{"id":14587,"date":"2021-11-02T10:38:09","date_gmt":"2021-11-02T09:38:09","guid":{"rendered":"https:\/\/sinedjib.com\/?p=14587"},"modified":"2025-07-28T19:23:23","modified_gmt":"2025-07-28T17:23:23","slug":"honore-de-balzac-illusions-perdues","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2021\/11\/02\/honore-de-balzac-illusions-perdues\/","title":{"rendered":"Honor\u00e9 de Balzac : Illusions perdues"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Extrait du roman d&rsquo;Honor\u00e9 de Balzac, <em><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k6128073c\/f12.image\" target=\"_blank\">Illusions perdues<\/a><\/em>, Paris, Veuve Andr\u00e9 Houssiaux, \u00e9diteur, H\u00e9bert et Compagnie, successeurs, 1874, p. 198-204<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/img.lemde.fr\/2021\/10\/18\/0\/0\/6000\/4000\/664\/0\/75\/0\/715d743_584414226-arp06049.JPG?w=580&#038;ssl=1\" alt=\"\"\/><figcaption>Vincent Lacoste et Benjamin Voisin dans&nbsp;\u00ab&nbsp;Illusions perdues&nbsp;\u00bb, de&nbsp;Xavier Giannoli. GAUMONT<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>\u2014 Eh ! bien ? dit Lucien apr\u00e8s un moment de silence qui lui sembla d&rsquo;une longueur d\u00e9mesur\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>\u2014 Mon cher, dit gravement \u00c9tienne Lousteau en voyant le bout des bottes que Lucien avait apport\u00e9es d&rsquo;Angoul\u00eame et qu&rsquo;il achevait d&rsquo;user, je vous engage \u00e0 noircir vos bottes avec votre encre afin de m\u00e9nager votre cirage, \u00e0 faire des curedents de vos plumes pour vous donner l&rsquo;air d&rsquo;avoir d\u00een\u00e9 quand vous vous promenez, en sortant de chez Flicoteaux, dans la belle all\u00e9e de ce jardin, et \u00e0 chercher une place quelconque. Devenez petit-clerc d&rsquo;huissier si vous avez du c\u0153ur, commis si vous avez du plomb dans les reins, ou soldat si vous aimez la musique militaire. Vous avez l&rsquo;\u00e9toffe de trois po\u00e8tes ; mais, avant d&rsquo;avoir perc\u00e9, vous avez six fois le temps de mourir de faim, si vous comptez sur les produits de votre po\u00e9sie pour vivre. Or, vos intentions sont, d&rsquo;apr\u00e8s vos trop jeunes discours, de battre monnaie avec votre encrier. Je ne juge pas votre po\u00e9sie, elle est de beaucoup sup\u00e9rieure \u00e0 toutes les po\u00e9sies qui encombrent les magasins de la librairie. Ces \u00e9l\u00e9gants rossignols, vendus un peu plus cher que les autres \u00e0 cause de leur papier v\u00e9lin, viennent presque tous s&rsquo;abattre sur les rives de la Seine, o\u00f9 vous pouvez aller \u00e9tudier leurs chants, si vous voulez faire un jour quelque p\u00e8lerinage instructif sur les quais de Paris, depuis l&rsquo;\u00e9talage du p\u00e8re J\u00e9r\u00f4me, au pont Notre-Dame, jusqu&rsquo;au Pont-Royal. Vous rencontrerez l\u00e0 tous les Essais po\u00e9tiques, les Inspirations, les \u00c9l\u00e9vations, les Hymnes, les Chants, les Ballades, les Odes, enfin toutes les couv\u00e9es \u00e9closes depuis sept ann\u00e9es, des muses couvertes de poussi\u00e8re, \u00e9clabouss\u00e9es par les fiacres, viol\u00e9es par tous les passants qui veulent voir la vignette du titre. Vous ne connaissez personne, vous n&rsquo;avez d&rsquo;acc\u00e8s dans aucun journal, vos Marguerites resteront chastement pli\u00e9es comme vous les tenez : elles n&rsquo;\u00e9cloront jamais au soleil de la publicit\u00e9 dans la prairie des grandes marges, \u00e9maill\u00e9e des fleurons que prodigue l&rsquo;illustre Dauriat, le libraire des c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s, le roi des Galeries de Bois. Mon pauvre enfant, je suis venu comme vous le c\u0153ur plein d&rsquo;illusions, pouss\u00e9 par l&rsquo;amour de l&rsquo;Art, port\u00e9 par d&rsquo;invincibles \u00e9lans vers la gloire : j&rsquo;ai trouv\u00e9 les r\u00e9alit\u00e9s du m\u00e9tier, les difficult\u00e9s de la librairie et le positif de la mis\u00e8re. Mon exaltation, maintenant concentr\u00e9e , mon effervescence premi\u00e8re me cachaient le m\u00e9canisme du monde ; il a fallu le voir, se cogner \u00e0 tous les rouages, heurter les pivots, me graisser aux huiles, entendre le cliquetis des cha\u00eenes et des volants. Comme moi, vous allez savoir que, sous toutes ces belles choses r\u00eav\u00e9es, s&rsquo;agitent des hommes, des passions et des n\u00e9cessit\u00e9s. Vous vous m\u00ealerez forc\u00e9ment \u00e0 d&rsquo;horribles luttes, d\u2019\u0153uvre \u00e0 \u0153uvre, d&rsquo;homme \u00e0 homme, de parti \u00e0 parti, o\u00f9 il faut se battre syst\u00e9matiquement pour ne pas \u00eatre abandonn\u00e9 par les siens. Ces combats ignobles d\u00e9senchantent l&rsquo;\u00e2me, d\u00e9pravent le c\u0153ur et fatiguent en pure perte ; car vos efforts servent souvent \u00e0 faire couronner un homme que vous ha\u00efssez, un talent secondaire pr\u00e9sent\u00e9 malgr\u00e9 vous comme un g\u00e9nie. La vie litt\u00e9raire a ses coulisses. Les succ\u00e8s surpris ou m\u00e9rit\u00e9s, voil\u00e0 ce qu&rsquo;applaudit le parterre ; les moyens, toujours hideux, les comparses enlumin\u00e9s, les claqueurs et les gar\u00e7ons de service, voil\u00e0 ce que rec\u00e8lent les coulisses. Vous \u00eates encore au parterre. Il en est temps, abdiquez avant de mettre un pied sur la premi\u00e8re marche du tr\u00f4ne que se disputent tant d&rsquo;ambitions, et ne vous d\u00e9shonorez pas comme je le fais pour vivre. (Une larme mouilla les yeux d\u2019\u00c9tienne Lousteau.) Savez-vous comment je vis ? reprit-il avec un accent de rage. Le peu d&rsquo;argent que pouvait me donner ma famille fut bient\u00f4t mang\u00e9. Je me trouvai sans ressource apr\u00e8s avoir fait recevoir une pi\u00e8ce au Th\u00e9\u00e2tre-Fran\u00e7ais. Au Th\u00e9\u00e2tre-Fran\u00e7ais, la protection d&rsquo;un prince ou d&rsquo;un Premier Gentilhomme de la Chambre du Roi ne suffit pas pour faire obtenir un tour de faveur : les com\u00e9diens ne c\u00e8dent qu&rsquo;\u00e0 ceux qui menacent leur amour-propre. Si vous aviez le pouvoir de faire dire que le jeune premier a un asthme, la jeune premi\u00e8re une fistule o\u00f9 vous voudrez, que la soubrette tue les mouches au vol, vous seriez jou\u00e9 demain. Je ne sais pas si dans deux ans d&rsquo;ici je serai, moi qui vous parle, en \u00e9tat d&rsquo;obtenir un semblable pouvoir : il faut trop d&rsquo;amis. O\u00f9, comment et par quoi gagner mon pain, fut une question que je me suis faite en sentant les atteintes de la faim. Apr\u00e8s bien des tentatives, apr\u00e8s avoir \u00e9crit un roman anonyme pay\u00e9 deux cents francs par Doguereau, qui n&rsquo;y a pas gagn\u00e9 grand&rsquo;chose, il m&rsquo;a \u00e9t\u00e9 prouv\u00e9 que le journalisme seul pourrait me nourrir. Mais comment entrer dans ces boutiques ? Je ne vous raconterai pas mes d\u00e9marches et mes sollicitations inutiles, ni six mois pass\u00e9s \u00e0 travailler comme surnum\u00e9raire et \u00e0 m&rsquo;entendre dire que j&rsquo;effarouchais l&rsquo;abonn\u00e9, quand au contraire je l&rsquo;apprivoisais. Passons sur ces avanies. Je rends compte aujourd&rsquo;hui des th\u00e9\u00e2tres du boulevard, presque gratis, dans le journal qui appartient \u00e0 Finot, ce gros gar\u00e7on qui d\u00e9jeune encore deux ou trois fois par mois au caf\u00e9 Voltaire (mais vous n&rsquo;y allez pas !). Finot est r\u00e9dacteur en chef. Je vis en vendant les billets que me donnent les directeurs de ces th\u00e9\u00e2tres pour solder ma sous-bienveillance au journal, les livres que m&rsquo;envoient les libraires et dont je dois parler. Enfin je trafique, une fois Finot satisfait, des tributs en nature qu&rsquo;apportent les industries pour lesquels ou contre lesquels il me permet de lancer des articles. L&rsquo;<em>Eau carminative<\/em>, la <em>P\u00e2te des Sultanes<\/em>, l&rsquo;<em>Huile c\u00e9phalique<\/em>, la <em>Mixture br\u00e9silienne<\/em> payent un article goguenard vingt ou trente francs. Je suis forc\u00e9 d&rsquo;aboyer apr\u00e8s le libraire qui donne peu d&rsquo;exemplaires au journal : le journal en prend deux que vend Finot, il m&rsquo;en faut deux \u00e0 vendre. Publi\u00e2t-il un chef-d\u2019\u0153uvre, le libraire avare d&rsquo;exemplaires est assomm\u00e9. C&rsquo;est ignoble, mais je vis de ce m\u00e9tier, moi comme cent autres ! Ne croyez pas le monde politique beaucoup plus beau que ce monde litt\u00e9raire : tout dans ces deux mondes est corruption. Chaque homme y est ou corrupteur ou corrompu. Quand il s&rsquo;agit d&rsquo;une entreprise de librairie un peu consid\u00e9rable, le libraire me paye, de peur d&rsquo;\u00eatre attaqu\u00e9. Aussi mes revenus sont-ils en rapport avec les prospectus. Quand le Prospectus sort en \u00e9ruptions miliaires, l&rsquo;argent entre \u00e0 flots dans mon gousset, je r\u00e9gale alors mes amis. Pas d&rsquo;affaires en librairie, je d\u00eene chez Flicoteaux. Les actrices payent aussi les \u00e9loges, mais les plus habiles payent les critiques, le silence est ce qu&rsquo;elles redoutent le plus. Aussi une critique, faite pour \u00eatre r\u00e9torqu\u00e9e ailleurs, vaut-elle mieux et se paye-t-elle plus cher qu&rsquo;un \u00e9loge tout sec, oubli\u00e9 le lendemain. La pol\u00e9mique, mon cher, est le pi\u00e9destal des c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s. A ce m\u00e9tier de spadassin des id\u00e9es et des r\u00e9putations industrielles, litt\u00e9raires et dramatiques, je gagne cinquante \u00e9cus par mois, je puis vendre un roman cinq cents francs, et je commence \u00e0 passer pour un homme redoutable. Quand, au lieu de vivre chez Florine aux d\u00e9pens d&rsquo;un droguiste qui se donne des airs de milord, je serai dans mes meubles, que je passerai dans un grand journal o\u00f9 j&rsquo;aurai un feuilleton, ce jour-l\u00e0, mon cher, Florine deviendra une grande actrice ; quant \u00e0 moi, je ne sais pas alors ce que je puis devenir : ministre ou honn\u00eate homme, tout est encore possible. (Il releva sa t\u00eate humili\u00e9e, jeta vers le feuillage un regard de d\u00e9sespoir accusateur et terrible.) Et j&rsquo;ai une belle trag\u00e9die re\u00e7ue! Et j&rsquo;ai dans mes papiers un po\u00e8me qui mourra ! Et j&rsquo;\u00e9tais bon ! J&rsquo;avais le c\u0153ur pur : j&rsquo;ai pour ma\u00eetresse une actrice du Panorama-Dramatique, moi qui r\u00eavais de belles amours parmi les femmes les plus distingu\u00e9es du grand monde ! Enfin, pour un exemplaire refus\u00e9 par le libraire \u00e0 mon journal, je dis du mal d&rsquo;un livre que je trouve beau !<\/p>\n\n\n\n<p>Lucien, \u00e9mu aux larmes, serra la main d\u2019\u00c9tienne.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 En dehors du monde litt\u00e9raire, dit le journaliste en se levant et se dirigeant vers la grande all\u00e9e de l&rsquo;Observatoire o\u00f9 les deux po\u00e8tes se promen\u00e8rent comme pour donner plus d&rsquo;air \u00e0 leurs poumons, il n&rsquo;existe pas une seule personne qui connaisse l&rsquo;horrible odyss\u00e9e par laquelle on arrive \u00e0 ce qu&rsquo;il faut nommer, selon les talents, la vogue, la mode, la r\u00e9putation, la renomm\u00e9e, la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9, la faveur publique, ces diff\u00e9rents \u00e9chelons qui m\u00e8nent \u00e0 la gloire, et qui ne l\u00e0 remplacent jamais. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne moral, si brillant, se compose de mille accidents qui varient avec tant de rapidit\u00e9, qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas exemple de deux hommes parvenus par une m\u00eame voie. Canalis et Nathan sont deux faits dissemblables et qui ne se renouvelleront pas. D&rsquo;Arthez, qui s&rsquo;\u00e9reinte \u00e0 travailler, deviendra c\u00e9l\u00e8bre par un autre hasard. Cette r\u00e9putation tant d\u00e9sir\u00e9e est presque toujours une prostitu\u00e9e couronn\u00e9e. Oui, pour les basses \u0153uvres de la litt\u00e9rature, elle repr\u00e9sente la pauvre fille qui g\u00e8le au coin des bornes ; pour la litt\u00e9rature secondaire, c&rsquo;est la femme entretenue qui sort des mauvais lieux du journalisme et \u00e0 qui je sers de souteneur ; pour la litt\u00e9rature heureuse, c&rsquo;est la brillante courtisane insolente, qui a des meubles, paye des contributions \u00e0 l\u2019\u00c9tat, re\u00e7oit les grands seigneurs, les traite et les maltraite, a sa livr\u00e9e, sa voiture, et qui peut faire attendre ses cr\u00e9anciers alt\u00e9r\u00e9s. Ah ! ceux pour qui elle est, pour moi jadis, pour vous aujourd&rsquo;hui, un ange aux ailes diapr\u00e9es, rev\u00eatu de sa tunique blanche, montrant une palme verte dans sa main, une flamboyante \u00e9p\u00e9e dans l&rsquo;autre, tenant \u00e0 la fois de l&rsquo;abstraction mythologique qui vit au fond d&rsquo;un puits et de la pauvre fille vertueuse exil\u00e9e dans un faubourg, ne s&rsquo;enrichissant qu&rsquo;aux clart\u00e9s de la vertu par les efforts d&rsquo;un noble courage, et revolant aux cieux avec un caract\u00e8re immacul\u00e9, quand elle ne d\u00e9c\u00e8de pas souill\u00e9e, fouill\u00e9e, viol\u00e9e, oubli\u00e9e, dans le char des pauvres ; ces hommes \u00e0 cervelle cercl\u00e9e de bronze, aux c\u0153urs encore chauds sous les tomb\u00e9es de neige de l&rsquo;exp\u00e9rience, ils sont rares dans le pays que vous voyez \u00e0 nos pieds, dit-il eu montrant la grande ville qui fumait au d\u00e9clin du jour.<\/p>\n\n\n\n<p>Une vision du C\u00e9nacle passa rapidement aux yeux de Lucien et l&rsquo;\u00e9mut, mais il fut entra\u00een\u00e9 par Lousteau qui continua son effroyable lamentation.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Ils sont rares et clairsem\u00e9s dans cette cuve en fermentation, rares comme les vrais amants dans le monde amoureux, rares comme les fortunes honn\u00eates dans le monde financier, rares comme un homme pur dans le journalisme. L&rsquo;exp\u00e9rience du premier qui m&rsquo;a dit ce que je vous dis a \u00e9t\u00e9 perdue, comme la mienne sera sans doute inutile pour vous. Toujours la m\u00eame ardeur pr\u00e9cipite chaque ann\u00e9e, de la province ici, un nombre \u00e9gal, pour ne pas dire croissant, d&rsquo;ambitions imberbes qui s&rsquo;\u00e9lancent la t\u00eate haute, le c\u0153ur altier, \u00e0 l&rsquo;assaut de la Mode, cette esp\u00e8ce de princesse Tourandocte des Mille et Un jours pour qui chacun veut \u00eatre le prince Calaf ! Mais aucun ne devine l&rsquo;\u00e9nigme. Tous tombent dans la fosse du malheur, dans la boue du journal, dans les marais de la librairie. Ils glanent, ces mendiants, des articles biographiques, des tartines, des faits-Paris aux journaux, ou des livres command\u00e9s par de logiques marchands de papier noirci qui pr\u00e9f\u00e8rent une b\u00eatise qui s&rsquo;enl\u00e8ve en quinze jours \u00e0 un chef-d\u2019\u0153uvre qui veut du temps pour se vendre. Ces chenilles, \u00e9cras\u00e9es avant d&rsquo;\u00eatre papillons, vivent de honte et d&rsquo;infamie, pr\u00eat\u00e9s \u00e0 mordre un talent naissant, sur l&rsquo;ordre d&rsquo;un pacha du Constitutionnel, de la Quotidienne, des D\u00e9bats, au signal des libraires, \u00e0 la pri\u00e8re d&rsquo;un camarade jaloux, souvent pour un d\u00eener. Ceux qui surmontent les obstacles oublient les mis\u00e8res de leur d\u00e9but. Moi qui vous parle, j&rsquo;ai fait pendant six mois des articles o\u00f9 j&rsquo;ai mis la fleur de mon esprit pour un mis\u00e9rable qui les disait de lui, qui sur ces \u00e9chantillons a pass\u00e9 r\u00e9dacteur d&rsquo;un feuilleton : il ne m&rsquo;a pas pris pour collaborateur, il ne m&rsquo;a pas m\u00eame donn\u00e9 cent sous, je suis forc\u00e9 de lui tendre la main et de lui serrer la sienne.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Et pourquoi ? dit fi\u00e8rement Lucien.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Je puis avoir besoin de mettre dix lignes dans son feuilleton, r\u00e9pondit froidement Lousteau. Enfin, mon cher, travailler n&rsquo;est pas le secret de la fortune en litt\u00e9rature, il s&rsquo;agit d&rsquo;exploiter le travail d&rsquo;autrui. Les propri\u00e9taires de journaux sont des entrepreneurs, nous sommes des ma\u00e7ons. Aussi plus un homme est m\u00e9diocre, plus promptement arrive-t-il ; il peut avaler des crapauds vivants, se r\u00e9signer \u00e0 tout, flatter les petites passions basses des sultans litt\u00e9raires, comme un nouveau-venu de Limoges, Hector Merlin, qui fait d\u00e9j\u00e0 de la politique dans un journal du centre droit, et qui travaille \u00e0 notre petit journal : je lui ai vu ramasser le chapeau tomb\u00e9 d&rsquo;un r\u00e9dacteur en chef. En n&rsquo;offusquant personne, ce gar\u00e7on-l\u00e0 passera entre les ambitions rivales pendant qu&rsquo;elles se battront. Vous me faites piti\u00e9. Je me vois en vous comme j&rsquo;\u00e9tais, et je suis s\u00fbr que vous serez, dans un ou deux ans, comme je suis. Vous croirez \u00e0 quelque jalousie secr\u00e8te, \u00e0 quelque int\u00e9r\u00eat personnel dans ces conseils amers ; mais ils sont dict\u00e9s par le d\u00e9sespoir du damn\u00e9 qui ne peut plus quitter l&rsquo;Enfer. Personne n&rsquo;ose dire ce que je vous crie avec la douleur de l&rsquo;homme atteint au c\u0153ur et comme un autre Job sur le fumier : Voici mes ulc\u00e8res !<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Lutter sur ce champ ou ailleurs, je dois lutter, dit Lucien.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Sachez-le donc ! reprit Lousteau, cette lutte sera sans tr\u00eave si vous avez du talent, car votre meilleure chance serait de n&rsquo;en pas avoir. L&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 de votre conscience aujourd&rsquo;hui pure fl\u00e9chira devant ceux \u00e0 qui vous verrez votre succ\u00e8s entre les mains ; qui, d&rsquo;un mot, peuvent vous donner la vie et qui ne voudront pas le dire : car, croyez-moi, l&rsquo;\u00e9crivain \u00e0 la mode est plus insolent, plus dur envers les nouveaux-venus que ne l&rsquo;est le plus brutal libraire. O\u00f9 le libraire ne voit qu&rsquo;une perte, l&rsquo;auteur redoute un rival : l&rsquo;un vous \u00e9conduit, l&rsquo;autre vous \u00e9crase. Pour faire de belles \u0153uvres, mon pauvre enfant, vous puiserez \u00e0 pleines plum\u00e9es d&rsquo;encre dans votre c\u0153ur la tendresse, la s\u00e8ve, l&rsquo;\u00e9nergie, et vous l&rsquo;\u00e9talerez en passions, en sentiments, en phrases ! Oui, vous \u00e9crirez au lieu d&rsquo;agir, vous chanterez au lieu de combattre, vous aimerez, vous ha\u00efrez, vous vivrez dans vos livres ; mais quand vous aurez r\u00e9serv\u00e9 vos richesses pour votre style, votre or, votre pourpre pour vos personnages, que vous vous prom\u00e8nerez en guenilles dans les rues de Paris, heureux d&rsquo;avoir lanc\u00e9, en rivalisant avec l&rsquo;\u00c9tat Civil, un \u00eatre nomm\u00e9 Adolphe, Corinne, Clarisse, Ren\u00e9, que vous aurez g\u00e2t\u00e9 votre vie et votre estomac pour donner la vie \u00e0 cette cr\u00e9ation, vous la verrez calomni\u00e9e, trahie, vendue, d\u00e9port\u00e9e dans les lagunes de l&rsquo;oubli par les journalistes, ensevelie par vos meilleurs amis. Pourrez-vous attendre le jour o\u00f9 votre cr\u00e9ature s&rsquo;\u00e9lancera r\u00e9veill\u00e9e par qui ? quand ? comment ? Il existe un magnifique livre, le <em>pianto<\/em> de l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9, Obermann, qui se prom\u00e8ne solitaire dans le d\u00e9sert des magasins, et que d\u00e8s lors les libraires appellent ironiquement un rossignol : quand P\u00e2ques arrivera-t-il pour lui ? personne ne le sait ! Avant tout, essayez de trouver un libraire assez os\u00e9 pour imprimer les Marguerites ? Il ne s&rsquo;agit pas de vous les faire payer, mais de les imprimer. Vous verrez alors des sc\u00e8nes curieuses.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette rude tirade, prononc\u00e9e avec les accents divers des passions qu&rsquo;elle exprimait, tomba comme une avalanche de neige dans le c\u0153ur de Lucien et y mit un froid glacial. Il demeura debout et silencieux pendant un moment. Enfin, son c\u0153ur, comme stimul\u00e9 par l&rsquo;horrible po\u00e9sie des difficult\u00e9s, \u00e9clata. Lucien serra la main de Lousteau, et lui cria : \u2014 Je triompherai !<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"347\" height=\"596\" data-attachment-id=\"14588\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2021\/11\/02\/honore-de-balzac-illusions-perdues\/scenes-de-vie-de-province-1874\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Scenes-de-vie-de-province-1874.png?fit=347%2C596&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"347,596\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Scenes-de-vie-de-province-1874\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Scenes-de-vie-de-province-1874.png?fit=175%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Scenes-de-vie-de-province-1874.png?fit=347%2C596&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Scenes-de-vie-de-province-1874.png?resize=347%2C596&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-14588\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Scenes-de-vie-de-province-1874.png?w=347&amp;ssl=1 347w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Scenes-de-vie-de-province-1874.png?resize=175%2C300&amp;ssl=1 175w\" sizes=\"auto, (max-width: 347px) 100vw, 347px\" \/><\/figure><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Extrait du roman d&rsquo;Honor\u00e9 de Balzac, Illusions perdues, Paris, Veuve Andr\u00e9 Houssiaux, \u00e9diteur, H\u00e9bert et Compagnie, successeurs, 1874, p. 198-204 \u2014 Eh ! bien ? dit Lucien apr\u00e8s un moment de silence qui lui sembla d&rsquo;une longueur d\u00e9mesur\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[4815,327,4816,457,2992,4814,3333,1211,4817,908],"class_list":["post-14587","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-livres","tag-4815","tag-corruption","tag-etienne-lousteau","tag-france","tag-honore-de-balzac","tag-illusions-perdues","tag-journalisme","tag-litterature","tag-lucien-de-rubempre","tag-paris"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9lTYU-3Nh","jetpack_likes_enabled":true,"jetpack-related-posts":[{"id":17365,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2022\/11\/02\/histoire-algerienne-de-la-france-entretien-avec-faris-lounis-pour-reporters\/","url_meta":{"origin":14587,"position":0},"title":"Histoire alg\u00e9rienne de la France : entretien avec Faris Lounis pour \u00ab\u00a0Reporters\u00a0\u00bb","author":"SiNedjib","date":"02\/11\/2022","format":false,"excerpt":"Le journal Reporters a publi\u00e9 dans son \u00e9dition du 1er novembre 2022 la recension de mon Histoire alg\u00e9rienne de la France (Puf) ainsi que la premi\u00e8re partie de mon entretien avec Faris Lounis autour de cet ouvrage. 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