{"id":23807,"date":"2024-08-01T13:24:25","date_gmt":"2024-08-01T11:24:25","guid":{"rendered":"https:\/\/sinedjib.com\/?p=23807"},"modified":"2024-08-01T13:24:25","modified_gmt":"2024-08-01T11:24:25","slug":"landau-16","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2024\/08\/01\/landau-16\/","title":{"rendered":"Kurt Landau : L&rsquo;approche de la crise r\u00e9volutionnaire, le congr\u00e8s de la social-d\u00e9mocratie allemande et la lutte des communistes"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Article de <a href=\"https:\/\/maitron.fr\/spip.php?article115719\">Kurt Landau<\/a> paru dans <em><a href=\"http:\/\/association-radar.org\/IMG\/pdf\/18-001-00031.pdf\">La Lutte de classes<\/a><\/em>,<\/strong> <strong>4e ann\u00e9e, n\u00b0 31, mai 1931, p. 262-274<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"505\" height=\"805\" data-attachment-id=\"23811\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2024\/08\/01\/landau-16\/la-lutte-de-classes-fevrier-mai-1931\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/La-Lutte-de-classes-fevrier-mai-1931.png?fit=505%2C805&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"505,805\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"La-Lutte-de-classes-fevrier-mai-1931\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/La-Lutte-de-classes-fevrier-mai-1931.png?fit=505%2C805&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/La-Lutte-de-classes-fevrier-mai-1931.png?resize=505%2C805&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-23811\" style=\"width:363px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/La-Lutte-de-classes-fevrier-mai-1931.png?w=505&amp;ssl=1 505w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/La-Lutte-de-classes-fevrier-mai-1931.png?resize=188%2C300&amp;ssl=1 188w\" sizes=\"auto, (max-width: 505px) 100vw, 505px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>\u00ab Le terrain de lutte d\u00e9mocratique nous a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9. Il n&rsquo;existe plus \u00bb. C&rsquo;est en ces termes qu&rsquo;un repr\u00e9sentant de l&rsquo;aile gauche du parti social-d\u00e9mocrate r\u00e9suma au congr\u00e8s de Leipzig le trait caract\u00e9ristique de la situation politique en Allemagne, et en m\u00eame temps la faillite compl\u00e8te de la politique social-d\u00e9mocrate.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>En effet, ce qui se passe en ce moment en Allemagne n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que le processus de d\u00e9composition de la d\u00e9mocratie hourgeoise, qui perd chaque jour du terrain, et se voit remplac\u00e9e d&rsquo;une fa\u00e7on de plus en plus mena\u00e7ante et imm\u00e9diate par le fascisme.<\/p>\n\n\n\n<p>S&rsquo;il y avait eu encore besoin d&rsquo;une d\u00e9monstration quelconque pour r\u00e9futer les conceptions m\u00e9caniques du d\u00e9veloppement de l&rsquo;essor r\u00e9volutionnaire (th\u00e9orie de la \u00ab troisi\u00e8me p\u00e9riode \u00bb), le d\u00e9roulement de la crise en Allemagne apporterait la preuve la plus vivante.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n&rsquo;est pas en ligne droite, \u00e9tape par \u00e9tape, mais avec des tournants brusques, des contradictions surgissant subitement, interrompues par des p\u00e9riodes d&rsquo;arr\u00eats, qui, \u00e0 leur tour sont suivies de p\u00e9riodes d&rsquo;aggravation rapide, que se d\u00e9veloppe en Allemagne la crise politique, avant qu&rsquo;elle ne devienne une crise r\u00e9volutionnaire dans laquelle les classes combattantes, fascisme et communisme, se rencontrent pour la lutte ouverte et d\u00e9cisive.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>LE REGIME DE DICTATURE CHANCELANT<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les partis de la bourgeoisie moyenne qui soutiennent le gouyernement Br\u00fcning &#8211; \u00e0 l&rsquo;aide du parti social-d\u00e9mocrate, qui n&rsquo;est pas repr\u00e9sent\u00e9 au gouvernement, mais sans l&rsquo;aide duquel le gouvernement ne poss\u00e8de pas de majorit\u00e9 parlementaire &#8211; avaient esp\u00e9r\u00e9 qu&rsquo;en hiver 1930\/31 le point le plus bas de la crise \u00e9conomique serait atteint. L&rsquo;am\u00e9lioration \u00e9conomique am\u00e8nerait l&rsquo;apaisement politique. La base du fascisme se r\u00e9tr\u00e9cirait, les masses ouvri\u00e8res radicalis\u00e9es se placeraient de nouveau sous la protection du r\u00e9formisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsqu&rsquo;au mois de f\u00e9vrier les fascistes quitt\u00e8rent le Reichstag, sans d\u00e9clencher une offensive ouverte, mais se contentant d&rsquo;un renforcement de leur agitation, lorsqu&rsquo;enfin en avril une crise profonde secoua m\u00eame l&rsquo;organisation arm\u00e9e du fascisme, ses sections d&rsquo;assaut. (S.A.), (car les \u00e9l\u00e9ments paup\u00e9ris\u00e9s, qui, pour une grande part, appartiennent au <em>lumpenprol\u00e9tariat<\/em>, ne peuvent pas poursuivre une politique \u00e0 longue \u00e9ch\u00e9ance), lorsque M. Curtius surprit le monde aux aguets avec le projet d&rsquo;union douani\u00e8re austro-allemande en s&rsquo;engageant ainsi dans la voie d&rsquo;une \u00ab politique ext\u00e9rieure active \u00bb ; &#8211; alors les paladins du r\u00e9gime de dictature, et avant tout ses laquais social-d\u00e9mocrates, pouss\u00e8rent un soupir de soulagement et des cris d&rsquo;all\u00e9gresse : \u00ab le plus p\u00e9nible est derri\u00e8re nous \u00bb. Les th\u00e9oriciens du parti socialiste s&rsquo;us\u00e8rent les doigts \u00e0 \u00e9crire dans la <em>Gesellschaft<\/em> de Hilferding pour prouver que le danger d\u00e9croissait. \u00ab Le mouvement national-socialiste est d\u00e9j\u00e0 arr\u00eat\u00e9 \u00bb, se r\u00e9jouit G. Decker dans le num\u00e9ro de mai de la <em>Gesellschaft<\/em> (N\u00b0 5, 1931).<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis, \u00e0 peine quatre semaines se sont \u00e9coul\u00e9es. Et toutes les illusions, tous les espoirs se sont \u00e9vanouis. La crise a continu\u00e9 \u00e0 s&rsquo;accentuer. Les emprunts \u00e9trangers attendus ne sont pas venus. Le d\u00e9ficit du budget augmente d&rsquo;une mani\u00e8re inqui\u00e9tante. Les imp\u00f4ts escompt\u00e9s ne rentrent pas, par suite de l&rsquo;affaiblissement de la consommation; les communes s&rsquo;effondrent sous le poids des allocations de ch\u00f4mage, et \u00e0 Gen\u00e8ve le trait\u00e9 austro-allemand s&rsquo;est heurt\u00e9 \u00e0 la r\u00e9sistance commune de l&rsquo;Angleterre, de la France et de l&rsquo;Italie, apr\u00e8s que l&rsquo;Autriche, par suite de l&rsquo;effondrement de la <em>Kreditanstalt<\/em> fut devenue l&rsquo;objet impuissant de, nouvelles op\u00e9rations financi\u00e8res internationales.<\/p>\n\n\n\n<p>De nouvelles \u00e9lections (Schaumburg-Lippe, Oldenbourg) ont montr\u00e9 que le regroupement dans les masses qui \u00e9tait apparu le 14 septembre, se poursuit.<\/p>\n\n\n\n<p>Le seul parti bourgeois qui maintient ses positions est le Centre catholique, qui, bien qu&rsquo;il ne donne pas non plus de pain \u00e0 ses membres, leur a cependant apport\u00e9 des succ\u00e8s consid\u00e9rables dans le domaine de la r\u00e9action culturelle. D&rsquo;une mani\u00e8re plus agressive que jamais le catholicisme l\u00e8ve le drapeau de la lutte culturelle contre l&rsquo;\u00e9cole la\u00efque, contre la libre pens\u00e9e, contre toute tentative, aussi timide soit-elle, d&rsquo;obtenir des r\u00e9formes politico-culturelles. (Abolition du paragraphe 218).<\/p>\n\n\n\n<p>Les autres partis bourgeois moyens, depuis le Parti d&rsquo;Etat (D\u00e9mocrates) jusqu&rsquo;au Landbund, repr\u00e9sentant les grands agrariens, sont emport\u00e9s par l&rsquo;avalanche fasciste.<\/p>\n\n\n\n<p>Le parti social-d\u00e9mocrate s&rsquo;effrite \u00e0 vue d&rsquo;\u0153il et sans cesse, et la plus grande partie de ce qu&rsquo;il perd, c&rsquo;est au profit du parti communiste.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi s&rsquo;effondre la base, la combinaison de partis sur laquelle s&rsquo;appuie le gouvernement Br\u00fcning ; le cours politique int\u00e9rieur et ext\u00e9rieur qu&rsquo;a poursuivi le gouvernement Br\u00fcning, s&rsquo;effondre.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab <em>Cela ne peut continuer ainsi<\/em> \u00bb disent les ouvriers. Et ce qu&rsquo;ils ont en vue, c&rsquo;est la diminution du niveau de leurs salaires, les imp\u00f4ts \u00e9normes sur les produits alimentaires, qui rench\u00e9rissent les aliments indispensables, les imp\u00f4ts insupportables, la destruction des institutions sociales, la r\u00e9action culturelle, les assassinats fascistes et les provocations de la justice de classe.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab <em>Cela ne peut continuer ainsi<\/em> \u00bb, disent les paysans pauvres et moyens dans toutes les r\u00e9gions de l&rsquo;Allemagne, et ils ont en vue le poids des hypoth\u00e8ques, l&rsquo;\u00e9cart monstrueux entre les prix qu&rsquo;ils re\u00e7oivent pour leurs produits agricoles et ceux qu&rsquo;ils sont oblig\u00e9s de payer pour les produits industriels, ils ont en vue les prix des fourrages qui ont augment\u00e9 de 28 % en un an, tandis que pour le b\u00e9tail ils touchent des prix de 10 % inf\u00e9rieurs, et pour les produits animaux de 30 % inf\u00e9rieurs aux prix de l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re. Ces chiffres arides refl\u00e8tent l&rsquo;acuit\u00e9 extraordinaire de la lutte de classes au village. Le grand agrarien de la Prusse orientale, qui cultive du seigle, obtient, gr\u00e2ce aux tarifs douaniers usuraires du gouvernement, 30 % de plus que l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re (prix mondial du seigle : 70 Mk. &#8211; prix \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;Allemagne : 250 Mk.) ; le paysan moyen et pauvre qui fait l&rsquo;\u00e9levage des porcs, qui ach\u00e8te du fourrage pour le b\u00e9tail et du bl\u00e9 pour sa consommation propre, paye ainsi lui-m\u00eame une partie de la politique agraire du gouvernement Br\u00fcning.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab <em>Cela ne peut continuer ainsi <\/em>\u00bb, disent les couches moyennes d\u00e9p\u00e9rissantes, les employ\u00e9s, les petits commer\u00e7ants, les artisans. <\/p>\n\n\n\n<p>Ebranl\u00e9 par ces secousses des masses en mouvement, le r\u00e9gime de dictature chancelle et menace de s&rsquo;effondrer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>LA BOURGEOISIE EST-ELLE FORCEE DE CHANGER D&rsquo;ATTELAGE ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le cheval qui tirait jusqu&rsquo;ici le chariot de la bourgeoisie, d&rsquo;abord d&rsquo;une fa\u00e7on ind\u00e9pendante (Gouvernement M\u00fcller) et ensuite sous les coups de fouet du r\u00e9gime de dictature, n&rsquo;\u00e9tait autre que le r\u00e9formisme.<\/p>\n\n\n\n<p>A pr\u00e9sent le fardeau devient plus lourd, tandis qu&rsquo;un travail sans rel\u00e2che a sensiblement affaibli le cheval. Sera-t-il assez fort pour faire franchir la montagne au charriot ?<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est l\u00e0 la question la plus grave dont s&rsquo;occupe actuellement la bourgeoisie.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous consid\u00e9rons comme une conception m\u00e9canique le point de vue qui pr\u00e9domine aussi chez beaucoup d&rsquo;ouvriers r\u00e9volutionnaires selon lequel le parti social-d\u00e9mocrate, afin d&#8217;emp\u00eacher la participation des fascistes au pouvoir, fera litt\u00e9ralement <em>tout<\/em> ce que la bourgeoisie exigera. Il y a une <em>limite<\/em> que le parti social-d\u00e9mocrate ne peut franchir qu&rsquo;en se d\u00e9truisant lui-m\u00eame. La force de ce parti r\u00e9side en premier lieu dans le fait que dans l&rsquo;esprit de millions d&rsquo;ouvriers il est le parti des r\u00e9formes sociales. La destruction de ces r\u00e9formes sociales \u00e9quivaut \u00e0 la destruction de la base du parti social-d\u00e9mocrate. Certes, le parti social-d\u00e9mocrate a jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent activement soutenu toutes les mesures de politique sociale qui ont empir\u00e9 la situation de la classe ouvri\u00e8re. Elle a pay\u00e9 cette politique par la perte d&rsquo;\u00e0 peu pr\u00e8s 15 \u00e0 20 % de ses \u00e9lecteurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais la destruction de la politique sociale &#8211; et cette lutte destructive a d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 &#8211; la destruction, ou du moins la suppression totale des droits syndicaux, le parti social-d\u00e9mocrate ne peut y participer <em>activement<\/em>, et \u00e0 la longue il ne peut m\u00eame pas la \u00ab tol\u00e9rer \u00bb. S&rsquo;il y consent malgr\u00e9 tout, il sera bris\u00e9 de l&rsquo;int\u00e9rieur, il perdra son influence \u00e0 tel point qu&rsquo;il n&rsquo;entrera plus en ligne de compte comme <em>pilier<\/em> de la politique de la grande bourgeoisie.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est ce que personne ne sait mieux que la grande bourgeoisie. Elle reconna\u00eet respectueusement les bons services que lui ont rendus les Wels, Severing, Zoergiebel, etc. ; elle pr\u00e9f\u00e9rerait beaucoup faire tirer sa voiture par les modestes chevaux de trait r\u00e9formistes, mais la rosse est trop faible, et la voiture devient trop lourde.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis les \u00e9lections de septembre la bourgeoisie oscille entre la social-d\u00e9mocratie et le national-socialisme. Jusqu&rsquo;au dernier instant, tant qu&rsquo;elle esp\u00e9rait que la crise avait d\u00e9j\u00e0 atteint son point culminant, elle se maintenait sur la voie \u00ab d\u00e9mocratique \u00bb. Mais \u00e0 pr\u00e9sent elle se pr\u00e9pare s\u00e9rieusement \u00e0 changer de cheval et \u00e0 appeler au gouvernement le parti national-socialiste (Hitler) et le parti nationaliste (Hugenberg), qui sont li\u00e9s. Lentement, l&rsquo;aile fasciste gagne la direction au sein de la bourgeoisie. L&rsquo;aile \u00ab d\u00e9mocratique \u00bb de la bourgeoisie, les milieux lib\u00e9raux du commerce et de la Bourse, repr\u00e9sent\u00e9s par le <em>Berliner Tageblatt<\/em>, la <em>Vossische Zeitung<\/em>, et la <em>Gazette de Francfort<\/em> disent avec inqui\u00e9tude :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab <em>Qu&rsquo;arrivera-t-il lorsque les masses d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9es, qui attendent de Hitler une am\u00e9lioration de leur situation sociale, seront d\u00e9\u00e7ues ? N&rsquo;y a-t-il pas danger que ces masses passent au communisme ?<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Et ils montrent le jeune officier de la Reichswehr, Scheringer, qui, en 24 heures, est pass\u00e9 du parti national-socialiste, qui ne refuse pas par principe le payement des r\u00e9parations, au P.C.A., qui exige la suspension imm\u00e9diate des payements des r\u00e9parations ; ils montrent les dirigeants populistes extr\u00e9mistes du mouvement du Landvolk au Schleswig-Holstein (Bruno von Salomon, Claus Heim) qui sympathisent maintenant ouvertement avec le programme paysan du P.C.A. Certes, la bourgeoisie enti\u00e8re se rend compte qu&rsquo;il est dangereux de jouer sa derni\u00e8re carte, de faire appel au fascisme, et de mener ainsi la lutte de classe sous sa forme la plus accentu\u00e9e contre le prol\u00e9tariat. Si cependant les parties d\u00e9cisives de la bourgeoisie optent pour le \u00ab changement de l&rsquo;attelage \u00bb, alors trois facteurs deviennent pour elles d\u00e9terminants :<\/p>\n\n\n\n<p>1) Elles ne veulent pas c\u00e9der aux nationaux-socialistes la totalit\u00e9 du pouvoir, mais seulement lui accorder une participation au gouvernement, dans l&rsquo;espoir qu&rsquo;avec un changement de la situation objective elles pourront de nouveau sans frottements changer les chevaux.<\/p>\n\n\n\n<p>2) La crise met s\u00e9rieusement en avant la question de la guerre. Faire la guerre, cela exige pour l&rsquo;Allemagne, qui n&rsquo;a pas de service militaire obligatoire, un mouvement d&rsquo;enthousiasme guerrier des masses particuli\u00e8rement organis\u00e9, tel que seul le fascisme le personnifie.<\/p>\n\n\n\n<p>3) Pour transformer en m\u00e9contentement r\u00e9volutionnaire la d\u00e9ception des masses d\u00e9poss\u00e9d\u00e9es, qui suivent actuellement le fascisme et dont un gouvernement Hitler-Hugenberg-Br\u00fcning-Seekt ne satisfera et ne peut satisfaire les d\u00e9sirs, il faut une direction v\u00e9ritablement communiste.<\/p>\n\n\n\n<p>Mieux que le prol\u00e9tariat, la bourgeoisie sait que le P.C.A. ne constitue pas cette direction.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus fort que les craintes des milieux commerciaux lib\u00e9raux est le poids de l&rsquo;industrie lourde, de la grande finance, des grands propri\u00e9taires fonciers, qui soutiennent par tous les moyens le mouvement fasciste, pour abattre dans le sang le prol\u00e9tariat et pour \u00ab activer \u00bb, apr\u00e8s cette saign\u00e9e, la politique ext\u00e9rieure.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>CAPITAL MONOPOLISATEUR ET FASCISME<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le fascisme, appel\u00e9 au gouvernement, ne pourrait pas consid\u00e9rer cette voie, soi-disant \u00ab l\u00e9gale \u00bb, comme d\u00e9finitive. La participation au pouvoir n&rsquo;ouvrirait au fascisme qu&rsquo;une <em>\u00e9tape de la dualit\u00e9 de pouvoir<\/em> ; il perfectionnerait dans l&rsquo;appareil de l&rsquo;Etat ses positions militaires et, couvert par l&rsquo;appareil de l&rsquo;Etat, ses formations ill\u00e9gales, afin d&rsquo;\u00e9riger en fin de compte par voie de violence d\u00e9clar\u00e9e, sa propre dictature.<\/p>\n\n\n\n<p>Certes, le fascisme est l&rsquo;instrument du capital financier. Mais nous tenons pour compl\u00e8tement erron\u00e9e la conception m\u00e9canique selon laquelle le fascisme ne se borne qu&rsquo;\u00e0 ex\u00e9cuter les ordres du capital financier.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui, dans le fascisme, se dresse devant nous, c&rsquo;est la petite-bourgeoisie en voie de destruction, avec toutes ses illusions r\u00e9actionnaires, avec toutes ses traditions et exigences, et avant tout : avec sa haine contre le prol\u00e9tariat ascendant et conscient.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette haine furieuse et aveugle de la petite-bourgeoisie r\u00e9actionnaire, qui, \u00e9conomiquement aussi bien que politiquement, ne peut jouer un r\u00f4le ind\u00e9pendant, fait d&rsquo;elle l&rsquo;instrument le plus brutal du capital financier. Mais de cette nature sociale du fascisme r\u00e9sultent aussi certaines diff\u00e9rences entre lui et la grande bourgeoisie, par exemple la contradiction entre le petit commerce et les magasins capitalistes modernes g\u00e9ants. La th\u00e9orie, que d\u00e9fend aussi bien la droite que la direction du parti (bien que dans un sens un peu diff\u00e9rent), selon laquelle \u00ab le fascisme est la superstructure politique classique de la domination du capital monopolisateur \u00bb, est, selon nous, parfaitement antidialectique. C&rsquo;est justement la p\u00e9riode du capitalisme monopolisateur qui a particuli\u00e8rement besoin du masque <em>d\u00e9mocratique<\/em>, afin de voiler la domination d&rsquo;une oligarchie financi\u00e8re tr\u00e8s restreinte. Le fascisme n&rsquo;est pas la \u00ab superstructure classique \u00bb du capital monopolisateur, mais il constitue objectivement la r\u00e9action classique contre cette domination au sein de la petite bourgeoisie. C&rsquo;est au moyen du m\u00e9canisme parlementaire d\u00e9mocratique que le capital monopolisateur parvient le mieux \u00e0 faire valoir ses int\u00e9r\u00eats, et les illusions d\u00e9mocratiques des masses r\u00e9formistes m\u00e9contentes sont pour le capital monopolisateur la soupape de s\u00fbret\u00e9 la plus inoffensive qui soit.<\/p>\n\n\n\n<p>Le capital monopolisateur sait fort bien que le syst\u00e8me parlementaire est son meilleur d\u00e9fenseur politique. Mais si la domination du capital monopolisateur fait sauter elle-m\u00eame ce syst\u00e8me, si la r\u00e9ponse aux guerres de rapine sociale des cartels, des trusts et des banques consiste en ce que les masses petites-bourgeoises quittent les partis d\u00e9mocratiques de la grande bourgeoisie et les masses ouvri\u00e8res le parti socialiste petit-bourgeois d\u00e9mocratique &#8211; alors il n&rsquo;y a pas pour le capital monopolisateur d&rsquo;autre issue que de se faire d\u00e9fendre politiquement par le fascisme, afin d&rsquo;assurer par ce moyen l&rsquo;ordre social du capitalisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Si la crise du syst\u00e8me capitaliste fait sauter la d\u00e9mocratie bourgeoise et rend impossible au capital monopolisateur de s&rsquo;appuyer sur la base de l&rsquo;organisation de masse petite-bourgeoise d\u00e9mocratique (parti social-d\u00e9mocrate), alors le capital monopolisateur cherche et trouve cette base de masse indispensable dans les organisations petite-bourgeoises fascistes. Sous la forme du fascisme, la petite-bourgeoisie, objectivement en r\u00e9volte contre le capital monopolisateur, devient de nouveau le pilier politique de la domination du capital monopolisateur.<\/p>\n\n\n\n<p>Le prix qu&rsquo;il faut payer \u00e0 cette \u00ab nouvelle base \u00bb est diff\u00e9rent du pr\u00e9c\u00e9dent : tandis qu&rsquo;auparavant le capital monopolisateur payait avec de petites r\u00e9formes sociales, il est \u00e0 pr\u00e9sent oblig\u00e9 de payer au prix du pouvoir ex\u00e9cutif politique.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, le risque est encore plus grand : de la dictature fasciste il n&rsquo;y a pas de chemin de retour pacifique; les masses d\u00e9\u00e7ues par le fascisme, et qu&rsquo;auparavant d\u00e9j\u00e0 la d\u00e9mocratie avaient d\u00e9\u00e7ues, poursuivent la voie de la r\u00e9volution sociale &#8211; \u00e0 condition qu&rsquo;il existe un parti communiste.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>LA FAILLITE DU REFORMISME<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le Congr\u00e8s de Leipzig du parti social-d\u00e9mocrate, qui s&rsquo;est ouvert le 30 mai, a montr\u00e9 que la politique et la tactique du r\u00e9formisme sont dans l&rsquo;impasse et se sont effondr\u00e9s. Tous les orateurs revenaient toujours \u00e0 la m\u00eame question centrale, \u00e0 savoir que \u00ab l&rsquo;ingrate \u00bb bourgeoisie, malgr\u00e9 toute la \u00ab tol\u00e9rance \u00bb, malgr\u00e9 l&rsquo;esprit de sacrifice du parti social-d\u00e9mocrate, la rejette maintenant comme un citron press\u00e9, et pr\u00e9pare un bloc de droite avec les fascistes. Le seul espoir auquel se cramponne le r\u00e9formisme est celui que la crise ne durera pas \u00e9ternellement. Tarnow, l&rsquo;orateur principal du Congr\u00e8s, constata m\u00eame \u00ab <em>qu&rsquo;un revirement se pr\u00e9pare<\/em> \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le m\u00eame point de vue de principe fut aussi d\u00e9fendu par la gauche (Seydewitz, Rosenfeld, etc.), qui jou\u00e8rent \u00e0 Leipzig le r\u00f4le le plus lamentable.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;acuit\u00e9 extr\u00eame de la lutte de classes en Allemagne, ne permet plus \u00e0 la \u00ab gauche \u00bb de voiler son inconsistance politique par des phrases r\u00e9volutionnaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Du point de vue de la conservation du capitalisme, donc du point de vue de la social-d\u00e9mocratie, la politique des Wels, Hilferding, Breitscheid, etc \u2026 est logique, cons\u00e9quente, absolument in\u00e9luctable. Un parti qui rejette la lutte de masse extra-parlementaire consid\u00e9r\u00e9e comme \u00ab l&rsquo;appel \u00e0 la rue\u00bb, qui est le v\u00e9ritable d\u00e9fenseur du syst\u00e8me parlementaire, un parti du genre du parti social-d\u00e9mocrate allemand qui, dans d&rsquo;innombrables combats a, sans h\u00e9sitation, massacr\u00e9 l&rsquo;\u00e9lite r\u00e9volutionnaire du prol\u00e9tariat, afin d&rsquo;assurer la paix et l&rsquo;ordre du syst\u00e8me d\u00e9mocratique-parlementaire (1918 &#8211; 1923), un parti aussi conservateur et pro-\u00e9tatique ne peut pas, dans la crise politique actuelle, poursuivre d&rsquo;autre politique que celle qui la place aux c\u00f4t\u00e9s de Br\u00fcning. Il est oblig\u00e9 de se d\u00e9truire lui-m\u00eame pour maintenir le syst\u00e8me capitaliste &#8211; de m\u00eame que tous les autres partis de la bourgeoisie moyenne.<\/p>\n\n\n\n<p>Le congr\u00e8s de Leipzig a jet\u00e9 une lumi\u00e8re crue sur la v\u00e9ritable impasse dans laquelle se trouve le parti social-d\u00e9mocrate.<\/p>\n\n\n\n<p>Il continue \u00e0 soutenir le r\u00e9gime de dictature, malgr\u00e9 les nouveaux d\u00e9crets-lois qui viennent d&rsquo;\u00eatre ordonn\u00e9s, et qui sont une nouvelle charge de 1.700 millions de marks pour les travailleurs, somme qui \u00e9quivaut \u00e0 la quote-part annuelle des payements de r\u00e9parations pour 1931\/32 (1.793,2 millions, qui \u00e9quivalent \u00e0 l&rsquo;annuit\u00e9 du plan Young, de l&#8217;emprunt Dawes et du trait\u00e9 belge).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour juger \u00e0 quel point cette politique est d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, il suffit de mentionner que l&rsquo;assentiment \u00e0 cette nouvelle attaque de la bourgeoisie a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 dans l&rsquo;espoir d&#8217;emp\u00eacher l&rsquo;appel aux fascistes. En r\u00e9alit\u00e9, des masses consid\u00e9rables, appartenant surtout aux milieux des employ\u00e9s, particuli\u00e8rement atteints par la baisse des salaires, quitteront encore plus rapidement qu&rsquo;auparavant les anciens partis bourgeois, et passeront au fascisme, le parti social-d\u00e9mocrate continuera \u00e0 s&rsquo;effriter, et dans quelque temps, &#8211; peut-\u00eatre \u00e0 l&rsquo;occasion des \u00e9lections anticip\u00e9es en Prusse, en automne, qui feront perdre enti\u00e8rement ou presqu&rsquo;enti\u00e8rement au gouvernement prussien sa base parlementaire &#8211; la bourgeoisie devra d\u00e9clarer \u00e0 ses valets r\u00e9formistes :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Vous \u00eates devenus trop faibles, vous avez perdu trop de forces, reposez-vous un petit peu \u00bb, et malgr\u00e9 tout l&rsquo;esprit de sacrifice du parti social-d\u00e9mocrate, elle appellera les fascistes au pouvoir.<\/p>\n\n\n\n<p>La conscience qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autre voie possible que celle de la capitulation devant Br\u00fcning, p\u00e9n\u00e9trait \u00e0 Leipzig la \u00ab gauche \u00bb aussi fortement que la droite. C&rsquo;est pourquoi ils n&rsquo;os\u00e8rent m\u00eame pas tenter d&rsquo;opposer quelque chose \u00e0 la strat\u00e9gie de capitulation de Tarnow, Wels et Cie. Ils n&rsquo;os\u00e8rent surtout pas tirer les cons\u00e9quences de leurs propres constatations. Leur propre r\u00e9solution ayant \u00e9t\u00e9 repouss\u00e9e, la gauche vota en toute tranquillit\u00e9 pour la r\u00e9solution Tarnow, qui fut adopt\u00e9e contre deux voix.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour la strat\u00e9gie sup\u00e9rieure et massive de la droite, ce fut un jeu d&rsquo;enfant de disperser cette \u00ab gauche \u00bb qui \u00e9tait comme paralys\u00e9e par son propre courage, et le d\u00e9labrement de la gauche s&rsquo;exprimait dans les chiffres, par le nombre de ses voix qui oscillaient entre 2 et 62. L&rsquo;attitude la plus cons\u00e9quente fut d\u00e9fendue par les repr\u00e9sentants de Breslau (Eckstein, Ziegler) et de Francfort (Portune) ainsi que par le d\u00e9put\u00e9 Oettinghaus, de la Ruhr, alors que Seydewitz et Rosenfeld ne combattaient pas, mais menaient des combats fictifs et r\u00e9sign\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>A quel point la radicalisation des ouvriers socialistes, et surtout de la jeunesse, est avanc\u00e9e, c&rsquo;est ce qui s&rsquo;est montr\u00e9 dans l&rsquo;attitude des assistants des tribunes, qui \u00e9coutaient avec une attitude d&rsquo;hostilit\u00e9 les rapports du pr\u00e9sident du parti, et salu\u00e8rent d&rsquo;applaudissements d\u00e9bordants les coups de la gauche de Breslau et de Francfort.<\/p>\n\n\n\n<p>Si cet \u00e9tat d&rsquo;esprit de larges masses militantes du parti socialiste ne trouve pas son expression politique correspondante, s&rsquo;il ne saurait \u00eatre actuellement question d&rsquo;une sympathie v\u00e9ritable entre le noyau prol\u00e9tarien du parti socialiste et celui du P.C.A., cela ne peut \u00eatre imput\u00e9 \u00e0 \u00ab l&rsquo;art \u00bb des Wels, Hilferding, Breitscheid et autres, mais uniquement au refus de la part du P.C.A. d&rsquo;appliquer la tactique du front unique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le congr\u00e8s de Leipzig a mis \u00e0 jour un paradoxe remarquable : bien que le r\u00e9formisme ait politiquement compl\u00e8tement fait faillite depuis la th\u00e9orie du \u00ab capitalisme organis\u00e9 et sans crises \u00bb (Hilferding, Naphtali) jusqu&rsquo;\u00e0 la tactique qui consiste \u00e0 \u00ab tol\u00e9rer Br\u00fcning \u00bb, malgr\u00e9 de lourdes pertes dans la masse des \u00e9lecteurs, le parti socialiste, en tant qu&rsquo;organisation, a <em>grandi<\/em> (1.037.000 membres) et la base de la direction politiquement en faillite est plus <em>forte<\/em> que jamais.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce ph\u00e9nom\u00e8ne paradoxal ne peut s&rsquo;expliquer par la seule force de l&rsquo;appareil administratif, et surtout pas par \u00ab l&rsquo;habilet\u00e9 \u00bb de la direction social-d\u00e9mocrate. Ce qu&rsquo;il faut voir dans cette contradiction, c&rsquo;est uniquement l&rsquo;expression de la faiblesse relative de la politique communiste.<\/p>\n\n\n\n<p>Le temps a travaill\u00e9 pour nous, l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit des masses est de mieux en mieux dispos\u00e9 en notre faveur, le prol\u00e9tariat, \u00e0 la recherche d&rsquo;une issue, se tourne vers l&rsquo;id\u00e9e de la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne &#8211; mais la tactique du parti est incapable de montrer aux masses qui t\u00e2tonnent la voie dans laquelle elles doivent s&rsquo;engager aujourd&rsquo;hui et demain pour r\u00e9aliser la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est l\u00e0 la contradiction la plus profonde et la plus dangereuse de la situation actuelle : le Parti sait battre le tambour, mais il ne sait pas mobiliser. L&rsquo;agitation de grande envergure, pouss\u00e9e en avant avec beaucoup d&rsquo;\u00e9lan, secoue les masses, et le parti y trouve un terrain extraordinaire, mais les masses en \u00e9veil et aux \u00e9coutes ne sont pas \u00e9duqu\u00e9es gr\u00e2ce aux luttes partielles, elles ne sont pas unies.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>TENTATIVES DU CENTRISME DE SE REARMER<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cette contradiction, qui sera fatale \u00e0 la r\u00e9volution qui approche, si elle ne trouve pas aussi rapidement que possible une solution marxiste, est tellement \u00e9vidente, tellement frappante, que m\u00eame les strat\u00e8ges aveugles de l&rsquo;I. C. la voient et cherchent une issue.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais au seuil de cette recherche se dresse ce principe : tout, mais pas de retraite <em>ouverte<\/em>, tout, mais pas de perte de prestige. L&rsquo;infaillibilit\u00e9 de la direction de l&rsquo;I. C., apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 un dogme de la suffisance bureaucratique, est devenue une nouvelle doctrine de salut, que d\u00e9fend une grande partie du noyau prol\u00e9tarien du P.C.A. Cette nouvelle doctrine peut \u00eatre ramen\u00e9e \u00e0 la formule suivante : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab Si les masses ne consid\u00e8rent pas le C. C. du P.C.A. et, avant tout, Tha\u00eblmann, comme une <em>autorit\u00e9 absolue<\/em>, \u00e0 laquelle elles peuvent se fier aveugl\u00e9ment, alors elles douteront du communisme. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Le crit\u00e8re de la foi aveugle est devenu le plus \u00e9lev\u00e9 de tous les crit\u00e8res r\u00e9volutionnaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Et il serait absurde de nier que cette foi in\u00e9branlable (\u00ab Teddy (Tha\u00eblmann) en viendra \u00e0 bout, Teddy r\u00e9alisera une Allemagne sovi\u00e9tique \u00bb) ne p\u00e9n\u00e8tre pas d&rsquo;innombrables jeunes ouvriers. Il est \u00e9vident que l&rsquo;\u00e9branlement de cette foi &#8211; et il se produira in\u00e9vitablement \u00e0 mesure que les masses du parti feront leur exp\u00e9rience &#8211; sera aussi l&rsquo;\u00e9branlement de la conscience du parti, car le parti est syst\u00e9matiquement identifi\u00e9 avec \u00ab l&rsquo;autorit\u00e9 infaillible \u00bb des dirigeants.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur la base de ce dogme on essaie de redresser le cours du parti. Le pl\u00e9num du C. C. qui a suivi le XIe pl\u00e9num du C. E. de l&rsquo;I. C. a d\u00e9cid\u00e9 un <em>double tournant<\/em> : premi\u00e8rement, l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;un <em>programme paysan <\/em>et deuxi\u00e8mement un <em>programme de revendication de travail<\/em>. Celui-ci contient beaucoup de d\u00e9tails positifs, et pourrait jouer un r\u00f4le important dans la mobilisation des masses s&rsquo;il formait la base de l&rsquo;application du front unique, c&rsquo;est-\u00e0-dire s&rsquo;il posait aux organisations r\u00e9formistes la question suivante :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab Pour le programme de revendications urgentes des ouvriers avec les communistes, ou pour le nouveau programme de famine du gouvernement avec les capitalistes \u00bb.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Mais une telle tactique exige la rupture ouverte et sans \u00e9quivoque avec la ligne syndicale qui a \u00e9t\u00e9 poursuivie jusqu&rsquo;ici.<\/p>\n\n\n\n<p>Le nouveau <em>programme paysan<\/em>, gr\u00e2ce auquel le parti op\u00e8re maintenant le \u00ab tournant vers le village \u00bb a une grande importance de principe. Il contient \u00e0 peu pr\u00e8s tout ce que la paysannerie pauvre et moyenne peut d\u00e9sirer (depuis l&rsquo;expropriation sans indemnit\u00e9 de la grande propri\u00e9t\u00e9 jusqu&rsquo;au secours de maladie et de vieillesse accord\u00e9s par l&rsquo;Etat) et trouve son couronnement politique dans le mot d&rsquo;ordre du \u00ab gouvernement ouvrier et paysan \u00bb. La lacune fondamentale de ce programme est qu&rsquo;il promet en m\u00eame temps <em>trop<\/em> et <em>pas assez<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Trop<\/em> : car l&rsquo;expropriation imm\u00e9diate de la grande propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re n&rsquo;est pas une revendication partielle, ce n&rsquo;est pas un mot d&rsquo;ordre que l&rsquo;on peut \u00e9tablir comme un mot d&rsquo;ordre imm\u00e9diatement r\u00e9alisable. Au sujet de la revendication de la \u00ab suspension imm\u00e9diate des payements des r\u00e9parations \u00bb, que contient \u00e9galement le programme, nous avons d\u00e9j\u00e0 dit le n\u00e9cessaire (<em>La Lutte de Classes<\/em> N\u00b0 24, ao\u00fbt 1930 &#8211; \u00ab <a href=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2024\/07\/07\/landau\/\">Communisme ou National-Bolch\u00e9visme<\/a> \u00bb). <em>Trop peu<\/em> : ce programme, en faisant d\u00e9pendre la r\u00e9alisation de toutes les revendications dans leur ensemble, du renversement du capitalisme, est incapable d&rsquo;\u00e9branler les paysans &#8211; 999 sur 1.000 &#8211; qui n&rsquo;ont pas encore reconnu cette n\u00e9cessit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais le v\u00e9ritable danger de ce programme paysan n&rsquo;est pas l\u00e0 ; il vient d&rsquo;un tout autre c\u00f4t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>LA BASE SOCIALE DE LA POLITIQUE NATIONALE DU CENTRISME<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons indiqu\u00e9, au mois d&rsquo;ao\u00fbt 1930, les graves dangers id\u00e9ologiques qui pouvaient r\u00e9sulter du point de vue nationaliste extr\u00eame du programme \u00ab pour la lib\u00e9ration nationale et sociale du peuple allemand \u00bb. A ce moment nous avons surtout soulign\u00e9 la d\u00e9composition id\u00e9ologique du prol\u00e9tariat r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n\n\n\n<p>A pr\u00e9sent surgit un second danger, qui est li\u00e9 \u00e0 la nouvelle politique paysanne du parti. Le parti cherche et trouve la liaison avec les milieux paysans nationalistes-extr\u00e9mistes ; d&rsquo;o\u00f9 le danger que par son flanc droitier le parti soit pouss\u00e9 par ses alli\u00e9s nationalistes petits-bourgeois encore plus loin sur le plan inclin\u00e9 de la question nationale. Une s\u00e9rie de milieux et d&rsquo;associations nationalistes, auxquels s&rsquo;associe maintenant le mouvement du Landvolk du Schleswig-Holstein, dirig\u00e9 par le c\u00e9l\u00e8bre lanceur de bombes Claus Heim et par Bruno v. Salomon, fr\u00e8re de l&rsquo;assassin de Rathenau, agissent dans ce sens. Salomon s&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 adress\u00e9 directement au P.C.A., et le 5 juin le P.C.A. a fait des d\u00e9marches aupr\u00e8s du minist\u00e8re de la Justice de Prusse pour la lib\u00e9ration de Claus Heim.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab L&rsquo;Internationale Paysanne \u00bb ainsi que le \u00ab Comit\u00e9 paysan europ\u00e9en \u00bb agissent dans le m\u00eame sens. <\/p>\n\n\n\n<p>Tout proche du parti s&rsquo;est aussi constitu\u00e9 un \u00ab groupe national de man\u0153uvre \u00bb, dont le repr\u00e9sentant est le lieutenant Scheringer, et dont le sommet intellectuel est Karl O. P\u00e4tel. <\/p>\n\n\n\n<p>Une s\u00e9rie de jeunes nationalistes du cercle de Strasser, qui sont d\u00e9j\u00e0 entr\u00e9s dans le P.C.A. forment le \u00ab levier int\u00e9rieur du parti \u00bb de ce \u00ab groupe de man\u0153uvre \u00bb, qui dispose aussi d&rsquo;une revue \u00e0 elle : <em>La Nation socialiste<\/em>. Les id\u00e9es de ce groupe, des tendances et associations de la jeunesse et des groupements politiques qui y sont li\u00e9es, ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment formul\u00e9es dans un \u00e9crit intitul\u00e9 : \u00ab <em>Nationalisme socialiste-r\u00e9volutionnaire<\/em> \u00bb. Elles sont exprim\u00e9es de la fa\u00e7on la plus claire dans les phrases suivantes :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab Ce qui conf\u00e8re encore aujourd&rsquo;hui \u00e0 l&rsquo;Etat bourgeois un sentiment de s\u00e9curit\u00e9, c&rsquo;est que des groupes organis\u00e9s du prol\u00e9tariat, dont les tendances sont absolument du m\u00eame domaine, se combattent mutuellement \u00bb.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Qui sont, selon l&rsquo;opinion de ces nouveaux et influents amis du P.C.A., ces \u00ab groupes du prol\u00e9tariat, dont les tendances sont du m\u00eame domaine \u00bb ?<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab Par leur lutte r\u00e9ciproque le NSDAP (le parti de Hitler. K. L.) et le P.C.A. d\u00e9truisent mutuellement leur force \u2026 Il est logique de constater que cela n&rsquo;est pas dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat du prol\u00e9tariat. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Et apr\u00e8s avoir pr\u00each\u00e9 le front unique entre le P.C.A. et le NSDAP, nos \u00ab nouveaux amis \u00bb d\u00e9clarent : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab Et nous consid\u00e9rons comme notre t\u00e2che : triompher de la bourgeoisie par la lutte de classe r\u00e9volutionnaire \u00bb. <\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Ces groupes sont les \u00e9pigones du national-bolch\u00e9visme de 1919-1920, et Wolffheim \u00e9change des id\u00e9es avec les \u00e9pigones. <\/p>\n\n\n\n<p>Tant que les groupes national-bolch\u00e9vistes n&rsquo;\u00e9taient qu&rsquo;un curieux produit du romantisme national, et formaient les id\u00e9es ainsi que la nourriture spirituelle de quelques associations de la jeunesse bourgeoise, on pouvait se permettre d&rsquo;ignorer la tendance national-bolch\u00e9viste consid\u00e9r\u00e9e comme un relent politiquement compl\u00e8tement insignifiant de l&rsquo;ancien radicalisme allemand de 1919-1920. Elle ne serait d&rsquo;ailleurs jamais r\u00e9apparue d&rsquo;elle-m\u00eame sur l&rsquo;ar\u00e8ne politique. Mais \u00e0 pr\u00e9sent ses argumentations p\u00e9n\u00e8trent par le m\u00e9canisme de transmission de notre bureaucratie, dans les milieux ouvriers r\u00e9volutionnaires; les repr\u00e9sentants de ces id\u00e9es deviennent des sp\u00e9cialistes de la man\u0153uvre, qui engagent des \u00ab liaisons et pourparlers \u00bb entre les bureaucrates du P.C.A. et des groupes nationaux, et le poison du nationalisme p\u00e9n\u00e8tre dans l&rsquo;organisme du parti; dans ces conditions le danger que le P.C.A. ne puisse pas gagner les couches petites-bourgeoises de la ville et de la campagne \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e du communisme, mais qu&rsquo;au contraire les nouveaux terrains d&rsquo;influence \u00e0 la campagne et dans la jeunesse petite-bourgeoise deviennent une certaine base sociale des id\u00e9es national-bolch\u00e9vistes \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du mouvement communiste, est tr\u00e8s r\u00e9el. M\u00eame si l&rsquo;organisme prol\u00e9tarien du parti \u00e9tait suffisamment r\u00e9sistant pour pouvoir dig\u00e9rer la nourriture petite-bourgeoise qui lui est pr\u00e9sent\u00e9e, il subsiste n\u00e9anmoins un danger fort grave. <\/p>\n\n\n\n<p>Par ses concessions au nationalisme, par la politique de front unique vis-\u00e0-vis de Claus Heim, von Salomon, etc \u2026 le parti ne fait que repousser les grandes masses r\u00e9formistes, qui ne peuvent comprendre qu&rsquo;on refuse par principe toute tentative de bloc avec elles, tout en recherchant le bloc avec les organisations nationalistes-paysannes. <\/p>\n\n\n\n<p>Il est assez int\u00e9ressant de voir que le groupe Brandler, qui, d&rsquo;habitude, s&rsquo;int\u00e9resse particuli\u00e8rement \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de gagner les ouvriers socialistes, passe sous silence la politique paysanne du parti et la politique nationale qui y est li\u00e9e. Cela n&rsquo;est pas d\u00fb au hasard. Car c&rsquo;est lui qui, en 1923, sous la direction de Radek, a introduit dans le parti allemand la politique de l&rsquo;aventurisme national. Il r\u00e9pondit au d\u00e9but de la lutte de la Ruhr en 1923 par l&rsquo;appel \u00e0 la nation allemande \u00e0 se faire sauver par le prol\u00e9tariat; (\u00ab La nation allemande culbutera dans l&rsquo;ab\u00eeme si le prol\u00e9tariat ne vient pas \u00e0 son secours \u00bb, <em>Rote Fahne<\/em> du 24 janvier 1923). A cette \u00e9poque Fr\u00f6hlich avait caract\u00e9ris\u00e9 la situation par ces mots : \u00ab Ce qui est d\u00e9cisif dans la situation actuelle, c&rsquo;est que la question nationale est devenue la question de la r\u00e9volution \u00bb (<em>Rote Fahne<\/em> du 3 ao\u00fbt 1923). L&rsquo;histoire de 1923, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;histoire d&rsquo;une r\u00e9volution prol\u00e9tarienne tu\u00e9e dans l&rsquo;\u0153uf, n&rsquo;est pas encore \u00e9crite. Mais pour le r\u00e9volutionnaire r\u00e9ellement marxiste qui aborde la question de 1923 et essaye d&rsquo;expliquer la contradiction tragique de l&rsquo;Octobre allemand &#8211; reflux de la vague r\u00e9volutionnaire malgr\u00e9 des possibilit\u00e9s r\u00e9volutionnaires objectives grandioses &#8211; il est clair \u00e0 premi\u00e8re vue que le cours Schlageter (d\u00e9fense nationaliste) de 1923 a consid\u00e9rablement entrav\u00e9 la s\u00e9paration des masses r\u00e9formistes d&rsquo;avec leurs chefs.<\/p>\n\n\n\n<p>Tirons les le\u00e7ons de 1923, tirons-les rapidement avant qu&rsquo;il ne soit trop tard.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>REVOLUTION ET CONTRE-REVOLUTION DEVANT LA LUTTE DECISIVE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le gouvernement a \u00e9dict\u00e9 le 5 juin un nouveau d\u00e9cret-loi. En pr\u00e9vision des cons\u00e9quences immenses de cet attentat g\u00e9n\u00e9ral contre toutes les parties des masses laborieuses, le gouvernement a en m\u00eame temps publie un manifeste dans lequel &#8211; suivant l&rsquo;exemple de Guillaume en ao\u00fbt 1914 &#8211; on demande de mettre de c\u00f4t\u00e9 la lutte des partis, pour sauver l&rsquo;Allemagne. Le sentiment qu&rsquo;elle joue sa derni\u00e8re carte, anime toutes les fractions de la bourgeoisie. C&rsquo;est ainsi que la <em>Neue Leipziger Zeitung<\/em> du 4 juin fait le bilan de l&rsquo;attitude bienveillante du congr\u00e8s social-d\u00e9mocrate envers le d\u00e9cret-loi, dont la teneur n&rsquo;\u00e9tait pas encore connue \u00e0 ce moment, en disant :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab Il intervient courageusement pour la d\u00e9fense de la patrie, \u00e0 cette heure qui est tout aussi grave et tragique que le mois de juillet 1914. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Mais en juillet 1914 les masses ne savaient pas ce qui les attendait : en juillet 1931 elles ne le savent que trop bien.<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9cret-loi qui signifie tout simplement la faim, tandis qu&rsquo;il n&rsquo;essaye m\u00eame pas de charger la grande-bourgeoisie, les grands agrariens, l&rsquo;industrie lourde, remuera tr\u00e8s profond\u00e9ment les masses laborieuses. Jusqu&rsquo;ici, ce sont encore des actions isol\u00e9es de centaines d&rsquo;hommes qui pillent, qui se jettent dans les bras de la police, qui livrent dans la Ruhr des combats de rue au pouvoir d&rsquo;Etat. Les journaux bourgeois, effray\u00e9s, annoncent l&rsquo;agressivit\u00e9 particuli\u00e8re des femmes d&rsquo;ouvriers, pouss\u00e9es au d\u00e9sespoir. Le d\u00e9cret-loi augmente cette exasp\u00e9ration \u00e0 l&rsquo;infini.<\/p>\n\n\n\n<p>Et notre parti ? Certes, l&rsquo;adversaire est fort et nous avons perdu infiniment de temps, un temps pr\u00e9cieux. Mais il n&rsquo;est pas encore trop tard ; il est vrai que nous tra\u00eenons le poids des omissions et des fautes, les cons\u00e9quences d&rsquo;un cours zig-zagant de huit ann\u00e9es, qui ont favoris\u00e9 la d\u00e9composition.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais les possibilit\u00e9s d&rsquo;une solution r\u00e9volutionnaire de la crise sont gigantesques. Il faut de nouveau le dire en toute clart\u00e9 : <em>le centre de gravit\u00e9 se trouve maintenant aupr\u00e8s des masses ouvri\u00e8res r\u00e9formistes.<\/em> Hier, \u00e0 Leipzig, elles restaient encore aux ordres du commandement r\u00e9formiste, en grognant, il est vrai, mais en lui ob\u00e9issant n\u00e9anmoins. Ce fut l\u00e0 le r\u00e9sultat de la politique du cours ultra-gauche de notre parti. Si nous ne r\u00e9ussissons pas \u00e0 rassembler ces masses pour la r\u00e9sistance, alors la lutte d\u00e9cisive entre la r\u00e9volution et la contre-r\u00e9volution se terminera par la d\u00e9faite de la r\u00e9volution. Passant par-dessus l&rsquo;avant-garde communiste vaincue, le fascisme d\u00e9truira aussi le mouvement de masse r\u00e9formiste.<\/p>\n\n\n\n<p>La situation est plus s\u00e9rieuse qu&rsquo;elle ne l&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 depuis 1923. Mais les possibilit\u00e9s d&rsquo;une victoire de la classe ouvri\u00e8re sont grandes aussi ; \u00e0 pr\u00e9sent tout d\u00e9pend du tournant l\u00e9niniste qui doit se produire.<\/p>\n\n\n\n<p>Le rassemblement de la classe ouvri\u00e8re, le r\u00e9tablissement de l&rsquo;unit\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re par la destruction du r\u00e9formisme, la direction de la classe ouvri\u00e8re par le communisme, c&rsquo;est <em>cela<\/em> seulement qui cr\u00e9e la base d&rsquo;une union v\u00e9ritable avec le village, sur la base de l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie prol\u00e9tarienne et sous le signe de l&rsquo;internationalisme r\u00e9volutionnaire, prol\u00e9tarien.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Berlin<\/em>, le 6 juin 1931.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>KURT LANDAU.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article de Kurt Landau paru dans La Lutte de classes, 4e ann\u00e9e, n\u00b0 31, mai 1931, p. 262-274 \u00ab Le terrain de lutte d\u00e9mocratique nous a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9. Il n&rsquo;existe plus \u00bb. C&rsquo;est en ces termes qu&rsquo;un repr\u00e9sentant de l&rsquo;aile gauche du parti social-d\u00e9mocrate r\u00e9suma au congr\u00e8s de Leipzig le trait caract\u00e9ristique de la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[2340],"tags":[4563,120,425,5553,5536,749],"class_list":["post-23807","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-revues","tag-4563","tag-allemagne","tag-fascisme","tag-kurt-landau","tag-la-lutte-de-classes","tag-marxisme"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9lTYU-6bZ","jetpack_likes_enabled":true,"jetpack-related-posts":[{"id":23834,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2024\/08\/04\/landau-19\/","url_meta":{"origin":23807,"position":0},"title":"Kurt Landau : Lettre d&rsquo;Allemagne. 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