{"id":26227,"date":"2025-05-29T12:21:00","date_gmt":"2025-05-29T10:21:00","guid":{"rendered":"https:\/\/sinedjib.com\/?p=26227"},"modified":"2025-05-29T12:25:07","modified_gmt":"2025-05-29T10:25:07","slug":"amerique-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2025\/05\/29\/amerique-2\/","title":{"rendered":"Quelques aspects du probl\u00e8me noir en Am\u00e9rique"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Article paru dans <em>Egalit\u00e9<\/em>, organe du \u00ab\u00a0Manifeste\u00a0\u00bb et de d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats alg\u00e9riens, 2 mars 1945, p. 1-2<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"580\" height=\"144\" data-attachment-id=\"26228\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2025\/05\/29\/amerique-2\/egalite-2-mars-1945\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Egalite-2-mars-1945.jpg?fit=1312%2C327&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"1312,327\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Egalit\u00e9 2 mars 1945\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Egalite-2-mars-1945.jpg?fit=300%2C75&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Egalite-2-mars-1945.jpg?fit=580%2C144&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Egalite-2-mars-1945.jpg?resize=580%2C144&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-26228\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Egalite-2-mars-1945.jpg?resize=1024%2C255&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Egalite-2-mars-1945.jpg?resize=300%2C75&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Egalite-2-mars-1945.jpg?resize=768%2C191&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Egalite-2-mars-1945.jpg?resize=1200%2C299&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Egalite-2-mars-1945.jpg?w=1312&amp;ssl=1 1312w\" sizes=\"auto, (max-width: 580px) 100vw, 580px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">\u00ab \u2026 Et je ne sais comment, j&rsquo;ai tout \u00e0 coup compris que d&rsquo;\u00eatre noir et d&rsquo;en porter la peine demande plus de vertu que n&rsquo;en poss\u00e8dent les anges m\u00eames. \u00bb (Countee Cullen, \u00ab The Shroud of Color \u00bb.)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>Countee Cullen, grand po\u00e8te noir am\u00e9ricain, a \u00e9crit un jour un po\u00e8me intitul\u00e9 \u00ab\u00a0The shroud of color\u00a0\u00bb (<em>Le linceul de la couleur<\/em>). Ce titre rend compte avec une exactitude poignante de la situation diminu\u00e9e des Noirs en Am\u00e9rique. Leur enveloppe noire les retranche, en quelque sorte, sinon du monde des vivants, du moins de celui des heureux. Ils sont l\u00e0-bas dix millions environ, quotidiennement en lutte \u00e0 de f\u00e9roces pr\u00e9jug\u00e9s de race et de couleur. Nous pensons int\u00e9resser nos lecteurs en leur apportant quelques renseignements sur la vie de ceux-ci ; car c&rsquo;est bien \u00e0 un v\u00e9ritable ph\u00e9nom\u00e8ne de colonisation des noirs par les blancs, colonisation dans les faits, sinon dans le vocabulaire, que l&rsquo;on assiste aux Etats-Unis, depuis la fin de la guerre de S\u00e9cession.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Une anecdote, rapport\u00e9e par un professeur de litt\u00e9rature fran\u00e7aise dans un coll\u00e8ge pour jeunes filles, va nous mettre dans l&rsquo;ambiance. Ce professeur, Fran\u00e7ais lui-m\u00eame, \u00e9tudiait Baudelaire avec ses \u00e9l\u00e8ves. Etude passionnante ! Les adolescentes, avec toute l&rsquo;ardeur de leur \u00e2ge, admiraient le g\u00e9nial po\u00e8te. Il en fut ainsi jusqu&rsquo;au jour o\u00f9 le professeur eut la malencontreuse id\u00e9e de confier \u00e0 son auditoire que la ma\u00eetresse la plus ch\u00e9rie du po\u00e8te, Jeanne Duval, \u00e9tait de sang m\u00eal\u00e9. Aussit\u00f4t, l&rsquo;expression, des visages changent, devint glaciale. A partir de ce moment, les jeunes filles d\u00e9laiss\u00e8rent compl\u00e8tement les \u00ab\u00a0Fleurs du Mal\u00a0\u00bb, allant jusqu&rsquo;\u00e0 refuser d&rsquo;ouvrir seulement le livre. Elles avaient vou\u00e9 \u00e0 l&rsquo;auteur un total et d\u00e9finitif m\u00e9pris.<\/p>\n\n\n\n<p>En Am\u00e9rique, les Noirs ont leurs restaurants, leurs \u00e9coles, leurs salles de spectacle, leurs \u00e9tablissements culturels, leurs compartiments sp\u00e9ciaux dans les v\u00e9hicules publics, leurs cimeti\u00e8res, leur quartier dans les grandes villes, v\u00e9ritable \u00e9quivalent du ghetto juif en Europe Centrale et Orientale. Le quartier n\u00e8gre de New-York, Harlem, est c\u00e9l\u00e8bre : c&rsquo;est un endroit plein de vie, de rire, de passion, de chant et de musique. Les Blancs de la capitale y viennent en foule pour s&rsquo;y amuser. Mais le plaisir n&rsquo;a rien de commun avec les affaires s\u00e9rieuses. Et, \u00e0 cette exception pr\u00e8s, la s\u00e9paration des races \u00e0 New York et dans toute l&rsquo;Am\u00e9rique est strictement observ\u00e9e. Si un Noir, pouss\u00e9 par je ne sais quel d\u00e9mon, se pr\u00e9sente \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e d&rsquo;un restaurant blanc, une main souvent brutale le repousse sur le trottoir ; le voudrait-il, le patron ne pourrait agir autrement sous peine de voir son \u00e9tablissement d\u00e9sert\u00e9 par toute sa client\u00e8le habituelle. De m\u00eame, si un Noir r\u00e9ussit par surprise, \u00e0 louer un appartement, dans un quartier blanc de New-York, les autres locataires de l&rsquo;immeuble pr\u00e9f\u00e8rent d\u00e9m\u00e9nager que de subir un tel voisinage.<\/p>\n\n\n\n<p>Un n\u00e8gre n&rsquo;a aucune chance d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 certaines professions. Roy de Coverley, \u00e9crivain, noir originaire de la Jama\u00efque, raconte que, venu de son pays natal en Am\u00e9rique, riche d&rsquo;un solide talent de dessinateur, avec l&rsquo;espoir de faire carri\u00e8re dans cette branche, se vit fermer toutes les portes, avec des sourires m\u00e9prisants ; il en fut r\u00e9duit \u00e0 se faire gar\u00e7on d&rsquo;ascenseur.<\/p>\n\n\n\n<p>Le cloisonnement des races n&rsquo;est que le signe le plus visible d&rsquo;un antagonisme qui s&rsquo;exacerbe souvent jusqu&rsquo;\u00e0 la haine. Le lynchage s&rsquo;y pratique parfois. De 1914 \u00e0 nos jours, on compte environ un millier de n\u00e8gres lynch\u00e9s, c&rsquo;est-\u00e0-dire br\u00fbl\u00e9s vifs, lapid\u00e9s, pendus, cribl\u00e9s de coups de feu, par une meute de blancs d\u00e9cha\u00een\u00e9s. Dans une prison, deux n\u00e8gres sont massacr\u00e9s par leurs co-d\u00e9tenus pour s&rsquo;\u00eatre rendus coupables, envers l&rsquo;un d&rsquo;eux d&rsquo;un vol de quelques \u00ab\u00a0cents\u00a0\u00bb. Mais le pr\u00e9texte le plus g\u00e9n\u00e9ralement invoqu\u00e9 pour justifier le lynchage est le viol. Une l\u00e9gende solidement enracin\u00e9e aux U.S.A. veut que le n\u00e8gre soit attir\u00e9 vers la femme blanche par un irr\u00e9sistible r\u00e9flexe sexuel. Je dis bien \u00ab\u00a0l\u00e9gende\u00a0\u00bb. En effet, un n\u00e8gre am\u00e9ricain, Jacques Roumain, eut l&rsquo;id\u00e9e un beau jour de se livrer \u00e0 une petite \u00e9tude statistique sur la question. Elle lui r\u00e9v\u00e9la que, dans l&rsquo;ensemble du territoire de l&rsquo;Union, le pourcentage des noirs condamn\u00e9s pour viol \u00e9tait inf\u00e9rieur \u00e0 celui des Blancs ! Mais le slogan a toujours cours. Et, au nom de cette bestialit\u00e9 des noirs, on prend des mesures de \u00ab\u00a0protection de la femme blanche\u00a0\u00bb, qui se traduisent par des lois draconiennes contre les hommes de couleur.<\/p>\n\n\n\n<p>Par contre, il n&rsquo;est nullement question de protection de la femme noire. Un mari n\u00e8gre \u00e9met la pr\u00e9tention de prot\u00e9ger sa femme contre les entreprises galantes de quatre blancs pris de boisson. Il est imm\u00e9diatement abattu \u00e0 coups de revolver par l&rsquo;un des agresseurs : le meurtrier est acquitt\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;autre part, chose curieuse, le d\u00e9go\u00fbt des Blancs pour les Noirs, d\u00e9go\u00fbt qui leur fait refuser tout rapprochement avec eux, se borne au sexe fort. Les femmes noires ont l&rsquo;honneur d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 cette exclusive, puisque l&rsquo;Am\u00e9rique compte par centaines de milliers, chaque ann\u00e9e, les naissances d&rsquo;enfants \u00ab\u00a0sang m\u00eal\u00e9\u00a0\u00bb. A moins que, de leur c\u00f4t\u00e9, les Am\u00e9ricaines blanches, comme la paysanne de Moli\u00e8re, n&rsquo;aient nullement envie d&rsquo;\u00eatre \u00ab\u00a0prot\u00e9g\u00e9es\u00a0\u00bb ! Ainsi se v\u00e9rifie, une fois de plus, la loi sociologique in\u00e9luctable qui veut que, partout o\u00f9 deux ou plusieurs races se trouvent en pr\u00e9sence, elles se combattent quelquefois, mais s&rsquo;accouplent toujours. De tels faits mettent en lumi\u00e8re toute la tartuferie qu&rsquo;implique cet isolement artificiel des deux races. Par exemple, dans les Etats du Sud, on voit couramment des Blancs qui, \u00e9lev\u00e9s par une nourrice noire tendrement ch\u00e9rie, amants d&rsquo;une ou de plusieurs femmes noires dont ils ont des enfants qu&rsquo;ils \u00e9l\u00e8vent et qu&rsquo;ils aiment, n&rsquo;en tiennent pas moins avec acharnement pour la s\u00e9paration des races. Cette s\u00e9paration paradoxale, cette contradiction entre les id\u00e9es d&rsquo;une part, leurs actes et leurs sentiments de l&rsquo;autre, ne semble nullement les g\u00eaner.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais il y a mieux. Cette s\u00e9paration est r\u00e9glement\u00e9e par la loi. Trente Etats interdisent le mariage ou les relations sexuelles inter-raciales. Le Dakota du Nord pr\u00e9voit pour la transgression de ce tabou dix ans de prison aux d\u00e9linquants plus 500 dollars d&rsquo;amende \u00e0 l&rsquo;eccl\u00e9siastique qui aurait b\u00e9ni cette union qu&rsquo;aucune loi religieuse n&rsquo;interdit, remarquons-le. Le concubinage dans les m\u00eames conditions y est frapp\u00e9 d&rsquo;une ann\u00e9e de prison et de 500 dollars d&rsquo;amende. Dans le Nevada, le mariage mixte est consid\u00e9r\u00e9 comme une \u00ab\u00a0grande f\u00e9lonie\u00a0\u00bb. On ne peut s&#8217;emp\u00eacher de rapprocher ces lois, \u00e0 la fois grotesques et barbares, de celles qui, en Allemagne nazie, punissent les idylles entre Juifs et Aryens.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce tenace pr\u00e9jug\u00e9 de couleur cr\u00e9e des situations douloureuses. Apr\u00e8s quatre, cinq g\u00e9n\u00e9rations, celui qui n&rsquo;a qu&rsquo;un anc\u00eatre noir sur huit, sur seize, peut assez ais\u00e9ment passer pour un blanc. Mais si sa tare honteuse est cependant d\u00e9cel\u00e9e \u00e0 certains signes (aspect des ongles en particulier), ils voient se fermer inexorablement devant eux les portes des salons, des clubs, des cercles. Il arrive qu&rsquo;un enfant garde rancune au p\u00e8re ou \u00e0 la m\u00e8re qui lui vaut, en m\u00eame temps qu&rsquo;une peau f\u00e2cheusement brune, une vie de lutte \u00e9puisante, qui l&#8217;emp\u00eache de pr\u00e9tendre au mariage, \u00e0 la carri\u00e8re, que sa beaut\u00e9 ou ses dons lui auraient permis de briguer.<\/p>\n\n\n\n<p>Rien entendu, et comme toujours, ce racisme avou\u00e9 ne fait que dissimuler le c\u00f4t\u00e9 \u00e9conomique du probl\u00e8me, le seul important. Ainsi, les lyncheurs sont le plus souvent de pauvres bougres (<em>poor whites<\/em>) dont les conditions de vie sont \u00e0 peine moins pr\u00e9caires que celles faites aux Noirs. Mais cette marge tr\u00e8s mince suffit \u00e0 donner aux \u00ab\u00a0<em>poor whites<\/em>\u00a0\u00bb l&rsquo;illusion d&rsquo;une sup\u00e9riorit\u00e9 sur le noir et d&rsquo;une similitude d&rsquo;int\u00e9r\u00eats avec la bourgeoisie blanche. Par cet artifice se r\u00e9alise une collusion entre exploiteurs et exploit\u00e9s blancs qui constitue pour ces derniers un v\u00e9ritable march\u00e9 de dupes. Le pr\u00e9jug\u00e9 de couleur, comme ailleurs le pr\u00e9jug\u00e9 anti-s\u00e9mite est un moyen de division des masses laborieuses noires et blanches, dont les revendications, si elles devenaient similaires, menaceraient l&rsquo;ordre \u00e9tabli. Le lynchage apporte aux col\u00e8res populaires un d\u00e9rivatif, un exutoire fort opportun qui fait oublier la v\u00e9ritable nature et la v\u00e9ritable signification des antagonismes sociaux.<\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame, voici quelques traitements compar\u00e9s, en dollars, des instituteurs blancs et de leurs coll\u00e8gues noirs : 768 et 260 en G\u00e9orgie, 1.154 et 424 en Floride. Inutile de multiplier les exemples. Ces quelques chiffres suffisent pour nous reporter quelques ann\u00e9es en arri\u00e8re au temps o\u00f9, en Alg\u00e9rie, des syndicalistes europ\u00e9ens trouvaient normal de s&rsquo;\u00e9lever, en plein congr\u00e8s, contre la parit\u00e9 de traitement entre instituteurs fran\u00e7ais et instituteurs musulmans : Ici ou l\u00e0, le pr\u00e9jug\u00e9 de race fait le jeu du r\u00e9gime capitaliste. Ici ou l\u00e0, l&rsquo;hostilit\u00e9 des races syst\u00e9matiquement et miroitement entretenues sert \u00e0 maintenir les salaires insuffisants et les conditions de vie p\u00e9nibles pour les travailleurs de l&rsquo;une et l&rsquo;autre origine, avec une simple diff\u00e9rence de degr\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>En Am\u00e9rique, cette situation humili\u00e9e de tout un peuple ne peut trouver l&rsquo;ombre d&rsquo;une justification raisonnable. De m\u00eame que l&rsquo;Alg\u00e9rie compte des docteurs, des artistes, des professeurs musulmans \u00e9minents, les Am\u00e9riques ont des noirs d&rsquo;\u00e9lite : Countee Cullen, grand po\u00e8te ; Ernest Just, biologiste de r\u00e9putation mondiale ; William Dawson, musicien ; Henry Tanner, peintre ; Roland Hayes, Ira Aldrige, Rose McClendon, acteurs de g\u00e9nie Marian Anderson et Paul Robeson, dont la radio et les disques ont popularis\u00e9 la voix bouleversante. Sans oublier que les ch\u0153urs religieux n\u00e8gres \u00ab\u00a0negro spirituals\u00a0\u00bb sont la seule musique nationale am\u00e9ricaine.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9volte des Noirs contre leur sort peu enviable s&rsquo;est parfois traduite de fa\u00e7on maladroite et exalt\u00e9e. T\u00e9moins, le mouvement pan-noir dirig\u00e9 par Marcus Garvey, qui organisa l&rsquo; \u00ab\u00a0Association universelle pour l&rsquo;am\u00e9lioration de la race noire\u00a0\u00bb (U.N.I.A. Universal Negro Improvement Association).<\/p>\n\n\n\n<p>Cette soci\u00e9t\u00e9 eut des sections dans toutes les villes am\u00e9ricaines de quelque importance et poss\u00e9da, dans ses beaux jours, des fonds illimit\u00e9s, les noirs donnaient sans compter leurs \u00e9conomies pour la d\u00e9fense de leur cause. Mais la grande faute de Marcus Garvey fut de se laisser griser par ses rapides succ\u00e8s et entra\u00eener par sa brillante imagination loin du domaine du possible. Ses ambitions d\u00e9mesur\u00e9es n&rsquo;\u00e9taient pas d&rsquo;un r\u00e9aliste ; il \u00e9voquait, devant les foules venues l&rsquo;entendre, une grande et puissante nation noire qui serait situ\u00e9e en Afrique, aurait des villes splendides, des arm\u00e9es indomptables, et dont les citoyens seraient les n\u00e8gres du monde entier, \u00e9migr\u00e9s en masse vers cette terre promise. A cette fin, l&rsquo;U.N.I.A. commen\u00e7a m\u00eame \u00e0 acheter les navires qui devaient constituer une flotte capable d&rsquo;entrer en concurrence avec les autres marines du monde. Mais Marcus Garvey ne dit jamais rien des moyens mat\u00e9riels qu&rsquo;il entendait mettre en \u0153uvre pour imposer cette nouvelle nation noire aux puissants Etats blancs qui d\u00e9tiennent la majeure partie de l&rsquo;Afrique. Quoi de plus dangereux que ces chim\u00e8res qui ne tiennent pas compte des situations de faits et, par l\u00e0, se vouent \u00e0 un \u00e9chec certain, voire sanglant.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis, les n\u00e8gres d&rsquo;Am\u00e9rique ont compris et adopt\u00e9 la bonne m\u00e9thode. Les coll\u00e8ges et les universit\u00e9s am\u00e9ricaines abondent en jeunes n\u00e8gres qui s&rsquo;y instruisent contre vents et mar\u00e9es. La plupart travaillent durement entre les cours pour gagner leur vie. Mais rien n&rsquo;abat leur courage. Ils savent que la t\u00e9nacit\u00e9, la comp\u00e9tence, l&rsquo;ardeur de la sinc\u00e9rit\u00e9 ont raison, t\u00f4t ou tard, de tous les obstacles. Ils veulent que la qualit\u00e9 de leurs r\u00e9alisations s&rsquo;impose \u00e0 la mauvaise foi la plus tenace. D\u00e9j\u00e0, les th\u00e9\u00e2tres sont pleins de blancs quand Rose MacClendon joue et il est impossible de trouver un billet moins de trois semaines avant un concert de Roland Hayes.<\/p>\n\n\n\n<p>Non que les succ\u00e8s individuels aient un effet quelconque pour les masses. Ce n&rsquo;est certes pas parce que Countee Cullen, Roland Hayes, Rose McClendon sont invit\u00e9s \u00e0 des soir\u00e9es ou \u00e0 des th\u00e9s blancs que le probl\u00e8me est r\u00e9solu pour autant. Aux U.S.A. comme en Afrique du Nord, une des man\u0153uvres les plus courantes des forces de r\u00e9action consiste pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 essayer de d\u00e9solidariser l&rsquo;\u00e9lite de la masse : la man\u0153uvre est la m\u00eame. \u00ab\u00a0Quel dommage que tous les n\u00e8gres ne soient pas comme vous\u00a0\u00bb, dit l&rsquo;\u00e9l\u00e9gante New-Yorkaise \u00e0 Roy de Coverley. <em>S&rsquo;est-on jamais avis\u00e9s cependant d&rsquo;exiger de tous les Fran\u00e7ais, de tous les Anglais qu&rsquo;ils soient des sujets brillants ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Non, certes, les r\u00e9ussites individuelles n&rsquo;apportent nullement la solution du probl\u00e8me, ni en Afrique du Nord, ni aux Etats-Unis. Mais elles ont cet avantage de fournir aux partisans de l&rsquo;\u00e9mancipation leur meilleur argument. Elles plaident, en effet, \u00e9loquemment pour la scolarisation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, c&rsquo;est-\u00e0-dire pour l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des chances au d\u00e9but de la vie pour tous les enfants, quelle que soit leur origine.<\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;ailleurs, aux U.S.A. comme en Afrique du Nord, il existe une \u00e9lite parfaitement consciente de ses devoirs envers ses fr\u00e8res d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s. Roy de Coverley avoue qu&rsquo;en quittant l&rsquo;Am\u00e9rique, apr\u00e8s y avoir bu jusqu&rsquo;\u00e0 la lie la coupe d&rsquo;amertume, pour aller vivre au Danemark, il lui semble \u00ab\u00a0qu&rsquo;il a tourn\u00e9 casaque et fui devant quelque chose de trop fort pour lui, en laissant ses fr\u00e8res dans la souffrance\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais il en est d&rsquo;autres qui ne fuient pas et qui ont fait le serment de tout mettre en \u0153uvre pour que justice soit rendue \u00e0 leur peuple encore dans le bourbier.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;arm\u00e9e am\u00e9ricaine compte par milliers, dans ses rangs, les hommes de couleur qui se battent contre le fl\u00e9au nazi. De m\u00eame, dans l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise, de nombreux Nord-Africains versent leur sang pour la m\u00eame cause. Les deux grandes D\u00e9mocraties, la fran\u00e7aise et l&rsquo;am\u00e9ricaine, doivent \u00e0 leur dignit\u00e9 comme \u00e0 la logique de leur doctrine de trouver, aussit\u00f4t la guerre finie, une satisfaisante et d\u00e9finitive r\u00e9ponse \u00e0 la question des races. Dans l&rsquo;\u00e9tat actuel des choses, le pr\u00e9jug\u00e9 de couleur en ce qui regarde les U.S.A. sont des chancres \u00e0 leur flanc, qui les rongent et les paralysent.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article paru dans Egalit\u00e9, organe du \u00ab\u00a0Manifeste\u00a0\u00bb et de d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats alg\u00e9riens, 2 mars 1945, p. 1-2 \u00ab \u2026 Et je ne sais comment, j&rsquo;ai tout \u00e0 coup compris que d&rsquo;\u00eatre noir et d&rsquo;en porter la peine demande plus de vertu que n&rsquo;en poss\u00e8dent les anges m\u00eames. \u00bb (Countee Cullen, \u00ab The Shroud of [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[27,112,138,5760,182,407,457,5761,1488,985,1237],"class_list":["post-26227","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-presse","tag-27","tag-algerie","tag-anticolonialisme","tag-egalite-2","tag-emancipation-2","tag-etats-unis","tag-france","tag-manifeste-du-peuple-algerien","tag-noirs","tag-racisme","tag-segregation"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9lTYU-6P1","jetpack_likes_enabled":true,"jetpack-related-posts":[{"id":26220,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2025\/05\/27\/abbas-2\/","url_meta":{"origin":26227,"position":0},"title":"Ferhat Abbas : 8 Mai 45 &#8211; 8 Mai 47","author":"SiNedjib","date":"27\/05\/2025","format":false,"excerpt":"Editorial de Ferhat Abbas paru dans Egalit\u00e9, IVe ann\u00e9e, n\u00b0 76, 9 mai 1947 Il y a deux ans, s'achevait la guerre la plus meurtri\u00e8re que l'Histoire ait enregistr\u00e9e. Parti des bords de l'Oder, le conflit devait s'\u00e9tendre \u00e0 l'Europe puis \u00e0 l'Univers entier, entra\u00eenant les peuples colonis\u00e9s d'Asie et\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;presse&quot;","block_context":{"text":"presse","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/category\/presse\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/egalite.jpg?resize=350%2C200&ssl=1","width":350,"height":200,"srcset":"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/egalite.jpg?resize=350%2C200&ssl=1 1x, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/egalite.jpg?resize=525%2C300&ssl=1 1.5x, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/egalite.jpg?resize=700%2C400&ssl=1 2x"},"classes":[]},{"id":12468,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2021\/05\/07\/troubles-sociaux-en-algerie\/","url_meta":{"origin":26227,"position":1},"title":"Troubles sociaux en Alg\u00e9rie","author":"SiNedjib","date":"07\/05\/2021","format":false,"excerpt":"Article paru dans L'Etincelle, n\u00b0 5, mai 1945 Le peuple alg\u00e9rien exploit\u00e9, saign\u00e9 \u00e0 blanc par le capitalisme fran\u00e7ais et par le capitalisme anglo-am\u00e9ricain, se r\u00e9volte. 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