{"id":8409,"date":"2020-05-13T13:57:51","date_gmt":"2020-05-13T11:57:51","guid":{"rendered":"https:\/\/sinedjib.com\/?p=8409"},"modified":"2026-02-20T23:15:37","modified_gmt":"2026-02-20T22:15:37","slug":"mrabet-algerienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2020\/05\/13\/mrabet-algerienne\/","title":{"rendered":"Fad\u00e9la M&rsquo;Rabet : La femme alg\u00e9rienne"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Extrait du livre de Fad\u00e9la M&rsquo;Rabet, <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/excerpts.numilog.com\/books\/9782348030406.pdf\" target=\"_blank\"><em>La femme alg\u00e9rienne<\/em> suivi de <em>Les Alg\u00e9riennes<\/em><\/a>, Paris, Fran\u00e7ois Maspero, 1969, p.<\/strong> <strong>9-22<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"351\" height=\"583\" data-attachment-id=\"8414\" data-permalink=\"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2020\/05\/13\/mrabet-algerienne\/fadela-mrabet-la-femme-algerienne\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Fad%C3%A9la-MRabet-La-femme-alg%C3%A9rienne.png?fit=351%2C583&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"351,583\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Fad\u00e9la-MRabet-La-femme-alg\u00e9rienne\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Fad%C3%A9la-MRabet-La-femme-alg%C3%A9rienne.png?fit=181%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Fad%C3%A9la-MRabet-La-femme-alg%C3%A9rienne.png?fit=351%2C583&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Fad%C3%A9la-MRabet-La-femme-alg%C3%A9rienne.png?resize=351%2C583&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-8414\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Fad%C3%A9la-MRabet-La-femme-alg%C3%A9rienne.png?w=351&amp;ssl=1 351w, https:\/\/i0.wp.com\/sinedjib.com\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Fad%C3%A9la-MRabet-La-femme-alg%C3%A9rienne.png?resize=181%2C300&amp;ssl=1 181w\" sizes=\"auto, (max-width: 351px) 100vw, 351px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">On sourira peut-\u00eatre, ou l&rsquo;on s&rsquo;irritera, de mon projet : tant de probl\u00e8mes se posent \u00e0 l&rsquo;Alg\u00e9rie (\u00ab d\u00e9collage \u00bb \u00e9conomique, cr\u00e9ation d&rsquo;un vrai parti d&rsquo;avant-garde, \u00e9puration, refonte des structures administratives&#8230;) que le moment est mal venu, dira-t-on, d&rsquo;en soulever un autre : celui de la lib\u00e9ration de la femme (de la jeune fille).<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Mais justement, ce n&rsquo;est pas moi qui le pose. Que nous soyons pour ou contre l&rsquo;\u00e9volution, que nous d\u00e9cidions de la freiner ou de l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer, ce probl\u00e8me existe objectivement, en dehors de toute option personnelle. Gar\u00e7ons obs\u00e9d\u00e9s, qui fouillent du regard les passantes, fr\u00e8res amoureux de leurs s\u0153urs, et qui s&rsquo;arrogent de pr\u00e9tendus droits maritaux, r\u00e9volte de cette \u00e9tudiante, qui envisage de devenir vieille fille, plut\u00f4t que d&rsquo;\u00e9pouser un compatriote, abandon, par cette autre, du domicile paternel&#8230; : la femme, pour chacun de nous \u2014 et pour elle-m\u00eame d&rsquo;abord \u2014 est un probl\u00e8me, il est au centre de toutes nos obsessions, de nos cauchemars, de nos peurs ou de nos espoirs. Il faut donc le regarder en face, tel qu&rsquo;il se pose, aujourd&rsquo;hui, \u00e0 notre soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Qu&rsquo;on n&rsquo;objecte pas que d&rsquo;autres urgences nous pressent : il y a sans doute, dans l&rsquo;ordre strictement \u00e9conomique, des priorit\u00e9s (achetons d&rsquo;abord des tracteurs, avant de gaspiller nos devises en produits de luxe) ; mais la construction du socialisme ne rel\u00e8ve pas seulement de l&rsquo;\u00e9conomie, elle exige, dans tous les domaines, une v\u00e9ritable reconversion : comment l&rsquo;entreprendre (\u00e0 propos d&rsquo;une question, au surplus, qui a des incidences \u00e9conomiques : les Alg\u00e9riennes sont plus de cinq millions), si l&rsquo;on repousse \u00e0 plus tard l&rsquo;appr\u00e9hension exacte des r\u00e9alit\u00e9s ? On a trop tendance, chez nous, \u00e0 renvoyer \u00e0 demain ce qu&rsquo;on pourrait faire aujourd&rsquo;hui : \u00ab apr\u00e8s la guerre, apr\u00e8s le ramadhan, apr\u00e8s l&rsquo;a\u00efd, apr\u00e8s le retour du Pr\u00e9sident, apr\u00e8s le congr\u00e8s&#8230; \u00bb ; et au moment o\u00f9 j&rsquo;entreprends la constitution de ce dossier, nous avons d\u00e9j\u00e0 entendu un \u00ab apr\u00e8s le 20 juillet \u00bb (1). C&rsquo;est souvent de l&rsquo;\u00e9tourderie ; mais quand il s&rsquo;agit des femmes, c&rsquo;est plut\u00f4t du sabotage, la volont\u00e9 d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e de n&rsquo;aborder jamais (ou le plus tard possible) la question : il y a tellement d e privil\u00e8ges en jeu.<\/p>\n\n\n\n<p>Fid\u00e8le, quant \u00e0 moi, aux r\u00e9solutions du Congr\u00e8s, je crois qu&rsquo;il est urgent, tr\u00e8s urgent, de parler clair : \u00ab La lib\u00e9ration de la femme, d\u00e9clarait le Pr\u00e9sident Ben Bella en ouvrant les assises du Parti, n&rsquo;est pas un aspect secondaire qui se surajoute \u00e0 nos autres objectifs ; elle est un probl\u00e8me dont la solution est un pr\u00e9alable \u00e0 toute esp\u00e8ce de socialisme \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est pour contribuer, si modestement que ce soit, \u00e0 la position du probl\u00e8me, que j&rsquo;ai compos\u00e9 ce dossier.<\/p>\n\n\n\n<p>En un sens, il n&rsquo;y a rien, dans les pages qui suivent, qui ne soit d\u00e9j\u00e0 connu : courrier des lecteurs d&rsquo;<em>Alger-R\u00e9publicain<\/em>, reportages de <em>R\u00e9volution Africaine<\/em>, enqu\u00eates d&rsquo;<em>El Moudjahid<\/em> attirent r\u00e9guli\u00e8rement l&rsquo;attention sur la situation \u2014 et la lib\u00e9ration, \u00e0 entreprendre \u2014 de la femme (de la jeune fille).<\/p>\n\n\n\n<p>Mais ces articles, jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, sont rest\u00e9s partiels et, \u00e0 notre avis, plut\u00f4t prudents, en de\u00e7\u00e0 des r\u00e9alit\u00e9s : je me propose de les compl\u00e9ter, de les pousser plus avant.<\/p>\n\n\n\n<p>Les jeunes eux-m\u00eames, en quelque sorte, nous y convient : A la R.T.A., \u00e0 l&rsquo;\u00e9mission \u00ab Magazine de la jeunesse \u00bb, nous recevons chaque semaine un nombre impressionnant de lettres : appel d&rsquo;une lyc\u00e9enne de 16 ans, qu&rsquo;un p\u00e8re autoritaire a d\u00e9cid\u00e9 de marier, plaintes d&rsquo;une gamine de 12 ans, que ses camarades maltraitent, parce qu&rsquo;elle \u00ab parle aux gar\u00e7ons \u00bb, acceptation, par une \u00e9ducatrice, de la pr\u00e9tendue sup\u00e9riorit\u00e9 de l&rsquo;homme \u2014 autant de confessions, de r\u00e9voltes ou de r\u00e9signations qui doivent \u00eatre connues : le r\u00f4le du journaliste n&rsquo;est-il pas, justement, comme celui de l&rsquo;\u00e9crivain, de transformer en conscience une exp\u00e9rience ?<\/p>\n\n\n\n<p>On trouvera donc, ici, la plupart des observations que j&rsquo;ai recueillies dans l&rsquo;exercice de mon m\u00e9tier et, plus g\u00e9n\u00e9ralement, dans la pratique de la vie quotidienne ; chaque fois qu&rsquo;il sera possible, je laisserai la parole aux jeunes, telle que le courrier, ou leurs confidences, me l&rsquo;apportent.<\/p>\n\n\n\n<p>Il va de soi que ces propos d\u00e9rangeront bien des conceptions, bousculeront bien des pr\u00e9jug\u00e9s. Peu importe : le mal, quel qu&rsquo;il soit, ne peut \u00eatre enray\u00e9 que s&rsquo;il est d\u00e9nonc\u00e9 ; la confusion ne sert jamais que les charlatans, et seule la v\u00e9rit\u00e9, comme on l&rsquo;a dit justement, est r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(1) Date avant laquelle les militants, encore \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur du Parti, sont<br>invit\u00e9s \u00e0 le rejoindre.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong>1. La puissance et la gloire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>\u00ab\u00a0&#8230; Il existe dans notre soci\u00e9t\u00e9 une mentalit\u00e9 n\u00e9gative quant au r\u00f4le de la femme. Sous des formes diverses, tout contribue \u00e0 r\u00e9pandre l&rsquo;id\u00e9e de son inf\u00e9riorit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<cite>(Programme de Tripoli.)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Pour comprendre la situation de la femme (et ses r\u00e9actions), il faut partir de l&rsquo;homme : qu&rsquo;elle se soumette ou se r\u00e9volte, qu&rsquo;elle accepte ou non sa condition, l&rsquo;Alg\u00e9rienne \u00e9volue dans un monde qui est fait par l&rsquo;homme, pour l&rsquo;homme, et \u00e0 son seul avantage. La Constitution, sans doute, et les r\u00e9solutions du Congr\u00e8s reconnaissent l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 de tous les citoyens ; mais l&rsquo;\u00e9cart est tel entre les textes et les faits que tout se passe comme si les textes n&rsquo;existaient pas : dans l&rsquo;approche des r\u00e9alit\u00e9s v\u00e9cues, on les n\u00e9gligera sans dommage.<\/p>\n\n\n\n<p>Puisque les d\u00e9crets n&rsquo;ont pas encore prise sur le r\u00e9el, la condition de la femme reste, tout enti\u00e8re, l&rsquo;\u0153uvre de l&rsquo;homme : c&rsquo;est le p\u00e8re, le fr\u00e8re, le cousin, l&rsquo;oncle, le mari qui font la loi, et le comportement de l&rsquo;Alg\u00e9rienne n&rsquo;est jamais que la cons\u00e9quence, ou le reflet, du comportement masculin \u00e0 son \u00e9gard. \u00ab Il est de bon ton, chez certains de nos compatriotes, d\u00e9clare une jeune fille, de dire que les femmes de leur pays ne sont pas dr\u00f4les. C&rsquo;est vrai, mais c&rsquo;est leur attitude qui nous y contraint. Comprendont-ils que, pour que notre comportement change, il faut qu&rsquo;ils modifient le leur ? \u00bb (1)<\/p>\n\n\n\n<p>Voyons donc, d&rsquo;abord, comment les hommes se conduisent.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelles que soient ses modalit\u00e9s (grossi\u00e8ret\u00e9, paternalisme, indiff\u00e9rence polie), la conduite de l&rsquo;Alg\u00e9rien envers la femme se pr\u00e9sente comme essentiellement <em>n\u00e9gatrice <\/em>: elle nie, chez la femme, toute r\u00e9alit\u00e9, toute positivit\u00e9 humaines, elle en fait un \u00eatre-l\u00e0, naturel, ou v\u00e9g\u00e9tatif ; et si, par opposition au v\u00e9g\u00e9tal (au min\u00e9ral), l&rsquo;humain se d\u00e9finit par la parole, la libert\u00e9 de faire, de projeter, le pouvoir de d\u00e9cider, rien de tel n&rsquo;est reconnu \u00e0 la femme.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, elle ne parle pas \u2014 elle pousse des youyou, comme d&rsquo;autres, des glapissements, elle <em>bavarde <\/em>(jacasse) avec ses voisines, crie, pleure, geint (et si, par on ne sait quelle outrecuidance, elle prend la parole et r\u00e9clame, devant une assembl\u00e9e d&rsquo;hommes, la suppression de la polygamie, la salle pouffe de rire : r\u00e9pond-on \u00e0 une femme ?) \u2014 bref, son langage, comme celui des b\u00eates, se r\u00e9duit, pour l&rsquo;homme, \u00e0 l&rsquo;expression des \u00e9motions, et pas plus qu&rsquo;on ne discute avec un perroquet, on ne parle \u00e0 une femme.<\/p>\n\n\n\n<p>Entendons par l\u00e0 : on ne lui demande pas son avis \u2014 comment pourrait-elle en avoir un ? \u2014 et, le donne-t-elle, on ne l&rsquo;\u00e9coute pas ; pr\u00e9sente-t-elle une requ\u00eate, comme cette camarade journaliste qui sollicitait un cong\u00e9 de trois jours pour soigner sa m\u00e8re op\u00e9r\u00e9e, on la rabroue ; prie-t-elle un coll\u00e8gue de bien vouloir dire au proviseur que&#8230;, on lui r\u00e9torque : \u00ab Dites-le vous-m\u00eame \u00bb ; est-elle insult\u00e9e par un \u00e9l\u00e8ve, elle a toutes les peines du monde \u00e0 obtenir une sanction du conseil de discipline : \u00ab C&rsquo;\u00e9tait un mouvement d&rsquo;humeur, voyons, chez ce gar\u00e7on, c&rsquo;est fr\u00e9quent&#8230; \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Non, on ne parle pas \u00e0, on ne discute pas avec une femme. Simplement, on l&rsquo;informe (\u00ab ce soir, il y a des invit\u00e9s \u00bb), on la convoque (\u00ab toutes sur l&rsquo;esplanade de l&rsquo;Afrique \u00bb), on la commande (\u00ab tu ne sortiras pas \u00bb) \u2014 et, p\u00eale-m\u00eale, on l&rsquo;\u00e9pouse (on la marie) ou on la r\u00e9pudie (2), on la siffle ou on la chasse, on la bat ou on la flatte \u2014 jamais, ou presque, on ne voit en elle un <em>autre<\/em>, aussi positif que soi, et qui aurait, comme tout un chacun, quelque chose \u00e0 donner.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est de l&rsquo;homme, au contraire, qu&rsquo;elle est cens\u00e9e tout recevoir : la semoule et l&rsquo;huile d&rsquo;olive, pour les repas (g\u00e9n\u00e9ralement, le mari fait lui-m\u00eame les courses), du tissu pour ses robes \u2014 et jusqu&rsquo;\u00e0 ses dessous \u2014 , les nouvelles du dehors, un peu d&rsquo;instruction, ses joies, ses peines, et cette kyrielle d&rsquo;imp\u00e9ratifs qui manifestent, en creux, sa radicale impuissance : \u00ab Tu \u00e9pouseras ce gar\u00e7on&#8230; Maintenant, tu dois mettre le voile&#8230; Lave cette chemise (ou : \u00ab mes pieds \u00bb : d&rsquo;un p\u00e8re \u00e0 sa fille, \u00e9tudiante)&#8230; Tu ne porteras pas de jupes serr\u00e9es, \u00e7a ne se fait pas&#8230; \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Qu&rsquo;en saurait-elle ? Son domaine, c&rsquo;est la cuisine, les gosses, le m\u00e9nage \u2014 tout ce qui se confond avec la <em>nature <\/em>; \u00e0 l&rsquo;homme, tout ce qui rel\u00e8ve de la <em>culture <\/em>(si l&rsquo;on consent \u00e0 extraire la femme de son \u00ab primitivisme \u00bb, c&rsquo;est, dans l&rsquo;esprit de beaucoup, pour un temps, et pour mieux l&rsquo;y ramener : elle fr\u00e9quente, jusqu&rsquo;\u00e0 la pubert\u00e9, l&rsquo;\u00e9cole primaire, se perfectionne en travaux m\u00e9nagers, puis se clo\u00eetre : ce n&rsquo;est au mieux, qu&rsquo;un dressage \u2014 le contraire, pr\u00e9cis\u00e9ment, de l&rsquo;acculturation, de l&rsquo;humanisation : qu&rsquo;on ne s&rsquo;\u00e9tonne pas si trois cents femmes, seulement, ont pu \u00eatre alphab\u00e9tis\u00e9es au cours de la campagne de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 63).<\/p>\n\n\n\n<p>Priv\u00e9e de parole, et de droits, r\u00e9duite \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de nature, la femme \u2014 et c&rsquo;est un autre signe, combien \u00e9clatant, de son inexistence culturelle, de son rejet hors de l&rsquo;humain \u2014 se trouve exclue de l&rsquo;action politique.<\/p>\n\n\n\n<p>Combien y en a-t-il, chez nous, qui participent \u00e0 la gestion des affaires publiques ? Il n&rsquo;y en a pas au gouvernement, presque pas dans les minist\u00e8res, tr\u00e8s peu \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e \u2014 moins d&rsquo;une dizaine (3) \u2014 , gu\u00e8re plus au Parti.<\/p>\n\n\n\n<p>On nous r\u00e9torquera (comme l&rsquo;ambassadeur du Mali, \u00e0 qui nous posions la m\u00eame question) que la plupart des femmes ne sont pas instruites ; c&rsquo;est vrai, partiellement, mais cette v\u00e9rit\u00e9-l\u00e0 ne vaut-elle pas, aussi, pour les hommes, et l&rsquo;incomp\u00e9tence, chez eux, est-elle un obstacle qui les emp\u00eache d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 de hautes responsabilit\u00e9s ? En quoi un \u00e9tudiant en m\u00e9decine, un r\u00e9p\u00e9titeur, un footballeur, un directeur de jeunesse sportive, un ouvrier de chez Renault, un pr\u00e9parateur en pharmacie, un paysan maquisard sont-ils plus comp\u00e9tents, pour g\u00e9rer nos affaires, qu&rsquo;une secr\u00e9taire, une \u00e9tudiante, une infirmi\u00e8re, une vendeuse de Monoprix, une institutrice ?<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9part, ils sont <em>\u00e9galement <\/em>incomp\u00e9tents, et c&rsquo;est tant mieux : ces hommes neufs, s&rsquo;ils restent des militants, acquerront, en les exer\u00e7ant, les qualit\u00e9s indispensables \u00e0 leurs fonctions ; mais alors, que les m\u00eames chances soient donn\u00e9es aux femmes : est-ce \u00e0 des r\u00e9volutionnaires socialistes d&rsquo;utiliser \u00e0 notre \u00e9gard l&rsquo;argument qu&#8217;employaient d\u00e9j\u00e0 les colonialistes, et l&rsquo;on sait \u00e0 quelles fins : \u00ab Ils ne sont pas m\u00fbrs pour \u00bb ? Et pourtant, faisant fi des le\u00e7ons de l&rsquo;histoire, semblables \u00e0 ces \u00ab r\u00e9sistants du 19 mars \u00bb qui se h\u00e2t\u00e8rent de rev\u00eatir des tenues parachutistes, les hommes reprennent \u00e0 leur compte les slogans de nos adversaires : \u00ab Elles ne sont pas capables de \u00bb. De v\u00e9rit\u00e9 partielle, l&rsquo;argument devient pr\u00e9texte \u00e0 une \u00e9limination quasi syst\u00e9matique : \u00ab que la femme fasse le couscous, et nous, la politique \u00bb (4)<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;actualit\u00e9 imm\u00e9diate confirme, h\u00e9las, cet ostracisme : lorsqu&rsquo;on a c\u00e9l\u00e9br\u00e9, le 5 juillet dernier, le deuxi\u00e8me anniversaire de notre ind\u00e9pendance, des responsables du Parti et du gouvernement ont pris la parole dans les principaux centres du territoire : pas une femme n&rsquo;a parl\u00e9. Et si les \u00ab historiques \u00bb ne sont pas disponibles, qui pr\u00e9tendra que d&rsquo;autres, obscures peut-\u00eatre, mais aussi valables, ne le sont pas ?<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a plus grave que cette absence d&rsquo;un jour : on \u00e9largit, pr\u00e9sentement, la base r\u00e9volutionnaire de notre Parti, et l&rsquo;on fait appel, pour ce, \u00e0 tous les militants inorganis\u00e9s. Mais que pr\u00e9voit-on pour les militantes ? \u00ab L a femme alg\u00e9rienne doit pouvoir participer effectivement \u00e0 l&rsquo;action politique et \u00e0 la construction du socialisme, en militant dans les rangs du Parti&#8230; et en y assumant des responsabilit\u00e9s \u00bb, lit-on dans la Charte d&rsquo;Alger : la presse, le affiches n&rsquo;en disent mot; et dans telle kasma du centre de la capitale, des femmes d\u00e9put\u00e9s, venues s&rsquo;inscrire, ont vu leur demande \u00ab provisoirement \u00bb \u00e9cart\u00e9e, \u00ab faute d&rsquo;instructions \u00bb. Ailleurs, d&rsquo;autres ont \u00e9t\u00e9 accept\u00e9es (parce qu&rsquo;elles sont Europ\u00e9ennes d&rsquo;origine, et qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de ces Alg\u00e9riennes-l\u00e0, on est plus souple ?), tandis que dans la banlieue-est, le coordinateur d&rsquo;une kasma expliquait \u00e0 une camarade \u2014 Alg\u00e9rienne : \u00ab Maintenant, on accepte les femmes apr\u00e8s, on les mettra \u00e0 part, elles auront leurs cellules propres \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9gaux, mais s\u00e9par\u00e9s ? \u00ab Dans l&rsquo;\u00e9tat actuel de notre soci\u00e9t\u00e9, nous confie un ami, des cellules mixtes sont quasi impossibles ; nous serons tous plus ou moins g\u00ean\u00e9s \u2014 \u00e0 supposer que les femmes nous rejoignent \u2014 , beaucoup de questions leur \u00e9chapperont, et d&rsquo;autres risquent de se poser \u00bb. L\u00e0 encore, des inconv\u00e9nients relatifs se m\u00e9tamorphosent en obstacles absolus : il se peut qu&rsquo;au d\u00e9but il y ait une g\u00eane, mais ce n&rsquo;est pas l&rsquo;existence d&rsquo;organisations s\u00e9par\u00e9es qui contribuera \u00e0 la dissiper ; elle maintiendra, au contraire, cet \u00ab \u00e9tat de choses actuel \u00bb qu&rsquo;on est si prompt \u00e0 invoquer.<\/p>\n\n\n\n<p>Il se peut aussi que certains probl\u00e8mes \u00e9chappent aux m\u00e9nag\u00e8res : mais les hommes, parce qu&rsquo;ils sont hommes, sont-ils mieux dou\u00e9s pour les saisir ? Encore une fois, on pr\u00e9texte l&rsquo; \u00ab incompr\u00e9hension \u00bb, l&rsquo;absence d&rsquo;instruction, le peu d&rsquo;\u00e9volution des femmes \u2014 comme si les hommes, en tant qu&rsquo;hommes, \u00e9taient d&#8217;embl\u00e9e \u00e9volu\u00e9s, instruits et comp\u00e9tents ; jamais l&rsquo;on n&rsquo;entend mettre en question leur propre insuffisance, comme si la nature \u2014 la race \u2014 les avait pourvus d e tous les avantages, comme s&rsquo;ils \u00e9taient capables, \u00e0 eux seuls, de mettre sur pied un parti d&rsquo;avant-garde.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est presque une gageure : comment des hommes seuls, si militants soient-ils, pourraient-ils contribuer \u00e0 l&rsquo;\u00e9dification d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 socialiste, avec les pr\u00e9jug\u00e9s, les contre-v\u00e9rit\u00e9s, les fausset\u00e9s de toutes sortes qui les entravent ? La pr\u00e9sence des femmes \u00e0 leurs c\u00f4t\u00e9s les aiderait certainement \u00e0 \u00e9voluer, \u00e0 se transformer eux-m\u00eames, \u00e0 \u00eatre mieux aptes, par cons\u00e9quent, \u00e0 transformer la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Tr\u00e8s peu en sont convaincus, et beaucoup ne dissimulent pas leur opposition \u00e0 toute participation f\u00e9minine ; certains ne prennent m\u00eame pas la peine de la justifier.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, le pr\u00e9sident d&rsquo;un comit\u00e9 de quartier, dans la banlieue alg\u00e9roise ; comme nous nous \u00e9tonnions que pas une femme ne si\u00e8ge dans ce comit\u00e9 (o\u00f9 l&rsquo;on ne discute pas de m\u00e9taphysique ; o\u00f9 l&rsquo;on s&rsquo;occupe d&rsquo;affaires tr\u00e8s \u00ab terre \u00e0 terre \u00bb, qui concernent la vie de chaque jour), il nous r\u00e9pondit : \u00ab Pendant la guerre, nous avons travaill\u00e9 entre hommes ; nous formions des groupes d&rsquo;hommes valeureux, nous nous entendions tr\u00e8s bien sans les femmes : il n&rsquo;y a pas de raison de changer ; ici, nous continuons comme avant \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Les jeunes filles ne viennent pas \u00e0 nos projections, nous expliquait, un dimanche matin, un responsable J.F.L.N. de Belcourt, parce qu&rsquo;elles vaquent \u00e0 leurs occupations <em>naturelles <\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;Alg\u00e9rien moyen invoque la nature, qu&rsquo;il barbouille de \u00ab sp\u00e9cifique \u00bb ; un degr\u00e9 au-dessus (dans la stupidit\u00e9), c&rsquo;est la religion et la science \u2014 ou ce qu&rsquo;on prend pour telles \u2014 qui viennent \u00e0 la rescousse. Par exemple, ce texte de Hachemi Tidjani, pr\u00e9sident de l&rsquo;association <em>Al Qiyam<\/em> (\u00ab Les Valeurs \u00bb), paru dans le n\u00b0 de juin 64 de la revue <em>Confluent <\/em>:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab\u2026 Il va de soi que la nature m\u00eame de la femme la rend in\u00e9gale \u00e0 l&rsquo;homme. Vous me direz qu&rsquo;il y a des femmes qui occupent les m\u00eames postes que les hommes. Vous avez les reines Balkis de Saba, Z\u00e9nobie de Palmyre, Victoria d&rsquo;Angleterre, Catherine de Russie, Mme Curie, Simone de Beauvoir. Ce sont pr\u00e9cis\u00e9ment les exceptions qui confirment la r\u00e8gle. Si la femme \u00e9tait vraiment l&rsquo;\u00e9gale de l&rsquo;homme en toutes choses, il y aurait longtemps que, sans solliciter l&rsquo;assistance de son \u00ab rival \u00bb, et m\u00eame malgr\u00e9 lui, elle aurait r\u00e9alis\u00e9 cette \u00e9galit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Aux yeux de Dieu, la femme est l&rsquo;\u00e9gale de l&rsquo;homme. Mais il existe entre elle et l&rsquo;homme des diff\u00e9rences naturelles qui font qu&rsquo;elle se trouve dans un \u00e9tat d&rsquo;inf\u00e9riorit\u00e9. Ce sont pr\u00e9cis\u00e9ment ces diff\u00e9rences naturelles qui font qu&rsquo;il y a des diff\u00e9rences mentales.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Elles expliquent que Dieu donne la responsabilit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;homme. Il n&rsquo;y a jamais eu d e proph\u00e9tesse, pas m\u00eame Marie, consid\u00e9r\u00e9e par le Coran comme la femme la plus pure que l&rsquo;humanit\u00e9 ait jamais connue. Il n&rsquo;est pas donn\u00e9 \u00e0 la femme, au point de vue mental pur, d&rsquo;\u00eatre \u00e0 m\u00eame d e donner la le\u00e7on \u00e0 l&rsquo;homme. Au point de vue des structures physiques et biologiques du cerveau, l&rsquo;homme a une formation sup\u00e9rieure\u2026 \u00bb.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Suis-je une maniaque du f\u00e9minisme ? J&rsquo;ai communiqu\u00e9 ce texte, aussi grotesque que r\u00e9trograde, \u00e0 <em>R\u00e9volution Africaine<\/em>, <em>Alger-R\u00e9publicain<\/em>, \u00e0 l&rsquo;Union des femmes : seul <em>Alger-R\u00e9publicain<\/em> a publi\u00e9 une mise au point. Je n&rsquo;insinue pas que les autres approuvent les sottises de Tidjani, mais ils ont, sans doute, leurs \u00ab urgences \u00bb \u2014 et les femmes peuvent attendre&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab On ne nous aide pas, me disait, justement, une responsable de leur Union ; m\u00eame les journaux refusent de passer nos communiqu\u00e9s ; le Pr\u00e9sident, bien s\u00fbr, est pour nous, il est pr\u00eat \u00e0 tout nous faciliter ; mais d\u00e8s qu&rsquo;on a affaire \u00e0 d&rsquo;autres qu&rsquo;\u00e0 lui, tout se complique, la moindre chose prend des dimensions dramatiques \u00bb. Et la responsable de nous donner un nouvel exemple d&rsquo;obstruction : il y a quelques semaines (en juin 64), des d\u00e9monstrations sportives et a\u00e9riennes eurent lieu \u00e0 Dar el Be\u00efda, en pr\u00e9sence des membres du gouvernement ; des parachutistes, nouvellement dipl\u00f4m\u00e9s, firent la preuve d e leurs capacit\u00e9s ; mais le moniteur, arguant qu&rsquo;il y avait trop de vent, s&rsquo;opposa au saut des jeunes filles. N&rsquo;avaient-elles pas, cependant, leur dipl\u00f4me ? Et n&rsquo;avaient-elles pas subi, dans les m\u00eames conditions, le m\u00eame entra\u00eenement que les gar\u00e7ons ? Si, bien s\u00fbr, mais&#8230; \u00ab ce sont des filles \u00bb. \u2014 \u00ab Et je pourrais vous citer bien d&rsquo;autres exemples, conclut la responsable ; la plupart des hommes s&rsquo;ing\u00e9nient \u00e0 nous rendre impossible toute activit\u00e9 \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le pr\u00e9sident d&rsquo;un comit\u00e9 de quartier (dans la quarantaine) ; le pr\u00e9sident d&rsquo;une Association r\u00e9actionnaire (ex-professeur d&rsquo;arabe, ex-secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;Universit\u00e9, actuellement au minist\u00e8re de l&rsquo;Agriculture) : que ces hommes, d&rsquo;un certain \u00e2ge (ou d&rsquo;une autre formation : le moniteur) d\u00e9nient aux femmes toute consistance humaine, qu&rsquo;ils n&rsquo;en fassent qu&rsquo;un ustensile, parmi d&rsquo;autres, de m\u00e9nage, on dira, somme toute, que \u00e7a s&rsquo;explique : ils ne sont pas de leur temps. Mais alors, pourquoi ont-ils des responsabilit\u00e9s dans notre soci\u00e9t\u00e9 ?<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9ponse est \u00e9vidente : parce qu&rsquo;ils en expriment \u2014 en ce qui concerne les femmes, en tout cas \u2014 la v\u00e9rit\u00e9 moyenne : vieux ou jeunes, campagnards ou citadins, Alg\u00e9rois ou Mozabites, la plupart de nos compatriotes vident spontan\u00e9ment la femme, sans m\u00eame y r\u00e9fl\u00e9chir, de toute substance humaine ; plus exactement, \u00e0 leurs yeux, elle n&rsquo;en a jamais eu, elle est d&rsquo;une autre esp\u00e8ce, qu&rsquo;on n e peut m\u00eame pas qualifier d&rsquo;inf\u00e9rieure, parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de comparaison possible ; elle est femme, c&rsquo;est tout, comme une table est une table, et un chien, un chien. Cuistreries et bondieuseries mises \u00e0 part, Tidjani exprime l&rsquo;opinion courante de la majorit\u00e9 des Alg\u00e9riens.<\/p>\n\n\n\n<p>On en trouve une nouvelle preuve dans les lettres de nos jeunes auditeurs (qui ont, en g\u00e9n\u00e9ral, de 16 \u00e0 22 ans). Au cours d&rsquo;une \u00e9mission, nous leur avons demand\u00e9 si la femme, \u00e0 leur avis, peut exercer n&rsquo;importe quel m\u00e9tier ; beaucoup ont r\u00e9pondu <em>non<\/em>, et ils ont donn\u00e9 comme \u00ab raisons \u00bb :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 la faiblesse physique :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Une femme peut faire quelques m\u00e9tiers seulement : les moins durs, ceux qui demandent un petit effort; n&rsquo;oublions pas que, physiquement, l&rsquo;homme est beaucoup plus fort que la femme \u00bb (S., de Tizi-Ouzou).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Une femme ne peut pas faire tous les m\u00e9tiers, surtout elle ne doit pas faire m\u00e9canicien, boulanger, ma\u00e7on, travail sur un chantier \u2014 m\u00eame en qualit\u00e9 d&rsquo;ing\u00e9nieur ou directeur \u2014 car ce sont des travaux tr\u00e8s durs, r\u00e9serv\u00e9s au sexe fort \u00bb (C.B., \u00e9l\u00e8ve de 4e, Alger).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Elle ne peut pas tout faire, car c&rsquo;est un sexe faible \u00bb (H., \u00e9l\u00e8ve de 3e, Constantine).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab La d\u00e9claration des droits de l&rsquo;homme, commence pompeusement B.S., d&rsquo;Oran, stipule l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 de tous les citoyens. Donc, en principe, une femme peut exercer tous les m\u00e9tiers. Cependant, on admet que des statuts particuliers peuvent \u00e9carter les femmes de telles ou telles fonctions, \u00e0 cause de leur nature. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 la morphologie :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Une femme peut faire tous les m\u00e9tiers, sauf les m\u00e9tiers d\u00e9licats, l&rsquo;\u00e9lectronique par exemple ; car son syst\u00e8me nerveux n&rsquo;est pas aussi sensible que celui d e l&rsquo;homme \u00bb (B.L., de Blida).<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 la nervosit\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab La femme peut faire tout, sauf chirurgie : elle peut trembler au moment de l&rsquo;op\u00e9ration \u00bb (Z.S., de Mohamedia).<\/p>\n\n\n\n<p>Aux incapacit\u00e9s physiques s&rsquo;ajoutent, pour quelques-uns, les insuffisances mentales :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Je suis \u00e9l\u00e8ve d&rsquo;un lyc\u00e9e mixte, \u00e9crit L.T., de Biskra ; j&rsquo;ai constat\u00e9 que les filles ne s&rsquo;int\u00e9ressent pas aux math\u00e9matiques : sans doute qu&rsquo;elles ne comprennent pas \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;autres, enfin, pr\u00e9textent :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 la loi (?) :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab La femme peut faire tous les m\u00e9tiers, sauf ceux qui sont interdits par la loi \u00bb (D.A., d&rsquo;Alger).<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 l&rsquo;Islam (5) :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Une femme fran\u00e7aise peut faire tous les m\u00e9tiers ; une femme musulmane, certains seulement \u00bb (K.M., de Berrouaghia).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Les femmes n&rsquo;ont pas droit \u00e0 tous les m\u00e9tiers, surtout quand ce sont des femmes de confession islamique \u00bb (A.A., d&rsquo;Alger).<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 la f\u00e9minit\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab La f\u00e9minit\u00e9 de la femme doit \u00eatre sauvegard\u00e9e \u00bb (B.T., de Miliana).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Sauvegardons la silhouette de nos femmes ; je verrais mal une femme ma\u00e7on habill\u00e9e en pantalon, surtout si elle est grosse \u00bb (H., de Constantine).<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, au nom de sa faiblesse physique ou mentale (\u00e9videmment cong\u00e9nitale), de son essence (\u00e9ternelle), de la loi divine (immuable), beaucoup d&rsquo;Alg\u00e9riens ne con\u00e7oivent pas qu&rsquo;une femme acc\u00e8de \u00e0 n&rsquo;importe quel m\u00e9tier ; son inf\u00e9riorit\u00e9 naturelle va de soi (aucun de nos correspondants n&rsquo;a essay\u00e9 d&rsquo;expliquer ou de justifier sa position) et comme elle est, justement, un fait de nature, elle \u00e9chappe au devenir historique, elle n&rsquo;est susceptible d&rsquo;aucune transformation.<\/p>\n\n\n\n<p>Faut-il s&rsquo;\u00e9tonner, d\u00e8s lors, que la plupart des \u00e9l\u00e8ves de 3e d&rsquo;un lyc\u00e9e alg\u00e9rois trouvent inutile, ou dangereuse, l&rsquo;instruction des filles ? Voici, telles que nous les avons extraites de leurs r\u00e9dactions, les opinions qu&rsquo;ils n&rsquo;h\u00e9sitent pas \u00e0 afficher, ni \u00e0 d\u00e9fendre vigoureusement :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Une femme savante est plus perfide qu&rsquo;une simple femme, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;elle n&rsquo;a ni foi ni parole ; c&rsquo;est une menteuse, une infid\u00e8le, une tricheuse, une vaniteuse, une orgueilleuse. Une savante, d\u00e9j\u00e0 vieille, peut rendre une jeune femme ridicule. Sa principale ambition est de devenir encore plus savante qu&rsquo;elle n&rsquo;est. Elle ne cherche pas \u00e0 cr\u00e9er un foyer heureux, avoir des enfants ; son v\u00e9ritable mari est la science. Bien s\u00fbr, il existe des savantes mari\u00e9es, mais sont-elles heureuses ? Non, car elles savent qu&rsquo;elles sont sup\u00e9rieures \u00e0 leurs maris, qui ressemblent \u00e0 des domestiques, et non \u00e0 des maris \u00bb (K., 17 ans).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Les femmes, confirme B., 17 ans, ne sont faites que pour laver, repasser, essuyer le parterre. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab La femme n&rsquo;a qu&rsquo;un droit, rench\u00e9rit R., 15 ans : s&rsquo;occuper du foyer qui lui est r\u00e9serv\u00e9. Une femme ne doit pas s&rsquo;instruire \u00bb (mais, d\u00e9plore cet \u00e9l\u00e8ve, \u00ab ce qui est fait est fait, et de nos jours, une femme est presque l&rsquo;\u00e9gale de l&rsquo;homme, car elle va travailler pendant que la plupart des m\u00e2les font la vaisselle \u00bb).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab La femme, opine S., 18 ans, ne doit apprendre que des choses utiles : faire de la bonne soupe, savoir coudre et faire de belles robes, s&rsquo;occuper de son m\u00e9nage. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>S&rsquo;ils admettent parfois, ces gar\u00e7ons, la n\u00e9cessit\u00e9 de l&rsquo;instruction, c&rsquo;est \u00e0 des fins tr\u00e8s pr\u00e9cises :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Il faut quand m\u00eame, conc\u00e8de A., 15 ans, que les femmes aient un minimum de connaissances, pour&#8230; lire des ouvrages de cuisine, de couture, pour soutenir un long bavardage. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab L&rsquo;\u00e9ducation de la femme doit \u00eatre accomplie en ce sens qu&rsquo;elle soit le portrait de l&rsquo;homme \u00bb (B., 15 ans, ajoute : \u00ab Dans certains pays, elle occupe des postes importants, et le droit de l&rsquo;homme est bafou\u00e9 \u00bb).<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame protestation chez B., 16 ans :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Il faut qu&rsquo;une femme soit discr\u00e8te, surtout \u00e0 une \u00e9poque comme la n\u00f4tre, o\u00f9 la femme \u00e9tend consid\u00e9rablement ses pouvoirs, o\u00f9 elle affirme \u00eatre l&rsquo;\u00e9gale de l&rsquo;homme. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ignare ou d\u00e9grossie, dit L., 15 ans, qui exprime bien l&rsquo;opinion g\u00e9n\u00e9rale. \u00ab La femme n&rsquo;a pas d&rsquo;autre r\u00f4le que d&rsquo;aider et de seconder son mari. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Et si, quand m\u00eame, elle en assume d&rsquo;autres ? Il y a des exemples c\u00e9l\u00e8bres\u2026 Pr\u00e9voyant l&rsquo;objection de son professeur, B., 15 ans, reconna\u00eet du bout des l\u00e8vres, et avec quelle condescendance, que \u00ab le vol de la cosmonaute sovi\u00e9tique est une preuve satisfaisante des possibilit\u00e9s de la femme \u00bb. Merci.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais quoi, sans chercher en Union Sovi\u00e9tique : et Djamila, qui r\u00e9siste sous les tortures, et Bouazza, qui pose des bombes, et les innombrables Zohra, Fatima, A\u00efcha, Le\u00efla qui ont transport\u00e9 des armes, cach\u00e9 des maquisards, soign\u00e9 dans la montagne ? Personne n&rsquo;y songe, pas un de ces gar\u00e7ons n&rsquo;en parle, et lorsque leur professeur lance leurs noms comme, croit-il, autant de grenades, rien n&rsquo;explose \u2014 sinon cette toute petite bulle, qui satisfait la classe : \u00ab Bah, c&rsquo;\u00e9tait pendant la guerre\u2026 \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ces gar\u00e7ons ne sont pas coupables, bien s\u00fbr, ils sont \u00e0 l&rsquo;image m\u00eame de leur milieu \u2014 de notre soci\u00e9t\u00e9 : la guerre termin\u00e9e  (malgr\u00e9 ses horreurs, de combien de jougs n&rsquo;a-t-elle pas d\u00e9livr\u00e9 les femmes ?), les hommes ont renvoy\u00e9 les militantes \u00e0 leurs cuisines, ils les ont boucl\u00e9es dans leurs gourbis, leurs H.L.M. ; au mieux, ils leur ont confi\u00e9 la direction d&rsquo;un ouvroir, d&rsquo;une cr\u00e8che, d&rsquo;une \u0153uvre quelconque de charit\u00e9 (en fonction, bien s\u00fbr, de leurs possibilit\u00e9s <em>naturelles<\/em>) ; au pire, pour se donner l&rsquo;esprit, ou le renom, qui leur manquaient, ils les ont \u00e9pous\u00e9es, puis confin\u00e9es \u00e0 leurs occupations d&rsquo;origine.<\/p>\n\n\n\n<p>Si quelques-unes ont \u00ab mal tourn\u00e9 \u00bb (qui ont choisi l&rsquo;exil, qui se cantonnent dans l&rsquo;opposition, ou l&rsquo;indiff\u00e9rence), si les \u00ab salonardes \u00bb et les \u00ab dames-patronnesses \u00bb, comme dit le Pr\u00e9sident, ont remplac\u00e9 les militantes, \u00e0 qui la faute ? Solidaires dans la guerre, dans la souffrance, hommes et femmes de notre pays ont repris, au lendemain de l&rsquo;ind\u00e9pendance, leurs chemins solitaires.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(1) <em>R\u00e9volution Africaine<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(2) \u00ab \u2026 M\u00eame deux ann\u00e9es apr\u00e8s l&rsquo;ind\u00e9pendance, le divorce reste encore, et dans beaucoup de cas, une r\u00e9pudiation pure et simple de la femme devant t\u00e9moins\u2026 La femme, du jour au lendemain, est d\u00e9poss\u00e9d\u00e9e de tout, et m\u00eame ses enfants lui sont arrach\u00e9s sans autre forme de proc\u00e8s \u00bb. (<em>Le Peuple<\/em>, 23 juillet 64.)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(3) Deux seulement, au Parlement \u00e9lu le 20 septembre 1964 : Fatima Khemisti et Evelyne Lavalette.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(4) Pour \u00e9viter que les femmes, et principalement les jeunes, n&rsquo;oublient cette \u00ab v\u00e9rit\u00e9 \u00bb premi\u00e8re de leur \u00ab nature \u00bb, un quotidien du matin ne manque pas une occasion de la rappeler; sa \u00ab Chronique f\u00e9minine \u00bb se sp\u00e9cialise, semble-t-il, dans l&rsquo;intoxication hebdomadaire des jeunes filles. Ainsi, sous le titre \u00ab L&rsquo;Emancipation de la femme \u00bb, la bonne dame, ou l&rsquo;irresponsable de service, \u00e9crit, le vendredi 11 octobre 1963 :<br>\u00ab \u2026 L&rsquo;\u00eatre humain a besoin de mener une vie paisible, qui vous para\u00eet \u00eatre un peu terre \u00e0 terre, mais qui est la seule fa\u00e7on d&rsquo;exister normalement\u2026 Je tiens \u00e0 vous faire toucher du doigt le danger que courent les personnes c\u00e9l\u00e8bres. Avez-vous song\u00e9 \u00e0 la fa\u00e7on dont elles terminent leur vie ?\u2026 Vous connaissez certainement la maxime : \u00ab Pour vivre heureux, vivons cach\u00e9s \u00bb. La philosophie qui s&rsquo;en d\u00e9gage me para\u00eet utile. Il ne faut bien s\u00fbr pas vivre clo\u00eetr\u00e9e, mais simplement \u00eatre discr\u00e8te et dans tous les domaines\u2026 Les hommes pr\u00e9f\u00e9reront se marier avec une fille qui vous para\u00eet insignifiante, mais qui ne fait pas trop de bruit autour d&rsquo;elle\u2026 Ils choisissent (de pr\u00e9f\u00e9rence) la fille effac\u00e9e et pas tr\u00e8s instruite\u2026\u00bb.<br>Conclusion d\u00e9mocratique et populaire : \u00ab Il faut ali\u00e9ner une partie de sa libert\u00e9 au profit d&rsquo;une autre, c&rsquo;est-\u00e0-dire vous soumettre aux r\u00e8gles familiales et sociales\u2026 Vous faites votre bonheur, celui de vos parents\u2026 Soyez \u00e9volu\u00e9e dans le bon sens \u00bb.<br>Et maintenant, \u00e0 la cuisine, pr\u00e9parez vite \u00e0 votre Seigneur le bon petit repas que, dans l&rsquo;encadr\u00e9 voisin, on vous sugg\u00e8re : \u00ab Recettes : galettes de pommes de terre\u2026 brioche du pauvre (pardi, on est socialistes)\u2026 tomates foresti\u00e8res \u00bb\u2026 Au moins, dans ses casseroles, la femme n&rsquo;utilisera pas \u00ab la libert\u00e9 qui lui est accord\u00e9e \u00e0 des fins pernicieuses \u00bb (cette derni\u00e8re citation, extraite d&rsquo;un article du 23 juillet 64 : d\u00e9cid\u00e9ment, notre journal suit sa ligne sans d\u00e9vier ; mais est-ce la ligne du Parti ?).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(5) Faut-il rappeler l&rsquo;action lib\u00e9ratrice du Proph\u00e8te ? V\u00e9ritable r\u00e9volutionnaire, il interdit le sacrifice des filles (les Arabes pr\u00e9islamiques les enterraient vivantes), limita \u00e0 quatre le nombre des \u00e9pouses (et encore : la polygamie n&rsquo;est permise qu&rsquo;\u00e0 celui qui a les moyens d&rsquo;assurer \u00e0 chacune de ses femmes un m\u00eame traitement), prescrivit \u00e0 tous \u2014 aux femmes comme aux hommes \u2014 de s&rsquo;instruire, m\u00eame, dit-il, si pour cela \u00ab il faut aller en Chine \u00bb : tous ses actes tendaient \u00e0 la lib\u00e9ration de la femme.<br>La religion musulmane ne s&rsquo;y oppose donc pas \u2014 au contraire : \u00ab Que ceux qui veulent souiller l&rsquo;Islam en essayant de l&rsquo;utiliser dans un sens hostile au progr\u00e8s sachent qu&rsquo;ils ne pourront pas continuer ind\u00e9finiment \u00e0 agir de la sorte, car ils n&rsquo;ont pu le faire jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent qu&rsquo;en profitant d&rsquo;une tol\u00e9rance excessive de notre part, et d&rsquo;une certaine confusion qu&rsquo;ils contribuent d&rsquo;ailleurs largement \u00e0 entretenir \u00bb, d\u00e9clarait le Pr\u00e9sident Ben Bella, en ouvrant le 1er congr\u00e8s du Parti ; et il ajoutait : \u00ab L&rsquo;Islam, loin d&rsquo;\u00eatre contraire \u00e0 notre option, s&rsquo;identifie, dans l&rsquo;esprit des masses, \u00e0 l&rsquo;\u00e9galit\u00e9, et va donc dans le sens du socialisme \u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Extrait du livre de Fad\u00e9la M&rsquo;Rabet, La femme alg\u00e9rienne suivi de Les Alg\u00e9riennes, Paris, Fran\u00e7ois Maspero, 1969, p. 9-22 On sourira peut-\u00eatre, ou l&rsquo;on s&rsquo;irritera, de mon projet : tant de probl\u00e8mes se posent \u00e0 l&rsquo;Alg\u00e9rie (\u00ab d\u00e9collage \u00bb \u00e9conomique, cr\u00e9ation d&rsquo;un vrai parti d&rsquo;avant-garde, \u00e9puration, refonte des structures administratives&#8230;) que le moment est mal [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[2172,112,5963,431,453,558,884],"class_list":["post-8409","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-livres","tag-2172","tag-algerie","tag-fadela-mrabet-2","tag-feminisme","tag-francois-maspero","tag-independance","tag-oppression"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9lTYU-2bD","jetpack_likes_enabled":true,"jetpack-related-posts":[{"id":28379,"url":"https:\/\/sinedjib.com\/index.php\/2026\/03\/22\/deux-livres-de-femmes-sur-les-femmes\/","url_meta":{"origin":8409,"position":0},"title":"Deux livres de femmes sur les femmes","author":"SiNedjib","date":"22\/03\/2026","format":false,"excerpt":"Article sign\u00e9 A. 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