{"id":28141,"date":"2026-02-20T17:34:15","date_gmt":"2026-02-20T16:34:15","guid":{"rendered":"https:\/\/sinedjib.com\/?p=28141"},"modified":"2026-02-20T18:03:17","modified_gmt":"2026-02-20T17:03:17","slug":"femmes-immigrees-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2026\/02\/20\/femmes-immigrees-2\/","title":{"rendered":"Femmes immigr\u00e9es"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Article paru dans les <em><a href=\"https:\/\/femenrev.persee.fr\/doc\/cafem_0154-7763_1978_num_5_1_2881\">Cahiers du f\u00e9minisme<\/a><\/em>, n\u00b0 5, juin-juillet-ao\u00fbt 1978<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"580\" height=\"447\" data-attachment-id=\"28142\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2026\/02\/20\/femmes-immigrees-2\/femmes-immigrees-1978-2\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/femmes-immigrees-1978-1.jpg?fit=772%2C595&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"772,595\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"femmes immigr\u00e9es 1978\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/femmes-immigrees-1978-1.jpg?fit=580%2C447&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/femmes-immigrees-1978-1.jpg?resize=580%2C447&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-28142\" style=\"width:520px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/femmes-immigrees-1978-1.jpg?w=772&amp;ssl=1 772w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/femmes-immigrees-1978-1.jpg?resize=300%2C231&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/femmes-immigrees-1978-1.jpg?resize=768%2C592&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 580px) 100vw, 580px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">La population immigr\u00e9e repr\u00e9sente en France 7 % de la population totale soit environ 4 millions de personnes. Les femmes repr\u00e9sentent au sein de cette population 1 065 000 personnes, soit une femme pour trois hommes.<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>Les probl\u00e8mes que rencontrent les femmes immigr\u00e9es ne peuvent \u00eatre s\u00e9par\u00e9s de ceux de l&rsquo;ensemble de la population immigr\u00e9e. Les femmes immigr\u00e9es subissent une double oppression : en tant qu&rsquo;immigr\u00e9e, partageant la condition de l&rsquo;ensemble des travailleurs immigr\u00e9s : discrimination de toutes sortes, brimades, racisme, conditions de vie d\u00e9plorables ; mais aussi en tant que femme : d\u00e9pendance par rapport aux hommes, isolement et solitude, dus \u00e0 toutes les formes de sexisme et de racisme.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Les \u00e9trang\u00e8res qui viennent vivre et travailler en France \u00e9migrent le plus souvent du milieu rural. Si des femmes immigrent de leur propre initiative, dans la majeure partie des cas, les femmes viennent de rejoindre leurs maris lorsqu&rsquo;ils ont trouv\u00e9 une certaine stabilit\u00e9 dans leur emploi et un lieu pour loger leur famille. L&rsquo;immigration f\u00e9minine se fait donc pour beaucoup dans le cadre du regroupement familial.<\/p>\n\n\n\n<p>La situation des femmes varie dans une certaine mesure en fonction de leur nationalit\u00e9, des m\u0153urs, coutumes des pays d&rsquo;origine, des liens politiques et \u00e9conomiques existant entre ces pays et la France.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, bien que la situation des femmes maghr\u00e9bines \u00e9volue quelque peu, leur r\u00f4le reste traditionnel. Tr\u00e8s peu travaillent, par contre la femme portugaise ou espagnole qui suit son mari en pays d&rsquo;immigration, le fait le plus souvent pour travailler \u00e9galement. Les femmes qui arrivent en France, dans le cadre du regroupement familial, imposent au gouvernement imp\u00e9rialiste fran\u00e7ais un certain nombre de charges : la scolarisation des enfants, le logement des familles \u2026 ce qui explique que dans une situation de crise et de r\u00e9cession \u00e9conomique, une des mesures dirig\u00e9e contre la population immigr\u00e9e est de tenter de suspendre toute immigration familiale. Les femmes immigr\u00e9es sont d&rsquo;ailleurs \u00e0 l&rsquo;heure actuelle, particuli\u00e8rement touch\u00e9es par les mesures racistes de Stoleru. Celles qui arrivent aujourd&rsquo;hui en France n&rsquo;ont pas la possibilit\u00e9 d&rsquo;obtenir de cartes de travail et doivent m\u00eame s&rsquo;engager \u00e0 ne pas travailler !<\/p>\n\n\n\n<p>La situation des femmes immigr\u00e9es ne peut \u00eatre analys\u00e9e sans faire \u00e9tat de la situation mat\u00e9rielle dans laquelle elles vivent. Les in\u00e9galit\u00e9s sociales notamment en mani\u00e8re de logement, de salaire \u2026 ont des r\u00e9percussions directes sur la vie des familles et influent sur le degr\u00e9 d&rsquo;oppression et d&rsquo;exploitation des femmes. Les difficult\u00e9s quotidiennes de la vie mat\u00e9rielle, la faiblesse du niveau de vie est renforc\u00e9 par la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;\u00e9pargner pour pr\u00e9parer le retour au pays d&rsquo;origine (achat de terres, d&rsquo;un commerce \u2026 )<\/p>\n\n\n\n<p>La femme va devoir \u00e9conomiser au plus serr\u00e9, organiser le travail domestique en fonction d&rsquo;une politique du minimum n\u00e9cessaire. C&rsquo;est pourquoi les femmes immigr\u00e9es, plus que toutes les femmes, subissent la fatigue physique, morale, nerveuse et psychique.<\/p>\n\n\n\n<p>La politique de discrimination du gouvernement en mati\u00e8re de logement des travailleurs immigr\u00e9s ne fait que renforcer l&rsquo;oppression dont sont victimes les femmes immigr\u00e9es et le silence qui entoure cette oppression. Les qualit\u00e9s de logement influent et conditionnent les possibilit\u00e9s de relation et d&rsquo;int\u00e9gration sociale. Les familles vivent le plus souvent dans des logements surpeuples (on estime que pr\u00e8s de 50 % des travailleurs immigr\u00e9s habitent des logements insalubres) o\u00f9 les enfants n&rsquo;ont pas de lieu o\u00f9 travailler, o\u00f9 jouer, o\u00f9 il n&rsquo;existe pas de sanitaires, un chauffage rudimentaire et dangereux, o\u00f9 les conditions d&rsquo;hygi\u00e8ne et de s\u00e9curit\u00e9 sont nulles.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand on sait que la femme est confin\u00e9e dans son foyer, responsable de la vie d&rsquo;une famille souvent nombreuse, on peut prendre la mesure des conditions d&rsquo;oppression quotidienne que vivent ces femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut ajouter \u00e0 cela qu&rsquo;une famille qui d\u00e9passe le nombre d&rsquo;habitants fix\u00e9 par logement perd son droit \u00e0 l&rsquo;allocation logement. Quand on sait qu&rsquo;en 1971, 56 % de familles d&rsquo;immigr\u00e9s \u00e9taient log\u00e9s dans des locaux surpeupl\u00e9s, dont 26 % de surpeuplement critique, et que l&rsquo;on conna\u00eet les faibles revenus et la chert\u00e9 de la vie, on peut appr\u00e9cier les difficult\u00e9s que rencontrent ces femmes pour g\u00e9rer leur budget, assurer l&rsquo;entretien de la famille.<\/p>\n\n\n\n<p>Les cit\u00e9s de transit o\u00f9 sont parqu\u00e9s les immigr\u00e9s arrivant en France, sont de v\u00e9ritables ghettos. Ces cit\u00e9s ne font que renforcer l&rsquo;isolement que vivent les immigr\u00e9s et particuli\u00e8rement les femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque les familles ont pu trouver un logement, elles subissent souvent le racisme des propri\u00e9taires et des locataires : cela va des brimades administratives aux p\u00e9titions de locataires contre une famille d&rsquo;immigr\u00e9s parce que \u00ab ca sent le couscous \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Si l&rsquo;ensemble de la population immigr\u00e9e souffre de la perte des liens avec la communaut\u00e9 nationale, les femmes plus que les hommes subissent le choc de la transplantation en milieu urbain, dans un monde qui leur est \u00e9tranger. La plupart d&rsquo;entre elles n&rsquo;ayant pas d&rsquo;activit\u00e9s professionnelles ne trouvent pas d&rsquo;occasion de contact m\u00eame limit\u00e9 avec la population fran\u00e7aise, ni m\u00eame avec d&rsquo;autres femmes immigr\u00e9es travaillant. Priv\u00e9es de scolarisation le plus souvent dans leur pays d&rsquo;origine, o\u00f9 leur r\u00f4le est limit\u00e9 aux t\u00e2ches familiales et reproductrices, ces femmes une fois transplant\u00e9es en France, voient leurs possibilit\u00e9s de communication encore plus r\u00e9duites du fait de l&rsquo;ignorance du fran\u00e7ais. Le plus souvent m\u00e8res de familles, leur r\u00f4le leur assigne la charge de transmettre aux enfants la tradition, la langue et les coutumes de leur pays.<\/p>\n\n\n\n<p>Or, les enfants d&rsquo;immigr\u00e9s sont amen\u00e9s, une fois \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole, o\u00f9 seuls les valeurs, la langue, le mode de vie des pays d&rsquo;accueil sont valoris\u00e9s, \u00e0 s&rsquo;\u00e9loigner de leurs m\u00e8res et de leurs familles.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette situation de tension entra\u00eene de nombreuses d\u00e9pressions nerveuses chez les femmes. Par sa place dans la famille et \u00e0 la maison, les femmes subissent plus que les hommes les contradictions sociales et culturelles, auxquelles est soumise l&rsquo;immigration.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est pourquoi la possibilit\u00e9 d&rsquo;apprendre \u00e0 lire et \u00e0 \u00e9crire dans leur langue maternelle (pr\u00e8s d&rsquo;un million d&rsquo;immigr\u00e9s sont analphab\u00e8tes) est une n\u00e9cessit\u00e9 et un droit, car c&rsquo;est reconna\u00eetre \u00e0 ces femmes leur identit\u00e9 nationale et culturelle (selon une estimation : en 1975, seulement 60 000 hommes suivaient des cours d&rsquo;alphab\u00e9tisation sur une population de deux millions et 5 000 femmes sur une population d&rsquo;environ un million).<\/p>\n\n\n\n<p>La mise en place de cours d&rsquo;alphab\u00e9tisation sur les lieux de travail, d&rsquo;enseignement, de formation, d&rsquo;habitation, pay\u00e9s par le patronat et\/ou l&rsquo;Etat, est une deuxi\u00e8me n\u00e9cessit\u00e9 pour permettre l&rsquo;insertion sociale des immigr\u00e9s, leur donner la possibilit\u00e9 de communiquer et de n&rsquo;\u00eatre plus confront\u00e9s \u00e0 un monde \u00e9tranger ; cela est d&rsquo;autant plus important que les femmes immigr\u00e9es doivent affronter une soci\u00e9t\u00e9 dont la r\u00e9glementation est touffue, la l\u00e9gislation complexe, o\u00f9 les brimades administratives, le racisme ambiant laissent les femmes totalement d\u00e9sempar\u00e9es, sans connaissance de leurs droits.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour les femmes qui viennent travailler en France, le handicap de la langue renforce les discriminations existantes, oblige les femmes \u00e0 accepter les travaux les plus p\u00e9nibles, les plus mal pay\u00e9s ; plus encore que les hommes, plus que les autres femmes, elles sont d\u00e9qualifi\u00e9es, sous-pay\u00e9es, bonnes \u00e0 tout faire. Le droit au travail, l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des salaires font partie des revendications des femmes : elles sont d&rsquo;autant plus valables pour les femmes immigr\u00e9es qui combinent la discrimination que subissent les immigr\u00e9es (salaires de 17,4 % inferieur aux salaires des travailleurs fran\u00e7ais pour un m\u00eame travail) et celles dont sont victimes les femmes (salaires inf\u00e9rieurs de 30 %).<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;absence de formation professionnelle (70 femmes immigr\u00e9es en tout ont suivi une FPA en France l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re) ne peut que renforcer la sous-qualification et leur sur-exploitation. C&rsquo;est pourquoi toutes les discriminations de type raciste et sexiste, et toutes les clauses de nationalit\u00e9, doivent \u00eatre supprim\u00e9es \u00e0 l&#8217;embauche et \u00e0 la formation. L&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la FPA doit \u00eatre possible \u00e0 toutes les femmes qui en font la demande.<\/p>\n\n\n\n<p>La possibilit\u00e9 pour les femmes immigr\u00e9es de disposer librement de leur corps, de pouvoir contr\u00f4ler leur maternit\u00e9 est soumis \u00e0 une s\u00e9rie de barri\u00e8res importantes. Si des raisons d&rsquo;ordre socio-culturelles expliquent l&rsquo;importance du taux de natalit\u00e9, les limites apport\u00e9es \u00e0 la diffusion des moyens contraceptifs, barri\u00e8res particuli\u00e8res qui existent pour leur diffusion en milieu immigr\u00e9, laissent les femmes largement d\u00e9munies. Leur isolement, la mauvaise information, la mauvaise compr\u00e9hension de leur utilisation, due \u00e0 la m\u00e9connaissance de la langue, p\u00e8sent particuli\u00e8rement. Lorsque les femmes sont orient\u00e9es vers les centres de planning et de PMI, ce qui n&rsquo;est pas souvent le cas, les services d&rsquo;information sont mal adapt\u00e9es \u00e0 recevoir une femme immigr\u00e9e avec leurs diff\u00e9rences linguistiques, culturelles et religieuses. C&rsquo;est pourquoi il appara\u00eet n\u00e9cessaire que soient mis en place des centres d&rsquo;information sexuelle et contraceptive, financ\u00e9s par l&rsquo;Etat, dans les \u00e9coles, les entreprises et les quartiers, et qui disposent d&rsquo;un personnel form\u00e9, ayant une connaissance de la langue des pays d&rsquo;immigration, de leurs coutumes et de leur culture. Un tel personnel pourrait et devrait \u00eatre form\u00e9 au sein m\u00eame de la population immigr\u00e9e, ce qui faciliterait la communication et renforcerait la confiance des femmes. Pour r\u00e9pondre aux besoins et \u00e0 la demande des femmes, devraient exister des plaquettes d&rsquo;information en diff\u00e9rentes langues, ainsi que des moyens audiovisuels adapt\u00e9s, des \u00e9missions de t\u00e9l\u00e9vision.<\/p>\n\n\n\n<p>La possibilit\u00e9 de contr\u00f4ler les naissances, de disposer librement de son corps est une des conditions premi\u00e8res de la lib\u00e9ration des femmes. C&rsquo;est pourquoi, non seulement le droit \u00e0 la contraception doit leur \u00eatre reconnu, mais aussi celui \u00e0 l&rsquo;avortement libre et gratuit.<\/p>\n\n\n\n<p>Les femmes immigr\u00e9es sont parmi toutes les femmes celles qui subissent le plus le \u00ab fardeau \u00bb des naissances non d\u00e9sir\u00e9es. Or, seules les femmes r\u00e9sidant en France depuis plus de trois mois et ayant une carte de s\u00e9jour peuvent avoir l\u00e9galement recours \u00e0 l&rsquo;avortement.<\/p>\n\n\n\n<p>De telles clauses sont r\u00e9v\u00e9latrices du refus de la bourgeoisie d&rsquo;admettre au fond le droit \u00e0 l&rsquo;avortement, comme un droit de toutes les femmes, mais r\u00e9v\u00e8lent aussi la politique de contr\u00f4le de l&rsquo;immigration qui ne cesse de se d\u00e9velopper en France.<\/p>\n\n\n\n<p>Enferm\u00e9es dans leur foyer, assign\u00e9es \u00e0 une fonction reproductrice, charg\u00e9es des enfants et du mari, elles sont \u00e9conomiquement, psychologiquement d\u00e9pendantes de celui-ci.<\/p>\n\n\n\n<p>Les conditions d&rsquo;exploitation (longueur des journ\u00e9es de travail, heures suppl\u00e9mentaires \u2026 ) la fatigue, l&rsquo;humiliation dont sont victimes les travailleurs immigr\u00e9s, font qu&rsquo;une fois chez lui, le travailleur immigr\u00e9 peut affirmer sa domination sur une personne encore plus d\u00e9valoris\u00e9e que lui. L&rsquo;ind\u00e9pendance \u00e9conomique des femmes immigr\u00e9es est un \u00e9l\u00e9ment d\u00e9cisif de ce point de vue. Mais, \u00e0 l&rsquo;heure actuelle, si des femmes travaillent pour acqu\u00e9rir cette ind\u00e9pendance, pour toutes celles qui ont de nombreux enfants, le travail salarie ajout\u00e9 aux lourdes charges au sein de la famille repr\u00e9sente un v\u00e9ritable esclavage.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est pourquoi l\u00e0 encore plus que pour toutes autres, le droit au travail ne peut \u00eatre revendiqu\u00e9 sans \u00eatre li\u00e9 aux revendications de socialisation des t\u00e2ches domestiques et de l&rsquo;\u00e9ducation des enfants (et qui tiennent compte des sp\u00e9cificit\u00e9s culturelles), du d\u00e9veloppement de services sociaux de qualit\u00e9, gratuits ou tr\u00e8s bon march\u00e9, dans les quartiers ou dans les grandes cit\u00e9s &#8211; cr\u00e8ches gratuites ouvertes 24 heures sur 24 (en raison des horaires de travail des immigr\u00e9es), haltes-garderies qui leur permettent d&rsquo;avoir des activit\u00e9s communes.<\/p>\n\n\n\n<p>Les femmes immigr\u00e9es sont aux confluents d&rsquo;oppression et d&rsquo;exploitation diverses, opprim\u00e9es en tant que femmes, elles sont parmi les femmes les plus opprim\u00e9es, exploit\u00e9es, les plus rejet\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Opprim\u00e9es en tant qu&rsquo;immigr\u00e9es, elles subissent au sein de cette population les discriminations les plus graves.<\/p>\n\n\n\n<p>La radicalisation et les luttes de ces femmes d\u00e9pendent \u00e0 la fois de l&rsquo;extension des luttes des femmes, mais aussi de celles des travailleurs immigr\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Les luttes de lib\u00e9ration nationale et la place que les femmes commencent \u00e0 y occuper sont de plus en plus un \u00e9l\u00e9ment important de leur radicalisation et de leur prise de conscience. Les revendications concernant l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des droits entre tous les travailleurs, fran\u00e7ais et immigr\u00e9s, hommes et femmes, doivent permettre de r\u00e9aliser l&rsquo;unit\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re et de tous les opprim\u00e9s. C&rsquo;est le devoir de toutes les organisations de la classe ouvri\u00e8re, du mouvement des femmes et des organisations de travailleurs et \u00e9tudiants immigr\u00e9s, de reprendre en charge les revendications des femmes immigr\u00e9es, et d&rsquo;en faire des axes de leur lutte.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 totale des droits !<br>Pour le droit d&rsquo;organisation !<br>Pour le droit \u00e0 l&rsquo;avortement !<br>Pour le droit \u00e0 l&#8217;emploi !<br>Pour le droit \u00e0 l&rsquo;alphab\u00e9tisation et \u00e0 la formation !<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong>Les femmes immigr\u00e9es en France<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>AFRICAINES NOIRES : 5 000.<br>YOUGOSLAVES : 35 000.<br>TUNISIENNES : 35 000.<br>MAROCAINES : 40 000.<br>ALGERIENNES : 95 000.<br>ITALIENNES : 185 000.<br>ESPAGNOLES : 190 000.<br>PORTUGAISES : 220 000.<br>AUTRES PAYS : 165 000.<br>TOM-DOM : 75 000.<br>TOTAL: 1 065 000.<br>HOMMES : 2 200 000.<br>ENFANTS : 940 000.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Ces chiffres datent de 1976.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article paru dans les Cahiers du f\u00e9minisme, n\u00b0 5, juin-juillet-ao\u00fbt 1978 Les probl\u00e8mes que rencontrent les femmes immigr\u00e9es ne peuvent \u00eatre s\u00e9par\u00e9s de ceux de l&rsquo;ensemble de la population immigr\u00e9e. 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Dans la cit\u00e9 de Pierre-Collinet, pr\u00e8s de Meaux, elles se sont regroup\u00e9es pour\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;revues&quot;","block_context":{"text":"revues","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/category\/revues\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/1983-cahiers.jpg?resize=350%2C200&ssl=1","width":350,"height":200,"srcset":"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/1983-cahiers.jpg?resize=350%2C200&ssl=1 1x, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/1983-cahiers.jpg?resize=525%2C300&ssl=1 1.5x, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/1983-cahiers.jpg?resize=700%2C400&ssl=1 2x"},"classes":[]},{"id":28101,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2026\/02\/15\/8-mars-1984-feminisme-et-racisme\/","url_meta":{"origin":28141,"position":1},"title":"8 mars 1984 &#8211; F\u00e9minisme et racisme","author":"SiNedjib","date":"15\/02\/2026","format":false,"excerpt":"Texte paru dans Les Yeux ouverts, n\u00b0 1, 1984 Le d\u00e9fi contre toutes les formes d'oppression sp\u00e9cifique des femmes, Le d\u00e9fi contre toutes les formes d'exploitation de l'homme par l'homme, Le d\u00e9fi contre toutes formes de division entre les travailleurs est lanc\u00e9 dans l'essence m\u00eame du f\u00e9minisme. 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