{"id":28189,"date":"2026-02-25T20:53:24","date_gmt":"2026-02-25T19:53:24","guid":{"rendered":"https:\/\/sinedjib.com\/?p=28189"},"modified":"2026-02-25T20:53:24","modified_gmt":"2026-02-25T19:53:24","slug":"des-filles-en-fugue-aller-au-dela-du-reve","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2026\/02\/25\/des-filles-en-fugue-aller-au-dela-du-reve\/","title":{"rendered":"Des filles en fugue \u00ab\u00a0&#8230; Aller au-del\u00e0 du r\u00eave\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Dossier paru dans <em><a href=\"https:\/\/www.lesamisdegeneriques.org\/medias\/customer_28\/pdf\/FRGNQ_P0031_1979_003\/FRGNQ_P0031_1979_003.pdf\">Sans Fronti\u00e8re<\/a><\/em>,<\/strong> <strong>n\u00b0 3, 18 d\u00e9cembre 1979<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"567\" height=\"772\" data-attachment-id=\"28190\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2026\/02\/25\/des-filles-en-fugue-aller-au-dela-du-reve\/sans-frontiere-1979\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Sans-Frontiere-1979.jpg?fit=567%2C772&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"567,772\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Sans Fronti\u00e8re 1979\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Sans-Frontiere-1979.jpg?fit=220%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Sans-Frontiere-1979.jpg?fit=567%2C772&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Sans-Frontiere-1979.jpg?resize=567%2C772&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-28190\" style=\"width:395px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Sans-Frontiere-1979.jpg?w=567&amp;ssl=1 567w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Sans-Frontiere-1979.jpg?resize=220%2C300&amp;ssl=1 220w\" sizes=\"auto, (max-width: 567px) 100vw, 567px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p><strong>La fugue \u2026 un mot qui existe dans tous nos fantasmes \u2026 et qui a aliment\u00e9 bien de nos r\u00eaves \u2026 Aujourd&rsquo;hui, la fugue est devenue une r\u00e9alit\u00e9, r\u00e9alit\u00e9 pour beaucoup de nos \u00ab petites s\u0153urs \u00bb qui ont voulu aller au del\u00e0 du r\u00eave \u2026 et palper la libert\u00e9 avec tout ce que cela implique de peur, d&rsquo;angoisses, et d&rsquo;apaisement \u00e0 leurs maux.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p><strong>Au fil des rencontres, Halima, A\u00efcha, Saliha, Ourdia, Samia, Djohra, Hacina, Malika, Farida, et toutes les autres anonymes dans leur solitude faite d&rsquo;espoir, elles ont toutes leur nom, elles ont toutes leur cas \u2026 Leurs motifs sont multiples \u2026 mais le sch\u00e9ma constant : \u00ab C&rsquo;est \u00e0 cause de la famille \u2026 c&rsquo;est \u00e0 cause de mon p\u00e8re \u2026 c&rsquo;est \u00e0 cause de mon fr\u00e8re \u2026 \u00bb Le p\u00e8re, le fr\u00e8re, sont souvent les leitmotivs de leur d\u00e9part \u2026 Quand l&rsquo;impossibilit\u00e9 du dialogue se resserre de jour en jour, quand l&rsquo;oppression de la famille finit par \u00e9touffer ce qui reste de vie \u2026 quand on sent le gouffre sous ses pieds \u2026 les seules issues \u2026 le Suicide ou la Fuite \u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Peut-on vraiment parler de fugue quand la moyenne d&rsquo;\u00e2ge est 18 ans ? Il n&rsquo;y a pas de majorit\u00e9 dans les familles, mais elles la prennent et l&rsquo;assument face \u00e0 des probl\u00e8mes inh\u00e9rents \u00e0 leur libert\u00e9 nouvelle.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Plusieurs cas \u00e0 distinguer, avec chacun les m\u00eames cons\u00e9quences ? Il y a celles qui subissent en plus des t\u00e2ches quotidiennes de la maison, des ch\u00e2timents corporels pour avoir enfreint les disciplines familiales (rentrer tard le soir, sortir ou parler avec une gar\u00e7on, etc. ) qui, un jour, parce que la dose ayant \u00e9t\u00e9 trop forte (marques sur le corps et le visage) et, pour si peu de choses, fuient.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Si elles sont mineures, elles se mettent sous la protection de la police, qui les remet \u00e0 l&rsquo;assistante sociale, qui les met en tutelle \u2026 et finissent par vivre dans un foyer. Elles ont de la chance, me direz-vous, puisqu&rsquo;elles sont prises imm\u00e9diatement en charge. V\u00e9cu comme un enl\u00e8vement par leur famille, ainsi coup\u00e9es de leur culture, elles finissent par la rejeter compl\u00e8tement puisqu&rsquo;elle est la cause de leur malheur. Elles finissent souvent par devenir semi-d\u00e9linquantes devant tant de libert\u00e9 ignor\u00e9e. Celles qui \u00e9chappent \u00e0 ce processus se retrouvent militantes dans les organisations de gauche ou de femmes, utilis\u00e9es (avec leur consentement) dans des luttes qui ne sont pas directement les leurs. Elles ont souvent des relents de nostalgie, mais beaucoup de celles-ci ont rejet\u00e9 leur origine, changent de nom et m\u00eame portent des symboles chr\u00e9tiens \u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le discours normatif des assistantes sociales voudrait plaquer l&rsquo;immigr\u00e9e dans une situation fig\u00e9e o\u00f9 l&rsquo;exclusion<\/strong> <strong>culturelle et familiale serait la r\u00e8gle. Certaines en ont saisi le sens, telle A\u00efcha, qui, apr\u00e8s un p\u00e9riple d&rsquo;assistante sociale en foyer, a patiemment renou\u00e9 avec ses parents, pour finalement arriver \u00e0 concilier sa vie individuelle et familiale. D&rsquo;autres se sont totalement marginalis\u00e9es tant par rapport \u00e0 leur culture qu&rsquo;aux sch\u00e9mas culturels occidentaux d\u00e9structur\u00e9s psychiquement ; par ce vide, que deviennent-elles ?\u2026 La contrainte repr\u00e9sent\u00e9e par le mariage s&rsquo;inscrit en filigrane dans la vie de chaque immigr\u00e9e. Il est vrai que tant que le proc\u00e9d\u00e9 m\u00eame du mariage ne sera pas massivement remis en cause, il faudra soit s&rsquo;y soumettre, soit partir \u2026 Pourtant, certaines, le plus souvent les a\u00een\u00e9es, ne partent pas. Pourquoi ? C&rsquo;est que d&rsquo;autres s\u0153urs pourraient assumer l&rsquo;acte de l&rsquo;a\u00een\u00e9e. Tacitement un chantage se cr\u00e9e ; Saliha, qui a voulu s&rsquo;en d\u00e9gager, a vu ses s\u0153urs ramen\u00e9es au pays pour y \u00eatre aussit\u00f4t mari\u00e9es.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Face \u00e0 cette situation, pour ne pas ressembler \u00e0 la grande s\u0153ur, pour tenter une autre vie, et parce que le dialogue n&rsquo;existe pas, sinon l&rsquo;autorit\u00e9 du p\u00e8re ou du fr\u00e8re, les plus jeunes osent ce que leurs a\u00een\u00e9es vivent en pens\u00e9es. Cependant, parties ou rest\u00e9es, nos parents qu&rsquo;y ont-ils compris ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>ANTHEA<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-large-font-size\"><strong>Etre libre 7 jours sur 7<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8211; S.F. : Raconte-nous ta fugue ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8211; Houria<\/strong> : <em>Je suis partie un mardi soir de chez moi, parce que mon fr\u00e8re m&rsquo;a trouv\u00e9e avec un jeune dans une voiture. Il m&rsquo;a frapp\u00e9e, moi et mon copain. Ce n&rsquo;est pas la premi\u00e8re fois qu&rsquo;il me frappe, mais avant, je n&rsquo;avais jamais pens\u00e9 \u00e0 partir de chez moi. D&rsquo;ailleurs, je ne savais pas qu&rsquo;il y avait des foyers pour les filles majeures. Il m&rsquo;a frapp\u00e9e, je me suis sauv\u00e9e, juste le bus passait, je suis mont\u00e9e dans le bus. J&rsquo;ai un peu expliqu\u00e9 au chauffeur ce qui c&rsquo;\u00e9tait pass\u00e9 mais je ne lui ai pas dit que c&rsquo;\u00e9tait mon fr\u00e8re. Il m&rsquo;a fait asseoir et m&rsquo;a accompagn\u00e9e lui-m\u00eame au commissariat.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>L\u00e0, j&rsquo;ai expliqu\u00e9 encore ce qui s&rsquo;est pass\u00e9. J&rsquo;ai montr\u00e9 tout ce que j&rsquo;avais, tous les bleus que j&rsquo;avais sur tout le corps. Ils ont t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 \u00e0 un foyer et c&rsquo;est comme \u00e7a que j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 plac\u00e9e, \u00e7a fait quinze jours maintenant que j&rsquo;y suis. Je ne suis pas habitu\u00e9e \u00e0 une vie comme \u00e7a. Je suis plut\u00f4t habitu\u00e9e \u00e0 \u00eatre enferm\u00e9e, pas \u00e0 sortir tout le temps, surtout le week-end, je ne voyais pas le dehors et l\u00e0, je suis libre, je fais ce que je veux, je ne sais m\u00eame pas quoi faire de ma libert\u00e9.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; <strong>S.F. : Si je comprends bien, \u00e7a t&#8217;emb\u00eate d&rsquo;\u00eatre libre ? <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8211; H.<\/strong> : <em>Oui, \u00e7a m&#8217;emb\u00eate d&rsquo;\u00eatre libre. Je ne sais pas quoi faire \u00e0 longueur de journ\u00e9e, tous les jours, tous les jours, sept jours sur sept \u00eatre libre, \u00e0 la fin, on en a marre. Je ne suis pas habitu\u00e9e \u00e0 ce genre de vie, je ne sais pas, \u00e7a me d\u00e9pla\u00eet, je n&rsquo;arrive pas vraiment \u00e0 m&rsquo;habituer.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Louisa n&rsquo;a plus revu son copain depuis. Elle avait \u00ab honte \u00bb de ce que son fr\u00e8re avait fait. D&rsquo;autre part, elle n&rsquo;osait pas sortir parce qu&rsquo;elle n&rsquo;avait pas ses papiers (elle avait peur des contr\u00f4les policiers).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>S.F. : Qu&rsquo;est-ce qui te g\u00eane dans la vie de ce foyer ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8211; H.<\/strong> : <em>Je ne sais pas, je m&rsquo;entends bien avec les filles, mais ce n&rsquo;est pas pareil que chez moi. J&rsquo;\u00e9tais entour\u00e9e par mes parents, mes fr\u00e8res et ma s\u0153ur. J&rsquo;avais quand m\u00eame l&rsquo;affection de mes parents, je les aime beaucoup et l\u00e0, je n&rsquo;ai que des amies : ce n&rsquo;est pas pareil ! Et puis, les filles du foyer se d\u00e9veloppent plus vite qu&rsquo;une fille chez elle. En quinze jours, j&rsquo;ai appris plus que pendant toute ma vie. On sait ce que c&rsquo;est la mis\u00e8re, ce que c&rsquo;est la souffrance, avant, je ne pensais \u00e0 rien, j&rsquo;\u00e9tais la t\u00eate un peu frivole, l\u00e0, j&rsquo;ai bien la t\u00eate sur les \u00e9paules. C&rsquo;est vrai ! Tu apprends beaucoup de choses dans un foyer, chacune se raconte son cas.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>\u00ab C&rsquo;EST POUR TON BIEN \u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8211; S.F. : Tu ne savais pas que tout \u00e7a existait ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; H. : <em>Non, moi, je pensais que presque toutes les filles avaient le m\u00eame probl\u00e8me que moi, qu&rsquo;elles partaient \u00e0 cause de leurs parents ou de leurs fr\u00e8res. Il y en a que ce n&rsquo;est pas \u00e7a du tout. Et puis, j&rsquo;ai honte de dire que je suis dans un foyer. Je dis que je suis chez ma tante parce quand on dit qu&rsquo;on est dans un foyer, les gens pensent que l&rsquo;on est des \u00ab tra\u00een\u00e9es \u00bb, des prostitu\u00e9es, des bagarreuses, alors que si on est dans un foyer, c&rsquo;est qu&rsquo;on veut s&rsquo;en sortir, c&rsquo;est qu&rsquo;on a des probl\u00e8mes.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Chez moi, chaque fois qu&rsquo;on me parle, c&rsquo;est pour me dire : \u00ab C&rsquo;est pour ton bien, c&rsquo;est pour plus tard \u00bb, on \u00e9tait toujours renferm\u00e9es, ce qu&rsquo;on faisait, c&rsquo;\u00e9tait le m\u00e9nage, le m\u00e9nage. On \u00e9tait au service de la famille et surtout des fr\u00e8res, quand tu as des grands fr\u00e8res \u00e0 la maison. On n&rsquo;a pas le droit \u00e0 la parole. C&rsquo;est tout. Une femme n&rsquo;est pas respect\u00e9e ; c&rsquo;est la v\u00e9rit\u00e9, chez nous, elle n&rsquo;est pas respect\u00e9e. A part mon grand fr\u00e8re qui comprend un peu, mais les deux autres ne respectent pas les femmes. Une fois que tu es mari\u00e9e, tu es \u00e0 peu pr\u00e8s consid\u00e9r\u00e9e, mais quand tu n&rsquo;es pas mari\u00e9e, tu es vraiment moins que rien.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>PARTIR POUR REVENIR<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8211; S.F. : Pourtant tu es pr\u00eate \u00e0 retourner ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8211; H.<\/strong> : Et pourtant, je suis pr\u00eate \u00e0 retourner parce que je crois, enfin, j&rsquo;esp\u00e8re, qu&rsquo;ils ont compris. Si je suis partie de chez moi, ce n&rsquo;est pas pour partir d\u00e9finitivement, c&rsquo;est pour leur faire comprendre que je ne suis quand m\u00eame pas \u00e0 leur service. Je ne suis pas une femme de m\u00e9nage pour eux. Je suis une femme comme toutes les autres. C&rsquo;\u00e9tait pour leur donner une le\u00e7on, que je ne vivais pas \u00e0 leurs crochets, que je pouvais m&rsquo;en sortir toute seule parce qu&rsquo;eux, ils croyaient que quand une fille s&rsquo;en va, elle ne peut pas s&rsquo;en sortir.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8211; S.F. : Comment se fait-il que tu n&rsquo;aies pas pris tes papiers en partant ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8211; H.<\/strong> : <em>Parce que je suis sortie juste dans le quartier pour voir mon jeune. Je n&rsquo;ai pas pris mon sac. Quand mon fr\u00e8re est revenu, il a tout de suite \u00e9t\u00e9 dans ma chambre et comme il ne m&rsquo;a pas trouv\u00e9e, il a pris mes papiers. C&rsquo;est ma m\u00e8re qui m&rsquo;a racont\u00e9 tout \u00e7a, apr\u00e8s il pensait que sans mes papiers, j&rsquo;allais \u00eatre oblig\u00e9e de revenir au moins pour les r\u00e9cup\u00e9rer. Chez les Arabes, les fils, c&rsquo;est les rois et les filles, c&rsquo;est les boniches. On fait tout et encore, on est mal vues. Les gar\u00e7ons, m\u00eame s&rsquo;ils font des b\u00eatises, s&rsquo;ils volent, ils sont bien vues. Regarde mon fr\u00e8re, il vole et tout, et quand je dis \u00e0 ma m\u00e8re, regarde ce qu&rsquo;il fait, il vole, il te fait souffrir, elle me dit, \u00e7a ne fait rien, c&rsquo;est un homme, un homme ! Tu n&rsquo;y comprends rien. Il a \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9 en Alg\u00e9rie, il est rest\u00e9 l\u00e0-bas deux ans. Il aurait d\u00fb rester l\u00e0 o\u00f9 il \u00e9tait, au moins, on \u00e9tait tranquille. Il est revenu clandestinement : avant, \u00e7a allait un peu, mais depuis qu&rsquo;il est revenu, il a beaucoup chang\u00e9. Il a vu comment vivaient les gens l\u00e0-bas et il veut faire pareil ici en France, mais l\u00e0-bas et ici, c&rsquo;est pas pareil.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Une fois, il m&rsquo;a dit, donne-moi une tasse de caf\u00e9. Moi, j&rsquo;\u00e9tais devant la t\u00e9l\u00e9, je regardais Sylvie Vartan. Je voulais absolument la voir. Je lui ai dit : Attends cinq minutes. Je lui ai rien dit de plus. Il \u00e9tait assis au bout de la table, moi j&rsquo;\u00e9tais sur le fauteuil. Il a pris son soulier, il l&rsquo;a lanc\u00e9 sur moi. Il aurait pu me crever l&rsquo;\u0153il ou me d\u00e9figurer. Pour un rien, il me frappe, toujours pour rien.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>C&rsquo;est de ma faute, je me laissais faire, si je m&rsquo;\u00e9tais r\u00e9volt\u00e9e, je n&rsquo;en serais pas arriv\u00e9e l\u00e0. Si la premi\u00e8re fois qu&rsquo;il m&rsquo;avait frapp\u00e9e, j&rsquo;\u00e9tais partie chez ma tante ou ailleurs, ou m\u00eame si j&rsquo;avais port\u00e9 plainte contre lui, il n&rsquo;aurait pas continue.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Depuis, Houria est retourn\u00e9e chez elle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Propos recueillis par NADIA et DALILA<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-large-font-size\"><strong>AICHA : \u00ab\u00a0J&rsquo;ai un appartement, c&rsquo;est beaucoup\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai immigr\u00e9 en 67. J&rsquo;habitais \u00e0 M., ville pr\u00e8s d&rsquo;Aix. Nous \u00e9tions cinq enfants dans la famille. J&rsquo;\u00e9tais dans un C.E.T. J&rsquo;ai fait deux ans de dactylo. Mes parents m&rsquo;ont enlev\u00e9e de l&rsquo;\u00e9cole. Ils m&rsquo;ont dit maintenant, il faut que tu maries. Il y avait un ami de la famille qui venait sans arr\u00eat \u00e0 la maison. J&rsquo;ignorais alors qu&rsquo;il \u00e9tait mon futur \u00e9poux. Il avait 27 ans. J&rsquo;avais 13 ans.<\/p>\n\n\n\n<p>Ma m\u00e8re m&rsquo;a dit un jour, il faut que tu te fiances avec lui. J&rsquo;ai pr\u00e9par\u00e9 mes affaires  et je me suis sauv\u00e9e par le balcon en cachette. C&rsquo;\u00e9tait en d\u00e9cembre. Il faisait tr\u00e8s froid. Je suis all\u00e9e voir une assistante sociale qui m&rsquo;a envoy\u00e9e dans un foyer. Je suis all\u00e9e au foyer Honorat pendant six mois et comme je n&rsquo;ai pas trouv\u00e9 de travail, ils m&rsquo;ont renvoy\u00e9e. J&rsquo;ai eu un accident et je n&rsquo;avais pas de quoi payer ma chambre. Je me suis alors de nouveau retrouv\u00e9e dehors.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd&rsquo;hui, je regrette d&rsquo;\u00eatre partie, car quand je retourne les voir, ma m\u00e8re, ce n&rsquo;est plus vraiment ma m\u00e8re. Elle me re\u00e7oit comme \u00e7a, elle passe son temps \u00e0 me faire de la morale. Depuis que je suis partie, elle a beaucoup vieilli. Je pense que c&rsquo;est \u00e0 cause de mon d\u00e9part, car elle croit que c&rsquo;est elle qui a fait une faute en voulant me marier. Elle me demandait sans arr\u00eat de revenir \u00e0 la maison. Elle  m&rsquo;a dit que j&rsquo;oublierai tout et qu&rsquo;elle ne m&rsquo;obligerait plus \u00e0 me marier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>SA VIE \u2026 C&rsquo;EST DES PAPIERS<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Mais moi, je me suis habitu\u00e9e \u00e0 une autre vie et maintenant il y a Ali. Quand j&rsquo;\u00e9tais chez mes parents, j&rsquo;\u00e9tais la fille simple. Je ne savais rien, je n&rsquo;\u00e9tais pas compliqu\u00e9e. Maintenant, ce n&rsquo;est plus pareil. Je suis maligne, je sais beaucoup plus de choses. A la maison, je voyais faire le m\u00e9nage, je voyais rentrer mon p\u00e8re et c&rsquo;\u00e9tait tout. Je ne savais pas que la vie c&rsquo;\u00e9tait des papiers, que c&rsquo;\u00e9tait aller travailler pour  avoir quelque chose. Je ne savais pas que c&rsquo;\u00e9tait si difficile d&rsquo;avoir un appartement, un boulot stable ;  je ne savais que conna\u00eetre des gens, c&rsquo;\u00e9tait si difficile, que la vie \u00e0 deux \u00e9tait si difficile. Je voyais mes parents se disputer, je ne comprenais pas pourquoi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>SOLITUDE ET BONHEUR<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd&rsquo;hui, je me dispute sans arr\u00eat avec Ali, car il n&rsquo;est pas le premier homme dans ma vie et il ne l&rsquo;accepte pas. Ses parents \u00e9galement ne m&rsquo;acceptent pas car je suis une fille de foyer. Je voudrais que mes s\u0153urs ne souffrent pas comme moi, qu&rsquo;elles s&rsquo;en sortent mieux que moi. Je voudrais expliquer \u00e0 ma s\u0153ur qu&rsquo;on peut s&rsquo;en sortir en partant de chez soi, mais je ne leur dirai pas de partir. De toute mani\u00e8re, si elle part, je ferai tout pour l&rsquo;aider. Ma s\u0153ur a 17 ans et je crains qu&rsquo;elle ne se drogue. Mes fr\u00e8res aussi sont partis, mais ils reviennent, ils font ce qu&rsquo;ils veulent. Je parle avec ma s\u0153ur de ce que je fais, mais jamais avec ma m\u00e8re. Elle pense que c&rsquo;est mon jeune qui me retient, mais m\u00eame sans lui, je ne retournerai pas, car je suis bien. Je peux aller au cin\u00e9ma sans m&rsquo;inqui\u00e9ter de l&rsquo;heure \u00e0 laquelle je rentrerai. Je ne regrette pas d&rsquo;\u00eatre partie, mais je regrette d&rsquo;\u00eatre seule, de ne pas avoir d&rsquo;amis. Je ne connais que les filles du foyer et nos probl\u00e8mes sont les m\u00eames et puis, il y a les filles qui se droguent ou n&rsquo;arrivent pas \u00e0 s&rsquo;en sortir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>JE PROMENERAI MA MERE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Mais j&rsquo;ai quand m\u00eame su comprendre ce qu&rsquo;il faut faire et ce qu&rsquo;il ne faut pas faire. Je vais passer le permis et aller voir mes parents  et leur faire la surprise. Je prom\u00e8nerai ma m\u00e8re, moi qui ai 20 ans, j&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 voyag\u00e9 alors que ma m\u00e8re n&rsquo;a jamais boug\u00e9 depuis qu&rsquo;elle est \u00e0 M. Ma m\u00e8re, maintenant, je ne lui en veux plus. Je la comprends mieux, car je pense que si un jour ma fille partait (si j&rsquo;ai une fille) \u2026 Mon p\u00e8re est trop fier. Il ne me dira jamais : \u00ab Reviens \u00e0 la maison \u00bb. Il ne me fait aucun reproche, mais c&rsquo;est bien ainsi, car j&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 \u00e0 supporter ma m\u00e8re et \u00e0 lui expliquer, \u00e0 elle. Je ne me drogue pas, c&rsquo;est bien, j&rsquo;ai un appartement, c&rsquo;est beaucoup.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>A\u00efcha<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-large-font-size\"><strong>Fugue de l&rsquo;int\u00e9rieur : \u00ab\u00a0Je veux vivre\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En 1964, ma famille immigra en France. J&rsquo;avais alors 13 ans. En 1973, mon p\u00e8re estimant que l&rsquo;on se francisait trop, d\u00e9cida de retourner en Alg\u00e9rie, avec nous. La d\u00e9cision \u00e9tait unilat\u00e9rale et irr\u00e9vocable. Mon p\u00e8re nous avait dit, pour \u00e9viter toute discussion, que si jamais cela ne nous plaisait pas, on pourrait toujours revenir. Une fois en Alg\u00e9rie, il prit de force les papiers de mes s\u0153urs. Quant \u00e0 moi, Dieu merci, j&rsquo;\u00e9tais malade et il n&rsquo;a pas pu user de la force avec moi pour les prendre. Je gardais donc ces papiers pour lesquels j&rsquo;\u00e9tais pr\u00eate \u00e0 mourir. A partir de l\u00e0, j&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 que d&rsquo;une fa\u00e7on ou d&rsquo;une autre, il me fallait fuir. Auparavant, j&rsquo;avais d\u00e9j\u00e0 fait un s\u00e9jour d&rsquo;un an en Alg\u00e9rie chez l&rsquo;un de mes oncles. Comment accepter une vie  o\u00f9 chacun de mes gestes \u00e9tait observ\u00e9, contr\u00f4l\u00e9, interpr\u00e9t\u00e9 ? La ranc\u0153ur que j&rsquo;avais \u00e9touff\u00e9e jusque-l\u00e0, la ranc\u0153ur envers ceux qui avaient fait pression sur moi pour aller s\u00e9journer en Alg\u00e9rie et envers ceux qui m&rsquo;obligeaient \u00e0 vivre si isol\u00e9e du reste du monde, je ne voulais plus la supporter.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>J&rsquo;AI PRIS LE CAR POUR L&rsquo;AEROPORT<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un matin, l&rsquo;air r\u00e9sign\u00e9, je leur ai dit que j&rsquo;allais chercher du travail, mais en fait, je pris le car pour l&rsquo;a\u00e9roport. J&rsquo;avais pris conscience non pas de ce que je voulais faire mais de ce que je ne voulais pas que l&rsquo;on me fasse faire, c&rsquo;est-\u00e0-dire de vivre comme on d\u00e9cide pour moi, comme on avait d\u00e9cid\u00e9 pour ma m\u00e8re. Une fois en France, c&rsquo;est  l&rsquo;angoisse. Je savais ce que j&rsquo;avais quitt\u00e9, mais j&rsquo;ignorais ce qui m&rsquo;attendait. Il est \u00e9vident que c&rsquo;est plus simple de rester, de subir, de suivre le courant, de ne rien changer \u00e0 la ligne trac\u00e9e par ses parents. Ce qui est dur, c&rsquo;est d&rsquo;aller \u00e0 contre-courant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>A CONTRE-COURANT<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je me trouvais donc, du jour au lendemain, libre de moi-m\u00eame, de mes actes. A moi d&rsquo;organiser ma vie, de m&rsquo;assumer enti\u00e8rement : ce n&rsquo;est pas une petite affaire. Le plus dur, c&rsquo;est la solitude, c&rsquo;est se retrouver le soir toute seule alors que, pendant des ann\u00e9es, j&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 entour\u00e9e de mes parents et de mes fr\u00e8res et s\u0153urs. J&rsquo;ai cherch\u00e9 du travail et tout en travaillant, le soir, je suivais des cours. Ma fugue, je ne l&rsquo;ai jamais regrett\u00e9e. La vie est une lutte perp\u00e9tuelle et c&rsquo;est seule que j&rsquo;ai appris \u00e0 acqu\u00e9rir les armes pour parvenir \u00e0 faire face \u00e0 de dures situations. Je ne peux cependant nier ce dont j&rsquo;a h\u00e9rit\u00e9 de mes parents, de ma culture. Je me trace souvent les limites, l&#8217;empreinte est trop profonde entre ce qu&rsquo;il faut faire et pas. Souvent, au d\u00e9but de ma vie seule, en sortant avec un gar\u00e7on par exemple, c&rsquo;est moi-m\u00eame qui me fixait l&rsquo;heure pas trop tardive pour rentrer, alors que je n&rsquo;\u00e9tais pas oblig\u00e9e de le faire. Est-ce cet h\u00e9ritage de ma m\u00e8re qui m&rsquo;a aid\u00e9 \u00e0 tracer ma ligne de conduite ? Est-ce lui qui m&rsquo;a permis de trouver un \u00e9quilibre ? Je ne sais. Je sais seulement que je veux vivre, faire ce dont j&rsquo;ai envie car je n&rsquo;ai pas le temps de me retourner pour voir si tout le  monde est content, si ma m\u00e8re, mon p\u00e8re et toute la communaut\u00e9 m&rsquo;approuvent ou non.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Pages r\u00e9alis\u00e9es par des femmes immigr\u00e9es de Marseille.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dossier paru dans Sans Fronti\u00e8re, n\u00b0 3, 18 d\u00e9cembre 1979 La fugue \u2026 un mot qui existe dans tous nos fantasmes \u2026 et qui a aliment\u00e9 bien de nos r\u00eaves \u2026 Aujourd&rsquo;hui, la fugue est devenue une r\u00e9alit\u00e9, r\u00e9alit\u00e9 pour beaucoup de nos \u00ab petites s\u0153urs \u00bb qui ont voulu aller au del\u00e0 du r\u00eave [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[2066,112,435,457,555,746,4293],"class_list":["post-28189","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-presse","tag-2066","tag-algerie","tag-femmes","tag-france","tag-immigration","tag-marseille","tag-sans-frontiere"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9lTYU-7kF","jetpack_likes_enabled":true,"jetpack-related-posts":[{"id":28275,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2026\/03\/08\/les-nanas-beurs\/","url_meta":{"origin":28189,"position":0},"title":"Les Nanas beurs","author":"SiNedjib","date":"08\/03\/2026","format":false,"excerpt":"Entretien paru dans Noir et Rouge, n\u00b0 6, septembre-octobre 1987 Noir et Rouge : Pourquoi avoir donn\u00e9 naissance \u00e0 cette association ? 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