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Chawki Salhi : Algérie. L’état de siège

Article de Chawki Salhi paru dans Inprecor, n° 332, du 7 au 20 juin 1991, p. 28

Chars sur la Place du 1er mai après des émeutes à Alger le 8 juin 1991, Algérie. (Photo by Nacerdine ZEBAR/Gamma-Rapho via Getty Images)

A trois semaines des premières élections législatives pluralistes, le président Chadli Benjedid décrète l’état de siège, change de chef de gouvernement et reporte le scrutin sine die. Pourtant, quelques jours auparavant, tout semblait aller au mieux pour le régime.

Le porte-parole du Parti socialiste des travailleurs (PST) qui, dès l’annonce de l’état de siège s’est prononcé contre cette mesure, nous envoie une première réaction.

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Algérie : Grève générale / Solidarité avec les femmes algériennes

Articles parus dans Inprecor, n° 327, du 29 mars au 11 avril 1991, p. 28

Grève générale des Islamistes le 25 mai 1991 à Alger, Algérie. (Photo by SIDALI DJENIDI/Gamma-Rapho via Getty Images)

Grève générale

C’est à l’appel du principal syndicat algérien, lié au pouvoir, l’Union générale des travailleurs algérien (UGTA), qu’a eu lieu la grève générale des 13 et 14 mars 1991, provoquée par une hausse importante des prix. Ce mouvement a été largement suivi dans l’ensemble du pays et a mis en difficulté le syndicat islamiste, qui n’appelait pas à la grève. Dans certaines entreprises où celui-ci avait réussi — devant les faiblesses de l’UGTA, mal organisée à la base — à gagner du terrain, beaucoup de travailleurs ont quand même cessé le travail, et comme chez les cheminots, certains dirigeants favorables à la grève ont été mis à la porte du syndicat islamiste. Le succès de cette grève, qui a largement dépassé la base de l’UGTA — de nombreuses initiatives, organisation d’assemblées générales, vote du mouvement, ont été prises en charge à la base —, a redonné une certaine confiance aux travailleurs et a marqué un recul du Front islamique du salut (FIS), à quelques mois des élections générales.

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Algérie : grèves de masse contre le pouvoir

Dossier paru dans Tribune algérienne, n° 24, mai 1980

“Le président Chadli à la clôture du séminaire régional sur la planification : Nous combattrons toute atteinte à l’unité nationale” (photo publiée dans El Djeich, n° 204, mai 1980, p. 4)

Le 10 Mars, les étudiants de l’université de Tizi-Ouzou invitent l’universitaire et romancier Mouloud Mammeri à tenir une conférence sur la poésie kabyle ancienne. La conférence est interdite par le wali de Kabylie sans que les motifs soient formulés, de la manière sournoise et hypocrite qui est la marque même de ce régime d’oppression, né du putsch du 19 Juin 1965 et qui se réclame du socialisme, des libertés, de la démocratie, du droit des peuples à l’autodétermination : coup de téléphone anonyme dans la nuit pour signifier à M. Mammeri d’annuler sa conférence, barrages de police à Drâa Ben Khedda puis refoulement sur Alger de l’écrivain qui avait persisté dans son entreprise.

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Anti-racisme

Articles parus dans Informations rassemblées à Lyon, n° 29, été 1979, p. 10-11

Migrant workers, canteen of a building site in France in 1979. (Photo by Alain-Patrick NEYRAT/Gamma-Rapho via Getty Images)

Aujourd’hui les expulsions, demain les déportations

La grève entamée il y a deux mois et demi par les 50 femmes de ménages immigrées de l’INSA pour obtenir des meilleures conditions de travail « transport, salaires décents, travail toute l’année ou chômage technique etc » se poursuit actuellement, au rythme de deux heures par jour, dans l’indifférence quasi-générale. L’enjeu de cette grève est particulièrement important. En effet, elle a lieu au moment où les lois Stoleru et Bonnet adoptées dernièrement par l’assemblée nationale, les pratiques policières racistes « rafles, tabassages, et contrôles » et les mesures d’expulsion qui se généralisent, ainsi que les prises de position nationalistes de certains partis ou syndicats, marquent l’offensive délibérée du pouvoir à l’encontre des immigrées, la recrudescence des idéologies racistes et l’instauration de l’arbitraire en matière sociale. C’est pourquoi des luttes comme celle de l’INSA, dans l’immédiat et à plus long terme, resterons révélatrices et à plus d’un titre. C’est un combat qui avec d’autres, permettra, notamment à l’Etat, d’apprécier le degré de mobilisation et de résistance du mouvement anti-raciste et donc déterminera d’une certaine façon, l’application des mesures répressives prises par rapport à l’immigration.

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Chawki Salhi : Algérie. Entre la mosquée et la caserne

Article de Chawki Salhi paru dans Inprecor, n° 334, du 5 au 18 juillet 1991, p. 3-5.

Abdelkader Hachani, Ali Belhadj et Ali Djeddi lors d’une manifestation du Front islamique du salut le 13 janvier 1991 à Alger en Algérie. (Photo by SIDALI DJENIDI/Gamma-Rapho via Getty Images)

Au lendemain de l’arrestation d’Ali Belhadj, tribun vénéré des jeunes révoltés des quartiers les plus populaires d’Alger, et d’Abassi Madani, porte-parole et président du Front islamique du salut (FIS), le 30 juin 1991, les intégristes étaient prostrés. Ces personnages quasi mythiques, qui menaçaient de “guerre sainte” et traitaient d’égal à égal avec le régime, pouvaient donc être arrêtés par de simples mortels en uniforme de gendarme sans que le ciel ne tombe sur la tête de Chadli. Épuisés par leurs assauts dispersés et minoritaires à travers les quartiers d’Alger, ébranlés par la mise en cause publique d’Abassi, « danger pour l’islam et le pays », lors d’une interview télévisée de membres du Majliss al Choura (1), isolés dans l’opinion publique qui aspire au retour au calme ne voyant aucune issue à la crise, les intégristes sont incapables de riposter et leurs appels à la “guerre sainte” ne sont suivis à Annaba, Mostaganem, M’sila et dans le quartier de Bachdjarah à Alger que de manifestations peu nombreuses et sans efficacité militaire aucune. Les secteurs les mieux préparés ont été démantelés par des perquisitions et des arrestations, comme lors des affrontements du 29 juin au soir à Bel court, quartier d’Alger baptisé “Kaboul” par les islamistes, fief des radicaux du groupe Takfir Oual Hidjra.

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Errico Malatesta : Grève générale et insurrectionnelle

Article d’Errico Malatesta paru dans Le Réveil communiste-anarchiste, n° 376, 24 janvier 1914.

Portrait of Errico Malatesta (Santa Maria Capua Vetere, 1853-Rome, 1932), Italian anarchist.

Je voudrais attirer l’attention des révolutionnaires sur un problème, essentiel à mon avis, et qui me semble par trop négligé : c’est celui de l’alimentation publique, spécialement dans les grandes villes, en temps de révolution et immédiatement après.

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Errico Malatesta : La grève générale. Lutte politique et lutte économique

Article d’Errico Malatesta paru dans Le Réveil communiste-anarchiste, n° 375, 10 janvier 1914.

Portrait of Errico Malatesta (Santa Maria Capua Vetere, 1853-Rome, 1932), Italian anarchist.

On discute à l’ordinaire si c’est l’oppression économique qui engendre l’oppression politique, ou vice-versa.

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Algérie : Pour que les classes populaires expriment leurs aspirations

Mon dernier texte, rédigé le 4 mars 2019, et intitulé “Algérie : pour que les classes populaires expriment leurs aspirations”, vient d’être mis en ligne sur le site d’Alternative libertaire.

En voici les premières lignes :

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Errico Malatesta : Questions révolutionnaires

Article d’Errico Malatesta paru dans Le Réveil anarchiste, n° 907, 22 septembre 1934.

 

 

Nous empruntons à La Révolte (n° 4, 10 octobre 1890) cet article toujours d’actualité.
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Chers compagnons,

Une feuille de langue française a voulu s’occuper de ce que j’ai dit dans la conférence antiparlementaire qui fut tenue, à Londres, le 3 du mois d’août, dans la salle du club Autonomie, et elle m’a fait dire à peu près le contraire de ce que j’ai dit réellement.