{"id":28258,"date":"2026-03-05T11:02:43","date_gmt":"2026-03-05T10:02:43","guid":{"rendered":"https:\/\/sinedjib.com\/?p=28258"},"modified":"2026-03-05T11:02:43","modified_gmt":"2026-03-05T10:02:43","slug":"anne-marie-granger-des-femmes-dimmigres-aux-femmes-immigrees","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2026\/03\/05\/anne-marie-granger-des-femmes-dimmigres-aux-femmes-immigrees\/","title":{"rendered":"Anne-Marie Granger : Des femmes d&rsquo;immigr\u00e9s aux femmes immigr\u00e9es"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Article d&rsquo;Anne-Marie Granger paru dans les <em><a href=\"https:\/\/femenrev.persee.fr\/doc\/cafem_0154-7763_1983_num_26_1_3346\">Cahiers du f\u00e9minisme<\/a><\/em>, n\u00b0 26, automne 1983<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"580\" height=\"414\" data-attachment-id=\"28259\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2026\/03\/05\/anne-marie-granger-des-femmes-dimmigres-aux-femmes-immigrees\/1983-cahiers\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/1983-cahiers.jpg?fit=945%2C674&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"945,674\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"1983 cahiers\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/1983-cahiers.jpg?fit=580%2C414&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/1983-cahiers.jpg?resize=580%2C414&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-28259\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/1983-cahiers.jpg?w=945&amp;ssl=1 945w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/1983-cahiers.jpg?resize=300%2C214&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/1983-cahiers.jpg?resize=768%2C548&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 580px) 100vw, 580px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>En 1980, \u00e0 Marseille, apr\u00e8s l&rsquo;assassinat d&rsquo;un jeune immigr\u00e9 par un policier, elles sont descendues dans la rue, elles ont manifest\u00e9 devant la pr\u00e9fecture. Dans la cit\u00e9 de Pierre-Collinet, pr\u00e8s de Meaux, elles se sont regroup\u00e9es pour prendre en charge l&rsquo;animation et la vie collective de ce quartier-ghetto, elles ont organis\u00e9 des ateliers de tricot, de couture, mais aussi de menuiserie et d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9. A Gennevilliers cette ann\u00e9e, elles se sont retrouv\u00e9es pr\u00e8s de 400, venues de toutes les banlieues de Paris pour participer \u00e0 une f\u00eate de femmes, \u00e0 la suite d&rsquo;un appel lanc\u00e9 sur les ondes de Radio-G dans l&rsquo;\u00e9mission \u00ab sp\u00e9ciale femmes \u00bb (cf. l&rsquo;article sur cette \u00e9mission dans ce dossier). Lors des luttes pour la r\u00e9gularisation des immigr\u00e9s sans-papiers, en 1982, elles ont cr\u00e9\u00e9 un \u00ab Collectif de soutien aux femmes sans papiers \u00bb. Aujourd&rsquo;hui, au sein de diff\u00e9rentes associations, elles pr\u00e9parent activement la Marche contre le racisme et pour l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des droits.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Elles ? Les femmes immigr\u00e9es &#8211; maghr\u00e9bines, portugaises, africaines, etc. Celles que l&rsquo;on d\u00e9crivait toujours vivant en recluses entre les murs \u00e9troits de leur HLM, dans un isolement et une d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis des hommes aggrav\u00e9s par l&rsquo;ignorance du fran\u00e7ais, assign\u00e9es au r\u00f4le de gardiennes des traditions du pays d&rsquo;origine. Ces femmes que l&rsquo;on ne consid\u00e9rait g\u00e9n\u00e9ralement pas comme des immigr\u00e9es, mais seulement comme \u00ab les femmes des immigr\u00e9s \u00bb, puisque venues en France, pour la plupart, rejoindre leur mari (ou leur p\u00e8re), sans que celui-ci leur ait forcement demande leur avis. Mais les choses ont commenc\u00e9 \u00e0 changer du c\u00f4t\u00e9 des femmes immigr\u00e9es : Marseille, Meaux, Gennevilliers, le collectif des sans-papiers \u2026 en sont autant de preuves, m\u00eame si ces exp\u00e9riences se situent \u00e0 des niveaux tr\u00e8s divers et restent encore minoritaires : hier en situation d&rsquo;assist\u00e9es, elles sont aujourd&rsquo;hui de plus en plus nombreuses \u00e0 vouloir se prendre en charge elles-m\u00eames et \u00e0 se regrouper pour cela.<\/p>\n\n\n\n<p>La repr\u00e9sentation classique de la femme immigr\u00e9e n&rsquo;a pas pour autant perdu tout fondement. Beaucoup de femmes vivent encore la situation d\u00e9crite plus haut : celles qui ont constitu\u00e9 les premi\u00e8res vagues de l&rsquo;immigration f\u00e9minine \u00e9taient pour la plupart issues du milieu rural, le plus souvent analphab\u00e8tes et sans qualification ; venant de pays o\u00f9 les femmes n&rsquo;ont aucun droit et sont totalement soumises \u00e0 l&rsquo;autorit\u00e9 patriarcale, il n&rsquo;est en g\u00e9n\u00e9ral pas question pour elles de sortir ni de travailler : \u00ab dans notre pays les femmes restent \u00e0 la maison \u00bb. Enfermement souvent renforc\u00e9 par la difficult\u00e9 d&rsquo;organiser la vie quotidienne d&rsquo;une famille nombreuse dans les conditions mat\u00e9rielles qui sont le lot de l&rsquo;immigration : logement exigu, faiblesse du niveau de vie, n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;\u00e9pargner pour pr\u00e9parer le retour au  pays, racisme quotidien, etc. Le brusque d\u00e9racinement v\u00e9cu par ces femmes, le sentiment d&rsquo;agression permanente ressenti au contact d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 tr\u00e8s diff\u00e9rente, les r\u00e9actions de rejet \u00e0 leur \u00e9gard du pays \u00ab d&rsquo;accueil \u00bb, tout cela explique le repli sur les traditions, per\u00e7ues comme des valeurs-refuge.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais dire cela ne suffit plus aujourd&rsquo;hui \u00e0 donner une image exacte de la r\u00e9alit\u00e9 des femmes immigr\u00e9es : celle-ci est devenue beaucoup plus complexe, elle conna\u00eet depuis quelques ann\u00e9es, sous l&rsquo;impact de multiples facteurs, de profondes mutations.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong>Les atouts des nouvelles g\u00e9n\u00e9rations<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Premier changement, l&rsquo;augmentation tr\u00e8s importante de la population f\u00e9minine immigr\u00e9e, et son rajeunissement (voir encadr\u00e9) : les jeunes immigr\u00e9es sont de plus en plus nombreuses. Ce sont celles que l&rsquo;on a coutume d&rsquo;appeler les \u00ab secondes g\u00e9n\u00e9rations \u00bb : filles d&rsquo;immigr\u00e9es, n\u00e9es en France ou qui y sont arriv\u00e9es tr\u00e8s t\u00f4t (et qu&rsquo;il faudrait donc appeler \u00ab d&rsquo;origine \u00e9trang\u00e8re \u00bb plut\u00f4t qu&rsquo;\u00ab immigr\u00e9es \u00bb). Ayant grandi en France et y \u00e9tant scolaris\u00e9es, elles ne souffrent pas des m\u00eames handicaps que la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration d&rsquo;immigr\u00e9es (barri\u00e8res linguistiques, confrontation avec un environnement culturel compl\u00e8tement \u00e9tranger, etc.). Elles rencontrent certes de nombreux autres probl\u00e8mes ; mais du moins ne vivent-elles pas la situation d&rsquo;isolement et de d\u00e9pendance totale qui est celle de leurs m\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement \u00e0 bien des id\u00e9es re\u00e7ues qui associent syst\u00e9matiquement immigration et \u00e9chec scolaire, il n&rsquo;est pas rare de voir ces jeunes immigr\u00e9es atteindre un bon niveau d&rsquo;\u00e9tude, plus \u00e9lev\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral que les gar\u00e7ons. C&rsquo;est le cas en particulier pour les Maghr\u00e9bines, qui souvent investissent beaucoup dans l&rsquo;\u00e9cole : car la r\u00e9ussite scolaire repr\u00e9sente une voie privil\u00e9gi\u00e9e d&rsquo;insertion et constitue en m\u00eame temps un moyen de s&rsquo;affirmer vis-\u00e0-vis de leur famille, de se lib\u00e9rer de la tutelle parentale [1].<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;\u00e9mergence de cette \u00ab seconde g\u00e9n\u00e9ration \u00bb est un ph\u00e9nom\u00e8ne assez bien connu ; mais ce n&rsquo;est pas le seul facteur d&rsquo;augmentation du nombre des jeunes immigr\u00e9es : il faut y ajouter l&rsquo;arriv\u00e9e de nouvelles vagues de jeunes migrantes ayant grandi au pays et qui viennent s&rsquo;installer en France dans le cadre du \u00ab regroupement familial \u00bb. Par exemple, des filles (et fils) d&rsquo;immigr\u00e9s, qui \u00e9taient rest\u00e9es sur place sous la garde de grands-parents ou de cousins et qui, \u00e0 la fin de leur scolarit\u00e9, devant l&rsquo;aggravation de la situation \u00e9conomique de leur pays, d\u00e9cident d&rsquo;aller rejoindre leurs parents en France. Ou encore, des jeunes femmes qui ont \u00e9pous\u00e9 des immigr\u00e9s de la deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration venus en vacances au pays d&rsquo;origine, et qui les suivent \u00e0 leur retour en France.<\/p>\n\n\n\n<p>A la diff\u00e9rence de la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration de migrantes, ces jeunes filles et ces jeunes femmes sont pass\u00e9es par l&rsquo;\u00e9cole : l&rsquo;\u00e9l\u00e9vation du niveau de scolarisation des filles a \u00e9t\u00e9 assez g\u00e9n\u00e9rale, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, dans tous les pays d&rsquo;\u00e9migration (l&rsquo;analphab\u00e9tisme a pratiquement disparu en Espagne ; la progression de la scolarisation est \u00e9galement manifeste chez les migrantes maghr\u00e9bines et turques). Mais les jeunes filles, \u00e0 la fin de leur scolarit\u00e9, n&rsquo;ont pas beaucoup de chances de trouver un emploi : ch\u00f4mage croissant, secteur tertiaire d\u00e9j\u00e0 pl\u00e9thorique \u2026 Aussi sont-elles de plus en plus nombreuses \u00e0 venir tenter leur chance en France, en utilisant quand elles le peuvent la proc\u00e9dure du regroupement familial, ou sinon les voies plus al\u00e9atoires de l&rsquo;immigration clandestine.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>En 13 ans, de 1962 \u00e0 1975 (les chiffres du recensement de 1982 ne sont pas encore connus), le nombre de femmes immigr\u00e9es en France a augment\u00e9 de 63 % : elles sont en 1975 1 381 000, ce qui repr\u00e9sente 40 % de la population immigr\u00e9e totale.<br>Toujours en 1975, les moins de 19 ans repr\u00e9sentent 38% du total des femmes immigr\u00e9es. Le rajeunissement est particuli\u00e8rement net chez les Alg\u00e9riennes, o\u00f9 la proportion de moins de 19 ans est de 62 %.<br>Il est \u00e0 pr\u00e9voir que les r\u00e9sultats du recensement de 1982 feront appara\u00eetre une nouvelle progression de tous ces pourcentages.<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong>Un nouveau rapport au travail<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On voit appara\u00eetre l\u00e0 un autre changement fondamental dans l&rsquo;attitude des femmes immigr\u00e9es, li\u00e9 tr\u00e8s directement \u00e0 cette progression de la scolarisation : elles sont de plus en plus nombreuses \u00e0 travailler ou \u00e0 vouloir travailler [2]. L&rsquo;augmentation de l&rsquo;activit\u00e9 f\u00e9minine est essentiellement le fait des jeunes immigr\u00e9es, aussi bien les \u00ab secondes g\u00e9n\u00e9rations \u00bb n\u00e9es en France que les jeunes migrantes arriv\u00e9es r\u00e9cemment. Il y a bien l\u00e0 un ph\u00e9nom\u00e8ne de g\u00e9n\u00e9ration, une v\u00e9ritable rupture de comportement d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l&rsquo;autre, dont on a vu les principales raisons pr\u00e9c\u00e9demment. Mais cette \u00e9volution touche aussi d&rsquo;autres cat\u00e9gories de femmes immigr\u00e9es, de fa\u00e7on certes plus limit\u00e9e : de plus en plus de femmes vivent seules &#8211; veuves ou s\u00e9par\u00e9es de leur mari &#8211; ou ont un mari au ch\u00f4mage, et sont donc amen\u00e9es \u00e0 chercher elles aussi un emploi.<\/p>\n\n\n\n<p>Autre aspect \u00e0 souligner : cette progression de l&rsquo;activit\u00e9 f\u00e9minine se manifeste dans toutes les nationalit\u00e9s, m\u00eame si elle est plus ou moins accentu\u00e9e selon les cas. Ce sont les femmes portugaises qui arrivent largement en t\u00eate : alors que l&rsquo;ensemble de la population active f\u00e9minine immigr\u00e9e, toutes nationalit\u00e9s confondues, a augment\u00e9 de 42 % entre 1968 et 1975, le nombre des femmes portugaises actives a dans le m\u00eame temps augment\u00e9 de 318 % ! Mais le fait nouveau est l&rsquo;accroissement notable, sur le march\u00e9 de l&#8217;emploi, des femmes maghr\u00e9bines, traditionnellement peu actives : l&rsquo;augmentation est de 232 % pour les Marocaines et de 180 % pour les Alg\u00e9riennes [3].<\/p>\n\n\n\n<p>Ces statistiques, ainsi que toutes les enqu\u00eates et sondages qui ont pu \u00eatre r\u00e9alis\u00e9s [4], montrent qu&rsquo;on est bien en pr\u00e9sence d&rsquo;une transformation en profondeur de l&rsquo;immigration f\u00e9minine, et que l&rsquo;augmentation de son taux d&rsquo;activit\u00e9 n&rsquo;est pas une simple donn\u00e9e conjoncturelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Evidemment, cette \u00e9volution est aussi d\u00e9pendante de la situation du march\u00e9 de l&#8217;emploi en France, et dans le contexte de la crise \u00e9conomique actuelle, le droit \u00e0 l&#8217;emploi des femmes immigr\u00e9es se trouve doublement menac\u00e9 : en tant que femmes et en tant qu&rsquo;immigr\u00e9es. D\u00e9j\u00e0, il faut noter la progression tr\u00e8s rapide du travail au noir : alors qu&rsquo;il \u00e9tait jusqu&rsquo;ici essentiellement le fait de femmes relativement \u00e2g\u00e9es et sans aucune qualification, qui ne pouvaient gu\u00e8re esp\u00e9rer mieux (souvent des Espagnoles, des Portugaises, des Yougoslaves, employ\u00e9es comme domestiques ou femmes de m\u00e9nage chez des particuliers), de plus en plus de jeunes immigr\u00e9es plus qualifi\u00e9es sont aujourd&rsquo;hui contraintes d&rsquo;y avoir recours, faute de pouvoir trouver un emploi correspondant \u00e0 leur niveau de qualification : situation qu&rsquo;elles consid\u00e8rent au d\u00e9part comme transitoire, comme une solution d&rsquo;attente, mais qui bien souvent tend \u00e0 se prolonger (services domestiques, ou bien gardes d&rsquo;enfants, travaux de dactylographie, etc.). Et l&rsquo;on sait tr\u00e8s bien ce que le travail au noir, \u00ab clandestin \u00bb, signifie en termes de conditions de travail, de bas salaires, de surexploitation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong>Des aspirations nouvelles<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 toutes ces difficult\u00e9s et ces obstacles, l&rsquo;importance des mutations intervenues dans la situation des femmes immigr\u00e9es n&rsquo;en est pas moins r\u00e9elle. Il n&rsquo;est plus possible de parler d&rsquo;elles simplement en termes de \u00ab femmes d&rsquo;immigr\u00e9s \u00bb : en quittant les quatre murs dans lesquels elles vivaient enferm\u00e9es, en acc\u00e9dant au monde ext\u00e9rieur, elles sont devenues, r\u00e9ellement, des \u00ab femmes immigr\u00e9es \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Une telle modification de leur place au sein de la soci\u00e9t\u00e9 ne peut rester sans cons\u00e9quence quant \u00e0 leur r\u00f4le, leur statut, au sein de la famille, et quant \u00e0 la fa\u00e7on dont elles-m\u00eames les per\u00e7oivent. La scolarisation, l&rsquo;exercice d&rsquo;une activit\u00e9 professionnelle \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur de la maison, une importance accrue au sein de la famille par le salaire qu&rsquo;elles y rapportent \u2026 Tout cela ouvre pour les femmes immigr\u00e9es des marges d&rsquo;autonomie tout \u00e0 fait inconnues jusqu&rsquo;ici, et \u00e9veille des aspirations qui rentrent de plus en plus en contradiction avec le statut traditionnel de la femme, dans les soci\u00e9t\u00e9s musulmanes en particulier. Aspirations qui se nourrissent aussi de la confrontation permanente avec une soci\u00e9t\u00e9 diff\u00e9rente o\u00f9 les femmes b\u00e9n\u00e9ficient de plus de libert\u00e9s qu&rsquo;elles-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<p>La possibilit\u00e9 d&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 une contraception moderne est un autre facteur de changement [5]. Le recours aux contraceptifs, au d\u00e9part, est le plus souvent impos\u00e9 par les contraintes \u00e9conomiques : l&rsquo;exigu\u00eft\u00e9 des logements et la faiblesse des salaires obligent \u00e0 limiter le nombre d&rsquo;enfants. D&rsquo;autres motivations apparaissent aussi chez certaines femmes immigr\u00e9es : le d\u00e9sir de vivre avec un peu plus d&rsquo;aisance, de confort, la pr\u00e9occupation d&rsquo;assurer l&rsquo;avenir des enfants. Certes, pas question de ne pas avoir d&rsquo;enfant du tout (sauf parfois chez les plus jeunes). Encore moins de parler d&rsquo;\u00e9panouissement sexuel. Et la contraception reste souvent assez mal v\u00e9cue. Mais la d\u00e9cision de limiter et d&rsquo;espacer les naissances manifeste chez les femmes immigr\u00e9es une prise de distance importante vis-\u00e0-vis d&rsquo;une tradition qui valorise la maternit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les jeunes filles sont bien s\u00fbr celles qui vivent toutes ces contradictions de la mani\u00e8re la plus aigu\u00eb, comme le montrent les articles qui leur sont consacr\u00e9s dans la suite de ce dossier. Mais l\u00e0 encore, ces transformations atteignent aussi d&rsquo;autres couches de l&rsquo;immigration f\u00e9minine. Il n&rsquo;est que de voir le nombre grandissant de femmes immigr\u00e9es qui vivent seules avec leurs enfants en ayant pris elles-m\u00eames l&rsquo;initiative de la s\u00e9paration ou du divorce. L&rsquo;augmentation du nombre de celles, instruites et actives, qui abordent la trentaine sans \u00eatre mari\u00e9es, est un autre signe de cette \u00e9volution : autant de choses inconcevables il y a peu de temps encore.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong>Une l\u00e9gislation r\u00e9actionnaire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Mais cette volont\u00e9 d&rsquo;ind\u00e9pendance des femmes immigr\u00e9es ne se heurte pas seulement au poids des traditions et de la structure familiale. Elle rencontre aussi sur sa route un obstacle de nature tout \u00e0 fait diff\u00e9rente, mais qui n&rsquo;est pas pour autant n\u00e9gligeable : c&rsquo;est la l\u00e9gislation fran\u00e7aise relative \u00e0 l&rsquo;immigration. La femme immigr\u00e9e n&rsquo;a quasiment pas d&rsquo;existence juridique en France : elle n&rsquo;est reconnue qu&rsquo;en tant qu&rsquo;\u00e9pouse (ou fille) de travailleur immigr\u00e9, venue en France dans le cadre du regroupement familial [6] (d&rsquo;o\u00f9 le terme parfois employ\u00e9, et tr\u00e8s significatif, d&rsquo;\u00ab \u00e9pouse rejoignante \u00bb !). Cette r\u00e9glementation place les femmes dans une situation de d\u00e9pendance totale vis-\u00e0-vis du chef de famille pour l&rsquo;acquisition ou le renouvellement de la carte de s\u00e9jour. En outre, l&rsquo;autorisation pour les familles de s&rsquo;installer en France est soumise \u00e0 des conditions de ressources, mais seules celles du mari sont prises en compte. M\u00eame si la femme a d\u00e9j\u00e0 trouv\u00e9 un travail lors de sa demande de r\u00e9gularisation, il n&rsquo;en sera pas tenu compte dans l&rsquo;estimation des revenus ! Combien de femmes sont-elles ainsi contraintes de vivre en situation irr\u00e9guli\u00e8re, contraintes de recourir au travail clandestin ! Cette situation devient dramatique en cas de d\u00e9c\u00e8s ou d&rsquo;expulsion du chef de famille, ou en cas de s\u00e9paration : le droit au s\u00e9jour de l&rsquo;\u00e9pouse et des enfants est alors remis en cause. Voil\u00e0 ce qu&rsquo;elles s&rsquo;entendent r\u00e9pondre quand elles viennent r\u00e9clamer aupr\u00e8s de l&rsquo;administration : \u00ab Puisque vous \u00eates rentr\u00e9es en France par la proc\u00e9dure du regroupement familial, vous \u00eates li\u00e9e \u00e0 votre mari et il n&rsquo;y a pas grand-chose \u00e0 faire ; si vous ne retournez pas chez votre mari il faut repartir dans votre pays [7] ! \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi la r\u00e9glementation fran\u00e7aise vient-elle conforter la tradition des pays d&rsquo;origine, qui consid\u00e8re les femmes comme d&rsquo;\u00e9ternelles mineures, soumises leur vie durant \u00e0 l&rsquo;autorit\u00e9 d&rsquo;un p\u00e8re ou d&rsquo;un mari. Le maintien de cette r\u00e9glementation est pour le moins contradictoire avec les d\u00e9clarations d&rsquo;intention de l&rsquo;actuel gouvernement, qui affirmait vouloir \u00ab prendre en consid\u00e9ration les aspirations contemporaines des femmes \u00e9trang\u00e8res [8] \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais les femmes immigr\u00e9es savent aujourd&rsquo;hui que c&rsquo;est avant tout sur  elles-m\u00eames qu&rsquo;elles doivent compter pour faire aboutir ces aspirations. Sous des formes diverses appara\u00eet une m\u00eame volont\u00e9 de sortir de leur situation d&rsquo;assist\u00e9es : ici, par la remise en cause de la conception traditionnelle des cours de formation r\u00e9serv\u00e9s aux immigr\u00e9es (couture, cuisine \u2026 ) et la demande d&rsquo;une v\u00e9ritable formation professionnelle ; l\u00e0, par la cr\u00e9ation de lieux de rencontre et d&rsquo;entraide au niveau d&rsquo;un immeuble, d&rsquo;un quartier ; ailleurs, par la participation aux gr\u00e8ves des entreprises de nettoyage, pour la d\u00e9fense des conditions de travail (Orly, Centre Beaubourg) ; enfin par leur participation directe aux luttes de l&rsquo;immigration et par les formes d&rsquo;organisation sp\u00e9cifique qu&rsquo;elles se donnent pour d\u00e9fendre leurs propres revendications.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Anne-Marie Granger<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[1] Voir l&rsquo;interview de Yamina dans la suite de ce dossier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[2] Cf. l&rsquo;article sur le travail des femmes immigr\u00e9es page 12.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[3] Chiffres tir\u00e9s des recensements de la population de 1968 et 1975.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[4] Signalons en particulier l&rsquo;article de Y. Moulier et R. Silberman : <em>Mont\u00e9e de l&rsquo;activit\u00e9 des femmes \u00e9trang\u00e8res en France<\/em> in <em>Travail et emploi<\/em>, minist\u00e8re du Travail, avril-juin 1982, n\u00b0 12.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[5] Sur cette question, voir l&rsquo;ouvrage de Mich\u00e8le Fellous : <em>Contraception et migration<\/em>, Ed. Syros, 1982.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[6] Depuis 1974, date de l&rsquo;arr\u00eat de l&rsquo;immigration, le regroupement familial est la seule fa\u00e7on l\u00e9gale d&rsquo;entrer en France.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[7] Cit\u00e9 dans : <em>Rapport du Collectif de soutien aux femmes sans papiers : t\u00e9moignages et documents<\/em>, juin 1982.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[8] Note du Secr\u00e9tariat d&rsquo;Etat charg\u00e9 des immigr\u00e9s en date du 26 ao\u00fbt 1981 : <em>Les actions \u00e9ducatives \u00e0 l&rsquo;intention des femmes immigr\u00e9es.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article d&rsquo;Anne-Marie Granger paru dans les Cahiers du f\u00e9minisme, n\u00b0 26, automne 1983 En 1980, \u00e0 Marseille, apr\u00e8s l&rsquo;assassinat d&rsquo;un jeune immigr\u00e9 par un policier, elles sont descendues dans la rue, elles ont manifest\u00e9 devant la pr\u00e9fecture. 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