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Claude Bourdet : Notre liberté est la vôtre

Article de Claude Bourdet paru dans L’Observateur, sixième année, n° 279, 15 septembre 1955

MERCREDI 7 septembre, tard dans la soirée, les collaborateurs du ministre de l’Intérieur protestaient vivement auprès de nous contre mon article intitulé « Ne lancez pas le contingent dans votre guerre », imprimé quelques heures plus tôt. Ils mettaient en cause une phrase dénonçant la répression collective. « Il n’y a pas d’Oradours, pas de fusillades collectives », disaient-ils. Je leur exprimai ma conviction, fondée sur des témoignages auxquels j’attachais foi. On me répliqua : « Quand on bombarde les mechtas par représailles, on en fait sortir tous les habitants ; si certains y restent, c’est qu’ils ont la conscience chargée ». L’argument me parut faible ; il y a la peur du côté des habitants, la passion du côté des forces de répression ; les choses ne se passent pas avec cette rigueur. Mon interlocuteur ajouta : « On ne fusille personne sans jugement. En dehors des combats, on n’abat que les fuyards. » Qui ne sait que la phrase : « Un Tel cherchait à s’enfuir, il a été abattu » a été, de tout temps, l’excuse des meurtres de prisonniers par toutes les armées du monde ?

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Claude Bourdet : Fanon aujourd’hui

Article de Claude Bourdet paru dans Sans Frontière, numéro spécial, février 1982, p. 52

Je le revois, ce petit Antillais fragile d’apparence, à la peau olive, au regard brûlant.

A cette époque, il était toujours médecin psychiatre à l’hôpital de Blida, il n’avait pas encore rejeté le masque de la légalité, mais la force de sa conviction, et la dureté de ses analyses ne laissaient pas de doutes sur ses positions.

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Claude Bourdet : N’ayons pas peur d’avoir raison

Editorial de Claude Bourdet paru dans Nouvelle Gauche, organe du mouvement uni de la nouvelle gauche, 1ère année, n° 1, 15 avril 1956, p. 1

AU cœur même de la situation politique française se trouve la guerre d’Algérie. Elle n’est pas le seul objet d’intérêt, elle n’est même pas, pour beaucoup de salariés vivant difficilement et préoccupés de leur salaire insuffisant, de leur logement médiocre, elle n’est même pas le problème principal. Mais, tout compte fait, c’est d’elle que tout dépend. Le climat international est à la détente. Le Parti communiste soutient le gouvernement. Malgré l’absence du Front Populaire aux élections, la droite n’est pas ressortie de celles-ci assez puissante pour inquiéter sérieusement Guy Mollet, tant au moins que la situation algérienne n’est pas très aggravée. Dans de telles circonstances, il apparaît clairement que, sans la guerre d’Algérie, nous serions partis pour une longue période de stabilité, et peut-être de progrès. Mais il apparaît aussi qu’à cause de la guerre d’Algérie, tout peut changer : la logique de la guerre alimente le chantage de la droite et des militaires exigeant de Mollet des mesures toujours plus brutales, lesquelles doivent normalement provoquer la chute du gouvernement de Front Républicain et son remplacement par un gouvernement de guerre totale animé par Bourgès-Maunoury, Soustelle, ou tous les deux.

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Fernand Doukhan : Dictature française en Algérie. Un coup de force

Article de Fernand Doukhan paru dans Le Libertaire, n° 320, 19 juin 1952


L’article que nous reproduisons ci-dessous est tiré de « L’Ecole républicaine », bulletin de la section d’Alger du Syndicat National des Instituteurs et Institutrices de l’Union Française, du mois de mai 1952.

Il nous a paru important de le communiquer à nos lecteurs, pour la position anticolonialiste du camarade Doukhan, position parallèle à celle que défend « Le Libertaire » dans la métropole.

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Une prise de position d’adversaires du gouvernement

Texte reproduit dans La Révolution prolétarienne, n° 117, juin 1957, p. 20


Gilles Martinet, Claude Bourdet, René Capitant, Jean Rous, Georges Suffert, Pierre Stibbe, Jean Nantet, André Philip, Pierre-Henri Simon, Jean Daniel et Robert Barrat ont signé le texte suivant :

Le massacre de Melouza a bouleversé l’opinion française et surtout ceux qui, depuis des années, se sont attachés à dire la vérité sur le drame algérien.