{"id":19953,"date":"2023-09-29T11:55:01","date_gmt":"2023-09-29T09:55:01","guid":{"rendered":"https:\/\/sinedjib.com\/?p=19953"},"modified":"2023-09-29T11:55:01","modified_gmt":"2023-09-29T09:55:01","slug":"hongrie-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2023\/09\/29\/hongrie-2\/","title":{"rendered":"L\u00e1szl\u00f3 Rudas : La r\u00e9volution prol\u00e9tarienne en Hongrie"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Article de <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.marxists.org\/francais\/bios\/rudas.htm\" target=\"_blank\">L\u00e1szl\u00f3 Rudas<\/a> paru dans <em><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.marxists.org\/francais\/inter_com\/ic-n01.pdf\" target=\"_blank\">L&rsquo;Internationale communiste<\/a><\/em>, n\u00b0 1, 1er mai 1919, p. 47-54<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/nadasdymuzeum.hu\/images\/im480\/nfm1455.jpg?resize=349%2C494\" alt=\"\" width=\"349\" height=\"494\"\/><figcaption>Rudas L\u00e1szl\u00f3 (<a href=\"http:\/\/nadasdymuzeum.hu\/tartalom.php?tart=770\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Source<\/a>)<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Cinq mois se sont \u00e0 peine \u00e9coul\u00e9s depuis l&rsquo;\u00e9croulement de la monarchie austro hongroise, et, sous l&rsquo;influence de la situation \u00e9conomique du pays, \u00e9tant donn\u00e9e l&rsquo;incapacit\u00e9 totale des classes dirigeantes \u00e0 mener dor\u00e9navant les affaires de l&rsquo;\u00e9tat, le prol\u00e9tariat hongrois a d\u00fb jeter \u00e0 bas l&rsquo;appareil de gouvernement bourgeois et \u00e9tablir \u00e0 la place d&rsquo;une d\u00e9mocratie bourgeoise la deuxi\u00e8me r\u00e9publique des Soviets de l&rsquo;Europe. Il fallait s&rsquo;attendre \u00e0 ce que l&rsquo;irr\u00e9sistible d\u00e9veloppement de la r\u00e9volution en Hongrie amen\u00e2t des r\u00e9formes prol\u00e9tariennes et cependant l&rsquo;\u00e9tonnement de tous a \u00e9t\u00e9 grand devant ce fait que la bourgeoisie a reconnu son incapacit\u00e9 \u00e0 diriger davantage l&rsquo;organisme social et l&rsquo;\u00e9tat, si bien que la dictature du prol\u00e9tariat a \u00e9t\u00e9 atteinte en Hongrie presque avec l&rsquo;approbation de la bourgeoisie, sans effusion de sang. Et la question se pose : quelles sont les causes de cette transformation presque pacifique ? Et ensuite, peut-on craindre pour l&rsquo;avenir une contre-r\u00e9volution ? <\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Lorsque en octobre 1918, atteignant la limite de sa mill\u00e9naire agonie, la monarchie austro-hongroise s&rsquo;\u00e9croula, en Hongrie s&rsquo;engagea une lutte sans merci entre les classes poss\u00e9dantes et le prol\u00e9tariat des villes et des campagnes. Les fabriques transform\u00e9es pendant la guerre en prisons devinrent aussit\u00f4t les avant-postes des ouvriers r\u00e9volt\u00e9s contre leurs exploiteurs. Le prol\u00e9tariat des campagnes marcha les armes \u00e0 la main contre les propri\u00e9taires, et les prol\u00e9taires arm\u00e9es revenues du front menac\u00e8rent d&rsquo;en finir \u00e0 jamais avec tout gouvernement de classe. Ouvriers et soldats organis\u00e8rent partout leurs Soviets ; dans les rues on arracha aux officiers leurs insignes. La r\u00e9volution adoptait de suite des formes prol\u00e9tariennes, le prol\u00e9tariat la conduisait, l&rsquo;accomplissait. En fait tout le pouvoir se trouvait d\u00e9j\u00e0 entre les mains du prol\u00e9tariat et de la pauvret\u00e9 paysanne. L&rsquo;oligarchie des propri\u00e9taires depuis longtemps d\u00e9j\u00e0 ne gouvernait qu&rsquo;avec le concours de la force. Depuis longtemps elle entravait le d\u00e9veloppement \u00e9conomique du pays ; pauvre de capitaux elle ne pouvait entreprendre une culture rationnelle de la terre et sur le march\u00e9 mondial les c\u00e9r\u00e9ales de l&rsquo;\u00e9tranger la concurren\u00e7aient toujours plus avantageusement. Au moyen de droits d&rsquo;entr\u00e9e sur le b\u00e9tail, au moyen d&rsquo;ordonnances de v\u00e9t\u00e9rinaire arbitrairement interpr\u00e9t\u00e9es, elle s&rsquo;assurait une rente augmentant de plus en plus le co\u00fbt de la vie pour la population laborieuse. <\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;aristocratie li\u00e9e avec elle exploitait cependant d&rsquo;une fa\u00e7on \u00e9hont\u00e9e le prol\u00e9tariat industriel. On sait comment ce double r\u00e8gne conduisit \u00e0 la guerre imp\u00e9rialiste de l&rsquo;Autriche-Hongrie contre la Serbie et aux annexions de la Bosnie-Herz\u00e9govine et de l&rsquo;Albanie. A la chute de l&rsquo;imp\u00e9rialisme, le pouvoir apparent des propri\u00e9taires se r\u00e9v\u00e9la tellement impuissant que tous ces repr\u00e9sentants, partis et politiciens disparurent des fondements politiques de la Hongrie presque sans laisser de traces. Les classes dominantes sont entra\u00een\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ab\u00eeme par des lois \u00e9conomiques : poursuivant leurs int\u00e9r\u00eats imm\u00e9diats, elles travaillent \u00e0 leur propre ruine. En m\u00eame temps que s&rsquo;\u00e9croulait l&rsquo;oligarchie des propri\u00e9taires, s&rsquo;\u00e9croula l&rsquo;\u00e9difice artificiel de l&rsquo;imp\u00e9rialisme particulier de la Hongrie. Les peuples opprim\u00e9s et asservis par l&rsquo;oligarchie hongroise s&rsquo;affranchirent et s&rsquo;unirent \u00e0 leurs fr\u00e8res de race de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 des anciennes fronti\u00e8res de la Hongrie. Le domaine \u00e9conomique soumis au gouvernement austro-hongrois s&rsquo;\u00e9mietta en parties correspondant \u00e0 des peuples diff\u00e9rents. Et la Hongrie agricole, pas viable, resta seule, isol\u00e9e des sources de mati\u00e8res brutes, de houille, etc. La bourgeoisie hongroise demeura d\u00e9sarm\u00e9e devant la bourgeoisie \u00e9trang\u00e8re fortifi\u00e9e et anim\u00e9e d&rsquo;un nouvel esprit imp\u00e9rialiste. Seule, la classe qui ne comprend pas sa propre \u00e9conomie et l&rsquo;ordre social, qui s&rsquo;efforce au contraire de tout son pouvoir de masquer les lois de cet ordre et qui en vue d&rsquo;avantages momentan\u00e9s met ainsi en jeu toute son existence \u2014 comme nous le montre tout le d\u00e9veloppement de l&rsquo;imp\u00e9rialisme \u2014 seule, la bourgeoisie pouvait imaginer qu&rsquo;apr\u00e8s la chute de l&rsquo;oligarchie propri\u00e9taire s&rsquo;instituerait une autre forme de la domination bourgeoise, celle de la bourgeoisie industrielle et commerciale. La bourgeoisie elle-m\u00eame faisait opposition. D\u00e8s le moment o\u00f9 s&rsquo;\u00e9taient accus\u00e9s les antagonismes de classes auxquels l&rsquo;imp\u00e9rialisme amena la Hongrie comme les autres pays, toute la bourgeoisie unanimement se groupa autour de l&rsquo;oligarchie gouvernante ; si en Hongrie les propri\u00e9taires mettaient moins d&rsquo;obstacles \u00e0 l&rsquo;organisation du prol\u00e9tariat industriel qu&rsquo;\u00e0 celle du prol\u00e9tariat des campagnes, ce qui produisait assez souvent chez la bourgeoisie industrielle un d\u00e9sir de gouverner seule, cette condescendance envers les associations professionnelles prol\u00e9tariennes disparaissait peu \u00e0 peu dans le cours du d\u00e9veloppement de l&rsquo;imp\u00e9rialisme et la bourgeoisie presque enti\u00e8re se concentrait dans un seul camp hostile au prol\u00e9tariat. Au cours de la guerre elle ne chercha que des b\u00e9n\u00e9fices de guerre et les milliards qu&rsquo;elle devait enfouir. L&rsquo;effondrement de tontes ces splendeurs la surprit tout \u00e0 fait au d\u00e9pourvu, d\u00e9sorganis\u00e9e. Hier, encore toute puissante, retenant les ouvriers d&rsquo;une arm\u00e9e de millions d&rsquo;hommes, elle se r\u00e9v\u00e9lait aujourd&rsquo;hui impuissante. Politiquement impuissante, \u00e9conomiquement tout \u00e0 fait d\u00e9sorganis\u00e9e, et priv\u00e9e sous la pression de l&rsquo;imp\u00e9rialisme des \u00e9tats voisins, du moindre espoir de recouvrer ses forces. De la sorte, \u00e0 la chute de la monarchie, le prol\u00e9tariat industriel apparut la seule classe qui comme organis\u00e9e et \u00e9duqu\u00e9e dans la lutte des classes par une s\u00e9v\u00e8re discipline de parti re\u00e7ut en mains tout le pouvoir. Les prol\u00e9taires et les paysans pauvres revenus du front, la pauvret\u00e9 paysanne dans les campagnes purent ainsi briser sous la direction du prol\u00e9tariat industriel la domination bourgeoise et institu\u00e8rent sur les bases de la dictature prol\u00e9tarienne, la r\u00e9publique des Soviets. <\/p>\n\n\n\n<p>Mais justement cette s\u00e9v\u00e8re discipline fut un obstacle \u00e0 la tactique qu&rsquo;il aurait convenu d&rsquo;appliquer. Les chefs social-patriotes trahirent la classe ouvri\u00e8re de Hongrie et la livr\u00e8rent. Les actes r\u00e9volutionnaires par lesquels le prol\u00e9tariat avait justement appr\u00e9ci\u00e9 la situation et sous l&rsquo;influence de l&rsquo;agitation, alors faible encore, du groupe communiste, se mit \u00e0 exproprier imm\u00e9diatement les fabriques, chassa les actionnaires et les directeurs, les rempla\u00e7ant par des hommes de confiance pris parmi les ouvriers, \u2014 ces actes \u00e9taient bl\u00e2m\u00e9s par la social-d\u00e9mocratie confine des manifestations inorganis\u00e9es, \u2014 cr\u00e9ant une nouvelle classe de capitalistes \u00e0 la place de l&rsquo;ancienne ; quant \u00e0 la chute de la monarchie on la chantait comme une \u00ab victoire \u00bb de la classe ouvri\u00e8re et les ouvriers \u00e9taient invit\u00e9s \u00e0 d\u00e9fendre l&rsquo;ordre. Les ouvriers se laiss\u00e8rent d\u00e9sarmer, ils permirent l&rsquo;organisation au moyen d&rsquo;officiers, de policiers, de gendarmes de l&rsquo;ancien r\u00e9gime, de bourgeois ruin\u00e9s pendant la guerre et de va-nu-pieds d&rsquo;une garde blanche, avec le concours de laquelle on d\u00e9sarma les soldats revenant du front. <\/p>\n\n\n\n<p>Ils voyaient avec indiff\u00e9rence fusiller \u00e0 coup de mitrailleuse ou torturer \u2014 on leur br\u00fblait la plante des pieds au moyen de pointes rougies au feu des centaines de r\u00e9volt\u00e9s appartenant \u00e0 la pauvret\u00e9 paysanne. <\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi la social-d\u00e9mocratie se pr\u00e9cipitait au secours de la bourgeoisie se transformant toujours en \u00ab\u00a0police du parti de l&rsquo;ordre\u00a0\u00bb. La bourgeoisie comprit bient\u00f4t quel concours lui apportait la social-d\u00e9mocratie et honora ses leaders comme des politiques r\u00e9alistes des plus perspicaces qui \u00ab malgr\u00e9 leurs positions de principe d&rsquo;antagonistes \u00bb de la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste, sont assez \u00ab raisonnables \u00bb pour ne pas poursuivre des utopies ; et la bourgeoisie se p\u00e9n\u00e9tra toujours plus de son r\u00eave de gouverner enfin sans partage. <\/p>\n\n\n\n<p>Il arriva que tout le monde devint social-d\u00e9mocrate, depuis l&rsquo;officier de l&rsquo;arm\u00e9e active jusqu&rsquo;au dernier policier et au marchand de la rue, tous devinrent des \u00ab camarades \u00bb. Le parti social-d\u00e9mocrate fut submerg\u00e9 par des \u00e9l\u00e9ments petit-bourgeois qui le rendirent de plus en plus contre-r\u00e9volutionnaire, de moins en moins apte \u00e0 r\u00e9pondre aux exigences prol\u00e9tariennes. Ainsi dans toutes les questions d&rsquo;actualit\u00e9, le parti social-d\u00e9mocrate \u2014 d\u00e9fendit le point de vue bourgeois, justifi\u00e9 naturellement par une phras\u00e9ologie prol\u00e9tarienne. <\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi gr\u00e2ce au concours du parti, \u00ab prol\u00e9tarien \u00bb social-d\u00e9mocrate, se cr\u00e9ait une d\u00e9mocratie radicale \u2014 dont le caract\u00e8re embrouill\u00e9 et petit-bourgeois se manifesta d\u00e9j\u00e0 par le nom qu&rsquo;elle adopta \u00ab\u00a0r\u00e9publique populaire de Hongrie\u00a0\u00bb, comme si, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de l&rsquo;imp\u00e9rialisme, quand les antagonismes de classe atteignent le degr\u00e9 le plus aigu, il existait encore un \u00ab peuple \u00bb formant un tout unique. Ce ne fut possible que parce que la chute de l&rsquo;imp\u00e9rialisme en Autriche et Hongrie cr\u00e9a de nouveau une situation o\u00f9 les classes se trouvaient en \u00e9quilibre et o\u00f9 le gouvernement acqu\u00e9rait une existence relativement autonome. La bourgeoisie \u00e9tant condamn\u00e9e \u00e0 l&rsquo;impuissance et le malheur du prol\u00e9tariat \u00e9tant que ses forces \u00e9taient paralys\u00e9es par ses propres chefs, la petite bourgeoisie s&#8217;empara de l&rsquo;\u00e9tat. Et comme toujours quand elle r\u00e8gne, les partis gouvernaient sans aucune plate-forme, sans comprendre nettement la situation, balanc\u00e9s en avant et en arri\u00e8re entre la bourgeoisie, d\u00e9sireuse de prendre le gouvernement et le prol\u00e9tariat qui restait trop fort, trop conscient, m\u00eame aveugl\u00e9 par la social-d\u00e9mocratie, pour c\u00e9der aux tendances de la bourgeoisie. Il est vrai que le prol\u00e9tariat se laissa convaincre que le moment n&rsquo;\u00e9tait pas encore venu d&rsquo;organiser l&rsquo;\u00e9tat prol\u00e9tarien. Mais il ne pouvait pas et ne voulait pas renoncer aux revendications \u00e9conomiques en m\u00eame temps qu&rsquo;\u00e0 ses revendications politiques. Les phrases sentimentales dont la bourgeoisie le louait dissimulaient mal la haine et la col\u00e8re avec lesquelles elle s&rsquo;effor\u00e7ait de convaincre le prol\u00e9tariat, pr\u00e9sentant toujours de nouvelles exigences, que l&rsquo;\u00e9conomie capitaliste d\u00e9sorganis\u00e9e n&rsquo;\u00e9tait pas en \u00e9tat d&rsquo;y r\u00e9pondre. La bourgeoisie dut voir avec une m\u00e9fiance croissante le prol\u00e9tariat paysan s&rsquo;unir au prol\u00e9tariat industriel exigeant l&rsquo;expropriation des gros propri\u00e9taires terriens ; et elle invita vainement \u00e0 la cr\u00e9ation d&rsquo;une arm\u00e9e disciplin\u00e9e et \u00e0 la lutte r\u00e9solue de l&rsquo;\u00e9tat coutre les \u00ab perturbateurs de l&rsquo;ordre \u00bb qui ne se contentant pas des phrases de la d\u00e9mocratie bourgeoise pr\u00e9sentaient hardiment les revendications prol\u00e9tariennes au soviet, dans les r\u00e9unions des fabriques, dans les mines, dans les campagnes. <\/p>\n\n\n\n<p>Enfin la bourgeoisie se r\u00e9solut \u00e0 une r\u00e9sistance passive ; les fabriques commenc\u00e8rent \u00e0 se fermer \u2014 et on eut pour cela un bon pr\u00e9texte dans ce fait que les meilleures mines de charbon \u00e9taient occup\u00e9es par les nouveaux \u00e9tats nationaux voisins. La bourgeoisie c\u00e9da le pouvoir aux partis petit-bourgeois qui, group\u00e9s autour de la social-d\u00e9mocratie, suivaient maintenant une politique de phrases assez personnelle, politique incapable d&#8217;emp\u00eacher la bourgeoisie de r\u00e9unir des forces dans le camp de la contre-r\u00e9volution, et d&#8217;emp\u00eacher le prol\u00e9tariat de pr\u00e9senter chaque jour de nouvelles revendications \u00e0 ses propres \u00ab chefs \u00bb, aux ministres \u00ab social-d\u00e9mocrates \u00bb pr\u00eacheurs de mod\u00e9ration. <\/p>\n\n\n\n<p>Cette p\u00e9riode fut celle du groupement des forces. La bourgeoisie r\u00e9unissait les siennes pour la contre-r\u00e9volution, le prol\u00e9tariat \u2014 repr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 ce moment par le parti communiste s&rsquo;affermit et prit conscience de sa propre puissance. Cependant gouvernaient les partis de politique petite bourgeoise et social-d\u00e9mocrate. Nous e\u00fbmes m\u00eame un bonapartisme caricatural incarn\u00e9 par le comte Karroliy, qui ne put devenir un Napol\u00e9on hongrois pour cette seule raison que la Hongrie avait perdu \u00e0 la guerre son arm\u00e9e en m\u00eame temps que son honneur national et que les soldats \u00e9taient trop hostilement dispos\u00e9s envers leurs officiers pour fournir un appui au bonapartisme. Tout de m\u00eame l&rsquo;\u00e9l\u00e9vation de Karroliy \u00e0 la pr\u00e9sidence de la r\u00e9publique fut une tentative de placer un arbitre au-dessus des classes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le jeu des politiciens petit-bourgeois devait laisser toutes les questions pendantes, sans solution, parce que dans les cadres de la politique petit-<br>bourgeoise elles n\u2019en comportaient pas. Le vacarme \u00e9lev\u00e9 autour de chaque entreprise de compromis ne dissuadait de son insuffisance ni la bourgeoisie, ni le prol\u00e9tariat. Le vacarme est toujours un signe de faiblesse et il \u00e9tait clair que le pouvoir de la firme petite-bourgeoise social-d\u00e9mocrate devrait bient\u00f4t c\u00e9der la place \u00e0 la contre-r\u00e9volution bourgeoise ou au d\u00e9veloppement ult\u00e9rieur de la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce fut la social-d\u00e9mocratie qui parmi les partis petit-bourgeois le comprit la premi\u00e8re. D\u2019abord elle se mit ardemment du cot\u00e9 de la contre-r\u00e9volution ; elle jeta en prison le chef du parti communiste qui luttait pour une r\u00e9volution toute prol\u00e9tarienne ; elle \u00e9carta impitoyablement tous ceux qui se pronon\u00e7aient en faveur de la dictature du prol\u00e9tariat ou du syst\u00e8me des soviets, elle fusilla par dizaine les mineurs de Salgotarjan et pr\u00e9para les \u00e9lections de la Constituante. Mais de la sorte ces leaders conservateurs ne faisaient que h\u00e2ter la crise entre la droite et la gauche. Cette derni\u00e8re en arrivait in\u00e9vitablement \u00e0 reconna\u00eetre le syst\u00e8me des soviets et \u00e0 revendiquer la dictature prol\u00e9tarienne. <\/p>\n\n\n\n<p>La contre-r\u00e9volution dura trop peu de temps. Le pouvoir gouvernemental, \u00e9tant donn\u00e9 l&rsquo;\u00e9quilibre des deux partis appel\u00e9s \u00e0 d\u00e9cider \u2014 grosse bourgeoisie et prol\u00e9tariat, tomb\u00e9 entre les mains du parti de la petite bourgeoisie n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;une autorit\u00e9 compl\u00e8tement ruin\u00e9e en faillite, priv\u00e9e de presque tous les attributs r\u00e9els du pouvoir. Les finances, dans la situation la plus d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, l&rsquo;arm\u00e9e \u2014 \u00e9miett\u00e9e, d\u00e9sorganis\u00e9e, sans espoir, la bureaucratie faisant du sabotage, la police et la gendarmerie \u00ab\u00a0social-d\u00e9mocrates\u00a0\u00bb indociles, \u2014 et alentour, soutenus par l&rsquo;Entente, les petits \u00e9tats imp\u00e9rialistes nationaux, dont le voisinage condamnait \u00e0 l&rsquo;impuissance \u00e9conomique et \u00e0 la cessation de la production ; un pareil gouvernement ne pouvait constituer un appui pour la contre-r\u00e9volution. Chaque tentative d&rsquo;assurer \u00e0 la bourgeoisie l&rsquo;exploitation de ce qui restait de la Hongrie devait se briser contre les calculs de conqu\u00eate de l&rsquo;Entente et des \u00e9tats voisins qu&rsquo;elle prot\u00e9geait, et l&rsquo;impuissante \u00e9conomique de la bourgeoisie entra\u00eenait une totale banqueroute politique. Apr\u00e8s une courte domination de la petite bourgeoisie et bien des tentatives de calmer par des discours sentimentaux le prol\u00e9tariat industriel et rural, ces partis comprirent leur incapacit\u00e9 absolue, durent renoncer \u00e0 leur t\u00e2che et transmettre le pouvoir au prol\u00e9tariat. Au prol\u00e9tariat et non \u00e0 la bourgeoisie parce que celle-ci \u00e9tait trop \u00e9videmment vaincue, an\u00e9antie, condamn\u00e9e \u00e0 la mort \u00e9conomique et politique. Le prol\u00e9tariat s\u2019empara de l\u2019\u00e9tat et, proclamant sa dictature, transformant la d\u00e9mocratie purement bourgeoise en d\u00e9mocratie prol\u00e9tarienne, \u2014 en r\u00e9publique des soviets.<\/p>\n\n\n\n<p>Le radio-t\u00e9l\u00e9gramme, par lequel le commissaire des affaires \u00e9trang\u00e8res, B\u00e9la Kun, en informait le prol\u00e9tariat du monde entier, souligne que le politique imp\u00e9rialiste de l\u2019Entente qui voulait livrer la Hongrie \u00e0 l&rsquo;oligarchie roumaine, h\u00e2ta les \u00e9v\u00e9nements. Sans doute, la politique de l\u2019Entente a rempli son r\u00f4le pour ouvrir les yeux au prol\u00e9tariat hongrois : en arrachant le masque de la politique wilsonnienne elle a facilit\u00e9 au prol\u00e9tariat le choix entre Wilson et L\u00e9nine. Cependant les cons\u00e9quences n\u2019en eussent pas \u00e9t\u00e9 la domination du prol\u00e9tariat, si le pouvoir de fait n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9j\u00e0 auparavant dans ses mains. La faillite totale du capitalisme me laissait qu&rsquo;une voie ouverte, la reprise par le prol\u00e9tariat de l&rsquo;organisation \u00e9conomique tomb\u00e9e des mains de la bourgeoisie. <\/p>\n\n\n\n<p>Mais la question \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 r\u00e9solue au d\u00e9but de la r\u00e9volution bourgeoise en octobre 1918. Cette r\u00e9volution fut accomplie par le prol\u00e9tariat. Le prol\u00e9tariat l&rsquo;ayant commenc\u00e9e par la gr\u00e8ve de janvier 1918, la menait maintenant \u00e0 banne fin. Au moment de la victoire il fut trahi par la social-d\u00e9mocratie et tromp\u00e9 sur sa propre force. Mais il dut bient\u00f4t comprendre d&rsquo;une part que le capitalisme n&rsquo;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 plus en \u00e9tat de gouverner l&rsquo;organisation \u00e9conomique, de trancher les questions nationales, agraires, etc., d&rsquo;autre part que la d\u00e9mocratie bourgeoise ne voulait pas amener \u00e0 la victoire la classe ouvri\u00e8re. Les \u00e9lections austro-allemandes lui d\u00e9cillaient les yeux. Et l&rsquo;on peut plut\u00f4t dire que l&rsquo;attitude de l&rsquo;Entente retarda le triomphe des id\u00e9es communistes chez le prol\u00e9tariat hongrois ; il avait perdu le pouvoir parce que la social-d\u00e9mocratie l&rsquo;avait effray\u00e9 par la menace d&rsquo;une intervention des arm\u00e9es de l&rsquo;Entente. Mais malgr\u00e9 cette crainte, le prol\u00e9tariat hongrois devait accomplir sa r\u00e9volution s&rsquo;il ne voulait rester \u00e0 la merci de la contre-r\u00e9volution et probablement de la faim et des tortures d&rsquo;une exploitation capitaliste d\u00e9sorganis\u00e9e, sans force et d&rsquo;autant plus cruelle. La r\u00e9volution prol\u00e9tarienne devint partout une n\u00e9cessit\u00e9 in\u00e9luctable, n\u00e9cessit\u00e9 \u00e9conomique et historique. <\/p>\n\n\n\n<p>A la deuxi\u00e8me question : faut.il craindre une contre r\u00e9volution ? Nous avons une r\u00e9ponse. La contre-r\u00e9volution a d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 son jeu, mais elle devait retomber sans force sous la puissance prol\u00e9tarienne \u00e0 cause de l&rsquo;incapacit\u00e9 de la bourgeoisie de diriger son organisme \u00e9conomique et social. Le fait de son impuissance se r\u00e9v\u00e9la avec une telle nettet\u00e9 que m\u00eame la social-d\u00e9mocratie ne put continuer \u00e0 l&rsquo;ignorer et, \u00e0 l&rsquo;exclusion de quelques chefs qui depuis longtemps d\u00e9j\u00e0 avaient trahi les id\u00e9als prol\u00e9tariens, tout le parti reconnut la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une dictature prol\u00e9tarienne. Et maintenant le prol\u00e9tariat forme un tout complet derri\u00e8re le nouveau parti socialiste ; par suite de l&rsquo;impuissance de la bourgeoisie et des forces de son antagoniste la transformation s&rsquo;est accomplie sans effusion de sang, et seule l&rsquo;Entente peut tenter de venir en aide aux \u00e9l\u00e9ments contre-r\u00e9volutionnaires d\u00e9pourvus de toute influence. Mais la capacit\u00e9 des id\u00e9es r\u00e9volutionnaires communistes est de donner aux nouveaux \u00e9tats imp\u00e9rialistes assez de travail chez eux-m\u00eames. Le prol\u00e9tariat hongrois sait bien que l&rsquo;effondrement \u00e9conomique du capitalisme est une cause d&rsquo;inexprimables souffrances ; la dictature ne lui donnera ni charbon, ni mati\u00e8res premi\u00e8res, etc.;  puis la production s&rsquo;est arr\u00eat\u00e9e ; m\u00e9fiant le paysan de condition moyenne reste dans le meilleur cas indiff\u00e9rent. Mais le prol\u00e9tariat compte sur la victoire de la r\u00e9volution mondiale et malgr\u00e9 la ruine de toute vie \u00e9conomique, sans charbon et sans mati\u00e8res premi\u00e8res, il saura pourtant organiser la nouvelle r\u00e9publique des soviets et la d\u00e9fendre contre tous ses ennemis.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>L. RUDAS<\/strong> <br>(D\u00e9l\u00e9gu\u00e9 du Parti Communiste hongrois).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article de L\u00e1szl\u00f3 Rudas paru dans L&rsquo;Internationale communiste, n\u00b0 1, 1er mai 1919, p. 47-54 Cinq mois se sont \u00e0 peine \u00e9coul\u00e9s depuis l&rsquo;\u00e9croulement de la monarchie austro hongroise, et, sous l&rsquo;influence de la situation \u00e9conomique du pays, \u00e9tant donn\u00e9e l&rsquo;incapacit\u00e9 totale des classes dirigeantes \u00e0 mener dor\u00e9navant les affaires de l&rsquo;\u00e9tat, le prol\u00e9tariat hongrois [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[2340],"tags":[1574,2095,513,543,5378,5379,918,971,1008],"class_list":["post-19953","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-revues","tag-1574","tag-contre-revolution","tag-guerre","tag-hongrie","tag-linternationale-communiste","tag-laszlo-rudas","tag-parti-socialiste","tag-proletariat","tag-revolution"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9lTYU-5bP","jetpack_likes_enabled":true,"jetpack-related-posts":[{"id":19886,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2023\/09\/23\/budapest\/","url_meta":{"origin":19953,"position":0},"title":"Appel des socialistes idistes de Budapest","author":"SiNedjib","date":"23\/09\/2023","format":false,"excerpt":"Texte paru dans Le Communiste, premi\u00e8re ann\u00e9e, n\u00b0 4, 5 septembre 1919, p. 1 Proclamation de la R\u00e9publique sovi\u00e9tique hongroise, le 21 mars 1919 (Source) Prol\u00e9taires fr\u00e8res, Voici le moment pour rompre vos cha\u00eenes impos\u00e9es par le capitalisme. 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