{"id":15148,"date":"2021-12-31T11:32:31","date_gmt":"2021-12-31T10:32:31","guid":{"rendered":"https:\/\/sinedjib.com\/?p=15148"},"modified":"2021-12-31T11:32:31","modified_gmt":"2021-12-31T10:32:31","slug":"histoire-de-moussa","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2021\/12\/31\/histoire-de-moussa\/","title":{"rendered":"Histoire de Moussa"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Article paru en deux parties dans <em>Sans Fronti\u00e8re<\/em>, n\u00b0 47, <a href=\"https:\/\/odysseo.generiques.org\/medias\/customer_28\/pdf\/FRGNQ_P0032_1982_047\/FRGNQ_P0032_1982_047.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">du 29 janvier au 4 f\u00e9vrier 1982<\/a>, p. 20 et n\u00b0 48 <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/odysseo.generiques.org\/medias\/customer_28\/pdf\/FRGNQ_P0032_1982_048\/FRGNQ_P0032_1982_048.pdf\" target=\"_blank\">du 5 au 11 f\u00e9vrier 1982<\/a>, p. 20<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"488\" height=\"540\" data-attachment-id=\"15149\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2021\/12\/31\/histoire-de-moussa\/moussa\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Moussa.png?fit=488%2C540&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"488,540\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Moussa\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Moussa.png?fit=271%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Moussa.png?fit=488%2C540&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Moussa.png?resize=488%2C540&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-15149\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Moussa.png?w=488&amp;ssl=1 488w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Moussa.png?resize=271%2C300&amp;ssl=1 271w\" sizes=\"auto, (max-width: 488px) 100vw, 488px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-large-font-size\"><em>Fils d&rsquo;immigr\u00e9s alg\u00e9riens de Saint-Chamond, Moussa a 30 ans. Il est artiste peintre. Il raconte ici l&rsquo;histoire de sa venue \u00e0 la peinture : l&rsquo;enfance studieuse, la mort violente du p\u00e8re militant au MNA, le travail sur les march\u00e9s, les \u00e9tudes, les bo\u00eetes et les bals, la drogue, sa s\u0153ur Aicha, l&rsquo;Alg\u00e9rie, Grenoble, sa rencontre avec Ginette la peinture, Paris, et encore Ginette\u2026 Une exposition \u00e0 Paris entre le 20 janvier et le 20 f\u00e9vrier.<\/em><\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Mes parents viennent d&rsquo;un hameau du c\u00f4t\u00e9 de S\u00e9tif. Un tout petit village habit\u00e9 par des <em>Bouima<\/em>. On est tous cousins. C&rsquo;est dans la montagne avec des cailloux partout. Autour de la source, il y a des arbres, des figuiers partout. <\/p>\n\n\n\n<p>Vers 1948-49, mes parents ont quitt\u00e9 l&rsquo;Alg\u00e9rie ensemble. Mon p\u00e8re \u00e9tait maitre de l&rsquo;\u00e9cole coranique. Il \u00e9tait \u00e9crivain public en arabe et en fran\u00e7ais. Son p\u00e8re \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 maitre d&rsquo;arabe. Les filles n&rsquo;allaient pas \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole. Ma m\u00e8re est illettr\u00e9e. Le village a \u00e9t\u00e9 d\u00e9peupl\u00e9 par l&rsquo;immigration. Un oncle \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 St. Chamond dans les mines. Des fr\u00e8res de mon p\u00e8re l&rsquo;ont suivi quand il s&rsquo;est install\u00e9 dans cette r\u00e9gion. <\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;autres sont all\u00e9s <em>\u00ab se perdre \u00bb<\/em> \u00e0 Paris on ne les a pas revus. On dit qu&rsquo;ils sont devenus alcooliques, trafiquants. <\/p>\n\n\n\n<p>Mon p\u00e8re n&rsquo;a pas voulu habiter le quartier des cousins, le quartier populaire. Il n y avait pas encore de cit\u00e9 ni de ghetto. On habitait une petite maison du c\u00f4t\u00e9 du cimeti\u00e8re. Je pense qu&rsquo;il a cherch\u00e9 \u00e0 \u00e9viter les petites histoires de familles qui existent toujours quand des communaut\u00e9s se regroupent et surtout dans l&rsquo;immigration. Mon p\u00e8re \u00e9tait tr\u00e8s croyant et c&rsquo;\u00e9tait une figure dans la communaut\u00e9 de Saint-Chamond. On venait le voir de loin ; pour des raisons politiques aussi. Il \u00e9tait au M.N.A. Il \u00e9tait tr\u00e8s dur, tr\u00e8s aust\u00e8re. Il nous interdisait de tra\u00eener dans la rue. Il fallait venir \u00e0 la maison apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9cole. Il nous avais achet\u00e9 des cahiers, des crayons, et il nous for\u00e7ait \u00e0 recopier des pages et des pages de livres \u00e9crits en fran\u00e7ais, m\u00eame si on ne comprenait pas. On allait aux Scouts Arabes pour apprendre l&rsquo;arabe. Je parle couramment l&rsquo;arabe. Avec mes parents je parle en arabe. Ma m\u00e8re parle un fran\u00e7ais arabis\u00e9, elle m\u00e9lange arabe et fran\u00e7ais. Elle est croyante ; encore plus depuis qu&rsquo;elle est all\u00e9e \u00e0 la Mecque avec mon oncle et ma s\u0153ur. Mon oncle ne boit plus depuis \u2026 C&rsquo;\u00e9tait en 1976. Mes fr\u00e8res \u00e0 qui j&rsquo;avais laiss\u00e9 mon commerce ont pay\u00e9 le voyage. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>L&rsquo;USINE, C&rsquo;EST AFFREUX<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En 1950-51, il y avait encore du travail dans les mines. Mon p\u00e8re n&rsquo;a pas support\u00e9 la mine. Il a travaill\u00e9 dans une entreprise ; il \u00e9tait pontonnier. c&rsquo;\u00e9tait un poste de responsabilit\u00e9 mais il n&rsquo;aimait pas l&rsquo;usine. Il nous a toujours dit que l&rsquo;usine c&rsquo;est affreux. Il nous a pouss\u00e9s dans nos \u00e9tudes pour qu&rsquo;on aille pas \u00e0 l&rsquo;usine. Il militait beaucoup. On le voyait peu. Quand il revenait de l&rsquo;usine, il se lavait, se changeait et le soir il sortait pour militer. Il n&rsquo;a pas voulu nous m\u00ealer \u00e0 son activit\u00e9 politique. Mes parents s&rsquo;entendaient et je crois que mon p\u00e8re a convaincu ma m\u00e8re du bien-fond\u00e9 de son choix politique. Mais un jour o\u00f9 mon p\u00e8re a parl\u00e9 d&rsquo;une seconde femme, ma m\u00e8re est partie en Alg\u00e9rie parce qu&rsquo;elle n&rsquo;acceptait pas \u00e7a. Mon p\u00e8re a d\u00fb la supplier de revenir. Il est m\u00eame all\u00e9 la chercher.<\/p>\n\n\n\n<p>Ma m\u00e8re a support\u00e9 son isolement en France parce que je pense qu&rsquo;on \u00e9tait heureux ensemble \u00e0 la maison. Mon p\u00e8re \u00e9tait exigeant ; il fallait \u00eatre les premiers \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole. Mon p\u00e8re n&rsquo;\u00e9tait pas injuste ni col\u00e9reux. On aimait lire et travailler. Mais mon p\u00e8re s&rsquo;occupait surtout des gar\u00e7ons. On \u00e9tait huit enfants. Il \u00e9tait fier de nous. C&rsquo;\u00e9tait na\u00eff de montrer nos bulletins parce qu&rsquo;ils \u00e9taient bons, mais \u00e7a nous faisait du bien qu&rsquo;il s&rsquo;honore de nous. Ma m\u00e8re ne sortait pas. Mon p\u00e8re faisait toutes les courses. Ma m\u00e8re nous \u00e9levait. Je ne l&rsquo;ai jamais entendue se plaindre. Mon p\u00e8re faisait tout pour nous. Pour une famille qui venait des cailloux on vivait assez bien. Je pense que ma m\u00e8re y a gagn\u00e9. Elle \u00e9chappait \u00e0 la belle-m\u00e8re, \u00e0 la famille, aux pressions, aux cancans\u2026 jusqu&rsquo;\u00e0 la mort de mon p\u00e8re. La famille a voulu imposer sa loi \u00e0 ma m\u00e8re. On lui disait qu&rsquo;elle ne pouvait pas \u00e9lever seule 8 enfants et m\u00eame l&rsquo;assistante sociale a voulu nous placer \u00e0 la DASS. Ma m\u00e8re a compris que la DASS ce ne serait pas bon pour nous ; dans les internats on n&rsquo;aurait pas suivi les \u00e9tudes qu&rsquo;on voulait. <\/p>\n\n\n\n<p>La famille ne voulait pas que ma m\u00e8re reste seule avec ses enfants. Ma m\u00e8re allait contre la tradition en acceptant pas un autre mari. C&rsquo;est son fr\u00e8re qui l&rsquo;a aid\u00e9e. Le grand-p\u00e8re voulait nous rapatrier en Alg\u00e9rie. Ma m\u00e8re a refus\u00e9. Mon grand-p\u00e8re ne nous aurait pas laiss\u00e9s aller au lyc\u00e9e, \u00e7a co\u00fbtait trop cher pour lui. <\/p>\n\n\n\n<p>Avec mon p\u00e8re, en France, coup\u00e9e de la famille, ma m\u00e8re a pris go\u00fbt \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance: Dans la famille \u00e9largie on ne s&rsquo;entraide pas forc\u00e9ment. Dans la n\u00f4tre, il y avait des jalousies. Ma m\u00e8re a r\u00e9sist\u00e9 en restant seule avec ses enfants malgr\u00e9 les difficult\u00e9s. Apr\u00e8s la mort de mon p\u00e8re on s&rsquo;est retrouv\u00e9s tr\u00e8s seuls. Mon p\u00e8re avait un r\u00f4le politique important. Je me rappelle le jour o\u00f9 il m&rsquo;a emmen\u00e9 voir Messali Hadj qui avait \u00e0 ce moment-l\u00e0 une femme fran\u00e7aise. Je ne suis pas s\u00fbr que mon p\u00e8re ait eu raison politiquement. Il avait des ennemis, m\u00eame dans la famille. Pour l&rsquo;histoire, il a eu tort. Mon p\u00e8re est mort, j&rsquo;avais 10 ans. Quand j&rsquo;allais chez le boucher, on, disait &#8211; c&rsquo;est le fils \u00e0 Si-Madjid &#8211; \u00e7a me flattait beaucoup. Le M.N.A. nous a aid\u00e9s apr\u00e8s la mort de mon p\u00e8re. Heureusement, on a eu aussi les allocations familiales m\u00eame si elles ont \u00e9t\u00e9 pay\u00e9es plus tard. <\/p>\n\n\n\n<p>Mon p\u00e8re savait qu&rsquo;il allait mourir. Mon p\u00e8re faisait des recommandations \u00e0 ma m\u00e8re. Il lui disait de continuer \u00e0 \u00e9lever seule ses enfants, il lui faisait confiance. Je n&rsquo;ai pas le souvenir d&rsquo;avoir beaucoup souffert. Je me rappelle seulement qu&rsquo;il fallait user les v\u00eatements jusqu&rsquo;au bout, alors que du tempe de mon p\u00e8re on \u00e9tait toujours bien habill\u00e9s de neuf. On a eu droit \u00e0 des bons alimentaires, des bons pour le charbon. On a eu l&rsquo;aide m\u00e9dicale gratuite. L&rsquo;assistante sociale a aid\u00e9 ma m\u00e8re. Ce que nous avait recommand\u00e9 mon p\u00e8re restait pr\u00e9sent : ne pas aller \u00e0 l&rsquo;usine, continuer nos \u00e9tudes. Ma s\u0153ur a\u00een\u00e9e Aicha nous a beaucoup aid\u00e9s pour l&rsquo;\u00e9cole. Elle soutenait ma m\u00e8re, peut-\u00eatre trop. C&rsquo;est moi qui sortais pour les courses, \u00e0 la place de mon p\u00e8re. Avant la mort de mon p\u00e8re, chaque ann\u00e9e, on allait en vacances dans la campagne. Mon p\u00e8re louait une maison ; ma m\u00e8re aimait bien \u00e7a. On connaissait des paysans fran\u00e7ais et comme ils nous consid\u00e9raient comme des Arabes pas comme les autres, on pouvait les fr\u00e9quenter.<\/p>\n\n\n\n<p>Un jour, on \u00e9tait en vacances dans un petit village fran\u00e7ais \u00e0 30 km de St. Chamond, on jouait avec les enfants des paysans. Je suis rentr\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9glise, je suis curieux ; j&rsquo;ai d\u00e9couvert un piano dans une petite pi\u00e8ce au fond de l&rsquo;\u00e9glise. J&rsquo;ai jou\u00e9, comme \u00e7a. Une dame est arriv\u00e9e, Mlle Ami. Elle m&rsquo;a propos\u00e9 d&rsquo;apprendre \u00e0 jouer du piano. Tous les jours \u00e0 8 heures, je suis all\u00e9 dans cette \u00e9glise pour apprendre le piano. Je devais \u00eatre propre, poli et studieux, pour que cette femme qui ne nous connaissait pas, d\u00e9cide de s&rsquo;occuper de moi. Une fois \u00e0 St. Chamond, mon p\u00e8re m&rsquo;a inscrit \u00e0 un cours de piano, moi fils d&rsquo;un ouvrier Alg\u00e9rien \u2026 Bien s\u00fbr je n&rsquo;ai pas continu\u00e9. Mais \u00e7a m&rsquo;a donn\u00e9 le go\u00fbt de la musique.<\/p>\n\n\n\n<p>Mon p\u00e8re est mort en 1962, juste avant l&rsquo;ind\u00e9pendance. C&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;\u00e9poque des r\u00e8glements de comptes entre le F.L.N. et le M.N.A. Mon p\u00e8re qui faisait passer des armes en Alg\u00e9rie, n&rsquo;a jamais port\u00e9 une arme sur lui. Il devait avoir le go\u00fbt du sacrifice. Mais l\u00e0, il ne s&rsquo;est pas m\u00e9fi\u00e9. Il s&rsquo;est laiss\u00e9 entra\u00eener dans un guet-apens. La veille mon p\u00e8re avait fait un r\u00eave pr\u00e9monitoire qu&rsquo;il nous avait racont\u00e9 : il marchait vers la maison et la rue s&rsquo;en allait sous lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Ma m\u00e8re en a souvent reparl\u00e9 par la suite. Il est all\u00e9 \u00e0 une r\u00e9union d&rsquo;o\u00f9 il n&rsquo;est pas revenu. Le lendemain, un p\u00e9cheur a retrouv\u00e9 son corps dans la Loire. Il \u00e9tait ficel\u00e9 avec du fil de fer, les pieds et les mains li\u00e9s ensemble dans le dos. Le fil de fer passait par la bouche et le cou, il \u00e9tait cisaill\u00e9. Il \u00e9tait connu comme meneur du M.N.A. par les autorit\u00e9s de la r\u00e9gion. Ma m\u00e8re l&rsquo;a appris par un commissaire de police. Elle n&rsquo;a pas pleur\u00e9. Je l&rsquo;entendais pleurer le soir quand j&rsquo;\u00e9tais couch\u00e9. Ce qu&rsquo;on a compris c&rsquo;est qu&rsquo;il s&rsquo;est d\u00e9fendu, il \u00e9tait couvert d&rsquo;ecchymoses ; s&rsquo;est battu dans le caf\u00e9. Il est mort de noyade. On l&rsquo;a jet\u00e9 vivant dans la Loire. Moi je ne comprenais pas que des Alg\u00e9riens fassent \u00e7a \u00e0 d&rsquo;autres Alg\u00e9riens. Mon p\u00e8re nous avait tenus \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart de son activit\u00e9 politique, je sais tr\u00e8s peu de choses l\u00e0-dessus. J&rsquo;ai eu l&rsquo;intention de le venger mais je ne veux pas tuer. Ma m\u00e8re l&rsquo;a vu \u00e0 la morgue. Elle a d\u00fb l&rsquo;identifier. Les enfants sont rest\u00e9s dans les voitures. Ma m\u00e8re et mon oncle ont pu le savoir. C&rsquo;est le fr\u00e8re de mon p\u00e8re qui nous en a parl\u00e9, pas ma m\u00e8re. Pour moi, mon p\u00e8re n&rsquo;\u00e9tait pas mort. Pourtant, on \u00e9tait all\u00e9s \u00e0 l&rsquo;enterrement. Ma m\u00e8re voulait rapatrier le corps mais elle n&rsquo;avait pas l&rsquo;argent l&rsquo;\u00e9poque. On l&rsquo;a enterr\u00e9 \u00e0 St. Chamond. On a d\u00fb d\u00e9terrer mon p\u00e8re. J&rsquo;ai vu quelques bouts d&rsquo;os sur un tas de terre. Avant on allait au cimeti\u00e8re avec ma m\u00e8re. J&rsquo;ai l&rsquo;impression qu&rsquo;on arrivait \u00e0 lui parler. Ma m\u00e8re priait. <\/p>\n\n\n\n<p>Pendant presque 10 ans, j&rsquo;ai pens\u00e9 que mon p\u00e8re avait \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cution qu&rsquo;on m&rsquo;avait racont\u00e9e, qu&rsquo;il \u00e9tait plus malin qu&rsquo;il allait revenir. Chaque soir il me semblait entendre le bruit de sa mobylette. En vacances aussi il rentrait tous les soirs \u00e0 mobylette : il travaillait dans une menuiserie. Chaque fois que je voyais un homme qui avait sa silhouette je croyais que c&rsquo;\u00e9tait lui. Ma m\u00e8re parlait beaucoup de lui. Mon fr\u00e8re a tir\u00e9 une photo g\u00e9ante de lui qu&rsquo;on a mise au mur dans la maison. Elle \u00e9tait encadr\u00e9e sous-verre, le portrait \u00e9tait dans la pi\u00e8ce commune. Ma m\u00e8re habite depuis 5 ans dans une H.L.M. avec une salle d&rsquo;eau, l&rsquo;eau chaude, le chauffage. <\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est la premi\u00e8re fois. Le portrait de mon p\u00e8re est toujours l\u00e0. <\/p>\n\n\n\n<p>Ma m\u00e8re s&rsquo;est d\u00e9brouill\u00e9e pour nos \u00e9tudes et on allait m\u00eame en vacances comme avec mon p\u00e8re, en louant chez des paysans. On partait en train et le paysan venait nous chercher en voiture. Je me rappelle, elle s&rsquo;habillait \u00e0 l&rsquo;arabe avec des v\u00eatements fran\u00e7ais. C&rsquo;\u00e9tait toujours long. C&rsquo;est apr\u00e8s la mort de mon p\u00e8re que ma m\u00e8re s&rsquo;est mise \u00e0 coudre. Mais ce qu&rsquo;elle nous faisait \u00e9tait tr\u00e8s laid. Mes s\u0153urs n&rsquo;avaient toujours pas le droit de sortir. Ma s\u0153ur Aicha s&rsquo;est battue pour nous. C&rsquo;est gr\u00e2ce \u00e0 elle que deux de mes s\u0153urs sont en Angleterre comme assistantes et que moi je fais de la peinture. Aicha a \u00e9t\u00e9 tuberculeuse, elle a d\u00fb aller en sanatorium. Je lui apportais des po\u00e8mes quand j&rsquo;allais la voir \u00e0 bicyclette. Aicha ne sortait que pour aller \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole. Mon p\u00e8re avait choisi la maison parce qu&rsquo;elle se trouvait en face de l&rsquo;\u00e9cole. Aicha a \u00e9t\u00e9 interne \u00e0 St. \u00c9tienne et je devais l&rsquo;accompagner et aller la chercher. A Melun, dans un sana elle a continu\u00e9 ses \u00e9tudes ; l\u00e0 aussi, j&rsquo;allais la chercher et je l&rsquo;accompagnais. Ma m\u00e8re ne voulait pas qu&rsquo;elle parte seule et j&rsquo;avais trois ans de moins qu&rsquo;elle. On \u00e9tait tr\u00e8s complices tous les deux. A Lyon, elle a voulu faire m\u00e9decine. Ma m\u00e8re a c\u00e9d\u00e9 \u00e0 la famille et on a forc\u00e9 ma s\u0153ur \u00e0 se marier. Pour elle \u00e7a n&rsquo;a pas compt\u00e9. Le mari \u00e9tait un cousin germain. Elle pensait qu&rsquo;il lui permettrait de continuer ses \u00e9tudes. Mon oncle l&rsquo;a enferm\u00e9e. Tout s&rsquo;est tr\u00e8s mal pass\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>Suite la semaine prochaine<\/em><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"551\" height=\"392\" data-attachment-id=\"15150\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2021\/12\/31\/histoire-de-moussa\/photo-3\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/photo.png?fit=551%2C392&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"551,392\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"photo\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/photo.png?fit=300%2C213&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/photo.png?fit=551%2C392&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/photo.png?resize=551%2C392&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-15150\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/photo.png?w=551&amp;ssl=1 551w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/photo.png?resize=300%2C213&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 551px) 100vw, 551px\" \/><figcaption>Photo : Hammami Mohand<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Moi, on m&rsquo;a envoy\u00e9 en vacances en Alg\u00e9rie. A mon retour, je suis all\u00e9 voir ma s\u0153ur \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital. Je l&rsquo;ai vue. Je lui demandais o\u00f9 \u00e9tait Aicha, elle me r\u00e9pondait &#8211; Aicha est l\u00e0-bas elle est en train de peindre. <\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est Aicha qui nous a ouvert la voie, \u00e0 tous, mais \u00e0 ses d\u00e9pens. Elle a mis longtemps avant d&rsquo;\u00e9merger. J&rsquo;allais la voir \u00e0 Lyon chez des copains. C&rsquo;\u00e9tait tr\u00e8s dur pour elle. Elle faisait des petits m\u00e9tiers, elle \u00e9tait d\u00e9pressive. \u00c7a n&rsquo;allait pas. C&rsquo;est gr\u00e2ce \u00e0 elle que je me suis d\u00e9couvert une sensibilit\u00e9. Jusque l\u00e0, ce qui comptait pour moi, c&rsquo;\u00e9tait les \u00e9tudes et le commerce. C&rsquo;est elle qui m&rsquo;a chang\u00e9. Elle s&rsquo;est inscrite en psycho, et peu \u00e0 peu elle s&rsquo;est remise \u00e0 vivre. Finalement avant ces ann\u00e9es de d\u00e9tresse de ma s\u0153ur, je n&rsquo;avais pas compris grand chose \u00e0 ma s\u0153ur et \u00e0 moi-m\u00eame, finalement. Je me suis senti proche de ma s\u0153ur quand pour la premi\u00e8re fois j&rsquo;ai eu mal \u00e0 quelqu&rsquo;un ; parce que jusqu&rsquo;ici j&rsquo;\u00e9tais dans la ligne de mon p\u00e8re, autoritaire et rigide. J&rsquo;ai d\u00e9couvert que c&rsquo;est compliqu\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 Aicha ; elle m&rsquo;a permis de me mettre \u00e0 la place de quelqu&rsquo;un, de sentir. Pour Aicha, l&rsquo;\u00e9motion, qui ne m&rsquo;avait pas fait pleurer \u00e0 la mort de mon p\u00e8re, je l&rsquo;ai ressentie. Pendant des ann\u00e9es elle a v\u00e9cu seule, compl\u00e8tement. Pendant quatre ans Aicha a coup\u00e9 les ponts avec la famille. Elle a appris \u00e0 vivre seule. Elle a eu une amie institutrice qui l&rsquo;a aid\u00e9e, qui l&rsquo;a orient\u00e9e. Elles ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tudiantes en psycho ensemble. <\/p>\n\n\n\n<p>Je faisais sciences-\u00e9co et en m\u00eame temps je faisais les march\u00e9s. Depuis l&rsquo;\u00e2ge de 11 ans j&rsquo;aidais un Arm\u00e9nien qui vendait des habits. Il avait un magasin <em>\u00ab Paris-Nouveaut\u00e9s \u00bb<\/em> \u00e0 Saint-Chamond. J&rsquo;\u00e9tais tr\u00e8s bon vendeur. J&rsquo;avais de bons pourboires. J&rsquo;ai travaill\u00e9 avec lui 10 ou 16 ans. Quand je vendais une jupe de 50 F, je gardais les 20 F ; \u00e7a me faisait de l&rsquo;argent pour la famille. Quand j&rsquo;ai voulu me mettre \u00e0 mon compte, les Arm\u00e9niens m&rsquo;ont aid\u00e9. J&rsquo;\u00e9tais sur les march\u00e9s. Mes fr\u00e8res ont gard\u00e9 le commerce, ils ont une boutique, maintenant. En m\u00eame temps je vendais des merguez. J&rsquo;allais toujours \u00e0 la fac \u00e0 St. \u00c9tienne l&rsquo;apr\u00e8s midi. J&rsquo;habitais chez ma m\u00e8re. J&rsquo;avais 26 ans. Je ne pouvais pas laisser ma m\u00e8re seule avec les petits. On suivait tous le lyc\u00e9e et la fac. \u00c7a me rendait fier de les aider. Et puis \u00e7a me plaisait le monde des forains : les Manouches, les Arm\u00e9niens, les fromagers fran\u00e7ais\u2026 J&rsquo;\u00e9crivais des nouvelles l\u00e0-dessus. Sur les march\u00e9 je n&rsquo;ai jamais souffert du racisme. Sur la place du march\u00e9 \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat des cars, j&rsquo;ai vendu des merguez, jusqu&rsquo;\u00e0 une p\u00e9tition du charcutier qui m&rsquo;a remplac\u00e9&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Je gagnais beaucoup d&rsquo;argent. J&rsquo;avais de belles voitures. J&rsquo;\u00e9tais bien habill\u00e9. A cette \u00e9poque pour les ouvriers de St. Chamond, je vendais tout ce qui \u00e9tait \u00e0 la mode. J&rsquo;ai eu les premi\u00e8res chemises en jean les premiers jeans \u00e0 poches tress\u00e9es, les premiers maillots en jean. En province, tout le monde s&rsquo;habille au march\u00e9, c&rsquo;est pas comme \u00e0 Paris. J&rsquo;avais un camion avec une remorque. A St. Chamond <em>\u00ab le Quartier \u00bb<\/em> c&rsquo;est le quartier Arabe, je le connais bien, j&rsquo;ai des copains. Je suis du \u00ab Quartier \u00bb m\u00eame si je n&rsquo;y habite pas. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 le premier commer\u00e7ant de St. Chamond. Beaucoup d&rsquo;Arabes sont sortis du \u00ab Quartier \u00bb par le commerce. On aimait la musique. On \u00e9tait les meilleurs danseurs de rock. On allait en boites. Les filles aiment les gars qui dansent bien je faisais des tampons : je les reproduisais et je les vendais ; je les dessinais d&rsquo;apr\u00e8s le mod\u00e8le que j&rsquo;avais relev\u00e9. En plus j&rsquo;avais de tr\u00e8s belles voitures dans lesquelles je transportais les copains. Les commer\u00e7ants ont toujours des combines pour les super-voitures pas ch\u00e8res. Dans les boites on avait des copines fran\u00e7aises. On ne pouvait m\u00eame pas imaginer sortir avec la s\u0153ur d&rsquo;un copain alg\u00e9rien. J&rsquo;aimais la musique. Des Arabes jouaient dans des orchestres de bal. Il y avait des Espagnols, des Italiens avec lesquels ont avait grandi. Chacun parlait la langue du copain. On parlait presque tous arabe et italien. Un copain Italien s&rsquo;est fait traiter de sale bougnoule. Le chanteur chantait des tubes en anglais ; il faisait semblant parce que souvent il ne connaissait pas l&rsquo;anglais\u2026 Je transportais le mat\u00e9riel avec mon camion et ma remorque. Je faisais le tour des bals. Je vendais des merguez devant le bal-chapiteau. C&rsquo;\u00e9tait plus l&rsquo;\u00e9poque des boites. Je suis devenu leur impresario pratiquement. En m\u00eame temps je me suis mis \u00e0 fumer du H. Je faisais toujours les march\u00e9s et la fac. Ces musiciens travaillent tous en usine, ils faisaient tous un travail manuel, ils avaient entre 18 et 22, 23 ans.<\/p>\n\n\n\n<p>A un moment j&rsquo;en ai eu marre du fric. Si on veut que \u00e7a marche vraiment dans le commerce, on devient requin. J&rsquo;ai peu \u00e0 peu laiss\u00e9 tomber la fac, les march\u00e9s et je me suis mis \u00e0 la d\u00e9fonce. A cette \u00e9poque-l\u00e0 je ne voyais pas Aicha. Je me suis mis \u00e0 l&rsquo;acide, j&rsquo;ai fait des conneries. J&rsquo;ai compris que je devais quitter St. Chamond si je voulais sortir de l\u00e0. Je me suis arrang\u00e9 pour me faire griller. On m&rsquo;a arr\u00eat\u00e9. J&rsquo;ai laiss\u00e9 le commerce \u00e0 mes fr\u00e8res et j&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 de partir en Alg\u00e9rie. Les flics me cherchaient. <\/p>\n\n\n\n<p>Avec la drogue, c&rsquo;\u00e9tait une mani\u00e8re de se sentir bien avec les copains. Le H c&rsquo;est une gomme. Tu oublies. Pour nous il n&rsquo;y avait rien de mystique l\u00e0-dedans. Et puis pour moi c&rsquo;\u00e9tait toujours cette curiosit\u00e9. Il y avait surtout des gar\u00e7ons. Une ou deux fran\u00e7aises. On \u00e9tait Arm\u00e9nien, Alg\u00e9rien, Italien. C&rsquo;\u00e9tait il y a 6 ans. J&rsquo;avais de l&rsquo;argent, je trouvais ce que je voulais sans probl\u00e8me. Souvent on prend de l&rsquo;acide \u00e0 la place du H. Avec l&rsquo;acide, tu te quittes c&rsquo;est fantastique. \u00c7a ne t&#8217;emp\u00eache pas d&rsquo;\u00eatre actif. On allait \u00e0 la piscine \u00e0 la p\u00eache, on faisait du sport. L&rsquo;acide n&rsquo;\u00e9tait pas frelat\u00e9 \u00e0 cette \u00e9poque-l\u00e0. On faisait de la musique. On n&rsquo;\u00e9tait pas amorphes, on ne se prenait pas pour des intellos ; on se sentait bien, c&rsquo;est tout. On passait pas la nuit \u00e0 parler de bouquin ou de philosophie hindoue. Dans la campagne de St. Chamond les orages sont extraordinaires. On prenait de l&rsquo;acide avant un orage et on allait voir l&rsquo;orage, sentir les \u00e9clairs, la pluie, le d\u00e9luge, le bruit. Certains se sont trouv\u00e9s accroch\u00e9e avec l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne Mais je ne suis pas rest\u00e9 accroch\u00e9. Certains se sont suicid\u00e9s. Il y a eu plusieurs overdoses. Je savais que je m&rsquo;en sortirais. J&rsquo;avais d&rsquo;autres int\u00e9r\u00eats dans ma vie. Certains copains, non. Ils \u00e9taient l\u00e0, sans issue. Mon copain italien s&rsquo;est suicid\u00e9. Il est mort. Ils ont vieilli sans faire autre chose que des petits jobs. Maintenant \u00e0 14 ans les gar\u00e7ons se piquent. Le \u00ab Quartier \u00bb a disparu. C&rsquo;est une catastrophe depuis que les Arabes n&rsquo;habitent plus la cit\u00e9 m\u00e9di\u00e9vale. Ils sont tous parqu\u00e9s dans des cit\u00e9s HLM. <\/p>\n\n\n\n<p>On aimait le \u00ab Quartier \u00bb c&rsquo;\u00e9tait notre terrain d&rsquo;aventure. Depuis la d\u00e9linquance a augment\u00e9 ; je crois que les plus jeunes n&rsquo;aiment pas la cit\u00e9 HLM comme on aimait le \u00ab Quartier \u00bb. <\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;\u00e9tait chez nous et il y avait une histoire. On avait un support \u00e0 notre imagination. Les cit\u00e9s-ghettos n&rsquo;ont pas d&rsquo;histoire. Le b\u00e9ton n&rsquo;a pas d&rsquo;histoire. <\/p>\n\n\n\n<p>Je crois, pour la d\u00e9fonce, que les copains qui n&rsquo;auraient pas pris de l&rsquo;h\u00e9ro auraient \u00e9t\u00e9 alcoolos. Au moins avec l&rsquo;h\u00e9ro, tu ne sens pas l&rsquo;alcool. C&rsquo;est bizarre mais tous croient aux <em>\u00ab djouns \u00bb<\/em>. Ils ont une peur terrible du diable. Ils sont craintifs et les <em>\u00ab djouns \u00bb<\/em> comptent pour eux. Ils en parlent et ils y croient vraiment. Un jour dans une vieille Maison pour Tous qu&rsquo;on occupait pour faire de la photo, des copains sont venus au ping-pong. On s&rsquo;est amus\u00e9s \u00e0 faire des bruits, on a coup\u00e9 l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9, on a hurl\u00e9 et ils se sont sauv\u00e9s. Ils en ont parl\u00e9 pendant des mois en disant que c&rsquo;\u00e9tait <em>\u00ab les djouns \u00bb<\/em>. On n&rsquo;a pas dit que c&rsquo;\u00e9tait nous. Avec la drogue, il y a une illusion de solidarit\u00e9, une s\u00e9curit\u00e9 on n&rsquo;a plus peur, il n&rsquo;y a plus de mal \u00e0 vivre. Ils n&rsquo;aiment pas se piquer tout seuls, ils ont peur, ils se piquent en bande, ensemble. <\/p>\n\n\n\n<p>Ma famille est rest\u00e9e en retrait. Moi aussi. Mais je ne souffre d&rsquo;\u00eatre Alg\u00e9rien que lorsque je vais mal. Et quand je prends une cuite dans un caf\u00e9 Arabe pas chez les Fran\u00e7ais.<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis donc parti en Alg\u00e9rie. Ma tante m&rsquo;attendait pour se marier. Ma m\u00e8re a une maison \u00e0 S\u00e9tif dans laquelle vit sa s\u0153ur. Ma m\u00e8re a toujours pens\u00e9 au retour. A Alger, j&rsquo;ai cherch\u00e9 du travail. Je cherchais aussi \u00e0 fuir la drogue. J&rsquo;avais un DEUG d&rsquo;\u00e9conomie. Partout on me demandait si j&rsquo;avais fait mon service. J&rsquo;\u00e9tais Alg\u00e9rien, je ne pouvais pas revenir en France. Les flics me cherchaient. Je me suis occup\u00e9 des affaires de ma m\u00e8re. Je ne voulais pas faire mon service. J&rsquo;ai pens\u00e9 partir au Canada, mais il faut arriver l\u00e0-bas avec un capital. Je suis rest\u00e9 trois mois. Rien ne marchait. Je me suis remis au H ; je buvais de l&rsquo;alcool, je parlais politique. Je me retrouvais au poste, tabassage\u2026 C&rsquo;\u00e9tait en 1975-76. C&rsquo;\u00e9tait la p\u00e9riode de l&rsquo;arabisation. On me disait qu&rsquo;on allait me faire disparaitre comme d&rsquo;autres si je parlais politique.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 de revenir en France. A la douane on m&rsquo;a embarqu\u00e9 \u00e0 la caserne. Je me suis retrouv\u00e9 le cr\u00e2ne ras\u00e9 sous l&rsquo;uniforme. J&rsquo;\u00e9tais aspirant-officier. Je pouvais sortir. J&rsquo;ai fait croire que je voulais m&rsquo;engager dans l&rsquo;arm\u00e9e et j&rsquo;ai demand\u00e9 une autorisation pour r\u00e9gler les affaires en France. On m&rsquo;a donn\u00e9 un visa provisoire. Je suis parti. Je ne peux plus retourner en Alg\u00e9rie. <\/p>\n\n\n\n<p>Je suis all\u00e9 \u00e0 St. Chamond ; ma m\u00e8re m&rsquo;a dit de ne pas rester l\u00e0. J&rsquo;ai eu l&rsquo;occasion d&rsquo;aller \u00e0 Grenoble o\u00f9 j&rsquo;avais une copine de St. Chamond. Elle habitait la Cit\u00e9 universitaire. J&rsquo;y suis all\u00e9. Elle n&rsquo;\u00e9tait pas l\u00e0. Je l&rsquo;ai attendue. sa voisine m&rsquo;a offert un caf\u00e9. \u00c7a fait cinq ans que je suis avec elle, c&rsquo;est Ginette. <\/p>\n\n\n\n<p>A ce moment-la j&rsquo;ai revu ma s\u0153ur Aicha. Elle faisait la liaison avec St. Chamond. Je suis rest\u00e9 \u00e0 Grenoble. J&rsquo;\u00e9tais \u00e9l\u00e9gant, dragueur, beau parleur, un peu myst\u00e9rieux.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a plaisait aux filles. Je vivais avec Ginette dans la Cit\u00e9 universitaire. J&rsquo;ai travaill\u00e9 comme animateur, \u00e9ducateur. J&rsquo;aimais bien travailler avec des enfants. Ils \u00e9taient souvent immigr\u00e9s. Ginette \u00e9tait \u00e9l\u00e8ve-infirmi\u00e8re. Elle allait mal \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. Au fond, elle n&rsquo;avait pas envie d&rsquo;\u00eatre infirmi\u00e8re. <\/p>\n\n\n\n<p>On a revu Aicha. C&rsquo;est elle qui nous a aid\u00e9s. On a d\u00e9barqu\u00e9 \u00e0 Lyon en novembre. On a dormi pendant 3 jours dans la voiture. Aicha faisait des gardes de nuit comme aide-soignante. Elle habitait dans un taudis. On a lou\u00e9 deux pi\u00e8ces \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;Aicha et c&rsquo;est \u00e0 cette \u00e9poque que j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 peindre. Je me suis inscrit \u00e0 la fac. Je travaillais dans une imprimerie comme aide-conducteur. Les pots de couleur du patron m&rsquo;ont servi \u00e0 peindre la voiture. Apr\u00e8s, j&rsquo;ai eu du carton. Le gars qui travaillait aux plaques m&rsquo;a donn\u00e9 des pinceaux. Je buvais parce que je supportais mal l&rsquo;usine. Je me suis mis \u00e0 peindre. C&rsquo;\u00e9tait effrayant ce que je peignais. Aicha m&rsquo;a fait comprendre ce que je faisais. J&rsquo;ai cess\u00e9 de travailler. J&rsquo;ai peint tout le temps. Ginette n&rsquo;a pas tenu comme infirmi\u00e8re. Elle allait toujours mal. Avec Aicha elles se sont aid\u00e9es. Je peignais toujours. J&rsquo;ai rencontr\u00e9 des gars \u00e0 qui ma peinture a plu. J&rsquo;ai fait une exposition. \u00c7a a march\u00e9. Je ne pouvais plus cesser de peindre. A un moment on s&rsquo;est retrouv\u00e9s sans argent. Ginette voulait faire du mime. Sa famille s&rsquo;inqui\u00e9tait pour elle, sans la soutenir. Pour moi, il y a eu Ginette et moi, et \u00e7a c&rsquo;est plus fort que tout. Personne ne pensait que \u00e7a marcherait et \u00e7a marche. Aicha et Ginette ont cru \u00e0 ma peinture. Et maintenant je suis \u00e0 Paris avec Ginette. J&rsquo;ai rencontr\u00e9 Hocine de St Chamond\u2026 et je pr\u00e9pare une exposition <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Propos de Moussa Bouima <br>recueillis par Le\u00efla Sebbar<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"361\" height=\"487\" data-attachment-id=\"15151\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2021\/12\/31\/histoire-de-moussa\/sans-frontiere-5-fevrier-1982\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Sans-frontiere-5-fevrier-1982.png?fit=361%2C487&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"361,487\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Sans-frontiere-5-fevrier-1982\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Sans-frontiere-5-fevrier-1982.png?fit=222%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Sans-frontiere-5-fevrier-1982.png?fit=361%2C487&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Sans-frontiere-5-fevrier-1982.png?resize=361%2C487&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-15151\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Sans-frontiere-5-fevrier-1982.png?w=361&amp;ssl=1 361w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Sans-frontiere-5-fevrier-1982.png?resize=222%2C300&amp;ssl=1 222w\" sizes=\"auto, (max-width: 361px) 100vw, 361px\" \/><\/figure><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article paru en deux parties dans Sans Fronti\u00e8re, n\u00b0 47, du 29 janvier au 4 f\u00e9vrier 1982, p. 20 et n\u00b0 48 du 5 au 11 f\u00e9vrier 1982, p. 20 Fils d&rsquo;immigr\u00e9s alg\u00e9riens de Saint-Chamond, Moussa a 30 ans. Il est artiste peintre. 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