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Les deux Grands face au Tiers-Monde

Article paru dans Pouvoir ouvrier, n° 88, janvier-février 1968, p. 1-5

Officers and crew of the United States Navy ship USS Pueblo being led away after being captured by North Korean forces in international waters in the Sea of Japan during the Vietnam War.

UNE NOUVELLE ETAPE AU VIETNAM ?

Après l’incident du “Pueblo”, l’offensive générale du Vietcong vient de mettre en évidence les limites de la puissance américaine en Asie. La prise simultanée des villes, l’occupation partielle de Saïgon, l’attaque et parfois la destruction des bases américaines, l’effondrement de l’administration et de l’armée sud-vietnamiennes révèlent l’échec total des plans politico-militaires de Washington. La pacification a vécu : le Vietcong est comme “le poisson dans l’eau” au sein de la population civile ; les bombardements du Nord n’ont ni brisé le moral de Hanoï ni empêché le passage d’armes lourdes et de troupes vers le Sud.

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Adam Schaff : L’humanisme marxiste

Texte d’Adam Schaff paru dans L’Homme et la société, n° 7, janvier-février-mars 1968, p. 3-18

On peut dire sans hésiter que notre époque est celle du choc des humanismes. Les tendances qui se réclament de l’humanisme, ne sont pas seulement nombreuses, mais elles sont aussi concurrentes et vont même jusqu’à se combattre. Étant donné l’importance croissante que prend à notre époque le problème de la vie de l’individu, la lutte politique prend volontiers la forme d’une mise en accusation, de l’adversaire quant à son manque d’humanisme, voire son antihumanisme. Une telle accusation ne prouve nullement que l’accusateur soit véritablement humaniste et ne le préservera pas de se voir reprocher, à son tour, de manquer d’humanisme. Cette popularité de l’humanisme et la multiplication de ses variétés se combattant mutuellement prouve simplement que l’homme, dont la vie est aujourd’hui plus menacée que jamais, est avide au minimum de paroles de consolation, de paroles évoquant le bonheur humain.

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L’opposition algérienne ou l’impasse du “socialisme national”

Article paru dans Le Prolétaire, n° 53, avril 1968, p. 2, suivi d’une note rectificative.

Le ministre algérien des Affaires étrangères Abdelaziz Bouteflika quittant l’hôtel Matignon dans sa voiture, à Paris, France, le 26 juillet 1968. (Photo by KEYSTONE-FRANCE/Gamma-Rapho via Getty Images)

Cent trente-deux ans de sujétion coloniale, 30.000 morts à Sétif, en 1945, sept ans et demi d’une guerre civile qui a fait un million et demi de morts, les ratonnades, les ghettos de la métropole, la faim, l’analphabétisme, les ravages de la tuberculose ; voilà ce que les masses algériennes ont subi. Elles se sont battues avec l’acharnement, l’héroïsme que l’on sait, contre un impérialisme particulièrement féroce et habile. Aujourd’hui les Algériens ont le sentiment d’avoir été trahis. Ils se battaient pour un peu plus de pain, un minimum de bien-être. Ils parlaient même de construire une société d’un type nouveau que, naïvement, ils appelaient « socialisme ». En fait, ils ont instauré un régime qui sue par tous les pores la corruption et le terrorisme policier; ils ont porté au pouvoir des Ben Bella et des Boumedienne qui étalent largement leur morgue de nouveaux riches. Les masses algériennes sont retombées dans une sorte d’hébétitude. Les factions bourgeoises s’entre-déchirent et la vie politique reste marquée par la violence. Le prolétariat et la paysannerie pauvres n’attendent plus rien de la politique en général. L’émigration vers l’Europe se poursuit et augmente même. La misère est aussi grande sinon plus qu’aux beaux jours de l’ère française.

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Maxime Rodinson : Israël et le refus arabe

Extrait de Maxime Rodinson, Israël et le refus arabe. 75 ans d’histoire, Paris, Le Seuil, 1968, p. 203-229

View of truck mounted mobile missile carriers of the Israel Defense Forces driving past spectators lining a road beside the Walls of Jerusalem during the Israel Independence Day Parade in Jerusalem, Israel on 2nd May 1968. (Photo by Rolls Press/Popperfoto via Getty Images/Getty Images)

CONCLUSION

Les pages qui précèdent ont voulu exposer au lecteur les grandes lignes du conflit israélo-arabe. Mon exposé a été essentiellement historique avec, çà et là, quelques données sociologiques fondamentales. Certaines affirmations ont pu étonner, étant contraires à des idées largement répandues. Elles sont pourtant solidement documentées. J’ai pu fournir arguments et références dans des travaux impliquant, à la différence de celui-ci, un appareil d’érudition.

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revues

Larbi Hamdane : La crise en Algérie (signification et perspectives)

Article de Larbi Hamdane paru dans Quatrième Internationale, n° 33, avril 1968, p. 22-26

Le ministre algérien des Affaires étrangères Abdelaziz Bouteflika interrogé par les journalistes à sa sortie de l’hôtel Matignon, à Paris, France, le 26 juillet 1968. (Photo by KEYSTONE-FRANCE/Gamma-Rapho via Getty Images)

Dans la nuit du 14 au 15 décembre, quelques unités de chars font route vers Alger, avec à leur tête Tahar Zbiri, chef d’état-major de l’A.N.P., et plusieurs officiers. Elles sont stoppées à El-Affroun, après intervention de l’aviation ; le chef de la première région militaire Saïd Abid se suicide dans des conditions pour le moins obscures (certains prétendent même qu’il aurait été fusillé tout à fait réglementairement). Voilà pour les faits les plus spectaculaires et les plus connus qui ont marqué la crise. Simple épisode d’une bataille pour le pouvoir au sein de la même famille, celle qui avait éliminé Ben Bella le 19 juin 1965, ou bien crise plus profonde ? Nous considérons, pour notre part, qu’il n’y a pas de lutte pour le pouvoir, même au sein d’un appareil très bureaucratisé, qui se situe en dehors de la dynamique des forces sociales, de leurs luttes, et du rapport des forces à un moment déterminé. Aussi, nous analyserons la signification de cette crise à la lumière de l’évolution de l’Algérie depuis 1962, et plus spécialement de l’évolution des rapports entre les classes depuis la crise du Moyen-Orient.

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presse

Le Black Power et ses “amis” : Violence sans théorie et théorie sans violence

Articles parus dans Le Prolétaire, n° 54, mai 1968

Following looting in the area, pedestrians drag debris from the street in front of a city bus at the intersection of West Madison Avenue and Oakley Boulevard during the West Side Riots, Chicago, Illinois, early April 1968. The riots, which began in the aftermath of the assassination of Martin Luther King Jr, caused widespread property damage (estimated at more than 10 million dollars), left thousands homeless and hundreds injured, and resulted in the deaths of 11 people. (Photo by Robert Abbott Sengstacke/Getty Images)

Dans presque toutes les villes des Etats-Unis ont éclaté des révoltes noires qui témoignent de la faillite de l’ “American way of life”. En effet, la “prospérité” a toujours pour base, sous le régime capitaliste, l’exploitation des travailleurs. Dans l’approche de la crise mondiale, cette exploitation s’appesantit et les couches ouvrières les plus défavorisées ressentent les premières cette aggravation.

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presse

Les conseils des travailleurs

Article paru dans Pouvoir ouvrier, n° 90, mai 1968.

(Extrait de P.O. ns 18 et 19 mai et juin 1960)

Qu’est-ce qu’un conseil ouvrier ? C’est d’abord un organisme, un comité, formé de délégués élus par TOUS les travailleurs d’une entreprise ou d’un groupe d’entreprises, sans aucune distinction politique et syndicale, pour exprimer leurs revendications et pour les représenter. Pour qu’un conseil ouvrier puisse fonctionner, il faut que tous les ouvriers participent aux assemblées, luttent en permanence pour imposer leurs objectifs. Une telle activité des travailleurs ne peut exister que dans des périodes d’extrême tension sociale, quand le confit entre dirigeants de l’économie et de l’Etat et travailleurs devient si aigu qu’il ne peut être réglé que par la force, quand ce conflit lui-même ne concerne pas seulement l’usine, mais embrasse toute la société, quand la question qui se pose est : qui doit commander dans le pays, les exploiteurs ou les exploités ? En dehors d’une telle période révolutionnaire, le conseil ouvrier n’arrive pas à se maintenir : il disparaît ou il se transforme peu à peu en un organe inoffensif, de type syndical.

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presse

Vigilance face aux provocateurs racistes

Appel paru dans Résistance, bulletin édité par la délégation extérieure du Parti de l’avant-garde socialiste (O.R.P.), n° 26, juin-juillet 1968, p. 18.

 

 

Après les graves incidents qui ont eu lieu dans le quartier de Belleville à Paris, la Délégation Extérieure du Parti de l’Avant-Garde Socialiste (O.R.P.) se félicite de ce que les travailleurs et commerçants algériens et maghrébins du quartier aient refusé dans leur majorité de céder aux provocations, à la violence.

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presse

Boumédiène est mort, mais la bourgeoisie reste

Article paru dans Travailleurs immigrés en lutte, mensuel de l’Organisation communiste révolutionnaire internationaliste d’Algérie, n° 26, décembre 1978, p. 3-4.

 

 

Depuis son retour d’URSS, Boumédiène est dans un coma profond ; deux caillots de sang lui obstruent le cerveau, et il est atteint d’une maladie rare, la maladie de Waldenström, dans sa forme aiguë. Autant dire que, malgré sa survie artificielle, Boumédiène est mort, et physiquement et politiquement.

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livres

Amar Yaïche : Dansons sur les cadavres

Extrait d’Amar Yaïche, Dansons sur les cadavres, Montreuil, L’Insomniaque, 2005, p. 5-6.

 

 

QUOI? Me parler à moi de ce qui nous pousse à fuir le pays? Pourquoi soulever des questions qui me brisent les klaouis? Plus d’espoir, mon frère! Macache! Regarde-les autour de toi. Moi, je les vois, je vis avec eux. Et ne m’énerve pas, nous sommes rue Myrrha. J’ai peut-être rien, mais ici c’est moi qui règle.

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presse

M. Maurice Clavel s’adresse au général de Gaulle

Article publié dans Le Monde, le 29 juin 1968

La comédienne Silvia Monfort et l’écrivain Maurice Clavel le 13 décembre 1971 à Paris, France. (Photo by François LOCHON/Gamma-Rapho via Getty Images)

M. Maurice Clavel écrit dans Combat sous le titre “Asile” ;

“Mon général, j’ai suivi le procès Pétain. Je fus le moins âpre des journalistes issus de la Résistance. Le seul crime qui m’apparut inexpiable, sur lequel la défense faiblit et se déroba, le seul qui emporta, selon moi, la condamnation capitale de principe, ce fut d’avoir livré à l’ennemi les étrangers antifascistes, Allemands, Espagnols, Italiens, qui avaient asile en France.