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Hassan assassin !

Article paru dans L’Humanité Rouge, quotidien des communistes marxistes léninistes de France, n° 787, 14 décembre 1977 ; suivi de « Assassinat de Saïda Menebhi : Hassan paiera ! », paru dans L’Humanité Rouge, n° 791, 20 décembre 1977

Saïda Menebhi, militante marxiste-léniniste marocaine est morte, dimanche 11 décembre à l’hôpital de Casablanca, des suites d’une grève de la faim. Saïda Menebhi avait 26 ans, c’était la sœur de l’ancien président de l’UNEM, elle avait été condamnée à 7 ans de prison, lors du sinistre procès de Casablanca le 15 février 1977. Au cours de ce procès, à l’image du régime criminel d’Hassan II, 176 militants marxistes-léninistes avaient été condamnés à de lourdes peines de prison dont 44 à la prison à vie. Incarcérés dans les prisons de Casablanca et de Kénitra, ils ont entamé depuis près d’un mois une grève de la faim. De nombreux militants sont dans un état grave. Saïda Menebhi était, avec deux autres militantes, et Abraham Serfaty, détenus dans l’isolement le plus complet à la prison de Casablanca.

Le régime criminel d’Hassan II continue de tuer les meilleurs fils et filles du peuple marocain.

Mehdi Ben Barka, Abdelatif Zeroual, aujourd’hui Saïda Menebhi. Mais la terreur ne fera pas plier ceux qui, en février 77 au moment du verdict, se levèrent face à leurs bourreaux et entonnèrent un chant révolutionnaire, et qui emprisonnés poursuivent la lutte de façon inflexible. Elle n’arrivera pas à étouffer la lutte du peuple marocain contre l’impérialisme et la réaction. Cette mort accuse devant les peuples le régime criminel d’Hassan II. Libération de nos camarades marocains !

Hommage à SAIDA MENEBHI !


Assassinat de Saïda Menebhi
HASSAN PAIERA !

Saïda est morte dans la prison à la suite d’une grève de la faim, entamée par plus d’une centaine de détenus. Alors qu’elle sentait que son état s’aggravait, elle avait arrêté le 27 novembre la grève entreprise trois semaines plus tôt. Mais aucun soin ne lui fut administré et Saïda est morte le dimanche 11 décembre au matin.

Le gouvernement fasciste d’Hassan II, après avoir commis ce crime, fit un chantage ignoble auprès de la famille de Saïda. Il l’a contrainte à promettre que le cortège ne soit pas composé de plus de 60 à 90 personnes sinon le corps de Saïda ne lui serait pas remis. Aussitôt, l’annonce de la mort de Saïda, les parents de la victime furent soumis à des interrogatoires. La police leur reprochait d’avoir fait connaître l’assassinat de leur fille. Leur maison fut fouillée à trois reprises, etc.

Ces faits scandaleux s’accomplissent dans le silence le plus total. La presse, la radio marocaines n’en parlent pas et les journaux français, qui ont simplement signalé le fait, n’ont pas pu entrer au Maroc. Pourtant, la nouvelle se répand. Ce n’est pas parce qu’on interdit au peuple de parler qu’il se tait et malgré toutes les précautions du gouvernement fasciste d’Hassan II, le peuple apprend ses crimes et les bras se lèvent plus nombreux pour les venger.

Pendant ce temps, les grévistes de la faim continuent leur lutte pour la satisfaction de leurs revendications. 40 d’entre eux se trouvent à l’infirmerie de la prison et 24 à l’hôpital de Kénitra en raison de leur grave état de santé. A Casablanca où se trouvaient incarcérés quatre des détenus, les deux jeunes femmes soignées à l’hôpital Averroès ont décidé, malgré leur état de santé très grave, de reprendre la grève de la faim qu’elles avaient arrêté un peu plus tôt. C’est à la suite de l’annonce de la mort de leur camarade Saïda Menebhi qu’elles ont pris cette décision.

Enfin, l’état du camarade Serfaty est considéré comme alarmant par ses avocats.

Les familles des détenus ont occupé jeudi en signe de protestation la mosquée « Assouna » de Rabat. La police est intervenue pour disperser les manifestants.