{"id":7232,"date":"2020-03-03T20:08:22","date_gmt":"2020-03-03T19:08:22","guid":{"rendered":"http:\/\/sinedjib.com\/?p=7232"},"modified":"2020-03-03T20:27:06","modified_gmt":"2020-03-03T19:27:06","slug":"de-diesbach","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2020\/03\/03\/de-diesbach\/","title":{"rendered":"S\u00e9bastien de Diesbach : Pas de manifestation aujourd&rsquo;hui"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Article de S\u00e9bastien de Diesbach alias S. Chatel paru dans <em><a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\" (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"https:\/\/archivesautonomies.org\/IMG\/pdf\/soub\/SouB-n40.pdf\" target=\"_blank\">Socialisme ou Barbarie<\/a><\/em>, n\u00b0 40<\/strong>, <strong>juin-ao\u00fbt 1965<\/strong>, <strong>p. 84-89<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/images-na.ssl-images-amazon.com\/images\/I\/51UUXBpn3UL._SX379_BO1%2C204%2C203%2C200_.jpg?resize=350%2C458&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"350\" height=\"458\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><em>Une noire ayant une fonction \u00e9lev\u00e9e dans le gouvernement de la Ville de New-York loue les vertus de la limousine avec chauffeur qui fait partie des attributs de son poste : \u00ab Sans elle je ne peux pas aller \u00e0 mon bureau. Quand j&rsquo;essaie d&rsquo;entrer \u00e0 pied dans une enceinte administrative, un policier m&rsquo;arr\u00eate pour me dire &lsquo;Sorry miss, il n&rsquo;y a pas de manifestation aujourd&rsquo;hui (no picketing today)&rsquo;<\/em>\u00a0\u00bb <br>(D&rsquo;apr\u00e8s le <em>New-York Times<\/em>)  <\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong>\u00ab\u00a0LA FOULE SOLITAIRE\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">par David RIESMAN<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">\u00ab\u00a0La foule solitaire\u00a0\u00bb se pr\u00e9sente comme un ouvrage sur ce que son auteur appelle le caract\u00e8re social. Il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire d&rsquo;avoir lu le livre de Riesman (dont la traduction fran\u00e7aise vient de para\u00eetre aux Editions Arthaud) pour savoir qu&rsquo;il existe selon lui trois types fondamentaux de d\u00e9termination du comportement : la d\u00e9termination par les traditions, par soi, par autrui. Or ces trois types repr\u00e9sentent chacun un caract\u00e8re social sp\u00e9cifique : ils apparaissent dans un contexte historique et social pr\u00e9cis et assurent, dans les conditions propres \u00e0 ce contexte, la conformit\u00e9 des individus aux besoins du fonctionnement social. La soci\u00e9t\u00e9, bri\u00e8vement parlant, produit et impose, selon Riesman le caract\u00e8re qui lui convient : les \u00e9nergies les plus diverses sont organis\u00e9es dans un syst\u00e8me unique de r\u00e9pressions et de tol\u00e9rances, un comportement uniforme est impos\u00e9 aux \u00eatres les moins semblables, des motivations identiques p\u00e9n\u00e8trent \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du domaine r\u00e9serv\u00e9 de la conscience. Ainsi la d\u00e9termination par la tradition appara\u00eet-elle comme la motivation essentielle dans les soci\u00e9t\u00e9s o\u00f9 le changement est faible sinon nul, et o\u00f9 le fonctionnement social exige la conformit\u00e9 du comportement aux normes qui r\u00e9glementent rigidement toutes les sph\u00e8res de la vie. Lorsque ces sph\u00e8res se trouvent boulevers\u00e9es par de nouvelles id\u00e9es et r\u00e9organis\u00e9es autour d&rsquo;une activit\u00e9 privil\u00e9gi\u00e9e, l&rsquo;activit\u00e9 \u00e9conomique, qui elle-m\u00eame impose d&rsquo;autres bouleversements, la tradition n&rsquo;est plus capable d&rsquo;assurer l&rsquo;adaptation de l&rsquo;individu et par son opposition au changement devient m\u00eame un obstacle \u00e0 cette adaptation. Il s&rsquo;agit maintenant de canaliser les \u00e9nergies psychiques dans un syst\u00e8me qui assure la r\u00e9pression des tendances non-productives (sexe, jeu) et valorise, par opposition, la sublimation, le sacrifice, le travail et l&rsquo;accumulation. L&rsquo;individu se d\u00e9couvre alors comme individu, une voix int\u00e9rieure, qu&rsquo;il appelle sa conscience morale, lui dicte une conduite qui, ind\u00e9pendamment du cours des \u00e9v\u00e9nements, se r\u00e8gle suivant les m\u00eames lois \u00e9ternelles : c&rsquo;est l&rsquo;homme moral du capitalisme dans sa premi\u00e8re phase. <\/p>\n\n\n\n<p>A cet homme, que Riesman appelle \u00ab\u00a0inner-directed\u00a0\u00bb, succ\u00e8de, suivant le d\u00e9veloppement de l&rsquo;histoire, l&rsquo;homme d\u00e9termin\u00e9 non par soi mais par autrui ( \u00ab\u00a0other-directed\u00a0\u00bb ) : mais ceci n&rsquo;est possible, et n\u00e9cessaire, que dans le cadre d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 qui a r\u00e9gl\u00e9 le probl\u00e8me de la production des biens mat\u00e9riels et a acc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l&rsquo;abondance. Ici il s&rsquo;agit de lib\u00e9rer les \u00e9nergies pr\u00e9c\u00e9demment r\u00e9prim\u00e9es : l&rsquo;expression de soi, la satisfaction des besoins, la consommation, deviennent les nouvelles valeurs, ainsi que la sinc\u00e9rit\u00e9 et la tol\u00e9rance dans les, rapports interpersonnels. A une vie et \u00e0 une pens\u00e9e o\u00f9 c&rsquo;est le rapport avec les choses qui domine succ\u00e8de maintenant la d\u00e9couverte, et l&rsquo;obsession, de l&rsquo;homme et des autres hommes ; les traditions se sont \u00e9vapor\u00e9es, le gyroscope qui permettait au sujet moral de se rep\u00e9rer par rapport aux \u00e9toiles de la pure raison est abandonn\u00e9, les hommes cherchent la direction de leur vie dans l&rsquo;imitation, la manipulation ou la compr\u00e9hension d&rsquo;autrui. <\/p>\n\n\n\n<p>Le rappel qui vient d&rsquo;\u00eatre fait des th\u00e8ses de Riesman est plus qu&rsquo;insuffisant. Cependant en s&rsquo;y livrant on se rend compte qu&rsquo;un d\u00e9veloppement, m\u00eame pouss\u00e9, des notions pr\u00e9c\u00e9dentes n&rsquo;aiderait pas \u00e0 saisir ce qui constitue l&rsquo;originalit\u00e9 et la valeur profonde de \u00ab\u00a0La foule solitaire\u00a0\u00bb. Car plus qu&rsquo;un ouvrage d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9 de sociologie, Riesman a \u00e9crit un livre politique et engag\u00e9 : contrairement \u00e0 ce qu&rsquo;il affirme lui-m\u00eame \u00ab\u00a0La foule solitaire\u00a0\u00bb n&rsquo;est pas un livre sur le caract\u00e8re social, son sujet v\u00e9ritable est ailleurs.  <\/p>\n\n\n\n<p><strong>UN AUTRE MODE DE VIE ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Existe-t-il, pour l&rsquo;homme de la soci\u00e9t\u00e9 moderne, un autre mode de vie possible, en dehors de l&rsquo;adaptation pure et simple et de l&rsquo;anomie, du conformisme et du cynisme ? Comment concevoir qu&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 qui ait d\u00e9velopp\u00e9 \u00e0 ce point chez les hommes la conscience de leur propre importance les laisse si impuissants devant les probl\u00e8mes de leur vie collective, si passifs dans leur vie priv\u00e9e ? Est-ce que l&rsquo;homme a \u00e9t\u00e9 totalement d\u00e9pourvu d&rsquo;autonomie, est-il devenu plastique et mall\u00e9able, est-il plus que jamais cet objet qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais cess\u00e9 d&rsquo;\u00eatre au cours de son histoire, objet pour les organes de formation, objet pour les moyens de communication et la culture de masse qu&rsquo;ils v\u00e9hiculent, objet pour les dirigeants et les bureaucrates ? Ce sont ces questions qui s&rsquo;expriment dans \u00ab\u00a0La foule solitaire\u00a0\u00bb beaucoup plus que des pr\u00e9occupations de m\u00e9thodologie sociologique (laquelle n&rsquo;est ici, quelque soit l&rsquo;int\u00e9r\u00eat que l&rsquo;auteur lui porte, que moyen et instrument de pens\u00e9e). A cet \u00e9gard la pr\u00e9face que Riesman a donn\u00e9 en 1960, 10 ans apr\u00e8s la parution initiale, \u00e0 une r\u00e9\u00e9dition de son livre est explicite : \u00ab\u00a0Si ceci devait \u00eatre la fin de l&rsquo;histoire humaine, \u00e9crit-il, nous pourrions inventer un nouvel homme \u00ab\u00a0plastique\u00a0\u00bb&#8230; et nous d\u00e9barrasser ainsi du \u00ab\u00a0probl\u00e8me de l&rsquo;homme\u00a0\u00bb dans les sciences sociales.\u00a0\u00bb Pour Riesman, l&rsquo;homme n&rsquo;est probl\u00e8me dans les sciences sociales (et celles-ci en tirent leur raison d&rsquo;\u00eatre) que parce qu&rsquo;il est probl\u00e8me dans la soci\u00e9t\u00e9, et c&rsquo;est ce probl\u00e8me qu&rsquo;il tente, dans son livre d&rsquo;expliciter. <\/p>\n\n\n\n<p>Le caract\u00e8re politique, engag\u00e9 et presque militant de \u00ab la Foule solitaire \u00bb appara\u00eet \u00e9galement dans sa forme, dans son recours constant \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience et \u00e0 l&rsquo;opinion, trait\u00e9e comme portant un sens et disant quelque chose de valable plus que comme pur objet d&rsquo;\u00e9tude. Il est vrai que pr\u00e9alablement \u00e0 \u00ab\u00a0la Foule solitaire\u00a0\u00bb de nombreux interviews et \u00e9tudes ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9s (recueillis dans un autre livre \u00ab\u00a0Visages dans la foule\u00a0\u00bb ) : mais il n&rsquo;en reste pas moins que Riesman adopte devant ce mat\u00e9riel une attitude tr\u00e8s diff\u00e9rente de celle qui caract\u00e9rise trop souvent le sociologue \u00ab objectif \u00bb. Il existe un sens dans ce mat\u00e9riel, que Riesman veut expliciter : on le sent pr\u00eat \u00e0 modifier ses hypoth\u00e8ses, pr\u00eat \u00e0 les abandonner peut-\u00eatre, mais aussi profond\u00e9ment attach\u00e9 \u00e0 la notion que tout ceci a un sens, que cette exp\u00e9rience est le moment d&rsquo;une probl\u00e9matique fondamentale, que ce qui se passe aux Etats-Unis sous ses yeux \u00ab dit \u00bb quelque chose sur le sort de l&rsquo;homme, de son histoire, de son autonomie. Et si l&rsquo;exp\u00e9rience n&rsquo;est pas pour Riesman pur objet, le sociologue, c&rsquo;est-\u00e0-dire lui, Riesman, n&rsquo;est pas, de son c\u00f4t\u00e9 pur sujet : il est lui-m\u00eame engag\u00e9, il parle de ce dont le mat\u00e9riel parle et par cette parole il agit sur le mat\u00e9riel. Ceci signifie que le sociologue conscient du sens de ce qui se passe sous ses yeux ne se contente pas d&rsquo;en donner une description sereine, ou plut\u00f4t la description qu&rsquo;il fait ne peut \u00eatre sereine : car en rendant compte de l&rsquo;exp\u00e9rience, le sociologue permet aux hommes d&rsquo;en comprendre le sens, leur fait entendre le son amplifi\u00e9 de leur propre parole, leur fait saisir l&rsquo;importance de ce qu&rsquo;ils, font, pensent, sentent et ainsi contribue \u00e0 leur autonomie. Le sociologue \u00ab objectif \u00bb pourrions-nous dire, en g\u00e9n\u00e9ralisant cette id\u00e9e de Riesman, est victime de l&rsquo;ali\u00e9nation subie par les hommes qu&rsquo;il \u00e9tudie : comme eux il vit les probl\u00e8mes sans s&rsquo;en rendre compte et y apporte des \u00e9l\u00e9ments de solution dont il ne per\u00e7oit pas la valeur et qu&rsquo;il oublie, en tout cas d\u00e8s qu&rsquo;il r\u00e9fl\u00e9chit \u00ab\u00a0s\u00e9rieusement\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L&rsquo; \u00ab\u00a0OTHER-DIRECTION\u00a0\u00bb EN FRANCE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En suivant Riesman, nous p\u00e9n\u00e9trons au c\u0153ur m\u00eame de notre vie : nous trouvons, nos attitudes, nos personnages, nos conflits. Nous reconnaissons les adolescents attentifs \u00e0 l&rsquo;opinion de leur propre groupe d&rsquo;\u00e2ge \u00e0 ce point qu&rsquo;ils paraissent n&rsquo;en \u00eatre que le reflet, et avec Riesman nous constatons la disparition progressive du jeune homme d&rsquo;autrefois qui, isol\u00e9 par la force des choses et s&rsquo;isolant volontairement, d\u00e9couvrait ce qui le s\u00e9parait d&rsquo;autrui, et pratiquait non l&rsquo;adh\u00e9sion aux opinions et styles du groupe d&rsquo;\u00e2ge auquel il appartenait (lequel, d&rsquo;ailleurs, avait un statut et une importance secondaires), mais le rejet d\u00e9daigneux des opinions et styles du groupe d&rsquo;\u00e2ge auquel il n&rsquo;appartenait pas, celui des adultes, et particuli\u00e8rement de ses parents. L&rsquo;adh\u00e9sion aux valeurs et opinions du groupe et, plus que cela, la r\u00e9gulation sinc\u00e8re et angoiss\u00e9e du  comportement en fonction de cette opinion, ne sont pas r\u00e9serv\u00e9es aux enfants et adolescents : les parents eux-m\u00eames r\u00e9v\u00e8lent la m\u00eame d\u00e9termination non seulement en reprenant les modes et styles d\u00e9velopp\u00e9s primitivement par leurs enfants, mais en manifestant la m\u00eame pr\u00e9occupation envers l&rsquo;ext\u00e9rieur. La mani\u00e8re dont les Fran\u00e7ais se sont jet\u00e9s, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, dans la consommation, bouleversant leurs go\u00fbts, \u00e9largissant les fronti\u00e8res de leurs activit\u00e9s (le d\u00e9veloppement du ski en tant que sport de masse est un exemple frappant de cette extension ; le vide qu&rsquo;a \u00e9t\u00e9 cette ann\u00e9e Paris pendant la semaine non f\u00e9ri\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dant P\u00e2ques en est un autre), la r\u00e9vision qui, simultan\u00e9ment, s&rsquo;est op\u00e9r\u00e9e dans les valeurs et qui a fait appara\u00eetre \u00e0 un nombre consid\u00e9rable de personnes qu&rsquo;il \u00e9tait plus important de consommer que de \u00ab mettre de c\u00f4t\u00e9 \u00bb, plus agr\u00e9able de sortir que de rester chez soi, tout cela fait partie de l&rsquo;extension \u00e0 la France du caract\u00e8re social que Riesman, ainsi que nous, l&rsquo;avons vu plus haut, appelle \u00ab other-directed \u00bb.  <\/p>\n\n\n\n<p><strong>RELATIONS \u00ab\u00a0PSYCHOLOGISEES\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il est un autre plan sur lequel les descriptions et cat\u00e9gories de Riesman jettent une lumi\u00e8re : celui des activit\u00e9s qui autrefois, par opposition \u00e0 la futilit\u00e9 de la vie priv\u00e9e, paraissaient seules importantes et graves : le travail et la politique. En lisant \u00ab la Foule solitaire \u00bb et en confrontant cette lecture \u00e0 notre exp\u00e9rience, nous nous rendons compte \u00e0 quel point nos relations dans le travail se sont \u00ab psychologis\u00e9es \u00bb. Ce n&rsquo;est pas seulement qu&rsquo;il y est de plus en plus question de ce que des hommes sans imagination appellent le \u00ab c\u00f4t\u00e9 humain des choses \u00bb, ni m\u00eame le fait que ce \u00ab\u00a0c\u00f4t\u00e9 humain\u00a0\u00bb est devenu l&rsquo;objet d&rsquo;organes institu\u00e9s (services de relations sociales dans les entreprises, organismes conseils&#8230;) : ce qui surtout frappe c&rsquo;est que nous-m\u00eames (et non ceux qui nous manipulent) soyons devenus si sensibles aux relations dans le travail et \u00e0 leur contexte psychologique. La description que donne ici m\u00eame Moth\u00e9 des relations entre repr\u00e9sentants de la direction et d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s du personnel en est un exemple : m\u00eame lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de rapports antagoniques, comme c&rsquo;est le cas dans cette description, nous scrutons autrui, nous p\u00e9n\u00e9trons dans ses motivations personnelles (qui ne sont pas celles du groupe auquel il appartient) et en retour, sous son \u0153il, nous nous sentons \u00e0 notre tour expos\u00e9s, nus, psychismes translucides et non plus symboles opaques d&rsquo;une fonction (Le Chef, Le Dessinateur, La Fid\u00e8le Secr\u00e9taire) ou d&rsquo;une classe (L&rsquo;Ouvrier, Le Valet du Patron). Les murs de nos bureaux sont devenus de verre, mais bien plus important est le fait que ceux qui autrefois cachaient et prot\u00e9geaient notre \u00ab\u00a0moi intime\u00a0\u00bb sont aujourd&rsquo;hui de la m\u00eame mati\u00e8re. Quant \u00e0 la politique, les remarques de Riesman \u00e9claircissent \u00e9galement, jusqu&rsquo;\u00e0 un certain point, la situation fran\u00e7aise. Tous les observateurs ont not\u00e9 la nouvelle importance des \u00ab\u00a0hommes\u00a0\u00bb dans la vie politique de ce pays, et le d\u00e9clin des programmes et des doctrines. Mais alors que nous avons l&rsquo;habitude d&rsquo;attribuer ce ph\u00e9nom\u00e8ne au d\u00e9go\u00fbt qu&rsquo;\u00e9prouveraient les \u00e9lecteurs envers des formations politiques corrompues et inefficaces, Riesman nous sugg\u00e8re qu&rsquo;il se produit ici, outre une r\u00e9action de d\u00e9go\u00fbt, un effet de cette obsession nouvelle de psychologie. Si ce qui nous arrive dans nos rapports avec autrui nous para\u00eet plus important que les structures et r\u00e9alit\u00e9s du monde dans lequel ces rapports prennent place, il est logique de transporter cette m\u00eame attitude aux affaires politiques, m\u00eame si celles-ci restent concern\u00e9es par ce monde des r\u00e9alit\u00e9s, et des structures. Nous savons bien que la soci\u00e9t\u00e9 doit \u00eatre organis\u00e9e et g\u00e9r\u00e9e, mais lorsque nous agissons pour que ceci soit possible nous nous tournons non pas vers des groupes qui ont des id\u00e9es pr\u00e9cises sur ces affaires, mais vers des hommes qui, pour des raisons multiples, nous attirent. On pourrait presque dire qu&rsquo;il n&rsquo;y a l\u00e0 aucun calcul, et que nous, n&rsquo;\u00e9tablissons aucun lien entre la bonne volont\u00e9 des hommes qui nous attirent et les bonnes choses qu&rsquo;ils r\u00e9aliseront : tout se passe comme si nous les mettions en place moins pour qu&rsquo;ils fassent quelque chose (nous sommes relativement d\u00e9mystifi\u00e9s \u00e0 ce propos), mais pour que l&rsquo;homme que nous aimons soit l\u00e0-haut, visible, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du coureur de fond courageux et de l&rsquo;acteur sympathique, que nous aimons \u00e9galement. <\/p>\n\n\n\n<p>Il est vrai que, comme ces derni\u00e8res remarques le montrent, la lecture de Riesman nous sugg\u00e8re fr\u00e9quemment des id\u00e9es qui, adapt\u00e9es \u00e0 la situation am\u00e9ricaine, le sont moins en ce qui concerne la France ou tout au moins anticipent sur ce qu&rsquo;elle sera. La permanence de la politique au sens traditionnel du terme est trop forte pour que nous pussions r\u00e9duire tout ce qui se passe ici \u00e0 ce roman d&rsquo;amour qui caract\u00e9rise les rapports du public et de ses \u00ab \u00e9toiles \u00bb sportives ou artistiques. La m\u00eame chose est vraie, par exemple, des rapports entre parents et enfants qui rel\u00e8vent beaucoup plus en France de l&rsquo;ancien mode que du nouveau : alors qu&rsquo;aux Etats-Unis la pr\u00e9occupation essentielle des parents est de former leurs enfants \u00e0 la vie collective et pour cela de gommer tout ce qui en eux s&rsquo;oppose \u00e0 leur fusion dans le groupe, les parents fran\u00e7ais continuent de concevoir leur r\u00f4le comme \u00e9tant essentiellement de fabriquer des sortes d&rsquo;automates enti\u00e8rement ind\u00e9pendants qui batailleront avec les autres enfants jusqu&rsquo;au jour o\u00f9, escaladant joyeusement la pile de recal\u00e9s et des rat\u00e9s de 18 ans, ils entreront \u00e0 Polytechnique, comme Papa a dit.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>AMBIGU\u00cfT\u00c9 DE L&rsquo;AUTONOMIE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est parce que les diff\u00e9rences entre les situations, fran\u00e7aise et am\u00e9ricaine, restent profondes, que l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de \u00ab La foule solitaire \u00bb pour celui qui s&rsquo;efforce de comprendre ce qui se passe en lui et autour de lui, r\u00e9side peut-\u00eatre plus encore dans l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 que Riesman saisit dans les situations que dans le d\u00e9tail de ces situations. La soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9crite par Riesman est un traquenard, et lorsque nous posons son livre nous nous rendons compte que notre existence est elle aussi, par beaucoup de ses aspects, traquenard, pi\u00e8ge. Et les hommes que d\u00e9crit Riesman sont des hommes vides, qui n&rsquo;ont un contenu que pour autant qu&rsquo;ils vivent dans le pi\u00e8ge de la vie collective. Et en effet il nous semble vivre dans un monde qui capte si bien nos \u00e9nergies que lorsque nous croyons enfin nous en \u00eatre d\u00e9gag\u00e9s, c&rsquo;est seulement pour constater que ce Moi que nous avons enfin r\u00e9ussi \u00e0 isoler est un \u00eatre vide, une parenth\u00e8se qui n&rsquo;est plus remplie ni par les contenus traditionnels ni par le gyroscope moral : \u00ab\u00a0les gens d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, selon la phrase d&rsquo;un commer\u00e7ant cit\u00e9 par Riesman, savent ce qu&rsquo;ils aiment mais non ce qu&rsquo;ils veulent\u00a0\u00bb. Nous ne sommes que pour autant que quelque chose nous est offert ; nous n&rsquo;existons que si quelque chose vient nous remplir ; vie priv\u00e9e et vie collective, aussi bien au niveau des comportements que du psychisme, sont inextricablement m\u00eal\u00e9s. Et ce qui se passe alors c&rsquo;est que le positif dans nos vies ne parvient plus \u00e0 s&rsquo;isoler du n\u00e9gatif, le valable produit le condamnable, la sensibilit\u00e9 psychologique des parents produit des adultes angoiss\u00e9s devant l&rsquo;\u00e9crasante gamme des maux qu&rsquo;ils peuvent provoquer en agissant sur leurs enfants et des enfants angoiss\u00e9s par les angoisses et incertitudes de leurs parents, et ainsi de suite. Le traquenard para\u00eet frappant lorsque nous pensons aux relations dans le travail. En accordant tant d&rsquo;importance aux relations et \u00e0 leur contexte psychologique nous montrons que ce qui nous arrive, \u00e0 nous, hommes sensibles, est plus important que beaucoup de choses qui, autrefois, paraissaient essentielles, et ainsi une r\u00e9volution dont on ne pourra jamais surestimer la signification s&rsquo;est, silencieusement, op\u00e9r\u00e9e. Mais l&rsquo;int\u00e9r\u00eat que nous portons \u00e0 l&rsquo;Autre dans le sup\u00e9rieur ou \u00e0 l&rsquo;Autre dans le subordonn\u00e9 conduit en fait aujourd&rsquo;hui non \u00e0 une compr\u00e9hension authentique mais \u00e0 une justification projective de son comportement. Chacun est Soi dans l&rsquo;Autre et ainsi la relativisation, la critique et le conflit, moments, essentiels d&rsquo;une compr\u00e9hension v\u00e9ritable, disparaissent. <\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi au fur et \u00e0 mesure qu&rsquo;apparaissent les signes d&rsquo;une red\u00e9couverte (qui, historiquement, ainsi que le soutient Riesman, est une d\u00e9couverte) de l&rsquo;exp\u00e9rience humaine, de sa puissance et de sa valeur, constate-t-on aussit\u00f4t que ces signes sont plus ambigus qu&rsquo;il ne semblait. Le d\u00e9sir d&rsquo;\u00eatre aim\u00e9 pour ce que l&rsquo;on est accompagne une transformation de ce que l&rsquo;on est en ce que les autres attendent que l&rsquo;on soit, et cette transformation est aussi destructrice et contraire \u00e0 l&rsquo;autonomie que la r\u00e9pression des \u00ab mauvaises \u00bb tendances chez l&rsquo;homme moral du pass\u00e9. L&rsquo;attention \u00e0 autrui devient pression sur autrui. La d\u00e9mystification politique progresse au m\u00eame pas que la privatisation et le retrait de toute activit\u00e9 orient\u00e9e vers la cr\u00e9ation et l&rsquo;application d&rsquo;id\u00e9es relatives \u00e0 la gestion de la soci\u00e9t\u00e9. Lib\u00e9r\u00e9 d&rsquo;une culture qui consid\u00e9rait, dans tous les domaines, les hommes, sous des cat\u00e9gories r\u00e9ifiantes et qui pour les comprendre, ou agir sur eux, commen\u00e7ait par les r\u00e9duire \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de choses, l&rsquo;homme d&rsquo;aujourd&rsquo;hui se d\u00e9bat plus encore que celui du pass\u00e9 dans le dilemme des rapports du Moi et de l&rsquo;Autre, de l&rsquo;Int\u00e9rieur et de l&rsquo;Ext\u00e9rieur, de l&rsquo;autonomie dont il sent les forces et la valeur et du conformisme qui le p\u00e9n\u00e8tre de toutes parts et ne se contente plus du sacrifice de quelques comportements et gestes rituels, mais exige, comme tout le monde l&rsquo;exige, d&rsquo;\u00eatre aim\u00e9 pour ce qu&rsquo;il est, lui conformiste.  <\/p>\n\n\n\n<p><strong>DISPARITION DU TRAVAIL ET DE LA POLITIQUE ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;autonomie qui se manifeste aujourd&rsquo;hui est ins\u00e9parable des situations dans lesquelles elle appara\u00eet, non pas parce qu&rsquo;il se se trouve que ces situations sont l\u00e0 lorsqu&rsquo;elle appara\u00eet, mais, bien plus profond\u00e9ment, parce que l&rsquo;homme se fait autonome \u00e0 travers des comportements qui, en fin de compte, consolident un ordre social \u00e9tranger et hostile \u00e0 cette autonomie. Voil\u00e0 ce que sugg\u00e8re la lecture de Riesman et sans doute est-ce \u00e0 partir de cette ambigu\u00eft\u00e9 que l&rsquo;on doit juger la derni\u00e8re partie de \u00ab la Foule solitaire \u00bb. La derni\u00e8re section du livre traite en effet de l&rsquo;autonomie elle-m\u00eame et de ses perspectives. : bien que Riesman y pr\u00e9sente des notions f\u00e9condes (comme celles d&rsquo;autonomie, adaptation et anomie en tant que modes du rapport de l&rsquo;individu et de la soci\u00e9t\u00e9), il s&rsquo;agit l\u00e0 des pages les plus faibles du livre et en les parcourant chacun ressentira une d\u00e9ception. Car on ne trouvera rien ici qui puisse servir de base \u00e0 une action en faveur de cette autonomie qui est la pr\u00e9occupation majeure de l&rsquo;auteur, en dehors d&rsquo;une sorte de confiance exprim\u00e9e envers la possibilit\u00e9 d&rsquo;une telle action. Nous pourrions remarquer que si Riesman a tant de mal \u00e0 d\u00e9finir un avenir pour l&rsquo;autonomie c&rsquo;est parce qu&rsquo;il ignore les deux domaines o\u00f9 pr\u00e9cis\u00e9ment un avenir lui est donn\u00e9 : le travail et la politique. L&rsquo;industrie moderne a vaincu le probl\u00e8me de la production affirme Riesman et le probl\u00e8me politique, de son c\u00f4t\u00e9, a disparu, en m\u00eame temps que la structure du pouvoir s&rsquo;est atomis\u00e9e sous l&rsquo;effet des groupes de pression (on rapprochera cette id\u00e9e de celle du \u00ab countervailing-power \u00bb expos\u00e9 par Galbraith dans \u00ab\u00a0Le capitalisme am\u00e9ricain\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0The affluent society\u00a0\u00bb) : mais l\u00e0 o\u00f9 Riesman voit une disparition, nous voyons, quant \u00e0 nous une transformation, qu&rsquo;il n&rsquo;existe aucune raison d&rsquo;ignorer, d&rsquo;autant plus que c&rsquo;est l\u00e0, avec les gr\u00e8ves sauvages, les tendances gestionnaires, les nouvelles formes d&rsquo;action et de conscience politique qu&rsquo;appara\u00eet l&rsquo;autonomie comme telle, d\u00e9gag\u00e9e de l&rsquo;engluement dans la vie sociale, lib\u00e9r\u00e9e de cette situation de cauchemar qui nous voit irr\u00e9sistiblement pouss\u00e9s par une force qui n&rsquo;est autre que nous-m\u00eames \u00e0 faire fonctionner avec z\u00e8le et amour ce que, dans le m\u00eame moment, nous rejetons. <\/p>\n\n\n\n<p>Mais au moment de formuler ces remarques, nous nous prenons \u00e0 h\u00e9siter devant les perspectives sereines que nous nous donnons \u00e0 nous-m\u00eames, comme le h\u00e9ros d&rsquo;un western regardant un paysage tranquille, trop tranquille justement, trop paisible. Car si Riesman, dont l&rsquo;int\u00e9r\u00eat et m\u00eame la passion pour l&rsquo;autonomie \u00e9clatent, est brusquement saisi d&rsquo;impuissance au moment o\u00f9 il lui faut en parler, il y a peut-\u00eatre plus, l\u00e0, qu&rsquo;une manifestation du comportement d&rsquo;\u00e9chec, plus, en tous cas. qu&rsquo;une simple ignorance du travail et de la politique. Tout se passe comme si Riesman \u00e9tait lui-m\u00eame englu\u00e9 dans l&rsquo;engluement dont il parle, lui-m\u00eame impuissant \u00e0 d\u00e9gager les valeurs qu&rsquo;il poursuit des t\u00e2ches de l&rsquo;\u00e9crivain et du professeur, soucieux comme nous tous de respectabilit\u00e9 professionnelle, de l&rsquo;opinion des coll\u00e8gues, du d\u00e9veloppement harmonieux et honorable de la carri\u00e8re. La boucle ainsi para\u00eet boucl\u00e9e, l&rsquo;autonomie ne se pose comme moment ind\u00e9pendant ni dans l&rsquo;action ni dans la pens\u00e9e : c&rsquo;est cette perspective que les derni\u00e8res pages de Riesman \u00e9voquent, et bien qu&rsquo;elle nous paraisse fausse, il n&rsquo;en reste pas moins que la mani\u00e8re dont elle se pr\u00e9sente ici a le pouvoir de nous \u00e9branler.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">S. CHATEL<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"7236\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2020\/03\/03\/de-diesbach\/socialisme-ou-barbarie-juin-1965\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Socialisme-ou-Barbarie-Juin-1965.png?fit=395%2C622&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"395,622\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Socialisme-ou-Barbarie-Juin-1965\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Socialisme-ou-Barbarie-Juin-1965.png?fit=191%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Socialisme-ou-Barbarie-Juin-1965.png?fit=395%2C622&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Socialisme-ou-Barbarie-Juin-1965.png?resize=276%2C435\" alt=\"\" class=\"wp-image-7236\" width=\"276\" height=\"435\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Socialisme-ou-Barbarie-Juin-1965.png?w=395&amp;ssl=1 395w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Socialisme-ou-Barbarie-Juin-1965.png?resize=191%2C300&amp;ssl=1 191w\" sizes=\"auto, (max-width: 276px) 100vw, 276px\" \/><\/figure><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article de S\u00e9bastien de Diesbach alias S. 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