{"id":25023,"date":"2024-11-17T18:28:34","date_gmt":"2024-11-17T17:28:34","guid":{"rendered":"https:\/\/sinedjib.com\/?p=25023"},"modified":"2024-11-17T18:28:34","modified_gmt":"2024-11-17T17:28:34","slug":"nadeau","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2024\/11\/17\/nadeau\/","title":{"rendered":"Maurice Nadeau : Kateb Yacine juge l&rsquo;islamisme"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Article de <a href=\"https:\/\/maitron.fr\/spip.php?article89683\">Maurice Nadeau<\/a> paru dans <em>France Observateur<\/em>,<\/strong> <strong>septi\u00e8me ann\u00e9e, n\u00b0 327, 16 ao\u00fbt 1956, p. 13<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"416\" height=\"552\" data-attachment-id=\"25024\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2024\/11\/17\/nadeau\/kateb-yacine-nedjma\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Kateb-Yacine-Nedjma.jpg?fit=416%2C552&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"416,552\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Kateb Yacine Nedjma\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Kateb-Yacine-Nedjma.jpg?fit=226%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Kateb-Yacine-Nedjma.jpg?fit=416%2C552&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Kateb-Yacine-Nedjma.jpg?resize=416%2C552&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-25024\" style=\"width:334px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Kateb-Yacine-Nedjma.jpg?w=416&amp;ssl=1 416w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Kateb-Yacine-Nedjma.jpg?resize=226%2C300&amp;ssl=1 226w\" sizes=\"auto, (max-width: 416px) 100vw, 416px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><strong>LA<\/strong> publication par <em>Esprit<\/em>, l&rsquo;an dernier, d&rsquo;une pi\u00e8ce de Kateb Yacine : Le cadavre encercl\u00e9, avait attir\u00e9 l&rsquo;attention sur un jeune \u00e9crivain alg\u00e9rien qui ne ressemblait \u00e0 aucun autre. Celle de <em>Nedjma<\/em> (1) confirme l&rsquo;impression qu&rsquo;on avait \u00e9prouv\u00e9e \u00e0 la lecture de la pi\u00e8ce et invite \u00e0 consid\u00e9rer l&rsquo;auteur de ces deux \u0153uvres comme tout \u00e0 fait singulier. Il \u00e9crit en fran\u00e7ais mais ne poss\u00e8de aucun autre point de r\u00e9f\u00e9rence avec notre litt\u00e9rature, avec nos conceptions traditionnelles du th\u00e9\u00e2tre et du roman. Fort conscient de sa singularit\u00e9, il a r\u00e9cemment montr\u00e9 (2) combien il \u00e9tait abusif de r\u00e9unir sous la m\u00eame d\u00e9nomination d&rsquo;\u00ab \u00e9crivains d&rsquo;Afrique du Nord \u00bb des \u00e9crivains fran\u00e7ais comme Albert Camus, Jules Roy, Emmanuel Robl\u00e8s, des \u00ab assimil\u00e9s \u00bb qui s&rsquo;ins\u00e8rent naturellement dans une tradition qu&rsquo;ils ont appris \u00e0 conna\u00eetre en m\u00eame temps que notre langue : Mammeri, Memmi, Feraoun, Dib, Malek Ouary, et, enfin, de jeunes \u00e9crivains et po\u00e8tes qui, comme lui, n&rsquo;entendent utiliser la langue fran\u00e7aise que comme moyen d&rsquo;exprimer un monde de pens\u00e9es et de sentiments, une conception de l&rsquo;univers profond\u00e9ment arabes. Pourquoi n&rsquo;\u00e9crivent-ils donc pas en arabe ? Parce que, d\u00e9clare Kateb Yacine, l&rsquo;arabe est, litt\u00e9rairement, une langue morte, celle des \u00ab vagissements des Ulemas tomb\u00e9s en enfance \u00bb et que la litt\u00e9rature arabe (sauf la litt\u00e9rature de type oral), n&rsquo;int\u00e9resse plus les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations form\u00e9es au d\u00e9sir de l&rsquo;ind\u00e9pendance et de la libert\u00e9, ouvertes au monde moderne, par les colonialistes eux-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p class=\"has-large-font-size\"><strong><em>Un univers stellaire<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cette position d&rsquo;un jeune \u00e9crivain, qui est en m\u00eame temps un nationaliste, n&rsquo;est pas plus facile \u00e0 tenir sur le plan de la lutte qui oppose son pays au n\u00f4tre que sur le simple plan de la litt\u00e9rature. Bien des amis de Kateb Yacine lui reprochent d&rsquo;attaquer les traditions musulmanes en un moment inopportun. De notre c\u00f4t\u00e9, on peut montrer quelque scepticisme \u00e0 l&rsquo;endroit d&rsquo;un \u00e9crivain qui pr\u00e9tend consid\u00e9rer une langue, malgr\u00e9 tout d&#8217;emprunt, comme le simple v\u00e9hicule d&rsquo;id\u00e9es ou de sentiments qui sont \u00e9trangers \u00e0 l&rsquo; \u00ab esprit \u00bb m\u00eame de cette langue. S&rsquo;il ne veut pas donner l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre \u00e0 lui-m\u00eame son propre traducteur, il doit op\u00e9rer une conversion difficile et dont on voit peu d&rsquo;exemples : Kafka, Tch\u00e8que et Juif, \u00e9crivant en allemand.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien entendu, nous ne pouvons affirmer que Kateb Yacine soit all\u00e9 jusqu&rsquo;au bout de sa gageure &#8211; seuls des Arabes lettr\u00e9s pourraient le dire &#8211; mais, nous pouvons constater qu&rsquo;il nous fait entrer dans un monde que les \u00e9crivains alg\u00e9riens, ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs, ne nous avaient pas encore r\u00e9v\u00e9l\u00e9. Monde \u00e9trange et quelque peu obscur, d\u00e9paysant \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame, o\u00f9 nous nous orientons difficilement. Les coordonn\u00e9es traditionnelles du temps et de l&rsquo;espace font d\u00e9faut, comme fait \u00e9galement d\u00e9faut ce qui, dans un roman, fixe l&rsquo;attention du lecteur : des individualit\u00e9s convenablement cern\u00e9es et d\u00e9finies, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur desquelles nous nous coulons, une intrigue soutenue o\u00f9 l&rsquo; \u00ab histoire \u00bb de chaque personnage concourt \u00e0 la formation d&rsquo;une \u00ab histoire \u00bb plus vaste, en \u00e9volution, et pourvue de significations diverses. Qu&rsquo;il soit russe, allemand, anglais ou fran\u00e7ais, l&rsquo;art du roman se ram\u00e8ne \u00e0 quelques r\u00e8gles \u00e9l\u00e9mentaires que m\u00eame un Joyce ou un Faulkner ont respect\u00e9es avant de les transgresser. D&rsquo;entr\u00e9e de jeu, Kateb Yacine se situe en-de\u00e7\u00e0 ou au-del\u00e0 de ces r\u00e8gles. Il proc\u00e8de tout autrement.<\/p>\n\n\n\n<p>Il a construit un univers stellaire. En son centre, il a dispos\u00e9 un soleil : Nedjma, autour duquel gravitent un certain nombre d&rsquo;\u00e9toiles grandes et petites, pourvues elles-m\u00eames de satellites. Si le soleil est fixe et brille \u00e0 peu pr\u00e8s toujours avec la m\u00eame intensit\u00e9, nous ne le connaissons que par ses reflets sur les astres qui l&rsquo;entourent et dont le mouvement r\u00e9gulier les approche ou les \u00e9loigne p\u00e9riodiquement de sa lumi\u00e8re. Il en va de m\u00eame, par rapport \u00e0 eux, de leurs satellites. Et comme tous ces astres sont prisonniers du m\u00eame mouvement qui, \u00e0 intervalles fixes, les rend \u00e9galement pr\u00e9sents, il s&rsquo;ensuit dans une esp\u00e8ce de \u00ab retour \u00e9ternel \u00bb, une confusion compl\u00e8te du pass\u00e9, du pr\u00e9sent et de l&rsquo;avenir. L&rsquo;histoire commence \u00e0 un moment quelconque, se d\u00e9veloppe, s&rsquo;arr\u00eate, recommence au m\u00eame point, prend une autre direction qu&rsquo;elle suit quelque temps avant de revenir \u00e0 son point de d\u00e9part, et ainsi de suite. Nous sommes \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;un mouvement circulaire dont les orbes se recouvrent sans se confondre (sans quoi l&rsquo;auteur se bornerait \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter ce qu&rsquo;il a dit). L&rsquo;image de la pierre jet\u00e9e dans l&rsquo;eau ne suffit pas \u00e0 rendre compte de ce mouvement : au lieu de couvrir une <em>surface<\/em>, les ondes finissent ici par enserrer un <em>volume<\/em> d&rsquo;espace et de temps qu&rsquo;au terme du livre nous connaissons en tous ses points. Sauf Nedjma, qui se contente d&rsquo;\u00eatre et qui n&rsquo;a point boug\u00e9, toujours la m\u00eame avec sa chevelure de feu, sa beaut\u00e9 d&rsquo;un \u00e9clat insoutenable, ses origines myst\u00e9rieuses, l&rsquo;importance b\u00e9n\u00e9fique ou mal\u00e9fique qu&rsquo;on lui pr\u00eate, les autres personnages ont pass\u00e9 par tous les \u00e2ges de la vie, tant\u00f4t vieux, tant\u00f4t jeunes, tant\u00f4t adultes, tant\u00f4t enfants, indiff\u00e9remment. A quatre d&rsquo;entre eux qui sont de la m\u00eame g\u00e9n\u00e9ration : Rachid, Lakhdar, Mourad et Mustapha, il arrive des aventures fort diff\u00e9rentes, mais l&rsquo;amour semblable qu&rsquo;ils portent \u00e0 Nedjma (qui n&rsquo;est pas seulement une femme : vraisemblablement le symbole de l&rsquo;Alg\u00e9rie libre) les fait se confondre ; entre eux au point qu&rsquo;il est souvent difficile de savoir qui parle et de quel autre on parle.<\/p>\n\n\n\n<p>Reconstruire l&rsquo;histoire selon nos normes cart\u00e9siennes aboutirait \u00e0 un roman tout autre et fort difficile \u00e0 r\u00e9sumer. Quatre jeunes gens, vivant en des points divers de l&rsquo;Alg\u00e9rie, ont particip\u00e9, alors qu&rsquo;ils \u00e9taient \u00e9tudiants au lyc\u00e9e ou \u00e0 la medersa, aux mouvements insurrectionnels de juin 1945. Ils ont \u00e9t\u00e9, soit arr\u00eat\u00e9s, soit renvoy\u00e9s de l&rsquo;\u00e9cole, et tombent dans le d\u00e9classement social : les emplois manuels ou la boh\u00eame imp\u00e9cunieuse. Apres avoir couru chacun ses aventures, ils se retrouvent comme man\u0153uvres sur le m\u00eame chantier. C&rsquo;est l\u00e0 que l&rsquo;histoire commence et c&rsquo;est en m\u00eame temps l\u00e0 qu&rsquo;elle s&rsquo;arr\u00eate, leur constellation se trouvant brusquement d\u00e9truite \u00e0 la suite de brutalit\u00e9s exerc\u00e9es par Lakhdar sur la personne du chef de chantier, M. Ernest, et du meurtre d&rsquo;un entrepreneur de transports, M. Ricard, par Mourad. Mourad est arr\u00eat\u00e9, les trois autres s&rsquo;enfuient.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-large-font-size\"><strong><em>Faulkner d\u00e9pass\u00e9<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Plus que les \u00e9v\u00e9nements de leur enfance, ce qui les a li\u00e9s, c&rsquo;est la d\u00e9couverte par chacun d&rsquo;eux, \u00e0 un moment ou \u00e0 un autre, de Nedjma, dont ils sont tomb\u00e9s amoureux et dont ils s&rsquo;appliquent, chacun pour soi, \u00e0 d\u00e9brouiller l&rsquo;histoire myst\u00e9rieuse. Il semble qu&rsquo;elle soit fille d&rsquo;un Alg\u00e9rien et d&rsquo;une Fran\u00e7aise qui aurait eu plusieurs amants. L&rsquo;un de ceux-ci a \u00e9t\u00e9 le vieux Si Mokhtar qui l&rsquo;a enlev\u00e9e apr\u00e8s et avant de s&rsquo;\u00eatre livr\u00e9 \u00e0 beaucoup d&rsquo;autres enl\u00e8vements et qui a probablement tu\u00e9 l&rsquo;\u00e9poux l\u00e9gitime. Cet \u00e9poux \u00e9tait le p\u00e8re de Rachid, lequel pourrait bien par l\u00e0 \u00eatre amoureux de sa s\u0153ur, laquelle, sans le savoir, s&rsquo;est mari\u00e9e \u00e0 son propre fr\u00e8re, Kamel, fils certain celui-l\u00e0, de Si Mokhtar. Cette situation, embrouill\u00e9e comme on le voit, se complique \u00e0 l&rsquo;infini par la d\u00e9couverte incessante de nouveaux liens possibles de parent\u00e9 entre les divers personnages ou leurs ascendants d&rsquo;une part, et Nedjma d&rsquo;autre part. Nous sommes plong\u00e9s au c\u0153ur d&rsquo;une histoire tribale aupr\u00e8s de laquelle les histoires de famille \u00e0 la Faulkner semblent faciles \u00e0 d\u00e9chiffrer.<\/p>\n\n\n\n<p>Toujours est-il qu&rsquo;aucun des quatre larrons (il y a toutefois doute pour l&rsquo;un d&rsquo;entre eux) ne parviendra \u00e0 se faire aimer de Nedjma. \u00ab Enlev\u00e9e \u00bb par son p\u00e8re suppos\u00e9, Si Mokhtar, elle est de nouveau enlev\u00e9e par l&rsquo;un des m\u00e2les de la tribu rest\u00e9 fid\u00e8le au vieil anc\u00eatre, Keblout, \u00e0 la vie l\u00e9gendaire. Que le ravisseur (et assassin de Si Mokhtar) soit un n\u00e8gre jette une lueur sur la composition de cette tribu arabe, d\u00e9cim\u00e9e et dispers\u00e9e par les Fran\u00e7ais de Bugeaud, mais se reformant toujours et toujours suffisamment vivante en esprit pour venger la tra\u00eetrise de ceux de ses membres qui pactisent avec les envahisseurs, et pour consid\u00e9rer que Nedjma, pourtant fille d&rsquo;une Fran\u00e7aise, lui appartient. Pour l&rsquo;auteur, la vraie r\u00e9alit\u00e9 de l&rsquo;Alg\u00e9rie se trouverait l\u00e0, dans la tribu. Les Fran\u00e7ais les ont d\u00e9capit\u00e9es, d\u00e9cim\u00e9es et voulu en faire des familles \u00e0 l&rsquo;occidentale. Elles se regroupent et luttent perp\u00e9tuellement contre les conqu\u00e9rants, qu&rsquo;ils aient \u00e9t\u00e9 Romains, Turcs ou Fran\u00e7ais. <em>\u00ab Nous ne sommes pas une nation, pas encore \u00bb<\/em>, d\u00e9clare le porte-parole du nationaliste Kateb Yacine ; <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>\u00ab nous ne sommes que des tribus d\u00e9cim\u00e9es. Ce n&rsquo;est pas revenir en arri\u00e8re que d&rsquo;honorer notre tribu, le seul lien qui nous reste pour nous r\u00e9unir et nous retrouver, m\u00eame si nous esp\u00e9rons mieux que cela \u00bb.<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Pour lui, la grandeur d&rsquo;Abd-el-Kader, <em>\u00ab homme d&rsquo;action et de plume \u00bb<\/em>, r\u00e9side dans le fait qu&rsquo;il r\u00e9alisait pr\u00e9cis\u00e9ment l&rsquo;unification des tribus alg\u00e9riennes au moment m\u00eame o\u00f9 les Fran\u00e7ais ont bris\u00e9 son effort pour plus d&rsquo;un si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p>La patrie alg\u00e9rienne est une r\u00e9alit\u00e9 que l&rsquo;auteur place au centre de son roman. Elle a ses racines dans l&rsquo;ancienne Numidie conquise par les Romains et son esprit, qui s&rsquo;incarne dans les tribus, ne doit rien aux conceptions modernes du nationalisme. Il est fait d&rsquo;amour du sol, de relations \u00e0 la fois barbares et raffin\u00e9es entre les hommes, de subtils et complexes rapports de parent\u00e9, d&rsquo;un farouche d\u00e9sir d&rsquo;ind\u00e9pendance et de libert\u00e9 soutenu par une indomptable fiert\u00e9 guerri\u00e8re. C&rsquo;est un esprit assimilateur qui, tout en ha\u00efssant le conqu\u00e9rant, l&rsquo;absorbe peu \u00e0 peu et que symbolise aujourd&rsquo;hui, pour Kateb Yacine, Nedjma, fille d&rsquo;un Alg\u00e9rien et d&rsquo;une Fran\u00e7aise et pourtant fille de la tribu. <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>\u00ab Comme les Turcs, les Romains et les Arabes, les Fran\u00e7ais ne pouvaient que s&rsquo;enraciner, otages de la patrie en gestation dont ils se disputaient les faveurs \u00bb<\/em>. <\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>En emp\u00eachant la naissance de cette patrie, ils travaillent contre elle sans doute, mais plus encore contre eux-m\u00eames. Elle se fera sans eux et ils en seront chass\u00e9s, alors qu&rsquo;ils auraient pu en faire partie.<\/p>\n\n\n\n<p>Le nationaliste se dresse moins ici contre les Fran\u00e7ais que contre ses fr\u00e8res dont il d\u00e9plore l&rsquo;arri\u00e9ration, soigneusement entretenue par l&rsquo;occupant sans doute, mais vant\u00e9e, b\u00e9nie et cajol\u00e9e par les chefs musulmans eux-m\u00eames. Il d\u00e9nonce les m\u00e9faits de l&rsquo;islamisme qui, au lieu de cr\u00e9er des hommes, fabrique des esclaves-r\u00e9volt\u00e9s : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>\u00ab J&rsquo;approuve votre pr\u00e9sence \u00e0 la mosqu\u00e9e \u2026 mais vous commencez par la fin ; \u00e0 peine savez-vous marcher qu&rsquo;on vous retrouve agenouill\u00e9s ; ni enfance, ni adolescence : tout de suite, c&rsquo;est le mariage, c&rsquo;est la caserne, c&rsquo;est le sermon \u00e0 la mosqu\u00e9e, c&rsquo;est le garage de la mort lente. \u00bb<\/em> <\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Il se moque de Kamel, le mari de Nedjma, qui <em>\u00ab taquine le luth et, en cette mati\u00e8re, admire l&rsquo;avant-garde \u00e9gyptienne dont le leader a r\u00e9ussi ce prodige d&rsquo;imiter, avec son violon, les appels chevrotants des muezzins \u00bb<\/em>. Plus significativement encore, un de ses personnages embrasse un sous-officier fran\u00e7ais, son ennemi jur\u00e9, pour ces simples paroles : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>\u00ab Pour moi, une \u00e9glise ou une mosqu\u00e9e, c&rsquo;est du pareil au m\u00eame. Je me casse pas la t\u00eate pour \u00e7a. Je suis d&rsquo;un pays de prol\u00e9taires \u00bb<\/em> (quelque coron du Nord). <\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Il faut voir encore comment est ridiculis\u00e9 le saint p\u00e8lerinage \u00e0 La Mecque :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>\u00ab La moiti\u00e9 de ceux qui viennent ici \u00bb<\/em>, d\u00e9clare le vieux filou Si Mokhtar, <em>\u00ab n&rsquo;ont que le commerce en t\u00eate ; c&rsquo;est comme une foire annuelle patronn\u00e9e par Dieu \u00bb<\/em>. <\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Bref, le Coran, sans doute une admirable construction de l&rsquo;homme religieux, est r\u00e9v\u00e9r\u00e9 par des fid\u00e8les <em>\u00ab qui n&rsquo;en sont m\u00eame pas au paganisme, ni \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de pierre : qui peut dire o\u00f9 ils en sont rest\u00e9s, \u00e0 quelle monstrueuse attente devant leur terre assoiff\u00e9e ? \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-large-font-size\"><strong><em>Po\u00e9sie et lucidit\u00e9<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On voudrait qu&rsquo;il exist\u00e2t en Alg\u00e9rie beaucoup d&rsquo;esprits qui, comme Kateb Yacine, allient le sens de la plus profonde po\u00e9sie \u00e0 une lucidit\u00e9 sans entraves. Alors nous perdrions un peu de cette crainte \u00e0 voir triompher en Afrique du Nord des hommes qui sont s\u00e9par\u00e9s de nous par toute l&rsquo;\u00e9paisseur des nationalismes p\u00e9rim\u00e9s et des religions \u00e9touffantes. Kateb Yacine est ennemi de la France, il n&rsquo;y a pas de doute \u00e0 se faire l\u00e0-dessus, mais cet ennemi, pour les m\u00eames motifs que nous, se bat dans son propre camp contre tous ceux qui se font de l&rsquo;homme une image mesquine, rabougrie, asservie \u00e0 des croyances et des d\u00e9terminations d&rsquo;un autre \u00e2ge. Il postule un mod\u00e8le d&rsquo;humanit\u00e9 qui, parce qu&rsquo;elle visera \u00e0 l&rsquo;universel, n&rsquo;aura pas honte de se dire arabe ou fran\u00e7aise. En attendant ce beau jour, admirons le courage de l&rsquo;auteur et saluons son talent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Maurice NADEAU.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(1) Kateb Yacine : <em>Nedjma<\/em> (Ed. du Seuil).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(2) Dans une interview donn\u00e9e aux <em>Lettres Nouvelles<\/em> (juillet-ao\u00fbt 1956).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article de Maurice Nadeau paru dans France Observateur, septi\u00e8me ann\u00e9e, n\u00b0 327, 16 ao\u00fbt 1956, p. 13 LA publication par Esprit, l&rsquo;an dernier, d&rsquo;une pi\u00e8ce de Kateb Yacine : Le cadavre encercl\u00e9, avait attir\u00e9 l&rsquo;attention sur un jeune \u00e9crivain alg\u00e9rien qui ne ressemblait \u00e0 aucun autre. Celle de Nedjma (1) confirme l&rsquo;impression qu&rsquo;on avait \u00e9prouv\u00e9e [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[36,112,138,5586,3083,1277,1211,762,872],"class_list":["post-25023","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-presse","tag-36","tag-algerie","tag-anticolonialisme","tag-france-observateur-2","tag-kateb-yacine","tag-le-seuil","tag-litterature","tag-maurice-nadeau","tag-nouvelle-gauche"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/s9lTYU-nadeau","jetpack_likes_enabled":true,"jetpack-related-posts":[{"id":25442,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2024\/12\/15\/kateb-4\/","url_meta":{"origin":25023,"position":0},"title":"Retour de Paris, le jeune po\u00e8te et conf\u00e9rencier Kateb Yacine rend visite \u00e0 \u00ab\u00a0Alger R\u00e9publicain\u00a0\u00bb","author":"SiNedjib","date":"15\/12\/2024","format":false,"excerpt":"Article paru dans Alger R\u00e9publicain, 11e ann\u00e9e, Nlle s\u00e9rie, n\u00b0 1.425, 18 f\u00e9vrier 1948, p. 2 M. KATEB Yacine, jeune po\u00e8te et conf\u00e9rencier, a rendu visite hier \u00e0 \"Alger R\u00e9publicain\". Originaire de Constantine, M. Kateb revient d'un voyage \u00e0 Paris o\u00f9 il est rest\u00e9 neuf mois. 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