{"id":16684,"date":"2022-07-19T10:53:27","date_gmt":"2022-07-19T08:53:27","guid":{"rendered":"https:\/\/sinedjib.com\/?p=16684"},"modified":"2022-07-19T10:59:54","modified_gmt":"2022-07-19T08:59:54","slug":"jacques-muglioni-la-revolte-contre-lhistoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2022\/07\/19\/jacques-muglioni-la-revolte-contre-lhistoire\/","title":{"rendered":"Jacques Muglioni : La r\u00e9volte contre l&rsquo;histoire"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Article de <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/maitron.fr\/spip.php?article146580\" target=\"_blank\">Jacques Muglioni<\/a> paru dans <em><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/archivesautonomies.org\/IMG\/pdf\/syndrev\/revolutionproletarienne\/serieap1947\/larevolutionproletarienne-n057.pdf\" target=\"_blank\">La R\u00e9volution prol\u00e9tarienne<\/a><\/em>, n\u00b0 57 (358), janvier 1952, p. 40-41<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"16685\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2022\/07\/19\/jacques-muglioni-la-revolte-contre-lhistoire\/albert-camus-lhomme-revolte\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Albert-Camus-LHomme-revolte.jpg?fit=1654%2C2421&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"1654,2421\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Albert-Camus-LHomme-revolte\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Albert-Camus-LHomme-revolte.jpg?fit=205%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Albert-Camus-LHomme-revolte.jpg?fit=580%2C848&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Albert-Camus-LHomme-revolte.jpg?resize=414%2C605&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-16685\" width=\"414\" height=\"605\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Albert-Camus-LHomme-revolte.jpg?resize=700%2C1024&amp;ssl=1 700w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Albert-Camus-LHomme-revolte.jpg?resize=205%2C300&amp;ssl=1 205w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Albert-Camus-LHomme-revolte.jpg?resize=768%2C1124&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Albert-Camus-LHomme-revolte.jpg?resize=1049%2C1536&amp;ssl=1 1049w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Albert-Camus-LHomme-revolte.jpg?resize=1399%2C2048&amp;ssl=1 1399w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Albert-Camus-LHomme-revolte.jpg?resize=1200%2C1756&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Albert-Camus-LHomme-revolte.jpg?w=1654&amp;ssl=1 1654w\" sizes=\"auto, (max-width: 414px) 100vw, 414px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Le privil\u00e8ge paradoxal de notre \u00e9poque est d&rsquo;avoir \u00e9trangement confondu les probl\u00e8mes en livrant aux m\u00eames impasses la philosophie, l&rsquo;histoire et la vie. Non pas que cette solidarit\u00e9 soit une d\u00e9couverte de notre temps, mais jamais comme aujourd&rsquo;hui elle n&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 aussi manifeste ni aussi tragique, en raison m\u00eame de la rigueur massive de notre exp\u00e9rience. Le contemporain d&rsquo;Octobre, du drame espagnol et de la guerre s&rsquo;est effray\u00e9 de voir que sa vie propre se confondait avec l&rsquo;histoire du monde, et que l&rsquo;une et l&rsquo;autre pouvaient en m\u00eame temps prendre un sens ou le perdre atrocement. C&rsquo;est alors que tout fut mis en question, c&rsquo;est-\u00e0-dire le choix des valeurs qui d\u00e9finissent une vie et d\u00e9cident si elle m\u00e9rite ou non d&rsquo;\u00eatre v\u00e9cue. <\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>A Camus revient le m\u00e9rit\u00e9 d&rsquo;avoir \u00e9clair\u00e9 ce choix. En tra\u00e7ant l&rsquo;\u00e9pure du d\u00e9sespoir universel, il propose pour notre g\u00e9n\u00e9ration une m\u00e9ditation commune au philosophe, \u00e0 l&rsquo;artiste et au militant. Il fait le diagnostic de notre d\u00e9sordre avec l&rsquo;art du clinicien. Ainsi, au si\u00e8cle de la mort violente et des statistiques il reproche moins de multiplier le meurtre que de le pr\u00e9m\u00e9diter et de le raisonner, et il montre que ceci est la cause de cela. \u00c9coutons-le :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab Heathcliff, dans les <em>Hauts de Hurlevent<\/em>, tuerait la terre enti\u00e8re pour poss\u00e9der Cathie, mais il n&rsquo;aurait pas l&rsquo;id\u00e9e de dire que ce meurtre est raisonnable ou justifi\u00e9 par le syst\u00e8me. Il l&rsquo;accomplirait, l\u00e0 s&rsquo;arr\u00eate tonte sa croyance. Cela suppose la force de l&rsquo;amour et le caract\u00e8re. La force de l&rsquo;amour \u00e9tant rare, le meurtre reste exceptionnel et garde alors son air d&rsquo;effraction. Mais \u00e0 partir du moment o\u00f9, faute de caract\u00e8re, on court se donner une doctrine, d\u00e8s l&rsquo;instant o\u00f9 le crime se raisonne, il prolif\u00e8re comme la raison elle-m\u00eame, il prend toutes les figures du syllogisme. Il \u00e9tait solitaire comme le cri, le voil\u00e0 universel comme la science. Hier jug\u00e9, il l\u00e9gif\u00e8re aujourd&rsquo;hui. \u00bb (1).<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 le crime de passion ou de fatalit\u00e9, de l&rsquo;autre le meurtre de raisonnement et de logique. Dans cette page d&rsquo;un style pur, Camus pose la distinction fondamentale dont tout le livre n&rsquo;est qu&rsquo;un commentaire et qui l&rsquo;am\u00e8ne \u00e0 proclamer l&rsquo;interdiction de tuer. Mais comment concilier le refus du meurtre et le devoir de r\u00e9volte ? <\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;homme r\u00e9volt\u00e9 est celui qui dit non. C&rsquo;est l&rsquo;esclave qui se retourne et fait face \u00e0 son maitre. Il y a une r\u00e9volte m\u00e9taphysique quand l&rsquo;homme d\u00e9couvre la mort, l&rsquo;absurdit\u00e9 du monde et l&rsquo;absence de Dieu. Il y a une r\u00e9volte sociale lorsque de Spartacus \u00e0 la Commune de Paris, les humili\u00e9s se dressent contre une condition injuste. \u00ab\u00a0L&rsquo;homme est la seule cr\u00e9ature qui refuse d&rsquo;\u00eatre ce qu&rsquo;elle est\u00a0\u00bb, mais ce refus n&rsquo;est pas pure n\u00e9gation. Il ne peut dire non \u00e0 l&rsquo;absurdit\u00e9 du monde et \u00e0 l&rsquo;injustice sans dire oui en m\u00eame temps \u00e0 ce qui exige un sens et une justice. Donc ma r\u00e9volte ne se comprend que si j&rsquo;affirme une r\u00e9alit\u00e9 qui me d\u00e9passe et que je reconnais, toutes les fois que je pr\u00e9f\u00e8re souffrir l&rsquo;offense plut\u00f4t que de la commettre. C&rsquo;est la nature humaine qui m&rsquo;est ici r\u00e9v\u00e9l\u00e9e dans sa permanence et sa dignit\u00e9 meurtrie par la brutalit\u00e9 quotidienne d&rsquo;un monde qui n&rsquo;est pas fait pour elle. <\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi je brise ma solitude et je rencontre les autres hommes sur mon chemin : tous les autres. \u00ab\u00a0Je me r\u00e9volte, donc nous sommes\u00a0\u00bb, conclut Camus. Et c&rsquo;est ici que la r\u00e9volte est incompatible avec le meurtre. S&rsquo;il ne devait exister que des oppresseurs et des opprim\u00e9s, des bourreaux et des victimes, mon choix serait simple et il n&rsquo;y aurait pas de probl\u00e8me. Mais si je veux rester fid\u00e8le \u00e0 ma r\u00e9volte, je dois m&rsquo;interdire de changer simplement de camp comme ceux qui volent pour ne pas \u00eatre vol\u00e9s ou tuent pour ne pas \u00eatre tu\u00e9s. Dans sa nature m\u00eame la r\u00e9volte trouve sa propre limite. En proclamant le salut commun, elle refuse les moyens qui compromettraient le salut d&rsquo;un seul. <\/p>\n\n\n\n<p>Or, comme par d\u00e9rision, la r\u00e9volte a engendr\u00e9, au cours de l&rsquo;histoire contemporaine, les techniques de l&rsquo;oppression et du meurtre d\u00e9mesur\u00e9. La litt\u00e9rature et la philosophie ont exprim\u00e9 en styles divers cette aventure. Camus sait distinguer entre les violences de Sade, Lautr\u00e9amont et Stirner d&rsquo;une part et les incertitudes sublimes de Nietzsche et Dosto\u00efevski d&rsquo;autre part. Mais c&rsquo;est dans l&rsquo;histoire surtout que la contradiction s&rsquo;affirme et qu&rsquo;elle doit finalement \u00eatre jug\u00e9e. <\/p>\n\n\n\n<p>Tout a commenc\u00e9 pour nous avec la condamnation de Louis XVI, que Camus pr\u00e9sente comme un symbole, parce qu&rsquo;elle signifie que la r\u00e9volution est la conqu\u00eate du pouvoir politique avec ses moyens d&rsquo;oppression et de r\u00e9pression. De ce jour la r\u00e9volution a trahi les sources profondes de la r\u00e9volte. Mais tandis que les r\u00e9gicides de la r\u00e9volution jacobine institu\u00e8rent la religion de la vertu comme voulait Saint-Just, disciple de Rousseau, leurs successeurs mieux instruits accabl\u00e8rent le monde par les diverses formes de la \u00ab R\u00e9volution cynique \u00bb. <\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>Ces commentaires surprendront ceux qui sont accoutum\u00e9s aux \u00e9tudes techniques et qui, ayant re\u00e7u une formation marxiste ou simplement scientifique, envisagent toute l&rsquo;histoire comme l&rsquo;expression plus ou moins directe des faits \u00e9conomiques. Il ne faut pas m\u00e9priser la technique quand elle n&rsquo;est pas m\u00e9prisable, c&rsquo;est-\u00e0-dire quand elle nous permet d&rsquo;\u00e9clairer et de maitriser un aspect du r\u00e9el. Mais il faut se m\u00e9fier des techniciens de vocation d&rsquo;abord, de gouvernement ensuite, qui r\u00e9solvent l&rsquo;exp\u00e9rience humaine en statistiques brillantes et cruelles. <\/p>\n\n\n\n<p>Un fait \u00e9conomique n&rsquo;explique ni ne justifie un choix m\u00e9taphysique quelconque. Il peut aider \u00e0 le comprendre dans la mesure o\u00f9 il a cr\u00e9\u00e9 l&rsquo;urgence de certaines solutions, et par exemple on ne peut nier que le <em>Capital <\/em>par sa m\u00e9thode et par son objet soit l&rsquo;une des \u0153uvres les plus explicatives de notre temps. Mais le comportement des hommes d\u00e9note une source plus profonde. En choisissant entre le combat et la r\u00e9signation, le respect et le meurtre, le ciel et la terre, la mort et la vie, l&rsquo;homme assume, souvent dans la nuit, toute sa condition qui est d&rsquo;agir pour des motifs et au nom des valeurs (le probl\u00e8me est ici de savoir si elles sont authentiques) portant t\u00e9moignage \u00e0 l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 du malheur et par ce malheur m\u00eame qu&rsquo;il \u00e9chappe jusqu&rsquo;\u00e0 la mort au r\u00e8gne absurde des choses. C&rsquo;est par l\u00e0 qu&rsquo;il \u00e9chappe aussi \u00e0 la technique et aux statistiques. C&rsquo;est donc par l\u00e0 que Camus d\u00e9cide de le saisir.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>La d\u00e9mesure des temps modernes est la croyance \u00e0 l&rsquo;histoire. Elle s&rsquo;\u00e9bauche avec le christianisme et prend tout son essor dans la th\u00e9orie de la violence historique. Nous devons savoir gr\u00e9 \u00e0 Camus d&rsquo;avoir mis \u00e0 jour avec une parfaite s\u00fbret\u00e9 le lien secret qui unit sous leur conflit superficiel les deux doctrines ennemies de la r\u00e9volte. Il l\u00e8ve l&rsquo;\u00e9quivoque stupide qui fait du socialisme autoritaire le v\u00e9ritable concurrent de l\u2019\u00c9glise alors qu&rsquo;il n&rsquo;en est, en un sens, qu&rsquo;une r\u00e9plique adapt\u00e9e \u00e0 la civilisation industrielle. Par l\u00e0 s&rsquo;explique le go\u00fbt obscur qu&rsquo;ont aujourd&rsquo;hui quelques catholiques pour la lutte r\u00e9volutionnaire et l&rsquo;attrait invincible qu&rsquo;exercent sur eux les formes les plus confuses de l&rsquo;action politique. <\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons affaire \u00e0 deux esp\u00e8ces d&rsquo;une m\u00eame croyance inaccessible aux Grecs, amoureux de la nature et du pr\u00e9sent. Leur sagesse excluait l&rsquo;infinit\u00e9 du temps o\u00f9 se recomposerait une histoire n&rsquo;ayant de sens qu&rsquo;\u00e0 son terme. Ils ne concevaient du temps que l&rsquo;image cyclique que leur offraient le mouvement des \u00e9toiles et le retour des saisons, temps ferm\u00e9 sur soi, rassemblant en un seul jour toutes les possibilit\u00e9s de l&rsquo;\u00eatre et toutes les ressources de la vie. Cette pens\u00e9e les conduisait parfois au mythe du retour \u00e9ternel, mais la perspective d&rsquo;une histoire proc\u00e9dant selon une droite infinie leur \u00e9tait interdite. <\/p>\n\n\n\n<p>Au contraire, la tradition jud\u00e9o-chr\u00e9tienne nous pr\u00e9sente la destin\u00e9e comme le d\u00e9roulement tragique d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements absurdes, mais auxquels le d\u00e9nouement final donne un sens et une cons\u00e9cration. Et, malgr\u00e9 l&rsquo;apparence, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e8re chr\u00e9tienne qui prend au s\u00e9rieux une nouvelle mythologie, tandis que les philosophes grecs ne croyaient \u00e0 la leur qu&rsquo;en souriant. D\u00e9sormais le d\u00e9nouement du destin est une justification derni\u00e8re que le pr\u00e9sent peut seulement concevoir et qui fuit sans cesse vers l&rsquo;avenir imaginaire o\u00f9 toutes choses seront r\u00e9gl\u00e9es, toutes fautes rachet\u00e9es et toutes victimes sanctifi\u00e9es. C&rsquo;est le royaume de Dieu, le triomphe du progr\u00e8s et la soci\u00e9t\u00e9 sans classa Voil\u00e0 pourquoi notre \u00e8re fut tout \u00e0 la fois celle des martyrs et de l&rsquo;inquisition, des grands sacrifices r\u00e9volutionnaires et de la terreur polici\u00e8re. <\/p>\n\n\n\n<p>Avec tact et justice, Camus ne reproche \u00e0 Marx pas plus qu&rsquo;\u00e0 Nietzsche sa terrible post\u00e9rit\u00e9. Mais l&rsquo;un et l&rsquo;autre, quoique diff\u00e9remment, pr\u00e9f\u00e8rent l&rsquo;histoire \u00e0 la nature et consentent d&rsquo;avance \u00e0 sacrifier ce qui est \u00e0 ce qui n&rsquo;est pas. Je me plais \u00e0 relever ici une courte note dans laquelle Camus \u00e9voque l&rsquo;existentialisme ath\u00e9e dont la morale promise est encore attendue. Il dit que cette morale ne pourra s&rsquo;\u00e9tablir sans introduire des valeurs \u00e9trang\u00e8res \u00e0 l&rsquo;histoire. Mais comment faire ? Tout se passe depuis longtemps comme si l&rsquo;existentialisme, qui est un prolongement de l&rsquo;id\u00e9ologie allemande, \u00e9tait impuissant \u00e0 s&rsquo;achever sans mourir dans la tradition chr\u00e9tienne ou sans se confondre avec le marxisme. Or son suicide est fatal, puisqu&rsquo;il refuse \u00e0 l&rsquo;homme une nature \u00e0 pr\u00e9server dans l&#8217;empire irrempla\u00e7able du pr\u00e9sent.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>Si Camus est revenu sur les illusions de 1945, il reste fid\u00e8le, dans l&rsquo;ensemble, \u00e0 toute son \u0153uvre. Depuis <em>Noces<\/em>, paru \u00e0 la veille de la guerre, jusqu&rsquo;\u00e0 la \u00ab\u00a0pens\u00e9e de midi\u00a0\u00bb qui termine l&rsquo;<em>Homme r\u00e9volt\u00e9<\/em>, il revient aux sources de la sagesse que les Grecs avaient con\u00e7ue \u00e0 la taille de l&rsquo;homme. Il d\u00e9nonce en m\u00eame temps la d\u00e9mence de ceux qui se croient inspir\u00e9s de Dieu et celle des d\u00e9icides qui prennent la place du dieu mort, ces dieux aux yeux crev\u00e9s qui humilient les nations. Son ath\u00e9isme n&rsquo;est pas agressif. Simplement, Camus n&rsquo;a pas de pens\u00e9e pour un au-del\u00e0 de la condition humaine. Si les chr\u00e9tiens, pench\u00e9s sur l&rsquo;ab\u00eeme, re\u00e7oivent l&rsquo;\u00e9cho de leur cri, lui mourra sans espoir, pour rester fid\u00e8le \u00e0 la terre.<\/p>\n\n\n\n<p>Il nous enseigne la lucidit\u00e9 \u00e0 une \u00e9poque cruelle pour ceux qui n&rsquo;acceptent pas de sacrifier aux idoles. Et s&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un sacrifice humain, il d\u00e9nonce le meurtre. Mais quelle pr\u00e9dication peut venir \u00e0 bout de la violence qui s&rsquo;inspire d&rsquo;une logique et se recommande des meilleures intentions ? On ne persuade pas des bourreaux qui ont une conscience professionnelle et un sens accompli du devoir. <\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est alors toute l&rsquo;organisation politique des Etats qui est mise en question, parce qu&rsquo;elle porte la responsabilit\u00e9 du malheur pr\u00e9sent des hommes. Devant un monde o\u00f9 les enfants meurent, la r\u00e9volte a seulement la valeur d&rsquo;un t\u00e9moignage, mais devant une soci\u00e9t\u00e9 qui d\u00e9sesp\u00e8re les hommes jusqu&rsquo;\u00e0 la folie, la r\u00e9volte a quelque chance d&rsquo;entrer dans l&rsquo;histoire. Contre les politiques de l&rsquo;illusion tragique qui sacrifient la partie au tout et le pr\u00e9sent \u00e0 un avenir imaginaire, la vraie g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 consiste \u00e0 opposer une politique de l&rsquo;urgence. L&rsquo;homme r\u00e9volt\u00e9, comme Sisyphe, doit savoir qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de lendemain et que sa destin\u00e9e se joue tout enti\u00e8re dans le pr\u00e9sent. C&rsquo;est la condamnation sans appel de toute action qui sp\u00e9cule sur l&rsquo;avenir et qui dans le m\u00eame temps humilie les vivants. <\/p>\n\n\n\n<p>On comprend alors l&rsquo;hommage que rend Camus au syndicalisme r\u00e9volutionnaire dont la tradition libertaire a surv\u00e9cu \u00e0 la Premi\u00e8re Internationale. Son caract\u00e8re distinctif est de concevoir l&rsquo;\u00e9mancipation des hommes comme un effort quotidien vers le bonheur. C&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des groupes naturels comme la famille et la profession que l&rsquo;homme se lib\u00e8re des contraintes que les institutions font peser sur lui. La grande politique n&rsquo;est pas son affaire. Ni l&rsquo;action des gouvernements, ni la guerre, quelle qu&rsquo;elle soit, ne le concerne, sinon comme victime et comme r\u00e9volt\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>Le livre de Camus est trop riche pour ne pas donner prise par quelques c\u00f4t\u00e9s \u00e0 des critiques que j&rsquo;aurais aim\u00e9 formuler ici. Mais la sympathie qu&rsquo;il m&rsquo;inspire est trop forte pour que je ne lui accorde pas pour l&rsquo;instant toute l&rsquo;attention et toute la place. Les commentaires, qui n&rsquo;ont pas manqu\u00e9, toucheront peu Camus : ni les \u00e9loges des conservateurs qui voient dans ce livre l&rsquo;expression d&rsquo;un d\u00e9couragement profitable \u00e0 leurs int\u00e9r\u00eats passagers, ni les injures des r\u00e9volutionnaires de profession qui lui reprochent de faire penser. Il a r\u00e9pondu d\u00e9j\u00e0 aux uns et aux autres. <\/p>\n\n\n\n<p>Aux premiers il r\u00e9pond que personne n&rsquo;est justifi\u00e9 dans son arrogance ou dans son repos, que la valeur des \u00e2mes se mesure \u00e0 celle des id\u00e9es et des actes, que les meilleures intentions se heurteront toujours \u00e0 la r\u00e9volte des hommes vrais, humili\u00e9s d&rsquo;abord puis triomphants, parce qu&rsquo;ils reportent sur leurs fr\u00e8res la tendresse que les l\u00e2ches vouent au destin.<\/p>\n\n\n\n<p>Aux seconds il d\u00e9montre, contre la croyance qu&rsquo;un si\u00e8cle de propagande a inculqu\u00e9e aux peuples, que la r\u00e9volte est plus riche et plus efficace qu&rsquo;une r\u00e9volution de syst\u00e8me et de violence concert\u00e9e, qui accro\u00eet le malheur des hommes en \u00e9change d&rsquo;une eschatologie d\u00e9risoire. Il leur fait honte en leur rappelant l&rsquo;exemple des justes de 1905 qui ne consentaient \u00e0 tuer qu&rsquo;une seule fois et garantissaient l&rsquo;extr\u00eame limite de leur violence par le sacrifice de leur propre vie. Il leur oppose enfin la v\u00e9rit\u00e9 constante de notre condition : il n&rsquo;y a pas de terme \u00e0 la r\u00e9volte et la justice sera toujours \u00e0 recommencer ; m\u00eame si une r\u00e9volution sociale devait \u00eatre d\u00e9finitive, l&rsquo;homme aurait toujours \u00e0 surmonter l&rsquo;angoisse d&rsquo;un destin amer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Jacques MUGLIONI.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(1) <strong>L&rsquo;Homme R\u00e9volt\u00e9<\/strong>, Gallimard.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article de Jacques Muglioni paru dans La R\u00e9volution prol\u00e9tarienne, n\u00b0 57 (358), janvier 1952, p. 40-41 Le privil\u00e8ge paradoxal de notre \u00e9poque est d&rsquo;avoir \u00e9trangement confondu les probl\u00e8mes en livrant aux m\u00eames impasses la philosophie, l&rsquo;histoire et la vie. Non pas que cette solidarit\u00e9 soit une d\u00e9couverte de notre temps, mais jamais comme aujourd&rsquo;hui elle [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[2340],"tags":[32,107,1957,5079,658,703,2834,2001,1714,1008,1181],"class_list":["post-16684","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-revues","tag-32","tag-albert-camus","tag-gallimard","tag-jacques-muglioni","tag-la-revolution-proletarienne","tag-livre","tag-philosophie","tag-recension","tag-revolte","tag-revolution","tag-violence"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9lTYU-4l6","jetpack_likes_enabled":true,"jetpack-related-posts":[{"id":20982,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2024\/01\/07\/pivert-camus\/","url_meta":{"origin":16684,"position":0},"title":"Marceau Pivert : Albert Camus, \u00ab\u00a0L&rsquo;Homme r\u00e9volt\u00e9\u00a0\u00bb (Gallimard)","author":"SiNedjib","date":"07\/01\/2024","format":false,"excerpt":"Article de Marceau Pivert paru dans Correspondance Socialiste Internationale, n\u00b0 20, mai 1952, p. 12 LECTURES RECOMMANDEES Albert CAMUS : \u00ab L'Homme r\u00e9volt\u00e9 \u00bb (Gallimard). 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