{"id":6191,"date":"2019-08-06T14:41:06","date_gmt":"2019-08-06T12:41:06","guid":{"rendered":"http:\/\/sinedjib.com\/?p=6191"},"modified":"2024-01-09T21:42:47","modified_gmt":"2024-01-09T20:42:47","slug":"fellah","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2019\/08\/06\/fellah\/","title":{"rendered":"Samira Fellah : Les ennemies du FIS"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Textes parus dans <\/strong><em><a href=\"http:\/\/association-radar.org\/IMG\/pdf\/16-040-00344.pdf\"><strong>Inprecor<\/strong><\/a><\/em><strong>, n\u00b0 344, du 17 au 30 janvier 1992, p. 3-6<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"374\" height=\"551\" data-attachment-id=\"6192\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2019\/08\/06\/fellah\/inprecor-17-janvier-1992\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/Inprecor-17-janvier-1992.png?fit=374%2C551&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"374,551\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Inprecor-17-janvier-1992\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/Inprecor-17-janvier-1992.png?fit=204%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/Inprecor-17-janvier-1992.png?fit=374%2C551&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/Inprecor-17-janvier-1992.png?resize=374%2C551\" alt=\"\" class=\"wp-image-6192\" style=\"width:326px;height:480px\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/Inprecor-17-janvier-1992.png?w=374&amp;ssl=1 374w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/Inprecor-17-janvier-1992.png?resize=204%2C300&amp;ssl=1 204w\" sizes=\"auto, (max-width: 374px) 100vw, 374px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><strong>Alors que les r\u00e9sultats du premier tour des \u00e9lections l\u00e9gislatives n&rsquo;ont fait que confirmer le r\u00f4le croissant du Front islamique du salut (FIS) sur la sc\u00e8ne politique alg\u00e9rienne et l&rsquo;effondrement du Front de lib\u00e9ration nationale (FLN) au pouvoir, le pr\u00e9sident Chadli a pr\u00e9sent\u00e9 sa d\u00e9mission, le Il janvier 1992, et annonc\u00e9 la dissolution de l&rsquo;Assembl\u00e9e populaire.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il s&rsquo;agit d&rsquo;un coup d&rsquo;Etat, foment\u00e9 par les militaires, qui met en veilleuse le processus d\u00e9mocratique, entam\u00e9 sous la pression des \u00e9meutes d&rsquo;octobre 1988. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Notre correspondant, Chawki Sahli, nous livre ses premi\u00e8res analyses.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p><strong><em>INPRECOR : Est-ce que tu peux revenir sur ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 ? Comment interpr\u00e8tes-tu ce coup d&rsquo;Etat qui se veut \u00ab\u00a0constitutionnel\u00a0\u00bb ?<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Chawki SAHLI<\/strong> : Le Conseil constitutionnel avait des recours \u00e0 examiner concernant de multiples irr\u00e9gularit\u00e9s, mais qui n&rsquo;auraient de toute \u00e9vidence rien chang\u00e9 aux r\u00e9sultats pr\u00e9visibles du second tour et \u00e0 la victoire du FIS, \u00e0 moins d&rsquo;une solide campagne de peur orchestr\u00e9e par le pouvoir (voir l&rsquo;article en p. 5). Or, nous avons assist\u00e9 \u00e0 une mobilisation de gens qui se disent d\u00e9mocrates, et qui, dans un Comit\u00e9 de sauvegarde de l&rsquo;Alg\u00e9rie, appelaient \u00e0 l&rsquo;annulation du second tour ; en fait, ils ne demandaient ni plus ni moins que la suspension du processus d\u00e9mocratique alg\u00e9rien.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela a contribu\u00e9 \u00e0 l\u00e9gitimer la victoire du FIS au niveau populaire, au lieu de la combattre.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela dit, les d\u00e9clarations officielles se voulaient plut\u00f4t rassurantes. Il n&rsquo;y avait d&rsquo;ailleurs certainement pas une unanimit\u00e9 dans la classe dirigeante quant \u00e0 l&rsquo;attitude \u00e0 adopter face \u00e0 la victoire du FIS. Ces derniers jours, nous avions m\u00eame \u00e9cart\u00e9 la possibilit\u00e9 d&rsquo;une issue violente par un coup d&rsquo;Etat militaire &#8211; en fait, celle-ci \u00e9tait effectivement \u00e9cart\u00e9e, mais au profit d&rsquo;une solution qui, sous couvert de l\u00e9galit\u00e9 constitutionnelle, n&rsquo;est ni plus ni moins qu&rsquo;un coup d&rsquo;Etat \u00e0 peine d\u00e9guis\u00e9, qui pour le moment se fait dans le calme. Selon certaines rumeurs, il y aurait eu une r\u00e9union de g\u00e9n\u00e9raux d\u00e8s le dimanche 5 janvier.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;arm\u00e9e a d\u00e9missionn\u00e9 le pr\u00e9sident ; mais, dans la Constitution, rien ne pr\u00e9voit une telle d\u00e9mission &#8211; un d\u00e9c\u00e8s est envisag\u00e9, mais pas une d\u00e9mission en l&rsquo;absence d&rsquo;une Assembl\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour \u00eatre dans le cadre l\u00e9gal, l&rsquo;arm\u00e9e aurait d\u00fb interpr\u00e9ter cette d\u00e9mission comme un d\u00e9c\u00e8s, et donc d\u00e9signer un pr\u00e9sident provisoire au sein du Conseil constitutionnel, continuer le processus \u00e9lectoral et pr\u00e9parer des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles. Mais ce qui a  \u00e9t\u00e9 choisi, c&rsquo;est de jouer la crise constitutionnelle : puisque la Constitution ne le pr\u00e9voit pas, alors le Conseil constitutionnel n&rsquo;est pas tenu d&rsquo;organiser des \u00e9lections dans 45 jours, ce qu &lsquo;il aurait pu faire. Ce qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9, et tel \u00e9tait l&rsquo;objectif du r\u00e9gime, c&rsquo;est l&rsquo;arr\u00eat du processus l\u00e9gislatif ; m\u00eame les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles ne sont absolument pas garanties dans le d\u00e9lai pr\u00e9vu des 45 jours [elles ne devraient avoir lieu qu&rsquo;en 1994, ndlr].<\/p>\n\n\n\n<p>Le Conseil de s\u00e9curit\u00e9 se trouve soudainement oblig\u00e9 d&rsquo;assumer la charge d&rsquo;un pr\u00e9sident provisoire. La situation est fort bien r\u00e9sum\u00e9e par le quotidien <em>Le Matin<\/em>, qui annonce en \u00ab\u00a0une\u00a0\u00bb : <em>\u00ab Probl\u00e9matique int\u00e9rim de Chadli, le Conseil constitutionnel se dessaisit, le Haut-Conseil de s\u00e9curit\u00e9 d\u00e9cide \u00bb.<\/em> Or, s&rsquo;il y avait r\u00e9ellement une intention l\u00e9galiste, c&rsquo;est le Conseil constitutionnel qui aurait d\u00fb assurer cet int\u00e9rim.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est l&rsquo;arm\u00e9e qui a pris provisoirement le pouvoir, sous un cache-sexe constitutionnel. Ce sont les g\u00e9n\u00e9raux de l&rsquo;arm\u00e9e des fronti\u00e8res qui ont recommand\u00e9 \u00e0 Chadli de s&rsquo;\u00e9clipser, donnant satisfaction ainsi aux gens du FIS, qui demandaient son d\u00e9part, afin d&rsquo;appara\u00eetre comme une nouvelle \u00e9quipe qui ne porte pas la responsabilit\u00e9 du bilan du r\u00e9gime pr\u00e9c\u00e9dent.<\/p>\n\n\n\n<p>Un des facteurs de la crise du r\u00e9gime &#8211; auquel nous n&rsquo;avions pas su donner toute son importance -, qui a conduit au coup d&rsquo;Etat institutionnel est le fait que ce sont les militaires qui ont r\u00e9prim\u00e9 durement au mois de juin 1991 les \u00e9meutes, et donc les int\u00e9gristes (1) ; ils envisageaient sans doute mal et beaucoup moins que Chadli &#8211; comment cohabiter avec le FIS, qui aurait pu r\u00e9clamer la condamnation et la d\u00e9mission des t\u00eates de la hi\u00e9rarchie militaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Maintenant, le FLN risque d&rsquo;\u00eatre totalement balay\u00e9 de ce pouvoir ; les militaires vont chercher \u00e0 trouver d&rsquo;autres moyens pour \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9s au sommet de l&rsquo;Etat.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Quelles sont les r\u00e9actions des partis, et surtout de la population ?<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La situation est dramatique, car l&rsquo;arr\u00eat du processus \u00e9lectoral est la meilleure mani\u00e8re de l\u00e9gitimer le FIS. Au niveau de la population, l&rsquo;option islamiste risque de se voir consolid\u00e9e, voire de devenir r\u00e9ellement h\u00e9g\u00e9monique.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, cela ne veut pas dire que le FIS ait le moral au beau fixe. La d\u00e9mission de Chadli a \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9e alors que se tenait un meeting du FIS, dans un stade d&rsquo;Alger, sans y provoquer la moindre r\u00e9action &#8211; les participants sont rentr\u00e9s chez eux, tranquillement. Le FIS a protest\u00e9 contre l&rsquo;annulation du second tour, soutenu en cela par les Iraniens (2).<\/p>\n\n\n\n<p>Il ne faut pas se tromper, le fait que les forces int\u00e9gristes se tiennent tranquilles aujourd&rsquo;hui ne signifie pas qu&rsquo;elles soient en recul dans la soci\u00e9t\u00e9 ; au contraire, elles sortent grandies comme repr\u00e9sentantes l\u00e9gitimes du peuple.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;aile dure du FIS a, en fait, \u00e9t\u00e9 liquid\u00e9e, au niveau de la direction, au moment de l&rsquo;Etat de si\u00e8ge. La direction actuelle est majoritairement compos\u00e9e de notables pr\u00eats \u00e0 collaborer avec le pouvoir. Cependant, \u00e0 la base du FIS, il y aura des mouvements radicaux incontr\u00f4lables, mais qui ne seront sans doute pas imm\u00e9diats, car le Front islamique vient de subir plusieurs d\u00e9faites successives : celle de juin 1991, une r\u00e9pression active, et celle de ces r\u00e9centes \u00e9lections annul\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Les petits partis lib\u00e9raux proches du pouvoir sont contents, m\u00eame s&rsquo;il ne pavoisent pas. Le Front des forces socialistes (FFS) d&rsquo; A\u00eft Ahmed exprime sa surprise et son m\u00e9contentement, m\u00eame s&rsquo;il n&rsquo;est pas tr\u00e8s combatif dans son opposition au coup d&rsquo;Etat.<\/p>\n\n\n\n<p>Paradoxalement, une partie de la population semble rassur\u00e9e, apr\u00e8s la crise \u00e9vidente de ces derniers jours, mais sans enthousiasme. Il semble que la campagne de peur autour d&rsquo;un possible Etat int\u00e9griste ait eu un certain effet et les gens vivent le moment actuel comme un r\u00e9pit dans une situation confuse aux issues incertaines. En fait, les gens s&rsquo;attendaient \u00e0 une r\u00e9action sanglante de la part du r\u00e9gime ; la mani\u00e8re douce a provoqu\u00e9 une sorte soulagement.<\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>A l&rsquo;\u00e9tranger, A\u00eft Ahmed appara\u00eet comme le seul dirigeant politique \u00e0 condamner le coup d&rsquo;Etat. Qu&rsquo;en est-il exactement ?<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La direction du FFS a r\u00e9agi, mais ses militants sont comme les autres. A\u00eft Ahmed voulait \u00eatre une sorte de recours et il est pr\u00e9sent\u00e9 comme tel dans les m\u00e9dias occidentaux ; mais, au niveau de son \u00e9lectorat, il y avait une forte inqui\u00e9tude car les gens ont compris que le FFS n&rsquo;\u00e9tait pas une alternative nationale, et qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait que kabyle.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>A ton avis, que peut-on pr\u00e9voir maintenant ?<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il nous faut encore quelques jours pour savoir quelle tournure que prendra cette transition, qui peut \u00eatre plus ou moins brutale ; cela d\u00e9pend des r\u00e9actions du FIS, mais surtout de la volont\u00e9 des militaires &#8211; ils peuvent, par exemple, d\u00e9cider d&#8217;emp\u00eacher les partis de fonctionner.<\/p>\n\n\n\n<p>Le plus probable c&rsquo;est que l&rsquo;arm\u00e9e essayera de se tourner vers une sorte d&rsquo;ouverture o\u00f9 les partis pourront fonctionner sous haute-surveillance. Aujourd&rsquo;hui, les militaires ont tous les moyens pour imposer leur volont\u00e9, et fixer les \u00e9lections quand bon leur semblera.<\/p>\n\n\n\n<p>Une des donn\u00e9es essentielles de la situation est la faillite \u00e9conomique ; le r\u00e9gime aura besoin de prendre des mesures sociales draconiennes et il risque de profiter du choc provoqu\u00e9 par la nouvelle situation pour les imposer aux travailleurs. Dans l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une r\u00e9action organis\u00e9e de ceux-ci, l&rsquo;arm\u00e9e n&rsquo;h\u00e9sitera pas \u00e0 r\u00e9pondre par la violence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Propos recueillis par Sophie Massouri<br>13 janvier 1992<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">1) Voir <em>Inprecor <\/em>n\u00b0 322 et 334 des 7 juin et <a href=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2019\/07\/09\/salhi\/\">5 juillet 1991<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">2) Cette interview a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 la veille de la premi\u00e8re d\u00e9claration de la direction du FIS, appelant le peuple alg\u00e9rien \u00e0 se <em>\u00ab\u00a0pr\u00e9parer \u00e0 toute \u00e9ventualit\u00e9\u00a0\u00bb<\/em> pour sortir le pays de la <em>\u00ab\u00a0situation dangereuse dans laquelle ils se trouve\u00a0\u00bb<\/em> (<em>Lib\u00e9ration<\/em>, 14 janvier 1992). Mais cette d\u00e9claration cherche plut\u00f4t \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 la base du FIS qu&rsquo;\u00e0 affronter l&rsquo;arm\u00e9e. Apr\u00e8s une r\u00e9union avec le FIS, le FLN a, par ailleurs, d\u00e9clar\u00e9 son opposition au coup d&rsquo;Etat.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><tbody><tr><td><strong>Le r\u00e9gime a \u00e9chou\u00e9<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>La d\u00e9mission de Chadli est un aveu d&rsquo;\u00e9chec du pouvoir, qui tentait de r\u00e9aliser l&rsquo;ouverture \u00e9conomique lib\u00e9rale en la dissimulant derri\u00e8re les concessions d\u00e9mocratiques accord\u00e9es apr\u00e8s octobre 1988 ; elle vient rappeler utilement que le pouvoir ne se donne pas apr\u00e8s des \u00e9lections, et que, dans les phases travers\u00e9es \u00e0 ce jour, il a toujours \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenu par la caste militaire. ( \u2026 )<br><br>Si les int\u00e9gristes menacent les droits des femmes, l&rsquo;expression des opinions et l&rsquo;existence des partis, s&rsquo;ils promettent un r\u00e9gime d&rsquo;oppression, ce ne sont pas les chars qui garantiront les libert\u00e9s.<br><br>L&rsquo;action des pr\u00e9tendus d\u00e9mocrates en faveur de la mise entre parenth\u00e8ses de la d\u00e9mocratie ne peut qu&rsquo;offrir au FIS un statut de martyr et une stature d&rsquo;opposition unique.<br><br>C&rsquo;est pourquoi le PST r\u00e9affirme sa d\u00e9termination \u00e0 d\u00e9fendre les libert\u00e9s menac\u00e9es, sa disponibilit\u00e9 \u00e0 constituer le front d\u00e9mocratique le plus large dans ce but.<br><br>Mais le seul moyen d&rsquo;arracher les jeunes et les masses populaires au parti du d\u00e9sespoir, c&rsquo;est la construction, dans les luttes de tous les jours, d&rsquo;une alternative qui rassemble le plus grand nombre dans le refus de l&rsquo;exploitation et de l&rsquo;injustice sociale.<\/td><\/tr><tr><td><strong>D\u00e9claration du Parti socialiste des travailleurs, 12 janvier 1992.<\/strong><\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong>L&rsquo;urne de Pandore<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><strong>C&rsquo;est tard dans la soir\u00e9e du 26 d\u00e9cembre 1991 que l&rsquo;Alg\u00e9rie a d\u00e9couvert le r\u00e9sultat du premier tour des \u00e9lections l\u00e9gislatives (1) : le Front islamique du salut (FIS), grand vainqueur d&rsquo;un vote qui a concern\u00e9 6,8 millions de personnes seulement sur 13 millions d&rsquo;\u00e9lecteurs inscrits. Joie discr\u00e8te des milieux int\u00e9gristes, choc psychologique dans le camp adverse, silence et h\u00e9sitation du pouvoir, agitation st\u00e9rile d&rsquo;appareils impuissants.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Cet article a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit au lendemain du premier tour dont il analyse les r\u00e9sultats.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>LES RESULTATS du 26 d\u00e9cembre t\u00e9moignent qu &lsquo;en l&rsquo;absence d&rsquo;un grand parti des travailleurs, les ch\u00f4meurs, les jeunes, les ouvriers victimes du lib\u00e9ralisme ont choisi, pour exprimer leur protestation, le drapeau d&rsquo;une direction r\u00e9trograde, parce qu&rsquo;elle a donn\u00e9 l&rsquo;illusion d&rsquo;une opposition radicale, puissante et efficace, capable de nous sortir de la mis\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Le mode de scrutin a pouss\u00e9 au vote utile, et renforc\u00e9, en l&rsquo;absence d&rsquo;alternative, le poids du vote FIS comme vote sanction contre le pouvoir du Front de lib\u00e9ration nationale (FLN).<\/p>\n\n\n\n<p>Le FIS emporte, d\u00e8s le premier tour, 188 si\u00e8ges sur 430 et reste en course dans la presque totalit\u00e9 des 199 si\u00e8ges en ballottage. Il a obtenu 3,26 millions de voix sur 6,8 millions de suffrages exprim\u00e9s et sur 13 millions d&rsquo;\u00e9lecteurs inscrits. Si l&rsquo;on ajoute les 150 000 voix du parti Ennahda, \u00e0 peine diff\u00e9rent du FIS, et les 368 000 voix de Hamas, int\u00e9gristes plus mod\u00e9r\u00e9s, les fondamentalistes ont remport\u00e9 la majorit\u00e9 des voix. Il suffit donc de 28 si\u00e8ges au second tour pour que le FIS obtienne la majorit\u00e9 \u00e0 lui tout seul. Le succ\u00e8s du FIS conforte son h\u00e9g\u00e9monie sur le camp populaire et le mode de scrutin injuste peut lui donner, au second tour, une majorit\u00e9 de d\u00e9put\u00e9s avec une minorit\u00e9 de voix, puisqu&rsquo;il a obtenu les voix de seulement 24% des inscrits.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Front des forces socialistes (FFS) d&rsquo;Hocine A\u00eft Ahrned a exprim\u00e9 le consensus des masses opprim\u00e9es dans leur droit \u00e0 parler tamazight (la langue berb\u00e8re) et suscit\u00e9, dans le centre du pays, l&rsquo;espoir des adversaires d&rsquo;une mainmise fondamentaliste. Mais avec ses 510 000 voix et ses 26 d\u00e9put\u00e9s, il n&rsquo;est pas en course pour le pouvoir, m\u00eame s&rsquo;il remporte les 13 si\u00e8ges en ballottage qui lui restent. Sa campagne aujourd&rsquo;hui consiste seulement \u00e0 conforter son leadership sur la mouvance d\u00e9mocratique et \u00e0 \u00e9largir sa base hors du bastion kabyle.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec 1,65 million de voix, pour 15 d\u00e9put\u00e9s au premier tour, le FLN a recueilli tant les voix des zones rurales, pas encore concern\u00e9es par la temp\u00eate d&rsquo;Octobre (2), que celles des couches inqui\u00e8tes de la mont\u00e9e du FIS ; il est concern\u00e9 par 172 ballottages. Son score important, en contradiction avec le lourd passif de trente ans de pouvoir, signifie que le vote FLN a servi de refuge pour nombre de ceux qui craignent le FIS dans les couches moyennes, mais aussi parmi les masses populaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9lites intellectuelles et sociales semblent avoir choisi de voter pour la multitude de partis lib\u00e9raux d\u00e9mocratiques, dont les voix sont rendues inutiles par le scrutin majoritaire. Le Rassemblement culturel d\u00e9mocratique (RCD), avec 200 000 voix, le Mouvement d\u00e9mocratique alg\u00e9rien (MDA) de Ben Bella avec 135 000, et 30 autres partis lib\u00e9raux, qui totalisent 300 000 voix, avaient, dans l&rsquo;ensemble, fait campagne pour le scrutin \u00e0 deux tours, sous l&rsquo;impulsion du pouvoir, qui savait qu&rsquo;il recueillerait, au second tour, les voix cumul\u00e9es de ces poussi\u00e8res de partis. Ils ont engouffr\u00e9 des sommes \u00e9normes pour pr\u00e9senter des milliers de candidats.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong>Elections ni propres ni honn\u00eates<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Sur 40 partis, il en restera donc trois. Si le Parti socialiste des travailleurs (PST) peut \u00eatre satisfait d&rsquo;avoir, par sa campagne, int\u00e9ress\u00e9 les masses populaires, il n&rsquo;est pas apparu, bien s\u00fbr, comme une force cr\u00e9dible capable d&rsquo;apporter le changement tout de suite. Il a cependant commenc\u00e9 \u00e0 b\u00e2tir une r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 contre-courant du lib\u00e9ralisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Le PST a toujours contest\u00e9 la l\u00e9gitimit\u00e9 de ces \u00e9lections, dont les r\u00e8gles \u00e9taient antid\u00e9mocratiques : moyens financiers et organisationnels disproportionn\u00e9s, mode de scrutin qui amplifie le score des grands appareils, campagne m\u00e9diatique partiale : tout y contribuait. La complexit\u00e9 des proc\u00e9dures de vote, comme la confusion du champ politique, ont conduit \u00e0 plus de 6 millions d&rsquo;abstentions et de votes nuls.<\/p>\n\n\n\n<p>La proc\u00e9dure de vote a \u00e9t\u00e9 compliqu\u00e9e pour exclure les analphab\u00e8tes, et seul le FIS a mis en oeuvre des moyens d&rsquo;encadrement n\u00e9cessaires pour r\u00e9cup\u00e9rer le vote des femmes et des analphab\u00e8tes ; il a organis\u00e9 des cours pour entra\u00eener ses sympathisants illettr\u00e9s \u00e0 cocher le bon num\u00e9ro sans d\u00e9passer le cadre pr\u00e9vu. Les 924 000 votes nuls repr\u00e9sentent les votes perdus des \u00e9lecteurs illettr\u00e9s des adversaires du FIS qui n&rsquo;avaient, eux, rien pr\u00e9vu.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans nombre de bureaux de vote majoritairement f\u00e9minins, le FIS l&#8217;emporte largement. Le droit de vote des femmes, fra\u00eechement conquis \u00e0 la barbe des int\u00e9gristes, tourne \u00e0 l&rsquo;avantage des ennemis du droit des femmes parce que les partis dits d\u00e9mocratiques n&rsquo;ont pas tous sorti \u00ab\u00a0leurs\u00a0\u00bb femmes et ne les ont pas associ\u00e9es au d\u00e9bat politique, alors que les int\u00e9gristes se mobilisaient avec leurs militantes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Parti d&rsquo;avant-garde socialiste (PAGS) stalinien et le Parti des travaillleurs (PT) lambertiste, les ont tous deux boycott\u00e9es &#8211; le premier exigeant l&rsquo;interdiction du FIS, et le second insistant sur la lib\u00e9ration pr\u00e9alable des dirigeants du FIS emprisonn\u00e9s. Au lendemain du vote, les lambertistes, plut\u00f4t g\u00ean\u00e9s, s&rsquo;abstenaient de parler du gouvernement FIS-FLN ou FIS-FFS qu&rsquo;ils avaient r\u00e9clam\u00e9 auparavant. Le PAGS, lui, lan\u00e7ait ses forces militantes amoindries dans une campagne hyst\u00e9rique pour l&rsquo;annulation du second tour.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong>\u00c9ventuel coup de force ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En fait, le pouvoir ne s&rsquo;attendait pas \u00e0 la victoire du FIS ni au fort taux d&rsquo;abstention. Le ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur a d&rsquo;abord bredouill\u00e9 que tout s&rsquo;\u00e9tait d\u00e9roul\u00e9 dans le calme et que la participation \u00e9tait en progr\u00e8s\u2026 Ensuite, devant l&rsquo;ampleur de l&rsquo;\u00e9chec, il semble bien que la possibilit\u00e9 d&rsquo;un coup de force ait pu \u00eatre envisag\u00e9e, l&rsquo;\u00e9cart en nombre de si\u00e8ges obtenus entre le FIS et ses concurrents \u00e9tant tel qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas possible de r\u00eaver \u00e0 un retournement. La panique, qui s&rsquo;est empar\u00e9e notamment des couches moyennes, est utilis\u00e9e dans une campagne folle pour l&rsquo;annulation des \u00e9lections. Des dirigeants de partis d\u00e9mocrates, le PAGS et des journaux d\u00e9mocratiques s&rsquo;engouffrent dans un Comit\u00e9 de sauvegarde de l&rsquo;Alg\u00e9rie, cr\u00e9\u00e9 par l&rsquo;Union g\u00e9n\u00e9rale des travailleurs alg\u00e9riens (UGTA) et des organisations patronales.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette agitation discr\u00e9dite la d\u00e9mocratie et grandit le FIS, qui garde un calme olympien. La marche appel\u00e9e par Ait Ahmed le 2 janvier, par son caract\u00e8re massif, est le seul \u00e9l\u00e9ment positif dans cette situation d\u00e9sastreuse, r\u00e9confortant les uns et for\u00e7ant les autres au respect.<\/p>\n\n\n\n<p>Il appara\u00eet peu probable que le FLN puisse remonter la pente, m\u00eame avec les circonscriptions qu&rsquo;annulera le Conseil constitutionnel. Mais les jeux ne sont pas faits : coalition FLN-FIS, gouvernement Hachani islamo-technocratique (3), ou d\u00e9bordement rapide des ailes radicales ? De quoi demain sera-t-il fait ?<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;Occident financera-t-il un \u00e9ventuel gouvernement FIS ou le laissera-t-il crouler sous le service de la dette ? Entre les possibilit\u00e9s r\u00e9elles offertes par un r\u00e9gime de terreur pour \u00e9craser le pouvoir d&rsquo;achat, fermer les entreprises publiques et ouvrir l&rsquo;\u00e9conomie au march\u00e9 mondial et la peur de d\u00e9stabiliser sa domination sur toute une r\u00e9gion, l&rsquo;imp\u00e9rialisme h\u00e9site.<\/p>\n\n\n\n<p>Le seul moyen de r\u00e9sister au FIS est la mobilisation pour la d\u00e9fense des acquis culturels et d\u00e9mocratiques. Seules seront perdues les libert\u00e9s qui ne seront pas d\u00e9fendues, et la lutte peut \u00eatre efficace quel que soit le gouvernement en place. Ceux qui d\u00e9fendent les libert\u00e9s d\u00e9mocratiques doivent agir ensemble.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais pour vaincre l&rsquo;int\u00e9grisme, il faut arracher aux int\u00e9gristes la jeunesse des quartiers populaires, en continuant le combat contre le lib\u00e9ralisme et en r\u00e9sistant aux plans du Fonds mon\u00e9taire international (FMI).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Alger, 7 janvier 1992<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Chawki Salhi<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">1) Voir <em>Inprecor <\/em>n\u00b0 342 du 6 d\u00e9cembre 1991.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">2) R\u00e9f\u00e9rence aux \u00e9meutes d&rsquo;octobre 1988 \u00e0 Alger.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">3) Abdelkader Hachani est le porte-parole provisoire du FIS, depuis l&rsquo;arrestation d&rsquo;Abassi Madani et d&rsquo;Ali Belhadj.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong>Les ennemies du FIS<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><strong>Les m\u00e9dias occidentaux ont r\u00e9cemment d\u00e9couvert le mouvement des femmes en Alg\u00e9rie, et surtout sa lutte contre les int\u00e9gristes. Cependant, ce mouvement ne date pas d&rsquo;hier, comme le rappelle ce t\u00e9moignage d&rsquo;une militante du Parti socialiste des travailleurs (PST) et du mouvement des femmes alg\u00e9rien (<a href=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2019\/07\/07\/algerie-46\/\">voir <em>lnprecor <\/em>n\u00b0 325 du 1er mars 1991<\/a>).<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>DURANT la guerre d&rsquo;Ind\u00e9pendance, les femmes ont pris part \u00e0 la lutte de lib\u00e9ration : certaines, les plus connues, ont pos\u00e9 des bombes mais il ne s&rsquo;agissait que d&rsquo;une minorit\u00e9 ; d&rsquo;autres sont parties \u00e0 la montagne rejoindre la gu\u00e9rilla ; cependant, la plupart ont particip\u00e9 \u00e0 la r\u00e9sistance dans les villes, alors que les hommes partaient dans les montagnes. Leur participation \u00e0 cette lutte a donn\u00e9 un fort sens de la l\u00e9gitimit\u00e9 historique aux femmes alg\u00e9riennes. Aujourd&rsquo;hui encore, certaines d&rsquo;entre elles investies dans la guerre d&rsquo;Ind\u00e9pendance sont en premi\u00e8re ligne du mouvement d\u00e9mocratique. <\/p>\n\n\n\n<p>Le Front de lib\u00e9ration nationale (FLN) au pouvoir n&rsquo;a jamais accept\u00e9 que les femmes prennent part \u00e0 la gu\u00e9rilla. En 1958, il a donn\u00e9 l&rsquo;ordre que toutes les femmes lut-  tant dans les montagnes, et \u00e0 la fronti\u00e8re tunisienne, soient renvoy\u00e9es \u00e0 la maison. Les femmes n&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9es dans les organes de direction du FLN ou de l&rsquo;arm\u00e9e de lib\u00e9ration. <\/p>\n\n\n\n<p>Il \u00e9tait donc pr\u00e9visible, qu&rsquo;au moment de la d\u00e9claration d&rsquo;ind\u00e9pendance, le FLN poursuivrait cette politique d&rsquo;exclusion vis-\u00e0-vis des femmes. A Alger, plusieurs d&rsquo;entre elles protest\u00e8rent contre cela, ce qui conduisit le pr\u00e9sident de l&rsquo;\u00e9poque, Ahmed Ben Bella, \u00e0 favoriser la cr\u00e9ation d&rsquo;une association des femmes alg\u00e9riennes, afin de canaliser leur m\u00e9contentement. Depuis sa cr\u00e9ation en 1963, cette association a toujours \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9e par des hommes &#8211; certains d&rsquo;entre eux se sont m\u00eame permis de dire parfois <em>\u00ab Nous, les femmes d&rsquo;Alg\u00e9rie \u00bb<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>La construction d&rsquo;un mouvement autonome <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les racines du mouvement des femmes actuel viennent de l&rsquo;ext\u00e9rieur de cette association, de femmes qui ont r\u00e9sist\u00e9 aux tentatives du gouvernement de mettre en place une l\u00e9gislation discriminatoire. <\/p>\n\n\n\n<p>Le FLN \u00e9tait un mouvement de lib\u00e9ration avec un programme national, mais sans programme social pr\u00e9cis pour la construction d&rsquo;une Alg\u00e9rie ind\u00e9pendante ; il a \u00e9t\u00e9 influenc\u00e9 par les forces sociales les plus diverses, y compris les fondamentalistes. <\/p>\n\n\n\n<p>Depuis l&rsquo;Ind\u00e9pendance, le gouvernement a essay\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises d&rsquo;imposer une loi de la famille qui r\u00e9gisse le mariage, le divorce, l&rsquo;h\u00e9ritage, etc., selon la loi islamique. Une telle loi \u00e9tait compl\u00e8tement inacceptable pour les femmes qui avaient pris part \u00e0 la guerre de lib\u00e9ration, et, dans les ann\u00e9es qui ont suivi l&rsquo;Ind\u00e9pendance, elles ont cr\u00e9\u00e9 un mouvement des femmes informel. <\/p>\n\n\n\n<p>Le tournant vers l&rsquo;industrialisation de la fin des ann\u00e9es 60 et du d\u00e9but des ann\u00e9es 70 a permis aux filles d&rsquo;aller \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole et \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 &#8211; les nouvelles industries avaient besoin de main-d&rsquo;\u0153uvre f\u00e9minine. A cette \u00e9poque, les femmes avaient la possibilit\u00e9 d&rsquo;am\u00e9liorer significativement leurs conditions sociales. Mais avec la fin de l&rsquo; \u00ab\u00a0\u00e2ge d&rsquo;or\u00a0\u00bb, au d\u00e9but des ann\u00e9es 80, la situation des femmes a recommenc\u00e9 \u00e0 se d\u00e9t\u00e9riorer. Les licenciements les ont touch\u00e9es en premier. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans les ann\u00e9es 80, des mouvements ind\u00e9pendants, tels celui des femmes et ceux des \u00e9tudiants et des Berb\u00e8res, ont \u00e9t\u00e9 durement attaqu\u00e9s par le gouvernement. C&rsquo;est le mouvement des femmes qui a oppos\u00e9 la r\u00e9sistance la plus acharn\u00e9e ; les gens disaient : <em>\u00ab Les femmes sont les seuls hommes qui restent dans ce pays. \u00bb<\/em> Apr\u00e8s les grandes manifestations de 1981, 1982 et 1983, le mouvement a connu un recul s\u00e9v\u00e8re en 1984, l&rsquo;ann\u00e9e o\u00f9 le gouvernement a pr\u00e9sent\u00e9 sa loi sur le Code de la famille. <\/p>\n\n\n\n<p>En 1988, l&rsquo;Alg\u00e9rie a connu une explosion sociale. Les jeunes (60 % de la population a moins de 20 ans et 75 % moins de 25 ans) ont occup\u00e9 les rues de la capitale et attaqu\u00e9 toutes les institutions symbolisant le r\u00e9gime. Cette r\u00e9volte a heurt\u00e9 le pouvoir et a eu pour cons\u00e9quence l&rsquo;apparition de plusieurs partis politiques. <\/p>\n\n\n\n<p>En octobre 1988, la r\u00e9pression a \u00e9t\u00e9 terrible. Des milliers de jeunes ont \u00ab\u00a0disparu\u00a0\u00bb. Des femmes ont assi\u00e9g\u00e9 les casernes, les commissariats et les prisons ; elles ont organis\u00e9 des comit\u00e9s pour la lib\u00e9ration de leurs fils, contre la torture et pour les libert\u00e9s d\u00e9mocratiques. C&rsquo;est \u00e0 partir de ce mouvement que sont apparus des groupes de femmes organis\u00e9s dans de nombreux endroits, surtout dans le Nord du pays. <\/p>\n\n\n\n<p>Ces structures, qui avaient des buts largement identiques, ont ensuite construit une coordination nationale, \u00e0 partir du travail en commun. Cette collaboration a \u00e9t\u00e9 renforc\u00e9e par la campagne haineuse lanc\u00e9e contre les femmes par les fondamentalistes, qui, au d\u00e9part, s&rsquo;est manifest\u00e9e par des insultes verbales dans les rues, les m\u00e9dias et les mosqu\u00e9es. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>La cible des int\u00e9gristes <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le message essentiel des int\u00e9gristes \u00e9tait que les seules causes de la crise de l&rsquo;Alg\u00e9rie sont les femmes : elles sont responsables du d\u00e9clin du syst\u00e8me \u00e9ducatif, car la plupart des enseignants sont des femmes ; responsables de l&rsquo;augmentation de la criminalit\u00e9, car elles ne sont pas l\u00e0 o\u00f9 elles devraient \u00eatre, \u00e0 la maison en train d&rsquo;\u00e9duquer leurs enfants ; responsables, enfin, de la d\u00e9cadence morale du pays. <\/p>\n\n\n\n<p>Au bout de quelques mois, tout le pays \u00e9tait dans un \u00e9tat de choc r\u00e9el. Les femmes se faisaient attaquer dans les rues, les bus, au travail ou \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9, en particulier, les femmes seules, veuves, divorc\u00e9es ou c\u00e9libataires. <\/p>\n\n\n\n<p>A cette \u00e9poque, les groupes de femmes organisaient des rassemblements, des manifestations et d&rsquo;autres activit\u00e9s presque tous les week-end ; le mouvement semblait grossir apr\u00e8s chaque attaque. Durant tout 1989 et le premier semestre 1990, le mouvement des femmes a \u00e9t\u00e9 pratiquement la seule force \u00e0 s&rsquo;opposer activement aux fondamentalistes, et ce dans des conditions d&rsquo;isolement social total. Certains partis incluaient l&rsquo;\u00e9mancipation des femmes dans leurs programmes, mais elles ne pouvaient pas compter sur leur appui &#8211; hormis les partis d&rsquo;extr\u00eame gauche. <\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;activit\u00e9 du mouvement des femmes amena le Front islamique du salut (FIS) \u00e0 changer de tactique \u00e0 l&rsquo;occasion des \u00e9lections municipales : ceux qui, auparavant, insultaient les femmes ont commenc\u00e9 \u00e0 parler de salaire pour les m\u00e8res au foyer. Quand on leur demandait avec quoi ils le payeraient, ils r\u00e9pondaient qu&rsquo;ils supprimeraient la police &#8211; argument tr\u00e8s populaire dans la jeunesse. <\/p>\n\n\n\n<p>Depuis la r\u00e9volte de 1988, un profond foss\u00e9 s&rsquo;est creus\u00e9 entre la population et le r\u00e9gime corrompu du FLN. Face \u00e0 la dramatique p\u00e9nurie de logements &#8211; en moyenne, trois personnes vivent dans un 9 m2 -, les int\u00e9gristes ont propos\u00e9 des logements pour tous. Ils ont \u00e9galement annonc\u00e9 une distribution \u00e9quitable de l&rsquo;eau, in\u00e9galement r\u00e9partie entre quartiers riches et pauvres. De telles propositions ont \u00e9t\u00e9 bien accueillies par les femmes. Cela explique pourquoi des femmes qui avaient particip\u00e9 aux manifestations contre les attaques int\u00e9gristes ont vot\u00e9 pour eux, le 12 juin 1990, contribuant \u00e0 leur victoire. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Batailles d\u00e9mocratiques et \u00e9conomiques <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le mouvement des femmes s&rsquo;est battu contre la loi \u00e9lectorale en vigueur en juin 1990, qui permettait \u00e0 un homme de voter pour lui, pour son \u00e9pouse et pour trois autres personnes. Au d\u00e9part, seuls le mouvement des femmes et l&rsquo;extr\u00eame gauche ont lutt\u00e9 pour ce droit, puis ce front s&rsquo;est amplifi\u00e9 et 28 partis ont demand\u00e9 une r\u00e9forme de la loi \u00e9lectorale, qui a finalement \u00e9t\u00e9 octroy\u00e9e. <\/p>\n\n\n\n<p>Les femmes ne doivent pas seulement s&rsquo;occuper des questions d\u00e9mocratiques ; elles subissent aussi la crise \u00e9conomique, qui a empir\u00e9 ces derniers mois. L&rsquo;accord entre le gouvernement et le Fonds mon\u00e9taire international (FMI) a conduit \u00e0 des suppressions d&#8217;emploi massives. Le pouvoir d&rsquo;achat a \u00e9t\u00e9 drastiquement r\u00e9duit. Tout cela entra\u00eene une profonde d\u00e9t\u00e9rioration des conditions de vie des femmes. Auparavant, le syst\u00e8me de sant\u00e9 \u00e9tait gratuit, mais il est redevenu payant, car l&rsquo;Etat est en train de se retirer de ce secteur. Cela conduira \u00e0 une importante augmentation du taux de mortalit\u00e9 des femmes. <\/p>\n\n\n\n<p>Le prix des livres scolaires a beaucoup augment\u00e9. Les familles devront bient\u00f4t choisir lesquels de leurs enfants (en moyenne sept par femme) iront \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole, et ce sont \u00e9videmment les filles qui en feront les frais. Comme les premi\u00e8res licenci\u00e9es sont des femmes, elles doivent rentrer dans le secteur informel, en vendant sur les march\u00e9s des produits faits \u00e0 la maison pour augmenter le maigre revenu familial. La perspective d&rsquo;un appauvrissement croissant risque de d\u00e9truire toutes les possibilit\u00e9s d&rsquo;\u00e9mancipation des femmes en Alg\u00e9rie. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">SOZ, Novembre 1991<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Textes parus dans Inprecor, n\u00b0 344, du 17 au 30 janvier 1992, p. 3-6 Alors que les r\u00e9sultats du premier tour des \u00e9lections l\u00e9gislatives n&rsquo;ont fait que confirmer le r\u00f4le croissant du Front islamique du salut (FIS) sur la sc\u00e8ne politique alg\u00e9rienne et l&rsquo;effondrement du Front de lib\u00e9ration nationale (FLN) au pouvoir, le pr\u00e9sident Chadli [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[2340],"tags":[1217,59,112,435,472,2147,2248,3287,975,3281],"class_list":["post-6191","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-revues","tag-1217","tag-59","tag-algerie","tag-femmes","tag-front-de-liberation-nationale","tag-front-islamique-du-salut","tag-inprecor","tag-parti-socialiste-des-travailleurs","tag-quatrieme-internationale","tag-samira-fellah"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/s9lTYU-fellah","jetpack_likes_enabled":true,"jetpack-related-posts":[{"id":9954,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2020\/09\/19\/samira-fellah-algerie-armee-crise-partis\/","url_meta":{"origin":6191,"position":0},"title":"Samira Fellah : Alg\u00e9rie. 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