{"id":27075,"date":"2025-08-21T10:16:54","date_gmt":"2025-08-21T08:16:54","guid":{"rendered":"https:\/\/sinedjib.com\/?p=27075"},"modified":"2025-08-21T11:32:53","modified_gmt":"2025-08-21T09:32:53","slug":"hurst","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2025\/08\/21\/hurst\/","title":{"rendered":"Jean-Louis Hurst : L&rsquo;influence de Frantz Fanon sur la jeunesse"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Texte de la conf\u00e9rence de <a href=\"https:\/\/maitron.fr\/hurst-jean-louis-pseudonyme-pendant-la-guerre-dalgerie-maurienne\/\">Jean-Louis Hurtz<\/a> donn\u00e9e \u00e0 Alger et paru dans <em>Sous le drapeau du socialisme<\/em>, n\u00b0 108\/109, novembre-d\u00e9cembre 1988<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"580\" height=\"138\" data-attachment-id=\"27076\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2025\/08\/21\/hurst\/sous-le-drapeau-du-socialisme\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/sous-le-drapeau-du-socialisme.jpg?fit=965%2C230&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"965,230\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"sous le drapeau du socialisme\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/sous-le-drapeau-du-socialisme.jpg?fit=300%2C72&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/sous-le-drapeau-du-socialisme.jpg?fit=580%2C138&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/sous-le-drapeau-du-socialisme.jpg?resize=580%2C138&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-27076\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/sous-le-drapeau-du-socialisme.jpg?w=965&amp;ssl=1 965w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/sous-le-drapeau-du-socialisme.jpg?resize=300%2C72&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/sous-le-drapeau-du-socialisme.jpg?resize=768%2C183&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 580px) 100vw, 580px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Il y a un paradoxe. L&rsquo;\u0153uvre de Fanon a \u00e9t\u00e9 plus lue, au moment de sa parution, en Occident que dans le tiers-monde. Ce n&rsquo;est pas seulement parce que les librairies des \u00e9ditions du Seuil ou Maspero se trouvaient au Quartier Latin. C&rsquo;est aussi parce que le message de Fanon &#8211; je pense surtout aux \u00ab Damn\u00e9s de la Terre \u00bb &#8211; r\u00e9pondait chez les jeunes Fran\u00e7ais de mon \u00e2ge, \u00e0 la fin de la guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie, \u00e0 une formidable demande.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>J&rsquo;appartiens \u00e0 ce que l&rsquo;on appelait alors la \u00ab g\u00e9n\u00e9ration alg\u00e9rienne \u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire celle qui \u00e9tait cens\u00e9e vous pacifier. Plus la guerre durait, plus nous nous rendions compte que nous \u00e9tions des cocus. Le discours de droite &#8211; la mission civilisatrice de la France &#8211; ne passait plus. Quant \u00e0 la gauche, elle nous donnait la naus\u00e9e. Les socialistes justifiaient la torture et le Parti Communiste nous disait de partir en Alg\u00e9rie pour ne pas nous couper des masses. Le gaullisme virait au p\u00e9tainisme et les grands r\u00e9sistants au fascisme d&rsquo;hier se cramponnaient s\u00e9nilement aux lambeaux d&rsquo;un empire dont nous sentions plus ou moins confus\u00e9ment, depuis Dien-Bien-Phu, que les jours \u00e9taient compt\u00e9s. Mais, pendant que l&rsquo;Occident trahissait tous ses id\u00e9aux, le camp socialiste faisait de m\u00eame en envoyant ses tanks \u00e0 Budapest, \u00e0 peine connu le Rapport Khrouchtchev.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus d&rsquo;alternative. Nous n&rsquo;avions plus confiance en personne. \u00ab Le g\u00e2chis \u00bb comme titrait l&rsquo;un des n\u00f4tres. Ma g\u00e9n\u00e9ration \u00e9tait orpheline.<\/p>\n\n\n\n<p>Certes, nous pressentions que quelque chose \u00e9tait en train de na\u00eetre au sud, qu&rsquo;il \u00e9tait impossible que les deux milliards d&rsquo;hommes qui sortaient de la nuit coloniale n&rsquo;inventent pas un monde un peu plus fraternel. C&rsquo;est pourquoi certains d&rsquo;entre nous, en v\u00e9ritables kamikazes, rompant avec le consensus quasi-g\u00e9n\u00e9ral de notre peuple, ont d\u00e9sert\u00e9 leurs casernes ou leurs familles spirituelles pour se mettre \u00e0 la disposition du FLN. Un soldat de la guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie sur dix mille s&rsquo;est insoumis, ce qui n&rsquo;est gu\u00e8re plus reluisant, num\u00e9riquement, que ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 dans la Wehrmacht nazie. Mais notre influence, heureusement, fut sans commune mesure. Gr\u00e2ce \u00e0 la police et \u00e0 la justice, c&rsquo;est-\u00e0-dire aux arrestations et aux proc\u00e8s, nous nous sommes fait entendre, \u00e0 partir de 1960, du mouvement \u00e9tudiant et il y eut un sursaut. La jeunesse intellectuelle fran\u00e7aise se r\u00e9veilla et commen\u00e7a m\u00eame, pour la premi\u00e8re fois de son histoire, \u00e0 s&rsquo;organiser politiquement en dehors de tous les partis. C&rsquo;\u00e9tait le d\u00e9but de ce que nos d\u00e9tracteurs appelleront par la suite, le gauchisme. Il culminera, vous le savez, en mai 1968, apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre m\u00fbri d&rsquo;ailleurs en Alg\u00e9rie ind\u00e9pendante et \u00e0 Cuba.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais pour l&rsquo;heure, au tout d\u00e9but des ann\u00e9es 60, si la cause des Alg\u00e9riens nous para\u00eet juste, les messages qu&rsquo;ils nous transmettent, disons-le franchement, ne sont pas particuli\u00e8rement exaltants. Les discours de Ferhat Abbas ont la prudence d&rsquo;un s\u00e9nateur de la 3e R\u00e9publique. Et ceux qui, parmi nous, vivent avec des militants de la F\u00e9d\u00e9ration de France du FLN, en prison ou dehors, sont \u00e9tonn\u00e9s de leur int\u00e9r\u00eat plus que tardif pour le socialisme ou toute option d&rsquo;\u00e9dification nationale nettement originale.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est alors qu&rsquo;\u00e9clate une voix tonitruante, limpide, radicale, sans complexe et en m\u00eame temps d&rsquo;une chaleur jusque-l\u00e0 inconnue. La nouvelle fait le tour du Quartier Latin en 24 heures : \u00ab As-tu lu la conclusion des Damn\u00e9s de la Terre ? \u00bb. Car, dans notre fringale de perspectives nouvelles, nous sommes all\u00e9s directement \u00e0 la conclusion du gros livre qui venait de para\u00eetre \u00e0 la vitrine de la \u00ab Joie de Lire \u00bb(1).<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n&rsquo;est pas que le d\u00e9tail des th\u00e8ses qu&rsquo;y d\u00e9veloppait Fanon nous laissa indiff\u00e9rents. Mais le probl\u00e8me de l&rsquo;ali\u00e9nation de l&rsquo;homme colonis\u00e9, par exemple, nous paraissait, je l&rsquo;avoue, un peu d\u00e9pass\u00e9. Car si nos camarades de la F\u00e9d\u00e9ration de France, dont je parlais \u00e0 l&rsquo;instant, n&rsquo;avaient pas les id\u00e9es claires sur leur avenir imm\u00e9diat, ils n&rsquo;avaient en tout cas, par rapport \u00e0 nous, plus aucun complexe d&rsquo;inf\u00e9riorit\u00e9 depuis longtemps.<\/p>\n\n\n\n<p>La question de la paysannerie (autre th\u00e8me) nous semblait un peu lointaine. Encore que conjugu\u00e9e, quelques ann\u00e9es plus tard, avec les th\u00e8ses de Mao Tse Toung, elle se mua pour nous, progressivement, en question strat\u00e9gique fondamentale : celle de l&rsquo;encerclement des villes par les campagnes, du centre par la p\u00e9riph\u00e9rie.<\/p>\n\n\n\n<p>Le th\u00e8me de la violence, par contre, nous fit jubiler. Enfin un moyen de d\u00e9masquer l&rsquo;hypocrisie de nos d\u00e9mocrates de gauche qui justifiaient leur d\u00e9mission en renvoyant dos \u00e0 dos Massu et Djamila Bouhired (2). Nous, nous acceptions sans probl\u00e8me, comme le p\u00e8re Davezies qui est dans cette salle, de porter les valises du commando qui attaqua Soustelle. Pour vous donner une id\u00e9e de la pol\u00e9mique, je ne peux m&#8217;emp\u00eacher de vous lire, avec d\u00e9lectation, ce que l&rsquo;honorable Jean Lacouture pensait alors dans le journal \u00ab Le Monde \u00bb du livre de Fanon : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab Long cri de haine \u2026 Apocalypse de la d\u00e9colonisation \u2026 On ne pourrait imaginer sans un serrement de c\u0153ur ce qu&rsquo;aurait \u00e9t\u00e9 la situation de ce br\u00fblant id\u00e9ologue s&rsquo;il avait conserv\u00e9 son poste d&rsquo;ambassadeur du FLN \u00e0 Accra et avait \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 d&rsquo;expliquer en Afrique Occidentale le th\u00e8me des n\u00e9gociations conduites par ses amis Ben Khedda et Saad Dalhab \u2026 \u00bb. <\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Ce qui appela la r\u00e9plique cinglante et imm\u00e9diate de Fran\u00e7ois Maspero dans \u00ab Pr\u00e9sence Africaine \u00bb : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab Ici le clin d&rsquo;\u0153il de Lacouture se fait ignoble. Voyons, glisse-t-il, un peu de commis\u00e9ration pour cet \u00e9gar\u00e9 qui a bien fait de dispara\u00eetre. Quant \u00e0 nous, voyez comme nous avions raison de ne pas bouger puisque le FLN lui-m\u00eame s&rsquo;inqui\u00e8te. Ainsi, la boucle est-elle boucl\u00e9e : les lib\u00e9raux fran\u00e7ais continueront d&rsquo;\u00eatre ce centre cart\u00e9sien du monde qui donne \u00e0 celui-ci son sens et sa forme d\u00e9finitive \u00bb.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>La question de la violence, pos\u00e9e en termes nouveaux par Fanon et reprise avec pertinence par Sartre dans sa pr\u00e9face des \u00ab Damn\u00e9s \u00bb, nous agitera d&rsquo;ailleurs encore longtemps. Mais nos petits fr\u00e8res de mai 68, qui n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 mis, comme nous, au pied du mur par l&rsquo;envoi dans les djebels ni structur\u00e9s par le choix radical que nous avions \u00e0 faire, s&#8217;embourberont dans des analyses de plus en plus coup\u00e9es des r\u00e9alit\u00e9s qui les feront osciller, comme Sartre vieillissant d&rsquo;ailleurs, entre des positions aussi extr\u00eames qu&rsquo;absurdes : le terrorisme sous-prol\u00e9tarien d&rsquo;Action Directe ou le contre-terrorisme verbeux d&rsquo;Andr\u00e9 Glucksmann.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais nous avons \u00e9t\u00e9 happ\u00e9s, disais-je, par la conclusion des \u00ab Damn\u00e9s de la Terre \u00bb. Pourquoi ? Parce qu&rsquo;elle r\u00e9pondait aux deux questions, pour nous vitales, que nous posions sans cesse.<\/p>\n\n\n\n<p>G\u00e9n\u00e9ration orpheline, ne croyant plus en l&rsquo;Ouest ni en l&rsquo;Est, nous \u00e9tions en attente d&rsquo;une troisi\u00e8me voie. Mais pas n&rsquo;importe laquelle. Car, \u00e9c\u0153ur\u00e9s par le cynisme de nos a\u00een\u00e9s, nous \u00e9tions d&rsquo;une exigence extr\u00eame. Nous \u00e9tions avant tout une g\u00e9n\u00e9ration morale. Les ruptures ne nous faisaient plus peur. Nous \u00e9tions totalement disponibles, mais pour une \u0153uvre qui r\u00e9pare les crimes de nos p\u00e8res, qui r\u00e9habilite l&rsquo;homme sans le bafouer sous pr\u00e9texte d&rsquo;imp\u00e9ratifs politiques, \u00e9conomiques ou civilisationnels.<\/p>\n\n\n\n<p>Troisi\u00e8me voie, humanisme r\u00e9volutionnaire, voil\u00e0 pr\u00e9cis\u00e9ment ce que nous proposait Fanon. Et il le disait avec un ton, une force, un m\u00e9lange de rage et de fraternit\u00e9 si intense, qu&rsquo;il nous fascina d&#8217;embl\u00e9e. Il y a, au d\u00e9but et \u00e0 la fin de la conclusion des \u00ab Damn\u00e9s \u00bb, deux phrases, apparemment antagoniques, qui r\u00e9sumaient si bien notre haine et notre soif de r\u00e9paration, que nous les avons sues imm\u00e9diatement par c\u0153ur : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab Quittons cette Europe qui n&rsquo;en finit pas de parler de l&rsquo;homme tout en le massacrant partout o\u00f9 elle le rencontre, \u00e0 tous les coins de ses propres rues, \u00e0 tous les coins du monde \u00bb. <\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Et, \u00e0 l&rsquo;autre extr\u00e9mit\u00e9 : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab Pour l&rsquo;Europe, pour nous-m\u00eames et pour l&rsquo;humanit\u00e9, camarades, il faut faire peau neuve, d\u00e9velopper une pens\u00e9e neuve, tenter de mettre sur pied un homme neuf. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Rompre psychologiquement avec l&rsquo;Europe, avec celle qui est dans nos t\u00eates, qu&rsquo;elle soit \u00e0 droite ou \u00e0 gauche du rideau de fer. Mais aussi, pourquoi pas, prendre Fanon au pied de la lettre, rompre physiquement avec l&rsquo;Europe, partir et \u00e9pouser non seulement la cause mais la vie de ses anciens esclaves, inventer avec eux une autre mani\u00e8re de vivre.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais cette rupture, sous-entendait magnifiquement Fanon, est aussi r\u00e9conciliatrice puisque notre cr\u00e9ativit\u00e9 profitera \u00e0 tous, \u00e0 l&rsquo;humanit\u00e9 enti\u00e8re, donc \u00e0 l&rsquo;Europe aussi, \u00e0 l&rsquo;ancien ma\u00eetre qui s&rsquo;en trouvera m\u00e9tamorphos\u00e9. La vision, ici, devient presque mystique. Elle entra\u00eenera, nous le savons, ce que nos d\u00e9tracteurs (pour reparler d&rsquo;eux) appelleront nos \u00abillusions lyriques\u00bb. Eh bien, je le dis sans honte, nous qui trempions depuis notre enfance dans le sang des autres jusqu&rsquo;\u00e0 en vomir, nous n&rsquo;avions pas peur non plus d&rsquo;une certaine mystique purificatrice.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, si nous avons \u00e9cout\u00e9 Fanon, ce n&rsquo;est pas seulement parce que sa voix \u00e9tait la plus belle de celles qui montaient du Tiers-Monde. C&rsquo;est aussi parce que le personnage nous \u00e9tait parfaitement cr\u00e9dible. Il avait, comme nous, os\u00e9 rompre avec son milieu d&rsquo;origine, tent\u00e9 une fusion avec un autre peuple, tout en se retrouvant dans une position interm\u00e9diaire, inconfortable mais propice au souffle des inspirations les plus audacieuses. Il \u00e9tait, au fond, de la race de ces grands apatrides internationalistes qui, comme Henri Curiel ou Michel Pablo, nous avaient interloqu\u00e9s puis conquis dans la clandestinit\u00e9. A cette diff\u00e9rence pr\u00e8s que Fanon ne nous avait pas organis\u00e9s mais subjugu\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;au lendemain de l&rsquo;ind\u00e9pendance alg\u00e9rienne, nous avons \u00e9t\u00e9 des centaines \u00e0 passer la M\u00e9diterran\u00e9e pour vous rejoindre. Vous nous avez appel\u00e9s plus ou moins aimablement les \u00ab pieds rouges \u00bb. Puis, d&rsquo;autres jeunes fran\u00e7ais sont arriv\u00e9s, par milliers cette fois, dans un \u00e9tat d&rsquo;esprit voisin : les coop\u00e9rants militaires. Ils n&rsquo;avaient d&rsquo;ailleurs de \u00abmilitaire\u00bb que le nom puisqu&rsquo;ils \u00e9taient en Afrique pr\u00e9cis\u00e9ment pour ne pas \u00eatre sous les armes, et en Alg\u00e9rie parce qu&rsquo;elle \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme un des pays les plus r\u00e9volutionnaires de la plan\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais il y avait l\u00e0 aussi d&rsquo;autres coop\u00e9rants, venus de l&rsquo;ensemble du Monde Arabe et des pays de l&rsquo;Est, ainsi que tous les mouvements de lib\u00e9ration d&rsquo;Afrique et d&rsquo;Am\u00e9rique Latine. Alger \u00e9tait un carrefour du monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a un deuxi\u00e8me paradoxe. Lorsque nous sommes arriv\u00e9s en Alg\u00e9rie plus personne n&rsquo;y parlait de Fanon. Il fallut attendre un an et demi apr\u00e8s l&rsquo;ind\u00e9pendance pour que son nom apparaisse dans un hebdomadaire de la gauche du FLN, \u00ab R\u00e9volution Africaine \u00bb du 14 d\u00e9cembre 1963, dirige alors par Mohammed Harbi. Encore \u00e9tait-ce sous la plume de Josie Fanon qui demandait, avec une pudeur l\u00e9g\u00e8rement impatiente, qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;occasion du deuxi\u00e8me anniversaire de la mort de son mari, son \u0153uvre ne soit pas oubli\u00e9e. La r\u00e9ponse ne se fit pas attendre mais de mani\u00e8re totalement impr\u00e9vue.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la pol\u00e9mique culturelle qui l&rsquo;opposait alors, dans ce m\u00eame journal, \u00e0 Mourad Bourboune, Mostefa Lacheraf glissa la phrase suivante : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab Je reviendrai un jour sur Fanon dont le syst\u00e8me id\u00e9ologique, accept\u00e9 sans discernement par nos th\u00e9oriciens et notre jeunesse, pourrait fort bien ressusciter \u00e0 contre-temps un succ\u00e9dan\u00e9 de nationalisme et un ruralisme primaire dans un pays qui se cherche une vocation socialiste rigoureuse \u00bb (R\u00e9volution Africaine n\u00b0 46).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Le tr\u00e8s populaire quotidien \u00ab Alger R\u00e9publicain \u00bb, proche du Parti communiste alg\u00e9rien interdit, pr\u00e9f\u00e9ra, quant \u00e0 lui, contourner ce sujet apparemment tabou en faisant allusion, \u00e0 l&rsquo;occasion, aux th\u00e8ses de l&rsquo;id\u00e9ologue communiste vietnamien Nguyen Nghe. Celui-ci venait, dans un num\u00e9ro de \u00ab La Pens\u00e9e \u00bb, de r\u00e9gler son compte \u00e0 l&rsquo;auteur des \u00ab Damn\u00e9s de la Terre \u00bb \u00e0 qui il reprochait son populisme paysan, son m\u00e9pris du r\u00f4le dirigeant de la classe ouvri\u00e8re et son refus des valeurs modernes.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous tombions de haut. Eh bien, puisque les marxistes se drapaient dans un d\u00e9dain condescendant \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de Fanon, n&rsquo;y avait-il pas, du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;Alg\u00e9rie profonde donc arabo-islamique, quelqu&rsquo;un qui lui portait plus d&rsquo;int\u00e9r\u00eat ? Si pr\u00e9cis\u00e9ment. M. Malek Bennabi, qui venait de remplacer notre ami Andr\u00e9 Mandouze, d\u00e9missionnaire \u00e0 la direction de l&rsquo;enseignement sup\u00e9rieur, fit, en f\u00e9vrier 1964, une conf\u00e9rence sur l&rsquo;id\u00e9ologie reproduite int\u00e9gralement dans l&rsquo;organe officiel \u00ab Le Peuple \u00bb : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab C&rsquo;est faire injustice \u00e0 Fanon lui-m\u00eame, d\u00e9clara-t-il, que de lui faire jouer, comme on a voulu le faire, le r\u00f4le de th\u00e9oricien de la r\u00e9volution alg\u00e9rienne. Pour parler le langage d&rsquo;un peuple, il faut partager ses convictions. Or, Fanon \u00e9tait ath\u00e9e. \u00bb Et il poursuit : \u00ab Mais ce serait lui faire encore injustice si on oubliait ou minimisait son r\u00f4le dans la constitution d&rsquo;une id\u00e9ologie africaine. L\u00e0, Fanon est tout, parce qu&rsquo;il porte dans l&rsquo;\u00e2me, toute l&rsquo;\u00e2me, toute l&rsquo;Histoire et tout le drame de l&rsquo;Afrique \u00bb. <\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>En r\u00e9sum\u00e9 : Fanon dans la brousse, d&rsquo;accord ; au nord du Sahara, pas question ! Inutile, semblait-il, d&rsquo;attendre un son de cloche diff\u00e9rent des hommes du pouvoir (m\u00eame s&rsquo;ils avaient connu Fanon \u00e0 Blida, Tunis ou Ghardimaou) puisqu&rsquo;ils construisaient l&rsquo;Etat sur un mod\u00e8le que Fanon avait partiellement d\u00e9savou\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Seul un \u00ab pied rouge \u00bb prit sa d\u00e9fense. C&rsquo;\u00e9tait un de ces apatrides dont je parlais tout \u00e0 l&rsquo;heure. Michel Pablo, qui avait eu un r\u00f4le moteur pendant un an au Bureau d&rsquo;Animation du secteur socialiste (autrement dit l&rsquo;autogestion) envoya \u00e0 \u00ab R\u00e9volution Africaine \u00bb une lettre de lecteur apr\u00e8s l&rsquo;appel de Josie. <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab A la lumi\u00e8re de l&rsquo;exp\u00e9rience pr\u00e9sente de la r\u00e9volution alg\u00e9rienne victorieuse, \u00e9crivait-il, je continue \u00e0 croire qu&rsquo;un livre comme les \u00ab Damn\u00e9s de la Terre \u00bb est toujours tr\u00e8s actuel. Non seulement par sa mise en garde envers la bourgeoisie nationale et les dangers de la bureaucratisation mais aussi parce que l&rsquo;exp\u00e9rience de cette r\u00e9volution confirme pleinement le r\u00f4le r\u00e9volutionnaire particulier de la paysannerie. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 la force sociale d\u00e9clenchant et soutenant la lutte arm\u00e9e, elle prend toute son importance aujourd&rsquo;hui avec la r\u00e9forme agraire. L&rsquo;autogestion des terres des colons constitue un tel bouleversement des structures du pays qu&rsquo;elle d\u00e9clenche une dynamique globale irr\u00e9sistible dans le sens d&rsquo;une transformation radicale de l&rsquo;ensemble du pays \u00bb. <\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Mais Pablo venant de perdre son poste, son t\u00e9moignage n&rsquo;\u00e9tait pour nous qu&rsquo;une mince consolation.<\/p>\n\n\n\n<p>Or, il advint qu&rsquo;un personnage \u00e9tonnant vint s\u00e9journer \u00e0 plusieurs reprises \u00e0 Alger. Il nous tenait en priv\u00e9 des propos qui ressemblaient souvent \u00e0 ceux de Fanon dont il nous disait, d&rsquo;ailleurs, qu&rsquo;il aimerait \u00e9crire la biographie. Le Che Guevara (car c&rsquo;\u00e9tait lui) pariait aussi de troisi\u00e8me voie et d&rsquo;humanisme r\u00e9volutionnaire. Mais il le faisait en des termes peut-\u00eatre plus r\u00e9alistes et donc, parfois, plus d\u00e9sabus\u00e9s. Il s&rsquo;exprima un jour publiquement sur ces deux points avec un culot qui fit sensation. C&rsquo;\u00e9tait \u00e0 l&rsquo;occasion du s\u00e9minaire \u00e9conomique afro-asiatique qui se tint \u00e0 Alger en janvier 1965. Ecoutez : \u00ab Les pays socialistes ont le devoir moral de liquider leur complicit\u00e9 tacite avec les pays exploiteurs de l&rsquo;Ouest \u00bb. Peu de temps apr\u00e8s, dans \u00ab Le socialisme et l&rsquo;homme \u00e0 Cuba \u00bb, il reprenait le th\u00e8me fanonien de \u00ab l&rsquo;homme neuf \u00bb : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab Il y a n\u00e9cessit\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er un homme nouveau qui ne soit ni celui du XIXe si\u00e8cle, ni celui de notre si\u00e8cle d\u00e9cadent et pourri \u2026 Mais pourquoi pr\u00e9tendre chercher dans les formes fig\u00e9es du r\u00e9alisme socialiste l&rsquo;unique recette valable ?\u2026 C&rsquo;est l&rsquo;homme du XXIe si\u00e8cle que nous devons cr\u00e9er, bien que ce ne soit encore qu&rsquo;une aspiration subjective et non syst\u00e9matis\u00e9e. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Inutile de vous pr\u00e9ciser que nous avons alors transf\u00e9r\u00e9 sur le Che l&rsquo;immense capital de sympathie que nous avions gard\u00e9 intact pour Fanon.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a un troisi\u00e8me et dernier paradoxe. \u00ab Quittons cette Europe \u00bb nous avait-il dit. Aujourd&rsquo;hui, un quart de si\u00e8cle apr\u00e8s la mort de Fanon, vingt ans apr\u00e8s celle du Che, on ne quitte plus l&rsquo;Europe, on y afflue de tous les coins du globe et toutes les races s&rsquo;y c\u00f4toient. Le carrefour du monde n&rsquo;est plus la Place des Martyrs ou la Plazza de la Revolucion mais le Trou des Halles. On pr\u00e9tend m\u00eame que Paris est devenue la capitale culturelle du Monde Arabe. D&rsquo;ailleurs on ne dit plus arabe mais \u00ab beur \u00bb. Car tout cela se m\u00e9lange plus ou moins mollement malgr\u00e9 les coups de 22 long rifle d&rsquo;un Ku Klux Klan d&rsquo;autant plus rageur qu&rsquo;il est en r\u00e9alit\u00e9 paniqu\u00e9 par l&rsquo;invasion, tout cela semble \u00e0 premi\u00e8re vue se r\u00e9duire \u00e0 une humanit\u00e9 de rats de plus en plus uniforme, inodore et sans saveur de tchi-tchis cosmopolites. Apr\u00e8s la terre promise, le retour \u00e0 Babylone. Nous sommes \u00e0 mille ann\u00e9es-lumi\u00e8re de l&rsquo;homme nouveau dont r\u00eavaient Fanon et le Che.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais cet \u00e9chec \u00e9vident du tiers-mondisme est-il pour autant une revanche de l&rsquo;imp\u00e9rialisme ? Eh bien, je ne le crois pas. Car il faut y regarder de beaucoup plus pr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis rentr\u00e9 en France moi aussi mais je n&rsquo;ai jamais pu me r\u00e9concilier vraiment avec mon peuple d&rsquo;origine. Alors je suis rest\u00e9 dans l&rsquo;entre-deux et j&rsquo;ai d\u00e9couvert que nous y \u00e9tions des millions. Car il existe aujourd&rsquo;hui une nouvelle race d&rsquo;hommes qui n&rsquo;est ni du nord ni du sud mais du milieu (Je n&rsquo;ai aucune intention de blasph\u00e9mer mais cela vous rappelle peut-\u00eatre une sourate). Ce n&rsquo;est pas que ces gens rejettent le pays de leurs anc\u00eatres, c&rsquo;est qu&rsquo;ils n&rsquo;y ont pas trouv\u00e9 toutes les conditions de s&rsquo;y \u00e9panouir. Ils sont terriblement exigeants. Fils de colonis\u00e9s mais aussi de colonisateurs, ils se ressemblent et n&rsquo;ont plus aucun complexe, ni d&rsquo;inf\u00e9riorit\u00e9, ni de sup\u00e9riorit\u00e9. Il leur faut la chaleur de la solidarit\u00e9 qu&rsquo;ils ont connue dans le tiers-monde, tout en \u00e9tant atteints de l&rsquo;irr\u00e9pressible besoin de libert\u00e9 individuelle que leur chante l&rsquo;Occident. Comment trouverais-je d&rsquo;ailleurs ce virus dangereux puisque c&rsquo;est lui qui m&rsquo;a donn\u00e9 la force de rompre au moment o\u00f9 il le fallait ? De m\u00eame, comment pourrais-je rire de cette lancinante nostalgie de la fusion puisqu&rsquo;elle m&rsquo;habite depuis les chantiers du volontariat de Oued-Fodda ?<\/p>\n\n\n\n<p>Les gens de ma race &#8211; les \u00ab beurs \u00bb et leurs cousins germains &#8211; sont contre toute forme d&rsquo;int\u00e9grisme. Ils ne rejettent aucune civilisation, ils veulent additionner ce qu&rsquo;elles ont de meilleur. C&rsquo;est possible aujourd&rsquo;hui puisqu&rsquo;avec la d\u00e9colonisation chaque culture s&rsquo;est fait reconna\u00eetre et peut exiger de traiter d&rsquo;\u00e9gale \u00e0 \u00e9gale avec les autres.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour le peuple du milieu, pas de solidarit\u00e9 sans libert\u00e9 individuelle, et r\u00e9ciproquement. Redha Malek qui reprochait ici, il y a trois jours, \u00e0 Fanon un certain manque de rationalisme, revendiquera lui, peut-\u00eatre, l&rsquo;accouplement de l&rsquo;imagination et de la raison. Nous parlons, je crois, de la m\u00eame chose.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans sa conclusion des \u00ab Damn\u00e9s de la Terre \u00bb, Fanon, \u00e0 un certain moment, traduit \u00ab homme nouveau \u00bb par \u00ab homme total \u00bb. Mais il ne d\u00e9veloppe pas. Je me demande aujourd&rsquo;hui si son utopie n&rsquo;est pas en train de se faire r\u00e9alit\u00e9, \u00e0 un moment et en des lieux o\u00f9 l&rsquo;on s&rsquo;y attendait le moins.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Jean-Louis Hurst<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(1) Situ\u00e9e au quartier latin, la librairie la Joie de Lire \u00e9tait le principal lieu parisien de diffusion de litt\u00e9ratures progressistes r\u00e9volutionnaires.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(2) Djamila Bouhired, jeune \u00e9tudiante de 22 ans, militante du FLN ; elle est gravement bless\u00e9e au cours de son arrestation et sera sauvagement tortur\u00e9e par les parachutistes fran\u00e7ais; condamn\u00e9e \u00e0 mort elle est graci\u00e9e en 1958.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte de la conf\u00e9rence de Jean-Louis Hurtz donn\u00e9e \u00e0 Alger et paru dans Sous le drapeau du socialisme, n\u00b0 108\/109, novembre-d\u00e9cembre 1988 Il y a un paradoxe. L&rsquo;\u0153uvre de Fanon a \u00e9t\u00e9 plus lue, au moment de sa parution, en Occident que dans le tiers-monde. 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