{"id":16381,"date":"2022-06-11T18:01:20","date_gmt":"2022-06-11T16:01:20","guid":{"rendered":"https:\/\/sinedjib.com\/?p=16381"},"modified":"2022-06-11T18:06:31","modified_gmt":"2022-06-11T16:06:31","slug":"georges-altman-un-livre-de-victor-serge-memoires-dun-revolutionnaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2022\/06\/11\/georges-altman-un-livre-de-victor-serge-memoires-dun-revolutionnaire\/","title":{"rendered":"Georges Altman : Un livre de Victor Serge. M\u00e9moires d&rsquo;un r\u00e9volutionnaire"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Article de <a href=\"https:\/\/maitron.fr\/spip.php?article9964\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Georges Altman<\/a> paru dans <em><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k41599647\/f4.item\" target=\"_blank\">Franc-tireur<\/a><\/em>, 12 avril 1951, p. 4<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"434\" height=\"600\" data-attachment-id=\"16382\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2022\/06\/11\/georges-altman-un-livre-de-victor-serge-memoires-dun-revolutionnaire\/victor-serge-memoires-revolutionnaire\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Victor-Serge-memoires-revolutionnaire.png?fit=434%2C600&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"434,600\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Victor-Serge-memoires-revolutionnaire\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Victor-Serge-memoires-revolutionnaire.png?fit=217%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Victor-Serge-memoires-revolutionnaire.png?fit=434%2C600&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Victor-Serge-memoires-revolutionnaire.png?resize=434%2C600&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-16382\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Victor-Serge-memoires-revolutionnaire.png?w=434&amp;ssl=1 434w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Victor-Serge-memoires-revolutionnaire.png?resize=217%2C300&amp;ssl=1 217w\" sizes=\"auto, (max-width: 434px) 100vw, 434px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap has-large-font-size\"><strong>CE sont des m\u00e9moires venues d&rsquo;outre-tombe, Victor Serge est mort subitement quelques ann\u00e9es apr\u00e8s la Lib\u00e9ration d&rsquo;une crise au c\u0153ur, en pleine rue de Mexico, son dernier refuge. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-large-font-size\"><strong>Ce sont nos \u00ab\u00a0M\u00e9moires d&rsquo;outre-tombe\u00a0\u00bb, celles d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9ration, avec ses r\u00eaves, ses luttes, ses sacrifices, son sang, ses hautes flamb\u00e9es pures, ses cendres lourdes. Et l&rsquo;inflexible fid\u00e9lit\u00e9 d&rsquo;un homme envers lui-m\u00eame.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>\u00c9crites par lui de son vivant, l\u00e9gu\u00e9es \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9 comme celles, inoubliables, du grand Chateaubriand, de cet aristocrate avec qui notre errant prol\u00e9taire, d&rsquo;abord enfant perdu dans l&rsquo;anarchie, puis communiste, Kibaltchiche, grand \u00e9crivain fran\u00e7ais d&rsquo;origine russe, n&rsquo;a vraiment, par sa naissance, par sa carri\u00e8re, par son milieu rien de commun &#8211; si ce n&rsquo;est souvent, n&rsquo;h\u00e9sitons pas \u00e0 le dire, la puissance \u00e9vocatrice, le don \u00e9pique et lyrique, le sens de la synth\u00e8se ; et la fid\u00e9lit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Oui, pourquoi pas ? Voil\u00e0 nos <em>M\u00e9moires d&rsquo;outre-tombe<\/em> \u00e0 nous, hommes d&rsquo;un si\u00e8cle de puret\u00e9s et d&rsquo;horreurs, de saintet\u00e9s et d&rsquo;ordures, d&rsquo;astres et de d\u00e9sastres. Le livre de la victoire des volont\u00e9s humaines, de la d\u00e9faite de la conscience humaine, une fresque dont la fougue am\u00e8re et puissante prend, comme chez les plus grands, le pas m\u00eame de l&rsquo;histoire, le souffle de l&rsquo;\u00e9pop\u00e9e et le poids du destin. <\/p>\n\n\n\n<p>Ces quatre cents pages serr\u00e9es d&rsquo;une vie qui s&#8217;embrase, s&rsquo;\u00e9puise et ne se brise point \u00e0 travers tant de tumultes, on ne peut que les lire d&rsquo;un trait \u2014 \u00e9tourdi, envo\u00fbt\u00e9 par ce prodigieux raccourci de quarante ans d&rsquo;Europe, 1901-1941, qu&rsquo;a v\u00e9cus l&rsquo;un de ceux qui voulurent changer le monde, mais sans jamais renier l&rsquo;homme. Nous savons maintenant qu&rsquo;apr\u00e8s toute une \u0153uvre militante et romanesque o\u00f9 nous appr\u00eemes la \u00ab Geste \u00bb d&rsquo;une r\u00e9volution, apr\u00e8s le bouleversant r\u00e9cit, <em>L&rsquo;Affaire Toulaev<\/em>, ces <em>M\u00e9moires <\/em>posthumes de Victor Serge, en leur \u00e9lan, en leur style visionnaire, r\u00e9v\u00e8lent un admirable t\u00e9moin de l&rsquo;immense drame ; et aussi, et d&rsquo;abord, le pr\u00e9curseur incontestable de toutes ces \u00e9tudes angoiss\u00e9es et sagaces qui ne cessent \u2014 par le roman, par le th\u00e9\u00e2tre ou par l&rsquo;essai \u2014 de gloser sur la grandeur et sur la d\u00e9cadence d&rsquo;une r\u00e9volution d\u00e9sormais consum\u00e9e. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans ces pages \u00e9crites \u00e0 Mexico, de 1941 \u00e0 1943 et bien avant d&rsquo;autres t\u00e9moignages Victor Serge a tout vu, tout dit, tout expliqu\u00e9 sur les chemins qui m\u00e8nent de la Russie r\u00e9volutionnaire \u00e0 la Russie concentrationnaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">L&rsquo;ETERNEL REBELLE<\/span><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">LES <em>M\u00e9moires d&rsquo;un r\u00e9volutionnaire<\/em> (1) nous paraissent d&rsquo;un accent unique et d&rsquo;un m\u00e9rite incomparable pour trois raisons. <\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;abord, ils ne s\u00e9parent jamais, m\u00eame aux plus noires, aux plus sanglantes heures, la lutte r\u00e9volutionnaire, l&rsquo;id\u00e9e de r\u00e9volution, du respect envers l&rsquo;homme et de la libert\u00e9 ; c&rsquo;est pourquoi Victor, communiste combattant, reste rebelle et, \u00e0 la fin, dit : \u00ab Non ! \u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, par le style (style de vie et style d&rsquo;\u00e9criture), ce livre rappelle \u00e0 ceux qui n&rsquo;ont point oubli\u00e9, apprend \u00e0 ceux qui ne l&rsquo;ont jamais su que le tragique de l&rsquo;Octobre russe \u00e9tait grand souvent sublime, un tragique de chair, d&rsquo;action et d&rsquo;id\u00e9es cr\u00e9atrices, de passion et de vie bouillonnante, que les hommes de cette Russie nue, traqu\u00e9e, terrible, en d\u00e9pit de leurs fautes, de leurs erreurs, des crimes de quelques-uns, n&rsquo;auront jamais rien de commun avec les serviles robots et les bourreaux abstraits d&rsquo;aujourd&rsquo;hui ; la simplicit\u00e9 fraternelle de L\u00e9nine, la langue, le style d&rsquo;un Trotsky, son m\u00e9pris du \u00ab trivial \u00bb et du bas, les po\u00e8mes de Ma\u00efakovski, l&rsquo;art, la litt\u00e9rature, le cin\u00e9ma des premi\u00e8res ann\u00e9es r\u00e9volutionnaires demeurent aussi \u00e9loign\u00e9s des mis\u00e9rables pompiers de service staliniens que les cath\u00e9drales peuvent l&rsquo;\u00eatre des sulpiceries et des bondieuseries bien-pensantes. <\/p>\n\n\n\n<p>Trotsky dans son <em>Histoire de la R\u00e9volution russe<\/em> (2), partiale, sectaire, injuste sans doute, mais si belle de style et de souffle (le Michelet du bolchevisme\u2026) \u00e9voque justement la servilit\u00e9 qui r\u00e9gnait sous l&rsquo;ancien r\u00e9gime russe dans l&rsquo;arm\u00e9e du tsar et d\u00e9nonce superbement \u00ab un certain langage conventionnel, ignoble dialecte d&rsquo;esclaves \u00bb que le soldat devait tenir envers son officier. Cet ignoble dialecte, c&rsquo;est le style de la Russie d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Victor Serge \u00e9crit dans le style d&rsquo;Octobre.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin \u2014 et c&rsquo;est la plus dure le\u00e7on d&rsquo;une exp\u00e9rience militante \u2014 tout au long des <em>M\u00e9moires<\/em>, Victor Serge ne cesse de juger le pass\u00e9 qu&rsquo;il d\u00e9crit par les r\u00e9sultats d&rsquo;aujourd&rsquo;hui ; il trouve dans cette histoire, si exaltante que nul qui l&rsquo;a connue ne veut et ne peut renier, les germes d\u00e9j\u00e0 du p\u00e9ril qu&rsquo;entra\u00eene le l\u00e9gitime orgueil r\u00e9volutionnaire : croyance fanatique en l&rsquo;infaillibilit\u00e9 d&rsquo;une doctrine, intol\u00e9rance absolue pour toute autre forme de pens\u00e9e \u00ab\u00a0une mentalit\u00e9 cl\u00e9ricale prompte \u00e0 devenir inquisitoriale\u00a0\u00bb. C&rsquo;est-\u00e0-dire d\u00e9j\u00e0, et m\u00eame chez ces hommes d&rsquo;une stature si haute, d&rsquo;un style si sup\u00e9rieur \u00e0 leurs mis\u00e9rables \u00e9pigones, assassins et fossoyeurs, m\u00eame chez L\u00e9nine, Trotsky, Boukarine, Radek et tous ceux de la \u00ab\u00a0Vieille Garde\u00a0\u00bb, une tendance \u00e0 l&rsquo;esprit totalitaire. Eux-m\u00eames s&rsquo;en doutaient, craignaient la suite ; mais des riches courants de pens\u00e9e d\u00e9mocratique ouvri\u00e8re existaient encore, peu \u00e0 peu supprim\u00e9s, et leurs chefs disparus, massacr\u00e9s l&rsquo;un apr\u00e8s l&rsquo;autre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">LE FEU BRULE ET S&rsquo;ETEINT\u2026<\/span><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">TANT que Thermidor et Bonaparte ne sont point l\u00e0, la grandeur emporte tout, Victor Serge, en r\u00e9volutionnaire, en grand artiste, nous entra\u00eene de son enfance mis\u00e9rable \u00e0 Bruxelles, de sa jeunesse libertaire \u00e0 Paris (o\u00f9 il fut emprisonn\u00e9 pour n&rsquo;avoir point voulu servir de mouchard contre les anarchistes), jusqu&rsquo;\u00e0 Barcelone, puis, apr\u00e8s l&rsquo;armistice de 1918, \u00e0 Moscou, \u00e0 L\u00e9ningrad dans ces villes exsangues et tendues o\u00f9 les grands feux sur la neige \u00e9clairent le visage h\u00e2ve des gardes rouges. Pages sobres et splendides qui rappellent le noir et blanc des premiers grands films russes, <em>Fin de Saint-P\u00e9tersbourg La M\u00e8re<\/em>, quand <em>l&rsquo;Amiral Nakimov<\/em> n&rsquo;avait point encore remplac\u00e9 sur l&rsquo;\u00e9cran officiel les matelots r\u00e9volt\u00e9s du <em>Potemkine<\/em>. La r\u00e9volution est alors une asc\u00e8se. Le style de Serge est \u00e0 sa mesure. Ainsi de ces quelques lignes sur un repas de fortune : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Il y avait sur la table une grande bo\u00eete de thon prise aux Anglais, quelque part dans les for\u00eats de Shenkoursk, et rapport\u00e9e par un combattant. Ce poisson doux et, gras nous parut une victuaille paradisiaque. Nous \u00e9tions tristes \u00e0 cause du sang. <\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Ces derniers mots qui interviennent soudain : \u00ab Nous \u00e9tions tristes&#8230; \u00bb ne sont-ils pas dans leur ellipse, d&rsquo;un ma\u00eetre ?<\/p>\n\n\n\n<p>Deux mots et c&rsquo;est toute la Russie : \u00ab La terre russe, avec ses espaces tristes et doux\u2026 \u00bb De phrases lapidaires comme une maxime : \u00ab Il n&rsquo;est que la premi\u00e8re honte qui co\u00fbte\u2026 \u00bb Des portraits saisissants comme des eaux-fortes : L\u00e9nine sur les marches d&rsquo;une tribune, Radek, jovial et diabolique, Trotsky, hautain, \u00e9l\u00e9gant, caustique ; mais surtout les portraits d&rsquo;hommes de la hase et du rang admirables militants, tous disparus, des histoires inou\u00efes et jamais racont\u00e9es sur la psychose humaine pendant la tourmente historique, les suicides des vieux bolcheviks, la mort de Ioff\u00e9, qui laisse un admirable testament politique, l&rsquo;une des plus belles pages de l&rsquo;humanisme r\u00e9volutionnaire, son enterrement quasi clandestin, la mort du po\u00e8te Essenine qui chantait : \u00ab\u00a0Au revoir, mon ami, au revoir&#8230; Il n&rsquo;est pas nouveau de mourir en cette vie \u2014 mais il n&rsquo;est certes pas plus nouveau de vivre\u00a0\u00bb, celle de Ma\u00efakovski, les premi\u00e8res luttes de l&rsquo;opposition, enfin l&rsquo;arrestation de Serge et sa d\u00e9portation en Sib\u00e9rie, pr\u00e9vues pour un homme qui osait \u00e9crire : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab\u00a0Je suis bien d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 ne point faire carri\u00e8re dans la R\u00e9volution et, le danger mortel pass\u00e9, \u00e0 me retrouver avec ceux qui combattent les maux int\u00e9rieurs du nouveau r\u00e9gime.\u00a0\u00bb <\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Qu&rsquo;on lise l&rsquo;interrogatoire de Serge par le juge de la Gu\u00e9p\u00e9ou : c&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;avance, et racont\u00e9 par un t\u00e9moin un dialogue du \u00ab z\u00e9ro et l&rsquo;infini \u00bb, tout aussi bouleversant. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">\u00ab LE FANTASTIQUE COMMUNISTE \u00bb<\/span><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">L&rsquo;EUROPE grouille, lutte, souffre et meurt dans ce livre, une Europe en d\u00e9lire et en g\u00e9sine. La grandeur et la chute communiste sans cesse l&rsquo;animent et la traversent. Chaque destin individuel l\u00e0-dedans devient par Victor Serge th\u00e8me de drame shakespearien.<\/p>\n\n\n\n<p>Pierre Mac Orlan, \u00e0 propos, des drames, des myst\u00e8res, des tourments de l&rsquo;\u00e2ge moderne, a trouv\u00e9 ce terme \u00ab\u00a0le fantastique social\u00a0\u00bb. Pour la premi\u00e8re fois peut-\u00eatre, le livre de Serge recr\u00e9e et d\u00e9crit ce qu&rsquo;on peut nommer d\u00e9sormais \u00ab\u00a0le fantastique communiste\u00a0\u00bb, ce climat d&rsquo;existence \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale et qui, historiquement, psychologiquement, path\u00e9tiquement, ne ressemble \u00e0 nul autre.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faudrait encore parler des pages du d\u00e9but sur le Paris libertaire de jadis, marquer tout ce que cette vie indomptable implique, jusqu&rsquo;\u00e0 la fin, de confiance et d&rsquo;espoir quand m\u00eame. Laissons la conclusion \u00e0 Serge qui, parlant de ses luttes souvent st\u00e9riles d\u00e9clare : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab\u00a0Elles m&rsquo;ont enseign\u00e9 que le meilleur et le pire se c\u00f4toient en l&rsquo;homme, se confondent parfois \u2014 et que la corruption du meilleur est ce qu&rsquo;il y a de pire\u2026\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Il n&rsquo;est pas depuis longtemps de plus beau livre \u00e0 lire que celui-l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">(1) Victor Serge, <em>M\u00e9moires d&rsquo;un R\u00e9volutionnaire<\/em>, de 1901 \u00e0 1941. \u00c9ditions du Seuil. <\/p>\n\n\n\n<p>(2) L\u00e9on Trotsky, <em>Histoire de la R\u00e9volution russe<\/em>, avec une pr\u00e9face d&rsquo;Alfred Rosmer. C&rsquo;est \u00e9galement aux \u00c9ditions du Seuil que l&rsquo;on doit la r\u00e9\u00e9dition en deux volumes de cet ouvrage capital non seulement pour l&rsquo;Histoire, mais pour la connaissance de ce grand \u00e9crivain qu&rsquo;\u00e9tait Trotsky.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article de Georges Altman paru dans Franc-tireur, 12 avril 1951, p. 4 CE sont des m\u00e9moires venues d&rsquo;outre-tombe, Victor Serge est mort subitement quelques ann\u00e9es apr\u00e8s la Lib\u00e9ration d&rsquo;une crise au c\u0153ur, en pleine rue de Mexico, son dernier refuge. 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