{"id":27327,"date":"2025-10-02T10:34:50","date_gmt":"2025-10-02T08:34:50","guid":{"rendered":"https:\/\/sinedjib.com\/?p=27327"},"modified":"2025-10-02T10:34:50","modified_gmt":"2025-10-02T08:34:50","slug":"casablanca-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2025\/10\/02\/casablanca-2\/","title":{"rendered":"Casablanca ensanglant\u00e9e"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Article de <a href=\"https:\/\/fusilles-40-44.maitron.fr\/khayati-mustapha\/\">Mustapha Khayati<\/a> publi\u00e9 anonymement dans <em>Sou&rsquo;al<\/em>, n\u00b0 1, d\u00e9cembre 1981<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"580\" height=\"229\" data-attachment-id=\"27328\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2025\/10\/02\/casablanca-2\/soual-1981-2\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/soual-1981.jpg?fit=590%2C233&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"590,233\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"sou&amp;rsquo;al 1981\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/soual-1981.jpg?fit=300%2C118&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/soual-1981.jpg?fit=580%2C229&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/soual-1981.jpg?resize=580%2C229&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-27328\" style=\"width:448px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/soual-1981.jpg?w=590&amp;ssl=1 590w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/soual-1981.jpg?resize=300%2C118&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 580px) 100vw, 580px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-large-font-size\">XXX<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-larger-font-size\"><em><strong>Lettre de Casablanca<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Chers amis,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Votre prospectus de pr\u00e9sentation de <\/em>Sou&rsquo;al <em>m&rsquo;est parvenu par l&rsquo;interm\u00e9diaire d&rsquo;amis Fran\u00e7ais. J&rsquo;esp\u00e8re que votre revue se fera la voix de tous ceux qui, dans nos pays, sont oblig\u00e9s de se taire ou d&rsquo;aller en prison. <\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Personne n&rsquo;a pris ni ne prendra la d\u00e9fense des \u00e9meutiers de Casablanca, m\u00eame si pas mal de monde d\u00e9nonce la r\u00e9pression qui s&rsquo;abat sur eux ; car ils font peur \u00e0 tout le monde politique, comme ils sont la terreur des bourgeois. Dans ce qui suit, je veux non seulement donner raison aux insurg\u00e9s Casablancais, mais encore leur rendre hommage en cherchant th\u00e9oriquement la v\u00e9rit\u00e9 que leur action pratique voulait exprimer.<\/em><\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Nous nous faisons bien s\u00fbr un plaisir de publier ce texte et nous gardons \u00e0 son auteur, ainsi qu&rsquo;il le demande, l&rsquo;anonymat. (N.D.L.R.)<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-large-font-size\">XXX<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-larger-font-size\"><strong>Casablanca ensanglant\u00e9e<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le 20 juin 1981, la jeunesse des quartiers populaires de Casablanca s&rsquo;est soulev\u00e9e. A la faveur de la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e par la C.D.T. (Conf\u00e9d\u00e9ration D\u00e9mocratique du Travail), des dizaines de milliers de jeunes casablancais ont, chacun dans son quartier, occup\u00e9 les rues, pill\u00e9, incendi\u00e9 et pour finir chass\u00e9 les forces de l&rsquo;ordre pendant plusieurs heures. Par la suite, des milliers de policiers, de \u00ab merdas \u00bb (nom donn\u00e9 par le peuple aux forces auxiliaires) et de soldats, appuy\u00e9s par des auto-mitrailleuses et des voitures blind\u00e9es, ont entrepris, dans un combat in\u00e9gal de r\u00e9duire l&rsquo;\u00e9meute. Ils l&rsquo;ont fait de la seule mani\u00e8re qui leur soit propre : l&rsquo;assassinat pur et simple de tous ceux qui ont os\u00e9 crier qu&rsquo;ils en avaient assez d&rsquo;avoir faim. \u00ab S&rsquo;ils n&rsquo;ont pas de pain dans le ventre, nous y mettrons des ba\u00efonnettes \u00bb. Ces paroles d&rsquo;un fabricant lyonnais \u00e0 la veille de l&rsquo;insurrection des Canuts, ont s\u00fbrement \u00e9t\u00e9 la pens\u00e9e intime de ceux qui, le 20 juin, ont donn\u00e9 l&rsquo;ordre de tirer sur les enfants des Carri\u00e8res de Beb Msik, de Derb as-Sultan, de Sbata, de Derb al-Fida, etc. \u00ab Soixante-six morts, tu\u00e9s par des objets contondants \u00bb, ment outrageusement le ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur ; le peuple, lui, sait qu&rsquo;il a port\u00e9 le deuil de plus de six cents morts, tu\u00e9s par balles, et enterr\u00e9s clandestinement dans des fosses communes.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n&rsquo;a fallu que quelques heures pour que les adolescent de Casablanca port balayent la mascarade de la \u00ab\u00a0d\u00e9mocratie hassanienne\u00a0\u00bb : la jellaba de parade du lib\u00e9ralisme est tomb\u00e9e, et le despotisme le plus oriental et le plus r\u00e9pugnant se dresse d\u00e9sormais dans toute sa nudit\u00e9 devant les yeux de tous. L&rsquo;\u00e9v\u00e9nement r\u00e9volutionnaire a toujours le m\u00e9rite de rendre \u00e9vident ce que des mois de ratiocinations journalistiques et de bavardages parlementaires n&rsquo;arriveront jamais \u00e0 communiquer. C&rsquo;est qu&rsquo;il est lui-m\u00eame la mise \u00e0 nu pratique des probl\u00e8mes r\u00e9els d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9, l&rsquo;expression explosive d&rsquo;une situation devenue intol\u00e9rable pour l&rsquo;\u00e9crasante majorit\u00e9 de la population.<\/p>\n\n\n\n<p>En cette ann\u00e9e 1981, la s\u00e9cheresse est venue s&rsquo;ajouter aux cinq ann\u00e9es de guerre et de crise \u00e9conomique (qui ont d\u00e9j\u00e0 saign\u00e9 \u00e0 blanc l&rsquo;\u00e9conomie du Maroc) et mettre les zones les plus pauvres de la campagne au bord de la famine. Les rumeurs les plus diverses et les plus terribles ont commenc\u00e9 \u00e0 circuler dans les souks et de l\u00e0 vers les quartiers populaires ; les langues se sont d\u00e9li\u00e9es et les gens ont commenc\u00e9 \u00e0 exprimer tout haut leurs inqui\u00e9tudes et leurs m\u00e9contentements. Le pouvoir a aussit\u00f4t mobilis\u00e9 sa police et ses ul\u00e9mas, pour expliquer \u00e0 ceux qui voyaient l&rsquo;origine de leur d\u00e9tresse circuler en Merc\u00e9d\u00e8s et construire de somptueuses villas, que Dieu l&rsquo;a ainsi voulu, et qu&rsquo;on ne peut se rebeller contre la volont\u00e9 de Dieu, lequel nous punit de nous \u00eatre \u00e9loign\u00e9s de sa religion et des pr\u00e9ceptes de son Proph\u00e8te. Les fid\u00e8les sont certes nombreux dans les mosqu\u00e9es mais les pr\u00eaches des imams appoint\u00e9s ont peu d&rsquo;auditeurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Vers la fin du mois de mai, le gouvernement, par l&rsquo;interm\u00e9diaire d&rsquo;une d\u00e9p\u00eache anonyme de l&rsquo;agence officielle de presse, annonce l&rsquo;augmentation des prix de cinq produits de base (1), jusque l\u00e0 subventionn\u00e9s par la Caisse de compensation, de pr\u00e8s de 35 % en moyenne. La consternation est g\u00e9n\u00e9rale. <em>\u00ab Al-Muharr\u00f9 \u00bb<\/em>, organe de l&rsquo;U.S.F.P. (et de la C.D.T.) s&#8217;empare de la question et m\u00e8ne campagne pour l&rsquo;annulation pure et simple de cette mesure aussi inique qu&rsquo;apolitique. La col\u00e8re est grande, et personne &#8211; m\u00eame parmi les valets les plus fid\u00e8les du r\u00e9gime &#8211; n&rsquo;ose d\u00e9fendre une telle aberration. Le parlement est unanime pour la condamner, et le gouvernement est oblig\u00e9 de r\u00e9duire l&rsquo;augmentation de moiti\u00e9. Mais les choses faites \u00e0 moiti\u00e9 n&rsquo;ont jamais satisfait personne. La persistance du m\u00e9contentement et les menaces de gr\u00e8ve lanc\u00e9es par la C.D.T. et l&rsquo;U.S.F.P. ont donc pr\u00e9cipit\u00e9 les \u00e9v\u00e9nements. De crainte d&rsquo;\u00eatre d\u00e9bord\u00e9s par leur base et de voir celle-ci se rallier \u00e0 la C.F.T., les dirigeants de l&rsquo;U.M.T. (Union Marocaine du Travail) interviennent de tout leur poids bureaucratique et lancent le mot d&rsquo;ordre de gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale dans la seule Pr\u00e9fecture de Casablanca pour la journ\u00e9e du 18 juin. A la surprise de tous. Mais cette surprise ne tardera pas \u00e0 se dissiper lorsque tout le monde s&rsquo;est aper\u00e7u que la gr\u00e8ve \u00e9tait largement appuy\u00e9e par le gouvernement, et le bon peuple n&rsquo;h\u00e9sita pas \u00e0 l&rsquo;appeler \u00ab gr\u00e8ve du Makhzen \u00bb, ce qu&rsquo;elle \u00e9tait en fait. Elle visait \u00e0 canaliser le m\u00e9contentement dans le \u00ab bon sens \u00bb ; r\u00e9cup\u00e9rer la base du syndicat le plus fort et le plus proche du gouvernement ; frustrer la C.D.T. et l&rsquo;U.S.F.P. d&rsquo;une longue et minutieuse campagne politique et faire avorter tout mouvement dont elles auraient l&rsquo;initiative. La C.D.T. a donc aussit\u00f4t r\u00e9agi et appel\u00e9 \u00e0 une autre gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale nationale pour la journ\u00e9e du samedi 20 juin. Aussit\u00f4t toutes les puissances de l&rsquo;Etat et ses organes d&rsquo;intoxication ont \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9s pour mettre en \u00e9chec cette gr\u00e8ve, spontan\u00e9ment per\u00e7ue comme \u00ab la gr\u00e8ve du peuple \u00bb. Les mokaddems (repr\u00e9sentants du pouvoir dans chaque quartier) sont all\u00e9s voir les commer\u00e7ants, un \u00e0 un, pour leur dire ce qu&rsquo;ils risquaient s&rsquo;ils suivaient le mot d&rsquo;ordre de gr\u00e8ve. Le gouvernement a publi\u00e9 un communiqu\u00e9 mena\u00e7ant les fonctionnaires de licenciement en cas de gr\u00e8ve ; et enfin tr\u00e8s t\u00f4t, \u00e0 l&rsquo;aube du samedi, la police est all\u00e9e chercher, chez eux, les conducteurs d&rsquo;autobus pour les obliger \u00e0 transporter les travailleurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Durant la matin\u00e9e, la gr\u00e8ve a connu un semi-\u00e9chec au centre ville, mais un succ\u00e8s total dans les quartiers ouvriers. Contrairement \u00e0 la journ\u00e9e du 18 qui s&rsquo;est pass\u00e9e comme un triste dimanche, dans l&rsquo;indiff\u00e9rence et l&rsquo;ennui, celle du 20 a mis la population en effervescence et la police sur les dents. D\u00e8s le matin, tous les hommes \u00e9taient dans la rue et les femmes aux fen\u00eatres. Enerv\u00e9es les forces de l&rsquo;ordre tentaient, lors de leurs incessantes rondes, de disperser les petits attroupements. Mais il est impossible de pr\u00e9venir une \u00e9meute, non seulement attendue depuis longtemps mais d\u00e9sir\u00e9e par tout le monde. Et celle du 20 juin n&rsquo;est en rien comparable \u00e0 un orage dans un ciel sans nuages, c&rsquo;est l&rsquo;explosion d&rsquo;un malaise parfaitement connu des autorit\u00e9s et l&rsquo;accomplissement d&rsquo;une promesse parfaitement consciente des int\u00e9ress\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Le peuple de Casablanca sait instinctivement qu&rsquo;il ne peut pas bouger impun\u00e9ment. L&rsquo;\u00e9meute de d\u00e9cembre 1952 contre les Fran\u00e7ais a fait plusieurs centaines de morts, et celle de mars 1965 contre la politique scolaire de Hassan II (un millier de victimes) lui ont appris que ses ennemis sont intraitables avec lui. D&rsquo;o\u00f9 la m\u00e9fiance et l&rsquo;expectative des adultes en cette journ\u00e9e. Mais leurs enfants, qui n&rsquo;ont pas la m\u00e9moire de leurs parents, ont d\u00e9cid\u00e9 de faire de cette gr\u00e8ve une occasion pour proclamer au monde entier ce que pense la masse non pensante du Maroc, et montrer a contrario ce qu&rsquo;est r\u00e9ellement le r\u00e9gime qui l&rsquo;affame et l&rsquo;\u00e9touffe. Sous l&rsquo;\u0153il bienveillant de leurs a\u00een\u00e9s et les youyous de leurs m\u00e8res, des milliers d&rsquo;adolescents se sont donc rendus ma\u00eetres de leurs rues, durant plusieurs heures. Ils ont lapid\u00e9 et chass\u00e9 les forces de l&rsquo;ordre qui sont all\u00e9es encercler les quartiers afin d&#8217;emp\u00eacher tout d\u00e9bordement sur le centre ville. Puis ils ont incendi\u00e9 des dizaines de voitures, seul signe apparent de richesse dans les quartiers pauvres ; pill\u00e9 quelques magasins et pharmacies ; mais syst\u00e9matiquement saccag\u00e9 toutes les succursales de banques auxquelles ils ont acc\u00e8s et attaqu\u00e9 les postes de police non prot\u00e9g\u00e9s. Ces jeunes savaient donc que l&rsquo;argent et le pouvoir sont les principaux responsables de leurs malheurs, et ce savoir ils l&rsquo;ont exprim\u00e9 la torche \u00e0 la main. L&rsquo;atmosph\u00e8re \u00e9tait plut\u00f4t \u00e0 la f\u00eate et les slogans cri\u00e9s visaient pour la plupart la personne du roi, trait\u00e9 de \u00ab maquereau des Saoudiens \u00bb, et autres joyeuset\u00e9s irr\u00e9v\u00e9rencieuses. On a m\u00eame entendu : \u00ab A bas la monarchie ! Vive la R\u00e9publique ! \u00bb. Un jour, on saura peut-\u00eatre tout ce qui s&rsquo;est dit et s&rsquo;est fait en cette belle apr\u00e8s-midi du 20 juin 1981, mais on sait d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 que quelques heures de vacances du pouvoir \u00e9tatique ont suffi aux jeunes \u00e9meutiers de Casablanca pour bouleverser tous les calculs politiques du Pouvoir et de ses serviteurs, mais aussi de l&rsquo;opposition.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette \u00e9meute, comme celle du Caire (1er janvier 1977) et celle de Tunis (26 janvier 1978) n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9e ni par les socialistes, ni par les gauchistes, ni par les islamistes. Seule la masse anonyme des lyc\u00e9ens et des ch\u00f4meurs en a pris l&rsquo;initiative et entrepris l&rsquo;ex\u00e9cution. La lamentable tentative gouvernementale de rendre la C.D.T. et l&rsquo;U.S.F.P. responsables de ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 exprime en fait le d\u00e9sarroi des responsables de l&rsquo;ordre devant le r\u00e9veil des \u00ab sujets de Sa Majest\u00e9, les \u00ab\u00a0ouailles\u00a0\u00bb du \u00ab\u00a0commandeur des Croyants\u00a0\u00bb (Ra&rsquo;aya amir-al-mu&rsquo;minin). Ils pr\u00e9f\u00e8rent de fait avoir affaire \u00e0 des adversaires bien connus d&rsquo;eux qu&rsquo;\u00e0 une foule d\u00e9cha\u00een\u00e9e et sans chefs, ce monstre qui a toujours fait trembler les pouvoirs \u00e9tatiques et les classes poss\u00e9dantes. Cette foule-l\u00e0, il faut la mitrailler, l&rsquo;entretuer, la torturer, l&rsquo;enfermer et rien de plus ; l&rsquo;explication politique, elle, se fait avec ceux que le pouvoir choisira lui-m\u00eame comme les dirigeants de la subversion. L&rsquo;enjeu est de taille. Pour la monarchie, en aucune mani\u00e8re la masse des esclaves soumis ne doit acc\u00e9der \u00e0 la parole. L\u00e0 o\u00f9 elle met le pied dans les quartiers populaires, elle doit rencontrer que les nuques de ces animaux politiques cr\u00e9\u00e9s pour \u00eatre d\u00e9vor\u00e9s et ob\u00e9issants. Ce d\u00e9vouement et cette ob\u00e9issance sont la garantie de la p\u00e9rennit\u00e9 d&rsquo;un syst\u00e8me produit par des si\u00e8cles de barbarie, et \u00ab civilis\u00e9 \u00bb par quelques d\u00e9cennies de colonisation, et dont le principe est une organisation sociale d\u00e9pouill\u00e9e de toute humanit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab L&rsquo;Etat, proclame p\u00e9remptoirement l&rsquo;ex-syndicaliste devenu premier ministre Maati Bouabid, frappera d&rsquo;une main de fer pour sauvegarder la s\u00e9curit\u00e9 et la propri\u00e9t\u00e9 d&rsquo;autrui \u2026 \u00bb. <\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Autrui ici signifie la classe des propri\u00e9taires qui a troqu\u00e9 sa dignit\u00e9 et sa libert\u00e9 contre la libert\u00e9 de piller et d&rsquo;exploiter. Et si justement la s\u00e9curit\u00e9 de quelques-uns signifie l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 end\u00e9mique de l&rsquo;\u00e9crasante majorit\u00e9, et leur propri\u00e9t\u00e9 la paup\u00e9risation absolue de tous ? Alors c&rsquo;est la guerre sociale ; et la journ\u00e9e du 20 juin n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 que la proclamation bruyante et sanglante de ce qui existait \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat latent. Le pouvoir, seul, \u00e9tait conscient de mener cette guerre. Ceux qui la subissaient ou la faisaient inconsciemment, recevaient des coups sans trop comprendre pourquoi. Or il suffit de regarder en arri\u00e8re pour s&rsquo;apercevoir que, depuis le pr\u00e9tendu \u00ab\u00a0processus de d\u00e9mocratisation\u00a0\u00bb, le pouvoir a minutieusement dos\u00e9 ses concessions et quasi-scientifiquement organis\u00e9 sa r\u00e9pression de telle fa\u00e7on qu&rsquo;aucune force de celles qui ont accept\u00e9 de <em>\u00ab\u00a0jouer le jeu de la d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb <\/em>(c&rsquo;est l&rsquo;expression consacr\u00e9e au Maroc !) ne puisse d\u00e9passer les limites qu&rsquo;il lui trace. Mais la condition sine qua non de ce dr\u00f4le de statu quo et de ce jeu bizarre, est que la masse des \u00ab\u00a0sujets fid\u00e8les\u00a0\u00bb reste en dehors de la comp\u00e9tition, \u00e9trang\u00e8re \u00e0 la d\u00e9mocratie comme sa propre vie lui est totalement \u00e9trang\u00e8re, et qu&rsquo;elle se contente de moisir dans ses quartiers insalubres en priant pour des jours meilleurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Maintenant tout a chang\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Sahara, autour duquel le Palais a r\u00e9ussi, un moment, \u00e0 faire un semblant d&rsquo;unanimit\u00e9, est devenu apr\u00e8s cinq ans de guerre fort co\u00fbteuse, une plaie dont il faut au plus vite se d\u00e9barrasser. Nous pensons que l&rsquo;U.S.F.P. a eu tort de choisir ce cheval de bataille pour affronter la monarchie. Rares seront ceux qui la suivront sur ce terrain. Justement, parce qu&rsquo;elle s&rsquo;est proclam\u00e9e d\u00e8s sa naissance <em>Union des Forces Populaires<\/em>, elle ne peut \u00eatre le parti de l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 territoriale, mais celui de la d\u00e9sint\u00e9gration sociale. Et c&rsquo;est seulement sur ce terrain qu&rsquo;elle peut vaincre. Le pouvoir, en tout cas, la traite toujours en tant que telle. Alors qu&rsquo;<em>elle ose donc para\u00eetre ce qu&rsquo;elle est<\/em>. Certes, la peur est un facteur important dans la politique, mais on se trompe lourdement si l&rsquo;on croit que la peur constitue une protection, de m\u00eame que le pouvoir se trompe dangereusement en croyant qu&rsquo;il peut obtenir ce qu&rsquo;il veut en provoquant la peur. Il nous semble que rien d&rsquo;important ne se fera au Maroc sans la base militante de l&rsquo;U.S.F.P., mais maintenant que ses dirigeants eux-m\u00eames ont rejoint les deux mille \u00e9meutiers qui croupissent dans les ge\u00f4les ch\u00e9rifiennes, la voie est claire.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;\u00e9meute est toujours le fait de ceux que le syst\u00e8me social en vigueur condamne au silence, apr\u00e8s les avoir exclus de ses rouages vitaux. Les soci\u00e9t\u00e9s antiques avaient au moins le m\u00e9rite de nourrir leur pl\u00e8be ; les soci\u00e9t\u00e9s sous-d\u00e9velopp\u00e9es du XXe si\u00e8cle sont condamn\u00e9es \u00e0 produire une masse pl\u00e9b\u00e9ienne de plus en plus prolifique et \u00e0 la mitrailler p\u00e9riodiquement. L&rsquo;existence d&rsquo;une telle masse est la preuve permanente de l&rsquo;inhumanit\u00e9 de ces soci\u00e9t\u00e9s. Les bourgeois de ces pays n&rsquo;ont besoin que d&rsquo;un certain nombre d&rsquo;esclaves, et les propri\u00e9taires d&rsquo;esclaves n&rsquo;ont pas besoin d&rsquo;\u00eatre libres. Pour rester les <em>ma\u00eetres <\/em>de la propri\u00e9t\u00e9, ils doivent d&rsquo;abord accepter d&rsquo;\u00eatre les valets de l&rsquo;Etat, leur Etat. Le silence totalitaire est la loi qui gouverne tout le monde. Personne ne peut ni ne doit dire ce qu&rsquo;il veut : ni les esclaves qu&rsquo;ils veulent devenir des hommes libres, ni les ma\u00eetres qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas besoin d&rsquo;hommes pour subsister : <em>Muta pecora, prona et ventri obedientia<\/em> (Des troupeaux muets, dociles, esclaves de leur ventre). Voil\u00e0 pourquoi chaque tentative de \u00ab\u00a0d\u00e9mocratisation\u00a0\u00bb finit par une \u00e9meute qui rappelle \u00e0 ceux qui feignent de l&rsquo;oublier que pour ce genre d&rsquo;organisation sociale, la brutalit\u00e9 est une n\u00e9cessit\u00e9 et l&rsquo;humanit\u00e9 une impossibilit\u00e9. Une situation brutale et inhumaine, ne peut se maintenir que par la brutalit\u00e9 et l&rsquo;inhumanit\u00e9. L&rsquo;\u00e9meute est \u00e0 la fois la manifestation de cette brutalit\u00e9 et la protestation contre l&rsquo;inhumanit\u00e9 ; l&rsquo;acte par lequel les exclus de la communaut\u00e9 inhumaine exigent la reconstruction de la communaut\u00e9 humaine. Qu&rsquo;est-ce que le pillage, cette n\u00e9gation en actes du principe de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e et ce fid\u00e8le compagnon de toutes les \u00e9meutes, sinon un <em>d\u00e9sir profond<\/em> d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 sans propri\u00e9t\u00e9, une forme \u00e9l\u00e9mentaire de communisme ?<\/p>\n\n\n\n<p>La bourgeoisie europ\u00e9enne a affront\u00e9, durant plus d&rsquo;un si\u00e8cle le terrible probl\u00e8me du paup\u00e9risme qui ne cessait d&rsquo;\u00e9branler sa puissance \u00e9conomique et son pouvoir politique. Outre sa police et son arm\u00e9e, elle a mobilis\u00e9 ses penseurs, ses philanthropes, ses cur\u00e9s et tous ses \u00e9conomistes en vue de le r\u00e9soudre. On peut dire maintenant qu&rsquo;elle y est parvenue. Les classes propri\u00e9taires du Tiers-Monde, elles, n&rsquo;ont que les armes de l&rsquo;Etat : autant dire rien, vue l&rsquo;immensit\u00e9 du probl\u00e8me.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour en revenir au Maroc, apr\u00e8s la violence sans phrases des mokhaznis et autres tueurs, les hommes au pouvoir sont venus faire des phrases pour expliquer \u00e0 ceux qui ont fait l&rsquo;\u00e9meute qu&rsquo;ils \u00e9taient manipul\u00e9s de l&rsquo;\u00e9tranger, que les insurg\u00e9s n&rsquo;\u00e9taient pas des Casablancais, mais des immigr\u00e9s de la campagne, et que le peuple marocain est plus que jamais attach\u00e9 \u00e0 son Roi. Si le mensonge est une chose ordinaire pour un ministre, l&rsquo;inconscience mitig\u00e9e de terreur, manifest\u00e9e par les repr\u00e9sentants des classes poss\u00e9dantes en dit long sur la d\u00e9ch\u00e9ance de celles-ci. En d\u00e9non\u00e7ant l&rsquo;anarchie, la \u00ab <em>fawda <\/em>\u00bb (la s\u00e9dition) qui est selon le Coran &#8211; \u00ab plus grave que l&rsquo;assassinat \u00bb -, ou le \u00ab complot \u00bb tram\u00e9 par le syndicat socialiste, ils n&rsquo;ont fait qu&rsquo;exprimer leur peur et nullement affirmer leur puissance. Dans son insolente \u00ab autocritique \u00bb, le Roi a promis de rem\u00e9dier au mal de l&rsquo;exode rural. De fait le mal est fait, et il faudrait une solution \u00ab cambodgienne \u00bb pour emp\u00eacher les \u00ab classes dangereuses \u00bb de Casablanca de se soulever une deuxi\u00e8me, troisi\u00e8me ou dixi\u00e8me fois. Ce mal c&rsquo;est toute l&rsquo;organisation de la soci\u00e9t\u00e9 marocaine et son Etat, et celui-ci est cong\u00e9nitalement incapable de comprendre et a fortiori de r\u00e9soudre la <em>question sociale<\/em>. Tout au plus peut-il la ramener \u00e0 sa dimension administrative, la seule qu&rsquo;il connaisse et reconnaisse.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;Etat et ceux qu&rsquo;il prot\u00e8ge voient bien les maux sociaux, mais ils voient toujours leur origine soit dans la Volont\u00e9 de Dieu (toujours bonne pour les autres), soit dans les d\u00e9ficiences de l&rsquo;administration, soit enfin dans la mauvaise volont\u00e9 des pauvres qui quittent leur campagne et viennent encombrer les villes, au lieu de mourir discr\u00e8tement dans leur douar. Le rem\u00e8de qui s&rsquo;impose alors, et qui cette fois ignore la volont\u00e9 divine, est celui de punir les indigents et de r\u00e9former l&rsquo;administration. C&rsquo;est maintenant chose faite apr\u00e8s la condamnation de plus de deux mille personnes et la division de la r\u00e9gion de Casablanca en cinq pr\u00e9fectures. Le monologue autistique de l&rsquo;Etat vient ainsi confirmer le r\u00e8gne sans partage du Makhzen. Quant \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 civile, elle devra r\u00e9soudre elle-m\u00eame ses contradictions, et cette solution sera en m\u00eame temps son acte de naissance.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(1) Sucre, beurre, lait, huile, semoule (et tous les produits d\u00e9riv\u00e9s).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article de Mustapha Khayati publi\u00e9 anonymement dans Sou&rsquo;al, n\u00b0 1, d\u00e9cembre 1981 XXX Lettre de Casablanca Chers amis, Votre prospectus de pr\u00e9sentation de Sou&rsquo;al m&rsquo;est parvenu par l&rsquo;interm\u00e9diaire d&rsquo;amis Fran\u00e7ais. J&rsquo;esp\u00e8re que votre revue se fera la voix de tous ceux qui, dans nos pays, sont oblig\u00e9s de se taire ou d&rsquo;aller en prison. 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