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La journée d’action laïque

Article paru dans Pouvoir ouvrier, n° 14, janvier 1960, p. 10-12

Garçons entrant dans une école communale le jour de la rentrée scolaire, en Lozère, France, circa 1960. (Photo by Keystone-France\Gamma-Rapho via Getty Images)

Le 22 décembre a eu lieu la Journée Nationale d’action laïque. Cela consistait pour les instituteurs, à “célébrer dans leurs classes l’école laïque et l’idéal qu’elle incarne”. Toutes les précautions avaient été prises pour que notre action resta dans le “cadre des instructions officielles”. Le matériel nous avait été fourni : il fallait commenter un passage de la lettre de Jules Ferry aux instituteurs. Inquiète malgré la modération et le caractère général de cette lettre, la Direction de l’Enseignement nous faisait, le matin même, parvenir une note nous recommandant de respecter scrupuleusement la neutralité. Du coup, la lettre de Jules Ferry semblait déjà trop révolutionnaire à certains.

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Guy Martin : L’Eglise islamique et l’Etat colonialiste

Article de Guy Martin paru dans Le Libertaire, n° 237, 11 août 1950, p. 1-2

Around 1950 in a school in Algeria, Algerian children doing their schoolwork. In a context where all hope of social advancement had to pass through learning the colonizer’s culture, these children learned and idealized the French language and culture. (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

LE statut de l’Algérie (article 56) reconnaît l’autonomie du culte musulman et délègue à l’assemblée algérienne pouvoir d’assurer la séparation de l’Eglise et de l’Etat.

Toutes les religions, jusques et y compris l’Islam (nous devons cette vérité crue à nos camarades musulmans) sont des doctrines de résignation, de paternalisme et de respect du Chef. Il importe aux Etats de s’assurer l’alliance de cette force cauteleuse d’asservissement. (La séparation, en France, de l’Eglise et de l’Etat, n’a pas rompu l’alliance antique et traditionnelle inaugurée par saint Augustin en Africa-Romana.) Cette vérité est valable pour l’Islam et pour les trois subdivisions arbitraires de l’Afrique du Nord (Algérie-Tunisie-Maroc).

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La Fabrique du Musulman : entretien avec Emmanuel Lemieux pour “Les Influences”

J’ai accordé un entretien à Emmanuel Lemieux pour Les Influences autour de mon premier livre La Fabrique du Musulman (Libertalia, 2017). Le texte a été publié hier sous le titre : « Nedjib Sidi Moussa : l’islamo-gauchisme ou le retour au “sectarisme de la Guerre froide” ».

En voici les premières lignes :

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Algérie : L’Islam et la religion

Article signé B.C. paru dans L’Internationale, n° 34, juin 1965, p. 7

Vue de la nouvelle cathédrale d’Alger, Algérie, le 12 février 1965. (Photo by Keystone-France\Gamma-Rapho via Getty Images)

Alger, le 28-5-65.

UN phénomène curieux étonne le mi­litant qui vient visiter l’Algérie : la continuelle référence à l’Islam. A chaque pas, en ville, à la campagne, il sent l’emprise quotidienne de la religion sur la vie. Le décalage entre les textes prévoyant la liberté de pensée et la réalité est si grand que l’on doit, si l’on veut arriver à une connaissance exacte de l’état actuel de la Révolution algérienne, ne pas se contenter d’une exégèse des lois, textes et résolutions officielles, mais aussi, et surtout peut-être, réfléchir sur des exemples concrets.

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Paul Bénichou : Révolution et pseudo-révolution. Propos sur des fabricants de vieux neuf

Article de Paul Bénichou paru dans Masses, n° 19, juillet 1934, p. 2-4

Des jeunes gens ont brûlé une effigie de Frot, ministre de l’Intérieur nommé par le nouveau président du Conseil Daladier en remplacement de Chiappe et qui est à l’origine de l’émeute, à Paris, France en février 1934. (Photo by KEYSTONE-FRANCE/Gamma-Rapho via Getty Images)

Il y aurait toute une étude à faire sur l’apparition des idées et des lieux communs pseudo-révolutionnaires du fascisme dans les milieux de la gauche bourgeoise en France. Nous voulons simplement faire à ce sujet quelques remarques qui s’imposent aujourd’hui. Le sujet que nous évoquons devrait commencer au point où la vieille gauche française, en présence des difficultés du capitalisme d’après-guerre, a cessé d’avoir, autrement qu’en paroles, une politique propre. L’incapacité des partis de la démocratie bourgeoise, menés en laisse par la réaction, n’a pu manquer de discréditer leur idéologie, qui est apparue de plus en plus caduque, désuète et ridicule à mesure que ses représentants se montraient plus impuissants. Depuis la guerre, le radical-socialiste de province, anticlérical farouche et démocrate impénitent, est devenu, dans les milieux intellectuels de toutes nuances, un sujet habituel de dérision. C’est là une chose bien connue. Ce qui est plus curieux, c’est qu’en même temps le radicalisme, de plus en plus décrépit et domestiqué, célébrait sans cesse son « rajeunissement » et sous les étiquettes du réalisme et de la nouveauté, élevait ses abdications à la hauteur d’une doctrine.

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Le massacre d’octobre à Alger

Article paru dans Le Bolchévik, n° 88, novembre 1988, p. 1, 6 et 7

A rally of Algerian doctors and nurses march against torture. The protest occurred in the days before the November 1988 referendum on constitutional revision. (Photo by © Patrick Robert/Sygma/CORBIS/Sygma via Getty Images)

Les bourgeoisies française et internationale ont poussé un soupir de soulagement quand, le 11 octobre, le lendemain du discours du président Chadli, les médias ont annoncé le « retour à l’ordre » en Algérie. Mais dans le silence assourdissant, résonnaient encore, dans les têtes des Algériens, le staccato sinistre des armes automatiques et les cris des blessés et des agonisants. L’« ordre » imposé dans le sang est lourd de rage contenue contre un régime qui n’hésite pas à tirer à la mitrailleuse sur des adolescents et des enfants. Est-ce pour ça que sont morts un million d’Algériens dans leur lutte contre la terreur coloniale française ?

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Amédée Dunois : Colossale erreur

Article d’Amédée Dunois signé Nicolas Moreau paru dans Socialisme et Liberté, n° 12, 1er novembre 1942

Vel d’Hiv deportation: in the night of 15th and 16th July 1942, 9000 policemen and French officers arrested in Paris and in the suburbs 12884 Jews including 4051 children. They were all taken to the Drancy camps, Pithiviers or Beaune-la-Rolande before being deported to Auschwitz. (Photo by Antoine GYORI/Sygma via Getty Images)

La chasse aux juifs se poursuit et s’aggrave, sous le béton du sieur Darquois de Pellepied. On a guère touché jusqu’ici qu’aux juifs réfugiés, mais le bruit court que les juifs français (ou plutôt les Français juifs) auront bientôt leur tour. Comme le disait l’autre jour un officier allemand à une dame de notre connaissance apparentée à la race maudite : “Il n’y a pas, madame, de juifs français, allemands, polonais, nous ne connaissons que des juifs tout court”. Au reste, si l’on n’en est pas encore à embarquer en masse les israélites de chez nous pour les camp de l’est européen, ils n’en subissent pas moins, sur place, toutes les vexations d’une inhumanité raffinée que le sadisme antisémitique se plait à mettre au jour.

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In defence of “blasphemy”. Bloody Inquisition stalks Salman Rushdie

Article paru dans Workers Hammer, No 106, April 1989, p. 1-3

Manifestation anti Rushdie in London, United Kingdom on May 27, 1989. (Photo by Marc DEVILLE/Gamma-Rapho via Getty Images)

Salman Rushdie wrote The Satanic Verses for the Asian population of Britain. It is a scathing indictment of that experience in Mrs Torture’s nasty, racist society. It does not alibi, either, the hideous oppression in those societies from which the Asian immigrants came – products of British colonial rule and the Zias, Gandhis and the rest who then took over. A work of secular humanism, The Satanic Verses is not only anti-racist but also anti-sexist, unsparing in its criticism of the barbaric treatment of women under orthodox Hinduism and fundamentalist Islam. Rushdie is irreligious in a profound way, and thus has earned denunciation from all the forces of bourgeois/clerical reaction – not only the imams, but the Archbishop of Canterbury, the pope, the French cardinal Decourtray have denounced this “blasphemy”. Meanwhile, the race-hating fascistic scum moved in on the backlash afforded by the Muslim fundamentalist book burners to step up attacks on Asians: National Front graffiti daubed on shops and homes now add an obscenely incongruous slogan for these race-hate terrorists: “Leave Rushdie in peace”.

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Khomeini’s blood terror targets Salman Rushdie

Article paru dans Workers Hammer, No 105, March 1989, p. 12-9

Tehran, Iran: Young students march in the streets of Tehran chanting, ‘Death to Salman Rushdie and America’ while holding posters of Ayatollah Khomeini and Salman Rushdie, condemning him to death. Thousands of people demonstrated in Tehran after a religious decree or “Fatwa” was issued by Ayatollah Khomeini, calling Salman Rushdie a blasphemer and his book the Satanic Verses an insult to Islam and Prophet Mohammad, and therefore condemned to death. (Photo by Kaveh Kazemi/Getty Images)

CENSORSHIP BY ASSASSINATION

When Ayatollah Khomeini issued his decree of death against novelist Salman Rushdie and the Viking/Penguin publishers of his Satanic Verses, a shudder spread around the world. Here was the ultimate statement of theocratic totalitarianism: not only must the book be banned, but its author executed for the “crime” of having written it. It was a throwback to the days when heretics were burned at the stake and witches boiled in oil. Suddenly the dark past of the Inquisition was no further than the local shopping centre. There it was, the benighted superstition of the Middle Ages in the middle of the Computer Age.

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Let ‘Satanic Verses’ be read!

Article paru dans Workers Hammer, No 104, February 1989, p. 1-9

Muslims praying on Westminster Bridge, London, UK 1989. Near the Houses of Parliament during an anti-Salmon Rushdie demonstration after the publication of The Satanic Verses.

On 14 January, 1500 Muslim fanatics gathered in front of the town hall in Bradford, West Yorkshire and burnt copies of Salman Rushdie’s Satanic Verses. It grotesquely recalled the medieval Christian inquisition and book-burning orgies of Hitler’s stormtroopers. Confirming the controversial novel’s characterisation of the fundamentalist motto “Burn the books and trust the Book”, the protesters accused Rushdie’s latest book of blasphemy. Leading them all was an unholy alliance of Bradford’s Council of Mosques and prominent Labour Party councillors, including ex-mayor Mohammed Ajeeb. One book-burner vowed, “Our next move will be to ensure the book is banned in the whole world. If he [Rushdie] comes here, I tell you he will be dead” (Independent, 21 January). Another demonstration in London two weeks later brought out large numbers of Muslims – reportedly overwhelmingly male – to protest the book. This frenzy of Islamic fundamentalism could provoke a wider racist backlash engulfing fundamentalist and secular minorities alike. Down with religious obscurantism! Let Satanic Verses be read!

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Rushdie ne doit pas être réduit au silence ! Marxisme et religions

Article paru dans Le Bolchévik, avril 1989, p. 4-5 et 14.

DEMONSTRATION AGAINST SALMAN RUSHDIE IN PARIS (Photo by Alain Nogues/Sygma/Sygma via Getty Images)

30 mars – Depuis bientôt deux mois, un homme vit terré quelque part dans la campagne anglaise. Dans le monde entier, des milliers d’autres hommes, qui ne l’ont jamais vu, qui ne savent pas qui il est, ont juré de sacrifier leur vie pour l’assassiner, parce qu’il a écrit un livre qu’ils ne liront jamais et qui décrit l’expérience douloureuse des immigrés indiens et pakistanais dans la Grande-Bretagne raciste de Thatcher.

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“Les Versets sataniques” doivent être traduits et publiés !

Article paru dans Le Bolchévik, n° 91, mars 1989, p. 5

Indian Moslem writer Salman Rushdie in cluttered study going through book before going into hiding after writing SATANIC VERSES for which the Ayatollah Khomeini would soon sentence him to death. (Photo by Terry Smith/The LIFE Images Collection via Getty Images/Getty Images)

24 février – La mobilisation réactionnaire autour du roman de Salman Rushdie, les Versets sataniques, jugé « blasphématoire » par Khomeiny, est devenue en quelques jours un monstrueux délire meurtrier. A peine les derniers soldats soviétiques partis d’Afghanistan, les intégristes islamistes se sont senti le vent en poupe. L’imam Khomeiny avait déjà préparé le Xe anniversaire de son régime obscurantiste par le massacre de milliers d’opposants iraniens dans ses prisons. Aujourd’hui, le maître de Téhéran vient de lancer l’ordre ahurissant de traquer et tuer Salman Rushdie et ses éditeurs, avec en prime un à trois millions de dollars et la promesse d’être élevé à la condition de « martyr »… « La flèche est déjà lancée vers son objectif », déclare un de ses lieutenants. Et ces fous de dieu ne plaisantent guère !

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A bas les versets hypocrites de la bourgeoisie !

Article paru dans Le Prolétaire, n° 400, février-mars-avril 1989, p. 2

Demonstrators in Tehran call for the death of Indian-British writer Salman Rushdie after a fatwa was issued by Ayatollah Ruhollah Khomeini condemning him to death for blasphemy after the publication of his novel ‘The Satanic Verses’, February 1989. The women are holding models of the Holy Qur’an and carrying a banner reading ‘We will kill Salman Rushdie’. (Photo by Kaveh Kazemi/Getty Images)

Le livre de Salman Rushdie est l’occasion d’une furieuse bataille de propagande, ou, de part et d’autre, tous les versets de l’idéologie bourgeoise sont utilisés à fond pour bourrer le crâne de la population et la mobiliser en soutien des classes dominantes et de leurs Etats. Passons en revue toutes ces canailles qui font dans cette affaire assaut d’hypocrisie.

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Le cas EMF (Etudiants Musulmans de France)

Mon dernier article intitulé “Le cas EMF (Etudiants Musulmans de France)” vient de paraître dans La Révolution prolétarienne, n° 807 (décembre 2020), p. 8-9

Mrs Latifa Ait Taieb listens to the talkers during the U.O.I.F congress. (Photo by Alain Nogues/Corbis via Getty Images)

En voici les premières lignes :

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“Islamophobie” : retour sur une notion controversée

Mon dernier article intitulé “’Islamophobie’ : retour sur une notion controversée” a été publié dans Le DDV. Revue universaliste (n° 681, décembre 2020), p. 48-49.

A muslim man holds a banner reading French And Muslim, Proud Of Both Identities as an estimated of ten thousand of French citizens march from Gare du Nord to Place de la Nation against islamophobia on November 10, 2019 in Paris, France. (Photo by Pierre Crom/Getty Images)
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A Blasphemous Arrow of Retribution

Article paru dans Wildcat, no. 13, Summer/Autumn 1989, p. 5-6

Copy of Static Verses. March 10, 1989. (Photo by Steven Siewert/Fairfax Media via Getty Images).

And it shall come to pass that I will put thee in the cleft of the rock, and I shall take away my hand, and thou shalt see my back parts.

(God, Exodus XXXIII).

Left Wing Reaction in Britain.

The anti-racist theme of the Satanic Verses gives the lie to those who say that Muslim reaction to the book in Britain is a reaction against racism. It goes without saying that people who call for the banning of an anti-religious and anti-racist novel are as reactionary and dangerous as right-wing Christian scum who prosecute gay newspapers. This includes Bernie Grant, Keith Vaz and other Labour MPs. These people are the allies of the Islamic leaders, who defend a reactionary set of social relations which oppress women, divide the working class, and imprison children who happen to be born of Asian parents in a cultural ghetto, when their interests are in breaking out and becoming integrated into the rest of the working class. Multiculturalism is just another racist ideology.

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Correspondence: The Satanic Verses Affair (2)

Lettre d’A. El Noor parue dans Solidarity. A Journal of Libertarian Socialism, 24, Summer 1990, p. 15-16

01/03/1989. “LES VERSETS SATANIQUES” DE S.RUSHDIE. (Photo by Pool LOUNES/VIOUJARD/Gamma-Rapho via Getty Images)

Obsessed with God’s Will

From A EL NOOR, London:

In my article ‘Who is afraid of Satan?‘ (Solidarity #21), I put forward the following ideas:
1. Capitalist technology undermines all traditional cultures and belief systems; 2. A traditionalist culture or belief system under threat will often defend itself by regressing to fundamentalism; 3. Religious fundamentalism is reactionary – spiritually, culturally, socially and politically; 4. A historical (and psychological) interpretation of religion is an essential component of the struggle against religious fundamentalism; 5. In the absence of a historical interpretation of religion people will accept a religious interpretation of history; 6. Atheist socialists and nationalists in Islamic societies have failed to produce and promote a historical interpretation of Islam; 7. Salman Rushdie’s The Satanic Verses is a contribution to the struggle against Islam, which forms the major obstacle to spiritual, cultural, social and political progress in Islamic societies.

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Correspondence: The Satanic Verses Affair

Correspondance parue dans Solidarity. Journal of Libertarian Socialism, 22/23, Winter 1989-90, p. 20-22

Indian Moslem writer Salman Rushdie in cluttered study going through book before going into hiding after writing SATANIC VERSES for which the Ayatollah Khomeini would soon sentence him to death. (Photo by Terry Smith/The LIFE Images Collection via Getty Images/Getty Images)

Less than a great historical service

From ALISON WEIR, London:

In an extremely diffuse and ill-thought-out article (‘Who is Afraid of Satan?‘, Solidarity, Autumn 1989), ‘A El-Noor’ purports to address the possibility that Salman Rushdie has “set off a chain reaction of cultural criticism of religion in Islamic countries”. In addition, Rushdie’s The Satanic Verses has apparently “rendered Islamic civilisation a great historical service”. A El-Noor clearly wishes the Islamic countries well, and by ‘well’ he means that they should accommodate their need for scientific knowledge and technological expertise within the framework of Islam, or else abandon Islam. Not a very helpful or illuminating suggestion, if I may say so.

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A. El-Noor: Who is affraid of Satan?

Article d’A. El-Noor paru dans Solidarity. A Journal of Libertarian Socialism, 21, Autumn 1989, p. 38

Anti Rushdie protestor’s move down St. Peter’s street Derby 15th March 1989. (Photo by Staff/Mirrorpix/Getty Images)

By setting off a chain reaction of cultural criticism of religion in
Islamic countries, writes A EL-NOOR, Salman Rushdie has rendered Islamic civilisation a great historical service

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Algérie : rouvrir un avenir à la révolution

J’ai le plaisir d’informer mes amis et lecteurs de la parution, ce jour dans Le Monde, d’une tribune rédigée avec Mohammed Harbi sous le titre : « Nous devons porter un regard critique sur notre histoire récente pour rouvrir un avenir à la révolution ».

01 November 2019, Algeria, Algiers: Algerians take part in an anti-government demonstration demanding the ouster of officials who served under ex-president Abdelaziz Bouteflika as they marked the 65th anniversary of the country’s fight for independence from France. Photo: Farouk Batiche/dpa (Photo by Farouk Batiche/picture alliance via Getty Images)
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Alain : La liberté de sacrilège

Article d’Alain paru dans Informations et réflexions libertaires, n° 81, avril-mai 1989, p. 3

DEMONSTRATION AGAINST SALMAN RUSHDIE IN PARIS (Photo by Alain Nogues/Sygma/Sygma via Getty Images)

Que des écrivains ou des artistes risquent leur vie à cause de ce qu’ils expriment, les replace soudain sur le plan de la commune humanité. La littérature et l’art ne sont pas des souffles agitant l’air de façon inconséquente et intemporelle. Ils sont faits de souffrances et de bonheurs concrets qui engagent la vie de ceux qui en sont les auteurs, comme de ceux qui les apprécient. L’art, en soi, a une valeur subversive, au même titre que la raison qui permet aux individus de ne pas être seulement victimes, mais de porter un regard critique sur ce qu’ils vivent, seul gage que cette vie peut, peut-être, changer.

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Richard Hoggart : Créateurs sous influence

Article de Richard Hoggart paru dans Lignes, n° 8, 1989/4, p. 21-31

Il serait quelque peu pervers de la part d’un écrivain anglais de parler, aujourd’hui, des droits et des devoirs, des libertés et des responsabilités des artistes de cette fin du XXe siècle, sans faire le point sur l’affaire qui nous préoccupe en Grande-Bretagne depuis déjà six à huit mois (1) : la publication des Versets sataniques, le dernier livre de Salman Rushdie.

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Pierre Mertens : L’écrivain public n° 1

Article de Pierre Mertens paru dans Lignes, n° 6, 1989/2, p. 29-40

The 14th evening of the “Cesars” in Paris, France in February, 1989 – Claudia Cardinale, Isabelle Adjani, Cesar for the best actress with “Camille Claudel” by Bruno Nyutten, Michel Drucker. On this occasion Isabelle Adjani, voted the best actress for the third time in her career, reads an excerpt from “Vesrets Sataniques” by Salman Rushdie. (Photo by Pool ARNAL/SIAUD/Gamma-Rapho via Getty Images)

Bien sûr, l’imam Khomeiny n’a pas lu les Versets sataniques. Depuis quand les tyrans prendraient-ils la peine de lire des romans ?

Son hégémonie se voit, seulement, un peu contestée, depuis quelque temps, au sein du grand empire islamique. C’est à partir de l’automne 88 qu’en Inde, au Pakistan, au Arabie Saoudite, et même à Bradford, en Grande-Bretagne, le livre impie remue les fidèles, et qu’on le brûle publiquement.

Le suprême ayatollah laisserait-il aux sunnites l’initiative de l’intolérance ? Aux Saoudiens qui sont, en priorité, ses rivaux ?

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Maurice Audebert : Quousque tandem…

Chronique de Maurice Audebert parue dans Raison présente, n° 90, 2eme trimestre 1989, p. 126-128

Protesting Against Salman Rushdie’s book in Paris, France on February 26, 1989. (Photo by Mohamed LOUNES/Gamma-Rapho via Getty Images)

D’après les informations d’hier “les tueurs sont en marche”. J’ignore ce qu’il en sera dans quelques semaines, quand paraîtra cette chronique : peut-être déjà arrivés puisque, par ces temps, la barbarie s’affiche en toute bonne conscience ; sans compter que, comme ils le promettent, si ce n’est pas demain ce sera plus tard car la police se lassera bien un jour de protéger le “criminel”. Salman Rushdie, comme on l’aura compris. D’après ces mêmes informations, un millier de musulmans ont manifesté dans les rues de Paris, et dont certains criaient “à mort !” ; dans la foule, on voyait des gamins, particulièrement véhéments ; sur le petit écran. Monsieur Le Pen, qui se frottait les mains : “ce que vous voyez là, ce n’est que l’avant-garde ; demain ils seront des millions et c’en sera fait de vos libertés.” Pendant ce temps d’autres condamnent mais s’interrogent car il paraît qu’il faut laisser leur chance aux “libéraux” de là-bas.

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Islamophobie : comment une notion équivoque s’est imposée dans le débat public en France

Mon dernier texte intitulé « Islamophobie : comment une notion équivoque s’est imposée dans le débat public en France » a été mis en ligne hier sur le site de la RevueAlarmer.

Protestors chant and wave the Palestinian flag as thousands of people take to the streets of Paris to demonstrate in Anti-Islamophobia Rally on November 10, 2019 in Paris, France. The protest is to raise awareness about the rise of islamophobia in France following various events and political controversies in recent months. (Photo by Kiran Ridley/Getty Images)
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Luiza Toscane et Nadia Tlili : Femmes, féminisme et islamisme

Article de Luiza Toscane et Nadia Tlili paru dans Inprecor, n° 422, mars 1998, p. 29-31

DEU, Germany, Dortmund, 1998: Milli Goerues event in the Westfalen Stadium.- A German Moslem. (Photo by Yavuz Arslan/ullstein bild via Getty Images)

La question des femmes et de l’islamisme est emblématique à plusieurs titres. D’abord parce que c’est bien autour du rôle social de la femme, de sa sexualité et de son corps que s’articule une grande partie du discours islamiste. Ensuite parce que c’est à travers les femmes que ce courant a acquis une visibilité politique. Enfin parce que la question des « droits des femmes » a été instrumentalisée par des régimes autoritaires pour légitimer leur guerre ouverte contre l’islamisme, régimes dont l’engagement féministe est plus que douteux. Dans ce contexte propice à toutes les ambiguïtés et toutes les récupérations, formuler un positionnement féministe et révolutionnaire n’a rien d’évident. Cet article ne vise évidemment pas à proposer des réponses élaborées et cohérentes, mais à montrer qu’on sous-estime souvent la complexité des problèmes et des solutions.

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Islamisme : entretien avec Kévin Boucaud-Victoire pour “Marianne”

J’ai accordé un entretien au journaliste Kévin Boucaud-Victoire pour l’hebdomadaire Marianne sur les controverses autour de l’islamisme en France. Le texte a été mis en ligne hier sous le titre « Complaisances avec l’islamisme : ‘Toutes les forces politiques sont responsables du marasme ambiant’ ».

Marche contre l’islamophobie, 10 novembre 2019. © Hans Lucas via AFP

En voici la présentation par le site internet du magazine :

Docteur en science politique et auteur de deux essais, dont un sur l’usage politique de la place des musulmans dans la société française, Nedjib Sidi Moussa examine la complaisance des organisations de gauche comme de droite vis-à-vis de l’islamisme.

Dans La Fabrique du musulman (Libertalia, 2017), sous-titré “essai sur la confessionnalisation et la racialisation de la question sociale“, Nedjib Sidi Moussa met en lumière l’essentialisation des “musulmans”. Selon lui, celle-ci est surtout le fait de l’extrême droite identitaire mais aussi de mouvements communautaristes, comme le Parti des indigènes de la République (PIR) ou le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), soutenus par une partie de la gauche. Alors que l’assassinat de Samuel Paty, enseignant dans un collège à Conflans-Sainte-Honorine, a relancé le débat sur la responsabilité de la gauche (ou de “l’islamo-gauchisme”) dans la montée de l’islamisme, nous avons choisi de nous entretenir avec lui.

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Luiza Maria : Libye. Kadhafi à l’épreuve de l’intégrisme

Article de Luiza Maria paru dans Inprecor, n° 319, du 23 novembre au 6 décembre 1990, p. 7

Monument à l’effigie de Mouammar Kadhafi à Tripoli, circa 1990, Libye. (Photo by Christian SAPPA/Gamma-Rapho via Getty Images)

« Le Koweït est une partie du Nedj (1) (…). L’Arabie saoudite est une partie de l’Irak, l’Irak est une partie de la Syrie, elle-même partie intégrante de la Palestine (…). Nous sommes tous partie intégrante les uns des autres et formons une terre arabe et un seul peuple arabe (…). Ce qui est arrivé entre le Koweït et l’Irak est négatif pour le projet d’unité arabe. Je suis contre l’invasion et contre l’exode des femmes et des enfants. » Ainsi s’exprimait le colonel Kadhafi, le 1er septembre 1990, devant le Congrès général du peuple libyen (2).

Un mois après, il appelait à boycotter le pèlerinage annuel à la Mecque et, le 1er novembre 1990, il s’instituait “dirigeant du monde islamique”.

Luiza MARIA

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Dossier : Féminisme et islamisme

Dossier paru dans Inprecor, n° 284, 20 mars 1989, p. 12-19

Women weaving carpets, Central Anatolia, Turkey, 1989. (Photo by Dario Mitidieri/Getty Images)

FEMMES-TURQUIE

AVANT LE COUP D’ÉTAT de septembre 1980, des milliers de femmes militaient dans les rangs de groupes de gauche et d’extrême-gauche, aussi bien que dans les groupes intégristes et fascistes. Mais la question de l’oppression des femmes n’avait jamais été réellement discutée, étant soit simplement ignorée, soit reléguée au second plan au nom d’autres “priorités”. Ce n’est qu’avec l’apparition d’un mouvement autonome des femmes, au milieu des années 80, que cette question a pu s’imposer à l’ordre du jour, grâce, notamment, à des publications féministes comme Kaktüs ou Feminist .

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Mohammed Harbi : Le linceul de la liberté

Article de Mohammed Harbi paru dans Critique Communiste, n° 91, décembre 1989, p. 19-20

Demonstration to support the Muslim Creil school girls wearing headscarves In Paris, France On October 22, 1989. (Photo by Georges MERILLON/Gamma-Rapho via Getty Images)

LE PROBLEME conjoncturel d’autoriser ou non le voile à l’école entraîne des réponses qui peuvent être contraires sur la base de principes identiques. Ce qui les distingue, c’est la stratégie la plus efficace pour soustraire les enfants à l’influence du prosélytisme des islamistes.

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Mohammed Harbi : Il est permis d’interdire

Tribune de Mohammed Harbi parue dans Le Nouvel Observateur, 26 octobre-1er novembre 1989 et reprise dans Les Cahiers d’Article 31, n° 1, premier trimestre 1990, p. 96

A group of Muslim women and children demonstrate in Paris for the right to wear hijabs, traditional Muslim headscarves, in public schools. (Photo by THIERRY ORBAN/Sygma via Getty Images)

Une hypothèse obscurcit le débat actuel sur le port du “foulard”. C’est la confusion faite entre les croyances religieuses de l’islam et l’intégrisme musulman, qui, lui, est une idéologie politique. Ce débat s’inscrit dans la même logique que l’affaire Rushdie.

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Maxime Rodinson : Mahomet

Extrait de Maxime Rodinson, Mahomet, Paris, Points-Seuil, 1994 (1ère édition : Paris, Club français du livre, 1961), p. 355-379

The Grand Mosque of Paris, with the minaret on the left, Paris, France, March 1961. (Photo by Gunter R. Reitz/Pix/Michael Ochs Archives/Getty Images)

CHAPITRE VII
Victoire sur la mort

Ce n’en était pas fini du prophète de l’Islam. Dans cette dérisoire quête à l’immortalité qui anime tant d’hommes, le fondateur d’une idéologie et le fondateur d’un Etat sont favorisés. Leurs actes, leurs idées, à travers les siècles, informent l’histoire. Mohammad était les deux à la fois, il combinait en un seul être Jésus et Charlemagne.

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livres

Maxime Rodinson : Peuple juif ou problème juif ?

Extrait de Maxime Rodinson, Peuple juif ou problème juif ?, Paris, La Découverte, 1997 [1ère édition : Paris, François Maspero, 1981], p. 5-18

Une famille de colons juifs armés en Cisjordanie en juillet 1981, Israël. (Photo by Francois LOCHON/Gamma-Rapho via Getty Images)

INTRODUCTION

Ce recueil de textes — nouveaux et anciens — étalés sur une quinzaine d’années espère provoquer quelque intérêt en vertu d’un seul facteur, une même ligne de pensée qui en est le fil conducteur. Il s’agit en effet d’un phénomène très rare : une réflexion sur les problèmes juifs qui n’est pas judéocentrique, qui se veut même critique de l’optique judéocentrique.

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livres

Maxime Rodinson : La fascination de l’islam

Extrait de Maxime Rodinson, La fascination de l’islam, Paris, La Découverte, 2003 [1ère édition : Paris, François Maspero, 1980], p. 129-139

The Dome of the Rock on the Temple Mount in the Old City of Jerusalem, Israel, October 1980. (Photo by Archive Photos/Getty Images)

6. Quelques thèses pour conclure

Relisant une dernière fois les pages qui précèdent, je suis saisi par un doute quant à l’impression générale qu’elles pourront laisser au lecteur. Il me semble que cette impression sera exagérément optimiste. La raison en est claire. J’ai écrit et parlé pour des orien­talistes. Je n’avais pas à leur donner de leçons. Je devais faire confiance aux tendances positives que j’apercevais dans leur activité, supposer leur continuation, leur victoire sur les ombres restant au tableau.

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livres

Maxime Rodinson : Islam et capitalisme

Extrait de Maxime Rodinson, Islam et capitalisme, Paris, Demopolis, 2014 [1ère édition : Paris, Le Seuil, 1966], p. 222-243

A large crowd of Muslims prostrates themselves in prayer in India. They pray for peace between India and Pakistan, and between Muslims and Hindus.

ISLAM ET SOCIALISME

Les Etats du monde musulman sont précisément aujourd’hui à un de ces moments décisifs où il leur est possible de choisir leur voie. La décolonisation généralisée, la renonciation des impérialismes occidentaux aux méthodes de domination directe, la concurrence des deux grands systèmes économiques de la société industrielle ont créé une situation révolutionnaire où il est possible de rompre, dans une certaine mesure, avec le passé et de repartir d’un nouveau pied. Partout des équipes dirigeantes, dans certaines limites, sous certaines conditions, peuvent opter.

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presse

Maxime Rodinson : Intégrisme et intégrisme

Article de Maxime Rodinson paru dans Le Monde, 14 mai 1983

A man bleeding with head injury is taken away by friends when Hezbollah forces attack leftist students on the street outside Tehran university campus, on the occasion of Cultural Revolution, 21st April 1981. The Cultural Revolution (1980-1987) was a period following the 1979 Islamic Revolution in Iran where the academia of Iran was purged of Western and non-Islamic influences to bring it in line with Shia Islam. (Photo by Kaveh Kazemi/Getty Images)

LA puissance des mots est étonnante. Il parait impossible d’obtenir qu’on renonce à ce que les scolastiques appelaient le réalisme : raisonner comme si les mots recouvraient une réalité bien déterminée, comme s’ils étaient autre chose que des étiquettes pour des concepts aux limites vagues et fluctuantes, se chevauchant, débordant les uns sur les autres.

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Maxime Rodinson : La résurgence de l’Islam

Article de Maxime Rodinson publié dans Le Monde des 6, 7 et 8 décembre 1978

Mollahs dans une manifestation à Téhéran, pendant la Révolution iranienne, en décembre 1978, Iran. (Photo by Michel SETBOUN/Gamma-Rapho via Getty Images)

I. – Où Dieu n’est pas mort

Un renouveau de l’intégrisme musulman ? Telle est l’interprétation que suggèrent à beaucoup d’observateurs une série d’événements et d’incidents récents : les accusations contre l’ancien premier ministre du Pakistan, M. Bhutto, l’application des lois coraniques avec quelques excès spectaculaires, en Libye et en Arabie Saoudite, le rôle dirigeant joué par les ayatollah chiites dans le vaste mouvement contestataire en Iran, la vigueur de la réaction antikémaliste en Turquie, des troubles anti-coptes en Égypte, l’affaire Maschino en Algérie… J’en passe.

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presse

Maxime Rodinson : De la peste communautaire

Tribune de Maxime Rodinson parue dans Le Monde, 1er décembre 1989

Manifestation islamique pour le port du voile à l’école à Creil le 22 octobre 1989, France. (Photo by Georges MERILLON/Gamma-Rapho via Getty Images)

La guerre des foulards a son côté ridicule : proscrirait-on ici ou là la culotte tyrolienne ou la jupe écossaise ? Elle a son côté odieux : il est évident – et c’était inévitable – que quelque racisme se mêle chez beaucoup à la mobilisation laïque.

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revues

Maxime Rodinson : La France et les cultures islamiques

Exposé de Maxime Rodinson à la journée d’étude “La France et la pluralité des cultures” organisée par la Fondation Danielle Mitterrand France-Libertés le 18 mai 1987 en Sorbonne et publié dans Hommes & Migrations, n° 1124, septembre 1989, p. 40-44

Musulmans en prière dans la Mosquée de la rue Saint-Maurice le 26 août 1987 à Roubaix, France. (Photo by Alexis DUCLOS/Gamma-Rapho via Getty Images)

On m’a demandé ici de parler des rapports entre la France et les cultures islamiques. Il y a là de grandes difficultés, la première étant, comme souvent, de savoir de quoi l’on parle. Le mot “culture” a de multiples sens, dont certains sont apparus ici. Je n’entends pas parler des connaissances dont dispose tel ou tel individu, dans un domaine ou l’autre, comme quand on parle de culture musicale, de culture philosophique, etc. Ici, il s’agit évidemment des “traits culturels”, comme ont dit à un certain moment les anthropologues, c’est-à-dire les comportements, attitudes, traditions par lesquels une population se distingue de l’autre.

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publications

Emna Charki et la liberté de conscience : une affaire emblématique des luttes à venir

Mon dernier texte intitulé “Emna Charki et la liberté de conscience : une affaire emblématique des luttes à venir” a été mis en ligne hier sur le site de Middle East Eye.

Emna Charki, 27 ans, a été reconnue coupable d’atteinte à la religion et d’incitation à la haine après avoir partagé le 4 mai deux paragraphes enluminés comme le texte sacré musulman. Elle a été condamnée le 14 juillet à six mois de prison ferme (AFP)
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interventions

Émancipation socialiste et religions : entretien pour “Ballast”

J’ai accordé un entretien à la revue Ballast sur l’aliénation et l’émancipation. Le texte vient d’être publié dans son neuvième numéro (avril 2020), p. 66-74.

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livres

Adolph L. Reed, Jr. : The Jesse Jackson Phenomenon

Extrait du livre d’Adolph L. Reed, Jr., The Jesse Jackson Phenomenon: The Crisis of Purpose in Afro-American Politics, New Haven, Yale University Press, 1986, p. 41-60

Reverend Jesse Jackson (left) at the Palais de l’Elysee, at the invitation French President Francois Mitterrand. A translator sits between them. (Photo by THIERRY ORBAN/Sygma via Getty Images)

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Mythology of the Church in Contemporary Afro-American Politics

Exceptionalist approaches to black politics typically are fed by the mystique of black churchliness and religiosity, which postulates a peculiarly racial basis of participation and representation. According to this view, which assumes the organic leadership model, the church is the elemental unit of political mobilization in the black community. Because its structures are decentralized and operate at the “grass roots,” the black church can be construed as an authentically popular institution. Moreover, because this view also assumes a pandemic black religiosity, the church can be understood to be prior and superior to electoral or otherwise procedural institutions as a source of popular legitimations.

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presse

Mariage et misère des femmes

Article paru dans Travailleurs immigrés en lutte, n° 9, avril 1977, p. 13-14

Ouvrières dans un atelier de tissage à Ouadhia en avril 1975, Algérie. (Photo by Gilbert UZAN/Gamma-Rapho via Getty Images)

Dire qu’elle est opprimée ne donne qu’une idée très faible de la situation de la femme en Algérie. L’homme règne en maître absolu. Il ne veut pas que la femme soit autre chose qu’une esclave obéissante. Et, même s’il est vrai qu’un nombre de filles de plus en plus grand fréquente les lycées et les universités, il n’en demeure pas moins que sa situation reste fondamentalement inchangée. Elle reste étroitement surveillée dans ses moindres gestes, ou par le mari, ou par les parents. Et souvent, pour ces derniers, le fait que leur fille ait pu suivre des études, est utilisé pour demander une dot plus élevée.

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presse

La religion au service de la bourgeoisie

Article paru dans Travailleurs immigrés en lutte, n° 13, septembre 1977, p. 13

Vue aérienne de la Grande Mosquée d’Alger en cours de construction, le 29 août 2016, Alger, Algérie. Alger aura la troisième plus grande mosquée du monde, elle disposera du plus grand minaret du monde, d’une hauteur de 265m. (Photo by Nacerdine ZEBAR/Gamma-Rapho via Getty Images)

En Algérie, le mois du Ramadhan est l’occasion pour le pouvoir, de tout faire pour promouvoir la religion. Mais ce mois de carême semble lui poser un petit problème.

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revues

Paul Eluard : De l’usage des guerriers morts

Texte de Paul Eluard paru dans La Révolution surréaliste, n° 6, 1er mars 1926, p. 29

Surrealist poets Andre Breton, Paul Eluard, Tristan Tzara, and Benjamin Peret signed this photograph, taken in 1932. | Located in: Bibliotheque d’Art et d’Archeologie, Fondation Jacques Doucet, Paris, France. (Photo by Stefano Bianchetti/CORBIS/Corbis via Getty Images)

Une nouvelle religion s’est établie depuis la guerre, une religion qui réalise vraiment l’union sacrée entre tous les hommes de tous les pays combattants, dont tous les vivants sont les prêtres austères, une religion plus absurde et plus laide encore que les autres : celle des morts.

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livres

François : Le salut sous les décombres. Réflexions sur la montée en puissance des islamistes en Algérie

François, Le salut sous les décombres. Réflexions sur la montée en puissance des islamistes en Algérie, août 1990

Abassi Madani, leader du FIS (Front islamique du salut) au volant de sa Mercedes le 15 juin 1990 à Alger, Algérie. (Photo by SIDALI-DJENIDI/Gamma-Rapho via Getty Images)

“Je suis venu pour détourner du troupeau beaucoup de brebis. Il faut que la foule et le troupeau soient irrités contre moi. Zarathoustra veut que les bergers voient en lui un brigand.
J’ai dit : les bergers. Mais eux se nomment les fidèles de la vraie foi. J’ai dit : les bergers. Mais eux se nomment les bons et les justes.
Voyez-les ces bons et ces justes ! Quel est celui qu’ils haïssent le plus ? C’est celui qui brise leurs tables de valeur, le casseur, le criminel.
Or, celui-là, c’est le créateur.”

NIETZCHE

En partant pour l’Algérie, je me posais des questions très concrètes : qu’est-ce au juste que l’islamisme, quelle est la force de ce mouvement, et à quoi tend-il ? Mais je m’interrogeais aussi et m’interroge toujours sur le rôle historique de la religion comme force d’organisation et de régulation sociale. Car je ne suis pas de ceux qui s’imaginent que Dieu est mort. Dans les pays développés, on s’est contenté de les laisser pourrir dans un coin, et l’on adore le Vide et à Sa place (1). Dans les pays pauvres, on reste fidèle à la Tradition, et l’on est chrétien, musulman, hindouiste, bouddhiste, ou animiste de père en fils. D’un côté comme de l’autre, au Nord comme au Sud, la situation n’est pas brillante ! La religion “se réalise” un peu partout, et elle “se réalise”, comme presque (2) toujours, en dressant les peuples les uns contre les autres. Ce qui entrave pour longtemps encore le développement de la lutte et de la conscience révolutionnaire, l’affirmation des individus prolétarisés comme négation de toutes les classes.

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presse

Algérie : Le PAGS, larbin du capitalisme

Article paru dans Le Prolétaire, n° 402, juillet-août-septembre 1989.

Abdelhamid Benzine, dirigeant du P.A.G.S. (autrefois : Parti “communiste” algérien), a donné une interview à la “Tribune d’Octobre” (No 7, mai 89), dans laquelle il déclare que “la situation en Algérie appelle un rassemblement de toutes les forces vives autour d’objectifs communs, fussent-ils transitoires. L’ennemi, c’est le fanatisme aveugle et l’extrémisme, c’est la manie de vouloir imposer une solution unique.”

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presse

Iran : la révolution assiégée…

Analyse parue dans Courant alternatif, n° 23, février 1983, p. 26-28.

C’est une erreur de voir l’ensemble du mouvement social en Iran sous un angle strictement religieux. Si les religieux ont pu prendre la tête du mouvement populaire c’est grâce à leur implantation traditionnelle dans la société civile et surtout parce qu’ils avaient à leur disposition :

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Un aspect de la “révolution culturelle” : le ramadhan “socialiste”

Article paru dans Tribune algérienne, n° 1, novembre 1974, p. 11-13.

L’Islam a fortement imprégné le peuple algérien à travers son histoire. On sait le rôle de l’aristocratie religieuse des CHORFA sous Abdelkader, celui de la confrérie des TAÏBIYA, dans le soulèvement de l’Ouarsenis en 1845, celui des RAHMANIYA dans la grande insurrection de Kabylie en 1871… Mais jamais en Algérie, l’Islam n’a été structuré comme une église, avec une hiérarchie disposant d’un immense patrimoine foncier et étroitement lié à l’appareil d’état.

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Algérie : Arabisée ou non, l’exploitation c’est toujours l’exploitation !

Article paru dans Travailleurs immigrés en lutte, n° 40, 1er avril – 1er mai 1980, p. 16-17.

Après s’être déclenché à Alger, un mouvement de grève des étudiants arabisants s’est généralisé aux principales universités du pays. Les étudiants revendiquaient des débouchés pour les diplômés arabophones, l’arabisation totale de l’enseignement et de l’administration. Au début, le gouvernement a eu une attitude conciliante ; le ministre de l’éducation déclarait : “Nous comprenons vos problèmes, vous ne trouvez pas de débouchés après vos études, vous manquez d’enseignants… Mais il faut du temps pour résoudre des questions aussi graves, etc.”.