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Alain : La peur de l’autre

Articles parus dans Informations et réflexions libertaires, n° 58, janvier-février 1985, p. 4-8

Arrivée de la marche anti-raciste Convergence 84 a Paris composée de plusieurs milliers de personnes le 1er décembre 1984 a Paris, France. (Photo by Patrick AVENTURIER/Gamma-Rapho via Getty Images)

Car il savait (…) que le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, qu’il peut rester pendant des dizaines d’années endormi dans les meubles et le linge, qu’il attend patiemment dans les chambres, les caves, les malles, les mouchoirs et les paperasses, et que, peut-être, le jour viendrait où, pour le malheur et l’enseignement des hommes, la peste réveillerait ses rats et les enverrait mourir dans une cité heureuse.
Albert Camus (La Peste)

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André Laude : Présence d’Albert Camus

Article d’André Laude paru dans La Révolution prolétarienne, n° 156, janvier 1961, p. 22

Hommage à Albert Camus en 1961. (Photo by Keystone-France\Gamma-Rapho via Getty Images)

Il y a un an mourait absurdement Albert Camus, fauché en pleine gloire et en pleine vitalité. « Mon œuvre ne fait que commencer » se plaisait-il à dire dans les derniers mois qui précédèrent l’accident, cette véritable ruée vers le royaume des ombres. Et depuis la plaie demeure toujours ouverte en nous ; et depuis nous sommes orphelins d’une lumière qui nous aidait, aux plus sombres instants, quand le monde écumait de violence, de haine, à retrouver la lucidité et l’amour de la vie nécessaire pour ne pas s’enliser irrémédiablement dans le marasme.

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Raymond Guilloré : Albert Camus et nous

Article de Raymond Guilloré paru dans La Révolution prolétarienne, n° 447, février 1960, p. 1-2 et dans le bulletin Commission internationale de liaison ouvrière, n° 10, février 1960, p. 2-5

French author and philosopher Albert Camus (1913 – 1960) stands with an unidentified woman and reads one of a number of letters on a balcony outside his publishing office, Paris, France, 1957. (Photo by Loomis Dean/The LIFE Picture Collection via Getty Images)

Ce soir-là – c’était un lundi soir, je m’en souviens – le téléphone sonna…, et je fus assommé par la nouvelle. Le téléphone devait sonner plusieurs fois, ce soir-là et le lendemain, et tous ceux qui parlaient avaient ressenti le choc. Eux aussi, ils avaient dérapé et culbuté sur la maudite Nationale 7 ; ils en étaient frappés de stupeur ; mais déjà ils mêlaient leurs plaintes car ils savaient que quelqu’un d’irremplaçable était parti, ils sentaient soudain leur écrasante solitude. Qui, désormais, parlerait pour eux dans ce monde froid des raisons d’Etat ? Qui pousserait encore le cri du révolté ?

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Albert Camus répond à Gaston Leval

Lettre d’Albert Camus parue dans Le Libertaire, n° 318, 5 juin 1952.

Albert Camus in the garden of his Paris studio, 1952. (Photo by Michael Ochs Archives/Getty Images)

Nous sommes heureux de publier ci-dessous la réponse d’A. Camus à la série d’articles de Leval.

Paris, le 27 mai 1952.

Monsieur le rédacteur en chef,

Puisque vous me proposez de répondre aux articles de Gaston Leval, je le ferai aussi brièvement que possible. Le fin de l’étude de Leval m’en redonne d’ailleurs le goût que son début m’avait ôté. Mais je le ferai sans aucune intention de polémique. Je rends tout à fait justice aux intentions de Leval et je lui donne raison sur plusieurs points. S’il veut bien, à son tour, examiner mes arguments sans parti pris, il comprendra que je puisse dire qu’en gros je suis d’accord avec le fond de ses articles. Ils m’ont, en somme, plus instruit que contredit.

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Albert Camus chez les travailleurs du Livre

Article paru dans La Révolution prolétarienne, n° 123, janvier 1958, p. 23-24.

Nobel Prize winning French author and philosopher Albert Camus (1913 – 1960) (left) directs actors during a rehearsal of his play ‘Caligula.’ Paris, France, 1957. (Photo by Loomis Dean/The LIFE Picture Collection via Getty Images/Getty Images)

Samedi 21 décembre, à la Bourse du Travail (avenue Turbigo), invité par le Cercle d’Études syndicales des Correcteurs, Albert Camus a parlé des rapports de l’écrivain et des travailleurs de l’imprimerie, devant deux cents compagnons, parmi lesquels de nombreux correcteurs bien sûr, mais aussi des linotypistes, des typographes, des mécaniciens, des rotativistes, des clicheurs et des photograveurs.

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Georges Fontenis : Le révolté de Camus est-il des nôtres ?

Article de Georges Fontenis paru dans Le Libertaire, n° 296, 4 janvier 1952.

In the workshop of Camus’ uncle (Etienne, cooper) in Algiers in 1920 : Albert Camus (7 years old) is in the c with black suit (Photo by Apic/Getty Images)

Nous ne pouvons manquer d’admirer ceux qui ont pu lire d’une seule traite ou en très peu de temps le nouveau livre d’Albert Camus. C’est sans doute qu’ils avaient déjà sur le sujet une opinion bien arrêtée et qu’ils pouvaient voir de haut – et de loin – une étude de laquelle ils refusaient d’avance d’apprendre quelque chose. Nous nous sommes sentis plus modestes.

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livres

Albert Camus : L’artiste et son temps

Extrait de la conférence prononcée par Albert Camus à l’Université d’Uppsala le 14 décembre 1957 et reproduite dans ses Œuvres, Paris, Gallimard, 2013, p. 1344-1346

SWEDEN – DECEMBER 12: The French writer and essay writer Albert CAMUS (1913-1960) in Stockholm, Sweden. He was there for the awarding of the Nobel Litterature Prize by King GUSTAV VI ADOLPH and all the members of the royal family of Sweden : prince BERTIL, Queen LOUISE, princess MARGUARETHA, prince WILHELM and princess DESIREE. (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

Depuis un siècle environ, nous vivons dans une société qui n’est même pas la société de l’argent (l’argent ou l’or peuvent susciter des passions charnelles), mais celle des symboles abstraits de l’argent. La société des marchands peut se définir comme une société où les choses disparaissent au profit des signes.

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presse

Louis Mercier : Albert Camus, un copain

Article de Louis Mercier paru anonymement dans La Révolution prolétarienne, n° 121, novembre 1957, p. 1-2

L’idée ne nous était pas venue de parler d’Albert Camus à l’occasion du Prix Nobel. Certes, semblable distinction nous réjouit, parce qu’il est toujours agréable de voir un jury d’intellectuels reconnaître le talent là où il existe, saluer une conscience authentique, récompenser un homme qui a su tracer sa voie à lui seul sans jamais proclamer qu’elle fût géniale. Mais la “R.P.” n’avait pas la prétention de confirmer ou de critiquer l’attribution d’une distinction à la fois littéraire et morale. Après les flashes des photographes, après les grandes interviews, après les monceaux de télégrammes de félicitations au lauréat, nous pensons pouvoir un jour serrer la main de Camus avec un peu plus de solennité peut-être, à l’occasion d’une rencontre.
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presse

Une lettre de M. Albert Camus (juillet 1953)

Lettre d’Albert Camus parue dans Le Monde, 19-20 juillet 1953.

 

 

M. Albert Camus nous a adressé la lettre suivante :

“Monsieur le directeur,

“Un certain nombre de vos lecteurs, dont je suis, n’auront pas appris sans une certaine admiration qu’en conclusion de la tuerie du 14 juillet le gouvernement avait ouvert une information contre X pour violences à agents. Il y a là en effet un assez bel exemple de cynisme.

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livres

Georges Henein : L’esprit frappeur

Extrait de Georges Henein, L’esprit frappeur (Carnets 1940-1973), Paris, Encre éditions, 1980, p. 159-160.

 

 

1960. – Mort de Camus. Albert Camus dont le destin vient de s’interrompre comme au milieu d’une phrase, appartient au jaillissement de la Libération. Jusqu’à sa mort, il est resté marqué à la fois par les exigences et par l’équivoque de cette conjoncture particulière.

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livres

Herbert R. Lottman : Albert Camus

Extraits de Herbert R. Lottman, Albert Camus, Paris, Le Seuil, 1978, p. 605-608.

 

 

Une autre fois, Roblès vint à Paris prévenir Camus qu’un ami musulman sollicitait son aide pour son frère âgé de dix-huit ans, qui avait tiré sur un ultra et s’était entendu condamner à la peine capitale alors que sa victime s’en était sortie. A cette époque, le général de Gaulle était revenu au pouvoir. Et Camus avait justement rendez-vous avec lui. Il ouvrit un tiroir de son bureau et montra à Roblès une pile de lettres : « Voilà tout ce que j’ai à donner à De Gaulle. Donne-moi ton dossier. »

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livres

Gisèle Halimi : Le lait de l’oranger

Extraits de Gisèle Halimi, Le lait de l’oranger, Paris, Gallimard, 1988

Gisèle Halimi, avocate, le 18 octobre 1977 à Paris, France. (Photo by Laurent MAOUS/Gamma-Rapho via Getty Images)

p. 177-181 :

Aujourd’hui, je n’appellerai pas Camus. Je ne lui raconterai pas cette aventure unique : la justice militaire contrainte à la justice par l’effondrement d’un complot policier.

Je me revois, quelques mois avant ce procès, accrochée à un téléphone que je voulais charger de toutes mes forces de conviction. Je désirais, cette fois encore, que Camus intervînt auprès de Coty, de l’Élysée ou de je ne sais quel responsable gouvernemental.

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publications

Devenirs messalistes (1925-2013). Sociologie historique d’une aristocratie révolutionnaire

Résumé de ma thèse paru dans la revue Présence d’Albert Camus, n°6, 2014, pp. 93-94

Consacrée aux dirigeants messalistes, ma thèse propose une sociologie de l’engagement révolutionnaire et, plus singulièrement, des trajectoires révolutionnaires en « situation coloniale » – en référence aux travaux de Georges Balandier – et des trajectoires coloniales en « situation révolutionnaire » – pour reprendre l’expression de Charles Tilly. Son objectif a été de comprendre comment des Algériens colonisés deviennent révolutionnaires, comment ils font la révolution et comment ils cherchent à lui rester fidèles à l’indépendance de l’Algérie.

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évocations

Albert Camus : “Je crois à la justice, mais je défendrai ma mère avant la justice”

The French writer and essay writer Albert CAMUS (1913-1960) in Stockholm, Sweden. He was there for the awarding of the Nobel Litterature Prize by King GUSTAV VI ADOLPH and all the members of the royal family of Sweden : prince BERTIL, Queen LOUISE, princess MARGUARETHA, prince WILHELM and princess DESIREE. (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

J’ai choisi de partager dans ce billet deux textes publiés à la suite de l’attribution du Prix Nobel de littérature à Albert Camus. Après un premier billet dans lequel je revenais sur trois documents datés de 1955 à 1958, il m’apparaissait important de revenir sur la célèbre citation par laquelle les commentateurs (souvent hostiles) réduisent la pensée et l’action d’Albert Camus au moment de la révolution algérienne : “Je crois à la justice, mais je défendrai ma mère avant la justice.”

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interventions

Amère victoire de la « French Theory »

Le site Rue89 a publié le 19 avril 2013 ma tribune que je présente ici sous sa forme initiale et intégrale.

Que les déclinistes soucieux du rayonnement intellectuel français se rassurent. Sa production s’exporte toujours, y compris dans ses anciennes colonies. Certains représentants de la French Theory en sont d’ailleurs originaires comme Jacques Derrida à qui un colloque fut consacré à la Bibliothèque nationale d’Algérie en 2006.

De nombreuses initiatives, liées à la commémoration de l’indépendance algérienne, ont permis de constater la vitalité des échanges, débats et malentendus autour de figures – tel Albert Camus – ou problématiques – comme la libération. On sait avec Pierre Bourdieu que les textes circulent sans leur contexte, ce qui peut donner lieu à un décalage structural, sans parler du nationalisme des intellectuels [2] .

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évocations

Albert Camus : trois documents (1955-1958)

J’ai choisi de partager trois documents rédigés par Albert Camus entre 1955 et 1958. Connus des spécialistes, ils demeurent rarement cités par ceux qui, de part et d’autre de la Méditerranée, instruisent des procès à charge ou à décharge, sans chercher à restituer l’ambiguïté, la complexité ou la tension inhérentes à chaque trajectoire individuelle.

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interventions

Motion de soutien à Benjamin Stora

J’ai signé avec d’autres collègues la motion de soutien à Benjamin Stora dont le texte déplore son éviction comme commissaire de l’exposition Albert Camus devant se tenir à Aix-en-Provence en 2013.