsquo;avertissent que ce mouvement va se produire. Le livre divise en trois parties le cheminement vers la perception ; elles sont reli\u00e9es par trois renaissances symboliques et l&rsquo;\u00e9change d&rsquo;un morceau de papier blanc contenu dans la serviette \u00e0 laquelle r\u00eave le personnage lorsqu&rsquo;il gagne sa bourse d&rsquo;\u00e9tudes. Ces messages portent tous la m\u00eame phrase \u00ab Keep this Nigger Boy Running ! \u00bb Il faut donc faire marcher, et m\u00eame courir, ce jeune n\u00e8gre. Parall\u00e8lement, deux id\u00e9es progressent : la \u00ab blancheur \u00bb doit tendre vers le \u00ab bien \u00bb, mais conduit en fait \u00e0 l&rsquo;ignorance ; la \u00ab noirceur \u00bb &#8211; on dirait en d&rsquo;autres lieux la \u00ab n\u00e9gritude \u00bb &#8211; passe par le \u00ab mal \u00bb mais aboutit \u00e0 la lumi\u00e8re. Les symboles portent ces deux id\u00e9es parall\u00e8les comme les rites d&rsquo;une longue initiation. Dans la \u00ab bataille royale \u00bb, au d\u00e9but du livre, deux jeunes noirs doivent se battre les yeux band\u00e9s devant un public blanc tonitruant ; le vainqueur re\u00e7oit une bourse d&rsquo;\u00e9tudes et de l&rsquo;argent qu&rsquo;il doit ramasser sur un tapis \u00e9lectris\u00e9. Ensuite il doit prononcer un discours de remerciement. Ici, c&rsquo;est tout le statut du noir qui est repr\u00e9sent\u00e9, son combat aveugle contre d&rsquo;autres noirs pour plaire \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 blanche. Les embl\u00e8mes de la soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;abondance sont offerts et en m\u00eame temps refus\u00e9s aux noirs comme l&rsquo;argent qui \u00e9lectrise. Le mensonge entre noirs, le combat aveugle pour obtenir une gratification, nous le retrouverons avec le cynique Bledsoe, le principal du coll\u00e8ge, un peu plus tard. <\/p>\n\n\n\n<p>Les noms propres eux-m\u00eames, dans la tradition du <em>Pilgrim&rsquo;s Progress<\/em>, \u00ab signifient \u00bb les personnages, et par contraste, l&rsquo;anonymat du h\u00e9ros cr\u00e8ve les yeux. Ainsi Trueblood (pur-sang), Norton (l&rsquo;homme du nord), Tod Clifton (Tod pour la mort, Clifton pour \u00ab Cliff \u00bb, la falaise, le saut dans la mort, Ras (pour race), Tarp (de \u00ab tar \u00bb, goudron), etc. <\/p>\n\n\n\n<p>Quand on lui pose la question, \u00e0 savoir ce qui se cache sous les autres noms, Ellison r\u00e9pond \u00e9vasivement que c&rsquo;est une blague (\u00ab it&rsquo;s all a jatte ! \u00bb) ; mais dans le roman lui-m\u00eame on trouve l&rsquo;explication d&rsquo;un des noms, celui de P. B. Rinehart \u00ab Could he himself be both rind and heart ? \u00bb le dehors et le dedans\u2026 Ailleurs, Ellison expliquera davan-tage ce patronyme : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab Il est certain que P. B. Rinehart (P. pour Prot\u00e9e, B. pour \u00ab\u00a0bliss\u00a0\u00bb (= bonheur, b\u00e9atitude) peut \u00eatre le meilleur exemple du blagueur\u2026 C&rsquo;est le virtuose am\u00e9ricain de l&rsquo;identit\u00e9 qui tire sa subsistance dut chaos et du changement brusque ; sa mascarade est motiv\u00e9e par le bonheur (bliss) de jouter des r\u00f4les ; il est comme un dieu car il y a plusieurs personnes dans son image alors que lui-m\u00eame n&rsquo;est jamais vu \u00bb (7).<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Le symbole de la fabrique du \u00ab blanc optique \u00bb est tout aussi \u00e9sot\u00e9rique et fac\u00e9tieux quand on sait que sa formule a \u00e9t\u00e9 invent\u00e9e par Lucius Brockway, un vieux noir qui hante les sous-sols de l&rsquo;usine. C&rsquo;est au cours d&rsquo;une bagarre avec Brockway que la chaudi\u00e8re saute et que le h\u00e9ros se retrouve \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital dans une sorte d&rsquo;incubateur avec un \u00e9trange cordon ombilical qui le relie au monde (8). Il a oubli\u00e9 son nom et celui de sa m\u00e8re. Le m\u00e9decin lui demande alors \u00ab Qui est Brer Rabbit \u00bb \u2014 Brother Rabbit, le Jeannot Lapin des histoires populaires qui repr\u00e9sente le noir jouant des tours aux blancs. Il est \u00e9videmment impossible qu&rsquo;un jeune noir ne connaisse pas ce f\u00e9tiche. Ellison fait dire \u00e0 son h\u00e9ros <\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Je voulais \u00eatre libre, et non d\u00e9truit. Je ne pouvais pas m&rsquo;\u00e9chapper, pas plus que nie souvenir de mon identit\u00e9. Quand je d\u00e9couvrirai qui je suis, je serai libre. \u00bb On ne saurait \u00eatre plus clair ! C&rsquo;est \u00e0 ce moment que l&rsquo;infirmi\u00e8re coupe le cordon qui le relie \u00e0 l&rsquo;incubateur que le personnage <em>rena\u00eet<\/em>, litt\u00e9ralement, coup\u00e9 de son pass\u00e9, et se tourne vers l&rsquo;avenir (\u00ab pour de nouvelles aventures \u00bb, dirait-on dans les romans-feuilletons). <\/p>\n\n\n\n<p>Il essaie, dans un restaurant, de commander ce qu&rsquo;un blanc commanderait, dernier effort pour rejeter ses attaches ; mais une odeur famili\u00e8re le prend aux narines : l&rsquo;odeur des <em>yams <\/em>que vend un marchand ambulant. Le \u00ab yam \u00bb, c&rsquo;est la patate douce, plat traditionnel des Etats du Sud o\u00f9 les noirs ont leurs racines. Sur cette r\u00e9miniscence \u00e0 la mani\u00e8re de Proust, Ellison en profite pour faire un (les innombrables jeux de mots qui truffent son livre \u00ab Yam \u2014 I am what I am \u00bb, etc. <\/p>\n\n\n\n<p>Plus tard, lorsque le h\u00e9ros devient membre de la \u00ab Fraternit\u00e9 \u00bb, il se sent transforme temporairement par toutes les nouvelles exp\u00e9riences de la vie au sein d&rsquo;une organisation. Ici encore, un symbole il accepte une responsabilit\u00e9 et doit changer son nom ; la transition est assur\u00e9e par une tirelire en fonte, qu&rsquo;il essaie de jeter \u2014 elle repr\u00e9sente un noir aux \u00e9normes l\u00e8vres. On pense ici au barbier de Gogol qui essaie de se d\u00e9barrasser du nez\u2026 Le h\u00e9ros n&rsquo;a pas encore trouv\u00e9 son identit\u00e9 mais il fait partie d&rsquo;un <em>groupe<\/em>, il devient \u00ab plus humain \u00bb :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>What had I meant by saying I had become more human ? Did I mean that I had become less of what I was, less a Negro, or that I was less a being apart\u2026 ? But all this is negative. To become less-in order to become more ? Perhaps that was it, but in what way <em>more <\/em>human ? (\u2026) Here was a way, not limited by black and white, but a way which (\u2026) could lead to the highest possible rewards. For the first time (\u2026) I could glimpse the possibility of being more than a member of a race. \u00bb (Random House edition, p. 268).<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Bornons-nous \u00e0 quelques exemples de symboles dont ce roman est rempli. Ils cr\u00e9ent le rire \u00e0 chaque instant, on veut savoir si le h\u00e9ros arrivera au bout de cette qu\u00eate, s&rsquo;il d\u00e9chiffrera tous les messages en chemin. Chaque point de rep\u00e8re ainsi repr\u00e9sent\u00e9, cette somme de signes de connivence, c&rsquo;est toute l&rsquo;exp\u00e9rience am\u00e9ricaine qu&rsquo;Ellison voulu embrasser. C&rsquo;est ce qui a fait dire au critique Frank Dupee que <em>Invisible Man<\/em> \u00e9tait \u00ab le Moby Dick d&rsquo;une crise raciale \u00bb. C&rsquo;est aussi ce qui fait qu&rsquo;apr\u00e8s quinze ans <em>Invisible Man<\/em> figure au programme des \u00e9coles et qu&rsquo;il est sans cesse r\u00e9imprim\u00e9. En utilisant son exp\u00e9rience savoureuse, bigarr\u00e9e, Ellison donne un sens au chaos \u00ab Croire qu&rsquo;un \u00e9crivain ne doive penser qu&rsquo;\u00e0 sa n\u00e9gritude serait tomber dans un pi\u00e8ge \u00bb, dit-il ; ce qui l&rsquo;int\u00e9resse, c&rsquo;est plus la pigmentation de la peau que la culture et le pass\u00e9 du noir. Ce qui fait un \u00ab noir \u00bb, c&rsquo;est les conditions \u2014 ou le conditionnement \u2014 psychologiques dans lesquelles il a v\u00e9cu, sa langue, son folklore secret, son blues et un certain sens de l&rsquo;histoire et de la culture am\u00e9ricaine. Nous sommes loin des sch\u00e9mas sociologiques qui sont faits par les blancs \u00e0 leur usage propre.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab L&rsquo;homme ne peut exprimer ce qui n&rsquo;existe pas \u2014 que ce soit sous forme de r\u00eave, d&rsquo;id\u00e9es ou de faits r\u00e9els \u2014 dans son milieu. Ni ses pens\u00e9es, ni ses sentiments, ni son intelligence ne sont inn\u00e9s, fix\u00e9s une fois pour toutes. Elles naissent de son interpr\u00e9tation d&rsquo;un instinct et chacune de ces qualit\u00e9s change les autres et se transforme elle-m\u00eame (\u2026). L&rsquo;\u00e9tendue de ces changements varie en fonction du degr\u00e9 de libert\u00e9 culturelle et politique du milieu. La fonction, la psychologie de la s\u00e9lection artistique, c&rsquo;est d&rsquo;\u00e9liminer de l&rsquo;art les bribes d&rsquo;exp\u00e9rience qui ne contiennent pas cette signification qui vous pousse. La vie est comme la mer et l&rsquo;art est le navire avec lequel l&rsquo;homme conquiert sa vie informe, la r\u00e9duit \u00e0 un cours, \u00e0 une s\u00e9rie de virages, (le courants et de vents inscrits sur une carte. Bien que tir\u00e9e du monde, \u00ab\u00a0la signification organis\u00e9e de l&rsquo;art\u00a0\u00bb, \u00e9crit Malraux, est plus forte que toute la multiplicit\u00e9 du monde. \u00bb (9). <\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u2014 \u00ab La vie est faite pour \u00eatre v\u00e9cue, non pour \u00eatre contr\u00f4l\u00e9e. Et nous atteignons notre humanit\u00e9 en continuant \u00e0 jouer en face de certaines d\u00e9faites. Notre destin est de devenir \u00ab\u00a0un\u00a0\u00bb, et en m\u00eame temps \u00ab\u00a0plusieurs\u00a0\u00bb \u2014 ceci n&rsquo;est pas une proph\u00e9tie, mais une description ; ainsi, une des plus \u00e9normes blagues du inonde, c&rsquo;est de voir les blancs qui s&rsquo;efforcent chaque jour d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 la noirceur, et les noirs qui se pr\u00e9cipitent sur la blancheur, ce qui les rend tout gris ! Aucun de nous ne sait qui il est ni o\u00f9 il va. \u00bb (10). <\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Toutes ces citations, de 1945 \u00e0 1961 montrent un \u00e9crivain qui cherche encore la r\u00e9ponse \u00e0 la question pos\u00e9e par son premier roman ; et r\u00e9cemment, apr\u00e8s avoir red\u00e9fini ses id\u00e9es sur la litt\u00e9rature et le \u00ab ph\u00e9nom\u00e8ne \u00bb d&rsquo;\u00eatre un \u00e9crivain noir, Ellison concluait <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab Je suis un \u00e9crivain am\u00e9ricain qui enseigne de temps en temps. \u00bb (11).<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Guy Ducornet.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>NOTES<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(*) \u00ab\u00a0C&rsquo;est un livre snob pour la classe moyenne, plein de m\u00e9pris pour les Noirs. En 439 pages, Ellison manipule son h\u00e9ros sans nom dans un monde de corruption, de brutalit\u00e9, d&rsquo;attaques anti-communistes, et de perversion sexuelle (\u2026). Ce sera sans doute un \u00ab\u00a0best-seller\u00a0\u00bb et on verra bient\u00f4t \u00ab\u00a0Invisible Man\u00a0\u00bb en livre de poche et la couverture montrera un Noir et une Blanche \u00e0 demi-nue\u00a0\u00bb : Abner W. Berry, <em>The Daily Worker<\/em>, 6-1-1952. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(1) Le titre m\u00eame du roman, si proche du tr\u00e8s connu \u00ab\u00a0Homme Invisible\u00a0\u00bb par H. G. Wells, a \u00e9t\u00e9 voulu ainsi par Ellison ; cette similitude n&rsquo;est qu&rsquo;un aspect de l&rsquo;humour qui perce \u00e0 chaque page de cette longue fable. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(2) Ce slogan, lanc\u00e9 par le groupe S.N.I.C., a \u00e9t\u00e9 volontairement pris \u00e0 la lettre par les s\u00e9gr\u00e9gationnistes ; il signifie que les Noirs veulent jouer le m\u00eame r\u00f4le de force que les Blancs \u00e0 tous les \u00e9chelons de la soci\u00e9t\u00e9 ; ce n&rsquo;est pas un cri de guerre comme certains slogans des \u00ab\u00a0Black Muslims\u00a0\u00bb. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(3) Richard Wright : <em>The Man Who Lived Underground<\/em>, L. L. Fisher publisher, New-York, 1944, 44 pp.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(4) M. McKissick, Directeur de l&rsquo;organisation C.O.R.E. (Congress for Racial Equality), disait r\u00e9cemment \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision de New-York : \u00ab Il y a toujours deux tendances en nous. D&rsquo;une part \u00ab\u00a0Sois un bon n\u00e8gre\u00a0\u00bb, d&rsquo;autre part \u00ab\u00a0Il faut te battre\u00a0\u00bb. \u00bb (18 d\u00e9cembre 1966, Channel 5). <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(5) Ralph Ellison, \u00ab\u00a0The Negro Writer in America\u00a0\u00bb, <em>Partisan Review<\/em>, Spring 1958, vol. 25, pp. 216-218. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(6) Extrait du discours prononc\u00e9 par Ralph Ellison, lors de la remise du National Book Award, \u00e0 New-York, le 27 janvier 1953. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(7) Ralph Ellison : <em>Partisan Review<\/em> \u00ab Change the Joke and Slip the Yoke \u00bb. Vol. 25, 1958, pp. 212-222. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(8) La sc\u00e8ne de la clinique tenait tout un chapitre dans la premi\u00e8re version du livre, mais Ellison la supprima pour all\u00e9ger son manuscrit. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(9) Ralph Ellison, \u00ab <em>Richard Wright&rsquo;s Blues<\/em> \u00bb ; Antioch Review. Vol. 5, 1945, pp. 202-206. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(10) Interview de Ralph Ellison, 2 septembre 1961. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(11) <em>New-York Times<\/em>, Sunday Book Review Section, 20 nov. 1966.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"14031\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2021\/09\/15\/guy-ducornet-ralph-ellison-homme-invisible-pour-qui-chantes-tu\/les_langues_modernes___bulletin_-societe_des_bpt6k9692017n_1\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Les_Langues_modernes___bulletin_...Societe_des_bpt6k9692017n_1.jpeg?fit=921%2C1566&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"921,1566\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Les_Langues_modernes___bulletin_&#8230;Societe_des_bpt6k9692017n_1\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Les_Langues_modernes___bulletin_...Societe_des_bpt6k9692017n_1.jpeg?fit=176%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Les_Langues_modernes___bulletin_...Societe_des_bpt6k9692017n_1.jpeg?fit=580%2C987&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Les_Langues_modernes___bulletin_...Societe_des_bpt6k9692017n_1.jpeg?resize=365%2C621&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-14031\" width=\"365\" height=\"621\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Les_Langues_modernes___bulletin_...Societe_des_bpt6k9692017n_1.jpeg?resize=602%2C1024&amp;ssl=1 602w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Les_Langues_modernes___bulletin_...Societe_des_bpt6k9692017n_1.jpeg?resize=176%2C300&amp;ssl=1 176w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Les_Langues_modernes___bulletin_...Societe_des_bpt6k9692017n_1.jpeg?resize=768%2C1306&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Les_Langues_modernes___bulletin_...Societe_des_bpt6k9692017n_1.jpeg?resize=903%2C1536&amp;ssl=1 903w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Les_Langues_modernes___bulletin_...Societe_des_bpt6k9692017n_1.jpeg?w=921&amp;ssl=1 921w\" sizes=\"auto, (max-width: 365px) 100vw, 365px\" \/><\/figure><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article de Guy Ducornet paru dans Les Langues modernes, n\u00b0 4, juillet-ao\u00fbt 1969, p. 394-401 RALPH ELLISON HOMME INVISIBLE, POUR QUI CHANTES-TU ? Grasset, 1969, traduction de Robert Merle Invisible Man est une longue m\u00e9taphore dans la tradition de The Wasteland ou de Moby Dick ; Ellison nous fait participer \u00e0 un rituel qui sous-tend [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[2340],"tags":[2172,1432,407,4727,4728,1211,1488,985,4726,2001,4729,1212],"class_list":["post-14030","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-revues","tag-2172","tag-critique","tag-etats-unis","tag-guy-ducornet","tag-les-langues-modernes","tag-litterature","tag-noirs","tag-racisme","tag-ralph-ellison","tag-recension","tag-robert-merle","tag-roman"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9lTYU-3Ei","jetpack_likes_enabled":true,"jetpack-related-posts":[{"id":26591,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2025\/07\/21\/noir\/","url_meta":{"origin":14030,"position":0},"title":"Table ronde : Le probl\u00e8me noir aux Etats-Unis","author":"SiNedjib","date":"21\/07\/2025","format":false,"excerpt":"Article paru dans Les Langues modernes, revue et bulletin de l'association des professeurs de langue vivante de l'enseignement public, 60e ann\u00e9e, n\u00b0 3, mai-juin 1966, p. 108-116 En mai 1965, le po\u00e8te Langston Hughes et deux jeunes romanciers, Paule Marshall et Melvin Kelley, furent invit\u00e9s \u00e0 Paris, par le Centre\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;revues&quot;","block_context":{"text":"revues","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/category\/revues\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/les-langues-modernes-1966.jpg?resize=350%2C200&ssl=1","width":350,"height":200,"srcset":"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/les-langues-modernes-1966.jpg?resize=350%2C200&ssl=1 1x, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/les-langues-modernes-1966.jpg?resize=525%2C300&ssl=1 1.5x, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/les-langues-modernes-1966.jpg?resize=700%2C400&ssl=1 2x"},"classes":[]},{"id":6341,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2019\/10\/15\/desnos\/","url_meta":{"origin":14030,"position":1},"title":"Robert Desnos : Description d&rsquo;une r\u00e9volte prochaine","author":"SiNedjib","date":"15\/10\/2019","format":false,"excerpt":"Texte de Robert Desnos paru dans La R\u00e9volution surr\u00e9aliste, n\u00b0 3, 15 avril 1925, p. 25-27. Issus de l'Est t\u00e9n\u00e9breux, les civilis\u00e9s continuent la m\u00eame marche vers l'Ouest qu'Attila, Tamerlan et tant d'autres inconnus. Qui dit civilis\u00e9s dit anciens barbares, c'est-\u00e0-dire b\u00e2tards des aventuriers de la nuit, c'est-\u00e0-dire ceux que\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;revues&quot;","block_context":{"text":"revues","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/category\/revues\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/1925-04-15-La-R%C3%A9volution-surr%C3%A9aliste.png?resize=350%2C200&ssl=1","width":350,"height":200},"classes":[]},{"id":400,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2015\/05\/08\/jean-guy-modin\/","url_meta":{"origin":14030,"position":2},"title":"Un po\u00e8me de Jean-Guy Modin d\u00e9di\u00e9 aux diffuseurs de \u00ab\u00a0l&rsquo;Alg\u00e9rie libre\u00a0\u00bb","author":"Nedjib Sidi Moussa","date":"08\/05\/2015","format":false,"excerpt":"Paru dans L'Alg\u00e9rie libre, n\u00b041, 19 janvier 1952\u00a0; po\u00e8me publi\u00e9 dans le recueil Epreuves Lesquels sont les sauvages\u00a0? Alg\u00e9riens qui ne gagnent presque rien qui vendent \u00ab\u00a0L'Alg\u00e9rie libre\u00a0\u00bb qui re\u00e7oivent des coups et qui s'instruisent le soir Policiers qui gagnent des milliers qui se vendent pour vivre qui distribuent des\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;presse&quot;","block_context":{"text":"presse","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/category\/presse\/"},"img":{"alt_text":"","src":"","width":0,"height":0},"classes":[]},{"id":15040,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2021\/12\/19\/antifascisme-ou-lutte-de-classe\/","url_meta":{"origin":14030,"position":3},"title":"Antifascisme ou lutte de classe","author":"SiNedjib","date":"19\/12\/2021","format":false,"excerpt":"Article paru dans Pouvoir ouvrier, n\u00b0 41, juin 1962, p. 1-3 L'Alg\u00e9rie br\u00fble. Impassible, l'Arm\u00e9e assiste au dernier festival O.A.S. La civilisation fran\u00e7aise prend cong\u00e9 des arabes. Si quelqu'un reste, ce ne sera plus des fran\u00e7ais, mais des pieds-noirs. D\u00e9j\u00e0 \u00e0 Alger certains se d\u00e9gonflent. Pour eux, le F.L.N. n'est\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;presse&quot;","block_context":{"text":"presse","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/category\/presse\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Pouvoir-ouvrier-juin-1962.png?resize=350%2C200&ssl=1","width":350,"height":200},"classes":[]},{"id":11896,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2021\/03\/25\/guy-martin-lenfer-colonial-les-futurs-maitres\/","url_meta":{"origin":14030,"position":4},"title":"Guy Martin : L&rsquo;enfer colonial. Les futurs ma\u00eetres","author":"SiNedjib","date":"25\/03\/2021","format":false,"excerpt":"Article de Guy Martin paru dans Le Libertaire, n\u00b0 278, 3 ao\u00fbt 1951 EXTRAIT d'un article intitul\u00e9 \u00ab La Patrie \u00bb, paru dans l'organe nationaliste \u00ab La R\u00e9publique Alg\u00e9rienne \u00bb du 1er juin 1951 : \u00ab \u2026Soyons tr\u00e8s fiers d'\u00eatre Alg\u00e9riens musulmans, rendons \u00e0 notre pays le tribut d'admiration que\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;presse&quot;","block_context":{"text":"presse","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/category\/presse\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Le-Libertaire-3-aout-1951.png?resize=350%2C200&ssl=1","width":350,"height":200,"srcset":"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Le-Libertaire-3-aout-1951.png?resize=350%2C200&ssl=1 1x, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Le-Libertaire-3-aout-1951.png?resize=525%2C300&ssl=1 1.5x"},"classes":[]},{"id":22336,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2024\/03\/17\/roux\/","url_meta":{"origin":14030,"position":5},"title":"Albert Roux : Contre la r\u00e9pression en Alg\u00e9rie","author":"SiNedjib","date":"17\/03\/2024","format":false,"excerpt":"Article d'Albert Roux paru dans La Quatri\u00e8me Internationale, n\u00b0 2, d\u00e9cembre 1965, p. 7 EN septembre, le pr\u00e9sident Ben Bella n'ayant pas donn\u00e9 le moindre signe de vie (trois mois apr\u00e8s son arrestation) un appel fut lanc\u00e9 \u00e0 l'opinion publique internationale en vue d'obtenir, par une intervention concert\u00e9e et massive\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;presse&quot;","block_context":{"text":"presse","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/category\/presse\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/La-Quatrieme-Internationale-decembre-1965.png?resize=350%2C200&ssl=1","width":350,"height":200,"srcset":"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/La-Quatrieme-Internationale-decembre-1965.png?resize=350%2C200&ssl=1 1x, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/La-Quatrieme-Internationale-decembre-1965.png?resize=525%2C300&ssl=1 1.5x, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/La-Quatrieme-Internationale-decembre-1965.png?resize=700%2C400&ssl=1 2x"},"classes":[]}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14030","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14030"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14030\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14033,"href":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14030\/revisions\/14033"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14030"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14030"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14030"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}