{"id":6028,"date":"2019-07-02T12:51:11","date_gmt":"2019-07-02T10:51:11","guid":{"rendered":"http:\/\/sinedjib.com\/?p=6028"},"modified":"2024-01-09T21:23:37","modified_gmt":"2024-01-09T20:23:37","slug":"camus-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2019\/07\/02\/camus-4\/","title":{"rendered":"Georges Fontenis : Le r\u00e9volt\u00e9 de Camus est-il des n\u00f4tres ?"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Article de <a href=\"http:\/\/maitron-en-ligne.univ-paris1.fr\/spip.php?article49724\">Georges Fontenis<\/a> paru dans <\/strong><em><a href=\"http:\/\/archivesautonomies.org\/IMG\/pdf\/anarchismes\/apres-1944\/lelibertaire\/1952\/libertaire296.pdf\"><strong>Le Libertaire<\/strong><\/a><\/em><strong>, n\u00b0 296, 4 janvier 1952.<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"413\" height=\"601\" data-attachment-id=\"6033\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2019\/07\/02\/camus-4\/le-libertaire-4-janvier-1952\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Le-Libertaire-4-janvier-1952.png?fit=413%2C601&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"413,601\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Le-Libertaire-4-janvier-1952\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Le-Libertaire-4-janvier-1952.png?fit=206%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Le-Libertaire-4-janvier-1952.png?fit=413%2C601&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Le-Libertaire-4-janvier-1952.png?resize=413%2C601\" alt=\"\" class=\"wp-image-6033\" style=\"width:254px;height:369px\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Le-Libertaire-4-janvier-1952.png?w=413&amp;ssl=1 413w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Le-Libertaire-4-janvier-1952.png?resize=206%2C300&amp;ssl=1 206w\" sizes=\"auto, (max-width: 413px) 100vw, 413px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Nous ne pouvons manquer d&rsquo;admirer ceux qui ont pu lire d&rsquo;une seule traite ou en tr\u00e8s peu de temps le nouveau livre d&rsquo;Albert Camus. C&rsquo;est sans doute qu&rsquo;ils avaient d\u00e9j\u00e0 sur le sujet une opinion bien arr\u00eat\u00e9e et qu&rsquo;ils pouvaient voir de haut &#8211; et de loin &#8211; une \u00e9tude de laquelle ils refusaient d&rsquo;avance d&rsquo;apprendre quelque chose. Nous nous sommes sentis plus modestes.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Albert Camus ne peut manquer d&rsquo;accorder \u00e0 l&rsquo;opinion du \u00ab\u00a0Libertaire\u00a0\u00bb une importance exceptionnelle sur un sujet comme \u00ab\u00a0L&rsquo;Homme r\u00e9volt\u00e9\u00a0\u00bb. Qu&rsquo;il sache que la pr\u00e9sente critique est le fruit de confrontations entre nombre de nos militants. S&rsquo;il nous trouve s\u00e9v\u00e8res, c&rsquo;est que nous vivons une p\u00e9riode o\u00f9 se jouent trop de vies pour que nous puissions \u00eatre acad\u00e9miques. Il s&rsquo;agit en d\u00e9finitive de l&rsquo;Homme et de son destin, nous ne pouvons accepter de nous taire si on l&rsquo;invite, avec la meilleure foi du monde, \u00e0 prendre une voie que notre analyse anarchiste juge funeste ou si on sort mal de l&rsquo;\u00e9quivoque.<\/p>\n\n\n\n<p>Camus constate d&rsquo;abord que l&rsquo;absurde ne peut donner de r\u00e8gle d&rsquo;action mais, \u00e9crit-il : \u00ab\u00a0Je crie que je ne crois \u00e0  rien et que tout est absurde, mais je ne puis douter de mon cri et il me faut au moins croire \u00e0 ma protestation\u00a0\u00bb et ainsi est-il conduit \u00e0 examiner la r\u00e9volte, plus particuli\u00e8rement sous l&rsquo;angle de \u00ab\u00a0l\u2019orgueil europ\u00e9en\u00a0\u00bb. C&rsquo;est donc sur deux si\u00e8cles de r\u00e9volte m\u00e9taphysique ou historique que Camus se penche. Pour lui, la r\u00e9volte est la part \u00ab\u00a0de l&rsquo;homme inform\u00e9 qui poss\u00e8de la conscience de ses droits\u00a0\u00bb et l&rsquo;homme enferm\u00e9 dans les soci\u00e9t\u00e9s sacr\u00e9es ne peut connaitre la r\u00e9volte. Ainsi, le probl\u00e8me de la r\u00e9volte n&rsquo;aurait de sens \u00ab qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de notre soci\u00e9t\u00e9 occidentale \u00bb. Cela ne nous para\u00eet pas aussi \u00e9vident. Nous ferons aussi \u00e0 Camus le reproche &#8211; et tout se tient &#8211; de ne concevoir la r\u00e9volte qu&rsquo;au moment o\u00f9 elle s&rsquo;exprime, au moment o\u00f9 une limite dans la souffrance ou l&rsquo;humiliation est marqu\u00e9e par le \u00ab\u00a0non\u00a0\u00bb de l&rsquo;esclave. Pour nous, il y a r\u00e9volte d\u00e9j\u00e0 avant l\u2019impatience, lorsque l&rsquo;esclave rejette en lui-m\u00eame les ordres, m\u00eame s&rsquo;il se tait. <\/p>\n\n\n\n<p>Sa distinction entre r\u00e9volte et ressentiment ne nous convainc pas. La r\u00e9volte peut ne pas \u00eatre exprim\u00e9e, le ressentiment peut s&rsquo;exprimer, il est au-dessous de la r\u00e9volte : c&rsquo;est la r\u00e9volte des c\u0153urs bas. <\/p>\n\n\n\n<p>Mais Camus nous rallie \u00e0 sa  pens\u00e9e lorsqu&rsquo;il montre que la r\u00e9volte est un \u00ab\u00a0oui\u00a0\u00bb en m\u00eame temps qu&rsquo;un \u00ab non \u00bb, car elle manifeste une valeur, elle implique un bien qui d\u00e9passe la propre destin\u00e9e du r\u00e9volt\u00e9, un bien commun, quelque chose qui fait le prix, la dignit\u00e9 de l&rsquo;homme. La r\u00e9volte n&rsquo;est pas \u00e9go\u00efste, elle exprime une solidarit\u00e9, elle fait rena\u00eetre une solidarit\u00e9 alors que la disparition du sacr\u00e9 avait s\u00e9par\u00e9 les hommes. La r\u00e9volte est collective, \u00ab elle est l&rsquo;aventure de tous \u00bb, elle tire l&rsquo;individu de sa solitude. Nous ne pouvons que reprendre cette formule claire et forte \u00ab Je me r\u00e9volte, donc nous sommes \u00bb, par laquelle Camus rejoint Bakounine. Camus semble trouver, d\u00e8s le d\u00e9part de son enqu\u00eate, la voie du communisme libertaire, lorsqu&rsquo;il \u00e9crit : \u00ab Apparemment n\u00e9gative, puisqu&rsquo;elle ne cr\u00e9e rien, la r\u00e9volte est profond\u00e9ment positive puisqu&rsquo;elle r\u00e9v\u00e8le ce qui, en l&rsquo;homme, est toujours \u00e0 d\u00e9fendre \u00bb. On comprend d&rsquo;autant moins que Camus, au c\u0153ur de son ouvrage, dans quelques pages sur Bakounine, n&rsquo;ait voulu voir en lui que l&rsquo;homme \u00ab\u00a0de la n\u00e9gation totale\u00a0\u00bb. C&rsquo;est trop ignorer l&rsquo;aspect le plus important du g\u00e9nie de Bakounine et il n&rsquo;est pas vrai que \u00ab d\u00e8s l&rsquo;Instant o\u00f9 il d\u00e9finit lui-m\u00eame la soci\u00e9t\u00e9 de l&rsquo;avenir, il la pr\u00e9sente comme une dictature \u00bb. On comprend que Camus ait voulut donner de l&rsquo;unit\u00e9 \u00e0 son chapitre, mais il nous appartient de protester lorsqu&rsquo;il mutile Bakounine ou se contente d&rsquo;affirmations mal fond\u00e9es. On pourrait d&rsquo;ailleurs reprocher \u00e0 Albert Camus, \u00e0  plusieurs reprises, d&rsquo;utiliser des citations trop br\u00e8ves, sans r\u00e9f\u00e9rences, ou de seconde main. Mieux vaut se reporter, surtout pour un ouvrage comme \u00ab\u00a0L&rsquo;Homme R\u00e9volt\u00e9\u00a0\u00bb, aux sources (\u0153uvres compl\u00e8tes de Bakounine ou de C\u0153urderoy) que d&rsquo;utiliser une histoire de l&rsquo;anarchie, fut-ce celle de Sergent et Harmel, qui ne peut donner qu&rsquo;une vue tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9rale des hommes et des doctrines. <\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;analyse proprement dite de Camus commence par la r\u00e9volte m\u00e9taphysique et apr\u00e8s d&rsquo;int\u00e9ressants d\u00e9veloppements sur Prom\u00e9th\u00e9e et Ca\u00efn, vient l&rsquo;\u00e9tude de la n\u00e9gation absolue. On ne voit pas bien pourquoi, \u00e0 propos de Sade et de ses vingt-sept ann\u00e9es de prison, Camus d\u00e9cide qu&rsquo; \u00ab\u00a0une si longue claustration engendre des valets ou des tueurs et parfois, dans le m\u00eame homme, les deux\u00a0\u00bb. N&rsquo;y a-t-il pas, dans notre mouvement, de magnifiques exemples contraires ? Camus passe de la r\u00e9volte absolue de Sade, puis de la r\u00e9volte des dandys, au Karamazov de Dosto\u00efevski, en montrant que la r\u00e9volte lorsqu&rsquo;elle aboutit au \u00ab\u00a0tout est permis\u00a0\u00bb conduit au nihilisme. Avec Stirner, du non absolu sort la divinisation de l&rsquo;individu et du crime. Avec Nietzsche, on passe \u00e0 l&rsquo;affirmation absolue, et bien que Camus d\u00e9tache le nazisme du nietzsch\u00e9isme, il n&rsquo;en conclut pas moins que l&rsquo;\u0153uvre de Nietzsche peut \u00eatre utilis\u00e9e en faveur du  meurtre. Quelque chose nous choque lorsque nous voyons Camus condamner Stirner et Nietzsche \u00e0 travers ceux qui les ont interpr\u00e9t\u00e9s \u00e0 la lettre ou en choisissant bien curieusement dans leur \u0153uvre. Pour Stirner, l&rsquo;\u00e9go\u00efsme doit se manifester la plupart de temps par l&rsquo;amour et la fraternit\u00e9 ; cela, Camus n&rsquo;en dit mot. Ne pourrait-on dire qu&rsquo;il y a complicit\u00e9 de Camus envers les disciples abusifs et cela dans le but inconscient d&rsquo;\u00e9tayer une th\u00e8se s\u00e9duisante ? <\/p>\n\n\n\n<p>Toujours poursuivant le but de montrer les m\u00e9faits et les horreurs de la r\u00e9volte absolue, Camus s&rsquo;attaque \u00e0 la po\u00e9sie r\u00e9volt\u00e9e, s&rsquo;en prend \u00e0 Lautr\u00e9amont dont les po\u00e9sies feraient succ\u00e9der au non-absolu des \u00ab\u00a0chants\u00a0\u00bb, un \u00ab\u00a0conformisme sans nuances\u00a0\u00bb, annon\u00e7ant \u00ab\u00a0le go\u00fbt de l&rsquo;asservissement intellectuel qui s&rsquo;\u00e9panouit dans notre monde\u00a0\u00bb. D&rsquo;abord, Camus ne s&rsquo;est pas pr\u00e9occup\u00e9 de savoir si les po\u00e9sies devaient \u00eatre prises \u00e0 la lettre ou s&rsquo;il y entrait un jeu. Et rien de la vie m\u00eame de Lautr\u00e9amont ne semble justifier ses conclusions. On \u00e9prouve la p\u00e9nible impression d&rsquo;une mauvaise humeur, d&rsquo;une querelle dont on n&rsquo;aper\u00e7oit pas nettement les motifs. <\/p>\n\n\n\n<p>Pour Rimbaud, il semble que Camus touche plus juste lorsqu&rsquo;il \u00e9crit \u00ab grand et admirable po\u00e8te, le plus grand de son temps \u00bb, mais que s&rsquo;appuyant sur les lettres d&rsquo;Abyssinie, il ajoute : \u00ab\u00a0Mais il n&rsquo;est pas l&rsquo;homme-dieu, l&rsquo;exemple farouche, le moine de la po\u00e9sie qu&rsquo;on a voulu nous pr\u00e9senter\u00a0\u00bb. Il resterait \u00e0 savoir qui veut faire de Rimbaud cet homme-dieu et si de l&rsquo;exemple de Rimbaud on peut tirer une loi g\u00e9n\u00e9rale. Les pages qui suivent, sur l&rsquo;\u00e9volution du surr\u00e9alisme, semblent montrer, au contraire, que l&rsquo;on peut partir du refus total du monde pr\u00e9sent vers la r\u00e9volte positive et l&rsquo;amour. <\/p>\n\n\n\n<p>Abandonnant la r\u00e9volte m\u00e9taphysique, A. Camus tente dans l&rsquo;\u00e9tude de la r\u00e9volte historique de retrouver cette marche de la r\u00e9volte nihiliste vers la volont\u00e9 de puissance. De Spartacus \u00e0 L\u00e9nine, en passant par Saint-Just, le r\u00e9gicide (\u00e0 ce sujet, notre surprise a \u00e9t\u00e9 grande de voir Louis XVI affirm\u00e9 par Camus \u00ab\u00a0comme faible et bon\u00a0\u00bb !) Hegel, et surtout ses successeurs comme Feuerbach, d\u00e9icides, Bakounine et Netcha\u00efev et les terroristes russes, A. Camus voit le cynisme politique sortir du nihilisme ou de la r\u00e9volte. Et cependant, il excepte un Saint-Just ou ces terroristes russes sentimentaux et bouleversants qui savent mourir. Mais avec la naissance du terrorisme d&rsquo;Etat, A. Camus aborde le fond du probl\u00e8me. Il pr\u00e9cise d&rsquo;abord que l&rsquo;esprit de r\u00e9volte est \u00e9tranger \u00e0 la croissance des Etats modernes, en particulier des Etats fascistes, mais cependant il fait remarquer que Mussolini et Hitler, se r\u00e9clamant le premier de Hegel, le second de Nietzsche appartiennent par l\u00e0 \u00e0 l&rsquo;histoire de la r\u00e9volte et du nihilisme. Puis, A. Camus, en un long chapitre, analyse le terrorisme d&rsquo;Etat bas\u00e9 sur la terreur rationnelle et commence par \u00e9tudier la pens\u00e9e de Comte et surtout de Marx. Cela nous donne l&rsquo;occasion de raccourcis saisissants et de critiques \u00e9blouissantes. En une page (1), Camus r\u00e9sume parfaitement la th\u00e9orie \u00e9conomique de Marx. Il montre lumineusement le caract\u00e8re bourgeois du messianisme de Marx, la vanit\u00e9 de sa dialectique dans laquelle s&rsquo;introduit la notion mystique de \u00ab fin \u00bb. Il semble qu&rsquo;on soit loin, maintenant, du nihilisme. Mais A Camus nous rappelle que le nihilisme, non la r\u00e9volte vraie, a pris l&rsquo;aspect de la puissance, a  couvert ses n\u00e9gations d&rsquo;une \u00ab\u00a0scolastique obstin\u00e9e\u00a0\u00bb. La trag\u00e9die de la r\u00e9volution de L\u00e9nine, c&rsquo;est \u00ab\u00a0celle du nihilisme, elle se conforme avec le drame de l&rsquo;intelligence contemporaine qui, pr\u00e9tendant \u00e0 l&rsquo;universel, accumule les mutilations de l&rsquo;homme\u00a0\u00bb. <\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, \u00e9crit Camus, Prom\u00e9th\u00e9e, devant les hommes faibles ou l\u00e2ches, a voulu les commander. \u00ab\u00a0Il n&rsquo;est plus Prom\u00e9th\u00e9e, il est C\u00e9sar\u00a0\u00bb. Nous pouvons objecter que cela n&rsquo;est vrai que d&rsquo;une r\u00e9volution, non forc\u00e9ment de toutes, mais Camus lui-m\u00eame n&rsquo;y pense-t-il pas ? Va-t-il abdiquer lui aussi dans une sorte de d\u00e9sesp\u00e9rance ou de conformisme ? <\/p>\n\n\n\n<p>Il va achever son \u00e9tude, justement, en posant de nouveau le probl\u00e8me \u00ab\u00a0R\u00e9volte-R\u00e9volution\u00a0\u00bb, mais d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale cette fois. <\/p>\n\n\n\n<p>Camus, maintenant, s&rsquo;appuie sur ses d\u00e9monstrations : la r\u00e9volution des principes a tu\u00e9 Dieu, la r\u00e9volution du XXe si\u00e8cle a tu\u00e9 ce qui reste de Dieu dans les principes, et le nihilisme, parce qu&rsquo;il nie toute r\u00e8gle morale, recr\u00e9e C\u00e9sar. Ainsi, les r\u00e9volutionnaires \u00ab\u00a0se ruent dans l&rsquo;histoire\u00a0\u00bb contre les enseignements de la r\u00e9volte elle-m\u00eame. <\/p>\n\n\n\n<p>Si l&rsquo;intention du communisme russe est toute diff\u00e9rente de celle des fascismes, leur cynisme politique est identique et fils du nihilisme moral. <\/p>\n\n\n\n<p>Deux remarques s&rsquo;imposent. D&rsquo;une part, nous acceptons les vues de Camus : la r\u00e9volte, lorsqu&rsquo;elle conduit au nihilisme, m\u00e8ne \u00e0 la terreur ou \u00e0 l&rsquo;individualisme forcen\u00e9, mais nous ne pensons pas que tous les exemples choisis par Camus l&rsquo;aient \u00e9t\u00e9 heureusement. Stirner, Bakounine et m\u00eame Lautr\u00e9amont sont sch\u00e9matis\u00e9s ou d\u00e9figur\u00e9s. <\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;autre part, Camus oublie toute une masse de faits historiques qui montrent au contraire que la r\u00e9volte peut rester elle-m\u00eame et vivifier la r\u00e9volution. Sans doute, Camus finit-il par dire que \u00ab\u00a0la r\u00e9volution pour \u00eatre cr\u00e9atrice ne peut se passer d&rsquo;une r\u00e8gle, morale ou m\u00e9taphysique, qui \u00e9quilibre le d\u00e9lire historique\u00a0\u00bb, bien entendu contre la morale formelle et mystificatrice de la soci\u00e9t\u00e9 bourgeoise. <\/p>\n\n\n\n<p>Et A. Camus, dans les derni\u00e8re pages, oppose la r\u00e9volution libertaire de la \u00ab\u00a0mesure\u00a0\u00bb \u00e0 la r\u00e9volution totalitaire de la \u00ab\u00a0d\u00e9mesure\u00a0\u00bb. Le syndicalisme r\u00e9volutionnaire et la Commune lui paraissent les points d&rsquo;application de la volont\u00e9 libertaire, seule fid\u00e8le \u00e0 la r\u00e9volte parce que respectueuse de l&rsquo;homme. Nous respirons enfin dans ces derni\u00e8res pages, les plus belles d&rsquo;ailleurs, extraordinairement intenses, o\u00f9 l&rsquo;on sent un souffle. Nous respirons car nous voyons Camus, non pas tir\u00e9 vers la \u00ab gr\u00e2ce \u00bb, mais fid\u00e8le \u00e0 la r\u00e9volte ; nous respirons car le langage \u00e9quivoque de certains passages s&rsquo;efface :  parfois, on pourrait penser que Camus oppose \u00e0 la r\u00e9volte pure une sorte de r\u00e9volte \u00ab\u00a0mod\u00e9r\u00e9e\u00a0\u00bb, de radical-socialisme en quelque sorte (2). Il appara\u00eet, au contraire, en fin de lecture &#8211; je parle de lecture s\u00e9rieuse &#8211; qu&rsquo;\u00e0 la d\u00e9mesure barbare conduisant \u00e0  la terreur et qui n&rsquo;est que <em>ressentiment <\/em>exprim\u00e9 et non r\u00e9volte, Camus oppose la r\u00e9volte authentique, la r\u00e9volte de la mesure (\u00e0 la mesure de l&rsquo;homme, devrait-on dire) qui n&rsquo;est nullement une r\u00e9volte limit\u00e9e, mais une r\u00e9volte lumineuse, une r\u00e9volte qui ne dispara\u00eet pas dans la r\u00e9volution mais doit l&rsquo;animer. Mesure n&rsquo;est pas m\u00e9diocrit\u00e9 ou mod\u00e9ration petite bourgeoise. Camus, l\u00e0, nous retrouve. Son m\u00e9rite est de dire admirablement ce que nous avons toujours dit, si mal, lorsque nous parlons des rapports du r\u00e9volutionnaire et du r\u00e9volt\u00e9, lorsque nous \u00e9crivions il y a quelques semaines encore que la r\u00e9volution ne peut \u00eatre si elle n&rsquo;est habit\u00e9e par la r\u00e9volte, mais que la r\u00e9volte telle quelle est impuissante sans l&rsquo;Id\u00e9e r\u00e9volutionnaire. <\/p>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 l&rsquo;opposition midi-minuit, M\u00e9diterran\u00e9e-Germanie, elle est tr\u00e8s belle, tr\u00e8s s\u00e9duisante. Trop, car elle n&rsquo;est pas absolument convaincante et risque d&rsquo;\u00eatre dangereuse. <\/p>\n\n\n\n<p>Nous ne dirons rien du chapitre sur \u00ab\u00a0R\u00e9volte et Art\u00a0\u00bb, sinon qu&rsquo;il est particuli\u00e8rement charg\u00e9 de r\u00e9flexions avec lesquelles il sera difficile de ne pas \u00eatre d&rsquo;accord. <\/p>\n\n\n\n<p>Referm\u00e9 le livre de Camus, on ne peut s&rsquo;interdire de repenser aux impressions parfois p\u00e9nibles \u00e9prouv\u00e9es au cours de la lecture. De longs d\u00e9veloppements, obligeant \u00e0 penser, riches de nombreux aper\u00e7us souvent inattendus, mais o\u00f9 le langage logique fatigue parfois. Impression de redites m\u00eame ou de complications dont on ne volt pas toujours la raison. Je pense principalement \u00e0 certains passages sur \u00ab\u00a0R\u00e9volte et Meurtre\u00a0\u00bb. L\u00e0 encore, Camus ne se m\u00e9fie pas de l&rsquo;\u00e9quivoque. \u00ab\u00a0Qu&rsquo;un seul ma\u00eetre soit, en effet, tu\u00e9, et le r\u00e9volt\u00e9, d&rsquo;une certaine mani\u00e8re n&rsquo;est plus autoris\u00e9 \u00e0 dire la communaut\u00e9 des hommes dont il tirait pourtant sa justification\u00a0\u00bb, \u00e9crit-il, alors qu&rsquo;il admet plus loin le meurtre insurrectionnel s&rsquo;il est pay\u00e9 de l&rsquo;acceptation de la mort par celui qui frappe et si la r\u00e9volte va vers la fin des meurtres. Je vois bien nos militants s&rsquo;\u00e9tonner de ces subtilit\u00e9s et se poser tout bonnement la question de savoir si le ma\u00eetre qui opprime de telle sorte que le r\u00e9volt\u00e9 est port\u00e9 \u00e0 le tuer, est encore un homme ou s&rsquo;il est seulement le ma\u00eetre. Que dirait Camus d&rsquo;un terrorisme qui ne serait ni celui d&rsquo;un Etat, ni celui d&rsquo;un nihilisme, mais celui d&rsquo;une lib\u00e9ration, n&rsquo;oubliant rien de la r\u00e9volte et de la valeur qu&rsquo;elle contient ? <\/p>\n\n\n\n<p>Est-ce impensable ? En v\u00e9rit\u00e9, Camus qui n&rsquo;a pas oubli\u00e9 l&rsquo;attitude libertaire, vers la fin de son livre surtout, fait le silence sur beaucoup de choses. Lorsqu&rsquo;il \u00e9crit que la r\u00e9volution, pour \u00eatre digne de son nom, \u00ab\u00a0doit retrouver la source cr\u00e9atrice de la r\u00e9volte\u00a0\u00bb, il exprime un souhait. Il parle du syndicalisme r\u00e9volutionnaire et cite&#8230; les r\u00e9alisations scandinaves. L\u00e0 encore, il donne pr\u00e9texte \u00e0 ceux qui voudront, par \u00ab\u00a0r\u00e9volte de la mesure\u00a0\u00bb, entendre \u00ab\u00a0compromis\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0ti\u00e9deur\u00a0\u00bb. Mais pas un mot de l&rsquo;action incontestablement terroriste (mais d&rsquo;un terrorisme nullement nihiliste) des anarchistes et des syndicalistes espagnols. Pas un mot des r\u00e9alisations <em>populaires <\/em>russes de 1917, de la Makhnovtchina, de l&rsquo;Espagne libertaire de 36. Pourquoi ? <\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, tout un pan du terrorisme et de la r\u00e9volution liber\u00adtaire \u00e9chappe \u00e0 l&rsquo;analyse de Camus. Franchement, c&rsquo;e\u00fbt \u00e9t\u00e9 plus important que les querelles \u00e0  propos de Lautr\u00e9amont et cela e\u00fbt peut-\u00eatre \u00e9vit\u00e9 de longues pages o\u00f9 la r\u00e9volution \u00e9tait vue de fa\u00e7on unilat\u00e9rale, parce qu&rsquo;on ne pensait qu&rsquo;\u00e0 la Russie moderne officielle, cette vue inclinant \u00e0 la d\u00e9sesp\u00e9rance. <\/p>\n\n\n\n<p>Camus a  longuement travaill\u00e9 \u00e0 son \u00ab\u00a0Homme R\u00e9volt\u00e9\u00a0\u00bb sans doute. Nous y trouvons cependant trop de h\u00e2te. Un essai sur un tel sujet devait faire h\u00e9siter et s&rsquo;informer davantage. Car il s&rsquo;agit, tout de m\u00eame, du drame de notre temps. Et nous n&rsquo;aurions pas voulu regretter des affirmations trop rapides, telle celle qui fait de la soci\u00e9t\u00e9 de Godwin une \u00ab\u00a0soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;inquisition\u00a0\u00bb. <\/p>\n\n\n\n<p>Le livre contient par ailleurs d&rsquo;admirables pages, surtout dans les derniers chapitres, o\u00f9 la pesanteur qui se d\u00e9gage parfois des d\u00e9veloppements fait place \u00e0 la ferveur, \u00e0 la tension aux images \u00e9blouissantes. <\/p>\n\n\n\n<p>Nous savons bien que Camus ne peut \u00eatre \u00e0 nos c\u00f4t\u00e9s qu&rsquo;en applaudissant les actions et r\u00e9alisations libertaires, sans pour cela se rallier \u00e0 nos vues intransigeantes sur l&rsquo;Etat. Mais d\u00e9j\u00e0 par son livre, il est descendu dans l&rsquo;ar\u00e8ne. Il lui faudra bien pr\u00e9ciser, \u00e9clairer encore. En tout cas, nous ne pouvons croire que tout soit dit sur la r\u00e9volte, et dit de cette fa\u00e7on qui permet \u00e0  la bourgeoisie et \u00e0 ses critiques d&rsquo;approuver sans comprendre. Cela peut \u00eatre grave. <\/p>\n\n\n\n<p>En tout cas, Camus a choisi la r\u00e9volte. On ne se tire pas \u00e0 bon compte d&rsquo;un pareil engagement. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>En vente<\/em> : 500 fr. (<em>franco <\/em>: 635 <em>fr.<\/em>) <\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"> (1) Page 251. <br>(2) L&rsquo;\u00e9quivoque du langage est flagrante parfois : \u00ab\u00a0Tout r\u00e9volutionnaire finit en oppresseur ou en h\u00e9r\u00e9tique\u00a0\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article de Georges Fontenis paru dans Le Libertaire, n\u00b0 296, 4 janvier 1952. Nous ne pouvons manquer d&rsquo;admirer ceux qui ont pu lire d&rsquo;une seule traite ou en tr\u00e8s peu de temps le nouveau livre d&rsquo;Albert Camus. C&rsquo;est sans doute qu&rsquo;ils avaient d\u00e9j\u00e0 sur le sujet une opinion bien arr\u00eat\u00e9e et qu&rsquo;ils pouvaient voir de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[32,107,1432,428,486,680,703,1714,1008],"class_list":["post-6028","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-presse","tag-32","tag-albert-camus","tag-critique","tag-federation-anarchiste","tag-georges-fontenis","tag-le-libertaire","tag-livre","tag-revolte","tag-revolution"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9lTYU-1ze","jetpack_likes_enabled":true,"jetpack-related-posts":[{"id":615,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2016\/04\/18\/fontenis\/","url_meta":{"origin":6028,"position":0},"title":"Georges Fontenis : L&rsquo;autre communisme","author":"Nedjib Sidi Moussa","date":"18\/04\/2016","format":false,"excerpt":"Source : Georges Fontenis, L'autre communisme. 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