{"id":18089,"date":"2023-02-20T17:49:49","date_gmt":"2023-02-20T16:49:49","guid":{"rendered":"https:\/\/sinedjib.com\/?p=18089"},"modified":"2025-07-24T22:22:08","modified_gmt":"2025-07-24T20:22:08","slug":"robert-petitgand-la-mentalite-reactionnaire-et-lhomme-nouveau","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2023\/02\/20\/robert-petitgand-la-mentalite-reactionnaire-et-lhomme-nouveau\/","title":{"rendered":"Robert Petitgand : La Mentalit\u00e9 r\u00e9actionnaire et l&rsquo;Homme nouveau"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Article de <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/maitron.fr\/spip.php?article125909\" target=\"_blank\">Robert Petitgand<\/a> alias Robert Delny paru dans <em><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/archivesautonomies.org\/IMG\/pdf\/spartacus\/masses\/3eserie\/masses-s3-n01.pdf\" target=\"_blank\">Masses<\/a><\/em>, n\u00b0 1, janvier 1939, p. 12-18<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Une r\u00e9volution profonde est toujours pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e d&rsquo;un vaste mouvement d&rsquo;id\u00e9es qui bouleverse de fond en comble les conceptions morales de l&rsquo;ancienne soci\u00e9t\u00e9. A l&rsquo;image id\u00e9ale que l&rsquo;on se faisait de l&rsquo;homme se substitue une \u00e9thique nouvelle n\u00e9e des rapports originaux que la vie a introduits dans le corps social et dont la pression irr\u00e9sistible fait \u00e9clater l&rsquo;enveloppe des institutions arri\u00e9r\u00e9es. La brusque rupture d&rsquo;\u00e9quilibre qui fait chanceler l&rsquo;ancienne organisation, se traduit d&rsquo;abord par la d\u00e9moralisation du vieil homme, incapable de contenir plus longtemps l&rsquo;afflux des tendances juv\u00e9niles, endigu\u00e9es jusque l\u00e0 par une contrainte aussi avis\u00e9e que tyrannique. La philosophie des Lumi\u00e8res au 18e si\u00e8cle ne se borna pas \u00e0 d\u00e9noncer les privil\u00e8ges ; elle entreprit \u00e9galement la critique des vertus s\u00e9culaires de l&rsquo;homme bien n\u00e9, railla l&rsquo;honneur aristocratique, r\u00e9duisit la gloire f\u00e9odale \u00e0 la mesure d&rsquo;un simple et parfois chim\u00e9rique app\u00e9tit. Le Jacobinisme n&rsquo;aurait jamais pu accomplir sa t\u00e2che historique, si pr\u00e9alablement la doctrine philosophique n&rsquo;avait pr\u00e9cipit\u00e9 de leur pi\u00e9destal, pour les faire rentrer dans la commune nature, les personnes h\u00e9ro\u00efques des potentats f\u00e9odaux. <\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>L\u2019\u0153uvre que se propose d&rsquo;accomplir la R\u00e9volution socialiste est sans conteste infiniment plus grandiose et d\u00e9cisive que celle qu&rsquo;entreprirent les Montagnards de 1793. On ne fit alors que substituer la pr\u00e9\u00e9minence de la richesse \u00e0 celle du sang (1), tandis qu&rsquo;il s&rsquo;agit maintenant d&rsquo;en finir une fois pour toutes avec la mis\u00e8re et la servitude qui caract\u00e9risent, sous le nouveau comme sous l&rsquo;ancien r\u00e9gime, la condition moyenne de l&rsquo;homme. Une transformation aussi compl\u00e8te exige de ceux qui l&rsquo;entreprennent la plus claire conscience des buts \u00e0 atteindre et les oblige moralement \u00e0 rompre avec les comportements et les routines de la soci\u00e9t\u00e9 pr\u00e9sente. L&rsquo;homme de demain d\u00e9barrass\u00e9 des contraintes mill\u00e9naires qui emprisonnent l&rsquo;esprit et les passions, na\u00eetra des cendres du vieil homme une conception nouvelle des valeurs morales, fond\u00e9e sur une critique impitoyable de l&rsquo;id\u00e9ologie r\u00e9actionnaire, assainira le mar\u00e9cage d&rsquo;un psychisme archa\u00efque o\u00f9 viennent s&rsquo;ensevelir les impulsions saines de la nature et les \u00e9lans g\u00e9n\u00e9reux du c\u0153ur. <\/p>\n\n\n\n<p>Briser ses cha\u00eenes signifie d&rsquo;abord briser les idoles qui symbolisent l&rsquo;ordre social dans la conscience humaine et se lib\u00e9rer du m\u00eame coup du sentiment de culpabilit\u00e9 qui demeure ins\u00e9parable de la r\u00e9volte quand les instances morales sont intactes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>DOMINATION, PROPRIETE, POUVOIR<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les orgies de la propri\u00e9t\u00e9 et du pouvoir constituent dans la psychologie du vieil homme les objets privil\u00e9gi\u00e9s d&rsquo;une incessante convoitise. L&rsquo;app\u00e9tit de puissance cherche \u00e0 se tailler la plus large part de ces biens supr\u00eames, et si le champ que la vie lui conc\u00e8de lui parait insuffisant, ce qui est toujours le cas, il se nourrit de ses propres fantaisies et compense par des satisfactions d\u00e9mesur\u00e9es obtenues dans le pays de cocagne de son imagination, ses maigres conqu\u00eates dans le monde r\u00e9el. <\/p>\n\n\n\n<p>La possession, ce n&rsquo;est pas d&rsquo;aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;on en fait la remarque, rend les hommes \u00e9trangers les uns aux autres, en cr\u00e9ant un r\u00e9seau affectif o\u00f9 l&rsquo;envie et le m\u00e9pris deviennent les sentiments dominants. La propri\u00e9t\u00e9 des choses, agrandissement du moi par absorption du monde ext\u00e9rieur, est \u00e0 l&rsquo;origine d&rsquo;une conduite, caract\u00e9ris\u00e9e par le double fait de retenir et d&rsquo;accaparer, qui s&rsquo;accompagne forc\u00e9ment d&rsquo;agressivit\u00e9 contre les autres, consid\u00e9r\u00e9s comme des concurrents, ou bien comme des d\u00e9trousseurs, ou enfin comme des instruments serviles destin\u00e9s \u00e0 produire de la richesse. La peur de perdre, plus forte encore que le d\u00e9sir de s&rsquo;accro\u00eetre, entretient le poss\u00e9dant dans un \u00e9tat d&rsquo;inqui\u00e9tude permanente qui se traduit par une m\u00e9fiance soup\u00e7onneuse \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du monde entier et le rend \u00e0 peu pr\u00e8s impropre aux \u00e9changes humains, tant intellectuels que sentimentaux. L&rsquo;\u00e9gocentrisme affectif pr\u00e9side \u00e0 tous les mouvements, dans un horizon \u00e9troitement born\u00e9 o\u00f9 les \u00eatres les plus chers ne le sont qu&rsquo;au titre d&rsquo;objets conquis, de \u00ab proies \u00bb d&rsquo;un moi exclusif. \u00catre c&rsquo;est poss\u00e9der ; ne pas poss\u00e9der, c&rsquo;est ne pas \u00eatre : telle est la conviction intime du propri\u00e9taire qui mesure sa valeur personnelle au nombre plus ou moins \u00e9lev\u00e9 de ses arpents. <\/p>\n\n\n\n<p>La propri\u00e9t\u00e9 n&rsquo;est pas seulement une affirmation de puissance sur les choses, elle est aussi le tremplin d&rsquo;o\u00f9 s&rsquo;exerce la puissance sur les hommes. La consid\u00e9ration et le rang lui sont dans notre soci\u00e9t\u00e9 plus que dans toute autre, indissolublement li\u00e9s. Le m\u00e9pris souverain du poss\u00e9dant pour celui qui n&rsquo;a que ses bras, l&rsquo;envie du petit-bourgeois pour les plus riches et les plus puissants que lui, le besoin d&rsquo;affirmer constamment sa pr\u00e9\u00e9minence sur ceux qui poss\u00e8dent moins, ce jeu sordide de l&rsquo;homme tour \u00e0 tour arrogant et courb\u00e9, plein de superbe ou rampant dans la platitude, enferment les rapports sociaux dans un m\u00e9canisme o\u00f9 la domination et l&rsquo;humiliation se font \u00e9cho dans un vaste d\u00e9sert moral. <\/p>\n\n\n\n<p>Aussi n&rsquo;est-il pas \u00e9tonnant de retrouver la psychologie du propri\u00e9taire dans le complexe de sentiments et d&rsquo;attitudes dont le pouvoir politique lui-m\u00eame est l&rsquo;objet. Quelles que soient les th\u00e9ories, ing\u00e9nieuses ou maladroites, mises en circulation pour justifier une soi-disant n\u00e9cessit\u00e9 rationnelle de l&rsquo;oppression, il n&rsquo;en demeure pas moins que son mobile profond r\u00e9side dans un d\u00e9sir immod\u00e9r\u00e9 et tout impulsif de s&rsquo;assujettir les autres par le moyen d&rsquo;une contrainte qui \u00e9puise pour s&rsquo;exercer toutes les ressources de l&rsquo;esprit. <\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s l&rsquo;origine, le pouvoir \u00e9l\u00e8ve le potentat au-dessus de la commune condition, rehausse sa personne au rang des Dieux, la lib\u00e8re des entraves de la moralit\u00e9 courante. Rev\u00eatus des attributs d&rsquo;une pr\u00e9\u00e9minence sacr\u00e9e, le chef ou le roi peuvent satisfaire tous leurs app\u00e9tits et se distinguer du reste des hommes par le raffinement monstrueux de leurs plaisirs. Les jouissances charnelles ne sont si ins\u00e9parables pour le sens commun de l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une cruaut\u00e9 perverse, que parce que dans la longue histoire de l&rsquo;humanit\u00e9, elles furent l&rsquo;apanage exclusif du despotisme m\u00e9galomaniaque et sanguinaire. La cruaut\u00e9 est moins le fait de la nature humaine que le r\u00e9sultat d&rsquo;un \u00e9tat social dont la domination et la servitude sont les lois. Elle a besoin pour s&rsquo;exercer d&rsquo;un objet passif que seul le pouvoir lui fournit. Le complexe n\u00e9ronien qui a dirig\u00e9 tous les autocrates connus jusqu&rsquo;\u00e0 ce jour, divinise leur violence sanglante au m\u00eame titre que les exc\u00e8s de la chair, quand ils sont le fait du Ma\u00eetre. Ca\u00efus au dire de Tacite prenait son plaisir, alors qu&rsquo;il \u00e9tait \u00e0 table, \u00e0 faire mettre un homme \u00e0 la question sous ses yeux ; c&rsquo;\u00e9tait sans doute un anormal, mais le comportement de la puissance, s&rsquo;il s&rsquo;exprime de fa\u00e7on moins directe, n&rsquo;est gu\u00e8re diff\u00e9rent dans ses mobiles chez les tyrans plus raisonnables.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>LES DICTATURES MODERNES<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les dictatures modernes n&rsquo;ont gu\u00e8re modifi\u00e9 ce sch\u00e9ma classique. Issues elles-m\u00eames du fond trouble de la mentalit\u00e9 primitive, elles donnent au chef la m\u00eame puissance illimit\u00e9e qu&rsquo;avaient les despotes antiques et c\u00e9l\u00e8brent \u00e0 l&rsquo;envi sa religion personnelle. L&rsquo;hitl\u00e9risme a mis en lumi\u00e8re ces traits archa\u00efques du pouvoir ; le F\u00fchrer est une personne sacr\u00e9e, objet d&rsquo;un v\u00e9ritable culte, et il ressemble plus au h\u00e9ros mythologique qu&rsquo;\u00e0 un souverain au sens moderne du mot (2). <\/p>\n\n\n\n<p>Mais si les sources affectives qui alimentent le pouvoir sont rest\u00e9es les m\u00eames, une chose toutefois diff\u00e9rencie le despotisme fasciste du despotisme antique. Le chef, aussi grand et redout\u00e9 qu&rsquo;il soit, n&rsquo;\u00e9chappe pas, dans sa vie priv\u00e9e, \u00e0 la tyrannie de certaines obligations morales, valables pour lui comme pour les autres. Un domaine lui reste interdit, celui de l&rsquo;orgie, et son prestige serait gravement compromis s&rsquo;il passait \u00e0 l&rsquo;exemple des C\u00e9sars antiques, sa vie dans les d\u00e9bauches. Le seul spectacle de la force ne suffit plus \u00e0 entra\u00eener le respect : la conscience morale exige que le pouvoir apparaisse comme l&rsquo;incarnation de certains id\u00e9aux et qu&rsquo;il s&rsquo;exerce au nom d&rsquo;une doctrine. Sacrifice, privation, contrainte sur soi-m\u00eame sont les principes fondamentaux qui r\u00e9gissent les dictatures contemporaines. Ils viennent colorer d&rsquo;une id\u00e9e de grandeur l&rsquo;indignit\u00e9 de la condition humaine et sanctifient les humiliations subies au nom des id\u00e9ales vertus de la race ou de la patrie. En m\u00eame temps, le pouvoir pousse des rameaux dans toute la soci\u00e9t\u00e9, et chacun s&rsquo;efforce de compenser par un surcroit de brutalit\u00e9 contre les plus faibles sa platitude z\u00e9l\u00e9e vis-\u00e0-vis des chefs.<\/p>\n\n\n\n<p>Une semblable attitude s&rsquo;apparente de fa\u00e7on \u00e9troite au devoir militaire dont le fascisme fait du reste le bien supr\u00eame et qu&rsquo;il propose en exemple \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 civile. (3) L&rsquo;arm\u00e9e devient une force spirituelle qui a charge d&rsquo;\u00e9duquer la nation, de former la conscience des jeunes g\u00e9n\u00e9rations ; elle est le sanctuaire du r\u00e9gime o\u00f9 se c\u00e9l\u00e8bre le culte de la force, et o\u00f9 se cultivent sous l&rsquo;\u00e9gide de la tyrannie la plus irresponsable le go\u00fbt du commandement et l&rsquo;amour de la suj\u00e9tion. L&rsquo;esclave d&rsquo;antan devenu un soldat, a du moins sous l&rsquo;uniforme la conviction d&rsquo;\u00eatre un rouage de la grande machine oppressive et de participer en quelque mesure par les coups qu&rsquo;il re\u00e7oit \u00e0 l&rsquo;exercice de la puissance publique. Cette illusion lui permet en m\u00eame temps de subir, voire de sanctifier le r\u00e9gime de privations et de m\u00e9diocrit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale qui a toujours \u00e9t\u00e9 le propre de la vie militaire, et qui est aujourd&rsquo;hui dans les r\u00e9gimes fascistes celui de toute la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>SAINTETE DE LA PRIVATION<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le comportement caract\u00e9ris\u00e9 par la r\u00e9tention possessive et la domination inconditionn\u00e9e, ces deux colonnes du temple r\u00e9actionnaire, n&rsquo;est que la contrepartie n\u00e9cessaire d&rsquo;une r\u00e9pression qui frappe les d\u00e9sirs les plus l\u00e9gitimes de l&rsquo;individu. C&rsquo;est justement pour compenser le sacrifice des jouissances interdites que la soci\u00e9t\u00e9 encourage le d\u00e9veloppement de l&rsquo;agressivit\u00e9 contre autrui. <\/p>\n\n\n\n<p>Le monde a v\u00e9cu jusqu&rsquo;\u00e0 ce jour sous la dure loi de la privation et de la contrainte. Toutes les institutions morales ont fait converger leurs efforts vers l&rsquo;\u00e9touffement syst\u00e9matique des app\u00e9tits, consid\u00e9r\u00e9s unilat\u00e9ralement comme malfaisants ou criminels. Le Christianisme a rench\u00e9ri sur cette tendance, en poussant l&rsquo;aberration jusqu&rsquo;\u00e0 faire d\u00e9tester aux hommes les plaisirs que la vie peut leur procurer, pour sanctifier du m\u00eame coup la mis\u00e8re et la souffrance. Les d\u00e9sirs ont. \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9s d&rsquo;anath\u00e8me, les jouissances d\u00e9clar\u00e9es impies, couvertes de honte et d&rsquo;ignominie ; l&rsquo;homme n&rsquo;a plus os\u00e9 se regarder en face, tremblant devant lui-m\u00eame, \u00e9pouvant\u00e9 \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e du bonheur comme \u00e0 celle du crime supr\u00eame. En d\u00e9pit du d\u00e9veloppement de la pens\u00e9e libre et d&rsquo;une active propagande anti-religieuse, les r\u00e9flexes psychologiques profonds cr\u00e9\u00e9s par la morale chr\u00e9tienne sont rest\u00e9s ceux de l&rsquo;homme \u00e0 notre \u00e9poque. La critique la\u00efque n&rsquo;a fait que les effleurer sans les d\u00e9truire : bien souvent au contraire elle n&rsquo;a attaqu\u00e9 Dieu que pour \u00e9pargner la morale comme si la divinit\u00e9 \u00e9tait autre chose que l&rsquo;image transfigur\u00e9e du comportement id\u00e9al. La distinction courante entre les sentiments dits \u00e9lev\u00e9s et les impulsions basses de la chair, perp\u00e9tue, dans l&rsquo;opposition du sacrifice glorieux et des jouissances ignobles, la dualit\u00e9 ch\u00e8re, au christianisme, de l&rsquo;esprit et de la mati\u00e8re. Dans tous les \u00e2ges de la vie, les axiomes du sens commun, aussi faux qu&rsquo;imperm\u00e9ables \u00e0 la critique, enseignent \u00e0 l&rsquo;individu que le renoncement aux plaisirs est sa condition naturelle et qu&rsquo;il ne saurait transgresser cette loi sans en payer la violation d&rsquo;un surcro\u00eet de mis\u00e8re et de douleurs. <\/p>\n\n\n\n<p>Il est permis de se demander si le ph\u00e9nom\u00e8ne caract\u00e9ristique de notre \u00e9poque, l&rsquo;incapacit\u00e9 des masses \u00e0 s&#8217;emparer des forces productives pour les employer \u00e0 satisfaire leurs besoins de tous ordres, et le retour aux formes frustes de l&rsquo;oppression qui en est la cons\u00e9quence, ne provient pas, en d\u00e9finitive, d&rsquo;une culpabilit\u00e9 profonde devant les jouissances, qui interdit aux hommes d&rsquo;envisager un ordre o\u00f9 la p\u00e9nitence et l&rsquo;effort p\u00e9nible ne seraient pas la r\u00e8gle. La loi morale fonde l&rsquo;ordre social dans le c\u0153ur humain, qui constitue une forteresse dont la R\u00e9volution s&#8217;empare beaucoup plus difficilement que des casernes et des minist\u00e8res, mais qui, lorsqu&rsquo;elle s&rsquo;\u00e9croule, entraine dans sa chute tout l&rsquo;\u00e9difice de la vieille soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>LA SOCIETE ET LES INSTINCTS<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9habilitation de la nature humaine dans ses d\u00e9sirs, ses app\u00e9tits, ses impulsions premi\u00e8res, constitue \u00e0 notre sens le point de d\u00e9part d&rsquo;une morale vraiment r\u00e9volutionnaire. Il ne faut pas se laisser troubler par cette affreuse mythologie des instincts dont se servent tous les moralistes r\u00e9actionnaires pour identifier le crime aux jouissances, opposer sans cesse aux d\u00e9sirs de l&rsquo;homme les n\u00e9cessit\u00e9s de la culture (6) et nier toute possibilit\u00e9 d&rsquo;accord entre la soci\u00e9t\u00e9 et la nature humaine, qu&rsquo;ils repr\u00e9sentent comme deux forces en conflit permanent. Une telle image de l&rsquo;homme, h\u00e9rit\u00e9e en droite ligne du christianisme, n&rsquo;est que la justification int\u00e9ress\u00e9e du comportement n\u00e9cessairement f\u00e9roce et cupide des classes dirigeantes et du caract\u00e8re sanguinaire de l&rsquo;oppression qu&rsquo;elles exercent. <\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;altruisme et les \u00e9lans g\u00e9n\u00e9reux du c\u0153ur coexistent dans la vie avec l&rsquo;\u00e9go\u00efsme et les passions exclusives du moi : la soci\u00e9t\u00e9 qui est un fait de solidarit\u00e9 propre \u00e0 l&rsquo;esp\u00e8ce et ant\u00e9rieure \u00e0 l&rsquo;individu, repose en d\u00e9finitive sur ce go\u00fbt de la chaleur humaine et cette horreur de la solitude communs \u00e0 tous les hommes dans les conditions normales de l&rsquo;existence. Ce n&rsquo;est que par une perversion v\u00e9ritable de sa nature que l&rsquo;homme en arrive \u00e0 consid\u00e9rer ses semblables comme les objets privil\u00e9gi\u00e9s de son ex\u00e9cration et \u00e0 modeler tous ses rapports avec eux sur cet unique sentiment. Une pareille organisation affective n&rsquo;existe qu&rsquo;en fonction de l&rsquo;horreur de soi et d&rsquo;institutions sociales qui d\u00e9veloppent au supr\u00eame degr\u00e9, en lieu et place des jouissances interdites, le go\u00fbt de la domination illimit\u00e9e sur les autres.<\/p>\n\n\n\n<p>Se civiliser, c&rsquo;est produire et par suite cr\u00e9er de nouvelles richesses qui viendront rassasier des app\u00e9tits que le milieu ext\u00e9rieur \u00e9tait par lui-m\u00eame incapable de satisfaire. L&rsquo;imp\u00e9ratif cat\u00e9gorique de la production dont parle Marx n&rsquo;est au meilleur sens du mot que l&rsquo;imp\u00e9ratif de la satisfaction, r\u00e8gle par excellence du vouloir vivre social. <\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce humaine, dans la longue suite de son histoire, semble uniquement pr\u00e9occup\u00e9e d&rsquo;\u00e9lever ses possibilit\u00e9s au niveau de ses app\u00e9tits et l&rsquo;on ne saurait mettre l&rsquo;instinct et la soci\u00e9t\u00e9 en contradiction que dans la mesure o\u00f9 se constate une incapacit\u00e9 radicale \u00e0 les accorder dans le cadre de la vie en groupe. Le capitalisme qui cr\u00e9e la mis\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale au milieu de l&rsquo;abondance des biens oppose effectivement comme deux forces antagonistes la vie et la soci\u00e9t\u00e9. puisque la soci\u00e9t\u00e9 ne poursuivant plus la satisfaction des besoins humains, frustre au contraire les hommes du fruit de leurs travaux. Mais nous savons pertinemment que ce qui dresse la soci\u00e9t\u00e9 contre l&rsquo;homme, c&rsquo;est avant tout la volont\u00e9 des classes dirigeantes de perp\u00e9tuer, en contradiction avec le cours des choses, la privation et le renoncement pour assurer la p\u00e9rennit\u00e9 de son r\u00e8gne. <\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;id\u00e9ologie r\u00e9actionnaire se pr\u00e9sente donc comme un tout coh\u00e9rent o\u00f9 le sacrifice premier des jouissances les plus pr\u00e9cieuses pour l&rsquo;individu est compens\u00e9 par le d\u00e9veloppement sans mesure de l\u2019agressivit\u00e9 sous toutes ses formes. La r\u00e8gle sociale se borne \u00e0 fixer les limites plus ou moins pr\u00e9cises dans lesquelles les r\u00e9flexes de l&rsquo;asservissement d&rsquo;autrui peuvent se donner libre cours sans mettre en danger la soci\u00e9t\u00e9 elle-m\u00eame. Dans l&rsquo;ensemble les sentiments de solidarit\u00e9 apparaissent toutefois tr\u00e8s r\u00e9duits et les digues fragiles qu&rsquo;ils opposent au d\u00e9cha\u00eenement de la violence sont \u00e0 chaque instant rompues. L&rsquo;oppression est assez semblable \u00e0 une machine dont les freins seraient cass\u00e9s : emport\u00e9e par son mouvement elle irait aux pires extr\u00e9mit\u00e9s, si un juste calcul des risques \u00e0 courir et des profits en perspective ne lui conf\u00e9rait un certain \u00e9quilibre. L&rsquo;asservissement et l&rsquo;exploitation de l&rsquo;homme par l&rsquo;homme ne connaissent en fait d&rsquo;autres bornes que celles que dicte le souci de leur perp\u00e9tuation. <\/p>\n\n\n\n<p>La t\u00e2che fondamentale de la R\u00e9volution est justement de substituer \u00e0 ces r\u00e9flexes archa\u00efques fond\u00e9s sur la domination et l&rsquo;humiliation, des rapports de solidarit\u00e9 effective. La soci\u00e9t\u00e9 humaine ne sortira de sa pr\u00e9histoire qu&rsquo;en acc\u00e9dant \u00e0 ce stade o\u00f9 les droits de la personne seront fonction des droits des autres et se fonderont sur un sentiment de sociabilit\u00e9 aussi conforme \u00e0 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat individuel qu&rsquo;aux destin\u00e9es du groupe, tandis que les satisfactions les plus larges seront accord\u00e9es aux instincts aujourd&rsquo;hui absurdement r\u00e9prim\u00e9s. Il ne s&rsquo;agit pas \u00e0 ce propos d&rsquo;opposer sans cesse le comportement r\u00e9el des privil\u00e9gi\u00e9s \u00e0 l&rsquo;id\u00e9al de moralit\u00e9 qui est le leur, car ce proc\u00e9d\u00e9, cher \u00e0 certaine critique qui se pr\u00e9tend subversive, n&rsquo;aboutit en fait qu&rsquo;\u00e0 confirmer l&rsquo;excellence de la loi morale, consid\u00e9r\u00e9e comme intangible et sacr\u00e9e dans son essence. Les esprits libres n&rsquo;ont que faire de cette sainte indignation qui s&#8217;empare de la foule, lorsqu&rsquo;elle apprend qu&rsquo;apr\u00e8s son sermon sur la chastet\u00e9, le pr\u00e9dicateur a \u00e9t\u00e9 surpris en train de lutiner la bonne de l&rsquo;h\u00f4tel. Ce qui les indigne, \u00e0 l&rsquo;inverse du commun, c&rsquo;est le sermon, non la concupiscence : et si le personnage du d\u00e9vot est odieux, c&rsquo;est bien par son rigorisme moral et sa mani\u00e8re honteuse de satisfaire aux exigences du sexe, toutes lumi\u00e8res \u00e9teintes. <\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e8gle qui influence toujours, d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre, le comportement, soit en le frappant de culpabilit\u00e9 soit en l&rsquo;obligeant \u00e0 se d\u00e9rober aux regards, est, en ce qui concerne le commerce des sens, l&rsquo;ennemie n\u00e9e de la dignit\u00e9 et du plaisir. C&rsquo;est \u00e0 ce titre qu&rsquo;il convient de lui faire son proc\u00e8s et non pour les mobiles du sens commun qui en incrimine les violations chez ceux-l\u00e0 m\u00eames qui ont charge de l&rsquo;enseigner. Aussi r\u00e9pugnante que soit l&rsquo;hypocrisie des tenants de l&rsquo;asc\u00e9tisme, elle ne nous semble pas plus m\u00e9prisable et avilissante que l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 rigoureuse des saints chr\u00e9tiens et nous ne saurions d\u00e9noncer cette hypocrisie sans condamner du m\u00eame coup la loi morale dont elle n&rsquo;est que l&rsquo;application la plus courante. <\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;homme nouveau doit signifier \u00e0 ces vertus de contrebande qui sont la source premi\u00e8re de sa servitude autant que la substance d&rsquo;une misanthropie haineuse, que leur r\u00e8gne est \u00e0 jamais r\u00e9volu. La Religion et le Pouvoir dont la confusion originelle symbolise assez bien le double aspect de renoncement et de fureur dominatrice qui caract\u00e9rise encore la soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, ont leur place toute marqu\u00e9e dans les poubelles de l&rsquo;Histoire aux c\u00f4t\u00e9s des oripeaux de la puissance Inca et des m\u0153urs barbares de Lac\u00e9demone.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(1) Cela n&rsquo;est vrai que si l&rsquo;on consid\u00e8re l\u2019\u0153uvre objectivement r\u00e9alis\u00e9e par la R\u00e9volution. Nous faisons abstraction des courants extr\u00eames, robespierriste ou h\u00e9bertiste, qui poussaient beaucoup plus loin leurs ambitions, mais furent bris\u00e9s par Thermidor.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(2) C&rsquo;est ce qui motive en grande partie la fureur du Saint-Si\u00e8ge et ses frictions plus ou moins violentes avec les Dictatures. Le pouvoir restaur\u00e9 dans sa pl\u00e9nitude n&rsquo;a mil besoin du Dieu c\u00e9leste et se suffit amplement \u00e0 lui-m\u00eame. n affirme sa primaut\u00e9 spirituelle en m\u00eame temps que sa puissance temporelle dans la personne du chef. Cruelle d\u00e9sillusion pour les tenants du vieux bon dieu croque-mort qui esp\u00e9raient sans doute glaner des avantages substantiels dans le d\u00e9chainement de la contre-r\u00e9volution. L\u2019\u00c9glise a jou\u00e9 pour une fois le r\u00f4le de dupe. Apr\u00e8s avoir appel\u00e9 \u00e0 grands cris la r\u00e9pression des men\u00e9es r\u00e9volutionnaires et souhait\u00e9 ardemment la victoire du \u00ab bon parti \u00bb, elle s&rsquo;aper\u00e7oit aujourd&rsquo;hui que la r\u00e9action fr\u00e9n\u00e9tique fonde sa doctrine sur tout autre chose que ses incantations et le remue-m\u00e9nage de ses fant\u00f4mes. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">\u00ab O rage, \u00f4 d\u00e9sespoir, \u00f4 vieillesse ennemie \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(3) Si le despotisme s&rsquo;est souvent d\u00e9tach\u00e9 de l&rsquo;exercice direct de la fonction militaire, il n&rsquo;a toutefois jamais renonc\u00e9 \u00e0 faire des exploits guerriers l&rsquo;ornement principal de sa grandeur. On peut consid\u00e9rer d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale que le pouvoir est d&rsquo;autant plus barbare et la soci\u00e9t\u00e9 moins polic\u00e9e que sa liaison avec le \u00ab militaire \u00bb est plus \u00e9troite. Les m\u0153urs aimables et le luxe de la Cour de Versailles, dans un \u00c9tat o\u00f9 le cynisme des courtisans se gaussait de la rudesse de la vie des camps, sont tout \u00e0 fait exclus dans un r\u00e9gime domin\u00e9 par la soldatesque. Les mani\u00e8res de brutes et le culte de la force s&rsquo;accordent dans un tel r\u00e9gime avec une finesse d&rsquo;esprit qui concurrence victorieusement celle des gorilles et des conditions de vie dignes en tous points de la race de N\u00e9andertal.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(6) Sigmund Freud, moins heureux dans ses th\u00e9ories philosophiques que dans ses d\u00e9couvertes cliniques, reprend \u00e0 son compte la m\u00eame opposition dans \u00ab l&rsquo;Avenir d&rsquo;une Illusion \u00bb. D\u00e9finissant les progr\u00e8s de la civilisation \u00e0 la mani\u00e8re des moralistes bondieusards comme une aggravation de la contrainte impos\u00e9e aux instincts, il incline tout naturellement \u00e0 cette conclusion que la r\u00e9volte des masses, brim\u00e9es dans leurs app\u00e9tits, est dirig\u00e9e contre la culture elle-m\u00eame. Il serait du plus haut int\u00e9r\u00eat qu&rsquo;il nous explique en vertu de quels m\u00e9canismes psychiques les s\u00e9quelles r\u00e9gressives de la sexualit\u00e9 infantile, sources \u00e9videntes du d\u00e9lire possessif et des explosions de haine sauvage des classes dirigeantes, s&rsquo;identifient avec la civilisation, entendue au sens vrai du mot, comme l&rsquo;\u00e9volution heureuse de la soci\u00e9t\u00e9 humaine. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">D&rsquo;une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale il ne faut envisager qu&rsquo;avec les plus expresses r\u00e9serves une th\u00e9orie, qui apr\u00e8s avoir d\u00e9montr\u00e9 lumineusement que le refoulement des instincts \u00e9choue dans l&rsquo;impasse de la r\u00e9gression affective, vient, en contradiction avec elle-m\u00eame, chanter la louange de ce m\u00eame refoulement, consid\u00e9r\u00e9. somme toute, comme le meilleur instrument du progr\u00e8s moral de l&rsquo;humanit\u00e9. Il convient d&rsquo;\u00eatre encore plus m\u00e9fiant \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des vues de Freud quand il nous pr\u00e9sente sans l&rsquo;ombre d&rsquo;une d\u00e9monstration sociologique, les instincts les plus effroyables, comme la nature premi\u00e8re de l&rsquo;homme, assassin de p\u00e8re et m\u00e8re. lorsqu&rsquo;on sait par ailleurs que la clinique psychanalytique a pour objet de d\u00e9livrer l&rsquo;individu de ses complexes, en r\u00e9duisant \u00e0 leur v\u00e9ritable port\u00e9e devant la conscience adulte, les chim\u00e8res monstrueuses que le croquemitaine (image int\u00e9rioris\u00e9e du p\u00e8re, dit Freud) de la censure enfantine a \u00e9labor\u00e9es dans l&rsquo;inconscient.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article de Robert Petitgand alias Robert Delny paru dans Masses, n\u00b0 1, janvier 1939, p. 12-18 Une r\u00e9volution profonde est toujours pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e d&rsquo;un vaste mouvement d&rsquo;id\u00e9es qui bouleverse de fond en comble les conceptions morales de l&rsquo;ancienne soci\u00e9t\u00e9. A l&rsquo;image id\u00e9ale que l&rsquo;on se faisait de l&rsquo;homme se substitue une \u00e9thique nouvelle n\u00e9e des rapports [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[2340],"tags":[1891,4318,425,457,749,1377,3505,2223,1008,4317,3387],"class_list":["post-18089","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-revues","tag-1891","tag-delny","tag-fascisme","tag-france","tag-marxisme","tag-masses","tag-psychologie","tag-reaction","tag-revolution","tag-robert-petitgand","tag-theorie"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9lTYU-4HL","jetpack_likes_enabled":true,"jetpack-related-posts":[{"id":16343,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2022\/06\/06\/robert-louzon-necessite-dune-revolution-algerienne\/","url_meta":{"origin":18089,"position":0},"title":"Robert Louzon : N\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une r\u00e9volution alg\u00e9rienne","author":"SiNedjib","date":"06\/06\/2022","format":false,"excerpt":"Note de Robert Louzon parue dans La R\u00e9volution prol\u00e9tarienne, n\u00b0 172 (473), juin 1962, p. 13-14 Bourguiba donnait une interview, il y a quelques semaines, \u00e0 un journal anglo-saxon, se r\u00e9sumant \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 ceci : les Alg\u00e9riens parlent toujours d'une \u00ab r\u00e9volution alg\u00e9rienne \u00bb, mais la question d'une\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;revues&quot;","block_context":{"text":"revues","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/category\/revues\/"},"img":{"alt_text":"","src":"","width":0,"height":0},"classes":[]},{"id":11612,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2021\/02\/23\/robert-petitgand-et-paul-benichou-psychologie-du-fascisme-fin\/","url_meta":{"origin":18089,"position":1},"title":"Robert Petitgand et Paul B\u00e9nichou : Psychologie du fascisme (fin)","author":"SiNedjib","date":"23\/02\/2021","format":false,"excerpt":"Article de\u00a0Robert Petitgand\u00a0alias Delny et\u00a0Paul B\u00e9nichou\u00a0paru dans\u00a0Masses, n\u00b0\u00a018, juin 1934, p. 7 (Voir n\u00b0 14 de Masses) R\u00c9GRESSION SOCIALE ET VOYOUCRATIE L'id\u00e9al fasciste peut ainsi se d\u00e9finir comme une profonde r\u00e9gression dans tous les domaines. Les aspirations \u00e0 une Soci\u00e9t\u00e9 militaire supposent, pour que celle-ci deviennent une r\u00e9alit\u00e9, la destruction\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;revues&quot;","block_context":{"text":"revues","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/category\/revues\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Masses-juin-1934.png?resize=350%2C200&ssl=1","width":350,"height":200},"classes":[]},{"id":15951,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2022\/04\/13\/itineraire-de-robert-bonnaud\/","url_meta":{"origin":18089,"position":2},"title":"Itin\u00e9raire de Robert Bonnaud","author":"SiNedjib","date":"13\/04\/2022","format":false,"excerpt":"Article paru dans La V\u00e9rit\u00e9 des travailleurs, n\u00b0 125, avril 1962, p. 16 L'auteur de ce petit volume publi\u00e9 dans la collection des Editions de Minuit, Bonnaud est \u00e0 pr\u00e9sent enferm\u00e9 \u00e0 la prison des Baumettes, \u00e0 Marseille, en raison de la lutte qu'il a men\u00e9e d\u00e8s le d\u00e9but contre\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;presse&quot;","block_context":{"text":"presse","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/category\/presse\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/bonnaud-itineraire.jpg?resize=350%2C200&ssl=1","width":350,"height":200,"srcset":"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/bonnaud-itineraire.jpg?resize=350%2C200&ssl=1 1x, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/bonnaud-itineraire.jpg?resize=525%2C300&ssl=1 1.5x, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/bonnaud-itineraire.jpg?resize=700%2C400&ssl=1 2x"},"classes":[]},{"id":10017,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2020\/09\/27\/defense-revolution-algerienne\/","url_meta":{"origin":18089,"position":3},"title":"A la d\u00e9fense de la r\u00e9volution alg\u00e9rienne !","author":"SiNedjib","date":"27\/09\/2020","format":false,"excerpt":"D\u00e9claration parue dans Quatri\u00e8me internationale, n\u00b0 25, juillet 1965, p. 8-9 Le coup d'Etat militaire d'Alger du 19 juin met fin \u00e0 l'alliance entre l'aile du FLN dirig\u00e9e par Ben Bella, orient\u00e9e vers le socialisme et li\u00e9e aux masses au moyen de l'autogestion, et \u00ab l'arm\u00e9e des fronti\u00e8res \u00bb dirig\u00e9e\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;revues&quot;","block_context":{"text":"revues","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/category\/revues\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Quatrieme-Internationale-juillet-1965.png?resize=350%2C200&ssl=1","width":350,"height":200},"classes":[]},{"id":5174,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2019\/02\/28\/malatesta-10\/","url_meta":{"origin":18089,"position":4},"title":"Errico Malatesta : La R\u00e9volution","author":"SiNedjib","date":"28\/02\/2019","format":false,"excerpt":"Article paru dans Le R\u00e9veil anarchiste, n\u00b0 1026, 22 juillet 1939. Il y a en France de braves gens fai\u00adsant la propagande pour l'\u00e9conomie de l'abondance devant remplacer l'\u00e9conomie des restrictions et des destructions en m\u00eame temps, propre au capitalisme. Comme moyen de r\u00e9alisation, il pr\u00e9co\u00adnisent une Constituante. Dans l'imm\u00e9\u00addiate\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;presse&quot;","block_context":{"text":"presse","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/category\/presse\/"},"img":{"alt_text":"","src":"","width":0,"height":0},"classes":[]},{"id":6910,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2020\/02\/01\/pcf\/","url_meta":{"origin":18089,"position":5},"title":"Le P.C.F., Robert LAMBOTTE, Francis COHEN, Fran\u00e7ois HINCKER : VIVE BOUMEDIENE ! VIVE LA CHARTE !","author":"SiNedjib","date":"01\/02\/2020","format":false,"excerpt":"Article paru dans Tribune alg\u00e9rienne, n\u00b0 8, novembre 1976, p. 8-13 D\u00e9cid\u00e9ment le Parti Communiste Fran\u00e7ais s' \"int\u00e9resse\" beaucoup, depuis quelques temps, \u00e0 ce qui se passe en Alg\u00e9rie... Qu'on en juge ! En 75, succ\u00e9dant \u00e0 Giscard d'Estaing, Georges Marchais rendait visite \u00e0 Boumedi\u00e8ne et \u00e0 ses colonels. C'\u00e9tait\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;presse&quot;","block_context":{"text":"presse","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/category\/presse\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Tribune-alg%C3%A9rienne-novembre-1976.png?resize=350%2C200&ssl=1","width":350,"height":200},"classes":[]}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18089","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=18089"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18089\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":26665,"href":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18089\/revisions\/26665"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=18089"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=18089"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=18089"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}