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Fadéla M’Rabet : La femme algérienne

Extrait du livre de Fadéla M’Rabet, La femme algérienne suivi de Les Algériennes, Paris, François Maspero, 1969, p. 9-22

ALGERIA – CIRCA 1969: Crowd Of Algerians. (Photo by Edouard BOUBAT/Gamma-Rapho/Getty Images)

On sourira peut-être, ou l’on s’irritera, de mon projet : tant de problèmes se posent à l’Algérie (« décollage » économique, création d’un vrai parti d’avant-garde, épuration, refonte des structures administratives…) que le moment est mal venu, dira-t-on, d’en soulever un autre : celui de la libération de la femme (de la jeune fille).

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presse

L’Etat bourgeois n’est pas à démocratiser, mais à détruire

Article paru dans El-Oumami, n° 1, octobre 1978, p. 9-11

Algerian President Houari Boumedienne and his Minister of Foreign Affairs Abdelaziz Bouteflika (L). (Photo by Claude Salhani/Sygma via Getty Images)

Depuis quelques mois, des voix se sent élevées pour protester contre “l’amnésie collective” organisée autour de Ben Bella et contre sa détention “arbitraire et scandaleuse”. Le dirigeant démocrate M. Lebjaoui est même allé jusqu’à faire une grève de la faim de… 24 heures !

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Lettre d’Alger

Lettre parue dans Pouvoir ouvrier, n° 64, octobre 1964, p. 9-10

1/16/1964-Oran, Algeria- A pro-Ben Bella demonstration held the day after an anti-government riot in Oran, Algeria was highlighed by banners saying “Socialism is the soul of the revolution,” and “The revolution is for the people.” President Ahmed Ben Bella blamed the anti-government demonstration, held by unemployed workers, on political opponents trying to drive him from power with the aid of “foreign powers.”

Nous avons reçu d’Alger la lettre suivante. Nous la publions comme témoignage du climat social et politique qui y règne.

Alger, octobre 1964.

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Un seul combat, une seule voie

Article paru dans le Bulletin de liaison, organe du Comité national de défense de la révolution, n° 7, avril 1966, p. 10-12

Houari Boumediene (1932 – 1978, left), Chairman of the Revolutionary Council of Algeria, greets French Secretary of State for Algerian Affairs, Prince Jean de Broglie (1921 – 1976), Algiers, 1965. (Photo by Keystone/Hulton Archive/Getty Images)

Les problèmes majeurs qui se posent à l’humanité de notre temps sont dominés par la constatation d’une situation intolérable due à la division de notre planète en deux mondes opposés : celui de la faim et celui de l’abondance. Ce fossé, qui chaque année s’approfondit un peu plus, constitue la ligne de partage qui dresse d’une part les trois quarts du genre humain : exploités manquant du minimum vital et dont le nombre augmente vertigineusement et, d’autre part, la minorité de nantis qui concentre entre ses mains des moyens de production colossaux, des richesses fabuleuses et les leviers de commande politique.

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revues

La fin des prisons algériennes ?

Article paru dans La Révolution prolétarienne, n° 205, juin 1965, p. 18

ALGIERS, ALGERIA – MARCH 31: Prime Minister of China Zhu Enlai is welcomed by President Ahmed Ben Bella after his arrival for an official visit on March 31, 1965 in Algiers, Algeria. (Photo by Keystone-France/Gamma-Rapho via Getty Images)

La presse avait sommairement annoncé en avril dernier que le gouvernement algérien avait décidé de désaffecter la fameuse prison « Barberousse » d’Alger. En fait, il s’agissait de bien davantage. C’est toute une réforme du système pénitentiaire qu’envisageait Ben Bella dans le discours qu’il a prononcé le 9 avril en inaugurant une stèle à la mémoire des combattants du F.L.N. guillotinés par ordre des « tribunaux » militaires français. Le discours vient d’être publié in extenso par la revue des services d’information du gouvernement algérien. En voici le passage essentiel :

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Austérité pour qui ?

Editorial du Bulletin de liaison, organe du Comité national de défense de la révolution, n°4, décembre 1965, p. 3

ALGIERS, ALGERIA – MAY 16: Meeting between Algerian President Ahmed Ben Bella and King Hassan II of Morocco; on right the Algerian Minister of Defense Houari Boumediene on May 16, 1965 in Algiers, Algeria. (Photo by Gamma-Keystone via Getty Images)

Comme son illustre prédécesseur le faisait de temps à autre, Boumedienne vient de proclamer la nécessité de l’austérité. Dans son discours du 1er Novembre, il invite en effet la Nation à “comprendre qu’elle ne peut plus continuer à vivre au-dessus de ses moyens” et il exige d’elle “un comportement rigoureux d’austérité”.

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Où va l’Algérie indépendante ?

Article paru dans La Révolution prolétarienne, n° 186, octobre 1963, p. 12-13

Hossein Ait Ahmed, Anführer der kabylischen Revolte der Berber von 1963 bei einer Ansprache im Kreis von Getreuen- um 1963 (Photo by ullstein bild/ullstein bild via Getty Images)

La R.P. – on l’oublie trop souvent – fut la première à mener le combat systématiquement contre le colonialisme. Dans notre collection de 1925 à 1939, les études et monographies de Louzon, Péra, Finidori ont, pour la première fois en France, mis en relief des mouvements nationaux et révolutionnaires qui, en Tunisie, dans l’Inde, au Vietnam et en Algérie, sont à l’origine de l’indépendance des ex-colonies françaises et anglaises.

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André Priore : En Algérie (mars 1965 – automne 1965). Lutte des classes et syndicalisme

Article d’André Priore paru dans La Révolution prolétarienne, n° 208, octobre 1965, p. 16-18.

Press Conference of President Houari Boumediene after the presentation of new Algerian government on August 8, 1965 in Algiers, Algeria. (Photo by Gamma-Keystone via Getty Images)

Depuis la déposition de Ben Bella par la fraction bureaucratique hétérogène que conduit Boumedienne, les luttes ouvrières en Algérie – qui s’expriment avant tout dans l’action syndicale – n’ont fondamentalement pas changé de nature. Les congrès syndicaux qui se sont tenus depuis le 19 juin ne sont pas qualitativement différents des congrès antérieurs, du moins de ceux qui ont suivi le « congrès-pilote » des cheminots algériens (juin 1964). Pendant un an, jusqu’en juin 1965, la lutte des classes a connu ses développements les plus conscients lors des congrès syndicaux, au niveau des A.G. d’usines et de fermes, des U.L., des U.R. mais surtout à celui des fédérations corporatives ainsi que de la Centrale elle-même (fin mars 1965). En l’absence d’un parti d’avant-garde du prolétariat des villes et des campagnes (ce dernier étant numériquement le plus important), c’est le mouvement syndical qui joue, dans l’Algérie révolutionnaire d’aujourd’hui, l’Algérie des ouvriers et des paysans pauvres, le rôle de canalisateur de la pression des masses.

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Raymond Guilloré : L’Algérie et le socialisme. Une conférence à Paris de Mohammed Boudiaf

Article de Raymond Guilloré paru dans La Révolution prolétarienne, n° 190, février 1964, p. 20.

The members of the Provisional Government of Republic of Algeria at the château d’Aunoy: Hocine Ait Ahmed, Ahmed Ben Bella, Mohamed Khider, Mohamed Boudiaf and Rabah Bitat on January 2, 1962 in France. (Photo by Keystone-France/Gamma-Rapho via Getty Images)

Le 27 janvier Mohammed Boudiaf a parlé à Paris devant un auditoire composé en majorité d’étudiants français. La réunion était organisée par le C.I.D.R.A. (Comité International de Défense des Révolutionnaires Algériens). Car dans cette Algérie en pleine révolution, les révolutionnaires ont déjà besoin d’être défendus. Boudiaf en est une des figures les plus représentatives. Ancien compagnon de captivité de Ben Bella, il n’est plus d’accord avec son frère de combat et de geôle. Animateur du Parti de la Révolution Socialiste, il l’attaque, pourrait-on dire, sur la gauche. Ben Bella l’a fait emprisonner, puis expulser de son pays.

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Abu Chenaf : L’Algérie est-elle libre ?

Article d’Abu Chenaf paru dans La Révolution prolétarienne, n° 200, janvier 1965, p. 20-23.

Premier Nikita Khrushchev/ President Gamel Abdel Nasser of the UAR and President Ben Bella of Algeria at Karnak Temples.

Le Monde, qui fait souvent assaut de complaisance à l’égard du régime de B.B., avec l’Humanité et aussi avec certains milieux catholiques algériens (je ne dis pas avec La Croix qui est au contraire un des rares journaux à donner de temps en temps quelques informations intéressantes sur l’opposition benbelliste) a tout de même signalé dans son numéro du 29-30 novembre 1964 que d’après Révolution et Travail, la situation sociale serait mauvaise dans le Sud algérien. Il ne m’a pas été possible de me procurer le numéro de l’organe de l’U.G.T.A. où a paru cette nouvelle (qui est d’ailleurs valable pour toutes les régions de l’Algérie).

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presse

Lettre d’un ancien militant du F.L.N. (Fédération de France)

Lettre parue dans Tribune algérienne, n° 7, juillet 1976, p. 6-8.

Chers frères,

J’ai pris connaissance de la déclaration du Comité de Liaison des Trotskystes algériens pour la Reconstruction de la IVème Internationale, appelant les militants, les groupes, les organisations, les partis, les travailleurs, les paysans, les jeunes, à combattre ensemble contre le régime de l’arbitraire, pour les libertés démocratiques, pour la Constituante Souveraine. Indépendamment du fait qu’il y a dans cette déclaration un certain nombre de points qui me font problème, je me déclare solidaire de ce combat, je le soutiens totalement politiquement et financièrement. Je vous demande de me faire parvenir une vingtaine de déclarations que je diffuserai par mes propres moyens auprès de nos frères immigrés.

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Interview d’un ancien militant du M.N.A.

“Interview d’un ancien militant du M.N.A., qui fut l’un des créateurs de l’Union syndicale des travailleurs algériens (USTA), la première organisation syndicale algérienne”, parue dans Tribune algérienne, n° 7, juillet 1976, p. 3-5.

T.A. : Que penses-tu de la situation politique actuelle, de la discussion sur la Charte ouverte par le pouvoir ?

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Algérie

Article paru dans Perspectives anarchistes-communistes, n° 1, février 1967

Le président algérien Boumédiene inaugure les séances de reboisement dans la commune de Rivet, en Algérie, le 1er février 1967. (Photo by KEYSTONE-FRANCE/Gamma-Rapho via Getty Images)

Pour ce premier texte, nous choisissons l’ALGERIE parce qu’elle est proche de nous, et pas seulement dans le temps et dans l’espace, mais nous connaissons mieux les problèmes de nos camarades algériens qui viennent de publier un texte dont le préambule est :

 
“Nous souhaitons qu’il soit pour tous les révolutionnaires, une contribution qui nous aidera à la clarification nécessaire aux luttes en cours.”

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Messali Hadj parle de l’affaire Ben Barka, de la situation algérienne

Interview de Messali Hadj recueillie par Paul Roos, Oise Actualités, 21-22 octobre 1966.

Habitant maintenant une modeste maisonnette dans un quartier ouvrier de Lamorlaye, le leader nationaliste algérien Messali Hadj, chef du P.P.A. – qui fut, rappelons-le, le premier à réclamer l’indépendance pour l’Algérie et ce au début des années 20 – a bien voulu rompre un silence de plusieurs mois pour répondre aux questions que nous sommes allés lui poser sur deux sujets d’une brulante actualité : l’affaire Ben Barka et les dissensions au sein du gouvernement de l’Algérie d’aujourd’hui.

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Al Bourquii : Algérie, d’un colonel à l’autre. “L’Algérie caporalisée”

Article d’Al Bourquii paru dans Spartacus, n° 13, mars-avril 1979, p. 5-6

En quinze jours, la presse et les medias auront consacré plus de place à l’Algérie qu’ils ne le firent en treize ans de régime boumedieniste. Hier il fallait jouer des pieds et des mains pour s’informer sur la situation algérienne. Aujourd’hui on sait pratiquement “tout” sur les difficultés du pays et le mécontentement de la population : crise économique, démographique, faillite de la réforme agraire, maigre bilan de la politique d’industrialisation.
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André Adam : Chronique sociale et culturelle (Algérie)

Extrait de l’article d’André Adam, “Chronique sociale et culturelle”,  paru dans l’Annuaire de l’Afrique du Nord, Vol. 3, 1964, p. 184-188.

 

 

4. – LE PROBLEME DE LA FEMME

Encore un débat qui n’est pas près de s’achever ! N’allons pas nous imaginer que, dans cette affaire de l’émancipation de la femme algérienne, tous les vieux soient contre et tous les jeunes pour. Les choses ne sont pas aussi simples. L’Union algérienne des centres de vacances a organisé à Alger une série de débats entre lycéens des classes de seconde, première et terminales sur le problème de la “mixité”, dont le compte rendu a paru dans Alger républicain des 18 à 21 février. Nombre de ces jeunes gens sont fort lucides. Il faut, dit l’un, pour que la mixité soit possible, “une reconversion des esprits et de la mentalité”.

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André Adam : Chronique sociale et culturelle (Algérie)

Extrait de l’article d’André Adam,  “Chronique sociale et culturelle”, paru dans l’Annuaire de l’Afrique du Nord, Vol. 3, 1964, p. 176-180.

 

 

2. – LA RELIGION

 

De tous les débats engagés depuis l’indépendance sur l’Algérie nouvelle, sur “la personnalité algérienne” et sur “la culture algérienne”, l’Islam n’a jamais été absent. Mais l’année 1964 se caractérise par une réaction religieuse particulièrement vive, trop profonde et trop forte en tout cas pour que le régime ait voulu courir le risque de la cantonner dans l’opposition.
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Lettres sur l’Algérie (comités de gestion)

Lettres publiées dans Informations Correspondance Ouvrières, n ° 27, mars 1964, p. 17-21.

 

 

ALGERIE :
A la suite des deux lettres publiées dans le N° 25 et d’une brève réponse figurant dans le N° 26, nous avons fait quelque mises au point et reçu d’autres réponses. C’est ce dossier que nous publions intégralement, malgré sa longueur. Si le débat s’élargissait, nous envisagerions une brochure centrée sur les comités de gestion.

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Lettres d’Algérie

Lettres parues dans Informations Correspondance Ouvrières, n° 25, janvier 1964, p. 12-15.

 

 

Nous ouvrons ici, avec deux lettres de camarades partis comme enseignants en Algérie un dossier et un débat sur la réalité algérienne et sur la société prétendue par certains “socialiste” qui prend la place de la société de type colonial.

Si l’on reprend toute la collection d’ICO on peut voir que nous n’avons jamais eu d’illusions sur ce que serait “l’indépendance” algérienne et que nous avons essayé d’analyser, notamment par des critiques de livres ce que sont les structures politiques et sociales des pays dits “sous-développés” (ou tiers-monde), pays placés dans la compétition impérialiste URSS-USA, et par voie de conséquence, aux prises avec une classe dirigeante qui tend à donner aux problèmes économiques et sociaux les solutions qui maintiennent sa domination et accroissent sa puissance.

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Le P.C.F. et le mythe du “socialisme” benbelliste

Article paru dans Le Prolétaire, n° 28, janvier 1966

Algerian president Ahmed Ben Bella’s visit in Constantine with colonel Houari Boumediene on November 11, 1963 in Constantine, Algeria. (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

Dans une résolution adoptée après le coup d’Etat de Boumedienne, le C.C. du P.C.F. déclarait : “Le comité central, en se gardant de toute ingérence dans les affaires intérieures de l’ Algérie, constate que la Constitution a été violée et qu’un coup sérieux a été porté à la cause algérienne, ainsi qu’au mouvement de Libération nationale des peuples”. Ne nous étonnons pas de ce “respect” du P.C.F. pour une Constitution typiquement bourgeoise, ni de ses protestations de “non-ingérence”. Cela répond parfaitement au légalitarisme qu’il affiche depuis des dizaines d’années. Ne nous étonnons pas davantage qu’il déplore la chute d’un pouvoir qui, en novembre 1962, décrétait la dissolution du “Parti communiste d’Algérie”, c’est-à-dire d’un parti-frère : Moscou n’avait-elle pas accueilli le “socialiste” Ben Bella comme un “ami”, un “camarade” et comme” “le plus grand révolutionnaire d’Afrique” ? On n’est pas plus royaliste que le roi… Mais voyons quelle est donc cette “cause algérienne” que le P.C.F. juge si gravement compromise. Pour nous qui avons déjà vu Ben Bella l’invoquer contre les dockers algérois en grève, les choses sont claires : ça n’était plus la cause d’un mouvement révolutionnaire, mais une raison d’Etat, un principe d’ordre bourgeois, et dès lors, un Boumedienne est à priori tout aussi indiqué qu’un Ben Bella pour la défendre et l’illustrer. Mais le P.C.F., lui, ne croit pas aux faits : il croit aux mots ; pour lui, le « programme » du benbellisme est, et reste celui de la Charte d’Alger, approuvé en avril 1964 au 1er Congrès du F.L.N. : « ne pas laisser compromettre la victoire historique sur l’impérialisme et mettre en cause l’option socialiste » « assurer dans la liberté le développement de l’Algérie nouvelle, démocratique et progressiste ». C’est sa phrase socialiste, qui attache le P.C.F. au souvenir du benbellisme. Ce que valait cette phrase, nous allons le voir.