{"id":4500,"date":"2018-11-14T22:54:57","date_gmt":"2018-11-14T21:54:57","guid":{"rendered":"http:\/\/sinedjib.com\/?p=4500"},"modified":"2025-08-11T20:50:55","modified_gmt":"2025-08-11T18:50:55","slug":"morin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2018\/11\/14\/morin\/","title":{"rendered":"Edgar Morin : La r\u00e9volution coloniale. III La r\u00e9volution alg\u00e9rienne et la gauche fran\u00e7aise"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Article d&rsquo;Edgar Morin paru dans <em><a href=\"https:\/\/archivesautonomies.org\/IMG\/pdf\/inclassables\/arguments\/arguments-n10.pdf\">Arguments<\/a><\/em>, 2e ann\u00e9e, n\u00b0 10, novembre 1958, p. 27-31.<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"203\" height=\"300\" data-attachment-id=\"4501\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2018\/11\/14\/morin\/arguments-novembre-1958\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/Arguments-novembre-1958.png?fit=431%2C636&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"431,636\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Arguments novembre 1958\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/Arguments-novembre-1958.png?fit=203%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/Arguments-novembre-1958.png?fit=431%2C636&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/Arguments-novembre-1958-203x300.png?resize=203%2C300\" alt=\"\" class=\"wp-image-4501\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/Arguments-novembre-1958.png?resize=203%2C300&amp;ssl=1 203w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/Arguments-novembre-1958.png?w=431&amp;ssl=1 431w\" sizes=\"auto, (max-width: 203px) 100vw, 203px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Que l&rsquo;on s&rsquo;entende bien. Je suis internationaliste et non nationaliste. Je ne respecte pas le nationalisme alg\u00e9rien comme un nationaliste \u00e9clair\u00e9 respecterait un nationalisme \u00e9tranger, l\u00e9gitime comme le sien propre. Au fait, je ne respecte rien. Ce qui m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre reconnu et d\u00e9fendu, dans le nationalisme alg\u00e9rien, c&rsquo;est la revendication \u00e0 la dignit\u00e9 et l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 de 8 millions d&rsquo;\u00eatres humains, et c&rsquo;est la condamnation d&rsquo;un syst\u00e8me colonial et raciste.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p><em>Gauche fran\u00e7aise et nationalisme alg\u00e9rien.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Ce qu&rsquo;on appelle la gauche fran\u00e7aise englobe l&rsquo;h\u00e9ritage de deux traditions. La premi\u00e8re est celle de l&rsquo;internationalisme prol\u00e9tarien, la seconde celle du nationalisme \u00e9clair\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re est une conception universaliste qui consid\u00e8re comme naturelle, n\u00e9cessaire et progressive la destruction du colonialisme ; l&rsquo;internationalisme conteste m\u00eame la nation d&rsquo; \u00ab\u00a0int\u00e9r\u00eat national\u00a0\u00bb fran\u00e7ais, qui camoufle les int\u00e9r\u00eats de la classe dominante. Le \u00ab\u00a0nationalisme \u00e9clair\u00e9\u00a0\u00bb s&rsquo;efforce de concilier l&rsquo; \u00ab\u00a0int\u00e9r\u00eat national\u00a0\u00bb du pays colonisateur avec, soit les n\u00e9cessit\u00e9s ou les contraintes d&rsquo;une \u00e9volution reconnue in\u00e9luctable, soit les aspirations \u00ab\u00a0humanistes\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0g\u00e9n\u00e9reuses\u00a0\u00bb qui lui semble relever de la vocation fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces deux traditions, en 1954, faisaient, chacune de leur c\u00f4t\u00e9, eau de toutes parts.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la perspective de l&rsquo;internationalisme prol\u00e9tarien, la destruction du colonialisme, celle de l&rsquo;imp\u00e9rialisme et celle du capitalisme semblaient indissociables. C&rsquo;est la conjonction m\u00eame des mouvements r\u00e9volutionnaires des pays imp\u00e9rialistes et des pays colonis\u00e9s qui, abolissant l&rsquo;ancien ordre des choses, devait instaurer un socialisme multinational. Au nationalisme succ\u00e9derait l&rsquo;internationalisme, lequel transforme les nations en <em>nationalit\u00e9s<\/em>. C&rsquo;est le sens de la politique des nationalit\u00e9s, d\u00e9finie dans <em>Le Marxisme et la question nationale<\/em> de Staline, avant le Stalinisme, et dans les premiers congr\u00e8s de la Ille Internationale.<\/p>\n\n\n\n<p>Le ph\u00e9nom\u00e8ne nouveau, devenu massif apr\u00e8s la deuxi\u00e8me guerre mondiale, a \u00e9t\u00e9 celui de la r\u00e9volution anti-imp\u00e9rialiste en Asie et en Afrique effectu\u00e9e sur le type strictement <em>nationaliste<\/em> &#8211; Chine et Viet-Nam except\u00e9s. Pour l&rsquo;internationaliste, ces mouvements nationaux devaient appara\u00eetre \u00e0 la fois comme progressifs et r\u00e9gressifs. Progressifs parce qu&rsquo;ils d\u00e9truisent le colonialisme, sapent l&rsquo;imp\u00e9rialisme, et affaiblissent le capitalisme, r\u00e9gressifs parce qu&rsquo;au lieu de faire confluer le mouvement des masses colonis\u00e9es vers la soci\u00e9t\u00e9 internationale sans classes, ils la fixent sur des id\u00e9ologies que le socialisme critique et d\u00e9passe. Cependant la plupart des internationalistes, fort logiquement, pens\u00e8rent que les mouvements anti-imp\u00e9rialistes \u00e9taient plus progressifs que r\u00e9gressifs, et prirent parti en leur faveur. Le probl\u00e8me devint plus d\u00e9licat lorsque l&rsquo;ind\u00e9pendance politique acquise, certaines des nations nouvelles subirent une dictature de classe bourgeoise ou une dictature de caste militaire, lorsqu&rsquo;au nationalisme de la lutte anticoloniale succ\u00e9da un nationalisme d&rsquo;Etat, x\u00e9nophobe, raciste ou agressif. Toutefois, de nombreux internationalistes pens\u00e8rent encore que l&rsquo;Egypte de Nasser, par exemple, si r\u00e9gressif que f\u00fbt son r\u00e9gime int\u00e9rieur, jouait un r\u00f4le progressif sur l&rsquo;ar\u00e8ne internationale (accords de Bandoeng, Congr\u00e8s du Caire, etc.).<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, entre temps, l&rsquo;internationalisme se disloquait, se dispersait. En 1920, l&rsquo;internationalisme communiste pensait pouvoir impulser ou contr\u00f4ler plus ou moins le mouvement des peuples opprim\u00e9s par le colonialisme et rapidement d\u00e9passer le nationalisme selon la dynamique de la r\u00e9volution permanente. En 1950, les mouvements d&rsquo;\u00e9mancipation \u00e9chappent au contr\u00f4le d&rsquo;une internationale et s&rsquo;effectuent en dehors d&rsquo;une conscience internationaliste. Il n&rsquo;y a plus d&rsquo;internationale prol\u00e9tarienne.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout d&rsquo;abord, l&rsquo;internationalisme de la IIIe Internationale s&rsquo;est concentr\u00e9 sur un objectif essentiel, la d\u00e9fense de l&rsquo;U.R.S.S., consid\u00e9r\u00e9e comme le bastion du socialisme universel. Ensuite, il s&rsquo;est recouvert d&rsquo;un masque id\u00e9ologique et tactique, le masque m\u00eame du <em>nationalisme<\/em>, pour s&rsquo;adapter aux nouvelles conditions de la d\u00e9fense de l&rsquo;U.R.S.S., apr\u00e8s la victoire des nazis en Allemagne. Finalement, le masque s&rsquo;est imprim\u00e9 sur le visage, tant en U.R.S.S. que dans les partis communistes du monde, le nationalisme strat\u00e9gique ou tactique a \u00e9touff\u00e9 en tr\u00e8s grande part l&rsquo;internationalisme. Parall\u00e8lement, la IIe Internationale se vidait constamment de toute s\u00e8ve internationaliste : les partis sociaux-d\u00e9mocrates s&rsquo;adapt\u00e8rent au cadre national qu&rsquo;il s&rsquo;agissait autrefois de d\u00e9truire. Ce n&rsquo;est que dans des groupes minoritaires &#8211; ceux de la IVe Internationale &#8211; ou chez des dispers\u00e9s que continue \u00e0 vivre la conscience internationaliste.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est donc un internationalisme extraordinairement affaibli, exsangue, souvent inavou\u00e9, souvent envelopp\u00e9 de n\u00e9o-nationalisme qui se trouve face \u00e0 la r\u00e9volution alg\u00e9rienne en 1954. Cette r\u00e9volution n&rsquo;est nullement contr\u00f4l\u00e9e par le communisme h\u00e9ritier de la IIIe Internationale, mais par un mouvement nationaliste sp\u00e9cifique : le F.L.N. A partir de 1954, l&rsquo;internationalisme fatigu\u00e9 se heurte \u00e0 des probl\u00e8mes aggrav\u00e9s. A l&rsquo;heureuse \u00e9poque de l&rsquo;id\u00e9ologie juv\u00e9nile et conqu\u00e9rante, les r\u00e9volutionnaires pensaient que la destruction du capitalisme et de l&rsquo;imp\u00e9rialisme ouvrirait une \u00e8re nouvelle : certes, l&rsquo;humanit\u00e9 ne se serait pas trouv\u00e9e <em>ipso facto<\/em> r\u00e9concili\u00e9e avec elle-m\u00eame, mais l&rsquo;exploitation de l&rsquo;homme par l&rsquo;homme aurait v\u00e9cu, ainsi que les forces magico-mythiques li\u00e9es \u00e0 cette exploitation : le nationalisme, la religion. Aujourd&rsquo;hui il apparait que la destruction du capitalisme en U.R.S.S. a provoqu\u00e9 une nouvelle forme d&rsquo;exploitation et n&rsquo;a port\u00e9 nul coup mortel au nationalisme et \u00e0 la religion. Il appara\u00eet en outre que si les peuples coloniaux se lib\u00e9raient d&rsquo;une des formes les plus odieuses de la domination et de l&rsquo;exploitation, de nouvelles formes d&rsquo;exploitation tendent \u00e0 se reconstituer : appareils politico-militaires, id\u00e9ologies religieuses (islamisme) et nationalistes. Le F.L.N., apr\u00e8s l&rsquo;Istiqlal et le Neo-Destour tunisien, mais \u00e0 un degr\u00e9 accru par la radicalisation impitoyable de la lutte, apparait dans ses ambivalences : mouvement de lib\u00e9ration par rapport \u00e0 la colonisation fran\u00e7aise, mouvement en partie impr\u00e9gn\u00e9 de socialisme d\u00e9mocratique ou de lib\u00e9ralisme bourgeois, mais aussi mouvement impr\u00e9gn\u00e9 de ces facteurs virulents qui en Egypte ont produit la dictature d&rsquo;une junte militaire, \u00e0 caract\u00e8res para-fascistes.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>L&rsquo;internationalisme se trouve en crise devant le probl\u00e8me alg\u00e9rien. Ou bien il s&rsquo;est atrophi\u00e9 et m\u00eal\u00e9 de nationalisme et il n&rsquo;ose pas lutter ouvertement pour la cause nationaliste alg\u00e9rienne et contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme fran\u00e7ais. Ou bien il envisage les ambivalences du nationalisme alg\u00e9rien. Ou bien encore, il se trouve \u00e0 demi-paralys\u00e9 par la conscience de la gravit\u00e9 du conflit F.L.N.-M.N.A.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, d&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, le nationalisme \u00e9clair\u00e9 conna\u00eet une crise inverse. Nombreux \u00e9taient jusqu&rsquo;en 1954 ces nationalistes mod\u00e9r\u00e9s de gauche qui vivaient sur les mythes de la \u00ab\u00a0vocation fran\u00e7aise\u00a0\u00bb lib\u00e9rale, fraternelle, humanitaire, mythes qu&rsquo;aurait suffi \u00e0 dissiper le moindre regard port\u00e9 sur un si\u00e8cle de colonisation fran\u00e7aise et plusieurs si\u00e8cles d&rsquo;histoire nationale.<\/p>\n\n\n\n<p>A partir de 1954, beaucoup de nationalistes \u00e9clair\u00e9s d\u00e9couvrent que la guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie est avant tout une r\u00e9pression contre une population. Mais prisonniers de leur optique traditionnelle, ratissages, ex\u00e9cutions, tortures leur apparaissent comme une t\u00e2che d&rsquo;infamie sur la France qu&rsquo;ils croyaient immacul\u00e9e. Certains de ces \u00ab\u00a0nationalistes \u00e9clair\u00e9s\u00a0\u00bb, versant m\u00eame dans le nationalisme masochiste, la \u00ab\u00a0honte\u00a0\u00bb d&rsquo;\u00eatre fran\u00e7ais, le sentiment de culpabilit\u00e9, \u00ab\u00a0nous sommes complices des assassins\u00a0\u00bb continuent \u00e0 ignorer que ratissages, ex\u00e9cutions, tortures, racisme, terreur font partie d&rsquo;une longue tradition ininterrompue. D&rsquo;autres prennent conscience de l&rsquo;exploitation coloniale et d\u00e8s lors refusent la colonisation. Mais non pas au nom de l&rsquo;internationalisme. Au nom du nationalisme opprim\u00e9 auquel ils s&rsquo;identifient. Ils reportent sur le F.L.N. les vertus qu&rsquo;ils ont retir\u00e9es \u00e0 la France \u00e9ternelle. Mais en m\u00eame temps, ils n&rsquo;ont pas perdu leur langage et leurs habitudes. Ils continuent \u00e0 parler au nom du nationalisme fran\u00e7ais et craignent d&rsquo;\u00e9voquer publiquement leur adh\u00e9sion \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance alg\u00e9rienne. Le sentiment de ces n\u00e9ophytes de l&rsquo;anticolonialisme est ardent, g\u00e9n\u00e9reux, irr\u00e9prochable. Mais leurs conceptions restent intimid\u00e9es et paralys\u00e9es. Ils souffrent du double complexe de culpabilit\u00e9 : \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du nationalisme fran\u00e7ais dont ils voudraient se croire les repr\u00e9sentants lucides et authentiques, \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du nationalisme alg\u00e9rien dont ils ne veulent connaitre que la vertu ontologique, jamais les r\u00e9alit\u00e9s politiques. Pour eux, le F.L.N. est l&rsquo;incarnation du peuple alg\u00e9rien opprim\u00e9 et martyris\u00e9 et la France doit rester la France.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, en d\u00e9pit de toutes ces confusions et de cette timidit\u00e9 intellectuelle, nombreux sont les nationalistes \u00e9clair\u00e9s qui d\u00e9couvrent ce qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient entrevu que de loin, et tr\u00e8s vite, dans le pass\u00e9 : le colonialisme.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>Et ainsi, la situation de la gauche fran\u00e7aise est command\u00e9e par deux prises de conscience partiellement contradictoires :<\/p>\n\n\n\n<p>1) Pour les uns, ex-nationalistes euphoriques, la prise de conscience de l&rsquo;exploitation coloniale et du caract\u00e8re \u00e9mancipateur de la r\u00e9volution alg\u00e9rienne.<\/p>\n\n\n\n<p>2) Pour les autres, ex-internationalistes euphoriques, la prise de conscience des nouvelles structures de domination et d&rsquo;exploitation, qui sapent les anciennes, mais pour leur succ\u00e9der.<\/p>\n\n\n\n<p>Or, l&rsquo;une des deux prises de conscience tend \u00e0 escamoter l&rsquo;autre. Le plus difficile est \u00e9videmment de penser les contradictions de la r\u00e9alit\u00e9. Il est difficile \u00e9galement que les deux prises de conscience, si elles sont maintenues, ne se neutralisent pas r\u00e9ciproquement dans un scepticisme ou un sentiment d&rsquo;impuissance.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, \u00e0 vrai dire, tout notre probl\u00e8me consiste \u00e0 ne pas escamoter l&rsquo;une ou l&rsquo;autre face du probl\u00e8me alg\u00e9rien. Les difficult\u00e9s commencent, mais elles ne sont pas insurmontables. Il s&rsquo;agit de maintenir une vision internationaliste et socialiste dans le conflit. C&rsquo;est-\u00e0-dire se prononcer sans \u00e9quivoque contre tout colonialisme, se sentir solidaire des masses alg\u00e9riennes opprim\u00e9es et mis\u00e9rables, mais ne pas identifier \u00e0 priori leur cause aux organismes politiques auxquels elles font diversement confiance.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9volutions coloniales sont d&rsquo;un type nouveau. Dans un sens, elles sont parentes des r\u00e9volutions nationales qui dans l&rsquo;Europe de la fin du XIXe si\u00e8cle et du d\u00e9but du XXe si\u00e8cle ont port\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance de nombreux pays europ\u00e9ens qui se lib\u00e9r\u00e8rent de l&rsquo;Empire autrichien ou du joug ottoman. Ces r\u00e9volutions europ\u00e9ennes furent \u00ab\u00a0bourgeoises\u00a0\u00bb, m\u00eame quand leurs guides furent des aristocrates et leurs combattants des paysans : elles b\u00e9n\u00e9ficiaient de la solidarit\u00e9 des classes bourgeoises de l&rsquo;ouest europ\u00e9en, et furent aliment\u00e9es par l&rsquo;id\u00e9ologie bourgeoise du XIXe si\u00e8cle. Et de toutes fa\u00e7ons il existait d\u00e9j\u00e0 dans ces nations une solide bourgeoisie urbaine nationaliste et d\u00e9mocrate. Dans les pays coloniaux, la bourgeoisie urbaine est demeur\u00e9e sous-d\u00e9velopp\u00e9e ; de plus, elle ne b\u00e9n\u00e9ficie nullement dans sa premi\u00e8re phase r\u00e9volutionnaire de l&rsquo;appui collectif de la bourgeoisie mondiale. La bourgeoisie des pays d&rsquo;Occident est au contraire leur premier ennemi, bien que, dans sa seconde phase, elle puisse devenir leur alli\u00e9e. C&rsquo;est donc th\u00e9oriquement dans le marxisme, pratiquement dans le mouvement ouvrier, que dans une <em>premi\u00e8re phase<\/em>, les mouvements coloniaux vont chercher leurs appuis. Mais quand, dans une seconde phase, le mouvement ouvrier d&rsquo;Occident cesse d&rsquo;\u00eatre un alli\u00e9, m\u00eame paternaliste, et que le marxisme se trouve fig\u00e9 ou atrophi\u00e9, alors les mouvements coloniaux sont amen\u00e9s \u00e0 s&rsquo;appuyer \u00e0 la fois sur trois \u00e9l\u00e9ments :<\/p>\n\n\n\n<p>1) Les \u00e9l\u00e9ments h\u00e9rit\u00e9s du pass\u00e9 pr\u00e9colonial (islamisme en Afrique du Nord, civilisation malgache, civilisation n\u00e8gre, etc&#8230;) ;<\/p>\n\n\n\n<p>2) Les conceptions bourgeoises de la nationalit\u00e9 ;<\/p>\n\n\n\n<p>3) Des conceptions socialisantes ou marxistes.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est dans ce syncr\u00e9tisme que r\u00e9side l&rsquo;originalit\u00e9 des r\u00e9volutions coloniales. Elles ne sont pas des r\u00e9volutions bourgeoises proprement dites, elles ne sont pas non plus des r\u00e9volutions prol\u00e9tariennes ou socialistes, et ce ne sont pas non plus des tentatives de restauration pure et simple du pass\u00e9 autochtone. Mais ce syncr\u00e9tisme est \u00e9videmment instable. Il permettrait d&rsquo;entrevoir un d\u00e9veloppement dans le sens trotskyste de la r\u00e9volution permanente, c&rsquo;est-\u00e0-dire un d\u00e9passement de la r\u00e9volution bourgeoise en r\u00e9volution socialiste ; mais ceci n&rsquo;est possible que dans une dialectique internationale o\u00f9 la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne des pays imp\u00e9rialistes et celle des pays colonis\u00e9s s&rsquo;entraideraient mutuellement. En fait, la r\u00e9volution bourgeoise n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pass\u00e9e que l\u00e0, et pas toujours, o\u00f9 il y a eu fronti\u00e8re g\u00e9ographique commune entre le pays en r\u00e9volution et le bloc anticapitaliste (la Chine d&rsquo;abord, le Viet-Nam du Nord ensuite), et du reste pour se figer en syst\u00e8me d&rsquo;appareil, sur le mod\u00e8le de l&rsquo;U.R.S.S.<\/p>\n\n\n\n<p>Ailleurs, la situation est domin\u00e9e par la faiblesse de la bourgeoisie nationale et la faiblesse du prol\u00e9tariat industriel, la pr\u00e9pond\u00e9rance num\u00e9rique des masses paysannes mis\u00e9rables et encore non politis\u00e9es. Dans ces conditions, des appareils politiques ou militaires, des juntes, des clans, un chef charismatique peuvent s&#8217;emparer du pouvoir en s&rsquo;appuyant, soit sur la ferveur, soit sur la passivit\u00e9 des masses. Ces appareils, juntes, clans, chefs, peuvent profiter, non seulement de l&rsquo;antagonisme latent ou manifeste entre bourgeoisie et prol\u00e9tariat encore sous-d\u00e9velopp\u00e9 pour se maintenir au pouvoir, mais encore des grands antagonismes mondiaux entre U.R.S.S. et U.S.A. Ils constituent, en fait, une tierce force.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette tierce force peut pr\u00e9senter des caract\u00e8res encore plus r\u00e9gressifs que ceux du stalinisme et du capitalisme, quand il s&rsquo;agit de dictatures racistes et religieuses, de sortes de fascisme primitif. Mais elles peuvent aussi \u00eatre progressives-r\u00e9gressives, en d\u00e9veloppant les classes urbaines, en \u00e9levant sinon le niveau mat\u00e9riel, du moins les besoins culturels des masses, en intervenant dans l&rsquo;ar\u00e8ne mondiale dans le sens de la. pouss\u00e9e des forces nouvelles encore bloqu\u00e9es par l&rsquo;antagonisme principal : U.R.S.S.-U.S.A.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout ceci nous oblige \u00e0 des attitudes complexes. Certes le principe est clair : quoique nous soyons parfaitement conscients que la lutte contre une tyrannie peut aboutir \u00e0 une nouvelle tyrannie de type diff\u00e9rent, quoique nous soyons conscients que la destruction de la tyrannie tsariste ait abouti \u00e0 la tyrannie stalinienne, et l&rsquo;on pourrait multiplier les exemples de tous ordres montrant que les peuples n&rsquo;ont souvent fait que changer de chaines, nous ne serons jamais de ceux qui accepteront l&rsquo;ordre \u00e9tabli, le colonialisme ou l&rsquo;imp\u00e9rialisme pr\u00e9sent sous le motif qu&rsquo;il ne suffit pas d&rsquo;\u00e9viter Charybde pour \u00e9chapper \u00e0 Scylla. Nous savons que l&rsquo;action quelle qu&rsquo;elle soit implique un risque, risque d&rsquo;\u00e9chec, de r\u00e9gression, de d\u00e9veloppements impr\u00e9visibles, etc&#8230; Et nous pr\u00e9f\u00e9rons les risques de l&rsquo;action pour l&rsquo;\u00e9mancipation \u00e0 la certitude de l&rsquo;oppression. Mais pour nous l&rsquo;\u00e9mancipation ne peut se r\u00e9duire au mot d&rsquo;ordre d&rsquo;\u00e9mancipation, ni \u00e0 une seule forme d&rsquo;action qui serait la lutte arm\u00e9e. C&rsquo;est un processus sociologique qui exige certaines conditions \u00e9conomiques et politiques.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>Quelles sont <em>nos<\/em> perspectives ?<\/p>\n\n\n\n<p>Tout d&rsquo;abord, il faut situer le probl\u00e8me alg\u00e9rien dans nos perspectives politiques g\u00e9n\u00e9rales, qui sont la <em>reconstitution de la gauche socialiste dans le monde<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd&rsquo;hui, la v\u00e9ritable gauche est antistalinienne, anticapitaliste, et refuse l&#8217;embourgeoisement social-d\u00e9mocrate. Elle se reconna\u00eet \u00e0 l&rsquo;exigence du socialisme d\u00e9mocratique. C&rsquo;est dire qu&rsquo;elle est dispers\u00e9e, \u00e9touff\u00e9e, isol\u00e9e face \u00e0 ses ennemis gigantesques. Si l&rsquo;esprit de gauche est tr\u00e8s r\u00e9pandu, il est en m\u00eame temps tr\u00e8s alt\u00e9r\u00e9, ali\u00e9n\u00e9 et mystifi\u00e9. La conscience de gauche rena\u00eet \u00e0 peine en se d\u00e9gageant aussi bien du stalinisme que de la social-d\u00e9mocratie. Elle est encore impuissante, quoique ce soit elle qui ait donn\u00e9 son sens \u00e0 l&rsquo;Octobre polonais et \u00e0 la r\u00e9volution hongroise. Le probl\u00e8me premier est que la gauche socialiste, partout dans le monde, prenne conscience d&rsquo;elle-m\u00eame, cr\u00e9e ses organisations autonomes et forme une cha\u00eene internationale. Ces perspectives sont \u00e0 longue haleine. Nous sommes aussi peu avanc\u00e9s que l&rsquo;\u00e9tait Marx au milieu du XIXe si\u00e8cle. Mais t\u00f4t ou tard, les grandes illusions et les grandes mystifications doivent s&rsquo;effondrer, et t\u00f4t ou tard les besoins s&rsquo;\u00e9claireront et deviendront urgents. C&rsquo;est pourquoi il ne convient pas de se divertir de cette t\u00e2che fondamentale.<\/p>\n\n\n\n<p>En Alg\u00e9rie comme ailleurs, il s&rsquo;agit de favoriser la constitution d&rsquo;une gauche autonome. Les \u00e9l\u00e9ments de cette gauche se trouvent dans le F.L.N., le M.N.A., et dans le P.C.A. Mais aucune de ces trois organisations ne r\u00e9pond aux besoins de la gauche encore que le mot d&rsquo;ordre messaliste de \u00ab\u00a0Constituante alg\u00e9rienne due au suffrage universel\u00a0\u00bb soit un mot d&rsquo;ordre fondamental de gauche. Il faut aider cette gauche \u00e0 se d\u00e9gager et la pr\u00e9server des formidables pressions qui tendent \u00e0 son annihilation, il faut donc favoriser tous les courants, toutes les intentions de gauche o\u00f9 qu&rsquo;elles se manifestent, favoriser la d\u00e9mocratie alg\u00e9rienne, seul bouillon de culture favorable \u00e0 la gauche.<\/p>\n\n\n\n<p>Ceci \u00e9videmment ne suffit pas. Il y a les probl\u00e8mes sp\u00e9cifiques de l&rsquo;Alg\u00e9rie et le probl\u00e8me imm\u00e9diat et contraignant de la guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie, o\u00f9 un peuple veut briser la domination raciale d&rsquo;une minorit\u00e9 ethnique. Sur ce point, nous ne devons m\u00eame pas att\u00e9nuer notre pens\u00e9e : nous sommes radicalement ennemi de tout syst\u00e8me colonial et de toute domination raciale.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais ceci ne doit pas nous masquer les probl\u00e8mes fondamentaux de l&rsquo;Alg\u00e9rie, qui se poseront au grand jour, apr\u00e8s la guerre, et se posent d\u00e9j\u00e0. Ce sont les probl\u00e8mes fondamentaux du Tiers-Monde et du sous-d\u00e9veloppement. Leur solution d\u00e9pend autant des rapports mondiaux que des d\u00e9veloppements int\u00e9rieurs \u00e0 l&rsquo;Alg\u00e9rie.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est dire que le probl\u00e8me alg\u00e9rien se trouve int\u00e9gr\u00e9 au plus grand probl\u00e8me de notre \u00e9poque celui de l&rsquo;\u00e9galisation \u00e9conomique ente le monde sous-d\u00e9velopp\u00e9 et le monde industrialis\u00e9. Bien des chaos, des conflits, des crises, des dictatures, des oppressions se pr\u00e9parent.<\/p>\n\n\n\n<p>Finalement, le probl\u00e8me alg\u00e9rien d&rsquo;apr\u00e8s-guerre d\u00e9pend non seulement de la France, de l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;Afrique, de l&rsquo;Europe, des deux blocs mais selon une dialectique en cha\u00eene, la guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie a modifi\u00e9 et acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;Afrique dans son mouvement vers l&rsquo;ind\u00e9pendance, a modifi\u00e9 et acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 l&rsquo;\u00e9volution de la France, et de l\u00e0 de l&rsquo;Europe, retentit sur les Etats-Unis et sur l&rsquo;U.R.S.S. Dans cette dialectique complexe, toutes les coordonn\u00e9es deviennent des variables et les variables deviennent des coordonn\u00e9es. C&rsquo;est ce qui obscurcit nos visions d&rsquo;avenir, et nous emp\u00eache de formuler autre chose que des souhaits pieux ou de vagues sch\u00e9mas.<\/p>\n\n\n\n<p>Que tout ceci d\u00e9courage les esprits faiblement tremp\u00e9s, c&rsquo;est possible. Mais les t\u00e2ches de la gauche sont de dissiper les euphories. On ne peut v\u00e9ritablement lutter pour la lib\u00e9ration de l&rsquo;homme qu&rsquo;en se d\u00e9barrassant de toutes illusions. T\u00f4t ou tard, celles-ci font d\u00e9river la lutte et la d\u00e9tournent de son sens premier. On croit continuer \u00e0 combattre pour le socialisme ou la libert\u00e9. On soutient les nouvelles tyrannies. Notre position est claire. Nous sommes radicalement oppos\u00e9s au nationalisme fran\u00e7ais, \u00e0 la domination coloniale et \u00e0 la guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie. Mais nous critiquons le nationalisme arabe et alg\u00e9rien dans la mesure o\u00f9 il recommence les aventures nationalistes d&rsquo;Occident. Bien s\u00fbr, les nouveaux nationalismes du Tiers-Monde expriment encore, dans la phase o\u00f9 le colonialisme n&rsquo;est pas mort, la revendication universelle qui dresse les domin\u00e9s contre les dominants, les esclaves contre les ma\u00eetres. Mais il est temps de ne plus subordonner nos fins internationalistes \u00e0 la logique des nationalismes. Il est temps de ne plus soutenir les bureaucraties d&rsquo;Etat, les syst\u00e8mes d&rsquo;appareil, les dictatures de junte uniquement parce qu&rsquo;ils d\u00e9truisent les formes anciennes de l&rsquo;exploitation europ\u00e9enne, imp\u00e9rialiste et capitaliste. Car ces nouveaux syst\u00e8mes reconstituent sous des formes nouvelles l&rsquo;exploitation et la domination. Tout cela, je le r\u00e9p\u00e8te, n&rsquo;est ni simple, ni facile, comporte des \u00e9quivoques et risque perp\u00e9tuellement la st\u00e9rilit\u00e9 ou l&rsquo;abdication. Tout cela est d&rsquo;autant moins ais\u00e9 qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, les grandes lignes d&rsquo;une strat\u00e9gie politique d&rsquo;ensemble nous font d\u00e9faut.<\/p>\n\n\n\n<p>Il nous manque aujourd&rsquo;hui, apr\u00e8s 40 ann\u00e9es de st\u00e9rilit\u00e9 sociologique de la pens\u00e9e socialiste, les analyses des grands courants qui entra\u00eenent l&rsquo;U.R.S.S., les U.S.A., l&rsquo;Europe et le Tiers-Monde &#8211; Asie et Afrique. Seules de telles analyses permettraient \u00e0 nos principes politiques de s&rsquo;articuler sur l&rsquo;\u00e9volution mondiale, plut\u00f4t que de la suivre en aveugles ou de la pr\u00e9c\u00e9der utopiquement.<\/p>\n\n\n\n<p>Et l&rsquo;imm\u00e9diat ? L&rsquo;imm\u00e9diat c&rsquo;est la paix &#8211; c&rsquo;est-\u00e0-dire le compromis. Ou la guerre jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance ou l&rsquo;extermination du mouvement d&rsquo;ind\u00e9pendance. On ne peut jouer sur les deux tableaux. Apr\u00e8s tant de morts et de convulsions horribles je pr\u00e9f\u00e8re les inconv\u00e9nients de la paix aux bienfaits de la guerre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article d&rsquo;Edgar Morin paru dans Arguments, 2e ann\u00e9e, n\u00b0 10, novembre 1958, p. 27-31. Que l&rsquo;on s&rsquo;entende bien. Je suis internationaliste et non nationaliste. Je ne respecte pas le nationalisme alg\u00e9rien comme un nationaliste \u00e9clair\u00e9 respecterait un nationalisme \u00e9tranger, l\u00e9gitime comme le sien propre. Au fait, je ne respecte rien. 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