Image de la manifestation du 20 octobre contre l’assassinat de Lahouari Ben Mohamed
EDITORIAL
La classe ouvrière de notre pays, son peuple, mesureront forcément un jour la catastrophe qu’a été – à partir de 72-73 – la « parlementarisation » de Mai 68, le programme commun, la remise en selle de la bande à Marchais, l’ectoplasme « socialiste » de Mitterrand-Rocard. Tout cela a en partie brisé le peuple, l’a ouvert au pire, que la crise provoque : tensions internes, racismes, attentats, égoïsmes peureux.
Déclaration du Parti communiste révolutionnaire marxiste-léniniste parue dans Pour le socialisme,n° 25, semaine du 8 au 14 janvier 1981
LA veille de Noël, le maire PCF de Vitry, avec Marcel Rosette, sénateur, président de l’association nationale des élus communistes et républicains et le secrétaire fédéral du Val-de-Marne prennent la tête d’une sorte de cortège et se rendent à un foyer, où venaient d’être relogés trois cents travailleurs maliens. Pendant que les élus expliquent à ces ouvriers immigrés que la municipalité a décrété inhabitable leur foyer, le gros du cortège passe à l’action pour appliquer l’arrêté municipal : saccageant les installations, on coupe eau, gaz, électricité, téléphone, on rend impraticable les accès, on met le chauffage hors d’usage. Un bulldozer participe activement au saccage.
Article de Mohammed Harbi paru dans Les Temps Modernes, 50e année, n° 580, janvier/février 1995, p. 24-33
Sur la violence
Pouvoir et violence vont de pair en Algérie comme ailleurs. Toutefois, on sait que plus le pouvoir est légitimé, moins la violence se fait voyante. En Algérie, ce qui est particulier, c’est que la légitimation de la violence politique concerne la grande majorité des élites. On sait que l’Etat algérien est né d’un acte fondateur éminemment violent, violence tournée contre le colonisateur, mais aussi contre le colonisé. Le modèle du politique qui a gouverné les relations à l’intérieur du FLN comme dans les rapports avec la société a souvent été réduit au pouvoir du fusil. Il est vrai, les luttes entre Algériens avaient leurs sources dans l’histoire coloniale et dans celle du nationalisme. Comme le nationalisme n’a pas réussi à surmonter ces divisions, la guerre civile apparaissait comme une voie difficile à éviter. D’autre part, la proclamation d’une nation déjà formée et non d’un processus de formation d’une nation, ne permettait pas de comprendre l’attitude des communautés rurales qui, sans s’allier à la France, voulaient sauvegarder leur autonomie à l’égard des forces qui leur étaient extérieures. Au lendemain de l’Indépendance, le pouvoir comme ses opposants, à quelques rares exceptions, ne croyait qu’à la force brute. On a même vu en 1978 le pouvoir inciter des opposants à préparer des actions armées pour mieux les briser. Rousseau pensait que le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître s’il ne transforme sa force en droit.
Exposé de Mohammed Harbi au séminaire « marxiste critique » organisé à Athènes en juin 1983 par le cercle Protagoras et paru dans Sous le drapeau du socialisme, n° 95-96, décembre 1983-janvier 1984
Je commencerai mon exposé par une remarque introductive. Il ne s’agit pas ici de restituer d’une manière exhaustive les discours de Marx et des marxistes sur la question nationale, il existe sur ce point d’excellents travaux, notamment ceux de Georges Haupt. Mon propos est d’en dégager seulement la « substantifique moelle » et d’en jauger l’adéquation à la réalité d’aujourd’hui. Je procéderai par constat pour mieux éclairer le sujet.
Entretien de Hocine Aït Ahmed avec François Soudan, Jeune Afrique, n° 1335, 6 août 1986
Ahmed Ben Bella et Hocine Aït Ahmed à Londres, en décembre 1985 : « Ben Bella joue le jeu. »
L’un des trois survivants, avec Ahmed Ben Bella, parmi les chefs historiques de la révolution algérienne, il vit en exil depuis vingt ans. Combattant de la liberté et de la démocratie, il qualifie de « béquille » le parti unique et pense que son pays souffre d’« algériasclérose ».
Interview de Hocine Aït Ahmed parue dans Sou’al, n° 2, 1982, p. 110-133
QUESTION.- A-t-il existé une stratégie de lutte commune dans les trois pays du Maghreb ? Quels ont été les efforts déployés en vue de mettre en œuvre une stratégie commune, sur quels obstacles ces efforts ont-ils buté ?
Réponse – Je pense que nous retrouverons cette interrogation fondamentale dans la conjoncture, c’est-à-dire au fur et à mesure que les évènements se développent en Afrique du Nord. Stratégie commune, pourquoi ? Parce qu’il y a une communion affective profonde : les Maghrébins, pris collectivement ou individuellement, se sentaient liés par le même destin, et tout ce qui se passait au Maroc ou en Tunisie était profondément ressenti et suivi en Algérie. C’est là un témoignage que je puis porter. Jeune, ce qui se passait au Maroc ou en Tunisie me concernait directement, atteignait ma sensibilité de la même manière que ce qui pouvait se passer en Algérie. Nous étions pour la libération de nos pays respectifs, mais les frontières n’ont jamais été des frontières, il y avait donc communion inscrite dans l’intuition des hommes, des femmes de nos peuples. Cette communion ne tardera pas à acquérir un contenu politique.
Article de Hocine Aït Ahmed paru dans Le Scarabée international, n° 2, été 1982, p. 61-71
Le 22 octobre 1956, un avion d’Air Maroc, à bord duquel se trouvaient, par ordre alphabétique, Aït Ahmed, Ben Bella, Boudiaf, Khider et Lacheraf du côté algérien, des journalistes marocains, français (Christian Dabor, Eve Paret) et américains (Thomas Brady du New York Times), a été détourné de force vers Alger, alors qu’il se rendait à Tunis. Il s’agit d’un des premiers actes de piraterie aérienne, sinon du premier ; en tout cas, le premier organisé et couvert par un Etat. Et bien qu’on ait tenté d’en faire assumer la responsabilité directe à des subalternes, c’est finalement un gouvernement qui a délibérément violé le droit international, en se rendant coupable d’un acte de piraterie, afin de régler un problème politique.
Article de Hocine Aït Ahmed paru dans Jeune Afrique, n° 1272, 22 mai 1985
Aït Ahmed, qui représentait les Algériens là-bas, raconte les heures qu’il a vécues. Que reste-t-il aujourd’hui des espoirs allumés en ce temps-là en Indonésie ?
Pierre Vidal-Naquet. Les Assassins de la mémoire. Paris, La Découverte, 1987.
Historien de l’Antiquité, Pierre Vidal-Naquet a la mémoire douloureuse des persécutions du passé. Sa mère, Marguerite Valabrègue, est morte à Auschwitz. Cette histoire personnelle tourmentée a aiguisé son sens de la justice et sa passion de la vérité. Combattant du droit et de la liberté, P. Vidal-Naquet s’est rangé aux côtés de la révolution algérienne et a prouvé à maintes reprises sa sensibilité aux souffrances du peuple palestinien. Son amitié est sans complaisance.
Comment les événements d’aujourd’hui doivent-ils être interprétés ?
MH. Il faut s’éclairer à la lumière du passé et donc d’abord revenir sur ce qu’est devenu le FLN.
Ce mouvement présente deux caractéristiques essentielles. La première, c’est son fonctionnement en fractions. Le FLN n’est pas un parti politique, on peut même dire qu’il est le cache-sexe derrière lequel se dissimule toute une série de groupements d’intérêts et de fractions qui ont pu s’emparer de l’Etat grâce à la guerre de libération.
Déclaration de Mohammed Harbi parue dans Sous le drapeau du socialisme, n° 116-117, novembre 1990
Après dix-sept ans d’exil, précédés de plusieurs années de prison sans jugement, je peux retrouver mon pays, en toute liberté.
Tout au long de cette épreuve, j’ai refusé les offres d’émissaires de l’État venus me proposer de troquer des privilèges contre le renoncement à mes droits. J’estimais, j’estime encore, que la démission morale commence avec l’acceptation de placer le droit de l’État au-dessus de celui des citoyens.
L’Algérie évolue très rapidement : impasse économique, développement du Front islamique du salut en passe de devenir la seule force d’opposition de masse à Chadli – bien que celui-ci de manière timorée et tardive joue l’ouverture démocratique -, crise sociale profonde : les jeunes mais surtout les femmes qui pourchassées par le FIS et étant l’objet de ses violences y compris physiques, ne cessent depuis deux ans de lutter contre une marginalisation encore plus grande sous couvert du code de la famille. C’est dans ce contexte que l’on parle avec insistance d’un retour de l’ancien président Ahmed Ben Bella, alors que les massacres d’octobre 1988 ont précipité la décomposition du régime.
Dans l’interview qui suit, Mohammed Harbi parle de l’Algérie, mais aussi de la nouvelle situation créée par la libération de Nelson Mandela, ou de celle ouverte par l’implosion des pays de l’Est et leurs incidences sur le continent africain et le tiers-monde en général.
Je voudrais tout d’abord préciser à quel titre et pourquoi je tiens à m’exprimer, par le moyen de cette Lettre, sur la situation actuelle en Algérie. Les militants de ma génération, qui ont connu la colonisation, combattu durant la période allant des années quarante à l’indépendance, se sont ensuite retrouvés confrontés aux responsabilités du pouvoir et qui, comme moi, ont toujours refusé de reconnaître une quelconque légitimité au régime issu du coup d’Etat militaire de 1965 – ces militants, dis-je, les uns en exil et les autres subissant en silence le joug dictatorial à l’intérieur de notre pays, ne peuvent pas ne pas être bouleversés par les massacres de la semaine sanglante d’octobre 1988. Bouleversés par l’image de nos enfants assassinés, les enfants de notre peuple pauvre, les enfants sans espoir ni avenir, les enfants dont les martyrs de nos montagnes et de nos villes pensaient qu’ils seraient les bénéficiaires de la libération de notre pays. Bouleversé, rageant d’impuissance face à la dictature militaro-bureaucratique, je le fus comme beaucoup d’autres. Je n’écris cette Lettre ni pour donner des leçons, ni pour fournir un programme et encore moins, ce qui est à la mode aujourd’hui, pour me projeter dans une quelconque et misérable logique de pouvoir maintenant que le régime aux mains sanglantes fait mine de s’ « ouvrir ». Je ne suis ni un chef « historique », ni le dirigeant d’une organisation, ni le détenteur d’une prétendue légitimité acquise en fonction de mon passé. Viendra sans doute un jour où, les uns et les autres, nous devrons analyser notre passé et mesurer le poids de nos erreurs et de nos vérités ; mais, face à nos enfants révoltés, que pèsent, notre passé et nos vérités ? Je suis un citoyen algérien, je parle ici en mon nom personnel et ce que je dis n’engage que moi-même. Un citoyen, rien de plus mais rien de moins.
« Écrivains algériens d’expression française : de la conquête coloniale aux guerres culturelles » : mon nouvel article vient de paraître dans Moyen-Orient (janvier-mars 2026).
Je participerai demain, jeudi 15 janvier, à partir de 19h30, à une table ronde organisée par le Musée Carnavalet – Histoire de Paris sur le thème « Les visages de Paris« , avec la démographe Sandra Brée, l’historien Sylvain Pattieu et l’anthropologue Emmanuelle Lallement.
Entretien de Mohammed Harbi avec Brahim Hadj Slimane paru dans Algérie Actualité, n° 1 338, semaine du 6 au 12 juin 1991
Harbi à Oran, invite par l’université dans une conjoncture assez insolite. A Bousfer, Chadli reçoit Hassan II et Perez De Cuellar. Le FIS dans la rue pour une grève qui se voulait insurrectionnelle. Harbi n’est pas venu à Oran depuis 1964. Se baladant dans Sidi El Houari, le quartier du port, devenu une plaie chaque jour plus béante, il est douloureusement ému par l’état des lieux. Sa rencontre, en marge des débats d’idées, avec un ancien compagnon, le professeur d’ophtalmologie Lazreg, est touchante.
Entretien de Mohammed Harbi avec Karim Benferhat paru dans La Tribune d’Octobre, n° 22, 25 juin-15 juillet 1990
MOHAMMED HARBI, HISTORIEN ET MILITANT ANTI-IMPERIALISTE, EST UN OBSERVATEUR AVERTI DE CE QUI SE DEROULE EN ALGÉRIE. LA DÉROUTE DU RÉGIME DU 19 JUIN 1965 AUQUEL IL A ÉTÉ À CE JOUR, UN OPPOSANT CONSÉQUENT, LA VICTOIRE DU FIS, LA PERTE D’IDENTITÉ CHEZ LES PARTISANS DU SOCIALISME, C’EST UN PEU AUTOUR DE CELA QUE NOUS L’AVONS INTERWIEVE DANS SON EXIL PARISIEN.
Article de Mohammed Harbi paru dans Les Temps Modernes, n° 452-453-454, mars-avril-mai 1984, p. 1697-1706
J’essayerai ici d’évoquer quatre thèmes : le rapport de l’émigration algérienne à la question nationale, l’idée du retour et l’attitude des forces de gauche à l’égard des immigrés, et enfin le devenir de l’émigration maghrébine.
Entretien de Mohammed Harbi avec Kuider Sami Naïr paru dans Les Temps Modernes, n° 432-433, juillet-août 1982, p. 34-55
I – Quelle analyse faisais-tu, en 1962, du FLN ?
En mars 1962, les masses algériennes s’identifiaient au FLN. C’était le parti victorieux. Chacun avait à cœur de faire l’effort nécessaire pour que l’action de l’OAS ne puisse pas empêcher le référendum d’autodétermination. Personnellement je considérais que le FLN n’était pas à la hauteur de la situation à laquelle il était confronté.
un ouvrage sur les militants anticolonialistes qui aidèrent le FLN pendant la guerre d’Algérie
IL y a déjà plusieurs semaines paraissait un livre de Patrick Rotman et Hervé Hamon, deux anciens journalistes de Politique Hebdo, les Porteurs de valises (1). Un livre qui se situe au tournant d’une époque, au moment où la société française commence à accepter son passé proche, celui de la guerre d’Algérie. Un récent sondage de l’Express révélait qu’une majorité de Français refuse en 1979 de condamner ceux qui, pendant cette sale guerre firent le choix de s’engager dans les réseaux d’aide au FLN, ceux que l’on appelait « les porteurs de valises ».
Entretien de Mohammed Harbi avec Pierre Delcourt paru dans Politique Hebdo, n° 179, du 19 au 25 juin 1975
une interview de Mohamed Harbi, membre du C.C. du F.L.N. algérien et directeur de l’hebdomadaire « Révolution Africaine » avant la destitution du président Ben Bella
Conversation entre Mohammed Harbi et Loftallah Soliman parue dans Sous le drapeau du socialisme, n° 118-119, avril-mai 1991
Les objectifs qui avaient poussé les États-Unis à la guerre dans le Golfe leur semblent atteints.
Ils viennent de retrouver un certain leadership sur la scène internationale et effacent ainsi leur défaite historique au Viet-Nam qui les avait conduits au déclin politique.
Communication de Mohammed Harbi au colloque « Frantz Fanon : une pensée toujours en acte » tenu à Paris le 9 mai 2009 et parue dans Actualités & culture berbères, n° 62/63, automne/hiver 2009, p. 47-50
Ce thème n’a pas été choisi sans relation avec une série de faits récents : ruralisation des villes, accroissement du fossé entre les systèmes politiques administratifs et l’environnement social, résurgence dans le champ politique de solidarités anciennes.
C’est avec joie que nous apprenons que les camarades Mohammed Harbi et Hocine Zahouane ont retrouvé leur liberté de mouvement et d’action.
Militants de la première heure de la Révolution algérienne, représentants de son aile socialiste-révolutionnaire, leur résistance au Thermidor de Boumedienne leur a valu de nombreuse années d’emprisonnement arbitraire, sans procès, puis de résidence surveillée, ce qui suscita, dès le début, une campagne internationale pour leur libération ainsi que celle d’Ahmed Ben Bella.
Article paru dans Alger Républicain, 28 année, Nouvelle Série, n° 712, 31 octobre 1964
Dans le cadre de la quinzaine culturelle, le Comité de l’Algérie nouvelle a présenté au public de la salle Ibn Khaldoun, la première conférence politique de son calendrier.
Cette conférence, il faut le souligner, a connu un très grand succès et les derniers arrivés ont dû se contenter de la station debout. Ceci est dû à la fois à la personnalité du conférencier Mohammed Harbi mais aussi et surtout au sujet traité : « Le Parti et l’Etat », qui montre à l’évidence combien les problèmes politiques intéressent les gens.
Manifeste paru dans Sans frontière, n° 12, du 21 au 27 février 1981
A l’heure où nous bouclons, nous publions les cent vingt (120) premières signatures du Manifeste des Allogènes* qui vient de nous parvenir, contre l’utilisation du problème de l’immigration à des fins électorales. La rédaction de Sans Frontière encourage vivement ses lecteurs allogènes à signer cette pétition.
2025 s’achève avec 21 publications (dont 7 recensions et 1 synopsis) ; 10 interventions (dont 5 conférences et 2 colloques) ; 6 entretiens ou participations à des émissions ; sans oublier les nombreuses retranscriptions réalisées pour mon site personnel.
La France serait en guerre, sans trop savoir contre qui ? Enfin presque. Sauf que pour l’opinion la plus large, c’est bien d’Arabes qu’il s’agit. Cela est dit et martelé, à longueur de journée, dans les médias. Le Comité de Soutien aux Prisonniers Politiques Arabes et du Proche Orient ne fait qu’accentuer, par ses communiqués, la ronde infernale à coups de bombes, laissant à chaque fois, des dizaines de passants inoffensifs qui gisent dans leur sang. Une des conséquences les plus évidentes de ces attentats aveugles est de noircir davantage encore l’image des Arabes, de parmi l’opinion française, aux yeux de l’opinion internationale.
Je suis venu par un geste de solidarité à l’égard du peuple kurde, pour son droit à l’auto-détermination. Je dois préciser que je viens évidemment en tant que Berbère, en tant que Kabyle, qui voudrait voir reconnaître son droit à la différence. Je ne me serais peut-être pas permis de me référer à cela si hier l’un des orateurs n’avait pas dit que l’origine des Kurdes remontait aux Mèdes. Or l’un des plus grands monarques du Maghreb, Juba II, a fait remonter les Berbères, qu’on n’appelait pas les Berbères – je déteste ce mot – les Imazirin. Je viens donc en tant que crypto-kurde ou para-kurde, ou kurdo-ite, mais croyez moi, je ne suis pas ethniciste, je viens en tant qu’Algérien, en tant qu’Algérien démocrate, qui espère que l’Algérie, le Maghreb retrouvera sa cohésion et sera un véritable foyer de démocratie, de tolérance. Je crois que le monde en a besoin à l’heure actuelle.
I LE DEVOIR D’ENGAGEMENT POLITIQUE, OU LE DEVOIR DE LUCIDITÉ
Le devoir d’engagement politique est une vertu qui s’oppose au laisser-faire, lequel s’enracine dans le non-droit. C’est en effet et uniquement dans l’exercice de tous les droits de l’homme, ici plus particulièrement des droits politiques, que le sens du devoir prend corps historique. En ce sens, nous pouvons dire que la reconnaissance des droits de l’homme confère à chacun la possibilité de la reconnaissance de ses devoirs, et non l’inverse. Si les droits de l’homme passent par le devoir d’être des hommes, encore faut-il que chaque homme puisse avoir le droit d’exercer son devoir. Camus, dont l’œuvre reste au cœur des débats fondamentaux sur l’éthique des droits de l’homme, met chacun devant cette double responsabilité : dans sa révolte, le NON fervent, qui constitue la revendication du droit, est consubstantiel au OUI tenace et lucide, qui constitue la conscience du devoir. Le refus et l’engagement (la négation et l’affirmation) sont deux mécanismes instantanés, l’envers et l’endroit d’une même foi concrète au juste qui peut et doit habiter tout homme. Refuser tout ce qui de près ou de loin, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, fait mourir ou justifie que l’on fasse mourir, c’est en même temps parler, écrire, agir, s’engager et, selon la formule de Camus, le « premier des engagements est celui que l’on prend avec soi-même ».
Communication de Hocine Aït Ahmed aux Assises européennes sur le droit d’asile, tenues à Lausanne du 15 au 17 février 1985, parue dans La Forteresse européenne et les réfugiés, Lausanne, Editions d’en bas, Ligue suisse des droits de l’Homme, 1985, p.41-52
Certes, les droits de l’homme apparaissent aux XVIIIe, XIXe et XXe siècles dans des déclarations, des traités, mais ils sont absents, en tant que tels, des grandes conventions multilatérales du début du XXe siècle.
Communication de Hocine Aït Ahmed au colloque de Droits Socialistes de l’Homme tenu à Paris des 25 au 27 janvier 1985, parue dans Pour l’extension des droits de l’Homme, Paris, Anthropos, 1985, p. 138-148
Je vous remercie de m’avoir donné l’occasion de m’exprimer : ma communication a pour titre : Introduction à une éthique et une stratégie : l’intégralisme des Droits de l’Homme. C’est un sujet trop ambitieux pour être traité sommairement.
En avril 1955, il représentait l’Algérie combattante au sommet historique de Bandung. Trente ans après que reste-t-il de cet immense espoir ? Hocine Aït Ahmed répond sans complaisance à cette question.
Communication de Hocine Aït Ahmed aux Rencontres méditerranéennes de Lourmarin, 1er-10 août 1985, publiée dans Albert Camus : une pensée, une œuvre, Cadenet, 1986, p. 105-110; reproduite partiellement dans Libre Algérie, février 1988
Quel rapport entre Camus et le Bicentenaire ? A moins d’être d’une manière ou d’une autre camusien sans le savoir, toutes celles et tous ceux qui luttent pour la défense et la promotion des droits de l’homme ont certainement croisé Camus, que ce soit sur la voie publique de l’action ou dans les cheminements intimes de la réflexion. Son œuvre n’est-elle pas au cœur des débats fondamentaux sur l’éthique des droits de l’Homme ? Elle constitue par ailleurs une source d’inspiration et d’incitation quant à la démarche quotidienne nécessaire pour combattre la tyrannie et la misère sociale.
Hocine Aït Ahmed, qui a accordé cette interview à Tribune internationale-La Vérité, est une figure importante dans l’histoire de la révolution algérienne.
Intervention de Hocine Aït Ahmed suivie de la réaction d’Ali Mécili lors du colloque tenu à Nanterre du 5 au 7 juin 1985 et dont les actes ont été publiés sous la direction de Jeanyves Guérin, Camus et la politique, Paris, L’Harmattan, 1986
Je suis venu ici à titre personnel, en admirateur de Camus. J’ai été un grand lecteur de ses ouvrages. On ne peut réduire un homme de sa taille à une séquence de l’histoire.
La grève de la faim de Lyon commence à avoir un large écho. Après le soutien du cardinal Duval et du clergé catholique d’Algérie, une cinquantaine d’intellectuels français – et non des moindres – dénonce dans le manifeste, que nous publions ci-dessous en exclusivité, le scandale des expulsions de jeunes maghrébins de France et le resitue dans le contexte d’une société qui se crispe devant la multiracialité qui la gagne.
On dira peut-être qu’il est plus facile de signer un texte que de risquer sa vie. Pourtant, les signataires (qui comptent parmi eux les jeûneurs de Lyon) prennent ici des risques évidents puisqu’ils acceptent l’idée même de l’illégalité pour enrayer la politique en cours. En cela, ce texte rappelle étrangement, vingt ans après la guerre d’Algérie – mais n’y a-t-il pas des analogies ? – le « manifeste des 121 » qui, en justifiant la désertion et l’aide au FLN, occasionna de sérieux ennuis à ses signataires, dont quelques-uns partagent encore ce nouveau combat.
Militant indépendantiste depuis 1942, il a fait partie dès février 1947 des instances dirigeantes du PPA-MTLD. Membre fondateur du Front Algérien de Libération Nationale, représentant de la Révolution algérienne à la conférence de Bandoeng en août 1955, il mène depuis 1962 une action en faveur de la démocratie en Algérie, d’abord au sein de l’Assemblée Nationale Constituante, et ensuite dans l’opposition. Il dirige le Front des Forces Socialistes depuis 1963.
Tous les hommages rendus au frère Fanon à l’occasion de son inhumation – selon son dernier souhait – en terre algérienne, contrôlée par l’armée de libération, soulignaient ses grandes qualités intellectuelles, son militantisme multiforme ainsi que son désintéressement total.
Article signé Géva paru dans Le Socialiste, n° 65, 20 novembre 1886
A chaque crise, à chaque grève, toutes les fois, enfin, que le chômage se fait sentir, les esprits superficiels et les journalistes de mauvaise foi attribuent la misère ouvrière à la concurrence de la main d’œuvre internationale. C’est de là, claments-ils en chœur, que vient tout le mal ; et, parfois, des ouvriers sincères se laissent prendre à ces clameurs, débitées par une presse hypocrite qui ne cherche qu’à entretenir la haine internationale.
Mon nouvel article vient de paraître dans La Révolution prolétarienne (décembre 2025) sous le titre : « Comment la décolonisation de l’Algérie façonne les passions françaises ».
Motion parue dans Jeunesse, du 25 avril au 1er mai 1946 ; suivi de « Lettre ouverte à la jeunesse démocratique », Jeunesse, du 9 au 15 mai 1946 ; « Unité d’action antifasciste de la jeunesse ! », L’Humanité, 15 mai 1946 ;Roger Didier, « La J.C.I. et le Front laïque de la jeunesse antifasciste », La Vérité, 7 juin 1946 ;« Programme d’action », Jeunesse, du 27 juin au 3 juillet 1946 ;Gill, « Premier meeting du Front laïque et antifasciste de la jeunesse », La Jeune garde, 20 novembre 1946
Le congrès national des J.S. réuni à Perpignan après avoir pris connaissance des propositions du mouvement laïque des « Auberges de la Jeunesse » tendant à la création d’un front laïque de la jeunesse antifasciste décide d’apporter sa participation totale à ce front et demande à toutes les organisations de jeunesses laïques et antifascistes sans exception d’y adhérer.
Rapport de Paul Lévy dit Paul Louis paru dans Le Socialiste, 4 août 1907 ;suivi de résolutions du IVe congrès de la Section française de l’Internationale ouvrière, tenu à Nancy du 11 au 15 août 1907, puis des résolutions du VIIe Congrès socialiste international, tenu à Stuttgart du 16 au 24 août 1907, parues dans Le Socialiste, du 18 août au 20 septembre 1907
LE COLONIALISME
Documents sur la France
Par Paul Louis
Le rapporteur désigné par la France n’a pas l’intention, ici, d’exposer, dans tous ses détails, la politique coloniale pratiquée depuis un tiers de siècle par les gouvernants successifs de la République. Ce n’est pas non plus un aperçu doctrinal qu’on attend de lui, ni une discussion de l’attitude que le prolétariat a prise ou devrait prendre au regard de l’expansion exotique. Cette tâche appartiendra plutôt au rapporteur du Congrès International.
« Le FLN, mirage et réalité », tel est le titre de mon nouvel article qui vient de paraître dans le 67ème numéro de ContreTemps. Revue de critique communiste.
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.