{"id":18492,"date":"2023-04-10T09:48:18","date_gmt":"2023-04-10T07:48:18","guid":{"rendered":"https:\/\/sinedjib.com\/?p=18492"},"modified":"2023-04-10T09:56:10","modified_gmt":"2023-04-10T07:56:10","slug":"albert-ollivier-un-ecrivain-francais-ne-de-la-guerre-albert-camus-ou-le-refus-de-leternel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2023\/04\/10\/albert-ollivier-un-ecrivain-francais-ne-de-la-guerre-albert-camus-ou-le-refus-de-leternel\/","title":{"rendered":"Albert Ollivier : Un \u00e9crivain fran\u00e7ais n\u00e9 de la guerre. Albert Camus ou le refus de l&rsquo;\u00e9ternel"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Article d&rsquo;Albert Ollivier<\/strong> <strong>paru dans <em><a href=\"https:\/\/www.retronews.fr\/journal\/france\/24-novembre-1944\/1851\/3320851\/1\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">France<\/a><\/em>, n\u00b0 5, 24 novembre 1944, p. 6<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"18493\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2023\/04\/10\/albert-ollivier-un-ecrivain-francais-ne-de-la-guerre-albert-camus-ou-le-refus-de-leternel\/letranger_-_albert_camus\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/LEtranger_-_Albert_Camus.jpg?fit=601%2C935&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"601,935\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"LEtranger_-_Albert_Camus\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/LEtranger_-_Albert_Camus.jpg?fit=193%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/LEtranger_-_Albert_Camus.jpg?fit=580%2C902&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/LEtranger_-_Albert_Camus.jpg?resize=447%2C695&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-18493\" width=\"447\" height=\"695\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/LEtranger_-_Albert_Camus.jpg?w=601&amp;ssl=1 601w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/LEtranger_-_Albert_Camus.jpg?resize=193%2C300&amp;ssl=1 193w\" sizes=\"auto, (max-width: 447px) 100vw, 447px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><em>PARMI les livres publi\u00e9s en France au cours de ces quatre ans, \u00ab\u00a0L&rsquo;\u00e9tranger\u00a0\u00bb de M. Albert Camus a tout particuli\u00e8rement attir\u00e9 l&rsquo;attention. Nous avons demand\u00e9 \u00e0 un jeune critique de talent de pr\u00e9ciser pour nous les raisons qui ont valu \u00e0 cette premi\u00e8re \u0153uvre d&rsquo;un romancier d&rsquo;\u00eatre si chaleureusement accueillie.<\/em><\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">QUE la nouveaut\u00e9 en art soit choquante et incompr\u00e9hensible pour ses contemporains, c&rsquo;est l\u00e0 un pr\u00e9jug\u00e9 romantique. Comme tous les pr\u00e9jug\u00e9s, il s&rsquo;appuie sur une part de v\u00e9rit\u00e9. Il appartient \u00e0 chaque g\u00e9n\u00e9ration de se d\u00e9pouiller des conventions artistiques de la pr\u00e9c\u00e9dente, afin de serrer de plus pr\u00e8s la condition humaine. Ce va et vient de la r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 la convention ne saurait \u00eatre r\u00e9solu, une fois pour toutes, au profit de l&rsquo;une ou de l&rsquo;autre. Le r\u00e9alisme est encore une convention. Et l&rsquo;\u00e9chec du romantisme n&rsquo;a pas d&rsquo;autre cause : il a substitu\u00e9 aux conventions classiques des conventions plus mensong\u00e8res et plus on\u00e9reuses. <\/p>\n\n\n\n<p>Il a pr\u00e9tendu rapprocher l&rsquo;\u00e9crivain de la vie, et il en a fait ce pur \u00ab\u00a0homme de lettres,\u00a0\u00bb prisonnier de ses propres pi\u00e8ges. Albert Camus dirait que c&rsquo;est par insuffisance de pens\u00e9e ; ou, si l&rsquo;on pr\u00e9f\u00e8re, parce que la plupart de ces \u00e9crivains et de leurs successeurs n&rsquo;\u00e9taient que m\u00e9diocrement \u00ab\u00a0engag\u00e9s\u00a0\u00bb dans leur \u0153uvre, confondant le plus souvent engagement avec exhibitionnisme. Au contraire, chez les classiques, un Corneille ma\u00eetrisant la luxuriance d\u00e9sordonn\u00e9e d&rsquo;un Alexandre Hardy, un Racine \u00e9chappant aux gr\u00e2ces et aux mi\u00e8vreries d&rsquo;un Quinault, imposaient un art nouveau, de plain-pied avec leur \u00e9poque. <\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi peut s&rsquo;expliquer le retentissement qu&rsquo;a eu <em>l\u2019\u00c9tranger<\/em>, le premier roman d&rsquo;Albert Camus. D\u00e9gag\u00e9 des proc\u00e9d\u00e9s et des tics habituels, il imposait dans une langue claire et classique en un certain sens, une vision du monde renouvel\u00e9e. <\/p>\n\n\n\n<p>Qu&rsquo;on en juge d&rsquo;apr\u00e8s cette attaque saisissante qui donne le ton du livre.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><em>\u00ab\u00a0Aujourd&rsquo;hui maman est morte. Ou peut-\u00eatre hier, je ne sais pas. J&rsquo;ai re\u00e7u un t\u00e9l\u00e9gramme de l&rsquo;asile : &lsquo;M\u00e8re d\u00e9c\u00e9d\u00e9e. Enterrement demain. Sentiments distingu\u00e9s.&rsquo; Cela ne veut rien dire. C&rsquo;\u00e9tait peut-\u00eatre hier.\u00a0\u00bb <\/em><\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Et cette surprenante indiff\u00e9rence va se poursuivre tout au long du roman. Meursault, le h\u00e9ros, est-il un monstre ? M\u00eame pas. Il n&rsquo;est rien, qu&rsquo;un homme qui subit sa condition, quasiment sans r\u00e9agir. Il est amen\u00e9 ainsi \u00e0 commettre un meurtre, et, jug\u00e9 en Cour d&rsquo;Assises r\u00e9pugnant \u00e0 se d\u00e9fendre, \u00e0 \u00eatre condamn\u00e9 \u00e0 mort. Cependant Meursault n&rsquo;est pas un idiot, encore moins un d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9. Il n&rsquo;est pas en dehors du monde, il y adh\u00e8re au contraire avec une sensualit\u00e9 qui n&rsquo;est ni exceptionnelle, ni raffin\u00e9e, mais parfaitement normale. La vie n&rsquo;est rien d&rsquo;autre pour lui qu&rsquo;une suite de sensations, qui toutes se valent, petites ou grandes, et se distinguent seulement par leur go\u00fbt de bonheur ou d&rsquo;ennui. <\/p>\n\n\n\n<p>Voici un exemple, pris au hasard. <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><em>\u00ab\u00a0Avant de quitter le bureau pour aller d\u00e9jeuner, je me suis lav\u00e9 les mains. A midi, j&rsquo;aime bien ce moment. Le soir j&rsquo;y trouve moins de plaisir parce que la serviette roulante qu&rsquo;on utilise  est tout \u00e0 fait humide : elle a servi toute le journ\u00e9e. J&rsquo;en ai fait la remarque un jour \u00e0 mon patron. Il m&rsquo;a r\u00e9pondu qu&rsquo;il trouvait cela regrettable mais que c&rsquo;\u00e9tait tout de m\u00eame un d\u00e9tail sans importance.\u00a0\u00bb <\/em><\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Pour Meursault, il n&rsquo;y a pas de d\u00e9tails sans importance, non plus que de d\u00e9tails importants. Prisonnier de sa condition limit\u00e9e d&rsquo;homme, la vie lui appara\u00eet \u00e0 chaque instant comme d\u00e9pourvue de sens, non point en vertu d&rsquo;un raisonnement mais d&rsquo;une \u00e9vidence imm\u00e9diate. Le voici encore \u00e0 l&rsquo;enterrement. <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><em>\u00ab\u00a0Tout s&rsquo;est pass\u00e9 ensuite avec tant de pr\u00e9cipitation, de certitude et de naturel, que je ne me souviens plus de rien. Une chose seulement : \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e du village, l&rsquo;infirmi\u00e8re d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e m&rsquo;a parl\u00e9. Elle avait une voix singuli\u00e8re qui n&rsquo;allait pas avec son visage, une voix m\u00e9lodieuse et troublante. Elle m&rsquo;a dit : \u00ab\u00a0Si on va doucement, on risque une insolation. Mais si on va trop vite, on est en transpiration et dans l&rsquo;\u00e9glise on attrape un chaud et froid.\u00a0\u00bb Elle avait raison. Il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;issue.\u00a0\u00bb <\/em><\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Ce monde insens\u00e9e, sans issue, o\u00f9 l&rsquo;homme le plus engag\u00e9 est encore un \u00e9tranger, il a un nom : c&rsquo;est l&rsquo;absurde. Et c&rsquo;est par l\u00e0 que le roman et le personnage de Camus prennent une signification presque universelle. Ils constituent l&rsquo;illustration romanesque la plus fid\u00e8le du mal profond des temps modernes. Si exceptionnel que soit Meursault, qui pr\u00e9tendrait n&rsquo;avoir jamais connu, \u00e0 certains moments, des r\u00e9actions semblables aux siennes ? <\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;un des grands m\u00e9rites d&rsquo;Albert Camus est d&rsquo;avoir su \u00e9viter, \u00e0 force d&rsquo;art dans la composition et l&rsquo;\u00e9criture, que ce r\u00e9cit \u2014 qui est aussi un r\u00e9quisitoire \u2014 ne devint un simple document, int\u00e9ressant mais plat. \u00c9chappant \u00e0 la fois aux erreurs du roman naturaliste et du roman \u00e0 th\u00e8se, son art cependant volontaire, parfaitement ma\u00eetre de ses moyens, court \u00e0 l&rsquo;essentiel, n&rsquo;en faisant que mieux ressortir, par sa pr\u00e9cision, la libert\u00e9 de l&rsquo;homme et l&rsquo;irrationalit\u00e9 du monde, comme une lumi\u00e8re crue qui exasp\u00e8re les ombres.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>Mais Albert Camus ne s&rsquo;est pas content\u00e9 d&rsquo;\u00e9voquer le probl\u00e8me de l&rsquo;absurde \u00e0 travers une fiction, il l&rsquo;a \u00e9tudi\u00e9 philosophiquement dans le <em>Mythe de Sisyphe<\/em>. Il l&rsquo;a m\u00eame d\u00e9fini fort clairement : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><em>\u00ab\u00a0Si j&rsquo;\u00e9tais arbre parmi les arbres, chat parmi les animaux, cette vie aurait un sens ou plut\u00f4t ce probl\u00e8me n&rsquo;en aurait point car je ferais partie de ce monde. Je serais ce monde auquel je n&rsquo;oppose maintenant par toute ma conscience et par toute mon exigence de familiarit\u00e9. Cette raison si d\u00e9risoire, c&rsquo;est elle qui m&rsquo;oppose \u00e0 toute la cr\u00e9ation.\u00a0\u00bb <\/em><\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Ce probl\u00e8me, Albert Camus n&rsquo;est pas le premier \u00e0 y toucher. Il le sait et prend soin de le marquer. Dans le domaine philosophique, depuis les existentialistes jusqu&rsquo;aux ph\u00e9nom\u00e9nologues, depuis Kierkegaard jusqu&rsquo;\u00e0 Husserl, ce probl\u00e8me a \u00e9t\u00e9 maintes fois abord\u00e9. Dans l&rsquo;ordre du roman, Melville, Dosto\u00efevski, Andr\u00e9 Malraux, pour ne citer que ces noms, ont plong\u00e9, chacun \u00e0 sa mani\u00e8re, au c\u0153ur de l&rsquo;absurde. O\u00f9 est alors l&rsquo;apport original d&rsquo;Albert Camus ? Il est divers. Car si la d\u00e9marche de son esprit demeure celle de la philosophie moderne, soucieuse de s&rsquo;en tenir aux premi\u00e8res \u00e9vidences, attentive \u00e0 ne point sortir de la description pure, elle se distingue par une sensibilit\u00e9 que l&rsquo;on a qualifi\u00e9 de m\u00e9diterran\u00e9enne pour marquer son go\u00fbt de la vie, du soleil et des corps. Il en r\u00e9sulte cette premi\u00e8re chose surprenante, pour cette conscience, qui a toutes les raisons d&rsquo;\u00eatre malheureuse, le bonheur existe. L&rsquo;examen de <em>l\u2019\u00c9tranger<\/em> nous aide \u00e0 comprendre pourquoi. Si s\u00e9par\u00e9 qu&rsquo;il soit du monde, Meursault lui reste fid\u00e8le. Jusqu&rsquo;au seuil de la mort, il juge, comme \u0152dipe que \u00ab\u00a0tout est bien.\u00a0\u00bb Et, d\u00e9veloppant le mythe de Sisyphe, condamn\u00e9 par les dieux \u00e0 rouler vainement un rocher sur le flanc d&rsquo;une montagne, Camus \u00e9crit : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><em>\u00ab\u00a0Chacun des grains de cette pierre, chaque \u00e9clat min\u00e9ral de cette montagne pleine de nuit, \u00e0 lui seul, forme le monde. La lutte elle-m\u00eame vers des sommets suffit \u00e0 remplir un c\u0153ur d&rsquo;homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux.\u00a0\u00bb <\/em><\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Nous voyons ainsi que le refus de toute esp\u00e9rance, n&rsquo;entra\u00eene pas obligatoirement l&rsquo;amertume et l&rsquo;aigreur du d\u00e9sespoir. Le d\u00e9sespoir n&rsquo;est que la nostalgie de l&rsquo;espoir, un aveu de faiblesse. C&rsquo;est l\u00e0 que Camus se s\u00e9pare irr\u00e9ductiblement de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs philosophes ou romanciers. Tous ceux qui, avant lui, avaient ressenti la mis\u00e8re de la condition humaine et l&rsquo;absurdit\u00e9 du monde, tentaient d&rsquo;y \u00e9chapper par des explications consolatrices et m\u00e9taphysiques, bref par un recours plus ou moins direct \u00e0 la divinit\u00e9. Camus lui, refuse les consolations de l\u2019\u00c9ternel. Par orgueil, d&rsquo;abord, par r\u00e9pugnance \u00e0 s&rsquo;agenouiller. Ensuite, comme je l&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 dit, par fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;humain. Il s&rsquo;agit d&rsquo;accepter la situation qui est faite \u00e0 l&rsquo;homme dans ce monde, de s&rsquo;y tenir, la sachant limit\u00e9e, st\u00e9rile, et sans rem\u00e8de. Comme il l&rsquo;\u00e9crit \u00e0 propos du roman de Franz Kafka <em>\u00ab\u00a0Le Ch\u00e2teau\u00a0\u00bb<\/em> : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><em>\u00ab\u00a0Ce rem\u00e8de subtil, qui nous fait aimer ce qui nous \u00e9crase et fait na\u00eetre l&rsquo;espoir dans un monde sans issue, ce \u00ab\u00a0saut\u00a0\u00bb brusque par quoi tout se trouve chang\u00e9, c&rsquo;est le secret de la r\u00e9volution existentielle et du Ch\u00e2teau lui-m\u00eame.\u00a0\u00bb<\/em> (1) <\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Ce rem\u00e8de l\u00e0 est encore une illusion qu&rsquo;il faut \u00e9carter. <\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>Trop sensible pour \u00eatre indiff\u00e9rent, trop volontaire pour tol\u00e9rer l&rsquo;inaction, Albert Camus est conduit \u00e0 rechercher dans l&rsquo;homme, et uniquement dans l&rsquo;homme ce qui peut lui permettre de se surmonter. Il trouve les passions. Sans parler des plus communes, comme l&rsquo;amour et l&rsquo;amiti\u00e9, qui voient s&rsquo;accro\u00eetre, au soleil de l&rsquo;absurde, leur \u00e2pret\u00e9, les passions qui retiendront de pr\u00e9f\u00e9rence l&rsquo;attention de Camus, sont celles qui se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 un absolu. Et d&rsquo;abord la R\u00e9volte par quoi l&rsquo;homme marque son adh\u00e9sion \u00e0 un ordre humain de justice ou d&rsquo;honneur qui le d\u00e9passe. Sur ce sujet, l&rsquo;auteur de <em>L\u2019\u00c9tranger<\/em> a \u00e9crit un remarquable essai qui verra, je pense, prochainement le jour. Et dans la m\u00eame ligne, exprimant le myst\u00e8re de la fraternit\u00e9 humaine, toujours compromise et toujours renaissante, il ach\u00e8ve un roman sur <em>La Peste<\/em> dont les fragments publi\u00e9s et le dessin g\u00e9n\u00e9ral laissent augurer une tr\u00e8s belle \u0153uvre. <\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0R\u00e9v\u00e9ler aux hommes une grandeur qui est en eux et qu&rsquo;ils ignorent.\u00a0\u00bb On serait tent\u00e9 d&rsquo;appliquer cette admirable formule d&rsquo;Andr\u00e9 Malraux \u00e0 ce nouvel aspect de l\u2019\u0153uvre d&rsquo;Albert Camus si celui-ci, dans son impitoyable lucidit\u00e9, ne la rendait un peu restrictive. Quoi qu&rsquo;il en soit, sur certaines passions on peut fonder une morale sans id\u00e9alisme, sans espoir, une morale qui ne soit pas une \u00e9conomie de salut mais l&rsquo;affirmation de la solidarit\u00e9 humaine la plus haute. \u00ab\u00a0Il n&rsquo;y a que l&rsquo;homme qui m\u00e9rite que l&rsquo;on meure pour lui.\u00a0\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;une telle d\u00e9marche qui passe avec un \u00e9gal bonheur du roman \u00e0 la philosophie et de la philosophie au th\u00e9\u00e2tre, se d\u00e9gage peu \u00e0 peu une image de l&rsquo;homme d\u00e9barrass\u00e9 de l&rsquo;oblit\u00e9ration qu&rsquo;ont fait peser successivement sur lui, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, la raison, le sexe, ou m\u00eame, l&rsquo;action. Image qui n&rsquo;est pas sans \u00e9voquer celle que capt\u00e8rent Pascal et Nietzsche, mais les compl\u00e9tant en quelque sorte l&rsquo;une par l&rsquo;autre, d\u00e9passant l&rsquo;angoisse du premier et l&rsquo;h\u00e9ro\u00efsme wagn\u00e9rien du second, pour l&rsquo;accorder scrupuleusement \u00e0 la sensibilit\u00e9 et au savoir de notre temps. Et, parall\u00e8lement se d\u00e9gage une morale de bonheur et de dignit\u00e9, qui ne craint pas de pousser ses cons\u00e9quences jusque dans la politique.(2) Et l\u00e0 r\u00e9side le paradoxe central de cette \u0153uvre qui d\u00e9nonce, d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, la vanit\u00e9 de l&rsquo;action humaine, et se montre, d&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, soucieuse de son efficacit\u00e9. Elle a trouv\u00e9 dans l&rsquo;examen du monde autant de raisons d&rsquo;agir que de n&rsquo;agir point. En quoi d&rsquo;ailleurs, elle demeure parfaitement logique avec elle-m\u00eame et fid\u00e8le \u00e0 la notion d&rsquo;absurde. Et puisque nous en sommes \u00e0 chercher des parent\u00e9s, on peut dire que ce paradoxe rappelle celui de Jean-Jacques Rousseau (optimiste quant \u00e0 l&rsquo;homme, pessimiste quant \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9). Il le rappelle, moins par la forme que par son incidence historique, je veux dire par sa vertu r\u00e9volutionnaire. Car, si l&rsquo;on peut tirer beaucoup de choses de cette morale et de cette critique s\u00e9v\u00e8re de notre style de vie, on peut en tirer aussi les \u00e9l\u00e9ments d&rsquo;une r\u00e9volution. Mais la situation est p\u00e9rilleuse. Le paradoxe risque de se d\u00e9faire dans un syst\u00e8me logique ou dans l&rsquo;\u00e0 peu pr\u00e8s de la litt\u00e9rature. L&rsquo;antinomie de l&rsquo;homme et du monde, ou, plus pr\u00e9cis\u00e9ment sur le plan politique, de l&rsquo;homme et de la soci\u00e9t\u00e9 ne peut se r\u00e9soudre au profit de l&rsquo;un ou de l&rsquo;autre. Camus le sait bien : se demander si la soci\u00e9t\u00e9 doit \u00eatre au service de l&rsquo;homme ou l&rsquo;homme au service de la soci\u00e9t\u00e9, c&rsquo;est perdre son temps. C&rsquo;est parce qu&rsquo;elles \u00e9taient abus\u00e9es par leur folle pr\u00e9tention \u00e0 l&rsquo;\u00e9ternel que des g\u00e9n\u00e9rations ont but\u00e9 sur cette question. Y r\u00e9pondre serait assurer le confort de l&rsquo;esprit. Mais il n&rsquo;y a pas, en ce bas monde, de position confortable pour l&rsquo;esprit, sans une abdication de sa part. <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><em>\u00ab\u00a0M\u00eame les hommes sans \u00e9vangile ont leur Mont des Oliviers. Et sur le leur non plus, il ne faut pas s&rsquo;endormir.\u00a0\u00bb<\/em>(3) <\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Il s&rsquo;agit de cr\u00e9er dans le fini et le relatif, en toute rigueur. Et rares sont ceux qui vont jusqu&rsquo;au bout. Albert Camus est encore trop loin de la fin de sa course pour qu&rsquo;on puisse la juger d\u00e9finitivement. Mais d\u00e8s maintenant, par son style, sa passion et l&rsquo;ampleur des probl\u00e8mes qu&rsquo;elle soul\u00e8ve, elle se r\u00e9v\u00e8le \u2014 bien qu&rsquo;elle revendique, dans son orgueilleuse modestie, l&rsquo;absolue st\u00e9rilit\u00e9 \u2014 comme l&rsquo;une des plus f\u00e9condes qui soient. Car, au comble m\u00eame du d\u00e9tachement, toute cr\u00e9ation et tout acte humain conf\u00e8rent \u00e0 cette aventure qu&rsquo;est la vie, un sens au moins provisoire. Mais alors que beaucoup y parviennent en fermant les yeux, le m\u00e9rite de cette \u0153uvre est de garder l\u2019\u0153il ouvert et de viser en plein c\u0153ur. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>ALBERT OLLIVIER.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(1) <em>L&rsquo;Espoir et l&rsquo;absurde dans l\u2019\u0153uvre de Franz Kafka<\/em> dans <em>l&rsquo;Arbal\u00e8te<\/em>, \u00e9t\u00e9 1943.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(2) On sait qu&rsquo;Albert Camus est, \u00e0 Paris, r\u00e9dacteur en chef de l&rsquo;un des grands quotidiens de la R\u00e9sistance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(3) <em>Le Mythe de Sisyphe.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article d&rsquo;Albert Ollivier paru dans France, n\u00b0 5, 24 novembre 1944, p. 6 PARMI les livres publi\u00e9s en France au cours de ces quatre ans, \u00ab\u00a0L&rsquo;\u00e9tranger\u00a0\u00bb de M. Albert Camus a tout particuli\u00e8rement attir\u00e9 l&rsquo;attention. Nous avons demand\u00e9 \u00e0 un jeune critique de talent de pr\u00e9ciser pour nous les raisons qui ont valu \u00e0 cette [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[26,107,5284,1432,457,1957,2001,1212],"class_list":["post-18492","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-presse","tag-26","tag-albert-camus","tag-albert-ollivier","tag-critique","tag-france","tag-gallimard","tag-recension","tag-roman"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9lTYU-4Og","jetpack_likes_enabled":true,"jetpack-related-posts":[{"id":27435,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2025\/10\/18\/camus-char\/","url_meta":{"origin":18492,"position":0},"title":"Albert Camus et Ren\u00e9 Char : Seuls les simples soldats trahissent !","author":"SiNedjib","date":"18\/10\/2025","format":false,"excerpt":"Lettre d'Albert Camus et Ren\u00e9 Char parue dans Combat, 14 mars 1949 Nous lisons dans Combat que deux tirailleurs alg\u00e9riens ont \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s \u00e0 mort par le tribunal militaire d'Alger pour d\u00e9sertion \u00e0 l'ennemi. 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Albert Camus dont le destin vient de s'interrompre comme au milieu d'une phrase, appartient au jaillissement de la Lib\u00e9ration. Jusqu'\u00e0 sa mort, il est rest\u00e9 marqu\u00e9 \u00e0 la fois\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;livres&quot;","block_context":{"text":"livres","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/category\/livres\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/Henein-Georges-L-esprit-Frappeur-Carnets-1940-1973-Livre-834121936_L1-300x300.jpg?resize=350%2C200","width":350,"height":200},"classes":[]},{"id":3536,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2018\/07\/06\/camus\/","url_meta":{"origin":18492,"position":2},"title":"Une lettre de M. Albert Camus (juillet 1953)","author":"SiNedjib","date":"06\/07\/2018","format":false,"excerpt":"Lettre d'Albert Camus parue dans Le Monde, 19-20 juillet 1953. \u00a0 \u00a0 M. 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