{"id":3371,"date":"2018-03-03T00:04:11","date_gmt":"2018-03-02T23:04:11","guid":{"rendered":"http:\/\/sinedjib.com\/?p=3371"},"modified":"2024-01-09T20:46:41","modified_gmt":"2024-01-09T19:46:41","slug":"lyotard-algerie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2018\/03\/03\/lyotard-algerie\/","title":{"rendered":"Jean-Fran\u00e7ois Lyotard : L&rsquo;Alg\u00e9rie \u00e9vacu\u00e9e"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Extrait de Jean-Fran\u00e7ois Lyotard, \u00ab\u00a0L&rsquo;Alg\u00e9rie \u00e9vacu\u00e9e\u00a0\u00bb, <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"http:\/\/archivesautonomies.org\/IMG\/pdf\/soub\/SouB-n34.pdf\" target=\"_blank\"><em>Socialisme ou Barbarie<\/em><\/a>, n\u00b0 34, mars-mai 1963, p. 1-7<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"186\" height=\"300\" data-attachment-id=\"3372\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2018\/03\/03\/lyotard-algerie\/1963-03-soub\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/1963-03-SouB.png?fit=284%2C458&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"284,458\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"1963-03 SouB\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/1963-03-SouB.png?fit=284%2C458&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/1963-03-SouB-186x300.png?resize=186%2C300\" alt=\"\" class=\"wp-image-3372\" style=\"width:205px;height:331px\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/1963-03-SouB.png?resize=186%2C300&amp;ssl=1 186w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/1963-03-SouB.png?w=284&amp;ssl=1 284w\" sizes=\"auto, (max-width: 186px) 100vw, 186px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Les lignes qui suivent n&rsquo;ont pas pour objet de d\u00e9finir une politique r\u00e9volutionnaire en Alg\u00e9rie. La question du sort de ce pays ne se pose plus et ne se pose pas encore de cette mani\u00e8re. <em>Plus<\/em>, parce que l&rsquo;\u00e9lan qui animait les masses au cours de la lutte nationale est maintenant bris\u00e9 : il n&rsquo;y a pas eu de r\u00e9volution. <em>Pas encore<\/em>, parce que les probl\u00e8mes qui assaillent les travailleurs et que la politique de la direction actuelle est incapable de r\u00e9soudre, finiront par amener \u00e0 maturit\u00e9 les conditions d&rsquo;une nouvelle intervention des masses : la r\u00e9volution reste \u00e0 faire.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>La t\u00e2che qui s&rsquo;impose pr\u00e9sentement est celle-ci : reprendre la lecture des \u00e9v\u00e9nements qui ont marqu\u00e9 les premiers mois de l&rsquo;ind\u00e9pendance, d\u00e9brouiller leur sens, chasser les nu\u00e9es de toutes sortes dans lesquelles la question alg\u00e9rienne reste envelopp\u00e9e, aider le noyau r\u00e9volutionnaire \u00e0 voir clairement les possibilit\u00e9s que leur offrira et les limites que leur opposera la crise \u00e0 venir.<\/p>\n\n\n\n<p>Le tableau qu&rsquo;offre l&rsquo;Alg\u00e9rie apr\u00e8s l&rsquo;ind\u00e9pendance est, on le verra, remarquable par un fait : la vie politique est devenue \u00e9trang\u00e8re \u00e0 la population des villes et des campagnes. Cette attitude prend d&rsquo;autant plus de relief que pendant les ann\u00e9es de la lutte de lib\u00e9ration la participation des paysans, des ouvriers, des \u00e9tudiants, des femmes, des jeunes non seulement ne s&rsquo;\u00e9tait jamais d\u00e9mentie, mais s&rsquo;\u00e9tait \u00e9tendue jusqu&rsquo;\u00e0 produire les manifestations de d\u00e9cembre 1960, et approfondie jusqu&rsquo;\u00e0 bouleverser les rapports sociaux traditionnels. L&rsquo;ind\u00e9pendance a cass\u00e9 cette immense effervescence. La politique a reflu\u00e9 dans les appareils ou ce qu&rsquo;il en restait. Pendant que les factions luttaient pour le pouvoir, le fant\u00f4me du ch\u00f4mage et de la famine hantait d\u00e9j\u00e0 le peuple des campagnes et des villes.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais les questions les plus pressantes de la vie quotidienne ne furent pas pos\u00e9es lors des batailles que les cliques se livr\u00e8rent autour du pouvoir. Les dirigeants ignor\u00e8rent les probl\u00e8mes des masses et les masses ne comprirent pas les probl\u00e8mes des dirigeants. Ce fut seulement quand la question du travail et du pain se posa&nbsp; de mani\u00e8re urgente, avec les labours et la fin des cong\u00e9s, que la connexion fut r\u00e9tablie entre les pr\u00e9occupations des uns et des autres. Du m\u00eame coup commen\u00e7a d&rsquo;\u00eatre r\u00e9v\u00e9l\u00e9e, aux yeux des travailleurs comme aux siens propres, l&rsquo;incoh\u00e9rence de la politique suivie par la direction benbelliste. La v\u00e9ritable question alg\u00e9rienne \u00e9mergeait ; mais elle trouvait les masses impr\u00e9par\u00e9es, m\u00e9fiantes. (1)<\/p>\n\n\n\n<p>I. &#8211; L&rsquo;INDEPENDANCE DESENCHANTEE.<\/p>\n\n\n\n<p>On attendait une r\u00e9volution ; on eut un pays en panne. Dans le vide politique qui s&rsquo;\u00e9tablit avec l&rsquo;ind\u00e9pendance, la direction FLN explosait en morceaux. La joie d&rsquo;une guerre finie, l&rsquo;effervescence d&rsquo;une lib\u00e9ration s&rsquo;\u00e9tiol\u00e8rent. Les masses s&rsquo;immobilis\u00e8rent. Quand elles intervinrent, ce fut pour faire comprendre aux dirigeants qu&rsquo;elles avaient assez de leurs disputes.<\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0 la situation de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1962 : le peuple des villes et des campagnes voulait \u00eatre dirig\u00e9. Il n&rsquo;y avait pas de dirigeant, parce qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de direction.<\/p>\n\n\n\n<p><em>L&rsquo;appareil colonial se dissipe.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Ce que depuis plus de sept ans les paysans appelaient d&rsquo;un nom : \u00ab la France \u00bb, avait disparu, sous toutes ses formes visibles. Les fermes europ\u00e9ennes d\u00e9sert\u00e9es, les rideaux baiss\u00e9s sur les boutiques fran\u00e7aises, les patrons partis, les soldats consign\u00e9s, les enseignants en vacances, les casseroles muettes et les bastions OAS abandonn\u00e9s. C&rsquo;\u00e9tait la grande s\u00e9paration, apr\u00e8s cent trente ans de concubinage. Les Fran\u00e7ais qui \u00e9taient encore l\u00e0 ne donnaient pas d&rsquo;ordre ; ils attendaient, parfois collaboraient. Plus de ma\u00eetre \u00e0 ha\u00efr pour ce peuple esclave.<\/p>\n\n\n\n<p>Si la d\u00e9colonisation faisait un tel choc, c&rsquo;est que les deux adversaires qui pendant les derniers mois avaient occup\u00e9 le devant de la sc\u00e8ne l&rsquo;\u00e9vacuaient de conserve. Le gouvernement rapatriait p\u00e8le-m\u00eale soldats du contingent, fonctionnaires suspects ou loyaux, l\u00e9gionnaires et parachutistes. L&rsquo;OAS embarquait ses colonels et ses millions sur des barques de p\u00eache et des avions de tourisme. A peine \u00e9veill\u00e9 du songe raciste, le petit peuple europ\u00e9en faisait des queues de trois jours aux ports et aux a\u00e9rodromes. Paris avait h\u00e2te de soustraire ses unit\u00e9s au climat de la guerre coloniale et d&rsquo;insuffler aux cadres des raisons d&rsquo;\u00eatre moins archa\u00efques que \u00ab casser du bicot \u00bb ou du chef d&rsquo;Etat. Quant aux pieds-noirs, leur pr\u00e9sence avait tellement pris, au moins dans certaines villes, la forme du racket, du meurtre crapuleux, du lock-out, du refus de soigner et de ravitailler, du bouclage des arabes en ghettos, qu&rsquo;ils pouvaient craindre le pire quand leurs victimes deviendraient leurs compatriotes.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n&rsquo;\u00e9tait pas question que l&rsquo;appareil colonial puisse, comme on l&rsquo;avait vu ailleurs, participer \u00e0 la construction du nouveau r\u00e9gime et que la passation des pouvoirs s&rsquo;op\u00e8re sans discontinuit\u00e9. L&rsquo;essai de coop\u00e9ration tent\u00e9 par les fractions les plus conciliantes de la bourgeoisie europ\u00e9enne et de la direction nationaliste en les personnes de Chevallier et de Far\u00e8s, resta sans suite imm\u00e9diate. L&rsquo;Ex\u00e9cutif provisoire fut en quelques jours r\u00e9duit \u00e0 rien : il n&rsquo;avait d\u00fb son peu de pouvoir qu&rsquo;\u00e0 la coop\u00e9ration r\u00e9ticente de quelques fonctionnaires fran\u00e7ais.<\/p>\n\n\n\n<p>A cet \u00e9gard, l&rsquo;ind\u00e9pendance signifiait en apparence l&rsquo;\u00e9chec de la bourgeoisie europ\u00e9enne, la seule qui exist\u00e2t dans le pays. Compl\u00e8tement disqualifi\u00e9e par son incapacit\u00e9 \u00e0 \u00e9tablir un compromis avec les nationalistes, elle se trouvait contrainte \u00e0 pr\u00e9sent d&rsquo;\u00e9vacuer l&rsquo;administration locale, apr\u00e8s l&rsquo;avoir pendant des d\u00e9cades soustraite \u00e0 tout autre influence que la sienne. Elle ne pouvait patronner le nouveau pouvoir. Cependant le sabotage syst\u00e9matique de l&rsquo;ind\u00e9pendance lui laissait des cartes : la destruction des b\u00e2timents publics et de l&rsquo;\u00e9quipement administratif, le retrait des techniciens, la fermeture des entreprises devaient mettre le nouveau r\u00e9gime \u00e0 genoux. S&rsquo;il voulait rendre vie au pays, alors qu&rsquo;il garantisse l&rsquo;ordre et la s\u00e9curit\u00e9 ; autrement dit : que les travailleurs se remettent au travail. La bourgeoisie pied-noir, vaincue en tant que soutien de l&rsquo;OAS, ne l&rsquo;\u00e9tait pas comme ma\u00eetresse de l&rsquo;\u00e9conomie alg\u00e9rienne. Simplement son pass\u00e9 politique un peu charg\u00e9 la contraignait \u00e0 passer la main quelque temps. Elle se mit en cong\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><em>L&rsquo;appareil national se d\u00e9compose.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>On pouvait esp\u00e9rer ou craindre que la coquille que l&rsquo;administration fran\u00e7aise venait d&rsquo;abandonner serait le lendemain occup\u00e9e sans changement par l&rsquo;appareil nationaliste. La vacance du pouvoir montra au contraire que le FLN n&rsquo;avait pu construire pendant la lutte de lib\u00e9ration qu&rsquo;un embryon d&rsquo;Etat, et qu&rsquo;aucune force organis\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle du pays n&rsquo;\u00e9tait en mesure de l&rsquo;administrer au pied lev\u00e9. Ainsi se manifesta de nouveau la crise de l&rsquo;Alg\u00e9rie coloniale : l&rsquo;absence d&rsquo;une classe dirigeante, la pusillanimit\u00e9 politique des leaders nationalistes, la mesquinerie des objectifs offerts aux masses et accept\u00e9s par elles alors m\u00eame que l&rsquo;intensit\u00e9 de leurs actions et leur initiative n&rsquo;avaient cess\u00e9 de cro\u00eetre pendant 7 ans &#8211; tous les traits d&rsquo;un pays \u00e9touff\u00e9 dans son d\u00e9veloppement.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9touff\u00e9 d&rsquo;abord par la r\u00e9pression impitoyable que l&rsquo;organisation politico-administrative et l&rsquo;ALN avaient eu \u00e0 subir pendant des ann\u00e9es. Sur le plan militaire, les unit\u00e9s r\u00e9duites \u00e0 des proportions squelettiques ressemblaient plus \u00e0 des groupes de guerilleros qu&rsquo;\u00e0 des formations r\u00e9guli\u00e8res. Dans les r\u00e9gions abandonn\u00e9es par les troupes fran\u00e7aises, les maquis s&rsquo;\u00e9taient dispers\u00e9s ; dans les autres o\u00f9 au contraire la concentration adverse \u00e9tait d&rsquo;autant plus importante, le combat \u00e9tait devenu trop in\u00e9gal.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant pendant des ann\u00e9es, avec une \u00e9nergie exemplaire les masses n&rsquo;avaient pas cess\u00e9 de susciter en leur sein les militants et les combattants dont la r\u00e9sistance int\u00e9rieure avait besoin. En. 61-62 les maquisards n&rsquo;\u00e9taient peut-\u00eatre pas beaucoup plus nombreux ni mieux \u00e9quip\u00e9s que ceux de 55-56 ; mais entre temps le mouvement avait conquis l&rsquo;Alg\u00e9rie enti\u00e8re, les journ\u00e9es de d\u00e9cembre 1960 avaient fourni la preuve que l&rsquo;action insurrectionnelle de la minorit\u00e9 se muait en mouvement des masses. Aux maquis perdant de leur importance, n&rsquo;affluait plus la jeunesse la plus combative : des t\u00e2ches d&rsquo;organisation l&rsquo;occupaient dans les villes et les villages.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais l&rsquo;\u00e9lan r\u00e9volutionnaire qui s&rsquo;exprimait dans cette mutation ne fut pas accumul\u00e9. D&rsquo;abord la r\u00e9pression s&rsquo;abattit encore plus lourdement. Les campagnes furent balay\u00e9es par les commandos de chasse, les villes pass\u00e9es au peigne fin par la police et l&rsquo;arm\u00e9e. Dans l&rsquo;\u00e9migration en France, qui fournissait au mouvement nombre de ses cadres les plus form\u00e9s, il y eut au cours des ann\u00e9es 60-61 une v\u00e9ritable h\u00e9catombe. Le rythme de renouvellement des responsables s&rsquo;\u00e9leva. Il est difficile de consolider une organisation si les permanents disparaissent au bout de quelques mois. L&rsquo;appareil FLN devint aussi de plus en plus ext\u00e9rieur aux masses alg\u00e9riennes.<\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;autre part la direction nationaliste avait r\u00e9agi \u00e0 l&rsquo;effervescence de la population urbaine \u00e0 la fin de 60, non en lui proposant un programme politique et social et des objectifs interm\u00e9diaires capables de l&rsquo;orienter pratiquement, mais en l&rsquo;invitant \u00e0 se calmer. L&rsquo;accession de Ben Khedda \u00e0 la pr\u00e9sidence du GPRA, en m\u00eame temps qu&rsquo;elle r\u00e9sultait de compromis entre les fractions du CNRA, montrait que le Front comptait plus sur la mod\u00e9ration et le talent diplomatique des chefs que sur l&rsquo;agitation des masses pour arracher l&rsquo;ind\u00e9pendance. La politique reprenait ses droits, la guerilla et les manifestations ne servaient que d&rsquo;arguments d&rsquo;appoint dans la n\u00e9gociation. La crainte d&rsquo;\u00eatre d\u00e9bord\u00e9e devint alors le souci majeur de la direction en exil. L&rsquo;encadrement re\u00e7ut mission d&rsquo;obtenir calme et discipline. Quand les Alg\u00e9riens manifest\u00e8rent en 1961, ce fut enserr\u00e9s dans un service d&rsquo;ordre qui faisait la cha\u00eene. Le seul r\u00f4le d\u00e9volu aux militants fut de contenir, non d&rsquo;expliquer et de former.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec les n\u00e9gociations vinrent la tr\u00eave, le retour des paysans d\u00e9group\u00e9s et exil\u00e9s. Les villages \u00e9taient d\u00e9vast\u00e9s, les terres hors d&rsquo;\u00e9tat, les troupeaux d\u00e9cim\u00e9s. Le probl\u00e8me d&rsquo;avant la guerre, celui du travail, se posait, plus accablant encore, avant que la guerre fut finie : tout manquait sauf les bouches \u00e0 nourrir. Dans. les villes, la situation cr\u00e9\u00e9e par les sabotages des ultras et la complicit\u00e9 des militaires \u00e9tait intenable : les vivres, les m\u00e9dicaments, les moyens de travail restaient sous la garde de l&rsquo;OAS. Tenaill\u00e9e par la faim, accabl\u00e9e par la mis\u00e8re, la population reflua. Elle se laissa convaincre que rien ne pouvait \u00eatre fait, sous peine de tout perdre, avant le d\u00e9part des Fran\u00e7ais. C&rsquo;est \u00e0 peine si des tendances \u00e0 aller plus loin, \u00e0 rouvrir et \u00e0 remettre en route des entreprises abandonn\u00e9es se manifest\u00e8rent ici et l\u00e0 dans les villes ; au nom du respect des accords d&rsquo;Evian, elles furent vite r\u00e9prim\u00e9es. Quant aux paysans, pour la plupart analphab\u00e8tes, sans tradition politique, ils tach\u00e8rent de se remettre au travail sans plus attendre, avec ou sans l&rsquo;aide de l&rsquo;ALN locale. Dans l&rsquo;ensemble la consigne de respecter les biens des Europ\u00e9ens fut appliqu\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant les rapports entre la population et l&rsquo;organisation s&rsquo;\u00e9taient transform\u00e9s. Les combattants, les militants n&rsquo;incarnaient plus la protection et l&rsquo;espoir dont le peuple des villes et des campagnes avait eu besoin pour r\u00e9sister. Ils n&rsquo;\u00e9taient plus d&rsquo;aucun secours en face du probl\u00e8me de la faim et du travail. Dans les grandes villes surtout, les travailleurs et les jeunes avaient conscience qu&rsquo;ils avaient arrach\u00e9 eux-m\u00eames la victoire \u00e0 l&rsquo;imp\u00e9rialisme avec leurs cris, leurs drapeaux et leur masse d\u00e9sarm\u00e9e, bien plus que l&rsquo;ALN avec ses fusils. De surcro\u00eet la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence politique des cellules FLN et des sections de l&rsquo;ALN se pr\u00e9cipitait sous l&rsquo;afflux des r\u00e9sistants de la derni\u00e8re heure et des sans-travail. En quelques semaines ce qui avait incarn\u00e9 l&rsquo;insurrection d&rsquo;un peuple devenait le d\u00e9potoir d&rsquo;une crise. La discipline et l&rsquo;id\u00e9alisme r\u00e9volutionnaire faisaient place \u00e0 la morgue tracassi\u00e8re et au privil\u00e8ge. En m\u00eame temps que leur importance diminuait dans la population, les chefs locaux \u00e9taient l&rsquo;objet de sollicitations contraires \u00e9manant des fractions qui en qu\u00eate du pouvoir glanaient un semblant de repr\u00e9sentativit\u00e9 aupr\u00e8s de la r\u00e9sistance int\u00e9rieure. Ils gagn\u00e8rent par en haut un suppl\u00e9ment de l&rsquo;autorit\u00e9 qui par en bas venait \u00e0 leur manquer. Ce regain qu&rsquo;ils devaient \u00e0 la conjoncture au sommet, acheva de s\u00e9parer les responsables et les civils. En quelques jours l&rsquo;Alg\u00e9rie se couvrait de \u00ab baronnies \u00bb autonomes et concurrentes, qui n&rsquo;\u00e9taient plus que la lettre abandonn\u00e9e par l&rsquo;esprit de la r\u00e9volution.<\/p>\n\n\n\n<p>La base s&rsquo;imagina encore pouvoir en appeler au sommet des abus des cadres interm\u00e9diaires. Mais quand le conflit \u00e9clata \u00e0 la t\u00eate entre Ben Khedda et l&rsquo;Etat-Major de l&rsquo;ALN, il devint clair pour tous que l&rsquo;appareil construit pour lutter contre l&rsquo;oppression fran\u00e7aise n&rsquo;avait ni homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 doctrinale ni unit\u00e9 organique et qu&rsquo;il ne pourrait jouer le r\u00f4le que la population attendait de lui : celui d&rsquo;un guide dans la construction de la soci\u00e9t\u00e9 nouvelle. Sous le terme pudique de \u00ab reconversion de l&rsquo;organisation \u00bb dont on l&rsquo;affublait dans les milieux dirigeants, le probl\u00e8me qui attendait sa solution au sortir de la guerre \u00e9tait celui, non seulement de la forme de l&rsquo;Etat futur, mais de la nature sociale de l&rsquo;Alg\u00e9rie ind\u00e9pendante. Le fait que ce probl\u00e8me ait \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9 en suspens pendant la lutte de lib\u00e9ration motive largement le reflux des masses dans l&rsquo;expectative, la scl\u00e9rose galopante des appareils locaux, enfin la d\u00e9composition de la direction nationaliste elle-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Beaucoup de mots avaient \u00e9t\u00e9 dits ici et l\u00e0 au sujet de la \u00ab r\u00e9volution \u00bb, destin\u00e9s \u00e0 flatter tant\u00f4t les paysans spoli\u00e9s et tant\u00f4t les propri\u00e9taires, tant\u00f4t le capitalisme et tant\u00f4t les travailleurs, tant\u00f4t la tradition islamique et tant\u00f4t la culture moderne &#8211; de sorte que cette r\u00e9volution \u00e9tait bourr\u00e9e d&rsquo;espoirs contraires. Mais cet \u00e9clectisme id\u00e9ologique (2) exprimait fid\u00e8lement l&rsquo;inconsistance sociale du mouvement national. La signification historique d&rsquo;un tel mouvement co\u00efncide en g\u00e9n\u00e9ral avec les int\u00e9r\u00eats de la bourgeoisie locale. En Alg\u00e9rie la colonisation directe avait bloqu\u00e9 le d\u00e9veloppement \u00e9conomique et l&rsquo;expression politique de cette classe, au point qu&rsquo;elle n&rsquo;avait pu ni collaborer avec l&rsquo;administration et la bourgeoisie fran\u00e7aises, ni prendre la t\u00eate de la lutte de lib\u00e9ration en lui indiquant des objectifs conformes \u00e0 ses int\u00e9r\u00eats. Rejet\u00e9e de la voie conciliatrice, elle s&rsquo;\u00e9tait ralli\u00e9e \u00e0 l&rsquo;insurrection. Dans les bureaux de Tunis les sages dirigeants de l&rsquo;UDMA ou les Centralistes du MTLD c\u00f4toy\u00e8rent les pl\u00e9b\u00e9iens imbus de populisme qui venaient de la paysannerie ou de la petite bourgeoisie pauvre, les ouvriers transfuges du PCA, les Ulemas. L&rsquo;ind\u00e9pendance \u00e9tait le plus grand d\u00e9nominateur commun aux classes et aux tendances qui composaient cet amalgame parce que le paysan expropri\u00e9 par les colons et les soci\u00e9t\u00e9s fran\u00e7aises, l&rsquo;ouvrier exploit\u00e9 par un patron fran\u00e7ais, le boutiquier ruin\u00e9 par les entreprises commerciales fran\u00e7aises, l&rsquo;intellectuel brim\u00e9 par l&rsquo;Universit\u00e9 et la culture fran\u00e7aises pouvaient s&rsquo;y retrouver.<\/p>\n\n\n\n<p>Le poids de la colonisation avait comprim\u00e9 la configuration de classe de l&rsquo;Alg\u00e9rie jusqu&rsquo;\u00e0 la rendre m\u00e9connaissable. Le bloc o\u00f9 fusionnaient des classes n\u00e9anmoins antagoniques ne pouvait donner expression \u00e0 leurs int\u00e9r\u00eats respectifs. Il lui \u00e9tait interdit sous peine d&rsquo;\u00e9clater de prendre en consid\u00e9ration les probl\u00e8mes r\u00e9els de l&rsquo;Alg\u00e9rie et d&rsquo;y r\u00e9pondre. L&rsquo;appareil lui-m\u00eame ne put d\u00e9velopper ni sa doctrine ni son organisation ind\u00e9pendamment des classes dont il \u00e9tait compos\u00e9 : les conditions d&rsquo;un d\u00e9veloppement bureaucratique n&rsquo;existaient pas. Le PCA avait \u00e9t\u00e9 trop li\u00e9, par sa composition comme par. ses positions, \u00e0 la pr\u00e9sence fran\u00e7aise pour pouvoir marquer de l&#8217;empreinte stalinienne le mouvement nationaliste. La politique mondiale du Khroutchevisme ne s&rsquo;y pr\u00eatait pas davantage. Enfin m\u00eame si elle n&rsquo;avait pu revendiquer en son nom propre l&rsquo;ind\u00e9pendance du pays \u00e0 cause de son faible d\u00e9veloppement, la bourgeoisie alg\u00e9rienne n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 pour autant \u00e9limin\u00e9e de la sc\u00e8ne apr\u00e8s une exp\u00e9rience malheureuse. Le FLN ne se dressait pas contre un Tchang Ka\u00ef Chek alg\u00e9rien, qui n&rsquo;existait pas. Il affrontait directement l&rsquo;imp\u00e9rialisme. De cette situation r\u00e9sultaient des conditions qui favorisaient les \u00e9l\u00e9ments bourgeois du Front : une victoire militaire \u00e9tait impossible ; un accord de compromis avec Paris \u00e9tait in\u00e9vitable ; la mod\u00e9ration de politiciens comme Far\u00e8s ou Abbas serait de nature \u00e0 rassurer les int\u00e9r\u00eats fran\u00e7ais en Alg\u00e9rie. En somme le compromis entre le nationalisme et l&rsquo;imp\u00e9rialisme pouvait encore donner naissance \u00e0 une authentique bourgeoisie nationale : elle recevrait d&rsquo;une main l&rsquo;h\u00e9ritage patriotique et de l&rsquo;autre les capitaux. Pour des raisons politiques \u00e9videntes, l&rsquo;op\u00e9ration ne pourrait s&rsquo;effectuer ni \u00e0 br\u00e8ve \u00e9ch\u00e9ance ni ouvertement. Il convenait de retarder le moment o\u00f9 seraient pris les engagements irr\u00e9versibles touchant la nature de la soci\u00e9t\u00e9 apr\u00e8s l&rsquo;ind\u00e9pendance. En attendant, l&rsquo;opportunisme s&rsquo;imposait (3).<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi pendant des ann\u00e9es aucun programme plus pr\u00e9cis que celui de la Soummam ne fut \u00e9labor\u00e9, et le compromis d&rsquo;Evian fut discut\u00e9 sans autre principe que l&rsquo;unit\u00e9 nationale et l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 du territoire. Paris obtint toute satisfaction sur le seul point qui f\u00fbt essentiel pour lui : le sort du capital investi en Alg\u00e9rie. (&#8230;)<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">1) Le lecteur aura une meilleure compr\u00e9hension de notre point de vue en se reportant \u00e0 deux articles qui ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s dans les num\u00e9ros 29 et 32 de cette revue : \u00ab Le contenu social de la lutte alg\u00e9rienne \u00bb (1959) et \u00ab En Alg\u00e9rie, une vague nouvelle \u00bb (printemps 61).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">2) Dont on aura une image frappante en lisant <em>La r\u00e9volution alg\u00e9rienne par les textes<\/em>, Paris 1961 (documents pr\u00e9sent\u00e9s par A. Mandouze).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">3) \u00ab On peut dire grossi\u00e8rement qu&rsquo;\u00e0 partir d&rsquo;ao\u00fbt 1956, le FLN a cess\u00e9 d&rsquo;\u00eatre un organisme unitaire, et est devenu une coalition, un \u00ab Front \u00bb pr\u00e9cis\u00e9ment ; les anciens du MTLD et de l&rsquo;UDMA, les Ul\u00e9mas p\u00e9n\u00e8trent alors. dans les organismes dirigeants sans vraiment renoncer \u00e0 leur individualit\u00e9. C&rsquo;est \u00e0 partir de 1956 que le \u00ab Front \u00bb actuel, ce magma, se constitue \u00bb (Interview de M. Boudiaf, <em>Le Monde<\/em>, 2 novembre 1962).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Extrait de Jean-Fran\u00e7ois Lyotard, \u00ab\u00a0L&rsquo;Alg\u00e9rie \u00e9vacu\u00e9e\u00a0\u00bb, Socialisme ou Barbarie, n\u00b0 34, mars-mai 1963, p. 1-7 Les lignes qui suivent n&rsquo;ont pas pour objet de d\u00e9finir une politique r\u00e9volutionnaire en Alg\u00e9rie. 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