{"id":430,"date":"2015-05-09T11:04:39","date_gmt":"2015-05-09T10:04:39","guid":{"rendered":"https:\/\/sinedjib.wordpress.com\/?p=430"},"modified":"2025-07-22T18:23:21","modified_gmt":"2025-07-22T16:23:21","slug":"mahmoud-bouzouzou","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2015\/05\/09\/mahmoud-bouzouzou\/","title":{"rendered":"Mahmoud Bouzouzou : De deux prisons \u00e0 la libert\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Source : Mahmoud Bouzouzou, \u00ab&nbsp;De deux prisons \u00e0 la libert\u00e9&nbsp;\u00bb, in Gabriel Marcel (dir.), <em>Un changement d\u2019esp\u00e9rance. A la rencontre du r\u00e9armement moral<\/em>, Paris, Plon, 1958, p. 67-78.<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"211\" height=\"300\" data-attachment-id=\"3708\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2015\/05\/09\/mahmoud-bouzouzou\/gabriel-marcel-un-changement-desperance\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/Gabriel-Marcel-Un-changement-desp%C3%A9rance.jpg?fit=1053%2C1500&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"1053,1500\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Gabriel Marcel Un changement d&amp;rsquo;esp\u00e9rance\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/Gabriel-Marcel-Un-changement-desp%C3%A9rance.jpg?fit=211%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/Gabriel-Marcel-Un-changement-desp%C3%A9rance.jpg?fit=580%2C826&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/Gabriel-Marcel-Un-changement-desp%C3%A9rance-211x300.jpg?resize=211%2C300\" alt=\"\" class=\"wp-image-3708\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/Gabriel-Marcel-Un-changement-desp%C3%A9rance.jpg?resize=211%2C300&amp;ssl=1 211w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/Gabriel-Marcel-Un-changement-desp%C3%A9rance.jpg?resize=768%2C1094&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/Gabriel-Marcel-Un-changement-desp%C3%A9rance.jpg?resize=719%2C1024&amp;ssl=1 719w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/Gabriel-Marcel-Un-changement-desp%C3%A9rance.jpg?w=1053&amp;ssl=1 1053w\" sizes=\"auto, (max-width: 211px) 100vw, 211px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Je suis n\u00e9 dans une ville de la c\u00f4te alg\u00e9rienne, Bougie, qui fut, \u00e0 une \u00e9poque de l\u2019histoire, la capitale de tout le Maghreb oriental, c\u2019est-\u00e0-dire de toute l\u2019Alg\u00e9rie, et le centre d\u2019un grand rayonnement culturel pour toute l\u2019Afrique du Nord. Ses habitants l\u2019appellent depuis tr\u00e8s longtemps \u00ab&nbsp;la petite Mecque&nbsp;\u00bb, \u00e0 cause du nombre important des saints qui y reposent.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Ce pass\u00e9 splendide chant\u00e9 dans les po\u00e8mes arabes m\u2019emplissait de fiert\u00e9 telle que j\u2019eus \u00e0 c\u0153ur de les apprendre en mon enfance, d\u00e8s que je les d\u00e9couvris dans la biblioth\u00e8que de ma famille.<\/p>\n\n\n\n<p>Mes anc\u00eatres paternels \u00e9taient des magistrats et des imams. La m\u00e9moire de mon arri\u00e8re-grand-p\u00e8re est, de nos jours encore, v\u00e9n\u00e9r\u00e9e. Ma m\u00e8re porte le nom d\u2019Abdelmoum\u00e8ne, l\u2019empereur almohade.<\/p>\n\n\n\n<p>Je dois mes premi\u00e8res notions de langue arabe \u00e0 mon p\u00e8re. Il me confia le moment venu \u00e0 une \u00e9cole coranique o\u00f9 j\u2019appris tout le Coran \u00e0 l\u2019\u00e2ge de onze ans. Puis j\u2019\u00e9tudiai le fran\u00e7ais dans une \u00e9cole publique dont le directeur me destinait \u00e0 l\u2019Ecole Normale d\u2019instituteurs. Cependant, d\u00e9sirant une double culture, j\u2019entrai \u00e0 la M\u00e9dersa o\u00f9, apr\u00e8s six ann\u00e9es d\u2019\u00e9tudes, je re\u00e7us un dipl\u00f4me conf\u00e9rant le choix entre la magistrature et l\u2019enseignement. Mon p\u00e8re me voulait magistrat parce que son p\u00e8re le fut. Mais je choisis l\u2019enseignement par souci de r\u00e9pondre au besoin d\u2019\u00e9ducation du peuple.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque je re\u00e7us ma nomination, j\u2019organisai, en dehors de mes obligations officielles, des cours pour les enfants abandonn\u00e9s. Mais je dus cesser cette action b\u00e9n\u00e9vole au moment o\u00f9 une copie d\u2019un arr\u00eat\u00e9 rectoral, interdisant cet enseignement pendant les heures officielles des cours, me fut adress\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019exer\u00e7ai successivement dans quatre localit\u00e9s et partout, m\u2019int\u00e9ressant \u00e0 toutes les m\u00e9thodes d\u2019\u00e9ducation, j\u2019encourageai ou fondai une \u00e9cole libre, un groupe scout, un cercle culturel et donnai des cours \u00e0 la mosqu\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus tard, je fus mut\u00e9 d\u2019office par l\u2019administration dans un village du Sud alg\u00e9rien, lieu d\u2019exil des hommes politiques. Cette mesure me mit devant un cas de conscience&nbsp;: l\u2019accepter, c\u2019\u00e9tait encourager l\u2019injustice&nbsp;; la refuser, c\u2019\u00e9tait pr\u00e9venir la m\u00eame sanction de quiconque m\u2019imiterait. Je pensai d\u00e9missionner, mais, sous la pression de mes parents et de mes amis, je demandai une mise en disponibilit\u00e9. Je sus quelques ann\u00e9es apr\u00e8s par un juge d\u2019instruction que cette mesure avait \u00e9t\u00e9 motiv\u00e9e par le fait que je n\u2019avais pas fait usage de mon bulletin de vote lors des \u00e9lections.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019important, c\u2019\u00e9tait que cette mesure me fit voir les contradictions de la politique. Je cherchai le rem\u00e8de. Cependant la n\u00e9cessit\u00e9 mat\u00e9rielle m\u2019amena \u00e0 accepter la responsabilit\u00e9 du journal de l\u2019association islamique r\u00e9formiste dont je partageais les id\u00e9es d\u2019\u00e9mancipation. Mais je dus abandonner cette fonction pour me consacrer au scoutisme musulman alg\u00e9rien dont j\u2019\u00e9tais l\u2019aum\u00f4nier g\u00e9n\u00e9ral. L\u2019administration fran\u00e7aise voulut en faire \u00e9liminer tous les \u00e9l\u00e9ments nationalistes. Le refus de l\u2019immense majorit\u00e9 des chefs scouts provoqua une crise. Je fus d\u00e9sign\u00e9 \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9sidence. Le mouvement s\u2019exposa alors \u00e0 l\u2019hostilit\u00e9 de l\u2019administration&nbsp;: refus de subventions, refus d\u2019autorisations de tenir des f\u00eates, de faire des qu\u00eates, expulsions de campeurs scouts par les gendarmes, intimidations et r\u00e9vocations de fonctionnaires scouts\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Ceci me d\u00e9termina finalement \u00e0 entreprendre la lutte politique. Je pensais que nous pourrions organiser notre soci\u00e9t\u00e9, dans tous les domaines, selon le v\u00e9ritable int\u00e9r\u00eat de notre peuple, que si nous \u00e9tions r\u00e9ellement libres. Sortir notre peuple de la condition de colonis\u00e9 pour en faire un peuple libre, telle \u00e9tait la lutte qui s\u2019imposait \u00e0 ma conscience. Ne pouvant le faire avec l\u2019association islamique pr\u00e9cit\u00e9e, qui \u00e9tait apolitique, je lan\u00e7ai, avec l\u2019aide d\u2019un parti nationaliste, un journal ind\u00e9pendant r\u00e9clamant la r\u00e9vision des rapports entre la France et l\u2019Alg\u00e9rie sur la base de la Charte des Nations Unies et de la Charte universelle des droits de l\u2019Homme.<\/p>\n\n\n\n<p>Je fus en butte \u00e0 certaines brimades (entraves \u00e0 la diffusion du journal dans certaines localit\u00e9s, convocation dans les bureaux des Renseignements g\u00e9n\u00e9raux) et lorsque la r\u00e9volte arm\u00e9e \u00e9clata en novembre 1954, je fus arr\u00eat\u00e9 dans la premi\u00e8re semaine par les agents de la DST (D\u00e9fense de la S\u00e9curit\u00e9 Territoriale), lesquels m\u2019inflig\u00e8rent des tortures. Celles-ci consistaient \u00e0 appliquer dans la bouche et le nez de la victime d\u00e9shabill\u00e9e un tuyau d\u2019o\u00f9 jaillissait avec force une eau glac\u00e9e. Apr\u00e8s \u00e9vanouissement, la victime \u00e9tait ranim\u00e9e par des coups \u00e0 la t\u00eate et au dos. Je dus subir cette op\u00e9ration \u00e0 trois reprises. Ensuite, je re\u00e7us aux reins des d\u00e9charges \u00e9lectriques qui me faisaient tomber sans connaissance. L\u2019op\u00e9ration, qui recommen\u00e7ait d\u00e8s que je me ranimais, fut r\u00e9p\u00e9t\u00e9e jusqu\u2019au moment o\u00f9 je ne pus me r\u00e9veiller. Je re\u00e7us ensuite des coups de poing au ventre, au visage, \u00e0 la t\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<p>Je vis la mort. Je priai Dieu. Le tortionnaire dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ne fais pas le mort\u2026 tu es croyant\u2026 Dis \u00e0 ton Dieu de te d\u00e9livrer.&nbsp;\u00bb Il mena\u00e7a de me jeter \u00e0 la mer. Je sus plus tard qu\u2019un jeune intellectuel alg\u00e9rien d\u2019Oran avait connu cette fin tragique en cet endroit, \u00e9v\u00e9nement rapport\u00e9 par un hebdomadaire parisien \u00e0 la fin de 1955. Dieu me d\u00e9livra de ce sort comme Il me d\u00e9livra encore plus tard, dans des circonstances semblables.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s l\u2019interrogatoire, je fus amen\u00e9 devant le juge qui m\u2019apprit que j\u2019\u00e9tais \u00ab&nbsp;coupable d\u2019atteinte \u00e0 la s\u00fbret\u00e9 ext\u00e9rieure de l\u2019Etat&nbsp;\u00bb. Je fus conduit en prison, consid\u00e9r\u00e9 comme d\u00e9tenu de droit commun. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 mis au secret dans une cellule pendant deux semaines, il me fut permis de passer une demi-heure par jour dans une cour sans soleil. Peu \u00e0 peu le nombre des d\u00e9tenus augmentait. Un jour, je rencontrai dans cette cour un jeune homme qui me dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;C\u2019est toi qui m\u2019as amen\u00e9 en prison. \u2013 Mais je ne t\u2019ai jamais rencontr\u00e9 et ne t\u2019ai jamais dit d\u2019attaquer quoi que ce soit. \u2013 C\u2019est en lisant ton journal que le sang bouillonna dans mes veines.&nbsp;\u00bb Ces paroles me firent beaucoup r\u00e9fl\u00e9chir, ainsi que celles du juge d\u2019instruction qui me dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Actuellement, il y a des chefs scouts dans le maquis et c\u2019est vous qui en \u00eates responsable.&nbsp;\u00bb Pourtant ma lutte, aussi bien dans le scoutisme que dans le journalisme, s\u2019inspirait de consid\u00e9rations purement humaines. Je pensais s\u00e9rieusement \u00e0 la fa\u00e7on d\u2019enseigner les grandes v\u00e9rit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s quatre mois de d\u00e9tention, je fus mis en libert\u00e9 provisoire. Lorsque l\u2019un de mes avocats, qui \u00e9tait chr\u00e9tien, me demanda ce que je pensais faire contre mes tortionnaires, je dis&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ce sont des \u00eatres d\u00e9natur\u00e9s qui ont perdu le sens de l\u2019humain et du divin et dont l\u2019\u00e9tat n\u00e9cessite une d\u00e9sintoxication beaucoup plus qu\u2019autre chose.&nbsp;\u00bb Il me r\u00e9pondit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Savez-vous ce que vous venez de faire&nbsp;?&#8230; Vous venez de donner \u00e0 un chr\u00e9tien une le\u00e7on de charit\u00e9 chr\u00e9tienne.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques semaines apr\u00e8s ma lib\u00e9ration, je rencontrai un jeune homme qui me parla d\u2019une d\u00e9couverte&nbsp;: il s\u2019agit d\u2019un voyage qu\u2019il fit en Europe et qui lui permit de d\u00e9couvrir une qualit\u00e9 de vie r\u00e9volutionnaire id\u00e9ale pour ceux qui croient en la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une renaissance morale et spirituelle pour notre monde. Connaissant mes soucis \u00e0 ce sujet, dit-il, il \u00e9tait venu me chercher pour m\u2019en faire part. Cela suscita en moi une grande curiosit\u00e9, qui m\u2019incita \u00e0 visiter Caux en Suisse, en d\u00e9but de septembre 1955. J\u2019y arrivai avec scepticisme et m\u00e9fiance, car, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 enthousiasm\u00e9 par la Charte des Nations Unies et la Charte universelle des droit de l\u2019Homme, j\u2019\u00e9tais d\u00e9courag\u00e9 de voir que non seulement ces Chartes n\u2019\u00e9taient pas appliqu\u00e9es dans mon pays, mais surtout que ceux qui en r\u00e9clamaient l\u2019application s\u2019exposaient \u00e0 l\u2019hostilit\u00e9 des gouvernants.<\/p>\n\n\n\n<p>Arriv\u00e9 \u00e0 Caux, je me trouvai au milieu de gens de toutes nationalit\u00e9s et de toutes confessions. La premi\u00e8re chose qui me frappa, fut de voir des Anglais et des Africains du Sud unis et s\u2019excusant mutuellement de leurs torts \u00e0 l\u2019\u00e9gard des autres. Un \u00e9tudiant africain dit qu\u2019il avait une amertume telle que la disparition des Iles britanniques sous les eaux n\u2019e\u00fbt pas suffi \u00e0 l\u2019assouvir. Un autre avoua qu\u2019il \u00e9tudiait la physique dans le but de connaitre le secret atomique pour faire disparaitre un jour les Iles britanniques. Un m\u00e9nage blanc du Kenya reconnut sa responsabilit\u00e9 dans l\u2019apparition des Mau-Mau&nbsp;; et pourtant ceux-ci avaient sacrifi\u00e9 le p\u00e8re de la femme en offrande \u00e0 leurs dieux, parce qu\u2019ils voyaient en lui le plus sage des blancs. Un jeune homme noir et sa s\u0153ur, dont le p\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 par les Mau-Mau, perdirent leur amertume apr\u00e8s avoir reconnu qu\u2019ils n\u2019avaient pas de r\u00e9ponse \u00e0 la division et \u00e0 la haine. Tous d\u00e9couvrirent le secret du changement qui apporte l\u2019unit\u00e9 et la paix. Ces t\u00e9moignages vivants d\u2019un changement r\u00e9el chez des hommes et des femmes qui se trouvaient dans des circonstances o\u00f9 il est g\u00e9n\u00e9ralement difficile d\u2019\u00eatre attentif \u00e0 la voix de Dieu et aux conseils de la sagesse, me boulevers\u00e8rent. Et je fus convaincu de la possibilit\u00e9 du changement de la nature humaine et de l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019exp\u00e9rience enseign\u00e9e \u00e0 Caux.<\/p>\n\n\n\n<p>Je rencontrai \u00e0 un repas des Fran\u00e7ais auxquels je racontai mon histoire et les \u00e9v\u00e9nements de mon pays. Ils furent profond\u00e9ment touch\u00e9s et ils me firent humblement leurs excuses. Quand je leur dis qu\u2019ils n\u2019\u00e9taient pas responsables de la situation en Alg\u00e9rie, ils affirm\u00e8rent que c\u2019\u00e9tait leur mode de vie qui avait permis \u00e0 leurs compatriotes de cr\u00e9er cette situation. Un d\u00e9put\u00e9 fran\u00e7ais, avec qui j\u2019eus un entretien, \u00e9crivit dans son journal un article relatant mon histoire&nbsp;; il fut reproduit dans <em>Le Monde<\/em> du 23 septembre 1955.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s une dizaine de jours \u00e0 Caux, je rentrai en Alg\u00e9rie avec le regret de n\u2019avoir pas connu cette exp\u00e9rience plus t\u00f4t.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux semaines apr\u00e8s, les gendarmes fran\u00e7ais de la ville o\u00f9 j\u2019habitais virent m\u2019informer que j\u2019\u00e9tais l\u2019objet d\u2019un arr\u00eat\u00e9 d\u2019expulsion avec le motif&nbsp;: \u00ab&nbsp;Pr\u00e9sence de nature \u00e0 entraver l\u2019action des pouvoirs publics.&nbsp;\u00bb Je quittai l\u2019Alg\u00e9rie au d\u00e9but d\u2019octobre 1955 et j\u2019allai \u00e0 Paris dans l\u2019intention de gagner le Caire. Je demandai un passeport&nbsp;; on exigea que je justifie d\u2019une r\u00e9sidence de trois mois \u00e0 Paris. J\u2019y restai pour r\u00e9pondre \u00e0 cette exigence. Quelques jours apr\u00e8s, je rencontrai certains amis de Caux. J\u2019appris qu\u2019un groupe de deux cents personnes de ce centre \u00e9tait en route pour Paris. J\u2019eus la pens\u00e9e de rester jusqu\u2019\u00e0 son arriv\u00e9e. C\u2019est alors que je compris l\u2019importance de Caux \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale, et j\u2019eus l\u2019espoir que cette qualit\u00e9 de vie qui refl\u00e8te les vraies valeurs de la civilisation, devienne une r\u00e9alit\u00e9 partout. C\u2019est seulement dans un monde vivant ainsi que mon pays connaitra la paix et l\u2019unit\u00e9. La conscience de l\u2019interd\u00e9pendance entre mon pays et le monde en cette <em>\u00e8re id\u00e9ologique<\/em> me d\u00e9cida \u00e0 lutter avec ces hommes pour une \u00e8re nouvelle. La seule chose qui me fit h\u00e9siter, ce fut l\u2019amertume que j\u2019avais \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019Occident \u00e0 cause de son colonialisme, contre lequel j\u2019ai toujours lutt\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut lutter pour ce qui est juste, sans amertume. Dans notre cas, j\u2019ai compris que gu\u00e9rir l\u2019amertume c\u2019est r\u00e9soudre la moiti\u00e9 du probl\u00e8me&nbsp;; l\u2019autre moiti\u00e9, qui en est l\u2019origine, r\u00e9side dans l\u2019esprit de domination, lequel est non moins curable. Ayant vu qu\u2019un Occidental lib\u00e9r\u00e9 de l\u2019esprit de domination et un Africain lib\u00e9r\u00e9 de l\u2019amertume peuvent trouver l\u2019unit\u00e9, je d\u00e9couvris que la lutte des uns pour les autres est plus avantageuse que la lutte des uns contre les autres et que changer les ennemis en amis constitue l\u2019action morale la plus \u00e9lev\u00e9e dans les relations humaines.<\/p>\n\n\n\n<p>Les exemples vivants de changements que j\u2019avais vus renforc\u00e8rent ma confiance et ma foi. Les Fran\u00e7ais et les Alg\u00e9riens pourraient, tout comme d\u2019autres, faire cette exp\u00e9rience. De nouvelles relations na\u00eetraient, d\u2019o\u00f9 surgirait une Alg\u00e9rie renouvel\u00e9e. Me trouvant alors \u00e0 Paris dans une salle pleine de gens de toutes conditions, je m\u2019excusai de mon amertume \u00e0 l\u2019\u00e9gard des Fran\u00e7ais et des Occidentaux, et leur tendis une main fraternelle pour qu\u2019ensemble nous luttions dans cet esprit, le seul susceptible d\u2019assurer une paix r\u00e9elle. L\u2019auditoire fut tr\u00e8s \u00e9mu. Des personnalit\u00e9s fran\u00e7aises se lev\u00e8rent pour exprimer leur \u00e9motion et dire leur d\u00e9termination \u00e0 lutter dans cet esprit.<\/p>\n\n\n\n<p>Il \u00e9tait naturel que cet engagement, pris au moment o\u00f9 les passions \u00e9taient d\u00e9cha\u00een\u00e9es dans mon pays, e\u00fbt les r\u00e9percussions que l\u2019on peut deviner. En effet, \u00e0 ce moment-l\u00e0, ma femme et mes quatre enfants \u00e9taient en Alg\u00e9rie. Mon fils a\u00een\u00e9, \u00e2g\u00e9 de onze ans, entretenait la correspondance entre moi et la famille. Des amis leur apportaient un secours mat\u00e9riel. Quand ils apprirent mon engagement, ils retir\u00e8rent leur soutien. La lettre de mon fils qui m\u2019apprit cette nouvelle, traduisait une grande inqui\u00e9tude par la question&nbsp;: \u00ab&nbsp;Qu\u2019allons-nous faire&nbsp;?&nbsp;\u00bb Je r\u00e9pondis&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ne pensez pas \u00e0 l\u2019argent. Pensez \u00e0 Dieu et Il pourvoira.&nbsp;\u00bb Quelques jours apr\u00e8s je re\u00e7us la nouvelle qu\u2019une somme importante leur \u00e9tait offerte par d\u2019anciens \u00e9l\u00e8ves \u00e0 moi qui habitaient une localit\u00e9 voisine et qui s\u2019\u00e9taient cotis\u00e9s spontan\u00e9ment. Plus tard, des perquisitions de l\u2019arm\u00e9e dans le quartier voisin de notre demeure alarm\u00e8rent ma famille. Je d\u00e9cidai de la mener chez mon fr\u00e8re qui r\u00e9side depuis vingt ans au Maroc.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis j\u2019allais aux Etats-Unis pour y participer aux conf\u00e9rences du R\u00e9armement moral auxquelles j\u2019\u00e9tais invit\u00e9. Durant mon s\u00e9jour \u00e0 New-York, en f\u00e9vrier 1957, la question alg\u00e9rienne \u00e9tait venue en discussion \u00e0 l\u2019Organisation des Nations Unies. J\u2019y allai assister aux d\u00e9bats. J\u2019y rencontrai deux d\u00e9l\u00e9gations alg\u00e9riennes, dont chacune d\u00e9niait \u00e0 l\u2019autre le droit de repr\u00e9senter le peuple alg\u00e9rien. Il n\u2019y avait aucun contact entre elles. J\u2019essayai de lutter pour l\u2019unit\u00e9, en vain.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s quatre mois de s\u00e9jour aux Etats-Unis, je rentrai au Maroc. Quelques semaines plus tard, je fus appel\u00e9 une nuit au t\u00e9l\u00e9phone. J\u2019allai \u00e0 la poste mais personne ne r\u00e9pondit \u00e0 l\u2019autre bout du fil. Je revins \u00e0 la maison. Je trouvai notre voisin debout avec une personne \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019une voiture. Je leur serrai la main et soudain je me vis entour\u00e9 de cinq hommes braquant sur moi des revolvers. Ils me li\u00e8rent les mains derri\u00e8re le dos par des menottes et je fus emmen\u00e9 dans la voiture vers une ferme abandonn\u00e9e o\u00f9 je passai la nuit au clair de lune, voyant sautiller les rats et entendant siffler des serpents. Je dus copier sous la menace d\u2019un revolver une lettre \u00e0 mon fr\u00e8re disant que je quittais subitement la maison pour servir ma patrie. C\u2019\u00e9tait la veille du 14 juillet.<\/p>\n\n\n\n<p>Le lendemain, je fus conduit \u00e0 Rabat et enferm\u00e9 dans une cellule. Une personne qui paraissait \u00eatre le chef de la bande et que je connaissais pour un responsable dans l\u2019une des deux grandes organisations nationales, vint me saluer respectueusement et m\u2019apprit que les dirigeants de son organisation voulaient un entretien avec moi. Je protestai contre la fa\u00e7on dont on proc\u00e9da pour cet entretien et rappelai que moi-m\u00eame j\u2019\u00e9tais all\u00e9 \u00e0 leur bureau \u00e0 Rabat pour les voir, sans y trouver, malgr\u00e9 une longue attente, la personne qui m\u2019y fixa rendez-vous par t\u00e9l\u00e9phone, et que je gardais toujours l\u2019intention d\u2019une rencontre, n\u2019ayant pas \u00e0 me dissimuler devant qui que ce soit. \u00ab&nbsp;Nous connaissons ta haute valeur morale, ta lutte magnifique, ton pass\u00e9 sans tache. Ceci garantira que rien de mal ne t\u2019arrivera&nbsp;\u00bb, dit-il. Il me donna un costume, parce que je fus pris en gandoura \u00e0 l\u2019improviste. Le chauffeur se tourna vers moi et dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je suis ton ancien \u00e9l\u00e8ve. Je connais ta grandeur morale. Nous savons appr\u00e9cier les hommes. Nous n\u2019aimons pas l\u2019injustice. Tu seras trait\u00e9 comme un h\u00f4te.&nbsp;\u00bb A Oujda, je fus enferm\u00e9 dans une maison isol\u00e9e. Je recevais chaque jour un morceau de pain et deux sardines de conserve, auxquelles je pr\u00e9f\u00e9rais un verre d\u2019eau dans lequel je trempais le pain sec. Cinq jours apr\u00e8s, le commissaire de leur groupe et dix hommes arm\u00e9s, l\u2019air mena\u00e7ant, vinrent m\u2019interroger sur mes activit\u00e9s, apr\u00e8s m\u2019avoir enlev\u00e9 la chemise et li\u00e9 les mains derri\u00e8re le dos par des menottes. Deux semaines plus tard, le responsable principal pour le Maroc de cette organisation nationale, arm\u00e9 d\u2019une mitraillette et d\u2019une cravache, vint m\u2019interroger \u00e0 son tour. Il m\u2019informa qu\u2019il avait re\u00e7u de son repr\u00e9sentant \u00e0 New-York une lettre all\u00e9guant que j\u2019appartenais \u00e0 l\u2019organisation oppos\u00e9e (alors que j\u2019en \u00e9tais ind\u00e9pendant et le demeure, sans pour autant \u00eatre contre elle ni contre ses adversaires, \u00e9tant convaincu de la possibilit\u00e9 du <em>changement qui apporte l\u2019unit\u00e9 constructive<\/em>). Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 tortur\u00e9 et menac\u00e9 de mort, il me fut demand\u00e9 o\u00f9 j\u2019irais si j\u2019\u00e9tais lib\u00e9r\u00e9. Je r\u00e9pondis&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je continuerais ma lutte pour le R\u00e9armement moral du monde.&nbsp;\u00bb Je regagnai ma cellule avec des traces de cravache sur le corps et des douleurs au ventre et \u00e0 la t\u00eate, provoqu\u00e9es par des coups de poings.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus tard, des Alg\u00e9riens qui \u00e9taient les premiers chefs de l\u2019arm\u00e9e de lib\u00e9ration, furent amen\u00e9s dans cette prison. Apr\u00e8s six mois de d\u00e9tention, l\u2019un d\u2019eux me sugg\u00e9ra de nous \u00e9vader, en rappelant que notre emprisonnement n\u2019\u00e9tait ni juste ni dans l\u2019int\u00e9r\u00eat du peuple et que l\u2019intention de ceux qui nous avaient arr\u00eat\u00e9s \u00e9tait de nous supprimer. Je r\u00e9pondis&nbsp;: \u00ab&nbsp;Dieu sait mieux que nous ce qu\u2019il est juste de faire. Il nous a amen\u00e9s ici pour une raison que nous ignorons. Nous allons Le prier de nous montrer ce qu\u2019il faut faire&nbsp;: s\u2019il est juste de nous \u00e9vader, nous nous \u00e9vaderons&nbsp;; s\u2019il est juste de rester, nous resterons.&nbsp;\u00bb Nous f\u00eemes la pri\u00e8re. La nuit, je vis en r\u00eave que je fuyais avec un ami sur un terrain couvert de gazon vert, poursuivis par un serpent \u00e9norme sans \u00eatre atteints. Le lendemain, je dis \u00e0 mes amis que Dieu nous autorisait \u00e0 partir et que nous serions poursuivis par nos adversaires, mais que nous avions la promesse de la protection divine. Quelques jours apr\u00e8s, nous nous \u00e9vad\u00e2mes en plein jour, apr\u00e8s avoir ligot\u00e9 et d\u00e9sarm\u00e9 les gardiens. La route que nous parcourions traversait des terrains couverts de gazon vert. Nous nous s\u00e9par\u00e2mes \u00e0 Casablanca, apr\u00e8s y avoir rencontr\u00e9 nos adversaires et \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 un sort tragique. Je rentrai chez moi, o\u00f9 je fus re\u00e7u comme un revenant. Quelques jours apr\u00e8s, je d\u00e9cidai de quitter le Maroc.<\/p>\n\n\n\n<p>Durant mon s\u00e9jour \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, je vivais dans une grande inqui\u00e9tude au sujet de mes amis, dont j\u2019\u00e9tais sans nouvelles. Je priais sans cesse pour eux. Plus tard, j\u2019appris qu\u2019ils avaient pu quitter le Maroc un mois apr\u00e8s que je l\u2019eus quitt\u00e9 moi-m\u00eame et qu\u2019ils avaient gagn\u00e9 l\u2019\u00e9tranger. Je vis alors clairement la v\u00e9racit\u00e9 de la promesse divine et je compris mieux la puissance de la pri\u00e8re et de la confiance en Dieu, r\u00e9alisant cette grande v\u00e9rit\u00e9 qui dit que \u00ab&nbsp;les miracles viennent \u00e0 travers l\u2019ob\u00e9issance inconditionnelle \u00e0 Dieu&nbsp;\u00bb. En effet, apr\u00e8s notre \u00e9vasion, nous appr\u00eemes qu\u2019il \u00e9tait question de nous ex\u00e9cuter deux jours plus tard. Cinq semaines apr\u00e8s, des coups de feu furent tir\u00e9s \u00e0 bout portant sur mes amis, mais Dieu les prot\u00e9gea. Comment expliquer cela autrement que comme un miracle&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>(\u2026) La pri\u00e8re fut aussi d\u2019un grand secours moral pour nous. Des prisonniers \u00e9taient emmen\u00e9s de leur cellule la nuit&nbsp;; le lendemain, nous ne retrouvions plus que leurs v\u00eatements. Nous \u00e9tions alors en proie \u00e0 de fortes \u00e9motions, pensant que notre tour allait venir la nuit suivante. Je ne peux d\u00e9crire ma douleur lorsque j\u2019appris, par un prisonnier, la mort sous les tortures au Maroc, d\u2019un avocat \u00e9minent d\u2019Oran, un patriote sinc\u00e8re. Je pensais aussi que je pouvais subir le m\u00eame sort. (\u2026) Pr\u00f4ner les principes d\u2019\u00e9mancipation et les bafouer syst\u00e9matiquement, condamner la torture et l\u2019assassinat et les perp\u00e9trer froidement nous ont conduit \u00e0 une situation alarmante.<\/p>\n\n\n\n<p>(&#8230;) Comment apporter la vraie libert\u00e9 \u00e0 l\u2019Alg\u00e9rie&nbsp;? Les esclaves de l\u2019esprit de domination, d\u2019exploitation, de sup\u00e9riorit\u00e9, ne peuvent pas la lui donner. Les esclaves des ambitions, des craintes et des ranc\u0153urs ne peuvent pas la lui donner. Seuls des hommes r\u00e9ellement libres, avec un c\u0153ur pur et des mains propres, pourront apporter cette vraie libert\u00e9 \u00e0 leur pays et au monde. C\u2019est pour cette libert\u00e9 que j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de lutter.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Source : Mahmoud Bouzouzou, \u00ab&nbsp;De deux prisons \u00e0 la libert\u00e9&nbsp;\u00bb, in Gabriel Marcel (dir.), Un changement d\u2019esp\u00e9rance. A la rencontre du r\u00e9armement moral, Paris, Plon, 1958, p. 67-78. Je suis n\u00e9 dans une ville de la c\u00f4te alg\u00e9rienne, Bougie, qui fut, \u00e0 une \u00e9poque de l\u2019histoire, la capitale de tout le Maghreb oriental, c\u2019est-\u00e0-dire de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[38,112,457,472,478,723,838,999],"class_list":["post-430","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-livres","tag-38","tag-algerie","tag-france","tag-front-de-liberation-nationale","tag-gabriel-marcel","tag-mahmoud-bouzouzou","tag-mouvement-national-algerien","tag-rearmement-moral"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9lTYU-6W","jetpack_likes_enabled":true,"jetpack-related-posts":[{"id":28543,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2026\/04\/06\/abdelaziz-menouer-ben-lekhal-symbole-de-la-lutte-contre-limperialisme\/","url_meta":{"origin":430,"position":0},"title":"Abdelaziz Menouer : Ben Lekhal. 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