{"id":24953,"date":"2024-11-13T09:40:21","date_gmt":"2024-11-13T08:40:21","guid":{"rendered":"https:\/\/sinedjib.com\/?p=24953"},"modified":"2024-11-13T09:40:21","modified_gmt":"2024-11-13T08:40:21","slug":"camus-9","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2024\/11\/13\/camus-9\/","title":{"rendered":"L\u00e9on Steindecker : \u00ab\u00a0La chute\u00a0\u00bb d&rsquo;Albert Camus"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Article de L\u00e9on Steindecker alias L\u00e9on Pierre-Quint paru dans <em>France Observateur<\/em>, septi\u00e8me ann\u00e9e, n\u00b0 318, 14 juin 1956, p. 15<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"580\" height=\"843\" data-attachment-id=\"19493\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2023\/08\/20\/chute-camus\/la-chute\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/la-chute.jpg?fit=600%2C872&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"600,872\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"la-chute\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/la-chute.jpg?fit=206%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/la-chute.jpg?fit=580%2C843&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/la-chute.jpg?resize=580%2C843&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-19493\" style=\"width:308px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/la-chute.jpg?w=600&amp;ssl=1 600w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/la-chute.jpg?resize=206%2C300&amp;ssl=1 206w\" sizes=\"auto, (max-width: 580px) 100vw, 580px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Il n&rsquo;y a pas tellement de fa\u00e7ons de tomber. Si l&rsquo;homme tombe, c&rsquo;est qu&rsquo;il a gliss\u00e9, c&rsquo;est qu&rsquo;il est descendu, c&rsquo;est qu&rsquo;il a chang\u00e9 d&rsquo;\u00e9tat, c&rsquo;est qu&rsquo;il a connu \u00ab\u00a0l&rsquo;Eden, la vie en prise directe\u00a0\u00bb, et qu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, il ne conna\u00eet gu\u00e8re plus qu&rsquo;une vie de mal\u00e9diction. L&rsquo;auteur n&rsquo;\u00e9voque pas le passage de l&rsquo;une \u00e0 l&rsquo;autre, mais il les oppose. Pour expliquer cette opposition, il ne recourt pas au p\u00e9ch\u00e9 originel, ni au rachat (ce serait trop facile, nous dit-il) ; il n&rsquo;a par la foi, ou, du moins, pas encore \u2026 L&rsquo;opposition est ; c&rsquo;est la chute ; il faut que nous l&rsquo;acceptions comme une donn\u00e9e imm\u00e9diate.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>L&rsquo;homme \u00e9prouve la nostalgie d&rsquo;une innocence perdue, ou, plus simplement, se croit innocent, se veut innocent dans un monde o\u00f9 domine le sentiment de la culpabilit\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire le mal. Situation contradictoire. Il est remarquable que dans beaucoup de civilisations, les dieux dominent l&rsquo;espace ou occupent les montagnes les plus \u00e9lev\u00e9es, tandis que l&rsquo;enfer, lorsqu&rsquo;il y en a un, est souterrain. Les titans vaincus, les anges d\u00e9chus sont pr\u00e9cipit\u00e9s des hauteurs dans le sein de la terre : c&rsquo;est toujours la chute. Le h\u00e9ros de l&rsquo;ouvrage d&rsquo;Albert Camus nous raconte qu&rsquo;il ne se sent lui-m\u00eame et \u00e0 l&rsquo;aise que sur les sommets et que la pire d\u00e9gradation qui puisse \u00eatre inflig\u00e9e \u00e0 un homme, c&rsquo;est de l&rsquo;enfermer dans un cachot situ\u00e9 au-dessous du niveau du sol \u2026 Ces images prennent leurs r\u00e9f\u00e9rences dans une symbolique qui reste d&rsquo;essence religieuse \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;auteur a appel\u00e9 <em>La Chute<\/em> (1) : \u00ab r\u00e9cit \u00bb, quoiqu&rsquo;il y ait \u00e0 peine un r\u00e9cit, presque pas d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements, aucune intrigue ni progression. Il s&rsquo;agit de la confession de Jean-Baptiste Clamence, confession d&rsquo;une sorte particuli\u00e8re, parce qu&rsquo;elle \u00e9voque, beaucoup plus qu&rsquo;une vie individuelle, des remarques morales et g\u00e9n\u00e9rales. Le don le plus \u00e9clatant de Camus c&rsquo;est de transformer ces formules en r\u00e9alit\u00e9s tangibles, c&rsquo;est de donner \u00e0 des remarques abstraites l&rsquo;\u00e9paisseur du concret.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce que beaucoup d&rsquo;\u00e9crivains du XVIIe et du XIXe si\u00e8cle parvinrent \u00e0 si bien faire : rendre vivantes leurs analyses psychologiques, Camus le r\u00e9ussit dans l&rsquo;analyse philosophique. Celle-ci, gr\u00e2ce \u00e0 un style g\u00e9n\u00e9ralement compos\u00e9 de phrases courtes, nous donne une sensation de profondeur ; la pens\u00e9e, enferm\u00e9e dans une forme parfaitement ad\u00e9quate, prend des prolongements inattendus.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-large-font-size\"><strong><em>Un avocat brillant<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un bar d&rsquo;Amsterdam : le <em>Mexico City<\/em> o\u00f9 r\u00e8gne Clamence. Pour Camus, la Hollande, c&rsquo;est le \u00ab\u00a0c\u0153ur des choses\u00a0\u00bb, un \u00ab\u00a0enfer bourgeois\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Baptiste Clamence habite dans le quartier juif, o\u00f9 75.000 Juifs furent d\u00e9port\u00e9s, sur les \u00ab lieux d&rsquo;un des plus grands crimes de l&rsquo;histoire \u00bb. L&rsquo;univers concentrationnaire hante la pens\u00e9e de l&rsquo;auteur : il n&rsquo;y fait que quelques allusions br\u00e8ves, mais nous sentons que, pour lui, la naissance de cet univers depuis quelque vingt ou trente ans a d\u00e9finitivement perverti l&rsquo;homme. Trop de crimes. Trop d&rsquo;horreurs. Comment les accepter ? Plus d&rsquo;issue &#8211; sous les apparences d&rsquo;une l\u00e9galit\u00e9 souveraine. Je cite, presque au hasard, une de ces anecdotes, dont Camus nous donne le raccourci en quatre lignes : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab Savez-vous que dans mon petit village, au cours d&rsquo;une action de repr\u00e9sailles, un officier allemand a courtoisement pri\u00e9 une vieille femme de choisir celui de ses deux fils qui serait fusill\u00e9 comme otage ? Choisir, imaginez-vous cela ? Celui-l\u00e0 ? Non, celui-ci. Et le voir partir. N&rsquo;insistons pas. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Clamence a d&rsquo;abord \u00e9t\u00e9, dans la premi\u00e8re partie de sa vie, jusqu&rsquo;\u00e0 la chute, un brillant avocat, sp\u00e9cialise dans la d\u00e9fense des \u00ab\u00a0nobles causes\u00a0\u00bb, de la veuve et de l&rsquo;orphelin, avec le sentiment de se trouver toujours du bon c\u00f4t\u00e9 de la barre et un m\u00e9pris naturel, instinctif pour les juges. Sans doute, il en faut, des juges. Mais comment des hommes, pensait Clamence, peuvent-ils se proposer d&rsquo;eux-m\u00eames pour cette d\u00e9go\u00fbtante fonction ? Notre avocat \u00e9tait en outre g\u00e9n\u00e9reux et courtois, pr\u00eat toujours \u00e0 rendre service, \u00e0 aider, par exemple, les aveugles \u00e0 traverser la rue. Son accord \u00e9tait total avec la vie ; certains matins, il se sentait \u00ab\u00a0fils de roi ou buisson ardent\u00a0\u00bb, \u00ab d\u00e9sign\u00e9 \u2026 \u00bb, \u00ab autoris\u00e9 au bonheur \u00bb, toujours combl\u00e9, jamais rassasi\u00e9 \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Jusqu&rsquo;au jour o\u00f9 \u2026 un rire \u00e9clata derri\u00e8re lui \u2026 dans son dos \u2026 un bon rire, naturel, presque amical \u2026 Et, cependant, il \u00e9tait seul. C&rsquo;\u00e9tait sa v\u00e9ritable bonne conscience, jusqu&rsquo;alors secr\u00e8te et cach\u00e9e, qui se moquait soudain de l&rsquo;autre, qu&rsquo;il prenait tant de plaisir \u00e0 \u00e9taler et qui n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;une mauvaise conscience d\u00e9guis\u00e9e. Car, que signifie : d\u00e9fendre de \u00ab\u00a0nobles causes ?\u00a0\u00bb N&rsquo;y a-t-il pas \u00ab des veuves abusives et des orphelins f\u00e9roces ? \u00bb Qu&rsquo;y a-t-il de r\u00e9el dans le m\u00e9pris des juges si on est amen\u00e9, pour gagner sa vie, \u00e0 dialoguer avec ces gens qu&rsquo;on m\u00e9prise ? Un avocat, m\u00eame de nobles causes, ne fait-il pas quand m\u00eame partie du syst\u00e8me r\u00e9pressif ? Les juges punissaient, les accus\u00e9s expiaient et moi, libre de tout devoir, soustrait au jugement comme \u00e0 la sanction, je r\u00e9gnais librement \u2026 \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-large-font-size\"><strong><em>La servitude des autres<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cet homme, qui \u00e9tait certain d&rsquo;avoir atteint plus haut que l&rsquo;ambition, \u00e0 la vertu, n&rsquo;\u00e9tait pas plus honn\u00eate dans sa vie priv\u00e9e que dans sa vie professionnelle. Il croyait avoir des amis et honorer l&rsquo;amiti\u00e9. Mais l&rsquo;amiti\u00e9, explique aujourd&rsquo;hui Clamence, est distraite ou du moins impuissante \u00bb. Et il ajoute : \u00ab L&rsquo;homme est ainsi, il a deux faces : il ne peut pas aimer sans s&rsquo;aimer. \u00bb Ici appara\u00eet une premi\u00e8re faille dans cette d\u00e9nonciation g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;homme, dont Camus nous instruit par la confession de son personnage. Aime ton prochain comme toi-m\u00eame, c&rsquo;est sans doute la plus grande parole d&rsquo;amour qui ait \u00e9t\u00e9 jamais dite. Mais il faut d&rsquo;abord s&rsquo;aimer soi-m\u00eame, Spinoza l&rsquo;explique ainsi : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab Perfection et existence sont synonymes. La vertu, c&rsquo;est d&rsquo;\u00eatre, c&rsquo;est d\u00e9sirer, c&rsquo;est vivre, agir selon la loi de notre existence propre. En partant de l\u00e0, tout affranchissement devient possible. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>En amour, Clamence a d\u00e9couvert qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas plus sinc\u00e8re. Il usait de tous les trucs de la s\u00e9duction, menait toutes sortes de liaisons simultan\u00e9es de pair, mobilisant tant de femmes \u00e0 son service pour les avoir un jour ou l&rsquo;autre sous la main.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet homme, qui avait r\u00eav\u00e9 d&rsquo;\u00eatre un homme complet et respectable, ne r\u00e9pugnait pas \u00e0 user de la servitude des autres. Jadis, l&rsquo;esclavage \u00e9tait franc. Aujourd&rsquo;hui, \u00ab qu&rsquo;on soit contraint de l&rsquo;installer chez soi ou dans les usines, bon, c&rsquo;est dans l&rsquo;ordre \u2026 \u00bb. Commander est dans la nature de chacun, soit, c&rsquo;est-\u00e0-dire se f\u00e2cher sans que l&rsquo;autre ait le droit de r\u00e9pondre. Par exemple : \u00ab On ne r\u00e9pond pas \u00e0 son p\u00e8re \u2026 \u00bb. Mais lui, Clamence, il voulait la servitude, mais une servitude souriante, pour pouvoir appeler plus facilement hommes libres ses esclaves.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi glissait-il \u00e0 travers l&rsquo;amour, les guerres, la mis\u00e8re, serein, sup\u00e9rieur, bienveillant, mais, en r\u00e9alit\u00e9, totalement indiff\u00e9rent. On pourrait croire que c&rsquo;est un pamphlet contre la tartufferie g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de l&rsquo;homme que Camus a voulu dresser \u00e0 travers son Clamence, avec plus d&rsquo;ironie que de sarcasme. Mais Clamence, \u00e0 certains moments, se sent bien personnellement concern\u00e9 : Il a <em>honte<\/em>. Il entend \u00e0 nouveau le rire derri\u00e8re lui \u2026 Puis, s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve en lui un souvenir plus ancien ; voici une femme pench\u00e9e sur le parapet d&rsquo;un pont ; quelques instants plus tard, un bruit, qui parut \u00e0 Clamence formidable, d&rsquo;un corps qui s&rsquo;abat sur l&rsquo;eau. Presque aussit\u00f4t, un cri, plusieurs fois r\u00e9p\u00e9t\u00e9. Il voulut revenir sur ses pas, mais continua son chemin : \u00ab Trop tard, trop loin \u2026 \u00bb pensa-t-il. Je ne sais si l&rsquo;auteur a voulu que s&rsquo;applique \u00e0 ce cas le r\u00e9cent article du Code concernant la non-assistance \u00e0 personne en danger.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-large-font-size\"><strong><em>Le proc\u00e8s des autres<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Quoique lin\u00e9aire, le r\u00e9cit de Camus va cependant beaucoup plus loin. Il ne s&rsquo;agit pas seulement d&rsquo;un homme qui d\u00e9nonce \u00ab la duplicit\u00e9 profonde de la cr\u00e9ature \u00bb. (La \u00ab\u00a0cr\u00e9ature\u00a0\u00bb est bien ici le mot de Camus). <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab J&rsquo;ai compris, d\u00e9clare alors Clamence, que la modestie m&rsquo;aidait \u00e0 briller, l&rsquo;humilit\u00e9 \u00e0 vaincre et la vertu \u00e0 opprimer. Je faisais la guerre par des moyens pacifiques et j&rsquo;obtenais \u2026 , par les moyens du d\u00e9sint\u00e9ressement, tout ce que je convoitais \u00bb.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Ce perp\u00e9tuel mensonge donnera-t-il \u00e0 Clamence le d\u00e9go\u00fbt de lui-m\u00eame ? Non, mais avant tout le d\u00e9go\u00fbt des autres. C&rsquo;est le proc\u00e8s des autres qu&rsquo;il fait et refait constamment et son proc\u00e8s par les autres qu&rsquo;il craint. Il a peur d&rsquo;\u00eatre jug\u00e9, autrement dit, de prendre conscience. La conscience donne le sentiment de la d\u00e9tresse. La conscience, \u00ab hideux espion de la causalit\u00e9 \u00bb, comme dit Lautr\u00e9amont. Pour lui \u00e9chapper, il faudrait ne pas prendre la vie au s\u00e9rieux, se repr\u00e9senter sans cesse, selon le mot de Jacques Vach\u00e9, \u00ab l&rsquo;inutilit\u00e9 th\u00e9\u00e2trale de tout \u00bb. Mais ni Camus, ni son personnage n&rsquo;y parviennent quand il s&rsquo;agit l&rsquo;amour, de la mort et du salaire et des mis\u00e9rables \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Certes, les hommes font un abus du mot de \u00ab justice \u00bb, et c&rsquo;est au nom du Christ qu&rsquo;ils pr\u00e9tendent juger. On parle beaucoup de piti\u00e9, mais on n&rsquo;acquitte personne. &#8211; <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab Savez-vous, demande Clamence, ce qu&rsquo;est devenue, dans cette ville, l&rsquo;une des maisons qui abrita Descartes ? Un asile d&rsquo;ali\u00e9n\u00e9s. Oui, c&rsquo;est le d\u00e9lire g\u00e9n\u00e9ral et la pers\u00e9cution \u2026 \u00bb. <\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>La grande id\u00e9e du pardon est oubli\u00e9e : l&rsquo;innocence refus\u00e9e \u00e0 l&rsquo;homme. Au probl\u00e8me du mal, l&rsquo;auteur ne voit pas d&rsquo;issue. Sinon peut-\u00eatre dans ces mots qui reviennent en sous-entendu, vers la fin du r\u00e9cit, comme un leit-motiv : \u00ab Ne jugez pas. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>L\u00e9on PIERRE-QUINT.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(1) N. R. F.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article de L\u00e9on Steindecker alias L\u00e9on Pierre-Quint paru dans France Observateur, septi\u00e8me ann\u00e9e, n\u00b0 318, 14 juin 1956, p. 15 Il n&rsquo;y a pas tellement de fa\u00e7ons de tomber. Si l&rsquo;homme tombe, c&rsquo;est qu&rsquo;il a gliss\u00e9, c&rsquo;est qu&rsquo;il est descendu, c&rsquo;est qu&rsquo;il a chang\u00e9 d&rsquo;\u00e9tat, c&rsquo;est qu&rsquo;il a connu \u00ab\u00a0l&rsquo;Eden, la vie en prise directe\u00a0\u00bb, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[36,107,1432,5586,1957,5285,5288,1211,2001],"class_list":["post-24953","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-presse","tag-36","tag-albert-camus","tag-critique","tag-france-observateur-2","tag-gallimard","tag-leon-pierre-quint","tag-leon-steindecker","tag-litterature","tag-recension"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9lTYU-6ut","jetpack_likes_enabled":true,"jetpack-related-posts":[{"id":18504,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2023\/04\/13\/leon-steindecker-un-testament-espagnol-par-arthur-koestler\/","url_meta":{"origin":24953,"position":0},"title":"L\u00e9on Steindecker : Le plus hallucinant des t\u00e9moignages. Un testament espagnol par Arthur Koestler. \u00ab\u00a0Fusill\u00e9, graci\u00e9, fusill\u00e9, graci\u00e9&#8230;\u00a0\u00bb","author":"SiNedjib","date":"13\/04\/2023","format":false,"excerpt":"Article de L\u00e9on Steindecker alias L\u00e9on Pierre-Quint paru dans La Lumi\u00e8re, 12 mai 1939, p. 6 VOICI un t\u00e9moignage hallucinant, simple, vrai, d\u00e9nu\u00e9 de cynisme et de fausse pudeur (1) Arthur Koestler, correspondant du News Chronicle, de Londres, a parcouru les deux camps espagnols d\u00e8s le d\u00e9but de la guerre\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;presse&quot;","block_context":{"text":"presse","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/category\/presse\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Arthur-Koestler-Un-testament-espagnol.jpg?resize=350%2C200&ssl=1","width":350,"height":200,"srcset":"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Arthur-Koestler-Un-testament-espagnol.jpg?resize=350%2C200&ssl=1 1x, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Arthur-Koestler-Un-testament-espagnol.jpg?resize=525%2C300&ssl=1 1.5x, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Arthur-Koestler-Un-testament-espagnol.jpg?resize=700%2C400&ssl=1 2x"},"classes":[]},{"id":13815,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2021\/09\/04\/pierre-champromis-de-la-revolte-a-la-fraternite-albert-camus\/","url_meta":{"origin":24953,"position":1},"title":"Pierre Champromis : De la r\u00e9volte \u00e0 la fraternit\u00e9, Albert Camus","author":"SiNedjib","date":"04\/09\/2021","format":false,"excerpt":"Article de Pierre Champromis paru dans Gavroche, n\u00b0 15, 7 d\u00e9cembre 1944, p. 2 Albert Camus avec Maria Casar\u00e8s, lors de la g\u00e9n\u00e9rale du \"Malentendu\", quelques minutes avant le lever du rideau (Photo M. Jarnoux) FAUT-IL pr\u00e9senter au grand public la personnalit\u00e9 d'Albert Camus ? On sait que celui-ci s'est\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;presse&quot;","block_context":{"text":"presse","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/category\/presse\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Gavroche-7-decembre-1944.png?resize=350%2C200&ssl=1","width":350,"height":200},"classes":[]},{"id":19650,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2023\/09\/02\/religion-2\/","url_meta":{"origin":24953,"position":2},"title":"Louis Perceau : Socialisme et religion. A propos d&rsquo;un article de L\u00e9on Blum","author":"SiNedjib","date":"02\/09\/2023","format":false,"excerpt":"Article de Louis Perceau paru dans La Vie Socialiste, 5e ann\u00e9e, n\u00b0 73, 23 octobre 1927, p. 7-8 La campagne contre l'ambassade bolchevik a inspir\u00e9 \u00e0 L\u00e9on Blum un article (Populaire du 18 octobre) dont certains passages me semblent devoir \u00eatre r\u00e9fut\u00e9s. Son talent, sa double fonction de leader parlementaire\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;presse&quot;","block_context":{"text":"presse","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/category\/presse\/"},"img":{"alt_text":"","src":"","width":0,"height":0},"classes":[]},{"id":19033,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2023\/08\/20\/chute-camus\/","url_meta":{"origin":24953,"position":3},"title":"La Chute, d&rsquo;Albert Camus","author":"SiNedjib","date":"20\/08\/2023","format":false,"excerpt":"Article sign\u00e9 L. D. paru dans La R\u00e9volution prol\u00e9tarienne, 25e ann\u00e9e, n\u00b0 107 (408), juillet 1956, p. 23 C'est un livre court et qui va loin. Aux antipodes, d'abord, du lieu o\u00f9 se situait L\u2019\u00c9tranger. A l'extr\u00eame pointe d'une hypoth\u00e8se \u00e0 partir de laquelle Camus distribue son \u0153uvre. Au soleil\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;revues&quot;","block_context":{"text":"revues","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/category\/revues\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/la-chute.jpg?resize=350%2C200&ssl=1","width":350,"height":200,"srcset":"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/la-chute.jpg?resize=350%2C200&ssl=1 1x, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/la-chute.jpg?resize=525%2C300&ssl=1 1.5x"},"classes":[]},{"id":14052,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2021\/09\/18\/albert-camus-le-socialisme-mystifie\/","url_meta":{"origin":24953,"position":4},"title":"Albert Camus : Le socialisme mystifi\u00e9","author":"SiNedjib","date":"18\/09\/2021","format":false,"excerpt":"Article d'Albert Camus paru dans Combat, 21 novembre 1946 Ni victimes ni bourreaux SI l'on admet que l'\u00e9tat de terreur, avou\u00e9 ou non, o\u00f9 nous vivons depuis dix ans, n'a pas encore cess\u00e9, et qu'il fait aujourd'hui la plus grande partie du malaise o\u00f9 se trouvent les esprits et les\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;presse&quot;","block_context":{"text":"presse","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/category\/presse\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Combat-21-novembre-1946.png?resize=350%2C200&ssl=1","width":350,"height":200},"classes":[]},{"id":12426,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2021\/05\/04\/il-y-a-quatre-ans-camus\/","url_meta":{"origin":24953,"position":5},"title":"Il y a quatre ans : Camus","author":"SiNedjib","date":"04\/05\/2021","format":false,"excerpt":"Article sign\u00e9 F.C. paru dans Le Monde libertaire, n\u00b0 98, f\u00e9vrier 1964 De Lourmarin, o\u00f9 s'\u00e9coula la derni\u00e8re \u00e9tape de la vie de Camus, nous parvient ce t\u00e9moignage sinc\u00e8re et \u00e9mouvant. Sous les initiales modestes, presque anonymes de C.F., un habitant du petit village, nous trace le portrait v\u00e9ridique dans\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;presse&quot;","block_context":{"text":"presse","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/category\/presse\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Le-Monde-libertaire-fevrier-1964.png?resize=350%2C200&ssl=1","width":350,"height":200,"srcset":"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Le-Monde-libertaire-fevrier-1964.png?resize=350%2C200&ssl=1 1x, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Le-Monde-libertaire-fevrier-1964.png?resize=525%2C300&ssl=1 1.5x, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Le-Monde-libertaire-fevrier-1964.png?resize=700%2C400&ssl=1 2x"},"classes":[]}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24953","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=24953"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24953\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":24956,"href":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24953\/revisions\/24956"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=24953"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=24953"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=24953"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}