{"id":16565,"date":"2022-07-14T13:36:59","date_gmt":"2022-07-14T11:36:59","guid":{"rendered":"https:\/\/sinedjib.com\/?p=16565"},"modified":"2022-07-14T13:36:59","modified_gmt":"2022-07-14T11:36:59","slug":"daniel-guerin-bourgeois-et-bras-nus-gallimard","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2022\/07\/14\/daniel-guerin-bourgeois-et-bras-nus-gallimard\/","title":{"rendered":"Daniel Gu\u00e9rin : Bourgeois et bras nus (Gallimard)"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Recension parue dans <em><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/archivesautonomies.org\/IMG\/pdf\/syndrev\/revolutionproletarienne\/serieap1947\/larevolutionproletarienne-n024.pdf\" target=\"_blank\">La R\u00e9volution prol\u00e9tarienne<\/a><\/em>, n\u00b0 24 (325), mars 1949, p. 27-28<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"346\" height=\"539\" data-attachment-id=\"16566\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2022\/07\/14\/daniel-guerin-bourgeois-et-bras-nus-gallimard\/daniel-guerin-bourgeois-et-bras-nus\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Daniel-Guerin-bourgeois-et-bras-nus.png?fit=346%2C539&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"346,539\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Daniel-Guerin-bourgeois-et-bras-nus\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Daniel-Guerin-bourgeois-et-bras-nus.png?fit=193%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Daniel-Guerin-bourgeois-et-bras-nus.png?fit=346%2C539&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Daniel-Guerin-bourgeois-et-bras-nus.png?resize=346%2C539&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-16566\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Daniel-Guerin-bourgeois-et-bras-nus.png?w=346&amp;ssl=1 346w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Daniel-Guerin-bourgeois-et-bras-nus.png?resize=193%2C300&amp;ssl=1 193w\" sizes=\"auto, (max-width: 346px) 100vw, 346px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Le livre de Daniel Gu\u00e9rin, qui vient apr\u00e8s tant d&rsquo;ouvrages, \u00e9crits la plupart du temps par des historiens de m\u00e9tier, ne ressemble \u00e0 aucun autre. Le titre m\u00eame, fortement suggestif, laisse pr\u00e9sager ce que le contenu de ce travail apportera de fonci\u00e8rement nouveau. <\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Certes, tous ceux qui tant soi peu \u00e9tudi\u00e8rent la R\u00e9volution n&rsquo;ignorent ni l&rsquo;opposition des Enrag\u00e9s ni celle des H\u00e9bertistes (l&rsquo;une et l&rsquo;autre trop souvent confondues dans l&rsquo;esprit des profanes) sous la Convention, pas plus que le mouvement des Egaux et de leur chef G. Baboeuf sous le Directoire : m\u00e9diocre \u00e9tait la place, tout \u00e0 fait superficielle l&rsquo;importance qui leur avaient \u00e9t\u00e9 accord\u00e9es. Aussi, l&rsquo;ampleur de l&rsquo;ouvrage de D. Gu\u00e9rin, sa densit\u00e9 \u00e9tonnent-elles au premier abord. <\/p>\n\n\n\n<p>Une juste curiosit\u00e9 doit n\u00e9cessairement s&#8217;emparer de l&rsquo;historien, disons m\u00eame du simple profane que les questions sociales int\u00e9ressent : qu&rsquo;ils se laissent tenter par la lecture de ce livre all\u00e9chant ils ne seront pas d\u00e9\u00e7us. <\/p>\n\n\n\n<p>La th\u00e8se soutenue par D. Gu\u00e9rin, et fortement \u00e9tay\u00e9e tout au long de ce copieux ouvrage, est la suivante : <\/p>\n\n\n\n<p>Au sein de la Grande R\u00e9volution, bourgeoise incontestablement de par ses r\u00e9sultats, se d\u00e9veloppe un embryon de r\u00e9volution prol\u00e9tarienne, qui d\u00e9passe les cadres de la r\u00e9volution bourgeoise.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce terme d&#8217;embryon, l&rsquo;auteur l&#8217;emploie \u00e0 maintes reprises, il y revient souvent et il insiste sur le fait que les conditions objectives de l&rsquo;\u00e9poque ne permettaient pas que la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne f\u00fbt autre qu&#8217;embryonnaire. En effet, le prol\u00e9tariat \u00e9tait encore en 1792 presque inexistant puisqu&rsquo;il est par d\u00e9finition le fruit de l&rsquo;exploitation capitaliste. <\/p>\n\n\n\n<p>Il y aura donc lutte de classes sous la Convention et le Directoire entre les bourgeois et les bras-nus. Pourquoi ce terme de bras-nus ? L&rsquo;auteur l&#8217;emprunte \u00e0 Michelet, il l&rsquo;estime plus juste et moins vague que celui de sans-culottes qui s&rsquo;adresse aussi bien aux petits-bourgeois qu&rsquo;aux travailleurs. Quant \u00e0 l&rsquo;appellation de prol\u00e9taires, elle pourrait para\u00eetre anachronique. <\/p>\n\n\n\n<p>Cette lutte de classes, elle se dessine d\u00e8s la journ\u00e9e du 10 ao\u00fbt 1792 qui vit la chute de la royaut\u00e9 : elle suit une courbe ascendante jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de novembre 1793. A partir de cette date, la r\u00e9volution, ne progressant plus, recule. La p\u00e9riode h\u00e9ro\u00efque de la R\u00e9volution fran\u00e7aise n&rsquo;est donc pas comme le pr\u00e9-tendent commun\u00e9ment les historiens bourgeois, la Convention montagnarde. La r\u00e9volution suivait une courbe descendante, bien avant le 9 thermidor. D\u00e8s la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 1793 les bras-nus \u00e9taient vaincus. <\/p>\n\n\n\n<p>Au cours de la p\u00e9riode d\u00e9cisive de la r\u00e9volution \u2014 ao\u00fbt 1972-fin 1793 \u2014 on verra la bourgeoisie se servir des bras-nus pour mener \u00e0 bien sa t\u00e2che, mais lorsqu&rsquo;elle se rendra compte que le courant populaire menace de l&#8217;emporter, elle s&rsquo;efforcera de l&rsquo;endiguer et fera marche arri\u00e8re. Mais prenons l&rsquo;ordre chronologique des faits et essayons de suivre avec l&rsquo;auteur cette lutte entre bourgeois et bras-nus. D\u00e8s la fin de la L\u00e9gislative, les bourgeois sous la pression de la Commune, avaient d\u00fb jeter un peu de lest et abolir le r\u00e9gime censitaire : la Convention est \u00e9lue au suffrage universel. Mais cette concession d&rsquo;ordre politique \u00e9tait peu de chose pour les bras-nus. Or. ceux-ci \u00e9taient n\u00e9cessaires \u00e0 la bourgeoisie pour mener \u00e0 bien sa guerre, la guerre qu&rsquo;elle entreprend pour s&#8217;emparer de la Belgique et de la Hollande, et lutter ainsi efficacement contre sa rivale \u00e9conomique : l&rsquo;Angleterre. Cette guerre, qui en fera les frais ? Le peuple car elle aura pour cons\u00e9quences, l&rsquo;inflation, la vie ch\u00e8re, la disette. Ce sera le premier \u00e9l\u00e9ment de scission entre bourgeois et bras-nus. Au d\u00e9but de 1793 l&rsquo;opposition se pr\u00e9cise : manifestations contre la vie ch\u00e8re, menace d&rsquo;action directe, action avant tout \u00e9conomique. <\/p>\n\n\n\n<p>Cet embryon de scission qui eut des causes \u00e9conomiques se refl\u00e8te \u00ab\u00a0dans la conscience des porte-parole politiques du prol\u00e9tariat\u00a0\u00bb, car \u00e9crit D. Gu\u00e9rin \u00ab\u00a0<strong>il faut que la crampe provoqu\u00e9e par l&rsquo;estomac se transforme en conscience politique<\/strong>\u00ab\u00a0. Ces porte-parole furent les Enrag\u00e9s : Jacques Roux, Th\u00e9ophile Leclerc, Jean Varlet. Ces hommes, notons-le, s&rsquo;attaqueront seulement \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 des accapareurs, niais ils n&rsquo;iront pas s&rsquo;en prendre \u00e0 la notion m\u00eame de propri\u00e9t\u00e9 comme l&rsquo;avait fait Baboeuf d\u00e8s 1791. <\/p>\n\n\n\n<p>La rupture entre bourgeois et bras-nus au d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e 1793 ne fut conjur\u00e9e qu&rsquo;au prix d&rsquo;une scission au sein de la bourgeoisie : scission entre Montagnards et Girondins. Il serait cependant inexact de croire qu&rsquo;entre Montagnards et Girondins il y eut une opposition de classes. Les uns et les autres \u00e9taient des bourgeois, mais ils se heurtaient sur ce point fondamental : les Montagnards jugeaient indispensable le concours des bras-nus pour mener \u00e0 bien la guerre et la r\u00e9volution bourgeoise. lei Girondins allaient jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9f\u00e9rer la contre-r\u00e9volution aux sans-culottes, et s&rsquo;ils s&rsquo;opposaient ainsi c&rsquo;est que leurs int\u00e9r\u00eats \u00e9taient diff\u00e9rents. Les Girondins \u00e9taient les repr\u00e9sentants de la bourgeoisie commer\u00e7ante et exportatrice, les Montagnards ceux de la bourgeoisie qui avait profit\u00e9 de l&rsquo;acquisition des Biens nationaux. des fournitures aux arm\u00e9es. <\/p>\n\n\n\n<p>La Montagne en mars 1793 se trouve prise entre deux p\u00e9rils : les Girondins d&rsquo;une part, les sans-culottes d&rsquo;autre part. <\/p>\n\n\n\n<p>Il fallait aux Montagnards pour se d\u00e9barrasser des Girondins le concours des bras-nus. <\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0<strong>Le jeu n&rsquo;\u00e9tait pas sans risques. L&rsquo;avant-garde populaire n&rsquo;allait-elle pas, dans un \u00e9lan irr\u00e9sistible, d\u00e9passer les limites fix\u00e9es ?<\/strong>\u00ab\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s la chute de la Gironde, malgr\u00e9 tous les artifices employ\u00e9s par Robespierre et les chefs jacobins, la lutte de classes continuait entre bourgeois et bras-nus. <\/p>\n\n\n\n<p>Une concession accueillie avec enthousiasme par les sans-culottes fut la loi du maximum, aum\u00f4ne accord\u00e9e par les Montagnards \u00e0 ceux dont ils avaient besoin. En \u00e9change, les bras-nus aid\u00e8rent puissamment les bourgeois gr\u00e2ce aux Soci\u00e9t\u00e9s populaires, aux Comit\u00e9s r\u00e9volutionnaires, gr\u00e2ce surtout \u00e0 l&rsquo;Arm\u00e9e r\u00e9volutionnaire. <\/p>\n\n\n\n<p>Tout en se servant de l&rsquo;avant-garde populaire, les bourgeois feront dispara\u00eetre ses chefs, les Enrag\u00e9s, qu&rsquo;ils consid\u00e8rent comme dangereux. La maigre concession accord\u00e9e \u00e0 la masse sur le plan \u00e9conomique, \u00ab l&rsquo;os \u00e0 ronger \u00bb jet\u00e9 par les Montagnards avait permis de la s\u00e9parer de ses chefs. <\/p>\n\n\n\n<p>Pour D. Gu\u00e9rin, les Enrag\u00e9s sont des \u00ab purs \u00bb, les H\u00e9bertistes qui, en quelque sorte leur succ\u00e9deront, allieront, \u00e0 une foi r\u00e9volutionnaire ind\u00e9niable, des app\u00e9tits mat\u00e9riels, le d\u00e9sir de conqu\u00e9rir le pouvoir. Le point essentiel de leur programme est la lutte contre l&rsquo;Eglise ; la campagne de d\u00e9christianisation entreprise par la Montagne, mais qui r\u00e9ellement partit de la base, est une \u00ab\u00a0diversion pour d\u00e9tourner les bras-nus de la lutte contre les Poss\u00e9dants\u00a0\u00bb. Cette r\u00e9volution religieuse avortera : les conditions objectives de l&rsquo;\u00e9poque ne lui permettaient pas d&rsquo;arriver \u00e0 son terme. <\/p>\n\n\n\n<p>La campagne de d\u00e9christianisation bat son plein \u00e0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 1793, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque m\u00eame o\u00f9 la r\u00e9volution atteint son point culminant. <\/p>\n\n\n\n<p>Arriv\u00e9 ce point crucial, D. Gu\u00e9rin juge n\u00e9cessaire d&rsquo;examiner un peu les hommes qui exercent le pou-voir pour le compte de la bourgeoisie r\u00e9volutionnaire. L&rsquo;auteur distingue au sein de la Montagne : d&rsquo;une part, ceux qu&rsquo;il nomme les grands sp\u00e9cialistes (Carnot, Cambon, etc.), d&rsquo;autre part, Robespierre (et ses satellites). Celui-ci fut par excellence le m\u00e9diateur entre les bourgeois et les bras-nus. <\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 les concessions faites aux bras-nus sur le triple plan \u00e9conomique, militaire et religieux, la bourgeoisie r\u00e9volutionnaire avait toujours gard\u00e9 la r\u00e9alit\u00e9 du pouvoir \u00e9conomique et du pouvoir politique. <\/p>\n\n\n\n<p>A la fin de 1793, les succ\u00e8s ext\u00e9rieurs d\u00e9termin\u00e8rent les bourgeois \u00e0 reprendre aux bras-nus une partie du terrain qu&rsquo;elle leur avait conc\u00e9d\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p>A cette \u00e9poque, \u00ab\u00a0<strong>la collusion de Robespierre et de Danton dans la voie du mod\u00e9rantisme eut un r\u00e9sultat irr\u00e9parable : la brusque interruption de la marche en avant de la r\u00e9volution<\/strong>.\u00a0\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>Et, tout d&rsquo;abord, c&rsquo;est la guerre d\u00e9clar\u00e9e aux d\u00e9christianisateurs. <\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;autre part, d\u00e8s la fin de 1793, la bourgeoisie renforce le pouvoir central. Les historiens bourgeois ont trop volontiers confondu, d&rsquo;apr\u00e8s D. Gu\u00e9rin, la dictature du prol\u00e9tariat exerc\u00e9e de fa\u00e7on d&rsquo;ailleurs non permanente du 10 ao\u00fbt 1792 \u00e0 novembre 1793, avec la dictature de la bourgeoisie exerc\u00e9e par le gouvernement de la Montagne \u00e0 partir de d\u00e9cembre 1793. Au d\u00e9but de 1794, on assiste \u00e0 la d\u00e9ch\u00e9ance de la Commune, de l&rsquo;arm\u00e9e r\u00e9volutionnaire ; les pouvoirs des repr\u00e9sentants en mission sont limit\u00e9s. <\/p>\n\n\n\n<p>A partir de mars 1794, on entre dans une phase de r\u00e9pression ouverte. Le mouvement \u00e9conomique des masses ayant repris, Robespierre lui portera un coup d\u00e9cisif en liquidant les H\u00e9bertistes. L&rsquo;avant-garde populaire effrayait le pouvoir et, constate l&rsquo;auteur : \u00ab\u00a0<strong>L&rsquo;ex\u00e9cution des H\u00e9bertistes ne fut pas seulement la d\u00e9faite d&rsquo;une faction politique mais aussi et surtout celle des bras-nus<\/strong>.\u00a0\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>Au printemps de 1794, la mis\u00e8re augmente, le maximum assoupli est de moins en moins observ\u00e9. Le mouvement des masses prend une forme moderne : la lutte pour les salaires. Au mois de juillet, l&rsquo;agitation ouvri\u00e8re atteindra son point culminant. <\/p>\n\n\n\n<p>Quelle sera l&rsquo;attitude de Robespierre durant cette p\u00e9riode ? Dans un copieux chapitre, D. Gu\u00e9rin \u00e9tudie plus particuli\u00e8rement la personnalit\u00e9 et l&rsquo;action de celui qui r\u00eava d&rsquo;\u00eatre le dictateur de la France, il montre son opposition au sein de la Montagne, avec ceux qu&rsquo;il appelle les grands sp\u00e9cialistes, en ce qui concerne la question religieuse, la conduite de la guerre. Ce conflit est pour l&rsquo;auteur un conflit d&rsquo;ordre personnel entre Carnot, qui aspirait \u00e0 la dictature militaire et Robespierre qui aspirait \u00e0 la dictature personnelle. Ce qui fit la faiblesse de  \u00ab\u00a0l&rsquo;Incorruptible \u00bb c&rsquo;est qu&rsquo;il ne sut pas choisir : la bourgeoisie apr\u00e8s la liquidation de Danton se s\u00e9pare de lui et il n&rsquo;aura pas davantage le soutien des sans-culottes. <\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;ailleurs, \u00e9crit l&rsquo;auteur, \u00ab\u00a0<strong>S&rsquo;il <\/strong>(Robespierre) <strong>n\u00e9gligeait de s&rsquo;assurer la faveur des bras-nus, c&rsquo;\u00e9tait de propos d\u00e9lib\u00e9r\u00e9, son dessein \u00e9tant de stabiliser la r\u00e9solution bourgeoise non de ressusciter le pouvoir de la pl\u00e8be<\/strong>.\u00a0\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>Au moment de l&rsquo;arrestation de Robespierre, Hanriot essaiera en vain de soulever les sans-culottes : ceux-ci ne march\u00e8rent pas. Le coup d&rsquo;Etat d&rsquo;Hanriot fut manqu\u00e9, les conditions objectives de l&rsquo;\u00e9poque ne permettaient pas qu&rsquo;il en soit autrement. <\/p>\n\n\n\n<p>Et si Robespierre \u00e9choua, c&rsquo;est en somme qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas l&rsquo;homme dont la bourgeoisie avait besoin. Le jour o\u00f9 la bourgeoisie sera m\u00fbre pour accueillir un dictateur, elle prendra un g\u00e9n\u00e9ral. <\/p>\n\n\n\n<p>Il serait pu\u00e9ril de croire que la lutte de classes ait \u00e9t\u00e9 suspendue le 10 thermidor. \u00ab\u00a0<strong>La r\u00e9action thermidorienne ne fut pas seulement une stabilisation de la r\u00e9volution bourgeoise d\u00e9gag\u00e9e une fois pour toutes de l&#8217;emprise pl\u00e9b\u00e9ienne, elle fut \u00e9galement une tentative de la contre-r\u00e9volution royaliste<\/strong>.\u00a0\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s le 9 thermidor, une triple r\u00e9action se produit : sur les plans \u00e9conomique, politique et religieux. <\/p>\n\n\n\n<p>Au point de vue \u00e9conomique, c&rsquo;est le retour au lib\u00e9ralisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Au point de vue politique : destruction successive des organes du pouvoir populaire, suppression de la Commune. Le suffrage universel est aboli. <\/p>\n\n\n\n<p>Sur le plan religieux. la libert\u00e9 des cultes est proclam\u00e9e, les \u00e9glises sont rendues aux fid\u00e8les. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans tous les domaines, les bras-nus sont vaincus. Leur d\u00e9ception est immense. Ils manifesteront au cours des \u00e9meutes, en particulier en Prairial, une certaine conscience politique : <\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0<strong>Les insurg\u00e9s de Prairial furent les premiers combattants de la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne<\/strong>.\u00a0\u00bb Cependant ils ne surent pas mener \u00e0 bien leur t\u00e2che, s&#8217;emparer du gouvernement. <\/p>\n\n\n\n<p>Mais proclame D. Gu\u00e9rin : \u00ab <strong>Il n&rsquo;est pas de d\u00e9faite st\u00e9rile<\/strong>. \u00bb Cette minorit\u00e9 consciente tire de cet \u00e9chec une salutaire le\u00e7on : la doctrine des Egaux va na\u00eetre dans les prisons. <\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;auteur montre que Baboeuf avait non pas seulement un programme \u00e9conomique comme on l&rsquo;a cru et \u00e9crit trop souvent, mais aussi un programme politique. Malheureusement, Baboeuf et les Egaux ne furent pas cons\u00e9quents avec eux-m\u00eames. S&rsquo;ils l&rsquo;avaient \u00e9t\u00e9 \u00ab <strong>ils se seraient rattach\u00e9s \u00e0 la poign\u00e9e de militants d&rsquo;avant-garde, qui, sous Robespierre et contre lui, s&rsquo;\u00e9taient efforc\u00e9s de pousser plus loin la R\u00e9volution<\/strong> \u00bb. <\/p>\n\n\n\n<p>Les Egaux ne se proclament les continuateurs ni des Enrag\u00e9s ni des H\u00e9bertistes. Confondant eux aussi dictature populaire et dictature bourgeoise ils se raccrochent aux anciens Montagnards. <\/p>\n\n\n\n<p>Les grands sp\u00e9cialistes craignaient le p\u00e9ril de gauche. Carnot enverra les Babouvistes \u00e0 l&rsquo;\u00e9chafaud, car les masses semblaient se r\u00e9veiller : nouveau mouvement populaire d&rsquo;ordre purement \u00e9conomique. absolument apolitique. Il se produisit ce qui d\u00e9j\u00e0 s&rsquo;\u00e9tait produit au moment de la suppression des Enrag\u00e9s par la Convention, il suffit au Directoire de faire aux bras-nus quelques concessions d&rsquo;ordre \u00e9conomique : ils ne se lev\u00e8rent pas pour d\u00e9fendre Baboeuf. <\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0<strong>Ainsi pas plus qu&rsquo;au temps des Enrag\u00e9s et des H\u00e9bertistes, la crise des subsistances, si aigu\u00eb et si tragique m\u00eame qu&rsquo;elle f\u00fbt, ne se r\u00e9v\u00e9lait capable d&rsquo;entrainer les bras-nus dans une seconde r\u00e9volution<\/strong>.\u00a0\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;auteur fait remarquer une fois de plus que les conditions objectives de l&rsquo;\u00e9poque ne permettaient pas \u00e0 l&rsquo;insurrection des Egaux de triompher, mais ce que Bab\u0153uf, \u00ab\u00a0<strong>communiste jusqu&rsquo;\u00e0 la moelle des os<\/strong>\u00a0\u00bb ne tenta pas, c&rsquo;est de d\u00e9fendre sa doctrine au cours de son proc\u00e8s. <\/p>\n\n\n\n<p>D. Gu\u00e9rin estime que les adeptes les plus convaincus de la doctrine babouviste h\u00e9sit\u00e8rent et balbuti\u00e8rent chaque fois qu&rsquo;ils touch\u00e8rent \u00e0 la Grande R\u00e9volution. \u00ab\u00a0<strong>Les g\u00e9n\u00e9rations qui suivirent la r\u00e9volution ne comprirent pas que d\u00e9j\u00e0 \u00e0 cette \u00e9poque, la lutte des classes&#8230; s&rsquo;inscrivait en lettres de feu.<\/strong>\u00a0\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>Cependant le message de Baboeuf et de son disciple Buonarroti \u00e9tait lanc\u00e9. \u00ab\u00a0La r\u00e9volution permanente\u00a0\u00bb \u00e9tait en marche d\u00e8s 1793. <\/p>\n\n\n\n<p>La pr\u00e9sentation du livre de D. Gu\u00e9rin est originale : une longue pr\u00e9face o\u00f9 l&rsquo;auteur expose sa th\u00e8se, le corps de l&rsquo;ouvrage o\u00f9 il la soutient et la d\u00e9fend, une post-face o\u00f9 il s&rsquo;efforce de d\u00e9finir le r\u00f4le de l&rsquo;historien. <\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;historien doit \u00eatre objectif. Il ne peut \u00eatre impartial. Il doit interpr\u00e9ter les faits, \u00eatre \u00ab\u00a0<strong>de sa classe sociale, de son pays, de son milieu politique<\/strong>.\u00a0\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>Les historiens de la r\u00e9volution, pour la plupart bourgeois, isol\u00e9s de plus dans le silence de leur cabinet, ne voulurent voir ou ne purent voir que l&rsquo;aspect bourgeois de ce grand \u00e9v\u00e9nement. En tant que bourgeois, ils ont pris parti pour les bourgeois. L&rsquo;auteur, lui, a voulu se placer dans le camp prol\u00e9tarien. Dans sa post-face, D. Gu\u00e9rin pr\u00e9vient habilement la plupart des critiques qu&rsquo;on pourrait lui faire, la place trop importante donn\u00e9e \u00e0 la lutte des classes en particulier. <\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;estime cependant que certains reproches peuvent lui \u00eatre adress\u00e9s : celui, par exemple, de ne pr\u00eater des desseins purs au sein de cette p\u00e9riode qu&rsquo;\u00e0 ceux qui furent les porte-parole des bras-nus, et encore pas \u00e0 tous puisque les H\u00e9bertistes ne pensaient qu&rsquo;\u00e0 assouvir de mat\u00e9rielles ambitions. <\/p>\n\n\n\n<p>Ces bourgeois \u00e9taient-ils vraiment aussi lucides que veut bien le montrer l&rsquo;auteur, vis-\u00e0-vis des bras-nus, de cet embryon de prol\u00e9tariat encore totalement inorganis\u00e9 ? Gracchus Baboeuf lui-m\u00eame ne le fut pas. Les bourgeois se sont-ils servis de l&rsquo;avant-garde populaire, l&rsquo;ont-ils rejet\u00e9e de fa\u00e7on si d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e, si clairvoyante ?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Recension parue dans La R\u00e9volution prol\u00e9tarienne, n\u00b0 24 (325), mars 1949, p. 27-28 Le livre de Daniel Gu\u00e9rin, qui vient apr\u00e8s tant d&rsquo;ouvrages, \u00e9crits la plupart du temps par des historiens de m\u00e9tier, ne ressemble \u00e0 aucun autre. 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