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Assia Khalifa : Nationalisme et football

Article d’Assia Khalifa paru dans Et Thaoura, journal révolutionnaire marxiste d’Algérie, n° 4, avril 1983, p. 2.

Horst Hrubesch of Germany FR and Mahdi Cerbah of Algeria during the World Cup match between Germany RF and Algeria at El Molinon, Gijon, Spain on June 16th 1982 ( Photo by Gerard Bedeau / Onze / Icon Sport via Getty Images )

Quelle peut être l’arme pour le pouvoir, afin de s’assurer une relative stabilité et faire oublier à des millions d’Algériens, la misère dans laquelle ils vivent ? …

La coupe du monde 82, nous a montré que ce moyen, très efficace par ailleurs et qui a fait ses preuves, reste le FOOTBALL.

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Edgar Morin : La révolution anticoloniale

Article d’Edgar Morin paru dans Arguments, 2e année, n° 10, novembre 1958, p. 27-31.

 

 

III. La révolution algérienne et la gauche française

Que l’on s’entende bien. Je suis internationaliste et non nationaliste. Je ne respecte pas le nationalisme algérien comme un nationaliste éclairé respecterait un nationalisme étranger, légitime comme le sien propre. Au fait, je ne respecte rien. Ce qui mérite d’être reconnu et défendu, dans le nationalisme algérien, c’est la revendication à la dignité et l’égalité de 8 millions d’êtres humains, et c’est la condamnation d’un système colonial et raciste.

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Le P.C.F. et le mythe du “socialisme” benbelliste

Article paru dans Le Prolétaire, n° 28, janvier 1966

Algerian president Ahmed Ben Bella’s visit in Constantine with colonel Houari Boumediene on November 11, 1963 in Constantine, Algeria. (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

Dans une résolution adoptée après le coup d’Etat de Boumedienne, le C.C. du P.C.F. déclarait : “Le comité central, en se gardant de toute ingérence dans les affaires intérieures de l’ Algérie, constate que la Constitution a été violée et qu’un coup sérieux a été porté à la cause algérienne, ainsi qu’au mouvement de Libération nationale des peuples”. Ne nous étonnons pas de ce “respect” du P.C.F. pour une Constitution typiquement bourgeoise, ni de ses protestations de “non-ingérence”. Cela répond parfaitement au légalitarisme qu’il affiche depuis des dizaines d’années. Ne nous étonnons pas davantage qu’il déplore la chute d’un pouvoir qui, en novembre 1962, décrétait la dissolution du “Parti communiste d’Algérie”, c’est-à-dire d’un parti-frère : Moscou n’avait-elle pas accueilli le “socialiste” Ben Bella comme un “ami”, un “camarade” et comme” “le plus grand révolutionnaire d’Afrique” ? On n’est pas plus royaliste que le roi… Mais voyons quelle est donc cette “cause algérienne” que le P.C.F. juge si gravement compromise. Pour nous qui avons déjà vu Ben Bella l’invoquer contre les dockers algérois en grève, les choses sont claires : ça n’était plus la cause d’un mouvement révolutionnaire, mais une raison d’Etat, un principe d’ordre bourgeois, et dès lors, un Boumedienne est à priori tout aussi indiqué qu’un Ben Bella pour la défendre et l’illustrer. Mais le P.C.F., lui, ne croit pas aux faits : il croit aux mots ; pour lui, le « programme » du benbellisme est, et reste celui de la Charte d’Alger, approuvé en avril 1964 au 1er Congrès du F.L.N. : « ne pas laisser compromettre la victoire historique sur l’impérialisme et mettre en cause l’option socialiste » « assurer dans la liberté le développement de l’Algérie nouvelle, démocratique et progressiste ». C’est sa phrase socialiste, qui attache le P.C.F. au souvenir du benbellisme. Ce que valait cette phrase, nous allons le voir.