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presse

Lettre d’Algérie

Lettre parue dans Informations Correspondance Ouvrières, n° 29, mai 1964, p. 15-18

1/16/1964-Oran, Algeria- A pro-Ben Bella demonstration held the day after an anti-government riot in Oran, Algeria was highlighed by banners saying “Socialism is the soul of the revolution,” and “The revolution is for the people.” President Ahmed Ben Bella blamed the anti-government demonstration, held by unemployed workers, on political opponents trying to drive him from power with the aid of “foreign powers.”

A Alger s’est tenu le 1er congrès du secteur autogéré industriel, suivi d’une exposition dans le port d’Alger. Nous avons demandé à ce camarade de visiter l’exposition et de nous adresser des documents. Nous parlerons de ceux-ci en juin.

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revues

Aimé Patri : L’ère des “organisateurs”. Remarques à propos des conceptions de Burnham

Article d’Aimé Patri paru dans Masses, n° 11, octobre-novembre 1947, p. 23-25

Il faut rappeler d’abord que la thèse soutenue dans le livre de Burnham est loin d’être une nouveauté pour ceux qui ont connu les controverses intérieures aux divers groupes d’opposition communiste avant la guerre. Nombreux ont été les adversaires communistes de Staline qui ont fini par penser que le régime établi en U. R. S. S. pouvait être autre chose qu’un simple phénomène de transition entre le capitalisme privé et le socialisme démocratique, correspondant en fait à un type historique nouveau et à l’avènement d’une nouvelle classe dirigeante qui n’était pas le prolétariat. On pourrait évoquer les thèses de l’infortuné Rakovski qui, rappelant la formule de Lénine en 1921, écrivait de son isolateur vers 1930 : « d’Etat prolétarien à déformation bureaucratique, nous nous développons de plus en plus en Etat bureaucratique à origine prolétarienne » et n’hésitait pas à parler d’une nouvelle « classe » sociale. Dès 1929, les thèses de Sopranov et de son groupe dit du « centralisme démocratique», en dehors des rangs du « trotskysme », soutenaient un point de vue analogue. Cette thèse a été, jusqu’en 1939, vivement combattue par Trotsky qui n’a pas hésité à rompre à ce propos avec plusieurs de ses anciens camarades dont Burnham lui-même ; mais il n’était pas le seul puisqu’on citerait encore Urbahns en Allemagne, Max Schatman en Amérique, etc. Rappelons encore qu’elle était familière aux camarades du noyau de « la Révolution prolétarienne » et de « Masses ». Remontant à des origines plus lointaines encore, on la trouverait exprimée par les anarchistes, par certains mencheviks russes et par des sociaux démocrates comme Kaustsky. Quant au rapprochement entre la structure interne de l’U. R. S. S. stalinienne et les régimes mussolinien et hitlérien, il s’était imposé aussi par la force des choses à beaucoup d’esprits.

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presse

Karim : Algérie. Les enjeux de la crise

Article de Karim paru dans Courant alternatif, n° 43, novembre 1994, p. 11-15

Algiers: family on a balcony. (Photo by Nacerdine ZEBAR/Gamma-Rapho via Getty Images)

1994 est l’année du 40e anniversaire du déclenchement de la guerre d’Algérie (le 1er novembre 1954).
Dans une conjoncture catastrophique, le gouvernement entend donner à cet événement une dimension importante.
Ainsi, 800 millions de Dinars seront destinés aux célébrations et commémorations qui rappelleront la période de la lutte pour l’indépendance.
Mais quarante années plus tard, quel bilan peut-on dresser ? Une question demeure, l’Algérie est-elle, depuis 1962, réellement un pays souverain, indépendant ? La nation algérienne tout entière n’est-elle pas engagée dans un processus qui la conduit à une domination et à une soumission par et pour les pays “riches” et leurs institutions internationales ?

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livres

Otto Rühle : Karl Marx. Vie et oeuvre

Otto Rühle, Karl Marx. Vie et oeuvre, Genève, Entremonde, 2011 [1928], p. 96-101

Portrait d’Otto Rühle par Diego Rivera

DIALECTIQUE

Tout le travail de Marx depuis nombre d’années se réduisait au fond à lutter contre Hegel de façon directe ou détournée.

Un jeune géant armé de griffes léonines et combattant fiévreusement pour accroître à ses propres yeux le sentiment de sa valeur, étranger à la société qui ne voulait pas le reconnaître, l’évitait même et le persécutait, s’était cabré contre la toute puissance de Hegel, monumentale figure révérée et admirée dans tout le monde de l’esprit.

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presse

Karim : Algérie. Répression et chaos

Article de Karim paru dans Courant alternatif, n° 29, mai 1993, p. 33-34

ALGER: INCENDIE D’UNE USINE DE CUIR REVENDIQUE PAR UN GROUPE TERRORISTE. (Photo by Nacerdine ZEBAR/Gamma-Rapho via Getty Images)

L’Algérie s’est enfoncée un peu plus encore dans la violence : celle des intégristes, celle des militaires et des policiers, mais aussi celle qui résulte de la misère économique et sociale.

Le 22 mars dernier, le peuple est sorti dans les rues pour exprimer son ras-le-bol vis à vis de toutes les formes de violence. Ce faisant, il a détourné une manifestation initialement conçue comme un soutien au pouvoir et à sa politique. Les organisations relais furent vite dépassées par l’ampleur du mouvement. Leurs mises en scène préparées à l’avance où de jeunes femmes embrassaient les forces de l’ordre furent ridicules et faisaient penser aux anciens régimes staliniens de l’Est.

Pour comprendre pourquoi autant d’Algériens sont sortis dans les rues, il faut mesurer le degré de violence que subit la population.

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presse

L’impérialisme français en Algérie : mariage bourgeois sur le dos des travailleurs algériens

Article paru dans Le Prolétaire, n° 349, 11 au 24 décembre 1981, p. 1-4

On a visit to Algeria, French president Francois Mitterrand gives a reception during which he presents an elite FRF1 rifle (French fabrication) to Algerian president Chadli Bendjedid. Nineteen years after Algeria’s independence, Mitterrand’s visit is the second ever made by a French president, and comes as a symbol of confidence in relations with Algeria. (Photo by Alain Nogues/Sygma/Sygma via Getty Images)

« Quoi de plus complémentaire qu’un pays exportateur d’énergie et un grand pays industriel tous deux riverains de la Méditerranée ? », cette question-réponse que nous empruntons au Nouvel Économiste du 30/11/1981 permet de situer dans ses véritables dimensions le rapprochement actuel entre l’impérialisme français et la bourgeoisie algérienne. D’autant plus que la nouvelle politique étrangère de la France social-impérialiste avait bien besoin du label de l’Algérie qui jouit d’un certain prestige parmi les « non-alignés ».

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livres

Maxime Rodinson : Islam et capitalisme

Extrait de Maxime Rodinson, Islam et capitalisme, Paris, Demopolis, 2014 [1ère édition : Paris, Le Seuil, 1966], p. 222-243

A large crowd of Muslims prostrates themselves in prayer in India. They pray for peace between India and Pakistan, and between Muslims and Hindus.

ISLAM ET SOCIALISME

Les Etats du monde musulman sont précisément aujourd’hui à un de ces moments décisifs où il leur est possible de choisir leur voie. La décolonisation généralisée, la renonciation des impérialismes occidentaux aux méthodes de domination directe, la concurrence des deux grands systèmes économiques de la société industrielle ont créé une situation révolutionnaire où il est possible de rompre, dans une certaine mesure, avec le passé et de repartir d’un nouveau pied. Partout des équipes dirigeantes, dans certaines limites, sous certaines conditions, peuvent opter.

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presse

Chawki Salhi : Algérie. Le dilemme du pouvoir

Article de Chawki Salhi paru dans Inprecor, n° 375, décembre 1993, p. 4-6

Ninja’ anti-terrorist unit in Algiers, Algeria on October 28, 1993. (Photo by Pool MERILLON/TURPIN/Gamma-Rapho via Getty Images)

C’est la presse impérialiste qui a mis au devant de l’actualité la situation algérienne, en ce deuxième semestre de 1993. Le cycle macabre de la répression et des assassinats intégristes a connu des moments plus importants, et la tentative, jusqu’à son éviction fin août 1993, d’échapper au diktat du Fonds monétaire international (FMI) par le populiste Bélaïd Abdesselam a passé inaperçu hors du pays. Mais il y a plus préoccupant que l’assassinat de deux dizaines d’intellectuels francophones et l’enlèvement de trois français dans un pays qui compte les morts et les déportés par milliers, les torturés par centaines, les condamnations à mort par dizaines. Les hommes ne naissent décidément pas égaux.

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revues tracts

Il y a de plus en plus d’étrangers dans le monde

Textes parus dans La Banquise, n° 3, été 1984, p. 7-10

March Of “Beurs” in Paris, France on December 01, 1983. (Photo by Mohamed LOUNES/Gamma-Rapho via Getty Images)

IL Y A DE PLUS EN PLUS D’ÉTRANGERS DANS LE MONDE

Ces temps-ci les racistes se font plus arrogants et l’Etat de gauche les encourage puisqu’il a repris à son compte le slogan d’extrême-droite : « la France aux Français ».

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presse

Errico Malatesta : La grève générale. Lutte politique et lutte économique

Article d’Errico Malatesta paru dans Le Réveil communiste-anarchiste, n° 375, 10 janvier 1914.

Portrait of Errico Malatesta (Santa Maria Capua Vetere, 1853-Rome, 1932), Italian anarchist.

On discute à l’ordinaire si c’est l’oppression économique qui engendre l’oppression politique, ou vice-versa.

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presse

Errico Malatesta : La révolution en pratique

Article d’Errico Malatesta paru dans Le Réveil communiste-anarchiste, n° 599, 14 octobre 1922.

Portrait of Errico Malatesta (Santa Maria Capua Vetere, 1853-Rome, 1932), Italian anarchist.

L’article précédent était déjà composé, lorsque nous avons lu dans Umanita Nova cet article sur la deuxième question traitée à Bienne :

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presse

Messali Hadj parle de l’affaire Ben Barka, de la situation algérienne

Interview de Messali Hadj recueillie par Paul Roos, Oise Actualités, 21-22 octobre 1966.

Habitant maintenant une modeste maisonnette dans un quartier ouvrier de Lamorlaye, le leader nationaliste algérien Messali Hadj, chef du P.P.A. – qui fut, rappelons-le, le premier à réclamer l’indépendance pour l’Algérie et ce au début des années 20 – a bien voulu rompre un silence de plusieurs mois pour répondre aux questions que nous sommes allés lui poser sur deux sujets d’une brulante actualité : l’affaire Ben Barka et les dissensions au sein du gouvernement de l’Algérie d’aujourd’hui.

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livres

Secrétariat Social d’Alger : La cohabitation en Algérie

Extrait des études du Secrétariat Social d’Alger, La Cohabitation en Algérie. A la recherche d’une communauté, Alger, éditions du Secrétariat Social d’Alger, 1956, p. 187-188

ALGERIA – JULY 01: During the Algerian War (1954-1962), following terrorist attacks by the NLF, French authorities set up barbed wire in Tlemcen in July 1956 so as to prevent criminals from escaping. Children stand on either side of the barbed wire. (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

VI. Cohabitation et standard de vie.

L’Algérie est un pays sous-développé, pauvre, et, ce qui est plus grave, en voie de régression économico-sociale. Les causes de cette situation sont nombreuses et ne tiennent pas toutes à l’homme ; dans la perspective de la cohabitation, il convient d’en relever deux principales :

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presse

Le P.C.F. et le mythe du “socialisme” benbelliste

Article paru dans Le Prolétaire, n° 28, janvier 1966

Algerian president Ahmed Ben Bella’s visit in Constantine with colonel Houari Boumediene on November 11, 1963 in Constantine, Algeria. (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

Dans une résolution adoptée après le coup d’Etat de Boumedienne, le C.C. du P.C.F. déclarait : “Le comité central, en se gardant de toute ingérence dans les affaires intérieures de l’ Algérie, constate que la Constitution a été violée et qu’un coup sérieux a été porté à la cause algérienne, ainsi qu’au mouvement de Libération nationale des peuples”. Ne nous étonnons pas de ce “respect” du P.C.F. pour une Constitution typiquement bourgeoise, ni de ses protestations de “non-ingérence”. Cela répond parfaitement au légalitarisme qu’il affiche depuis des dizaines d’années. Ne nous étonnons pas davantage qu’il déplore la chute d’un pouvoir qui, en novembre 1962, décrétait la dissolution du “Parti communiste d’Algérie”, c’est-à-dire d’un parti-frère : Moscou n’avait-elle pas accueilli le “socialiste” Ben Bella comme un “ami”, un “camarade” et comme” “le plus grand révolutionnaire d’Afrique” ? On n’est pas plus royaliste que le roi… Mais voyons quelle est donc cette “cause algérienne” que le P.C.F. juge si gravement compromise. Pour nous qui avons déjà vu Ben Bella l’invoquer contre les dockers algérois en grève, les choses sont claires : ça n’était plus la cause d’un mouvement révolutionnaire, mais une raison d’Etat, un principe d’ordre bourgeois, et dès lors, un Boumedienne est à priori tout aussi indiqué qu’un Ben Bella pour la défendre et l’illustrer. Mais le P.C.F., lui, ne croit pas aux faits : il croit aux mots ; pour lui, le « programme » du benbellisme est, et reste celui de la Charte d’Alger, approuvé en avril 1964 au 1er Congrès du F.L.N. : « ne pas laisser compromettre la victoire historique sur l’impérialisme et mettre en cause l’option socialiste » « assurer dans la liberté le développement de l’Algérie nouvelle, démocratique et progressiste ». C’est sa phrase socialiste, qui attache le P.C.F. au souvenir du benbellisme. Ce que valait cette phrase, nous allons le voir.