{"id":27102,"date":"2025-08-25T10:42:03","date_gmt":"2025-08-25T08:42:03","guid":{"rendered":"https:\/\/sinedjib.com\/?p=27102"},"modified":"2025-08-25T10:47:28","modified_gmt":"2025-08-25T08:47:28","slug":"seurat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2025\/08\/25\/seurat\/","title":{"rendered":"Michel Seurat : \u00c0 propos du livre d&rsquo;Edward Said"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Article de Michel Seurat paru dans la <em><a href=\"https:\/\/www.palestine-studies.org\/sites\/default\/files\/jq-articles\/Said%20%20L%27orientalisme.%20L%27Orient%20cr%C3%A9%C3%A9%20par%20l%27Occident.pdf\">Revue d&rsquo;\u00e9tudes palestiniennes<\/a><\/em>,<\/strong> <strong>n\u00b0 1, automne 1981<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"527\" height=\"800\" data-attachment-id=\"27088\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2025\/08\/23\/bonnaud-2\/edward-said\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/edward-said.jpg?fit=527%2C800&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"527,800\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"edward said\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/edward-said.jpg?fit=198%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/edward-said.jpg?fit=527%2C800&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/edward-said.jpg?resize=527%2C800&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-27088\" style=\"width:327px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/edward-said.jpg?w=527&amp;ssl=1 527w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/edward-said.jpg?resize=198%2C300&amp;ssl=1 198w\" sizes=\"auto, (max-width: 527px) 100vw, 527px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Edward Said. <em>L&rsquo;orientalisme. L&rsquo;Orient cr\u00e9\u00e9 par l&rsquo;Occident<\/em> ; pr\u00e9face de Tzvetan Todorov, traduit de l&rsquo;am\u00e9ricain par Catherine Malamoud, Paris, Seuil, 1980, 393 p.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Revu par Michel Seurat*<\/p>\n\n\n\n<p>On l&rsquo;aura devin\u00e9 avant m\u00eame d&rsquo;avoir lu son ouvrage : dans <em>L&rsquo;orientalisme. L&rsquo;Orient cr\u00e9\u00e9 par l&rsquo;Occident<\/em>, Edward Said r\u00e8gle des comptes. Et sa col\u00e8re est juste \u2026 sinon toujours justifi\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Juste, assur\u00e9ment, car \u00e0 se plonger dans la foison de documents que cite l&rsquo;auteur sur pr\u00e8s de quatre cents pages, de Bonaparte \u00e0 Kissinger, avec quelques digressions jusqu&rsquo;\u00e0 Dante, voire H\u00e9rodote, dans ce qui pourrait \u00eatre une chrestomathie des quelque soixante mille ouvrages r\u00e9dig\u00e9s en Occident sur le seul <em>Moyen-Orient<\/em> de 1800 \u00e0 1950 (p. 235), on reste atterr\u00e9 par le caract\u00e8re h\u00e2tif &#8211; le plus souvent injurieux &#8211; des jugements formul\u00e9s \u00e0 l&rsquo;encontre du fait arabo-islamique dans son ensemble. Toutes fonctions sociales et points de vue confondus, depuis \u00ab l&rsquo;optique du bureau arabe \u00bb pour reprendre la formule de J. Berque &#8211; jusqu&rsquo;aux r\u00e9cits exalt\u00e9s de voyageurs en passant par les travaux \u00e0 pr\u00e9tention scientifique, cette galerie de portraits rivalise d&rsquo;invention pour dresser un m\u00eame tableau malveillant de \u00ab l&rsquo;Orient \u00bb : ignorance totale de la libert\u00e9 pour Chateaubriand (p. 199), caract\u00e8re \u00ab incomplet \u00bb de la \u00ab race s\u00e9mitique \u00bb pour Renan (p. 174) qui pr\u00e9cise qu&rsquo;\u00ab elle est \u00e0 la famille indo-europ\u00e9enne ce que la grisaille est \u00e0 la peinture \u00bb, bizarrerie et excentricit\u00e9 chez Flaubert (p.122) avec la sexualit\u00e9 muette et insatiable de l&rsquo;Orientale (p. 215), les \u00ab Arabes \u00bb de T. E. Lawrence \u2026 \u00ab que l&rsquo;on peut lier \u00e0 une id\u00e9e comme \u00e0 une longe \u00bb (p. 271), \u00ab l&rsquo;aversion (bien connue) des Musulmans pour le processus intellectuel du rationalisme \u00bb (p. 126, in H.A.R. Gibb, le fameux <em>Modern Trends in Islam<\/em>), sans oublier bien s\u00fbr les attaques ressass\u00e9es d&rsquo;un si\u00e8cle \u00e0 l&rsquo;autre contre la religion \u00ab mahom\u00e9tane \u00bb, syst\u00e8me d&rsquo;\u00ab hypocrisie organis\u00e9e \u00bb selon W. R. Smith (p. 265), jusqu&rsquo;\u00e0 B. Lewis, qui, dans un ouvrage r\u00e9cent, se lance dans des consid\u00e9rations linguistiques douteuses pour expliquer le sens du mot \u00ab r\u00e9volution \u00bb, en associant la racine \u00ab <em>th-w-r<\/em> \u00bb \u00e0 l&rsquo;image d&rsquo;un chameau (?) qui se l\u00e8ve (p. 343) \u2026 Merci pour tous les r\u00e9volutionnaires arabes qui ont pay\u00e9 de leur vie leur attachement \u00e0 une id\u00e9e aussi saugrenue! La remarquable permanence de cette inspiration donne \u00e0 \u00e9valuer, au sein du \u00ab champ \u00e9nonciatif \u00bb orientaliste, la pr\u00e9\u00e9minence du \u00ab domaine de m\u00e9moire \u00bb, tel que le d\u00e9finit Michel Foucault dans <em>L&rsquo;arch\u00e9ologie du savoir<\/em>, un auteur auquel E. Said reconna\u00eet sa dette intellectuelle. Remontant aux sources de ce discours, celui-ci fait sienne la c\u00e9l\u00e8bre th\u00e8se d&rsquo;Henri Pirenne sur <em>Mahomet et Charlemagne<\/em>, pour montrer comment l&rsquo;Occident a \u00e9tabli \u00ab son syst\u00e8me de repr\u00e9sentations de l&rsquo;Orient \u2026 et fait de l&rsquo;Islam l&rsquo;essence m\u00eame d&rsquo;un \u00eatre du dehors contre lequel, dans sa totalit\u00e9, la civilisation europ\u00e9enne est fond\u00e9e \u00e0 partir du Moyen Age \u00bb (p. 88). Le \u00ab d\u00e9fi \u00bb que repr\u00e9sente l&rsquo;Islam pour l&rsquo;Europe d\u00e8s l&rsquo;origine donne une singularit\u00e9 \u00e0 la production orientaliste qui lui est consacr\u00e9e, par rapport \u00e0 tous les autres cas de figure de l&rsquo;aire tricontinentale : E. Said cite l&rsquo;exemple de l&rsquo;Inde (p. 93), et dresse un parall\u00e8le entre les strat\u00e9gies discursives d&rsquo;un Bonaparte en Egypte et des Conquistadores en Am\u00e9rique (p. 100). Finalement, et c&rsquo;est l\u00e0 que r\u00e9side la formidable imposture, l&rsquo;Europe, pour avoir accumul\u00e9 un savoir syst\u00e9matique sur l&rsquo;Orient, peut se targuer de le conna\u00eetre mieux qu&rsquo;il se conna\u00eet lui-m\u00eame et en un sens de l&rsquo;avoir \u00ab cr\u00e9\u00e9 \u00bb &#8211; d&rsquo;o\u00f9 le titre de l&rsquo;ouvrage en fran\u00e7ais. L&rsquo;Egypte \u00ab est \u00bb ce qu&rsquo;en sait l&rsquo;Angleterre (p. 48), l&rsquo;Orient existe \u00ab tel que \u00bb nous le connaissons \u2026 De l&rsquo;orientalisme aux accords Sykes-Picot et \u00e0 la d\u00e9claration Balfour la ligne est directe, et nous n&rsquo;aurons pas l&rsquo;outrecuidance de contester sur ce point la th\u00e8se d&rsquo;Edward Said, Palestinien, \u00e9migr\u00e9 aux Etats-Unis (o\u00f9 il enseigne la litt\u00e9rature anglaise et compar\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Columbia).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cheminement de sa pens\u00e9e, l&rsquo;auteur fait quelques remarques d&rsquo;ordre \u00e9pist\u00e9mologique, dont l&rsquo;une nous parait de la plus grande importance, parce qu&rsquo;elle souligne le caract\u00e8re purement \u00ab textuel \u00bb du champ de la recherche orientaliste. E. Said rapporte, \u00e0 propos de \u00ab certains orientalistes allemands du d\u00e9but du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle, qu&rsquo;ils ont \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement gu\u00e9ris de leur go\u00fbt orientaliste par le premier coup d&rsquo;\u0153il jet\u00e9 sur une statue indienne \u00e0 huit bras \u00bb (p. 69), mais on pourrait en dire autant de nombre d&rsquo;orientalistes arabisants aujourd&rsquo;hui qui se plongent avec ferveur dans des manuscrits remontant \u00e0 la p\u00e9riode de grandeur de l&rsquo;Islam, dans le fiqh, la mystique ou la grammaire, en se demandant \u00e0 chaque instant comment tout cet h\u00e9ritage a pu \u00eatre l&rsquo;\u0153uvre \u2026 d&rsquo;\u00ab Arabes \u00bb. Traditionnellement, la connaissance de l&rsquo;Orient passe par l&rsquo;\u00e9crit. D&rsquo;o\u00f9 le retard accumul\u00e9 dans ce domaine par d&rsquo;autres perspectives comme l&rsquo;arch\u00e9ologie par exemple, ou a fortiori les sciences sociales, qui en sont encore \u00e0 leurs balbutiements. On peut interpr\u00e9ter de mani\u00e8res diff\u00e9rentes cette particularit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9nonc\u00e9 orientaliste, d&rsquo;abord par la pesanteur d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9e de rapports intrins\u00e8ques de filiation, de transformation et de continuit\u00e9 historique, qui d&rsquo;une certaine fa\u00e7on font qu&rsquo;il \u00ab s&rsquo;auto-produit \u00bb. Paling\u00e9n\u00e9sie tr\u00e8s bien per\u00e7ue par l&rsquo;auteur quand il \u00e9crit (p. 69) qu&rsquo;\u00ab un savant orientaliste voyageait dans le pays de sa sp\u00e9cialit\u00e9 (\u2026) toujours bard\u00e9 d&rsquo;in\u00e9branlables maximes abstraites concernant la \u00ab civilisation \u00bb qu&rsquo;il avait \u00e9tudi\u00e9e, (et dans le seul but de) prouver la validit\u00e9 de ces \u00ab v\u00e9rit\u00e9s \u00bb moisies \u00bb. Autre possibilit\u00e9 d&rsquo;interpr\u00e9tation : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab Il n&rsquo;est pas facile d&rsquo;\u00e9carter un texte qui pr\u00e9tend contenir des connaissances sur quelque chose de r\u00e9el. On lui attribue valeur d&rsquo;expertise. \u00bb (p. 13). <\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Quand au <em>Congr\u00e8s de la Syrie<\/em>, organis\u00e9 par la Chambre de Commerce de Marseille en janvier 1919, C. Huart, professeur aux \u00ab Langues Orientales \u00bb, ou M. de Martone, professeur \u00e0 la Sorbonne, tracent au cordeau \u00ables fronti\u00e8res de la Syrie historique\u00bb, et assurent que \u00ab nous \u00bb y sommes \u00ab attendus \u00bb, on ne voit pas qui pourrait leur apporter la contradiction. Tout se passe donc comme si, \u00e0 l&rsquo;instar du discours pr\u00e9-platonicien, et pour paraphraser M. Foucault (<em>L&rsquo;ordre du discours<\/em> ; Gallimard, 1971, p. 17), la v\u00e9rit\u00e9 la plus haute pour l&rsquo;orientalisme ne r\u00e9sidait pas dans ce qu&rsquo;il \u00ab disait \u00bb, mais dans ce qu&rsquo;il \u00ab \u00e9tait \u00bb (en tant que seul habilit\u00e9 \u00e0 parler) et surtout ce qu&rsquo;il \u00ab faisait \u00bb (\u00ab l&rsquo;Orient \u00bb).<\/p>\n\n\n\n<p>A propos d&rsquo;une autre remarque formul\u00e9e par E. Said, quant au contenu m\u00eame du discours, nous \u00e9mettrons quelques r\u00e9serves, \u00ab sur la pointe des pieds \u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire avec le souci de ne pas envenimer un d\u00e9bat d\u00e9j\u00e0 mal engag\u00e9 comme on sait. E. Said, donc, rel\u00e8ve \u00e0 juste titre une contradiction fondamentale entre la passion orientaliste pour la taxonomie et les concepts utilis\u00e9s pour l&rsquo;assouvir, g\u00e9n\u00e9ralement d&rsquo;une impr\u00e9cision navrante. On con\u00e7oit fort bien l&rsquo;agacement qui doit \u00eatre ressenti de se voir coller sur le front \u00e0 n&rsquo;importe quel propos des \u00e9tiquettes telles qu&rsquo;\u00ab oriental \u00bb, \u00ab arabe \u00bb ou \u00ab musulman \u00bb, quand ce n&rsquo;est pas \u00ab f\u00e9odal \u00bb ou \u00ab tribal \u00bb, comme si, ainsi que l&rsquo;\u00e9crit A. Abdel Malek dans un article rest\u00e9 c\u00e9l\u00e8bre (<em>L&rsquo;orientalisme en crise<\/em>, in <em>La dialectique sociale<\/em> ; Seuil, 1972, p. 85), tout ce qui a trait \u00e0 l&rsquo;Orient \u00e9tait \u00ab frapp\u00e9 d&rsquo;une alt\u00e9rit\u00e9 constitutive \u00bb. Pour notre part, sans \u00eatre aussi intimement concern\u00e9s, nous partageons cet agacement chaque fois que, dans des \u00e9tudes au demeurant fort s\u00e9rieuses, il est question d&rsquo;\u00ab intellectuels musulmans \u00bb &#8211; pour prendre un exemple &#8211; lesquels sont immanquablement \u00ab confront\u00e9s au d\u00e9fi du monde moderne \u00bb, ou encore des \u00ab r\u00e9gimes politiques musulmans \u00bb, etc., autant de formules qui dans la plupart des cas ne recouvrent aucune r\u00e9alit\u00e9 concr\u00e8te. A ce propos du reste, l&rsquo;auteur d\u00e9nonce l&rsquo;utilisation abusive, \u00ab m\u00e9taphysique \u00bb \u00e9crit-il (p. 312), de cette cat\u00e9gorie : l&rsquo;Islam, comme d&rsquo;une pure abstraction, chez un von Grunebaum ou un Gibb, qui le plus souvent n\u00e9gligent de situer l&rsquo;\u00ab Islam \u00bb en question, dans le temps et dans l&rsquo;espace.<\/p>\n\n\n\n<p>Historiquement, E. Said voit dans ce mouvement de \u00ab classification \u00bb une des conditions fondamentales d&rsquo;\u00e9mergence du discours orientaliste (p. 142). Mais ce qu&rsquo;il ne semble pas admettre de mani\u00e8re explicite &#8211; m\u00eame s&rsquo;il le fait justement remonter aux travaux de Linn\u00e9 et de Buffon, qui au XVIIIe s. ont pos\u00e9 les fondements de l&rsquo;Histoire naturelle &#8211; c&rsquo;est qu&rsquo;il est plus simplement la condition d&rsquo;\u00e9mergence de tout discours scientifique. Ainsi notre auteur se demande-t-il (p. 61) s&rsquo;il est possible de \u00ab diviser la r\u00e9alit\u00e9 humaine \u00bb, pour s&#8217;empresser de r\u00e9pondre par la n\u00e9gative, faisant valoir les dangers (r\u00e9els) des cat\u00e9gorisations syst\u00e9matiques, d&rsquo;un point de vue scientifique &#8211; ces cat\u00e9gories devenant les points de d\u00e9part et d&rsquo;arriv\u00e9e de toutes les analyses &#8211; et politique, comme on l&rsquo;a vu. Mais cela dit, il ne fait qu&rsquo;esquiver les probl\u00e8mes, qui sont effectivement \u00e0 la fois scientifiques et politiques. Nous n&rsquo;en voudrons pour preuve qu&rsquo;un seul exemple, le premier \u00e0 venir \u00e0 l&rsquo;esprit : les \u00ab Arabes \u00bb. On pourra l&rsquo;encadrer de tous les guillemets souhait\u00e9s et nonobstant son utilisation raciste par certains m\u00e9dias en Occident, voil\u00e0 une cat\u00e9gorie qui m\u00e9rite toute l&rsquo;attention du \u00ab savant \u00bb et du \u00ab politique \u00bb. Pr\u00e9tendre en effet &#8211; ce que ne fait pas E. Said express\u00e9ment &#8211; que les Arabes ne sont que cent cinquante millions d&rsquo;individualit\u00e9s, c&rsquo;est refuser a priori tout discours scientifique \u00e0 leur propos, c&rsquo;est aussi prendre une position politique \u00e0 laquelle E. Said ne souscrirait pas n\u00e9cessairement. Et il est vrai que l&rsquo;ouvrage donne constamment l&rsquo;impression de flotter entre l&rsquo;affirmation passionn\u00e9e d&rsquo;une sp\u00e9cificit\u00e9 (l&rsquo;irr\u00e9futable \u00ab nous sommes diff\u00e9rents \u00bb), et une aspiration l\u00e9gitime pour les peuples de l&rsquo;aire arabo-musulmane \u00e0 l&rsquo;universalit\u00e9 (en se pr\u00e9valant d&rsquo;une identit\u00e9 qu&rsquo;il ne nous appartient pas ici de d\u00e9finir). E. Said devrait ainsi replonger sept fois sa plume dans l&rsquo;encrier avant de s&rsquo;en prendre \u00e0 H.A.R. Gibb quand celui-ci affirme qu&rsquo;\u00ab appliquer la psychologie et le m\u00e9canisme des institutions politiques occidentales \u00e0 des situations asiatiques, c&rsquo;est du pur Walt Disney \u00bb (p. 127). Il peut toujours mettre en avant, \u00e0 la m\u00eame page, nos \u00ab id\u00e9es sur la gauche et la droite, les r\u00e9volutions et le changement \u00bb, il ne parviendra pas \u00e0 arracher \u00e0 cette affirmation sa part de v\u00e9rit\u00e9. Le drame libanais suffirait \u00e0 nous le faire comprendre. Et vouloir consid\u00e9rer aujourd&rsquo;hui ces Etats du Proche-Orient \u00e0 la lumi\u00e8re des exp\u00e9riences pass\u00e9es en Occident n&rsquo;est pas moins absurde que de ne voir, avec B. Lewis (id) dans la r\u00e9sistance des Palestiniens arabes \u00e0 l&rsquo;occupation de leurs terres par les Sionistes, rien d&rsquo;autre qu&rsquo;un \u00ab retour de l&rsquo;Islam \u00bb. Le faible bagage conceptuel dont nous disposons pour appr\u00e9hender la r\u00e9alit\u00e9 de ces soci\u00e9t\u00e9s n&rsquo;est finalement que le r\u00e9sultat d&rsquo;une situation dont E. Said a fait le sujet de son livre. Il devrait \u00eatre en retour un stimulant pour la recherche.<\/p>\n\n\n\n<p>Or que nous laisse esp\u00e9rer notre auteur sur ce plan ? Sans aucun m\u00e9nagement rh\u00e9torique cette fois, il nous renvoie \u00e0 \u00ab notre \u00bb r\u00e9alit\u00e9 (p. 24), en insistant sur l&rsquo;adjectif possessif, savoir que lorsque nous nous heurtons \u00e0 l&rsquo;Orient, c&rsquo;est en premier lieu en tant qu&rsquo;Europ\u00e9en, ensuite en tant qu&rsquo;individu. Et il ajoute, pour faire bonne mesure, qu&rsquo;<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab \u00eatre un Europ\u00e9en (ou un Am\u00e9ricain) \u2026 signifie encore que l&rsquo;on a conscience, m\u00eame vague, d&rsquo;appartenir \u00e0 une puissance qui a des int\u00e9r\u00eats bien pr\u00e9cis en Orient \u2026 \u00bb.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Passe encore la \u00ab r\u00e9alit\u00e9 objective \u00bb, mais la \u00ab conscience \u00bb ! E. Said nous permettra de protester, car pour le coup on peut lui retourner le principal reproche qu&rsquo;il ass\u00e8ne \u00e0 l&rsquo;orientalisme, celui de \u00ab polariser la distinction &#8211; l&rsquo;Oriental (devenant) plus oriental, l&rsquo;Occidental plus occidental &#8211; et de limiter les contacts humains entre les diff\u00e9rentes cultures \u00bb (p. 61). S&rsquo;il r\u00e9fute (p. 347) la th\u00e8se bien connue selon laquelle il existerait un \u00ab Orient v\u00e9ritable \u00bb accessible au seul point de vue de l&rsquo;\u00ab int\u00e9rieur \u00bb, entre le \u00ab service de renseignements \u00bb et l&rsquo;\u00e9rudition \u00ab d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e et abstraite \u00bb &#8211; qu&rsquo;il admet \u00ab avec peine \u00bb et \u00e0 la rigueur \u00ab intellectuellement \u00bb (p. 115) &#8211; il n&rsquo;entrevoit jamais d&rsquo;autre vocation possible pour les sciences humaines sur le terrain \u00ab oriental \u00bb, au double niveau scientifique\/politique d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9. En engageant son combat dans une telle orientation, E. Said peut compter sur deux alli\u00e9s \u00e0 l&rsquo;appui ind\u00e9fectible : en Occident, tous les intellectuels qui font profession de mauvaise conscience, et on doit s&rsquo;interroger \u00e0 ce propos sur le retentissement dans l&rsquo;opinion fran\u00e7aise d&rsquo;un ouvrage dont le genre n&rsquo;est pas un familier des palmar\u00e8s de l&rsquo;\u00e9dition ; en Orient, certains fonctionnaires de la plume, z\u00e9lateurs d&rsquo;un nouvel obscurantisme, qu&rsquo;il se veuille \u00ab authentique \u00bb ou \u00ab progressiste \u00bb. \u00ab Entre les diff\u00e9rentes cultures \u00bb, il est \u00e0 redouter alors que les seuls \u00ab contacts \u00bb possibles ne s&rsquo;op\u00e8rent plus que par voie de presse, le discours arabe payant fort cher, \u00e0 l&rsquo;instar d&rsquo;un Kim Il Sung, son passage dans les colonnes \u00ab publicit\u00e9 \u00bb des journaux occidentaux, et l&rsquo;Occident demeurant prisonnier d&rsquo;une image, que lui ont d\u00e9j\u00e0 forg\u00e9e dans leur derni\u00e8re page certains quotidiens arabes, de la \u00ab d\u00e9cadence des m\u0153urs \u00bb attest\u00e9e par la drogue ou l&rsquo;avortement, au concours du plus gros mangeur de choucroute \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Nous arr\u00eatons l\u00e0 notre critique sur le fond, car E. Said pourra nous reprocher &#8211; avec raison &#8211; de lui faire dire ce qu&rsquo;il n&rsquo;a pas voulu dire, comme il s&rsquo;est d\u00e9fendu, en r\u00e9ponse \u00e0 Maxime Rodinson, de vouloir jouer les Lyssenko (<em>Le Monde<\/em>, 7 d\u00e9c. 1980, p. XV). De la m\u00eame mani\u00e8re, il n&rsquo;\u00e9tait pas de son ressort dans ce travail de donner une nouvelle d\u00e9finition des \u00ab Arabes \u00bb ou de v\u00e9rifier l&rsquo;opportunit\u00e9 d&rsquo;une formule comme celle du \u00ab despotisme oriental \u00bb. Cependant, si l&rsquo;ouvrage suscite ce que son auteur pourra consid\u00e9rer comme un \u00ab glissement \u00bb dans son interpr\u00e9tation, c&rsquo;est qu&rsquo;il pose aussi &#8211; et cette fois de mani\u00e8re indiscutable &#8211; un probl\u00e8me au niveau de la forme, plus exactement de la m\u00e9thodologie. Dans sa critique du discours orientaliste, E. Said fait constamment r\u00e9f\u00e9rence, et de mani\u00e8re le plus souvent sous-entendue, \u00e0 un autre discours du type : \u00ab les Arabes ne sont pas ce que vous croyez \u2026 \u00bb, que l&rsquo;on pourra juger \u00ab oriental \u00bb, \u00ab sp\u00e9cifique \u00bb, \u00ab de gauche \u00bb, ou ce que l&rsquo;on voudra, mais qui n&rsquo;est finalement qu&rsquo;un autre essentialisme, un autre \u00ab orientalisme \u00bb. Le meilleur exemple nous en est donn\u00e9 par ce jugement \u00e0 l&#8217;emporte-pi\u00e8ce, tir\u00e9 du m\u00eame article du <em>Monde<\/em> : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab L&rsquo;instinct de domination est inscrit dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;Occident et non dans celle de l&rsquo;Orient \u00bb. <\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>En d&rsquo;autres termes, E. Said n&rsquo;a pas rempli le contrat qu&rsquo;il s&rsquo;est assign\u00e9 dans son introduction en se r\u00e9clamant de la d\u00e9marche \u00e9pist\u00e9mologique d&rsquo;un Michel Foucault. Loin de contribuer \u00e0 \u00ab l&rsquo;arch\u00e9ologie \u00bb de l&rsquo;orientalisme, il a fait de \u00ab l&rsquo;explication de texte \u00bb en puisant dans le sottisier &#8211; insondable \u00e0 ce qu&rsquo;il appara\u00eet &#8211; des orientalistes. Il s&rsquo;en explique du reste en toute honn\u00eatet\u00e9 (p. 37). Ce faisant, il s&rsquo;est tenu \u00e0 ce que M. Foucault appelle le \u00ab simple entrecroisement des choses et des mots \u00bb, sans d\u00e9gager les r\u00e8gles propres \u00e0 la pratique discursive de l&rsquo;orientalisme. Et la premi\u00e8re de ces r\u00e8gles, la plus triviale, est que l&rsquo;identit\u00e9 de celui-ci, en tant qu&rsquo;\u00e9nonc\u00e9, est soumise \u00e0 l&rsquo;ensemble des autres \u00e9nonc\u00e9s au milieu desquels il figure (<em>L&rsquo;Arch\u00e9ologie<\/em> \u2026 , Gallimard 1969, p. 136). Ainsi, \u00e0 titre d&rsquo;exemple, M. Foucault d\u00e9monte-t-il les rapports existant au XIXe s. entre la famille bourgeoise et le fonctionnement des instances judiciaires. E. Said, quant \u00e0 lui, nous semble faire preuve de na\u00efvet\u00e9 quand il d\u00e9nonce les compromissions de l&rsquo;orientalisme avec le pouvoir colonial. Car il n&rsquo;est que de replacer ce discours dans le contexte historique des \u00abbourgeoisies conqu\u00e9rantes \u00bb au XIXe s. pour comprendre qu&rsquo;il ne pouvait en \u00eatre autrement, selon le principe bien connu que l&rsquo;\u00ab on ne peut parler \u00e0 n&rsquo;importe quelle \u00e9poque de n&rsquo;importe quoi \u00bb (<em>L&rsquo;Arch\u00e9ologie<\/em> \u2026 , p. 61). A preuve, le discours marxien qu&rsquo;E. Said analyse \u00e0 travers le c\u00e9l\u00e8bre texte sur l&rsquo;Inde (p. 179) : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab Il s&rsquo;agit de savoir si l&rsquo;humanit\u00e9 peut accomplir sa destin\u00e9e sans une r\u00e9volution fondamentale dans l&rsquo;\u00e9tat social de l&rsquo;Asie. Sinon, quels que fussent les crimes de l&rsquo;Angleterre, elle fut un instrument inconscient de l&rsquo;histoire en provoquant cette r\u00e9volution \u00bb. <\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Notre auteur constate que l\u00e0 encore, l&rsquo;Orient n&rsquo;est pas int\u00e9gr\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9nonc\u00e9 pour lui-m\u00eame, \u00ab comme mat\u00e9riau humain \u00bb, qu&rsquo;il est seulement un \u00ab \u00e9l\u00e9ment d&rsquo;un projet romantique de r\u00e9demption de l&rsquo;humanit\u00e9 \u00bb (id) tout enti\u00e8re, bien entendu en commen\u00e7ant par l&rsquo;Occident. <\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Analyser une noix, c&rsquo;est la briser \u00bb. Retournons l&rsquo;aphorisme de Hegel. Si \u00ab les \u00ab Orientaux \u00bb n&rsquo;acceptent plus l&rsquo;image que nous leur proposons d&rsquo;eux \u00bb, comme l&rsquo;\u00e9crit T. Todorov dans la pr\u00e9face de l&rsquo;ouvrage, ils doivent n\u00e9cessairement, pour la briser, l&rsquo;analyser au niveau de sa \u00ab surface d&rsquo;\u00e9mergence \u00bb qui est celle de l&rsquo;Occident colonial, c&rsquo;est-\u00e0-dire, pour s&rsquo;en tenir \u00e0 la m\u00e9thode propos\u00e9e par M. Foucault, d\u00e9lier le tissu de relations \u00e9tablies alors \u00ab entre des institutions, des processus \u00e9conomiques et sociaux, des formes de comportements, des syst\u00e8mes de normes, des techniques, des types de classification, des modes de caract\u00e9risation \u00bb (<em>L&rsquo;Arch\u00e9ologie<\/em> \u2026 , p. 61), qui ont donn\u00e9 \u00e0 l&rsquo;objet (\u00ab l&rsquo;Orient \u00bb) \u00ab d&rsquo;\u00eatre plac\u00e9 dans un champ d&rsquo;ext\u00e9riorit\u00e9 \u00bb. Au terme de cette analyse, ils feront apparaitre un autre objet, qui ne sera plus seulement l&rsquo;image invers\u00e9e du pr\u00e9c\u00e9dent.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>* C.N.R.S., Beyrouth.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article de Michel Seurat paru dans la Revue d&rsquo;\u00e9tudes palestiniennes, n\u00b0 1, automne 1981 Edward Said. L&rsquo;orientalisme. L&rsquo;Orient cr\u00e9\u00e9 par l&rsquo;Occident ; pr\u00e9face de Tzvetan Todorov, traduit de l&rsquo;am\u00e9ricain par Catherine Malamoud, Paris, Seuil, 1980, 393 p. Revu par Michel Seurat* On l&rsquo;aura devin\u00e9 avant m\u00eame d&rsquo;avoir lu son ouvrage : dans L&rsquo;orientalisme. L&rsquo;Orient cr\u00e9\u00e9 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[2340],"tags":[54,2367,703,5825,5763,2001,5820],"class_list":["post-27102","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-revues","tag-54","tag-edward-said","tag-livre","tag-michel-seurat","tag-orientalisme","tag-recension","tag-revue-detudes-palestiniennes"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/s9lTYU-seurat","jetpack_likes_enabled":true,"jetpack-related-posts":[{"id":27035,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2026\/01\/25\/harbi\/","url_meta":{"origin":27102,"position":0},"title":"Mohammed Harbi : Pierre Vidal-Naquet, Les assassins de la m\u00e9moire","author":"SiNedjib","date":"25\/01\/2026","format":false,"excerpt":"Article de Mohammed Harbi paru dans la Revue d'\u00e9tudes palestiniennes, n\u00b0 26, 1988, p. 89-90 Pierre Vidal-Naquet. 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