{"id":4335,"date":"2018-09-22T13:44:00","date_gmt":"2018-09-22T11:44:00","guid":{"rendered":"http:\/\/sinedjib.com\/?p=4335"},"modified":"2026-03-29T17:39:45","modified_gmt":"2026-03-29T15:39:45","slug":"commandos","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2018\/09\/22\/commandos\/","title":{"rendered":"Claude Devilliers : Alg\u00e9rie. Vingt ans apr\u00e8s l&rsquo;ind\u00e9pendance"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Article de Claude Devilliers paru dans <em><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/association-radar.org\/IMG\/pdf\/16-040-00138.pdf\" target=\"_blank\">Inprecor<\/a><\/em>, n\u00b0 138, 6 d\u00e9cembre 1982, p. 27-31<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"424\" height=\"630\" data-attachment-id=\"4336\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2018\/09\/22\/commandos\/inprecor-6-decembre-1982\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/Inprecor-6-d%C3%A9cembre-1982.png?fit=424%2C630&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"424,630\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Inprecor 6 d\u00e9cembre 1982\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/Inprecor-6-d%C3%A9cembre-1982.png?fit=202%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/Inprecor-6-d%C3%A9cembre-1982.png?fit=424%2C630&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/Inprecor-6-d%C3%A9cembre-1982.png?resize=424%2C630&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-4336\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/Inprecor-6-d%C3%A9cembre-1982.png?w=424&amp;ssl=1 424w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/Inprecor-6-d%C3%A9cembre-1982.png?resize=202%2C300&amp;ssl=1 202w\" sizes=\"auto, (max-width: 424px) 100vw, 424px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-drop-cap has-large-font-size\">Museler le mouvement de masse et avancer prudemment vers une \u00ab\u00a0lib\u00e9ralisation \u00e9conomique\u00a0\u00bb sont les deux piliers de la politique de Chadli Benjedid<\/p>\n\n\n\n<p><strong>IL y a vingt-huit ans, le 1er novembre 1954, les premi\u00e8res actions du Front de lib\u00e9ration nationale (FLN) marquaient le d\u00e9but du soul\u00e8vement arm\u00e9 alg\u00e9rien contre le colonialisme fran\u00e7ais. Au terme d&rsquo;une longue guerre de lib\u00e9ration, le 3 juillet 1962, l&rsquo;Alg\u00e9rie arrachait son Ind\u00e9pendance. Le peuple alg\u00e9rien avait pay\u00e9 cette victoire au prix fort : un million de morts, 400 000 d\u00e9tenus, 300 000 r\u00e9fugi\u00e9s, et plus de 3 millions de personnes d\u00e9plac\u00e9es. Toute la population alg\u00e9rienne avait \u00e9t\u00e9 touch\u00e9e et brass\u00e9e par la tourmente. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p><strong>Vingt ans apr\u00e8s l&rsquo;Ind\u00e9pendance, la population alg\u00e9rienne a pratiquement doubl\u00e9. Elle est pass\u00e9e de 10 millions \u00e0 pr\u00e8s de 20 millions d&rsquo;habitants, dont 57 % ont moins de vingt ans. La croissance d\u00e9mographique se poursuit, avec le taux important de 3,2 % par an, qui annonce un nouveau doublement de la population au d\u00e9but du si\u00e8cle prochain. La population urbaine repr\u00e9sente d\u00e9sormais 45 % du total, contre 30 % en 1962. Le nombre de salari\u00e9s est pass\u00e9 de 1,7 million en 1966 \u00e0 3,4 millions en 1982 ; l&#8217;emploi salari\u00e9 agricole de 700 000 \u00e0 2 millions, et le nombre d&#8217;emplois industriels de 100 000 \u00e0 750 000.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>En vingt ans, l&rsquo;esp\u00e9rance moyenne de vie s&rsquo;est accrue de dix ans : de 47 \u00e0 57 ans. Les Alg\u00e9riens mangent qualitativement mieux en 1979 qu&rsquo;en 1967. Le nombre de jeunes scolaris\u00e9s est pass\u00e9 de 400 000 au moment de l&rsquo;Ind\u00e9pendance \u00e0 5 millions, et le nombre d&rsquo;\u00e9tudiants alg\u00e9riens de 2 000 \u00e0 pr\u00e8s de 100 000. Alors qu&rsquo;il y avait un m\u00e9decin pour 10 000 habitants en 1966, il y en a aujourd&rsquo;hui un pour 2 500 habitants, mais l&rsquo;infrastructure hospitali\u00e8re a stagn\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>Ce processus de d\u00e9veloppement, apr\u00e8s plus d&rsquo;un si\u00e8cle d&rsquo;oppression coloniale, n&rsquo;est pas all\u00e9 sans difficult\u00e9s. La r\u00e9sistance arm\u00e9e du FLN avait \u00e9t\u00e9 affaiblie par le rouleau compresseur du Plan Challe appliqu\u00e9 \u00e0 partir de f\u00e9vrier 1959, et consistant en des op\u00e9rations militaires a\u00e9roport\u00e9es men\u00e9es d&rsquo;Est en Ouest, depuis la \u00ab ligne Morice \u00bb le long de la fronti\u00e8re avec la Tunisie jusqu&rsquo;au barrage \u00e9lectrifi\u00e9 situ\u00e9 le long de la fronti\u00e8re marocaine. Les accords d&rsquo;Evian, sign\u00e9s le 18 mars 1962 sur la base de ce rapport de forces militaire, pr\u00e9voyaient l&rsquo;installation d&rsquo;un Etat n\u00e9ocolonial (1).<\/p>\n\n\n\n<p>Mais la mobilisation des masses alg\u00e9riennes allait ouvrir, en 1962 et 1963, une dynamique de r\u00e9volution permanente. Elle s&rsquo;engouffrait dans le vide laiss\u00e9 par l&rsquo;effondrement des structures coloniales et le d\u00e9part pr\u00e9cipit\u00e9 des Europ\u00e9ens. La bourgeoisie alg\u00e9rienne, rachitique, \u00e9touff\u00e9e par la colonisation de peuplement, n&rsquo;avait pas la force d&rsquo;occuper cet espace.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s 1963, le pr\u00e9sident Ahmed Ben Bella portait un coup d\u2019arr\u00eat \u00e0 cette dynamique, en mettant au pas le Congr\u00e8s de l&rsquo;organisation syndicale, l&rsquo;Union g\u00e9n\u00e9rale des travailleurs alg\u00e9riens (UGTA), fond\u00e9e en 1956 en pleine guerre, et qui pr\u00e9tendait affirmer son autonomie par rapport au r\u00e9gime. D\u00e8s lors, le r\u00e9gime de Ben Bella ne constituait plus qu&rsquo;une formule politique de transition, produit d&rsquo;un compromis temporaire entre le mouvement de masse et la bureaucratie en formation dans le cadre de l&rsquo;appareil d&rsquo;Etat.<\/p>\n\n\n\n<p>Le coup d&rsquo;Etat dirig\u00e9 par le colonel Houari Boumedienne, le 19 juin 1965, d\u00e9nouait au profit de la bureaucratie et de la bourgeoisie priv\u00e9e cette situation d&rsquo;\u00e9quilibre instable. Leur victoire allait se traduire aussit\u00f4t par une caporalisation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e du mouvement de masse, et par l&rsquo;adoption significative, d\u00e8s 1966, d&rsquo;un Code des investissements accordant des facilit\u00e9s au secteur priv\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Nos camarades du Groupe communiste r\u00e9volutionnaire (GCR) alg\u00e9rien ont expos\u00e9 avec lucidit\u00e9 la logique de ce r\u00e9gime : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab <em>Cette forme inhabituelle d\u2019organisation \u00e9conomique de la soci\u00e9t\u00e9 bourgeoise, le capitalisme d&rsquo;Etat, ne modifie en rien la nature de classe de cette soci\u00e9t\u00e9. Les principales sources d&rsquo;accumulation du capital et les secteurs clefs de l&rsquo;\u00e9conomie sont certes \u00e9tatis\u00e9s, mais le syst\u00e8me reste fondamentalement r\u00e9gi par les lois du mode de production capitaliste, et l&rsquo;Etat n&rsquo;en est pas moins l&rsquo;instrument de l&rsquo;exploitation du travail salari\u00e9 par le capital. Elle repr\u00e9sente pourtant l&rsquo;unique possibilit\u00e9 pour le bloc petit-bourgeois hybride, dominant politiquement, de profiter de sa mainmise sur l&rsquo;Etat bourgeois pour s&rsquo;approprier le r\u00f4le d\u00e9terminant dans la r\u00e9partition du surproduit social.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab C&rsquo;est en ce sens que, le bonapartisme en \u00e9tant l&rsquo;expression politique, le capitalisme d&rsquo;Etat est l&rsquo;expression \u00e9conomique de la substitution de ce bloc social \u00e0 une bourgeoisie structurellement tr\u00e8s faible. V\u00e9hicule id\u00e9al pour l&rsquo;ascension capitaliste et l&rsquo;affirmation face \u00e0 l\u2019imp\u00e9rialisme mondial des couches petites-bourgeoises regroup\u00e9es autour de l&rsquo;arm\u00e9e des fronti\u00e8res, le capitalisme d&rsquo;Etat offre par ailleurs des avantages incontestables sur toute autre forme d&rsquo;organisation capitaliste dans un pays arri\u00e9r\u00e9.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab L&rsquo;appropriation d&rsquo;une part importante des rentes p\u00e9troli\u00e8re et fonci\u00e8re, la nationalisation des secteurs clefs de l\u2019\u00e9conomie, et le contr\u00f4le des investissements permettent \u00e0 l&rsquo;Etat bourgeois de r\u00e9aliser une accumulation intensive et acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e de capital industriel. Le monopole du commerce ext\u00e9rieur, m\u00eame relatif, en amenant l&rsquo;Etat bourgeois \u00e0 traiter lui<\/em>&#8211;<em>m\u00eame avec les firmes multinationales, en fait un interlocuteur de poids non n\u00e9gligeable, qui peut se permettre de s\u2019affronter ponctuellement \u00e0 l&rsquo;imp\u00e9rialisme, non pas pour remettre en question sa domination sans partage sur le march\u00e9 mondial, mais pour n\u00e9gocier la red\u00e9finition des termes de l&rsquo;\u00e9change in\u00e9gal. <\/em>(2) \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Le bilan et l&rsquo;h\u00e9ritage du r\u00e9gime Bou\u00admedienne<em> <\/em>v\u00e9rifient largement ce jugement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>LE BILAN ET L&rsquo;H\u00c9RITAGE DU R\u00c9GIME BOUMEDIENNE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La politique \u00e9conomique de Boume\u00addienne a \u00e9t\u00e9 rythm\u00e9e par un plan triennal (1967-1969) et deux plans quadrien\u00adnaux (1970-1973 et 1979-1977). Pendant dix ans, il s&rsquo;est agi de \u00ab <em>semer du p\u00e9trole pour r\u00e9colter des usines \u00bb. <\/em>La priorit\u00e9 absolue a \u00e9t\u00e9 accord\u00e9e \u00e0 l&rsquo;industrie lourde et \u00e0 la mise en place de complexes orient\u00e9s vers les biens de production (p\u00e9trochimie, sid\u00e9rurgie, machine-outil). Cette politique dite des <em>\u00ab\u00a0industries industria\u00adlisantes\u00a0\u00bb, <\/em>financ\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 la rente p\u00e9troli\u00e8re, \u00e9tait cens\u00e9e consolider l\u2019ind\u00e9pendance \u00e9conomique du pays et entra\u00eener, dans un deuxi\u00e8me temps, l&rsquo;essor d&rsquo;industries de consommation.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet effort volontariste (illustr\u00e9 par la naissance de grands complexes sid\u00e9rurgiques \u00e0 Annaba, de liqu\u00e9faction du gaz \u00e0 Arzew, ou de raffinage \u00e0 Skikda) s\u2019appuyait sur une politique offensive de nationalisations : nationalisation des assurances et des biens vacants en 1966, de la distribution p\u00e9troli\u00e8re \u00e0 l&rsquo;occasion de la Guerre des Six Jours en 1967, des soci\u00e9t\u00e9s p\u00e9troli\u00e8res fran\u00e7aises et des gisements de gaz en 1971, du secteur bancaire en 1972, du commerce ext\u00e9rieur de gros en 1973. Au moment de la mort de Bou\u00admedienne, le 27 d\u00e9cembre 1978, 73% de la valeur ajout\u00e9e industrielle \u00e9tait r\u00e9alis\u00e9e dans le secteur public, contre 43% seulement en 1967. En 1978, le monopole du commerce ext\u00e9rieur \u00e9tait \u00e9galement institu\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Au milieu de cette d\u00e9cennie plac\u00e9e sous le signe de la \u00ab r\u00e9volution industrielle \u00bb, le discours officiel du r\u00e9gime commen\u00e7ait \u00e0 l&rsquo;associer \u00e0 deux autres \u00ab r\u00e9volutions \u00bb : agraire et culturelle. D\u00e9cr\u00e9t\u00e9e par ordonnance le 16 novembre 1971, la \u00ab r\u00e9volution agraire \u00bb a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue comme une op\u00e9ration administrative \u00e0 froid, devant \u00e9viter l&rsquo;explosion des conflits de classe \u00e0 la campagne. Elle pr\u00e9tendait \u00e9liminer les rapports d&rsquo;exploitation \u00e0 la campagne en supprimant les formes de faire valoir indirectes, en expropriant les propri\u00e9taires non exploitants ou les propri\u00e9taires exploitants non r\u00e9sidents sur l&rsquo;exploitation, en limitant la taille des exploitations, en attribuant des lots \u00e0 cultiver aux paysans sans terre, et en encadrant la distribution dans un syst\u00e8me coop\u00e9ratif \u00e9tatis\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais cette volont\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e s&rsquo;est heurt\u00e9e aux pesanteurs, quand ce n&rsquo;est au sabotage, d&rsquo;une administration bureaucratique souvent de connivence avec les propri\u00e9taires vis\u00e9s. Ces grands propri\u00e9taires ont contourn\u00e9 de mille fa\u00e7ons les mesures de nationalisation et de limitation des surfaces (recours \u00e0 des pr\u00eate-noms, etc.). L&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 des textes et la complicit\u00e9 de l&rsquo;administration locale ont facilit\u00e9 une interpr\u00e9tation des ordonnances dans un sens plus conforme aux int\u00e9r\u00eats des poss\u00e9dants. Ainsi, les recours ont permis la d\u00e9nationalisation et la r\u00e9cup\u00e9ration de pr\u00e8s du quart des terres des grands propri\u00e9taires, \u00e0 tel point que le quotidien national <em>El Moudjahid <\/em>qualifia ces commissions de recours, de v\u00e9ritables syndicats des propri\u00e9taires fonciers&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;autre part, l&rsquo;imposition bureaucratique de la r\u00e9volution agraire a priv\u00e9 Boumedienne du soutien de la paysannerie pauvre. En responsabilisant l\u2019administration locale, il voulait \u00e9viter la mobilisation des paysans. L&rsquo;appel au volontariat \u00e9tudiant pour l&rsquo;application de cette \u00ab r\u00e9volution \u00bb ne compensait pas la passivit\u00e9 des paysans m\u00e9fiants, soumis \u00e0 des pressions, sceptiques quant aux m\u00e9canismes de commercialisation. Nombre de b\u00e9n\u00e9ficiaires de la r\u00e9volution agraire se sont d\u00e9sist\u00e9s et nombre de paysans attributaires, loin d&rsquo;\u00eatre des militants de cette \u00ab r\u00e9volution \u00bb octroy\u00e9e, \u00e9taient en fait d\u00e9j\u00e0 sur le chemin de l&rsquo;exode rural. <\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, l&rsquo;Union nationale des paysans alg\u00e9riens (UNPA) qui devait, \u00e0 l&rsquo;origine, organiser la masse des paysans sans terre nouveaux attributaires et des petits paysans, s&rsquo;est vite trouv\u00e9e investie par les secteurs de la bourgeoisie agraire et transform\u00e9e en courroie de transmission de leur influence politique. <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"580\" height=\"404\" data-attachment-id=\"9487\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2018\/09\/22\/commandos\/alger-octobre-1979\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Alger-octobre-1979.png?fit=689%2C480&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"689,480\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Alger-octobre-1979\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Alger-octobre-1979.png?fit=300%2C209&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Alger-octobre-1979.png?fit=580%2C404&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Alger-octobre-1979.png?resize=580%2C404&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-9487\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Alger-octobre-1979.png?w=689&amp;ssl=1 689w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Alger-octobre-1979.png?resize=300%2C209&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 580px) 100vw, 580px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Alger, octobre 1979. (DR)<\/em><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Dans ces conditions, la r\u00e9volution agraire \u00e9tait incapable de servir de tremplin \u00e0 la mobilisation des paysans pauvres, ou d&rsquo;\u00e9largir le march\u00e9 int\u00e9rieur, malgr\u00e9 l&rsquo;alignement du salaire minimum agricole sur le salaire minimum interprofessionnel garanti, malgr\u00e9 la r\u00e9duction des imp\u00f4ts et l&rsquo;am\u00e9lioration des prestations sociales (toujours gr\u00e2ce \u00e0 la redistribution de la manne p\u00e9troli\u00e8re plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 une am\u00e9lioration de l&rsquo;agriculture). Le volontarisme \u00e9tatique ne pouvait, \u00e0 lui seul, offrir une issue au d\u00e9veloppement du march\u00e9 int\u00e9rieur. Il contribuait plut\u00f4t \u00e0 \u00ab <em>\u00e9tablir le contr\u00f4le de l&rsquo;Etat bourgeois sur la rente fonci\u00e8re dans le but de l&rsquo;orienter, en fonction de son choix strat\u00e9gique, dans le processus d&rsquo;accumulation acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e du capital national <\/em>(3) \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Sous le drapeau de la \u00ab r\u00e9volution culturelle \u00bb, enfin, allaient intervenir des mesures touchant aussi bien \u00e0 la gratuit\u00e9 de la sant\u00e9, qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9ducation, ou \u00e0 la campagne pour l&rsquo;arabisation. Mais le r\u00e9gime Boumedienne devait surtout mettre l\u2019accent sur la \u00ab <em>gestion socialiste des entreprises \u00bb, <\/em>institu\u00e9e par l&rsquo;ordonnance du 16 novembre 1971 pour toutes les entreprises y <em>dont le patrimoine est constitu\u00e9 int\u00e9gralement par les biens publics \u00bb. <\/em>Il pr\u00e9tendait ainsi faire des travailleurs des <em>\u00ab producteurs gestionnaires \u00bb.<\/em> <\/p>\n\n\n\n<p>La base de ce syst\u00e8me de gestion est constitu\u00e9 par l&rsquo;Assembl\u00e9e des travailleurs, \u00e9lue pour trois ans par l&rsquo;ensemble des travailleurs parmi les travailleurs syndiqu\u00e9s propos\u00e9s par une commission \u00e9lectorale tripartite (le parti FLN, le syndicat UGTA et l&rsquo;administration). Cette assembl\u00e9e dispose en th\u00e9orie de tous les \u00ab <em>pouvoirs de contr\u00f4le sur la gestion de l&rsquo;entreprise ou de l&rsquo;unit\u00e9, et sur l&rsquo;ex\u00e9cution<\/em> <em>des programmes. \u00bb <\/em>Elle doit d\u00e9cider de l&rsquo;affectation des r\u00e9sultats financiers de l&rsquo;entreprise et de la r\u00e9partition des b\u00e9n\u00e9fices \u00e9ventuels.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais le pouvoir d\u00e9cisif est d\u00e9tenu par le conseil de direction compos\u00e9 d&rsquo;un ou deux membres de l&rsquo;Assembl\u00e9e des travailleurs, \u00e9lus par elle, mais plac\u00e9s sous la pr\u00e9sidence d&rsquo;un directeur g\u00e9n\u00e9ral nomm\u00e9 et r\u00e9voqu\u00e9 par l&rsquo;autorit\u00e9 de tutelle. Ce directeur g\u00e9n\u00e9ral \u00ab <em>agit sous l&rsquo;autorit\u00e9 de tutelle <\/em>\u00bb, est \u00ab <em>responsable du fonctionnement g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;entreprise \u00bb et \u00ab\u00a0exerce l&rsquo;autorit\u00e9 hi\u00e9rarchique sur le personnel\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Au regard des moyens mobilis\u00e9s et des ambitions affich\u00e9es, le bilan est \u00e9conomiquement co\u00fbteux et porteur de nouvelles contradictions sociales.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Non seulement l&rsquo;industrialisation a capt\u00e9 l&rsquo;essentiel des investissements des trois plans \u00e9conomiques successifs, mais elle a encore consomm\u00e9 trois fois plus que pr\u00e9vu. Les hydrocarbures, qui ont \u00e9t\u00e9 les principaux b\u00e9n\u00e9ficiaires de l\u2019investissement industriel, se sont d\u00e9velopp\u00e9s plus vite que les industries de base qui devaient fournir les \u00e9quipements industriels. Cette politique d&rsquo;exploitation maximale du p\u00e9trole, avec priorit\u00e9 au raffinage et au gaz naturel liqu\u00e9fi\u00e9, a empi\u00e9t\u00e9 sur les autres secteurs, y compris l&rsquo;industrie lourde, de sorte que le remplacement escompt\u00e9 des importations est devenu impossible. En 1977, \u00e0 la fin du deuxi\u00e8me plan quadriennal, sur 100 produits industriels jug\u00e9s n\u00e9cessaires, 76 \u00e9taient toujours import\u00e9s. <\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Le bilan n&rsquo;est gu\u00e8re plus reluisant concernant le commerce ext\u00e9rieur. Les signes de la d\u00e9pendance, y compris sous des formes classiques, reviennent \u00e0 la surface, apr\u00e8s une courte \u00e9clipse. La tr\u00e8s faible diversification des exportations n&rsquo;est pas d\u00e9pass\u00e9e : hydrocarbures et mati\u00e8res premi\u00e8res (fer, phosphates et&#8230; vin) constituent 92,3% des exportations, alors que la part des produits industriels finis est quasi nulle. Quant aux d\u00e9bouch\u00e9s, la diversification demeure limit\u00e9e : 91% des exportations vont aux pays de l\u2019Organisation pour la coop\u00e9ration et le d\u00e9veloppement \u00e9conomique (OCDE), les Etats-Unis, la France et l&rsquo;Allemagne f\u00e9d\u00e9rale drainant \u00e0 eux seuls 73% des exportations mini\u00e8res. Du c\u00f4t\u00e9 des importations, en revanche, la satisfaction des besoins alimentaires d\u00e9pend pour 70% des livraisons am\u00e9ricaines&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 L&rsquo;ampleur de l&rsquo;endettement donne une id\u00e9e de la d\u00e9pendance technologique et financi\u00e8re. L&rsquo;OCDE \u00e9value \u00e0 35% de la valeur des exportations le montant du service de la dette pour 1981. Le gros de la dette (25 milliards de dollars) consiste en cr\u00e9dits des firmes imp\u00e9rialistes plut\u00f4t qu&rsquo;en aide des institutions mon\u00e9taires internationales. La conjoncture de baisse des prix du p\u00e9trole, le renouvellement de l&rsquo;\u00e9quipement industriel arrivant \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance et le recours massif \u00e0 l&rsquo;importation de biens de consommation, accentuent cette tendance. Si l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 est \u00e0 l&rsquo;ordre du jour, les incoh\u00e9rences de la politique \u00e9conomique perp\u00e9tuent la gabegie, comme l&rsquo;illustre l&rsquo;op\u00e9ration d\u00e9magogique de construction \u00e0 Alger d&rsquo;un \u00ab\u00a0monument des martyrs\u00a0\u00bb qui a exig\u00e9 un emprunt suppl\u00e9mentaire de 100 millions de dollars canadiens.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Sur le plan social, l\u2019industrialisation n&rsquo;a pas r\u00e9pondu aux objectifs de plein emploi vis\u00e9s sous Boumedienne. La population active a tripl\u00e9 en dix ans, et 140 000 personnes acc\u00e8dent chaque ann\u00e9e au march\u00e9 du travail. Le ch\u00f4mage des jeunes est estim\u00e9 \u00e0 plus d&rsquo;un million, alors que le pouvoir s&rsquo;efforce de comprimer les effectifs des entreprises pour augmenter leur productivit\u00e9. Malgr\u00e9 les concessions salariales accord\u00e9es, souvent sous la pression des luttes entre 1977 et 1980, le pouvoir d&rsquo;achat s&rsquo;est d\u00e9t\u00e9rior\u00e9. La crise du logement et des transports urbains atteint un point critique. Le nombre total de logements est pass\u00e9 de 1,8 million en 1966 \u00e0 2,2 millions en 1977, soit une croissance de 18%, alors que la population augmentait de 40%. La part du logement pr\u00e9caire a augment\u00e9, avec l&rsquo;apparition, pendant cette p\u00e9riode, de 150 000 logements de type bidonville en milieu urbain. Les plans de construction n&rsquo;envisagent que pour l&rsquo;an 2 030&#8230; le retour \u00e0 la situation de 1966 ! Et ces plans, avec la livraison de 25 000 logements en 1979 et 30 000 \u00e0 40 000 en 1980, prennent chroniquement du retard. Cette crise du logement et du transport agit en retour sur l&rsquo;absent\u00e9isme et la productivit\u00e9 du travail en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n\n\n\n<p>Le projet capitaliste d&rsquo;Etat mis en oeuvre sous Boumedienne a donc globalement failli. Il \u00e9tait port\u00e9 par la bureaucratie d&rsquo;Etat, qui a initi\u00e9 une accumulation capitaliste, en prenant en main l&rsquo;appareil d&rsquo;Etat, et \u00e0 travers lui la rente p\u00e9troli\u00e8re et fonci\u00e8re. Une nouvelle bourgeoisie a commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9merger, \u00e0 la campagne, dans le secteur priv\u00e9 nourri des subsides de l&rsquo;Etat, et dans les flancs m\u00eame de l&rsquo;appareil d&rsquo;Etat.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><tbody><tr><td><strong>Des commandos r\u00e9actionnaires assassinent un jeune syndicaliste \u00e9tudiant<\/strong><br><br>Un jeune \u00e9tudiant en langues de l&rsquo;Universit\u00e9 d&rsquo;Alger, \u00e2g\u00e9 de vingt ans, Amzal, vient d&rsquo;\u00eatre tu\u00e9, le 1er novembre dernier, lors des affrontements qui ont eu lieu \u00e0 la Cit\u00e9 universitaire \u00ab\u00a0Taleb-Abderhamane\u00a0\u00bb de la capitale. Ses obs\u00e8ques, suivies par 7 000 personnes, ont pris la signification d&rsquo;un acte politique.<br><br>Malgr\u00e9 la vague de r\u00e9pression et les arrestations qui avaient frapp\u00e9 le mouvement \u00e9tudiant alg\u00e9rien en mai 1981, le r\u00e9gime n&rsquo;a pas r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9craser le mouvement \u00e9tudiant qui avait manifest\u00e9 son dynamisme lors des grandes gr\u00e8ves d&rsquo;avril 1980 dans les universit\u00e9s d&rsquo;Alger et de Tizi Ouzou (Kabylie). Il est cependant parvenu \u00e0 l&rsquo;affaiblir, tout en tol\u00e9rant ou en favorisant le d\u00e9veloppement parall\u00e8le de courants d&rsquo;extr\u00eame-droite d&rsquo;inspiration religieuse (Fr\u00e8res musulmans) ou nationalistes arabes (les \u00e9tudiants militants du FLN, dits \u00ab\u00a0Baathistes\u00a0\u00bb). Ces courants, qui jugent le pouvoir gouvernemental trop \u00ab\u00a0\u00e0 gauche\u00a0\u00bb, se veulent le fer de lance, \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9, de la lutte contre les revendications d\u00e9mocratiques des \u00e9tudiants. A plusieurs reprises ces derni\u00e8res ann\u00e9es, ils se sont illustr\u00e9s par leurs agressions et leurs actions de terreur, afin d&rsquo;\u00e9touffer le mouvement d\u00e9mocratique et de briser les luttes syndicales \u00e9tudiantes.<br><br>En 1980, Fr\u00e8res musulmans et \u00ab\u00a0Baathistes\u00a0\u00bb s&rsquo;\u00e9taient empar\u00e9s du comit\u00e9 de la Cit\u00e9 universitaire \u00ab\u00a0Taleb-Abderhamane\u00a0\u00bb (4 000 \u00e9tudiants). Ils voulaient en finir avec les revendications syndicales contre les conditions d\u00e9plorables d&rsquo;h\u00e9bergement et de restauration. Les assembl\u00e9es \u00e9tudiantes furent interdites et la seule musique tol\u00e9r\u00e9e se r\u00e9duisait \u00e0 la diffusion des versets du Coran par les hauts-parleurs de la mosqu\u00e9e.<br><br>A la rentr\u00e9e de 1982-1983, les r\u00e9sidents s&rsquo;organisaient dans les pavillons pour r\u00e9agir en imposant l&rsquo;\u00e9lection de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s repr\u00e9sentatifs. Le lundi 1er novembre au soir, les commandos de droite, arm\u00e9s, attaquaient les militants syndicalistes les plus actifs. Le jeune Amzal \u00e9tait tu\u00e9. On comptait de nombreux bless\u00e9s, dont certains gravement. Le pouvoir en profitait pour faire boucler la Cit\u00e9 universitaire par la police, arr\u00eater 150 \u00e9tudiants, faire fouiller les pavillons, interdire l&rsquo;affichage et les r\u00e9unions.<br><br>D\u00e8s le lendemain pourtant, les \u00e9tudiants des Instituts de langues et de sciences \u00e9conomiques se mettaient en gr\u00e8ve et un millier d&rsquo;\u00e9tudiants se rassemblait, malgr\u00e9 les intimidations, \u00e0 la Facult\u00e9 centrale d&rsquo;Alger, pour protester contre cette nouvelle agression de groupes d&rsquo;extr\u00eame-droite jouissant de la complaisance du r\u00e9gime. Les Fr\u00e8res musulmans comme les \u00ab\u00a0Baathistes\u00a0\u00bb b\u00e9n\u00e9ficient en effet de structures l\u00e9gales &#8211; respectivement les mosqu\u00e9es universitaires et les cellules \u00e9tudiantes du FLN &#8211; , alors que toute forme d&rsquo;organisation ind\u00e9pendante est interdite au mouvement \u00e9tudiant progressiste. Depuis mai 1981, les collectifs d\u00e9mocratiques sont d\u00e9clar\u00e9s hors-la-loi et les universit\u00e9s plac\u00e9es sous le contr\u00f4le de la police.<br><br>En fait, l&rsquo;entreprise de mise au pas &#8211; officielle et parall\u00e8le &#8211; contre le mouvement \u00e9tudiant s&rsquo;inscrit dans une politique d&rsquo;ensemble du r\u00e9gime visant \u00e0 briser le mouvement de masse.<\/td><\/tr><\/tbody><tfoot><tr><td><strong>INPRECOR<\/strong><\/td><\/tr><\/tfoot><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>La convergence entre la bourgeoisie traditionnelle faible et cette couche bourgeoise en formation \u00e0 l&rsquo;ombre de la protection \u00e9tatique se traduit par une pression en faveur d&rsquo;une lib\u00e9ralisation \u00e9conomique et politique qu&rsquo;on a pu qualifier, par analogie, de \u00ab\u00a0sadatisation\u00a0\u00bb. <\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s 1978, avant m\u00eame la mort de Boumedienne, les marxistes r\u00e9volutionnaires du GCR alg\u00e9rien avaient clairement per\u00e7u cette dynamique : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab\u00a0<em>L&rsquo;assimilation de cette caste bureaucratique bourgeoise, couche sociale en pleine mutation, \u00e0 une \u00ab\u00a0bourgeoisie d&rsquo;Etat ou bourgeoisie bureaucratique\u00a0\u00bb, en lui reconnaissant implicitement la stabilit\u00e9 d&rsquo;une classe bourgeoise constitu\u00e9e, ne saisit pas son instabilit\u00e9 constante, li\u00e9e directement au caract\u00e8re \u00e9minemment transitoire du syst\u00e8me dont elle est porteuse. M\u00eame si elle a r\u00e9ussi \u00e0 affirmer son h\u00e9g\u00e9monie politique et \u00e9conomique sur la soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9rienne, ce qui suppose une claire<\/em> <em>conscience de ses int\u00e9r\u00eats et surtout un r\u00e9gime politique relativement stable qui l&rsquo;unifie et unifie autour d&rsquo;elle l&rsquo;ensemble des classes dominantes, cette bureaucratie bourgeoise n&rsquo;en reste pas moins en pleine mutation sociale, son ascension ne s&rsquo;achevant qu&rsquo;avec le d\u00e9passement du capitalisme d&rsquo;Etat lui-m\u00eame et le retour \u00e0 des formes d&rsquo;organisation capitaliste plus classique. La mise en oeuvre d&rsquo;un tel processus, de plus en plus important ces derni\u00e8res ann\u00e9es au sein de la couche dominante, nous rapproche \u00e0 grands pas de ce moment de remise en question pratique du capitalisme d&rsquo;Etat. L&rsquo;accumulation de capitaux par chaque bureaucrate bourgeois finit par l&rsquo;amener \u00e0 investir dans le secteur priv\u00e9 (en son nom propre ou en association avec quelqu&rsquo;un d&rsquo;ext\u00e9rieur \u00e0 l&rsquo;appareil d&rsquo;Etat, ou sous une couverture quelconque) et favorise ainsi l\u2019\u00e9mergence, des flancs m\u00eames du capitalisme d&rsquo;Etat, de nouvelles couches bourgeoises,<\/em> <em>dans l&rsquo;industrie, le commerce ou l\u2019immobilier. <\/em>(4) \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>LE R\u00c9GIME CHADLI BENJEDID SUR LA VOIE \u00c9TROITE DE \u00ab L&rsquo;INFITAH \u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les pressions en faveur d&rsquo;une \u00ab ouverture \u00bb <em>(Infitah) <\/em>\u00e9conomique et institutionnelle ont commenc\u00e9 \u00e0 s&rsquo;exprimer explicitement au milieu des ann\u00e9es 1970. La publication d&rsquo;un appel, le 9 mars 1976, sign\u00e9 par plusieurs personnalit\u00e9s comme Ferhat Abbas, Youssef Ben Khedda (tous deux anciens pr\u00e9sidents du Gouvernement provisoire de la R\u00e9publique alg\u00e9rienne, GPRA), Kheireddine et Hocine Lahouel, en avan\u00e7ant la revendication d&rsquo;une Assembl\u00e9e constituante souveraine, manifeste les aspirations de la bourgeoisie \u00e0 un nouveau partage du pouvoir.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est Boumedienne en personne qui, dans son discours du 1er mai 1975, mena la contre-attaque en opposant \u00e0 la \u00ab <em>d\u00e9\u00admocratie parlementaire bourgeoise \u00bb <\/em>la <em>\u00ab d\u00e9mocratie r\u00e9volutionnaire des ouvriers, paysans, djounouds <\/em>(combattants) <em>et intellectuels r\u00e9volutionnaires \u00bb. <\/em>L&rsquo;adoption par r\u00e9f\u00e9rendum, le 27 juin 1976, d&rsquo;une Charte nationale, radicale dans sa forme, \u00e0 98,5 % des voix, fait partie de cette contre-offensive. Boumedienne d\u00e9finit lui-m\u00eame la Charte comme une <em>garantie de la continuit\u00e9 de la r\u00e9volution \u00bb. <\/em>Il entend ainsi consolider le rapport de forces en faveur de la fraction populiste de la bureaucratie d&rsquo;Etat, et marquer un coup d&rsquo;arr\u00eat aux pressions de la bourgeoisie traditionnelle. Mais il doit n\u00e9anmoins reculer en acceptant la d\u00e9finition de l&rsquo;Etat comme islamique et surtout en renon\u00e7ant \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e, avanc\u00e9e en 1974, d&rsquo;un \u00ab <em>Parti socialiste d&rsquo;avant-garde constitu\u00e9 uniquement de cadres socialistes regroup\u00e9s autour d&rsquo;un programme bien d\u00e9fini et d&rsquo;une ligne politique unifi\u00e9e \u00bb. <\/em>C&rsquo;est le FLN, avec l&rsquo;ensemble de ses composantes, qui est d\u00e9fini par la Charte comme parti d\u2019avant-garde. \u00c9chouant dans sa tentative tardive de mobiliser un courant populiste au sein du FLN, Boumedienne trouvera dans les militants du Parti de l&rsquo;avant-garde socialiste (PAGS, le PC alg\u00e9rien), les supporters les plus z\u00e9l\u00e9s de sa politique dans les derniers mois avant sa mort.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Bonaparte est mort en d\u00e9cembre 1978.<\/p>\n\n\n\n<p>La lutte pour la succession s&rsquo;ouvre entre Yahiaoui, dirigeant du FLN, repr\u00e9sentant de la bureaucratie populiste d&rsquo;Etat, et Abdelaziz Bouteflika, ex-ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res, qui incarne les aspirations de la bourgeoisie montante.<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9but de la crise politique remonte \u00e0 1974. La bourgeoisie avait alors \u00e9lev\u00e9 le ton en profitant du fait que le mouvement de masse \u00e9tait \u00e0 son niveau le plus bas. D\u00e8s 1975 et 1976, cependant, les d\u00e9sillusions commen\u00e7aient \u00e0 s&rsquo;exprimer et les probl\u00e8mes sociaux \u00e0 se manifester. Avec les d\u00e9bats autour du projet de Charte nationale en 1976 et surtout avec la vague de gr\u00e8ves en 1977, la mobilisation prenait corps. Boumedienne essayait alors d&rsquo;en appeler au mouvement de masse contre la bourgeoisie. Une nouvelle page de la lutte de classe s&rsquo;ouvrait.<\/p>\n\n\n\n<p>En d\u00e9barrassant aussi bien la bourgeoisie que le mouvement populaire du frein que repr\u00e9sentait le Bonaparte, la mort de Boumedienne a acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 cette crise. Pour \u00e9viter un affrontement public susceptible de provoquer une intervention des masses, les diff\u00e9rentes fractions de la bourgeoisie et de la bureaucratie d&rsquo;Etat optent pour un compromis autour de la figure du colonel Chadli Benjedid. Ce consensus s&rsquo;accompagne d&rsquo;un nouveau partage de pouvoir \u00e0 travers l&rsquo;instauration d&rsquo;un syst\u00e8me de coll\u00e9gialit\u00e9 qui repr\u00e9sente toutes les cliques au sein du Bureau politique (BP) du FLN en 1979.<\/p>\n\n\n\n<p>Si la bourgeoisie n&rsquo;a pas remport\u00e9 une victoire d\u00e9cisive, comme c&rsquo;e\u00fbt \u00e9t\u00e9 le cas avec l&rsquo;accession de Bouteflika au pouvoir, le centre de gravit\u00e9 du r\u00e9gime s&rsquo;est n\u00e9anmoins d\u00e9plac\u00e9 \u00e0 son avantage.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, l&rsquo;arriv\u00e9e de Chadli Benje\u00addid au pouvoir, le 7 f\u00e9vrier 1979, n&rsquo;a pas inaugur\u00e9 un processus de \u00ab\u00a0sadatisation\u00a0\u00bb rapide, mais plut\u00f4t un processus <em>d&rsquo; \u00ab\u00a0Infitah rampante\u00a0\u00bb. <\/em>Il y a \u00e0<em> <\/em>cela deux raisons fondamentales : la faiblesse de la bourgeoisie en tant que classe et la force potentielle du mouvement de masse.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, la classe ouvri\u00e8re n&rsquo;est pas hostile par principe \u00e0 l&rsquo;\u00ab ouverture \u00bb \u00e9conomique. Le nouveau r\u00e9gime est assez habile pour faire miroiter une am\u00e9lioration de la consommation, des conditions de logement et de transports. Il s&rsquo;efforce ainsi d&rsquo;exploiter la lassitude, notamment de la population urbaine, qui ressent ces fl\u00e9aux comme le prix du volontarisme industriel de Boumedienne. Si la modification des priorit\u00e9s \u00e9conomiques est donc plut\u00f4t favorablement accueillie, en revanche, toute tentative pour restaurer les crit\u00e8res de rentabilit\u00e9 des entreprises se heurte directement aux acquis des travailleurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Or, depuis les gr\u00e8ves de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1977, la classe ouvri\u00e8re a commenc\u00e9 \u00e0 reprendre confiance en ses forces. Mis \u00e0 part un tassement en 1978, le nombre de gr\u00e8ves est en progr\u00e8s constant tout au long de la d\u00e9cennie (voir Tableau).<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"356\" height=\"324\" data-attachment-id=\"9486\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2018\/09\/22\/commandos\/tableau\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/tableau.png?fit=356%2C324&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"356,324\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"tableau\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/tableau.png?fit=300%2C273&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/tableau.png?fit=356%2C324&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/tableau.png?resize=356%2C324&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-9486\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/tableau.png?w=356&amp;ssl=1 356w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/tableau.png?resize=300%2C273&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 356px) 100vw, 356px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>En outre, ces gr\u00e8ves n&rsquo;ont pas la m\u00eame signification selon qu&rsquo;elles se d\u00e9roulent dans le secteur priv\u00e9 ou dans le secteur public. Celles du secteur d&rsquo;Etat ont in\u00e9vitablement une port\u00e9e directement politique, par rapport aux priorit\u00e9s du Plan et aux options \u00e9conomiques du r\u00e9gime, et d&rsquo;abord par le fait m\u00eame qu&rsquo;elles d\u00e9fient l&rsquo;interdiction du droit de gr\u00e8ve dans ce secteur. Or les gr\u00e8ves dans le secteur d&rsquo;Etat, qui ne repr\u00e9sentaient en 1969 que 2,7% de l&rsquo;ensemble des gr\u00e8ves, en repr\u00e9sentaient 15,7% en 1972, 36% en 1977, et m\u00eame plus de 45% en 1980 ! Dans les deux secteurs, les revendications portent principalement sur les salaires (et sur la participation aux b\u00e9n\u00e9fices dans le secteur d&rsquo;Etat), mais aussi sur les licenciements individuels et collectifs et sur les libert\u00e9s syndicales.<\/p>\n\n\n\n<p>Parall\u00e8lement, on assiste en 1979 et 1980 \u00e0 une r\u00e9activation des mouvements de la jeunesse, \u00e9tudiant et lyc\u00e9en. Le mouvement culturel kabyle, publiquement absent depuis 1963, agit au printemps 1980 comme le catalyseur direct des contradictions. Au-del\u00e0 des revendications culturelles et linguistiques, il cristallise des revendications sociales convergentes, avec la formation en Kabylie d&rsquo;un comit\u00e9 populaire ouvrier-\u00e9tudiant.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin et surtout, cette remont\u00e9e du mouvement de masse s&rsquo;exprime au niveau syndical par un renouveau de l&rsquo;UGTA, jusqu&rsquo;\u00e0 voir la direction syndicale menacer le Congr\u00e8s du FLN et intervenir directement sur tous les d\u00e9bats importants au sein du FLN : question agraire, sant\u00e9, etc. Sans sortir du cadre de la collaboration de classe, la d\u00e9mocratisation et l&rsquo;autonomisation relatives du syndicat indiquent une modification de ses rapports \u00e0 la bourgeoisie et \u00e0 la classe ouvri\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9gime a pris pr\u00e9texte des \u00e9v\u00e9nements de Kabylie d&rsquo;avril 1980 pour mettre fin \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience de la coll\u00e9gialit\u00e9 : le Comit\u00e9 central (CC) dissout alors le BP et remet les pleins pouvoirs \u00e0 Chadli Benje\u00addid, ravivant les traits bonapartistes du r\u00e9gime. Mais le danger principal \u00e0 ses yeux, c&rsquo;\u00e9tait le processus en cours dans l&rsquo;UGTA et la possibilit\u00e9 de voir se r\u00e9p\u00e9ter un ph\u00e9nom\u00e8ne analogue \u00e0 celui de l&rsquo;UGTT tunisienne (5).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour faire face \u00e0 cette mont\u00e9e du mouvement de masse, la bourgeoisie n&rsquo;\u00e9tait pas assez forte pour passer par dessus les institutions bonapartistes du r\u00e9gime. La p\u00e9riode 1970-1980 a bien vu un essor du capital priv\u00e9. Ce dernier a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 aussi bien de subventions \u00e9tatiques concernant les investissements, que de la cr\u00e9ation d&rsquo;un march\u00e9 int\u00e9rieur par la distribution d&rsquo;une part de la rente p\u00e9troli\u00e8re sous forme de salaire. Le monopole du commerce ext\u00e9rieur lui a, de plus, assur\u00e9 un march\u00e9 prot\u00e9g\u00e9 et un quasi-monopole pour l&rsquo;offre de certains biens de consommation.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant cette p\u00e9riode, le nombre d&rsquo;entreprises employant plus de 5 salari\u00e9s est pass\u00e9 de 1 945 \u00e0 pr\u00e8s de 5 000 et les micro-entreprises de moins de 5 salari\u00e9s ont prolif\u00e9r\u00e9. La cr\u00e9ation d&rsquo;entreprises s&rsquo;est encore acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e entre 1978 et 1980. S&rsquo;il s&rsquo;agit souvent d&rsquo;entreprises situ\u00e9es en aval du secteur public ou dans une situation de sous-traitance par rapport \u00e0 lui, et si le nombre de salari\u00e9s estim\u00e9 du secteur priv\u00e9 reste modeste (environ 150 000), il n&rsquo;en demeure pas moins que ce secteur b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;un transfert du secteur public. Ainsi, dans le commerce ou le b\u00e2timent, alors que le secteur public est fortement d\u00e9ficitaire, le secteur priv\u00e9 r\u00e9alise des profits substantiels.<\/p>\n\n\n\n<p>Le chiffre d&rsquo;affaires par salari\u00e9 est nettement plus important dans le priv\u00e9 que dans le public : plus du double dans le textile, le cuir et la chaussure, plus de 42% pour les industries chimiques. Les effectifs nombreux, la faible productivit\u00e9, la prise en charge des infrastructures p\u00e8sent largement sur le secteur public.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 ces avantages, la bourgeoisie priv\u00e9e n&rsquo;a pas pris le relais, dans le secteur de l&rsquo;industrie des biens de consommation, de l&rsquo;industrie des biens de production cr\u00e9\u00e9e par le secteur d&rsquo;Etat. Le manque de confiance dans l&rsquo;avenir et le manque de traditions industrielles ont fait qu&rsquo;elle s&rsquo;est cantonn\u00e9e dans des op\u00e9rations \u00e0 court terme, souvent sp\u00e9culatives. De sorte que, si elle s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e, elle reste trop faible pour affronter seule le mouvement de masse. Elle a le plus grand mal \u00e0 trouver une base sociale lui permettant une modification radicale des rapports de forces sociaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ces conditions, la recentralisa\u00adtion des pouvoirs dans les mains de Chadli Benjedid et le recours aux institutions pour mettre au pas le mouvement de masse, constituaient la solution du moindre mal, f\u00fbt-ce au prix d&rsquo;un recul par rapport aux rythmes souhait\u00e9s de l<em>&lsquo;Infitah <\/em>et \u00e0 la timide tentative de coll\u00e9gialit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>REPRISE EN MAIN ET PLAN QUINQUENNAL<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s le printemps 1980, la r\u00e9pression contre le mouvement kabyle (manifestations de Tizi Ouzou en avril) et contre le mouvement \u00e9tudiant d&rsquo;Alger a sonn\u00e9 l&rsquo;heure de la normalisation. Le Congr\u00e8s extraordinaire du FLN de juin 1980 syst\u00e9matise cette contre-attaque. Elle prend la forme du recours \u00e0 l&rsquo;article 120 des statuts du FLN, en vertu duquel les dirigeants des organisations de masse (syndicat, jeunesse, organisation des femmes) doivent tous \u00eatre membres du parti.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;ancien projet de d\u00e9mant\u00e8lement des f\u00e9d\u00e9rations syndicales, qui n&rsquo;avait pu passer au Ve Congr\u00e8s de l&rsquo;UGTA, reviendra d\u00e8s lors sur le tapis, \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;un VIe Congr\u00e8s pr\u00e9fabriqu\u00e9 qui sera celui d&rsquo;une nouvelle caporalisation. Les positions tenues par le courant li\u00e9 au PAGS, comme certaines f\u00e9d\u00e9rations ou l&rsquo;Union territoriale d&rsquo;Alger-Centre (UTAC), sont les premi\u00e8res vis\u00e9es. D\u00e9sarm\u00e9s par leur ligne de soutien forcen\u00e9 au FLN, les staliniens font le dos rond, et cherchent des compromis au sommet au lieu d&rsquo;organiser la mobilisation en d\u00e9fense de l&rsquo;UGTA. C&rsquo;est ce qui facilite l&rsquo;entreprise de la bureaucratie du r\u00e9gime et aboutit \u00e0 la mascarade du VIe Congr\u00e8s de l&rsquo;UGTA.<\/p>\n\n\n\n<p>En m\u00eame temps, le Congr\u00e8s extraor\u00addinaire du FLN de juin 1980 a resserr\u00e9 la discipline dans ses rangs, en imposant aux militants de \u00ab <em>pr\u00e9server en toutes circons\u00adtances les secrets du parti \u00bb <\/em>(art. 23, alin\u00e9a II des nouveaux statuts). En vertu de quoi, \u00ab <em>tout d\u00e9missionnaire est tenu de restituer \u00e0 l&rsquo;organe dont il rel\u00e8ve tous les documents et les biens en sa possession et demeure pendant cinq ans soumis aux dispositions de l&rsquo;alin\u00e9a II de l&rsquo;article 23) \u00bb. <\/em>Ces dispositions sont \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence destin\u00e9es \u00e0 dissuader toute vell\u00e9it\u00e9 d\u2019opposition ou m\u00eame de critique au sein du parti.<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9gime ne s&rsquo;est pas content\u00e9 d&rsquo;une remise au pas de l&rsquo;appareil syndical. Parall\u00e8lement, en 1981, il a entrepris d&rsquo;infliger des d\u00e9faites \u00e0 certains secteurs ou entreprises dont la combativit\u00e9 pouvait servir d&rsquo;exemple, en recourant \u00e0 l&rsquo;intimidation, \u00e0 la r\u00e9pression brutale (6), ou encore, comme \u00e0 la Sonacom-Rouiba, \u00e0 l\u2019arrestation des travailleurs pendant le transport, au lock-out et \u00e0 la r\u00e9embauche individuelle. La r\u00e9p\u00e9tition de telles d\u00e9faites aurait un effet d\u00e9moralisateur profond.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le plan \u00e9conomique, l&rsquo;adoption du Plan quinquennal 1980-1984 marque une r\u00e9orientation importante. La p\u00e9riode 1980-1990 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e \u00ab <em>d\u00e9cennie sociale \u00bb. <\/em>Le pr\u00e9ambule du rapport g\u00e9n\u00e9ral du Plan quinquennal fixe comme priorit\u00e9 \u00ab <em>la mise en place de dispositifs devant se traduire, au niveau social, par l&rsquo;adaptation et l&rsquo;articulation des actions de d\u00e9veloppement autour des besoins sociaux prioritaires. \u00bb <\/em>La pr\u00e9sentation d\u00e9magogique tend \u00e0 affirmer la priorit\u00e9 \u00e0 la consommation pour justifier la lib\u00e9ration des m\u00e9canismes de march\u00e9 et l&rsquo;ouverture au march\u00e9 mondial, au d\u00e9triment des contraintes fix\u00e9es par le capitalisme d&rsquo;Etat.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Pr\u00e9sident Chadli Benjedid engage ainsi une inversion des priorit\u00e9s \u00e9conomiques par rapport \u00e0 l&rsquo;\u00e8re Boumedienne. D\u00e8s 1979-1981, il y a d\u00e9j\u00e0 eu une modification radicale de la structure des importations. Malgr\u00e9 de bonnes r\u00e9coltes, les importations alimentaires ont \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9es par deux, sans pour autant mettre fin \u00e0 une p\u00e9nurie illustr\u00e9e par les queues interminables dans les supermarch\u00e9s (les pommes de terre se vendaient pour l\u2019\u00e9quivalent de 12 francs fran\u00e7ais le kilo en octobre 1982).<\/p>\n\n\n\n<p>La priorit\u00e9 du Plan actuel ne va plus \u00e0 l&rsquo;\u00e9nergie, mais \u00e0 la consommation, au logement, aux transports. C&rsquo;est ce qu\u2019exprime clairement la structure des investissements pr\u00e9vus. Aucun nouveau projet n&rsquo;est envisag\u00e9 concernant l&rsquo;industrie lourde. L&rsquo;investissement dans ce secteur, s&rsquo;il reste important, est consacr\u00e9 principalement au renouvellement de l\u2019\u00e9quipement existant (38% du Plan), qui n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 rentabilis\u00e9. Pour le reste, le plus gros revient \u00e0 l&rsquo;agriculture et \u00e0 l&rsquo;habitat, c&rsquo;est-\u00e0-dire aux questions sur lesquelles le danger d&rsquo;explosion sociale est le plus fort. L&rsquo;ambition de construire une \u00e9conomie moderne, fortement industrialis\u00e9e, capable d&rsquo;asseoir les fondations d&rsquo;une bourgeoisie qui se respecte et taille sa part dans le march\u00e9 mondial, est pratiquement abandonn\u00e9e. En dilapidant la rente p\u00e9troli\u00e8re pour parer au plus press\u00e9, l&rsquo;Alg\u00e9rie s&rsquo;enfonce dans la voie classique du <em>\u00ab <\/em>d\u00e9veloppement du sous-d\u00e9veloppement \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>De petits pas sont faits, en cons\u00e9quence, dans le sens d&rsquo;un d\u00e9mant\u00e8lement de la planification et d&rsquo;une remise en cause du monopole du commerce ext\u00e9rieur (par exemple, autorisation d&rsquo;importation postale de pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es). C&rsquo;est dans ce cadre que s&rsquo;inscrivent les mesures de \u00ab d\u00e9centralisation \u00bb administrative et \u00e9conomique mises en oeuvre.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image is-resized\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"382\" height=\"512\" data-attachment-id=\"9488\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2018\/09\/22\/commandos\/skikda\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Skikda.png?fit=382%2C512&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"382,512\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Skikda\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Skikda.png?fit=224%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Skikda.png?fit=382%2C512&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Skikda.png?resize=382%2C512&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-9488\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Skikda.png?w=382&amp;ssl=1 382w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Skikda.png?resize=224%2C300&amp;ssl=1 224w\" sizes=\"auto, (max-width: 382px) 100vw, 382px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le terminal de Skikda d&rsquo;o\u00f9 partent les m\u00e9thaniers vers l&rsquo;Europe. (DR)<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Ainsi, le secteur d&rsquo;Etat \u00e9clate en une centaine de soci\u00e9t\u00e9s nationales. La Soci\u00e9t\u00e9 nationale des hydrocarbures (SONA\u00adTRACH), qui regroupait \u00e0 elle seule 85 000 salari\u00e9s, est subdivis\u00e9e en douze soci\u00e9t\u00e9s. Cette restructuration, op\u00e9r\u00e9e pour des raisons de gestion, affaiblit la r\u00e9sistance du secteur d&rsquo;Etat, facilite la multiplication des liens avec le priv\u00e9, la passation d&rsquo;accords et la g\u00e9n\u00e9ralisation des m\u00e9canismes du march\u00e9. En m\u00eame temps, le commerce ext\u00e9rieur voit un accroissement des importations de semi-produits ou de pi\u00e8ces n\u00e9cessaires au montage (comme les tubes de t\u00e9l\u00e9viseurs). <\/p>\n\n\n\n<p>Cette tendance s&rsquo;accompagne d&rsquo;un effort pour restaurer la productivit\u00e9 du travail. Le Statut g\u00e9n\u00e9ral du travailleur (SGT) adopt\u00e9 par l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale populaire (APN) en 1978 interdit le droit de gr\u00e8ve dans le secteur public. Le gouvernement a purement et simplement d\u00e9cid\u00e9 de ne pas tenir compte du vote par l&rsquo;APN de la semaine de 40 heures. De nouvelles offensives sont \u00e0 pr\u00e9voir concernant les modalit\u00e9s de licenciement dans le secteur public ou la gratuit\u00e9 de la m\u00e9decine. Les r\u00e9solutions du Comit\u00e9 central du FLN, de d\u00e9cembre 1980, renvoient en apparence dos \u00e0 dos les partisans du secteur public et ceux du lib\u00e9ralisme en mati\u00e8re de sant\u00e9. Mais la gauche est \u00e9vinc\u00e9e de la direction de l&rsquo;Union des m\u00e9decins et musel\u00e9e dans le Syndicat des travailleurs de la sant\u00e9&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>La question agraire est \u00e9galement dans le collimateur du \u00ab cours nouveau \u00bb. La production agricole n&rsquo;a augment\u00e9 que de 1% par an, de 1967 \u00e0 1973, et de 2% par an, de 1974 \u00e0 1977, malgr\u00e9 la \u00ab r\u00e9volution agraire \u00bb. Les importations alimentaires ont \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9es par cinq depuis 1967, jusqu&rsquo;\u00e0 repr\u00e9senter 16% des importations totales et 15% des exportations des hydrocarbures en 1979. L\u2019agriculture a \u00e9t\u00e9 fortement m\u00e9canis\u00e9e, mais comme l&rsquo;industrie, elle continue \u00e0 fonctionner largement en dessous de ses capacit\u00e9s de production, faute de ma\u00eetriser les mod\u00e8les technologiques choisis.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour l&rsquo;agriculture aussi, le Plan quinquennal 1980-1984 marque donc un tournant. Sous couvert de \u00ab d\u00e9bureaucratisa\u00adtion \u00bb, il envisage un red\u00e9coupage des \u00ab domaines autog\u00e9r\u00e9s \u00bb et des coop\u00e9ratives n\u00e9es de la \u00ab r\u00e9volution agraire \u00bb, pour former des exploitations plus petites et sp\u00e9cialis\u00e9es. Depuis 1980, une directive autorise les exploitations du secteur agricole d&rsquo;Etat \u00e0 vendre leur production au plus offrant. Les organismes commerciaux d&rsquo;Etat se trouvent ainsi de nouveau en concurrence avec les mandataires priv\u00e9s, qui n&rsquo;avaient jamais r\u00e9ellement disparu. Cette mesure renforce la bourgeoisie commer\u00e7ante, et les prix \u00e0 la consommation des fruits et l\u00e9gumes, qui ne sont plus frein\u00e9s par la politique de bas prix pr\u00e9c\u00e9demment pratiqu\u00e9e par le secteur commercial \u00e9tatique, s&rsquo;envolent.<\/p>\n\n\n\n<p>Slimane Bedrani, auteur de <em>l&rsquo;Agri\u00adculture alg\u00e9rienne depuis 1966, <\/em>\u00e9crit ainsi dans <em>le Monde <\/em>du 4 juillet 1982 : <em>\u00ab\u00a0Au sein de l&rsquo;Etat, les partisans de la logique d&rsquo;accroissement du profit semblent enfin l&rsquo;avoir emport\u00e9 sur les partisans de la logique de contr\u00f4le du profit.\u00a0\u00bb <\/em>Et d&rsquo;apr\u00e8s l&rsquo;analyse du Plan quinquennal et de ses effets sur l&rsquo;agriculture, il conclut : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>\u00ab\u00a0La croissance de la production restera bien en de\u00e7\u00e0 des besoins d&rsquo;une population qui croit bien trop vite et dont les exigences alimentaires augmentent &#8230; Elle se fera par l&rsquo;augmentation de la d\u00e9pendance technologique de l&rsquo;agriculture de fa\u00e7on directe ou indirecte &#8230; Elle s&rsquo;effectuera aux d\u00e9pens des paysans pauvres et des travailleurs agricoles &#8230; Elle s\u2019accompagnera de co\u00fbts \u00e9cologiques \u00e9lev\u00e9s.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>La bureaucratie bourgeoise alg\u00e9rienne a pu accentuer son ascendant \u00e0 la fois sur les autres secteurs de la bourgeoisie et sur le mouvement populaire, parce qu&rsquo;elle pr\u00e9tendait briser la perspective n\u00e9ocoloniale d&rsquo;associ\u00e9 mineur dans la r\u00e9partition internationale du profit. La crise du capitalisme d&rsquo;Etat d\u00e9bouche sur un processus insidieux d&rsquo;\u00ab <em>Infitah rampante \u00bb, <\/em>pour \u00e9viter une confrontation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e avec la classe ouvri\u00e8re et les paysans pauvres. Le r\u00e9gime proc\u00e8de par petites mesures et grignotages dont la port\u00e9e et la dynamique sont plus importantes que leur contenu intrins\u00e8que imm\u00e9diat.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"336\" height=\"631\" data-attachment-id=\"9489\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2018\/09\/22\/commandos\/travailleurs-2\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/travailleurs.png?fit=336%2C631&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"336,631\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"travailleurs\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/travailleurs.png?fit=160%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/travailleurs.png?fit=336%2C631&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/travailleurs.png?resize=336%2C631&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-9489\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/travailleurs.png?w=336&amp;ssl=1 336w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/travailleurs.png?resize=160%2C300&amp;ssl=1 160w\" sizes=\"auto, (max-width: 336px) 100vw, 336px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>La rente p\u00e9troli\u00e8re a \u00e9t\u00e9 le moyen de l&rsquo;\u00e9dification de ce capitalisme d&rsquo;Etat. Elle a permis en m\u00eame temps de jeter les bases de l&rsquo;industrialisation et d&rsquo;\u00e9tablir, entre le r\u00e9gime et les masses, un rapport paternaliste qui ne se r\u00e9duit pas \u00e0 la coercition brute. Mais les marges de man\u0153uvre se restreignent aujourd&rsquo;hui. La rente p\u00e9troli\u00e8re tend \u00e0 baisser irr\u00e9sistiblement, du fait de la conjoncture internationale de r\u00e9duction des prix, et plus fondamentalement du fait de la r\u00e9duction des r\u00e9serves. La bureaucratie bourgeoise est conduite \u00e0 r\u00e9agir par l&rsquo;atomisation du secteur d&rsquo;Etat et la lib\u00e9ration des m\u00e9canismes marchands. Mais elle revient ainsi vers une structure n\u00e9ocoloniale et un renforcement des liens de d\u00e9pendance envers l\u2019imp\u00e9rialisme.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, malgr\u00e9 l&rsquo;ampleur des investissements engag\u00e9s, la base industrielle lourde est rest\u00e9e tr\u00e8s faible. Le co\u00fbt \u00e9lev\u00e9 des installations industrielles, le retard \u00e9norme dans leur construction et le faible rendement de l&rsquo;appareil productif ont frein\u00e9 le d\u00e9veloppement de ces secteurs de base. En s&rsquo;imposant comme principaux clients et fournisseurs du secteur d&rsquo;Etat, les firmes multinationales ont fourni le financement, la technologie et leur assistance dans la gestion ou la maintenance de l&rsquo;appareil industriel public. Elles se sont octroy\u00e9 l&rsquo;essentiel des contrats en facturant au prix fort leur technologie et en cr\u00e9ant les conditions d&rsquo;une \u00e9troite d\u00e9pendance. Les firmes am\u00e9ricaines dominent ainsi le secteur des hydrocarbures et de l&rsquo;\u00e9lectronique, les firmes allemandes, la m\u00e9canique et la m\u00e9tallurgie, alors que les firmes fran\u00e7aises et italiennes sont tr\u00e8s pr\u00e9sentes dans l&rsquo;industrie des biens de consommation (textile et alimentaire).<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;\u00ab <em>Infitah rampante \u00bb <\/em>avance donc \u00e0 travers des mesures dos\u00e9es et peu spectaculaires. Le r\u00e9gime s&rsquo;est d&rsquo;abord attaqu\u00e9 aux secteurs marginaux comme le tourisme (privatisation), la sant\u00e9 (ouverture de cabinets priv\u00e9s sans remise en cause directe de la sant\u00e9 gratuite), le logement (vente de biens vacants et de HLM, lib\u00e9ralisation de la construction priv\u00e9e). Il a encourag\u00e9 la tendance \u00e0 la privatisation dans l&rsquo;agriculture. Les mandataires ach\u00e8tent d\u00e9sormais aux ench\u00e8res les r\u00e9coltes sur pied et supplantent dans la commercialisation les entreprises \u00e9tatis\u00e9es. Il est d&rsquo;ailleurs significatif que la caporalisation de l&rsquo;UGTA ait \u00e9t\u00e9 suivie de l&rsquo;annonce d&rsquo;un nouveau Code des investissements favorisant encore plus le secteur priv\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, craignant les r\u00e9actions du mouvement de masse, le pouvoir n&rsquo;a pu avancer qu&rsquo;avec prudence dans la voie qu&rsquo;il a choisie. Il a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 pour cela de circonstances lui permettant de diff\u00e9rer certaines \u00e9ch\u00e9ances importantes. Les bonnes r\u00e9coltes de 1980 et 1981 (avec un niveau de production sans pr\u00e9c\u00e9dent depuis l&rsquo;Ind\u00e9pendance, except\u00e9 en 1975), et le rel\u00e8vement des prix p\u00e9troliers en 1979-\u00ad1980 (de sorte que la balance commerciale a connu un solde positif en 1979 et en 1980), lui ont permis de soutenir les prix et de mettre en oeuvre un programme anti-p\u00e9nurie appuy\u00e9 sur les importations.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais les prix du p\u00e9trole baissent \u00e0 nouveau et la production agricole rechute en 1982 dans un contexte de r\u00e9cession in\u00adternationale.<\/p>\n\n\n\n<p>Le pouvoir, avec la r\u00e9pression contre le mouvement kabyle et le mouvement \u00e9tudiant, et surtout avec la caporalisation de l&rsquo;UGTA, a inflig\u00e9 une d\u00e9faite politique au mouvement de masse, qui connait depuis un recul relatif. Ayant repris l\u2019initiative, il cherche \u00e0 pousser son avantage, en r\u00e9primant les vell\u00e9it\u00e9s de lutte, en supprimant ou r\u00e9duisant les \u00ab b\u00e9n\u00e9fices pay\u00e9s aux salari\u00e9s dans les entreprises d&rsquo;Etat (qui n&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9 pay\u00e9s aussi bas), en appliquant des primes au rendement, en bloquant l&#8217;embauche. <\/p>\n\n\n\n<p>Mais ces mesures sont encore insuffisantes. Pour modifier qualitativement les rapports de forces sociaux et s&rsquo;engager plus loin et plus ouvertement sur la voie de la lib\u00e9ralisation \u00e9conomique, le pouvoir devra donc attaquer de front des acquis mat\u00e9riels de la classe travailleuse, comme la sant\u00e9 gratuite, le syst\u00e8me des salaires, ou la protection de l&#8217;emploi, qui sont autant de verrous sociaux. Il ne sera alors pas \u00e0 l&rsquo;abri de vives r\u00e9actions, voire d&rsquo;explosions du mouvement de masse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Claude DEVILLIERS <br>1er novembre 1982.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(1) Le texte des accords d&rsquo;Evian affirmait que <em>\u00ab\u00a0l&rsquo;Ind\u00e9pendance de l&rsquo;Alg\u00e9rie en coop\u00e9ration avec la France r\u00e9pondait aux interdis des deux pays\u00a0\u00bb ; <\/em>il comprenait un engagement de la part de l&rsquo;Alg\u00e9rie de garantir les int\u00e9r\u00eats fran\u00e7ais en contrepartie d&rsquo;une aide \u00e9conomique et technologique de la France. Ces garanties concernant les droits acquis par les personnes physiques et morales d&rsquo;origine fran\u00e7aise \u00e9taient contenues dans une <em>\u00ab\u00a0d\u00e9claration de garanties\u00a0\u00bb <\/em>qui repr\u00e9sentait un des textes des accords d&rsquo;Evian.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(2) Cahier <em>Et Taliaa <\/em>num\u00e9ro 1, \u00ab\u00a0La crise du capitalisme d&rsquo;Etat et du bonapartisme en Alg\u00e9rie\u00a0\u00bb, p. 14, 1978.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(3) <em>Ibid., <\/em>p. 21.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(4) <em>Ibid<\/em>., p. 21.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(5) Le 25 janvier 1978, une gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale, dirig\u00e9e par l&rsquo;Union g\u00e9n\u00e9rale des travailleurs tunisiens (UGTT) a \u00e9clat\u00e9. Le bilan en fut de 400 tu\u00e9s, plus d&rsquo;un millier de bless\u00e9s et 1 500 arrestations. Nous analysions alors cela comme <em>\u00ab\u00a0la<\/em> <em>dynamique de la radicalisation ouvri\u00e8re et la mont\u00e9e de l&rsquo;UGTT, en tant<\/em> <em>qu&rsquo;organisation de masse, encadr\u00e9e par une bureaucratie syndicale \u00e0<\/em> <em>caract\u00e8re de collaboration de classe.\u00a0\u00bb (Inprecor <\/em>num\u00e9ro 23 du 3 mars 1978.)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(6) Le 1er Juin 1981, les piquets de tr\u00eave de la SONATRACH de B\u00e9ni-Mered \u00e9taient brutalement attaqu\u00e9s par la police. Le bilan \u00e9tait lourd : 3 morts. 80 bless\u00e9s et 25 arrestations parmi les gr\u00e9vistes.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article de Claude Devilliers paru dans Inprecor, n\u00b0 138, 6 d\u00e9cembre 1982, p. 27-31 Museler le mouvement de masse et avancer prudemment vers une \u00ab\u00a0lib\u00e9ralisation \u00e9conomique\u00a0\u00bb sont les deux piliers de la politique de Chadli Benjedid IL y a vingt-huit ans, le 1er novembre 1954, les premi\u00e8res actions du Front de lib\u00e9ration nationale (FLN) marquaient [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[1664,112,3934,467,558,2248,622,975,1137,1163],"class_list":["post-4335","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-presse","tag-1664","tag-algerie","tag-claude-devilliers","tag-freres-musulmans","tag-independance","tag-inprecor","tag-kabylie","tag-quatrieme-internationale","tag-tizi-ouzou","tag-universite"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9lTYU-17V","jetpack_likes_enabled":true,"jetpack-related-posts":[{"id":18072,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2023\/02\/16\/histoire-algerienne-de-la-france-entretien-avec-christophe-devillers-pour-humanisme\/","url_meta":{"origin":4335,"position":0},"title":"Histoire alg\u00e9rienne de la France : entretien avec Christophe Devillers pour \u00ab\u00a0Humanisme\u00a0\u00bb","author":"SiNedjib","date":"16\/02\/2023","format":false,"excerpt":"Je suis heureux d'annoncer \u00e0 mes amis et lecteurs la parution d'un nouvel entretien autour de mon ouvrage Histoire alg\u00e9rienne de la France qui vient de para\u00eetre aux PUF. 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