{"id":25611,"date":"2025-01-10T11:07:45","date_gmt":"2025-01-10T10:07:45","guid":{"rendered":"https:\/\/sinedjib.com\/?p=25611"},"modified":"2025-01-10T11:07:45","modified_gmt":"2025-01-10T10:07:45","slug":"letrilliart","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2025\/01\/10\/letrilliart\/","title":{"rendered":"Ren\u00e9 L\u00e9trilliart : Sur la route du fer. Nancy, \u00e9tape de la mis\u00e8re des Nord-Africains"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Reportage de Ren\u00e9 L\u00e9trilliart paru en trois parties dans <em>Droit et Libert\u00e9<\/em>, <a href=\"https:\/\/archives.mrap.fr\/mediawiki\/images\/8\/80\/DL51_082opt.pdf\">n\u00b0 82 (186), 29 juin &#8211; 5 juillet 1951<\/a> ; <a href=\"https:\/\/archives.mrap.fr\/mediawiki\/images\/a\/a5\/DL51_083opt.pdf\">n\u00b0 83 (187), 6-12 juillet 1951<\/a> ; <a href=\"https:\/\/archives.mrap.fr\/mediawiki\/images\/5\/59\/DL51_085opt.pdf\">n\u00b0 85 (189), 20-26 juillet 1951<\/a><\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"547\" height=\"766\" data-attachment-id=\"25613\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2025\/01\/10\/letrilliart\/droit-et-liberte-29-juin-1951\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Droit-et-Liberte-29-juin-1951.jpg?fit=547%2C766&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"547,766\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Droit et Libert\u00e9 29 juin 1951\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Droit-et-Liberte-29-juin-1951.jpg?fit=214%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Droit-et-Liberte-29-juin-1951.jpg?fit=547%2C766&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Droit-et-Liberte-29-juin-1951.jpg?resize=547%2C766&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-25613\" style=\"width:323px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Droit-et-Liberte-29-juin-1951.jpg?w=547&amp;ssl=1 547w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Droit-et-Liberte-29-juin-1951.jpg?resize=214%2C300&amp;ssl=1 214w\" sizes=\"auto, (max-width: 547px) 100vw, 547px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><strong>POUR atteindre les mines de fer et les industries sid\u00e9rurgiques de Lorraine, il faut traverser des r\u00e9gions qui n&rsquo;ont gu\u00e8re d&rsquo;affinit\u00e9s avec l&rsquo;Afrique du Nord.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Et pourtant, de Nancy \u00e0 Longwy, de Aubou\u00e9 \u00e0 Villerupt, de Briey \u00e0 Frouard, de Mont-Saint-Martin \u00e0 Max\u00e9ville, on rencontre aux quatre coins des routes, aux sorties des usines, aupr\u00e8s des mines de fer, des milliers de Marocains, de Tunisiens, mais surtout d&rsquo;Alg\u00e9riens.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong>L&rsquo;\u00ab exotisme \u00bb de la mis\u00e8re<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Nancy, ce n&rsquo;est pas seulement la capitale de la Lorraine, ce ne sont pas seulement des places de grand style : place Stanislas, place de la Carri\u00e8re, place d&rsquo;Alliance, qui, \u00e0 quelques touches modernes pr\u00e8s, semblent vivre la vie m\u00eame de l&rsquo;ancien duch\u00e9. Nancy, c&rsquo;est la ville qui vous donne l&rsquo;avant-go\u00fbt des industries de l&rsquo;Est. Champigneulles, Max\u00e9ville et leurs brasseries d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, Frouard, Dombasles et la sid\u00e9rurgie de l&rsquo;autre. Nancy, c&rsquo;est aussi le premier contact avec les Nord-Africains qui vivent dans l&rsquo;Est de la France.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Nord-Africains, on s&rsquo;attend presque \u00e0 les trouver. Nancy doit \u00e0 ses anciens ducs d&rsquo;avoir eu comme mod\u00e8les Paris et Versailles d&rsquo;une part, et Vienne de l&rsquo;autre. Viennoises sont les balustrades modern&rsquo; style des brasseries et des grands caf\u00e9s, les boiseries d\u00e9mod\u00e9es, les orchestres qui se veulent langoureux comme ceux des Tziganes, et comme si le Danube coulait, bleu pour les uns, jaune pour les autres \u2026 Seulement, Nancy n&rsquo;a pas de tziganes, et seule note exotique, les Alg\u00e9riens hantent les rues comme de pauvres, de tr\u00e8s pauvres tziganes qui n&rsquo;amusent personne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong>Quartier \u00ab r\u00e9serv\u00e9 \u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le quartier qu&rsquo;habitent les Nord-Africains est, au sortir de la gare, sur la droite. Maisons sordides, grises (mais on leur pardonnerait facilement de n&rsquo;\u00eatre que grises), maisons bombard\u00e9es. Elles sont l\u00e0, t\u00e9moignage du mea culpa que n&rsquo;a jamais sans doute prononc\u00e9 le pilote du bombardier B 29, ni les chefs de ce pilote, en partie responsables de cette odieuse mis\u00e8re. Dans des rues mal pav\u00e9es, des tas de d\u00e9tritus, des monceaux de d\u00e9bris sont encore l\u00e0, accol\u00e9s \u00e0 un pan de mur, ouvert b\u00e9ant sur un ciel noir. On n&rsquo;a rien touch\u00e9, ou si peu. Il semble m\u00eame qu&rsquo;on n&rsquo;ait pas r\u00e9ussi \u00e0 d\u00e9barrasser le quartier de son odeur naus\u00e9abonde, de son odeur de crasse accumul\u00e9e depuis des si\u00e8cles, qui vous prend \u00e0 la gorge. Odeur forte, tann\u00e9e, qui s&rsquo;impr\u00e8gne aux v\u00eatements et qui semble avoir la m\u00e9moire de toute cette pauvret\u00e9 s\u00e9culaire. L&rsquo;odeur de ce quartier c&rsquo;est toute la mis\u00e8re actuelle plus toute la mis\u00e8re pass\u00e9e. Et la mis\u00e8re pass\u00e9e s&rsquo;est longtemps appel\u00e9e la guerre \u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong>Rafles et logements<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le soir, ces rues sont un monde noir, au sortir de la rue Saint-Jean. Il leur suffit pour s&rsquo;\u00e9clairer de la lueur des pauvres caf\u00e9s o\u00f9 l&rsquo;on ne parle que l&rsquo;arabe, tr\u00e8s tard le soir, parce qu&rsquo;aussi longtemps que l&rsquo;on parle, il n&rsquo;est pas question d&rsquo;aller se coucher. Aux abords de la rue Saint-Jean, qui est fi\u00e8re de ses enseignes au n\u00e9on, aux fronti\u00e8res de ce monde noir et qu&rsquo;on tient dans le noir parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de quoi s&rsquo;en vanter, aux confins du pays arabe, r\u00f4dent les prostitu\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Et les prostitu\u00e9es, c&rsquo;est encore ce que l&rsquo;on a trouv\u00e9 de plus commode pour justifier les descentes de police contre \u2026 les Nord-Africains.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le quartier, on parle arabe tr\u00e8s avant dans la nuit. Car on n&rsquo;aime pas s&rsquo;y coucher. Pour dormir, il faut un minimum de place. Et ce n&rsquo;est pas ce dont on est le plus prodigue, rue de la Primatiale ou rue de la Hache. La place, il y en a seulement sur les terrains vagues, entre les maisons d\u00e9coupl\u00e9es, d\u00e9bo\u00eet\u00e9es, comme si l&rsquo;on avait allong\u00e9 ces rues sur une plus grande longueur.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce serait trop beau, si les Nord-Africains avaient un toit, ou m\u00eame une chambre, ou, au moins, de quoi se payer une chambre. A Nancy, vit un vieil homme qu&rsquo;ils connaissent bien. Ils l&rsquo;appellent \u00ab Moustache \u00bb. C&rsquo;est tout ce que j&rsquo;ai pu savoir de son identit\u00e9. Et d&rsquo;ailleurs, cela suffit bien. Il loge des dizaines et des dizaines d&rsquo;Alg\u00e9riens. Comme il peut, dans la mesure du possible, il leur donne aussi \u00e0 manger. Car ils n&rsquo;ont pas beaucoup d&rsquo;argent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong>Colportage<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Se coucher le plus tard possible, vivre en noctambules, c&rsquo;est une mani\u00e8re de r\u00e9soudre la crise du logement, mais cela n&#8217;emp\u00eache pas de repartir le lendemain matin pour chercher comment gagner de quoi vivre, au jour le jour. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une expression parfaitement litt\u00e9rale. Au jour le jour, cela veut dire jusqu&rsquo;\u00e0 la nuit prochaine, jusqu&rsquo;au g\u00eete du soir et pas au-del\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Alg\u00e9riens se dispersent, le matin, habill\u00e9s de la traditionnelle blouse grise. Ils partent sillonner Nancy avec, sur leurs bras, cravates et lacets, portefeuilles et bracelets. Si l&rsquo;on se donnait la peine de lire la phrase traditionnellement porte-bonheur qui orne les bracelets, on trouverait \u00ab\u00a0Maroc\u00a0\u00bb, comme une vulgaire marque d\u00e9pos\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Nancy est une ville champion pour ce genre d&rsquo;activit\u00e9s commerciales : le colportage par les Nord-Africains. Dans un caf\u00e9, place de la Gare, en vingt minutes, ils sont venus \u00e0 douze m&rsquo;offrir des tapis et des portefeuilles fabriqu\u00e9s en s\u00e9rie par les soins de colons qui aiment la couleur locale, des cravates en rhodia, etc.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong>Dernier stade<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le colportage, c&rsquo;est un pis-aller. On le devine. Mais cela se v\u00e9rifie. Aucun homme sens\u00e9 ne peut croire que les Alg\u00e9riens ont fait la travers\u00e9e pour venir vendre des cacahu\u00e8tes \u00e0 la sauvette ou faire les hommes-sandwiches. Non, ceux de Nancy comme les autres, ils sont venus pour travailler dans les mines ou dans la sid\u00e9rurgie, ou dans les cristalleries \u2026 Demain, \u00e0 Briey, \u00e0 Longwy, nous les rencontrerons, tous ceux qui ont pu trouver du travail dans les usines. Mais tous n&rsquo;en ont pas trouv\u00e9. Ils sont devenus marchands ambulants. Ou bien ils sont tomb\u00e9s malades apr\u00e8s six mois au concassage du minerai et sont venus \u00e0 Nancy vendre des cravates. Ou mille autres raisons. Le colportage, c&rsquo;est la fin. Une lamentable fin de sans-travail, de tra\u00eene-mis\u00e8re, d&rsquo;hommes sans ressources.<\/p>\n\n\n\n<p>Le colportage, c&rsquo;est la ran\u00e7on d&rsquo;une mis\u00e8re noire, d&rsquo;une mis\u00e8re de tous les instants. Mis\u00e8re du logement, mis\u00e8re du sans-travail, mis\u00e8re du m\u00e9pris environnant, mis\u00e8re de la faim et des jambes fatigu\u00e9es. La mis\u00e8re, quoi !<\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;autres formes de mis\u00e8re se rencontrent dans le bassin minier. Mais l\u00e0, se dresse, comme nous le verrons, ce spectre qui hante les cauchemars de tous les exploiteurs, face \u00e0 cette mis\u00e8re br\u00fblante : la lutte ouvri\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>(\u00e0 suivre)<\/em><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"575\" height=\"762\" data-attachment-id=\"25614\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2025\/01\/10\/letrilliart\/droit-et-liberte-6-juillet-1951\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Droit-et-Liberte-6-juillet-1951.jpg?fit=575%2C762&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"575,762\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Droit et Libert\u00e9 6 juillet 1951\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Droit-et-Liberte-6-juillet-1951.jpg?fit=226%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Droit-et-Liberte-6-juillet-1951.jpg?fit=575%2C762&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Droit-et-Liberte-6-juillet-1951.jpg?resize=575%2C762&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-25614\" style=\"width:345px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Droit-et-Liberte-6-juillet-1951.jpg?w=575&amp;ssl=1 575w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Droit-et-Liberte-6-juillet-1951.jpg?resize=226%2C300&amp;ssl=1 226w\" sizes=\"auto, (max-width: 575px) 100vw, 575px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><em>Les Nord-Africains en Lorraine (2)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-larger-font-size\"><strong>LA LEGENDE RACISTE DU BOL DE DATTES<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">(De notre envoy\u00e9 sp\u00e9cial Ren\u00e9 L\u00e9trilliart)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><strong>SI<\/strong> <strong>l&rsquo;on sort de Nancy par le train, il est difficile de s&rsquo;apercevoir du pourcentage important de Nord-Africains qui vivent dans le bassin minier de Lorraine. Il en est autrement lorsqu&rsquo;on sillonne le pays par la route. On n&rsquo;ose pas \u00e9crire qu&rsquo;il se rencontre des Alg\u00e9riens \u00e0 chaque tournant, mais c&rsquo;est uniquement parce que les lignes droites sont peu nombreuses, tout au long de ces chemins en lacets. Mais, avec r\u00e9gularit\u00e9, comme les bornes kilom\u00e9triques, au cours de votre voyage, vous verrez des \u00e9quipes de Nord-Africains employ\u00e9s \u00e0 la r\u00e9fection des routes.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong>Qualification professionnelle<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi sont-ils si nombreux ? Pourquoi le seul visage qui ressemble \u00e0 celui du Fran\u00e7ais moyen est-il celui du contrema\u00eetre ? Pourquoi les Alg\u00e9riens sont-ils une \u00e9crasante majorit\u00e9, dans ce genre de travail ? Pourquoi les quelques Europ\u00e9ens qui travaillent avec eux sont-ils des immigr\u00e9s, italiens, polonais, etc. ?<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont des questions qui viennent tout naturellement \u00e0 l&rsquo;esprit.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9ponse est simple. <em>Il n&rsquo;existe pratiquement pas de qualification professionnelle pour les Nord-Africains<\/em>. Lorsque nous arriverons dans les mines et dans la sid\u00e9rurgie, nous en trouverons des exemples plus \u00e9clatants encore. Mais, d\u00e9j\u00e0, l&rsquo;on peut dire que le Nord-Africain qui d\u00e9barque en France <em>\u00ab ouvrier qualifi\u00e9 \u00bb<\/em>, n&rsquo;aura en fait aucune chance de voir sa qualification reconnue. Il sera \u00ab man\u0153uvre de force \u00bb. Et les explications, les longues digressions touchant \u00ab la paresse des peuples coloniaux \u00bb, les beaux discours sur \u00ab la race robuste (mais b\u00eate) qui se contente d&rsquo;une kema et de quelques dattes dans son pays \u00bb, les palabres de tous les beaux messieurs qui gouvernent ou qui dirigent, vous expliqueront que tout \u00e7a, c&rsquo;est parfaitement normal.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong>Voyage en Afrique du Nord<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En Alg\u00e9rie, j&rsquo;ai pu voir \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre cette th\u00e9orie, dans un village, entre Philippeville et Constantine. Un petit bourg arabe qui s&rsquo;appelle El-Arrouch. On y construisait, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, un barrage, le Zou-D\u00e8s-Zas. Il fallait parcourir quatre kilom\u00e8tres pour l&rsquo;atteindre. Mais jamais on n&rsquo;a donn\u00e9 d&rsquo;autre explication que la \u00ab paresse \u00bb au fait que les ouvriers alg\u00e9riens arrivaient parfois en retard. Soyons justes, le personnel europ\u00e9en avait \u00e0 sa disposition un autobus. Quant au <em>\u00ab\u00a0service \u00e0 volont\u00e9\u00a0\u00bb<\/em> (c&rsquo;est le nom que portent les autocars d\u00e9mod\u00e9s qui sillonnent l&rsquo;Alg\u00e9rie), quant au \u00ab service \u00e0 volont\u00e9 \u00bb, seul moyen de transport que les ouvriers arabes ont la permission d&#8217;emprunter, il lui aurait fallu quelques vingt voyages pour arriver \u00e0 transporter tout le personnel musulman. Mais, bien s\u00fbr, l&rsquo;explication, c&rsquo;\u00e9tait \u00ab la paresse \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Et c&rsquo;est tout juste si l&rsquo;on ne t\u00e2te pas les mollets aux muscles longs et durs des Nord-Africains, pour prouver que c&rsquo;est une \u00ab race qui aime marcher \u00bb. Les racistes, les tenants de la race des seigneurs, les occidentaux \u00e9volu\u00e9s parlent des Arabes en termes qu&rsquo;il faut chercher dans un dictionnaire d&rsquo;\u00e9levage, plut\u00f4t que dans le Larousse.<\/p>\n\n\n\n<p>Les routes marocaines, dont on a pu dire que chaque borne hectom\u00e9trique marque une mort humaine, les routes marocaines sont construites par des hommes qui, <em>\u00ab par go\u00fbt naturel \u00bb<\/em>, se contentent d&rsquo;un bol de dattes (en l&rsquo;absence de bol, c&rsquo;est la paume de leurs deux mains qui sert de mesure) et d&rsquo;un morceau de pain. Ces routes sont faites par des hommes qui meurent par dizaines et par centaines, parce qu&rsquo;ils <em>\u00ab\u00a0sont atteints de tas de maladies\u00a0\u00bb<\/em> \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd&rsquo;hui, nous connaissons cette rengaine. Un bol de riz pour les Chinois, les Japonais et les Viet-Namiens, une galette de millet pour les Hindous, les Noirs d&rsquo;Afrique, des dattes pour les Nord-Africains \u2026 Et le bonheur le plus grand est assur\u00e9 de r\u00e9gner dans une entreprise mod\u00e8le, qui comprend les go\u00fbts et les couleurs des peuples.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong>Une th\u00e9orie odieuse<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cette th\u00e9orie s&rsquo;est infiltr\u00e9e partout. Il se trouve des gens de bonne foi pour croire au bol de riz des coolies chinois. Il y a de braves gens qui sont presque persuad\u00e9s que le man\u0153uvre arabe, par go\u00fbt, refuserait un bon repas pour retourner \u00e0 ses dattes.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est faux. C&rsquo;est odieusement faux. Et pas seulement pour les Nord-Africains, mais pour tous les autres. C&rsquo;est faux, mais c&rsquo;est pratique. C&rsquo;est pratique, parce que cela autorise les bas salaires et la surexploitation. Il faut si peu d&rsquo;argent pour acheter un crouton de pain ! Et en donner davantage au travailleur nord-africain, mais ce serait un d\u00e9fi aux bonnes m\u0153urs, vous diront ces braves c\u0153urs qui connaissent si bien les \u00ab\u00a0vrais d\u00e9sirs\u00a0\u00bb des Nord-Africains. C&rsquo;est faux, mais c&rsquo;est ignoble, parce que cela peut justifier tellement de choses, ignobles elles-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong>Sur la route de Thil<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si j&rsquo;ai, longuement peut-\u00eatre, rappel\u00e9 cette th\u00e9orie, c&rsquo;est en pensant aux Nord-Africains que j&rsquo;ai rencontr\u00e9s en train de refaire la place centrale de Villerupt, ou, plus encore, peut-\u00eatre, \u00e0 ceux qui, non loin de Thil, travaillaient sur les bas-c\u00f4t\u00e9s de la route.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette route de Thil, on n&rsquo;y passait pas pendant la guerre. Un kilom\u00e8tre avant le village, une sentinelle allemande d\u00e9tournait les voyageurs, leur faisant contourner le village. Pourquoi ? Parce qu&rsquo;<strong>au camp de Thil<\/strong>, il y avait 200 \u00e0 300 d\u00e9port\u00e9s, des intern\u00e9s en sabots et en tenue ray\u00e9e, r\u00e9unis dans un camp d&rsquo;extermination. Camp qui a le triste privil\u00e8ge d&rsquo;\u00eatre le seul camp de concentration, \u00e9tabli en France, o\u00f9 fonctionnait un four cr\u00e9matoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque nous sommas entr\u00e9s en Allemagne, en 1945, une odeur nous serrait la gorge \u00e0 l&rsquo;approche des camps de concentration : l&rsquo;odeur des corps humains br\u00fbl\u00e9s, l&rsquo;odeur de cendre s\u00e8che, \u00e2cre, f\u00e9tide. Cette odeur, les habitants de Thil et de Villerupt la connaissent bien. Pendant les ann\u00e9es 1943 et 1944, ce fut l&rsquo;odeur permanente autour du camp. Les habitants ont vu, journellement, les intern\u00e9s ; tout le monde le savait, dit-on, \u00e0 Villerupt. En majeure partie, c&rsquo;\u00e9taient des Juifs, qui cassaient des cailloux le long des routes \u2026 avant d&rsquo;\u00eatre livr\u00e9s au four cr\u00e9matoire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>(A SUIVRE.)<\/em><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"568\" height=\"773\" data-attachment-id=\"25616\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2025\/01\/10\/letrilliart\/droit-et-liberte-20-juillet-1951\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Droit-et-Liberte-20-juillet-1951.jpg?fit=568%2C773&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"568,773\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Droit et Libert\u00e9 20 juillet 1951\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Droit-et-Liberte-20-juillet-1951.jpg?fit=220%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Droit-et-Liberte-20-juillet-1951.jpg?fit=568%2C773&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Droit-et-Liberte-20-juillet-1951.jpg?resize=568%2C773&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-25616\" style=\"width:372px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Droit-et-Liberte-20-juillet-1951.jpg?w=568&amp;ssl=1 568w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Droit-et-Liberte-20-juillet-1951.jpg?resize=220%2C300&amp;ssl=1 220w\" sizes=\"auto, (max-width: 568px) 100vw, 568px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><em>Les Nord-Africains en Lorraine (3)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-larger-font-size\"><strong>Dans un simoun de fer, d&rsquo;\u00e9quipe en \u00e9quipe, de mis\u00e8re en mis\u00e8re&#8230;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">(De notre envoy\u00e9 sp\u00e9cial Ren\u00e9 L\u00e9trilliart)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><strong>SI<\/strong> <strong>Dante avait connu les vall\u00e9es de Lorraine o\u00f9 s&rsquo;est install\u00e9e la sid\u00e9rurgie, au d\u00e9bouch\u00e9 des mines de fer, il y aurait sans doute situ\u00e9 un des cercles de son Enfer. Ceux qui passent sans descendre de voiture, ou les voyageurs de sleepings, ont toutes les raisons de trouver le pays beau. Le jour, c&rsquo;est la succession des usines, monumentales, dress\u00e9es autour des hauts-fourneaux qui ressemblent avec leurs monte-charges, leurs bennes, les arriv\u00e9es de minerais et de coke, \u00e0 de monstrueuses mantes religieuses, qui r\u00e9fl\u00e9chiraient, leur grosse t\u00eate dans leurs pattes efflanqu\u00e9es.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il y a de vieilles usines, comme <em>Senelle<\/em> \u00e0 Herserange, d&rsquo;autres tr\u00e8s modernes comme \u00ab\u00a0Micheville\u00a0\u00bb \u00e0 Villerupt. Cette derni\u00e8re est une des plus importantes. La mine n&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 800 m\u00e8tres. A un bout arrive le minerai brut ; \u00e0 l&rsquo;autre, des rails, des traverses, des plaques s&rsquo;entassent sous de grands hangars. Dans les kilom\u00e8tres interm\u00e9diaires, les hauts-fourneaux, d&rsquo;o\u00f9 coule la fonte, avec entre deux coul\u00e9es, le ruissellement incessant de l&rsquo;eau qui refroidit les parois. Puis, les fours \u00e0 acier Martin, Thomas, les m\u00e9langeurs, les fours Pits pour r\u00e9chauffer l&rsquo;acier avant de l&rsquo;envoyer aux laminoirs. Les laminoirs avec le va-et-vient des lingots chauff\u00e9s au rouge, qui deviendront ce ruban remuant, vivant, qui se tortille avant de partir, enfin droit et refroidi, vers les tr\u00e9fileries. Bref, une aci\u00e9rie ne peut se raconter que si l&rsquo;on dispose d&rsquo;une page enti\u00e8re de journal.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong>Le royaume du fer<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Entre les aci\u00e9ries, pour r\u00e9cup\u00e9rer le gaz des hauts-fourneaux, qui s&rsquo;en va alimenter les centrales \u00e9lectriques, \u00e0 travers la campagne, comme une immense chenille, aux mille articulations, rampent les conduites de gaz. Elles s&rsquo;\u00e9tirent sur des kilom\u00e8tres, paressent dans l&rsquo;herbe grasse des champs, escaladent les collines, o\u00f9 elles ont fait une trou\u00e9e dans le feuillage des for\u00eats.<\/p>\n\n\n\n<p>En Lorraine, le fer est roi. Partout, il vous imposera sa pr\u00e9sence.<\/p>\n\n\n\n<p>La nuit, il jaillira de toutes les bouches, de tous les trous de coul\u00e9es, et ce sera cette lueur rouge\u00e2tre, qu&rsquo;on peut voir depuis Longwy-Haut, sans interruption dans toute la vall\u00e9e. La fonte et l&rsquo;acier coulent en lignes rouges et blanches, incandescentes, et les \u00e9tincelles jaillissent en constellations des hauts-fourneaux des fours Pits, des longs rubans que l&rsquo;on lamine.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand on p\u00e9n\u00e8tre dans une aci\u00e9rie, c&rsquo;est d&rsquo;abord vers tout ce m\u00e9tal en fusion que se portent vos regards.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Mais l\u00e0, des hommes travaillent.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong>Un simoun de fer<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Avant le feu, il y a la poussi\u00e8re. Il faut concasser le minerai de fer. A \u00ab Senelle \u00bb, le concassage se fait dans un grand b\u00e2timent accol\u00e9 \u00e0 la colline. On ne le voit pas plus que s&rsquo;il contenait de l&rsquo;eau bouillante, s&rsquo;\u00e9chappant en vapeur par tous les orifices. Par le moindre petit trou, s&rsquo;\u00e9chappe la poussi\u00e8re, en nuages, en nappes, en avalanches. Le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 C.G.T. qui m&rsquo;accompagne m&rsquo;a pr\u00e9venu : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab Ce n&rsquo;est rien, de loin, tu la vois, mais elle te prendra \u00e0 la gorge bien avant d&rsquo;arriver au b\u00e2timent. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Plusieurs dizaines de m\u00e8tres avant ce nuage, vous avez soudain l&rsquo;impression qu&rsquo;il y a, dissous dans l&rsquo;air, un produit dont on ne parvient pas \u00e0 d\u00e9finir l&rsquo;odeur. En avan\u00e7ant encore, c&rsquo;est la poussi\u00e8re, invisible, la poussi\u00e8re qui doit coller aux poumons, s&rsquo;infiltrer par tous les pores. Et elle doit p\u00e9n\u00e9trer le corps des Nord-Africains qui travaillent au concassage, comme le simoun, dans le Sud, p\u00e9n\u00e8tre dans les maisons, m\u00eame lorsque tout semble herm\u00e9tiquement clos.<\/p>\n\n\n\n<p>Car, au concassage, vous l&rsquo;avez devin\u00e9, dans la poussi\u00e8re et dans le bruit, travaillent les Nord-Africains.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong>Ceux qu&rsquo;on trimballe<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>De ce premier travail jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;autre bout des usines, on les rencontre \u00e0 tous les escaliers de fer, \u00e0 tous les hangars, sous toutes les verri\u00e8res, partout o\u00f9 il faut des man\u0153uvres de force.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;acier, chauff\u00e9 \u00e0 blanc, la chaleur du soleil s&rsquo;ajoutant comme les mouches sur une plaie d\u00e9j\u00e0 douloureuse, le bruit, la poussi\u00e8re, avec ce go\u00fbt de rouille, de fer humide, de vapeur d&rsquo;eau, le m\u00e9tal en fusion, qu&rsquo;il faut regarder bouillir, en gros remous glauques, \u00e0 travers des lunettes noires, et encore la chaleur qui s\u00e8che les v\u00eatements m\u00eame s&rsquo;ils semblent ne pas receler une goutte de vapeur d&rsquo;eau, c&rsquo;est la sid\u00e9rurgie.<\/p>\n\n\n\n<p>Les travailleurs nord-africains sont trimball\u00e9s d&rsquo;\u00e9quipe en \u00e9quipe, jour apr\u00e8s jour. Rarement, ils obtiennent un travail fixe. J&rsquo;en rencontre qui empilent des rails. Peu d&rsquo;entre eux parlent le fran\u00e7ais. Un grand Alg\u00e9rien, un Oranais, me dit :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>&#8211; <em>Je ne sais m\u00eame pas aujourd&rsquo;hui qui est mon chef d&rsquo;\u00e9quipe. Ca change tous les jours.<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Il est forgeron, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui, son copain est tourneur. Pourtant, tous deux travaillent comme man\u0153uvres de force. Les autres suivent notre conversation, mais leurs yeux ne se fixent que lorsqu&rsquo;un mot arabe, un mot que le forgeron ne sait pas traduire, arrive dans la conversation. Pourtant, il y a eu des essais de cours de fran\u00e7ais pour ces travailleurs. La direction s&rsquo;est oppos\u00e9 \u00e0 ce que ce \u00ab scandale \u00bb ne continue.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong>Les lits font les trois huit<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Tout de suite, la conversation roule sur les revendications. La pr\u00e9sence du d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 a eu t\u00f4t fait de faire r\u00e9gner une atmosph\u00e8re de sympathie et de compr\u00e9hension. En premier lieu, les logements.<\/p>\n\n\n\n<p>A Longwy, les Nord-Africains sont mis\u00e9rablement log\u00e9s. Pour une \u00ab\u00a0chambre\u00a0\u00bb de 1 m. 40 sur deux, ils payent 2.400 fr par mois. Mais souvent, ils sont oblig\u00e9s de vivre \u00e0 plusieurs dans la m\u00eame pi\u00e8ce. A quatre dans un trou, ils donnent 1.800 fr. chacun. Quant au confort \u2026 c&rsquo;est un mot \u00e0 ne pas prononcer. Le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 m&rsquo;explique que \u2026 mais est-ce la peine d&rsquo;adoucir sa phrase : \u00ab\u00a0Les lits font les trois huit !\u00a0\u00bb Car les Nord-Africains dorment par roulement, suivant leurs heures de travail. Sous eux, la paillasse de cuir contient tout au plus un kilo de crin v\u00e9g\u00e9tal. Les draps sont rarement chang\u00e9s \u2026<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>&#8211; <strong>Quand on s&rsquo;endort, on est en bonne sant\u00e9, le matin on est \u00e0 moiti\u00e9 foutu \u2026 m&rsquo;a confi\u00e9 le forgeron.<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Ils sont log\u00e9s par des bistrots, des tauliers, au petit bonheur la chance. On leur <strong>\u00ab\u00a0fait la vie plus dure qu&rsquo;\u00e0 des prisonniers de guerre\u00a0\u00bb<\/strong>. C&rsquo;est le tourneur qui vient de dire cela. Et il en sait quelque chose, il a \u00e9t\u00e9 prisonnier pendant quatre ans. On les oblige \u00e0 prendre leur repas. Ces turnes font \u00ab\u00a0pension\u00a0\u00bb. Pas de repas, pas de chambres.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Syndicat vient d&rsquo;exiger qu&rsquo;une des maisons en construction, par l&rsquo;entreprise soit mise au service des travailleurs nord-africains. Unis comme ils le sont, au sein de leur Syndicat, ils savent qu&rsquo;ils peuvent compter sur leurs camarades fran\u00e7ais et qu&rsquo;ensemble ils obtiendront satisfaction.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong>Salaires et math\u00e9matiques<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour payer cela, il gagne 74 francs de l&rsquo;heure, et travaille neuf heures par jour, soit 54 heures par semaine. N&rsquo;allez surtout pas croire que la loi sur les heures suppl\u00e9mentaires est appliqu\u00e9e d&rsquo;office. Non, pour en b\u00e9n\u00e9ficier, il a fallu se battre, et il faut encore \u00eatre vigilants. Un autre probl\u00e8me se pose : la difficult\u00e9 \u00e0 comprendre les bulletins de paye. <strong>\u00ab Il faudrait sortir de Saint-Cyr \u00bb<\/strong>, dit le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 en me tendant un bulletin. Le Syndicat a engag\u00e9 une action pour obtenir la simplification de ces bulletins.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, par contre, il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire de \u00ab\u00a0sortir de Saint-Cyr\u00a0\u00bb pour comprendre qu&rsquo;une telle feuille de paye pr\u00e9sente bien de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour l&#8217;employeur. Il est impossible de calculer la prime. Ce n&rsquo;est certes pas au b\u00e9n\u00e9fice du travailleur nord-africain \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Un grand progr\u00e8s a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9. La direction, par l&rsquo;action puissante men\u00e9e, a \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9e de payer les travailleurs nord-africains au m\u00eame tarif que les autres. Il faudra encore lutter. Pour l&rsquo;habitat, bien s\u00fbr. A Villerupt, les Nord-Africains ont obtenu de pouvoir s&rsquo;installer \u00e0 la \u00ab\u00a0caserne br\u00fbl\u00e9e\u00a0\u00bb (c&rsquo;est tout un programme). C&rsquo;est mis\u00e9rable, mais ils ont enfin un toit.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais surtout, il y a les allocations familiales. Le Nord-Africain doit travailler 16 ou 18 mois pour que sa femme rest\u00e9e au pays puisse toucher le premier trimestre d&rsquo;allocations. La caisse de Longwy transmet \u00e0 Nancy, Nancy \u00e0 Paris, Paris \u00e0 Marseille, Marseille \u00e0 Alger, Alger \u00e0 \u2026 la maison. Ils demandent que l&rsquo;argent parte tous les mois de l&rsquo;usine directement \u00e0 leurs familles. Les plus favoris\u00e9s ont appris, une fois ou deux, que leurs femmes n&rsquo;avaient mis que six ou huit mois pour toucher. Mais, \u00e7a, c&rsquo;est l&rsquo;exception.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, les travailleurs nord-africains doivent pouvoir b\u00e9n\u00e9ficier des cong\u00e9s pay\u00e9s, compte tenu de l&rsquo;\u00e9loignement de leur pays, ils obtiendront satisfaction, car ils connaissent le langage de la lutte ouvri\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong>Mercenaires disponibles : N\u00e9ant !<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Certes, le temps des mercenaires officiels et patent\u00e9s est r\u00e9volu. Mais les exploiteurs continuent \u00e0 r\u00eaver au bon vieux temps du libre esclavage. Les Nord-Africains, on avait pens\u00e9 en faire une mine \u00e0 mercenaires. Les militaires avec une croix au bout d&rsquo;un ruban, ce qui faisait tout avaler. Dans les usines, ils devaient se laisser tondre comme les moutons du Sahel. En attendant l&rsquo;abattoir. Vous connaissez le dilemme \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Le temps des moutons, le temps des mercenaires est r\u00e9volu. On n&rsquo;\u00e9gorge plus dans l&rsquo;ombre quand des millions d&rsquo;hommes sont \u00e0 l&rsquo;aff\u00fbt pour se d\u00e9fendre. Et il arrive inexorablement, le jour o\u00f9 les mercenaires se veulent des hommes lib\u00e9r\u00e9s, des hommes libres se conduisant en hommes libres, en hommes \u00ab\u00a0\u00e9gaux en droits\u00a0\u00bb&#8230; Et l&rsquo;homme libre sait d\u00e9fendre sa libert\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">FIN<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Ren\u00e9 LETRILLIART.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Reportage de Ren\u00e9 L\u00e9trilliart paru en trois parties dans Droit et Libert\u00e9, n\u00b0 82 (186), 29 juin &#8211; 5 juillet 1951 ; n\u00b0 83 (187), 6-12 juillet 1951 ; n\u00b0 85 (189), 20-26 juillet 1951 POUR atteindre les mines de fer et les industries sid\u00e9rurgiques de Lorraine, il faut traverser des r\u00e9gions qui n&rsquo;ont gu\u00e8re [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[31,112,5581,457,5667,5582,849,5679],"class_list":["post-25611","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-presse","tag-31","tag-algerie","tag-droit-et-liberte","tag-france","tag-lorraine","tag-mouvement-contre-le-racisme-et-pour-lamitie-entre-les-peuples","tag-nancy","tag-rene-letrilliart"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9lTYU-6F5","jetpack_likes_enabled":true,"jetpack-related-posts":[{"id":13460,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2021\/07\/29\/rene-lustre-memoires-dun-revolutionnaire\/","url_meta":{"origin":25611,"position":0},"title":"Ren\u00e9 Lustre : M\u00e9moires d&rsquo;un r\u00e9volutionnaire","author":"SiNedjib","date":"29\/07\/2021","format":false,"excerpt":"Article de Ren\u00e9 Lustre paru dans Le Libertaire, n\u00b0 269, 18 mai 1951, p. 3 MILITANT anarchiste en France en Espagne (1) ralli\u00e9 aux Soviets apr\u00e8s 1917, opposant quelques ann\u00e9es plus tard, Victor Serge n'a plus besoin d'\u00eatre pr\u00e9sent\u00e9. 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