{"id":28443,"date":"2026-03-28T10:42:47","date_gmt":"2026-03-28T09:42:47","guid":{"rendered":"https:\/\/sinedjib.com\/?p=28443"},"modified":"2026-03-28T10:42:47","modified_gmt":"2026-03-28T09:42:47","slug":"lalgerienne-au-travail-qui-ou-comment-pourquoi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2026\/03\/28\/lalgerienne-au-travail-qui-ou-comment-pourquoi\/","title":{"rendered":"L&rsquo;Alg\u00e9rienne au travail. Qui ? O\u00f9 ? Comment ? Pourquoi ?"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Enqu\u00eate parue dans <em>R\u00e9volution africaine<\/em>, n\u00b0 90, 17 octobre 1964<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"423\" height=\"873\" data-attachment-id=\"28444\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2026\/03\/28\/lalgerienne-au-travail-qui-ou-comment-pourquoi\/img_9422\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/IMG_9422.jpg?fit=423%2C873&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"423,873\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"IMG_9422\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/IMG_9422.jpg?fit=423%2C873&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/IMG_9422.jpg?resize=423%2C873&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-28444\" style=\"width:283px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/IMG_9422.jpg?w=423&amp;ssl=1 423w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/IMG_9422.jpg?resize=145%2C300&amp;ssl=1 145w\" sizes=\"auto, (max-width: 423px) 100vw, 423px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Les op\u00e9ratrices : \u00ab\u00a0Pas de femmes symboles\u00a0\u00bb<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>\u00ab L&rsquo;\u00e9mancipation \u00bb de la femme alg\u00e9rienne est un de ces probl\u00e8mes qui n&rsquo;a pas fini de soulever toutes sortes de controverses. On a pu lire dans certaines lettres de lecteurs comment cette question est souvent mal pos\u00e9e quand elle est ramen\u00e9e essentiellement \u00e0 des consid\u00e9rations morales. D&rsquo;autres pensent que la lib\u00e9ration d\u00e9finitive de la femme est li\u00e9e \u00e0 la transformation radicale des structures sociales et au triomphe du socialisme. Nous avons voulu savoir ce qu&rsquo;en pensent les travailleuses qui, depuis longtemps, se trouvent dans le circuit \u00e9conomique. C&rsquo;est le r\u00e9sultat de cette enqu\u00eate que nous publions aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab LA seule condition de la lib\u00e9ration de la femme, c&rsquo;est le travail. \u00bb<\/strong> Ainsi, s&rsquo;exprime \u00e0 la maison du Peuple, un responsable de l&rsquo;UGTA. Pour savoir s&rsquo;il avait raison, nous avons parcouru, \u00e0 Alger et dans les environs, usines et bureaux ou l&rsquo;on emploie des femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>Qui sont, que font les travailleuses ? Combien sont-elles ? Le recensement de 1954 indiquait que, dans le secteur non agricole, 10 p. cent seulement des salari\u00e9s \u00e9taient des femmes ; 38.000 en tout, dont 25.000 femmes de m\u00e9nage. Les ouvri\u00e8res \u00e9taient 3.300 ; les man\u0153uvres, 2.000 ; les ch\u00f4meuses, 2.600 ; les employ\u00e9es de commerce, 900 ; les employ\u00e9es de bureau, 600 ; les \u00ab professions lib\u00e9rales \u00bb, 200.<\/p>\n\n\n\n<p>Si, dix ans plus tard, la proportion hommes-femmes n&rsquo;a pas beaucoup chang\u00e9, ces statistiques sont probablement p\u00e9rim\u00e9es quant aux emplois des femmes. Le d\u00e9part des Europ\u00e9ens a fait diminuer le nombre de femmes de m\u00e9nage, augmenter &#8211; et de beaucoup &#8211; celui des employ\u00e9es de bureau et des \u00ab professions lib\u00e9rales \u00bb (enseignantes surtout). Pour le reste, la situation des travailleuses semble \u00eatre, en gros, la m\u00eame que celle des travailleurs : pour les salari\u00e9es instruites tant soit peu sp\u00e9cialis\u00e9es, le march\u00e9 est loin, tr\u00e8s loin, d&rsquo;\u00eatre satur\u00e9 ; leur nombre augmente tous les jours et c&rsquo;est un excellent pr\u00e9sage. Mais pour les illettr\u00e9es non sp\u00e9cialis\u00e9es, les offres d&#8217;emplois sont rares. Le Bureau d&#8217;emploi f\u00e9minin d&rsquo;Alger n&rsquo;a pu satisfaire, en 1963, que 574 demandes sur 8.000.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la r\u00e9gion d&rsquo;Alger o\u00f9 l&rsquo;on compte bien plus de salari\u00e9es qu&rsquo;ailleurs, il semble que, l\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;on emploie des femmes, celles-ci forment 10 p. cent au maximum de l&rsquo;effectif. Les ouvri\u00e8res ? on les retrouve surtout dans les petites industries (stations de conditionnement, fabriques de v\u00eatements, teintureries, biscuiteries), mais aussi \u00e0 la SNTA.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Y A-T-IL EGALITE ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>A travail \u00e9gal, salaire \u00e9gal : ce principe semble \u00eatre partout appliqu\u00e9, sauf dans de tr\u00e8s petites entreprises artisanales (\u00e0 Bab El Oued, un fabricant de chaussures emploie 8 hommes \u00e0 1,90 DA l&rsquo;heure, et 2 femmes \u00e0 1 DA). Mais \u00e0 Mohammedia (ex-Perr\u00e9gaux), au printemps dernier, le directeur d&rsquo;une station de conditionnement d&rsquo;oranges (nationalis\u00e9e) d\u00e9cida brusquement de ne plus payer les femmes que 1,25 DA l&rsquo;heure, alors qu&rsquo;elles avaient gagn\u00e9 1,50 DA, comme les hommes. Les femmes s&rsquo;estimant l\u00e9s\u00e9es, se sont alors syndiqu\u00e9es et, appuy\u00e9es par l&rsquo;UGTA, brandissant banni\u00e8re et manifestant en pleine rue, elles ont obtenu gain de cause.<\/p>\n\n\n\n<p>Exception faite pour le directeur de Mohamedia, nous n&rsquo;avons entendu personne pr\u00e9tendre que le rendement des femmes \u00e9tait inf\u00e9rieur \u00e0 celui des hommes. Ce qui n&rsquo;est pas sans importance. Car, \u00e0 travail \u00e9gal et, le plus souvent identique, il y a in\u00e9galit\u00e9 de r\u00e9sistance physique. Or, pour les ouvri\u00e8res, le travail est souvent dur (ici, station debout en permanence ; l\u00e0, atmosph\u00e8re vici\u00e9e ; ailleurs, port d&rsquo;objets lourds) et il est pour les op\u00e9ratrices des PTT, \u00e9puisant (de tous les m\u00e9tiers dits \u00ab f\u00e9minins \u00bb, c&rsquo;est celui qui engendre le plus de troubles nerveux).<\/p>\n\n\n\n<p>Objectivement donc, l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 est, presque partout, chose acquise. Mais subjectivement, c&rsquo;est une autre question. Que pensent les femmes de leur travail ? Qu&rsquo;en pensent les parents, les maris ? Les coll\u00e8gues de sexe masculin ?<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab L&rsquo;immense majorit\u00e9 des femmes travaillent par n\u00e9cessit\u00e9, d\u00e9clare une d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e de l&rsquo;UGTA (PTT). Il n&rsquo;y en a beaucoup qui songent \u00e0 faire carri\u00e8re. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Autant dire que beaucoup pr\u00e9f\u00e9reraient rester au foyer, que la notion (europ\u00e9enne) selon laquelle \u00ab le travail c&rsquo;est la libert\u00e9 \u00bb, n&rsquo;a fait son chemin ici, que chez de rares privil\u00e9gi\u00e9es : celles dont les \u00e9tudes, les moyens et la famille, leur permettent d&rsquo;exercer, pour le plaisir, un m\u00e9tier agr\u00e9able (secr\u00e9tariat, etc.).<\/p>\n\n\n\n<p>Si les travailleuses travaillent c&rsquo;est, bien s\u00fbr, que leurs parents ou maris n&rsquo;\u00e9l\u00e8vent pas, d&rsquo;objections. Mais cela ne prouve rien quant \u00e0 l&rsquo;attitude, sur le travail des femmes, des Alg\u00e9riens dans leur ensemble. Des sociologues ont fait l\u00e0-dessus, un sondage d&rsquo;opinion aupr\u00e8s d&rsquo;un \u00e9chantillon repr\u00e9sentatif de la population alg\u00e9rienne, soit 190 hommes : il en ressort que dans l&rsquo;ensemble, 50 % des Alg\u00e9riens sont favorables au principe du travail des femmes, certains sous conditions (1).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>QUELQUES PROBLEMES<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Quant aux familles des travailleuses, elles se montrent assez souvent r\u00e9ticentes, non au travail de la femme, mais aux activit\u00e9s annexes. A la SN R\u00e9pal, la capitaine de l&rsquo;\u00e9quipe f\u00e9minine de volley-ball nous a dit que nombre de jeunes filles avaient d\u00fb arracher \u00e0 leur parents, la permission de s&rsquo;inscrire. La permission de militer au sein de l&rsquo;UGTA est encore plus difficile \u00e0 obtenir. Mais c&rsquo;est le travail mixte qui effraie le plus.<\/p>\n\n\n\n<p>Et il est vrai que les \u00ab m\u00e9langes \u00bb soul\u00e8vent parfois quelques probl\u00e8mes. <strong>\u00ab Une fois, il y a bien longtemps, deux hommes se sont bagarr\u00e9s \u00e0 cause d&rsquo;une femme<\/strong>, dit-on \u00e0 la COBISCA (Hussein-Dey). <strong>Maintenant on a s\u00e9par\u00e9 les<\/strong> <strong>hommes des femmes, alors on est tranquille. \u00bb<\/strong> Quant \u00e0 Zahia (17 ans et demi, un enfant, mari en ch\u00f4mage) qui est \u00ab coupe-fil \u00bb dans une fabrique de v\u00eatements de Bab El Oued, elle est cat\u00e9gorique :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><strong>\u00ab On se manque de respect. Ce n&rsquo;est pas bien. Pour prouver que nous sommes des Alg\u00e9riens, on doit se tenir dans l&rsquo;atelier, travailler comme fr\u00e8res et s\u0153urs. \u00bb<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Et c&rsquo;est sans doute la revendication principale qu&rsquo;en tant que d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e suppl\u00e9ante, elle pr\u00e9sentera \u00e0 l&rsquo;UGTA. Mais qu&rsquo;entend-elle par \u00ab se manquer de respect \u00bb ? Il semble, apr\u00e8s enqu\u00eate, que les hommes \u00ab bavardent \u00bb avec les femmes (mais pas plus qu&rsquo;ils ne \u00ab bavardent \u00bb entre eux) pendant la pause. Qu&rsquo;une tierce personne \u00ab mal intentionn\u00e9e \u00bb pourrait avertir le mari d&rsquo;une ouvri\u00e8re, il y aurait scandale. Mais il s&rsquo;agit moins de faits que de suppositions. D&rsquo;ailleurs, dans les ateliers mixtes, les responsables UGTA veillent \u00e0 ce qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas \u00ab d&rsquo;histoires \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Et des \u00ab histoires \u00bb, il n&rsquo;y en a jamais \u00e0 la centrale t\u00e9l\u00e9phonique d&rsquo;Alger. Ni au centre de la Sant\u00e9, ni dans la fabrique de parfums de Hussein Dey, ni \u00e0 la SNTA (Bab El Oued). A la SN R\u00e9pal (Hydra), comme dans tous les bureaux, la seule suggestion d&rsquo;une \u00ab s\u00e9gr\u00e9gation \u00bb fait \u00e9clater de rire. L\u00e0 (est-ce fonction du niveau d&rsquo;instruction, plus \u00e9lev\u00e9 ?), hommes et femmes se c\u00f4toient sans arri\u00e8re-pens\u00e9es. <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><strong>\u00ab Et c&rsquo;est une excellente chose<\/strong>, ajoute une militante, <strong>membre de la Commission f\u00e9minine \u00e0 la section UGTA de la SN R\u00e9pal. Ces contacts sont utiles, parce que fraternels. Pour les faciliter, nous avons pens\u00e9, nous les femmes, \u00e0 cr\u00e9er une troupe th\u00e9\u00e2trale mixte, compos\u00e9e des membres du personnel. \u00bb<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"440\" height=\"873\" data-attachment-id=\"28445\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2026\/03\/28\/lalgerienne-au-travail-qui-ou-comment-pourquoi\/img_9426\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/IMG_9426.jpg?fit=440%2C873&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"440,873\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"IMG_9426\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/IMG_9426.jpg?fit=440%2C873&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/IMG_9426.jpg?resize=440%2C873&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-28445\" style=\"width:316px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/IMG_9426.jpg?w=440&amp;ssl=1 440w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/IMG_9426.jpg?resize=151%2C300&amp;ssl=1 151w\" sizes=\"auto, (max-width: 440px) 100vw, 440px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">S.N.T.A. (Bab El Oued) \u00ab\u00a0Travail mixte jamais \u00ab\u00a0d&rsquo;histoires\u00a0\u00bb<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>LES TRAVAILLEURS ET LE SYNDICAT<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Bien. Mais cela non plus ne suffit pas. La travailleuse participe-t-elle \u00e0 la vie syndicale ? \u00e0 la vie politique de son pays ? Qu&rsquo;en dit l&rsquo;UGTA ? Il r\u00e8gne, au sein du syndicat, deux attitudes : la premi\u00e8re, <strong>\u00ab laissons les probl\u00e8mes de femmes, aux femmes. Qu&rsquo;elle se d\u00e9brouillent \u00bb<\/strong>, d\u00e9clare un responsable de Hussein Dey ; et un autre, de Bab El Oued : <strong>\u00ab c&rsquo;est au pied du mur qu&rsquo;on voit le ma\u00e7on. Qu&rsquo;elles nous prouvent ce dont elles sont capables. \u00bb<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><strong>\u00ab Elles se plaignent qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas de femmes au secr\u00e9tariat national ?<\/strong> dit-on \u00e0 la Maison du Peuple. <strong>Mais nous n&rsquo;allons tout de m\u00eame pas les t\u00e9l\u00e9guider d&rsquo;en haut. Nous ne voulons pas de femmes-symboles. Qu&rsquo;elles commencent par s&rsquo;activer dans les sections locales \u00bb.<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Mais on entend aussi d&rsquo;autres sons de cloche. Dans les sections locales de l&rsquo;UGTA, les femmes ne sont pas encore partout repr\u00e9sent\u00e9es proportionnellement. Il n&rsquo;y a pas \u00e0 la SNTA de Bab El Oued (3 usines employant 1.250 hommes et 150 femmes), une seule femme d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;UGTA. Pourquoi ? Aucune ne s&rsquo;est port\u00e9e volontaire aux derni\u00e8res \u00e9lections. Mais aux prochaines ?\u2026<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><strong>Aux prochaines, vous allez voir<\/strong>, dit le responsable local. <strong>Nous ferons des pieds et des mains pour avoir une d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e au moins. De n&rsquo;importe quelle fa\u00e7on, il faudra qu&rsquo;elle passe. C&rsquo;est la seule fa\u00e7on de les former, de les sortir du cycle chiffon-couscous-coiffure.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Comment allez-vous faire ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; <strong>Une campagne d&rsquo;explication pr\u00e9c\u00e9dera les \u00e9lections. Nous pr\u00e9ciserons le r\u00f4le de la femme. Nous donnerons au mari, \u00e0 la famille, toutes les garanties. Les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9es seront respect\u00e9es. C&rsquo;est fini, le 19 Mars. Quand nous avons une travailleuse en face de nous, c&rsquo;est un \u00ab homme \u00bb.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Mais que penseront les travailleurs d&rsquo;une femme d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; <strong>Ils penseront ce qu&rsquo;ils voudront. Nous, on va foncer \u00bb.<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Tous les responsables UGTA que nous avons rencontr\u00e9s, font tout ce qu&rsquo;ils peuvent. Quant \u00e0 la Centrale, elle a organis\u00e9 trois stages de formations de cadres syndicaux f\u00e9minins (2 \u00e0 Alger, 1 \u00e0 Constantine) d&rsquo;o\u00f9 est sorti un noyau de militantes enthousiastes, pr\u00eates \u00e0 former, \u00e0 leur tour, d&rsquo;autres cadres. A la Maison du Peuple, on pr\u00e9voit pour novembre, des stages mixtes qui se d\u00e9rouleront au futur coll\u00e8ge syndical.<\/p>\n\n\n\n<p>A l&rsquo;\u00e9gard des femmes elles-m\u00eames, les critiques (et les compliments) sont partout les m\u00eames, qu&rsquo;elles soient formul\u00e9es par des hommes ou par des femmes militant dans l&rsquo;UGTA.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><strong>UNE DELEGUEE : Les femmes se syndiquent moins volontiers que les hommes. Et quand elles le font, c&rsquo;est parfois seulement pour pouvoir revendiquer une augmentation. Cela ne va pas plus loin. Pas encore.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Mais n&rsquo;est-ce pas vrai aussi de certains hommes ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>UN RESPONSABLE UGTA (Alger) : Oui et non. La femme ne comprend pas encore que l&rsquo;avenir du pays ne repose pas seulement sur son mari, mais aussi sur elle. Elle estime que le syndicat, la politique, ce sont des affaires d&rsquo;hommes. Elle n&rsquo;a pas encore enti\u00e8rement conscience de ses responsabilit\u00e9s.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>UNE DELEGUEE : Evidemment. La femme traditionnelle n&rsquo;a gu\u00e8re eu l&rsquo;occasion ou l&rsquo;habitude d&rsquo;en prendre. Jusqu&rsquo;ici, on ne lui en a pas donn\u00e9es.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>UN RESPONSABLE UGTA (Bab El Oued) : Les femmes sont les premi\u00e8res \u00e0 accepter certains sacrifices, d\u00e8s qu&rsquo;elles comprennent de quoi il s&rsquo;agit. \u00bb<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;elles ne comprennent pas ? Zohra (manutentionnaire, divorc\u00e9e, 32 ans, 4 enfants) nous a dit pourquoi, contrairement \u00e0 la plupart de ses s\u0153urs \u00e0 la SNTA-Goura\u00efa, elle n&rsquo;est pas syndiqu\u00e9e :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><strong>\u00ab A quoi sert le syndicat, puisqu&rsquo;on est nationalis\u00e9 ? Que le gouvernement est pour nous, et nous pour lui ? \u00bb.<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Le responsable UGTA, pr\u00e9sent \u00e0 l&rsquo;entretien, lui explique aussit\u00f4t : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><strong>\u00ab Le syndicat, c&rsquo;est pour faire le va-et-vient entre le gouvernement et nous, les travailleurs. Pour expliquer, en bas, ce qu&rsquo;ils veulent, en haut. Et en haut, ce que nous voulons, en bas, etc \u2026 \u00bb<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Zohra comprend maintenant ; elle va se syndiquer. En attendant, il semble que les femmes soient plus actives au syndicat dans le secteur priv\u00e9 que dans le secteur socialiste. Mais l\u00e0, les campagnes d&rsquo;explication viendront bient\u00f4t \u00e0 bout de la \u00ab r\u00e9sistance passive \u00bb que manifestent certaines femmes, plus peut-\u00eatre que les hommes parce que moins instruites, moins \u00ab au courant \u00bb du nouveau r\u00f4le du syndicat.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>LES ILLETTREES ET LES INSTRUITES<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;instruction, c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs le probl\u00e8me num\u00e9ro un. <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><strong>\u00ab Les illettr\u00e9es ont peur<\/strong>, explique une syndicaliste. <strong>Peur de s&rsquo;exprimer, de prendre une d\u00e9cision, de militer&#8230; \u00bb<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Une autre syndicaliste rapporte cette r\u00e9flexion d&rsquo;un analphab\u00e8te de son quartier : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><strong>\u00ab Avant, on \u00e9tait des hommes. On nous avait tout promis. Maintenant, quand on veut faire quelque chose, on nous demande : tu sais lire et \u00e9crire ? \u00bb<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;A\u00efcha (45 ans, bossue, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;UGTA pour la fabrique de parfums de Hussein Dey) n&rsquo;a pas pu suivre le stage de formation de cadres f\u00e9minins, parce qu&rsquo;elle est illettr\u00e9e. <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><strong>\u00ab Non je ne sais pas lire<\/strong>, dit-elle, <strong>mais \u00e7a ne fait rien. Je dis ce que je pense, je n&rsquo;ai pas peur, je le dis clair et net. \u00bb<\/strong> <\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Et les employ\u00e9s de la fabrique ont gagn\u00e9, gr\u00e2ce \u00e0 A\u00efcha l&rsquo;illettr\u00e9e, ex-femme de m\u00e9nage, plus d&rsquo;une bataille syndicale \u2026 Illettr\u00e9e ? elle n&rsquo;en est pas moins consciente : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><strong>\u00ab Quand je vois des gens qui mangent, et d&rsquo;autres qui ne mangent pas, alors je dis : ce n&rsquo;est pas juste. Ce sera juste quand il y aura le socialisme. Le socialisme, c&rsquo;est quand tout le monde travaille la main dans la main. C&rsquo;est clair, c&rsquo;est net, et je le dis. \u00bb<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>&#8211; Et souvent, ce sont les illettr\u00e9es qui sont les plus d\u00e9vou\u00e9es. On nous dit, \u00e0 Bab El Oued, que <strong>\u00ab parfois, les filles instruites se coupent de la base, elles ne pensent qu&rsquo;\u00e0 monter plus haut, pas \u00e0 militer \u00bb<\/strong>. <strong>\u00ab Celles-l\u00e0, c&rsquo;est tout juste s&rsquo;il ne leur faut pas un taxi \u00e0 la sortie du travail \u00bb<\/strong>, nous dit-on \u00e0 Hussein Dey. L&rsquo;instruction, c&rsquo;est une arme \u00e0 double tranchant. Mais <strong>\u00ab instruites ou non, on s&rsquo;en fiche, d\u00e9clare un responsable de Bab El Oued, pourvu qu&rsquo;elles viennent aux r\u00e9unions, les femmes. Et qu&rsquo;elles parlent. \u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9unions, c&rsquo;est &#8211; justement &#8211; un autre probl\u00e8me. Fatima (veuve, soutien de famille) qui fait partie du comit\u00e9 de gestion de la COBISCAL (Hussein Dey), assiste \u00e0 toutes les r\u00e9unions. <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><strong>\u00ab Des fois, je reste m\u00eame trois heures apr\u00e8s la fermeture, pour discuter des probl\u00e8mes. \u00bb <\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Mais, sur 3 femmes mandat\u00e9es, lors d&rsquo;un congr\u00e8s r\u00e9gional \u00e0 la Maison du Peuple, il n&rsquo;en est venue qu&rsquo;une. <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><strong>\u00ab On \u00e9tait content<\/strong>, raconte le responsable, <strong>on l&rsquo;a fait asseoir \u00e0 part, on l&rsquo;a chouchout\u00e9e, on lui a demand\u00e9 son avis sur tout. Et vous savez ce qu&rsquo;elle a fait ? Elle s&rsquo;est sauv\u00e9e ! \u00bb<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Noy\u00e9e dans la masse d&rsquo;hommes, et pourtant s\u00e9par\u00e9e, cette unique femme a pris peur. Cette peur, les femmes la vainquent partout o\u00f9 elles sont nombreuses. Et partout o\u00f9 les hommes les prennent au s\u00e9rieux. Mais ce n&rsquo;est pas toujours le cas : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><strong>\u00ab Quand il y a une femme \u00e0 la r\u00e9union, <\/strong>avoue un responsable de Hussein Dey, <strong>les hommes l&rsquo;\u00e9coutent, mais par politesse seulement. On ne fait pas grand cas de ses suggestions. Elle est l\u00e0 pour la d\u00e9coration. \u00bb<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Autre obstacle \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 syndicale des femmes : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><strong>\u00ab La plupart sont apolitiques<\/strong>, estime une d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e UGTA d&rsquo;un service hospitalier. <strong>M\u00eame chez celles qui ont particip\u00e9 \u00e0 la R\u00e9volution, il y a un net recul. Pas dans leur esprit civique, mais dans leur activit\u00e9. \u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>REVOLUTION africaine : Pourquoi ?<\/p>\n\n\n\n<p>LA DELEGUEE : <strong>Parce que les hommes sont rentr\u00e9s.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>R.A. (au responsable UGTA pr\u00e9sent) : D\u00e9fendez-vous !<\/p>\n\n\n\n<p>LA DELEGUEE : <strong>Je ne peux pas. C&rsquo;est vrai. \u00bb<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>UNE ACTIVITE EMBRYONNAIRE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les plus actives, en tout cas, ne sont pas celles d&rsquo;un certain \u00e2ge, qui ont particip\u00e9 \u00e0 la R\u00e9volution (2). Ce ne sont pas non plus les m\u00e8res de familles, <strong>\u00ab physiquement et moralement incapables de militer \u00bb<\/strong>. Ce sont, bien souvent, les veuves et divorc\u00e9es, mais on ne leur facilite pas toujours les choses. <strong>\u00ab Elles se sont propos\u00e9es comme d\u00e9l\u00e9gu\u00e9es, <\/strong>nous dit-on \u00e0 Bab El Oued,<strong> mais .. Euh .. on n&rsquo;en a pas voulu. \u00bb <\/strong>Pourquoi ? Parce qu&rsquo;elles ont \u00ab une r\u00e9putation de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 \u00bb. R\u00e9putation justifi\u00e9e ? Nul n&rsquo;est capable de le prouver. Mais il suffit d&rsquo;\u00eatre une femme seule pour \u00eatre class\u00e9e \u00ab louche \u00bb. Autant de militantes perdues. Autres militantes perdues, les filles qui se marient : <strong>\u00ab parce que le mari ne veut pas \u00bb<\/strong>. Restent alors, les toutes jeunes filles, et ce sont elles les plus actives.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><strong>\u00ab A 17 ou 18 ans<\/strong>, disent les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9es de la SN R\u00e9pal, <strong>elles meurent d&rsquo;envie d&rsquo;agir. Elles cherchent un but, quelque chose \u00e0 quoi se rattacher. Elles se sont disput\u00e9es pour aller au stage de formation syndicale. Elles commencent \u00e0 parler politique. Au d\u00e9part, il a fallu les encadrer, les encourager, parfois les harceler. Mais, la peur vaincue, \u00e7a va tout seul. \u00bb<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>L&rsquo;activit\u00e9 syndicale et politique est donc embryonnaire. Mais elle fait des bonds en avant. Il y a deux femmes \u00e0 la Commission ex\u00e9cutive de la F\u00e9d\u00e9ration du p\u00e9trole et du gaz (organisme \u00e9manant de la Centrale UGTA). Cela ne s&rsquo;\u00e9tait jamais vu. Mais dans ce domaine, les pr\u00e9c\u00e9dents se multiplient. <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><strong>\u00ab Je suis s\u00fbre qu&rsquo;on en fera des militantes<\/strong>, affirme une d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e UGTA d&rsquo;Alger. <strong>Mais il ne faut pas attendre que cela tombe du ciel. \u00bb<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Discours, conf\u00e9rences et articles ne suffiront pas. L\u00e0-dessus, tous les int\u00e9ress\u00e9s sont d&rsquo;accord : <\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab On a moins besoin de publicit\u00e9 que d&rsquo;un travail obscur, quotidien, \u00e0 la base ; un travail d&rsquo;explication aupr\u00e8s des femmes<\/strong>, dit un responsable syndical. <strong>Et il faudrait des femmes pour parler aux femmes ;<\/strong> <strong>c&rsquo;est bien plus efficace qu&rsquo;un monsieur \u00bb<\/strong>. Il faut, comme le demandait le pr\u00e9sident Ben Bella, <strong>\u00ab que l&rsquo;UNFA rayonne partout, dans chaque usine, chaque atelier. \u00bb<\/strong> Et l&rsquo;UGTA ne peut pas tout faire, l&rsquo;UNFA doit l&rsquo;aider. <strong>\u00ab Ensemble, nous arriverons \u00e0 faire participer toutes les travailleuses \u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration du socialisme. \u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le travail a donc \u00ab lib\u00e9r\u00e9 \u00bb, comme disait le responsable de la Maison du Peuple une infime minorit\u00e9 de femmes, mais l\u00e0 encore, on ne peut parler de \u00ab lib\u00e9ration \u00bb que sur le plan strictement mat\u00e9riel. Sur le plan syndical et politique, mais aussi sur le plan social et psychologique, bien des choses restent \u00e0 faire. La plupart devront attendre que l&rsquo;\u00e9conomie alg\u00e9rienne puisse int\u00e9grer les femmes. Mais le premier pas est fait, le pli est pris, et il est possible de former d\u00e8s maintenant un noyau de \u00ab pr\u00e9curseuses \u00bb qui montreront le chemin \u00e0 leurs s\u0153urs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>A.G.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(1) P. Bourdieu, \u00ab\u00a0Travail et travailleurs en Alg\u00e9rie\u00a0\u00bb. Le sondage a \u00e9t\u00e9 fait en 1960. Les opinions sur le travail des femmes ne variaient pas \u00e9norm\u00e9ment selon les diff\u00e9rentes cat\u00e9gories socio-professionnelles, les \u00e2ges ou le degr\u00e9 d&rsquo;instruction. Cependant les enqu\u00eateurs ont trouv\u00e9 une majorit\u00e9 <strong>d\u00e9favorable <\/strong>chez les illettr\u00e9s, les hommes de 14 \u00e0 19 ans et de plus de 50 ans, et chez les artisans et commer\u00e7ants.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(2) Il semble que chez les hommes c&rsquo;est le contraire qui est vrai.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Enqu\u00eate parue dans R\u00e9volution africaine, n\u00b0 90, 17 octobre 1964 \u00ab L&rsquo;\u00e9mancipation \u00bb de la femme alg\u00e9rienne est un de ces probl\u00e8mes qui n&rsquo;a pas fini de soulever toutes sortes de controverses. 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