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Maxime Rodinson : Immigrés ou esclaves ?

Article de Maxime Rodinson paru dans Le Monde, 17 mai 1980

American writer James Baldwin (right) gives an interview to Harlem Desir, founder of SOS Racisme, a French anti-racism group. Baldwin is actively involved in discrimination issues. (Photo by julio donoso/Sygma via Getty Images)

La dénonciation est salubre, utile, indispensable. Mais, pour beaucoup – j’en suis, – l’abord des livres de dénonciation est, au départ, méfiant, les dénonciateurs volontiers exagèrent ou manipulent les faits, dans l’idée qu’ils mobilisent mieux ainsi l’indignation du lecteur. Un tel aphorisme idéologico-philosophique admet aussi que, si la cause est bonne, peu importent les détails et l’exactitude des précisions. Le malheur est que beaucoup, ayant pris l’un ou l’autre en flagrant délit, ne croient plus en rien. Chat échaudé craint l’eau froide, le menteur n’est plus écouté, quand-même il dit la vérité, etc. Tout cela est connu depuis longtemps.

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Antiracisme : marcher ou lutter

Textes parus dans Le Prolétaire, n° 385, au 16 décembre 1985 au 26 février 1986, p. 1-3

Jeunes filles dans la manifestation contre le racisme sur la Place de la Bastille le 7 décembre 1985 à Paris, France. (Photo by Mohamed LOUNES/Gamma-Rapho via Getty Images)

Un rapport de 1983 de l’OCDE sur l’immigration en Europe définissait les jeunes issus de cette immigration comme “une bombe (…) peut-être prête d’exploser dans différents pays européen”. Les émeutes récentes en Angleterre ont montré que les craintes des sociologues de l’OCDE n’étaient pas infondées.

En France, la gauche, dès son arrivée ou pouvoir, s’est employée à garantir le maintien de la paix sociale en diminuant les tensions par certaines mesures (comme la confirmation de l’arrêt des expulsions des jeunes nés ou ayant grandi en France) et en s’appuyant sur un dense réseau associatif dont elle a facilité le développement et qui a pour but de canaliser et de dissiper les énergies combatives.

La marche de 1983 pour l’égalité et divers épisodes qui ont suivi ont cependant témoigné de la puissance que pouvait prendre un mouvement qui aurait unifié les poussées de lutte contre le racisme et l’exploitation de ce secteur de la jeunesse.

C’est dans ce contexte que sont nées les 2 marches de cette année, non à la suite d’un mouvement de lutte ou d’une période d’affrontements sociaux, mais avec le but avoué de défendre la paix sociale.

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SOS-Racisme en croisade

Articles parus dans Le Prolétaire, n° 383, juin 1985, p. 2

Coluche et Richard Berry a la conference de presse de SOS Racisme dont le president Harlem Desir annonce une grande fete sur la place de la Concorde le 15 juin prochain le 23 avril 1985 a Paris, France. (Photo by Frédéric REGLAIN/Gamma-Rapho via Getty Images)

SOS Racisme par-ci, SOS Racisme par-là. SOS Racisme parcourt la France en quête d’adhérents. Meetings, concerts et bientôt une grande fête à la Concorde (tout un programme) à Paris au mois de juin.

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Démagogie de l’antiracisme publicitaire

Article paru dans Le Prolétaire, n° 382, mai 1985, p. 1-3

S.O.S Racisme: ‘Touche Pas à Mon Pote’ in Paris, France on March 28th, 1985. (Photo by Mohamed LOUNES/Gamma-Rapho via Getty Images)

Un nouveau produit idéologique est né. SOS Racisme vend des badges et une idée simple : “touche pas à mon pote”, pour “submerger la France de la haine et du racisme”. Nous ferons simplement remarquer que les racistes ont aussi leurs potes. Par conséquent ce slogan passe-partout n’offre aucun intérêt particulier si ce n’est d’être le support d’une campagne pour la démocratie contre les extrémismes.

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De la Marche de 83 à Convergence 84

Article paru dans Le Prolétaire, n° 380, décembre 1984, p. 1-3

Défilé contre le racisme ‘Convergence 84’ le 1er décembre 1984 à Paris, France. (Photo by Patrick AVENTURIER/Gamma-Rapho via Getty Images)

DE LA MARCHE 83 POUR L’ÉGALITÉ ET CONTRE LE RACISME A CONVERGENCE 84 POUR L’ÉGALITÉ
OÙ EN EST LE MOUVEMENT ANTI-RACISTE AUJOURD’HUI ?

Les dix dernières années ont vu se développer une combativité accrue dans les rangs de la classe ouvrière immigrée, notamment, par rapport aux conditions de logement (lutte des foyers), aux droits syndicaux et aux conditions de travail (automobiles, saisonniers, etc.), à l’obtention de la carte de séjour et de travail (lutte des sans-papiers).

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Pour l’union combattante des travailleurs français et immigrés !

Dossier spécial immigration paru dans Le Prolétaire, n° 375, octobre 1983, p. 1-11

Demonstration after the murder of Toufik, a ten- year old child at the “Cite des 3000” in La Courneuve, France on July 13, 1983. (Photo by Mohamed LOUNES/Gamma-Rapho via Getty Images)

Solidarité prolétarienne avec les travailleurs immigrés et sans-papiers !

Pendant tout l’été s’est développée une campagne contre les travailleurs immigrés d’une rare intensité, à laquelle ont participé des hommes politiques de tout bord, chacun tenant son rôle comme dans une pièce longuement répétée. A Chirac, qui annonce la chasse aux sans-papiers à Paris en septembre et se plaint des étrangers, source d’insécurité, à Marchelli qui veut renvoyer tous les travailleurs en France depuis moins de 10 ans, les politiciens de la majorité répliquent en critiquant les “excès”, mais ajoutent aussitôt que c’est “un problème bien réel” et que les idées avancées par les premiers sont, au fond, intéressantes.

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Après les incidents de Vitry : Le réformisme raciste et anti-ouvrier

Articles parus dans Le Prolétaire, n° 327, 9 au 23 janvier 1981, p. 1-2

Discours de Paul Laurent lors d’une manifestation à l’appel du Parti communiste pour soutenir le maire de Vitry-sur-Seine Paul Mericeca qui à provoqué un tollé en détruisant un foyer de travailleurs maliens le 10 janvier 1981 à Vitry-sur-Seine, France. (Photo by Laurent MAOUS/Gamma-Rapho via Getty Images)

Après le transfert de 300 travailleurs maliens de Saint-Maur à un foyer de Vitry, un commando PCF n’a pas trouvé mieux pour “défendre ces travailleurs” contre la barbarie des quotas, du parcage et des ghettos que de rendre le foyer inhabitable à coups de bulldozers. Tout le monde — mairies de Saint-Maur et de Vitry, gouvernement et PC — se renvoie hypocritement la balle pour s’accuser de racisme. Mais le racisme n’est-il pas le produit inévitable d’un système social que toutes ces forces défendent collectivement ?

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Contre la fermeture des frontières, les expulsions, l’oppression policière et raciste : Vive l’unité internationale de la classe ouvrière !

Articles parus dans Le Prolétaire, n° 283, 9 au 22 février 1979, p. 6

Paris: Champs-Elysées, travailleur immigré devant des affiches de propagande nationaliste, 1979. (Photo by Pierre MICHAUD /Gamma-Rapho via Getty Images)

Un des aspects particulièrement cynique et odieux de l’offensive capitaliste contre la classe ouvrière est le refoulement des ouvriers immigrés vers leurs pays d’origine.

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Solidarité ouvrière et racisme

Article paru dans Le Prolétaire, n° 97, 1er février-14 février 1971, p. 1-4

Portuguese immigrant children playing in a large dirt hole near a housing project that had been newly built at the time, La Grande Borne, located in the Paris suburbs, 1971 in La Grande Borne, France. (Photo by Francois LE DIASCORN/Gamma-Rapho via Getty Images)

Chacun sait que les difficultés surgies entre la France et l’Algérie au sujet du prix du pétrole ont inauguré une demande de hausse plus générale de la part des pays producteurs. La bourgeoisie des grands pays capitalistes crie son indignation tandis qu’en face on parle de pillage et d’impérialisme.

Parions cependant que les adversaires parviendront à un résultat « honorable pour tous ». En effet, les moyens de pression des Compagnies pétrolières sont puissants et leurs soi-disant opposants, trop corrompus pour être vraiment dangereux.

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Appel d’un immigré

Textes parus dans Tout !, n° 10, 12 mars 1971, p. 2

Tunisian statesman and first President of Tunisia, Habib Bourguiba (1903-2000) pictured attending a government meeting in Paris, France in 1971. (Photo by Rolls Press/Popperfoto via Getty Images/Getty Images)

“Devant la douleur, la fierté se cabre. On se défend alors avec exaspération contre tout pessimisme afin qu’il ne semble pas une conséquence de notre état et ne nous humilie comme des vaincus.” C’est sur cet appel à la survie de Nietzsche que je pousse mon cri, le cri d’un étranger, d’un travailleur immigré qui refuse d’être socialement et politiquement rejeté et qui ira chercher sa vérité dans la gauche.

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Un ouvrier tunisien de 24 ans témoigne : “Je croyais que la France était un pays démocratique”

Textes parus dans Tout !, n° 8, 1er février 1971, p. 10 et 2

Demonstrators marching down Whitehall to protest against the British Government’s new immigration bill, London, 21st March 1971. Second from left is anti-apartheid campaigner, Peter Hain. The march, which was sponsored by the Black People’s Alliance (BPA), started in Hyde Park and made its way down Whitehall to Downing Street, where a protest note was handed to Prime Minister, Edward Heath. The bill was passed in October as the Immigration Act 1971. (Photo by Frank Barratt/Keystone/Hulton Archive/Getty Images)

Rachid a eu difficilement son certificat d’études. Il a ensuite voulu entrer dans une école d’agriculture. Mais les sommes que l’on demandait étaient bien trop élevées pour que son père, maçon en chômage, puisse payer. N’étant pas boursier, il s’est retrouvé à 14 ans sur le marché du travail.

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Meulan : trafic d’esclaves

Dossier paru dans Tout !, n° 5, 10 décembre 1970, p. 4

A portrait of the French-Algerian writer, poet and novelist Kateb YACINE around 1965. (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

Après 2 jours de délibération politique la cour de sûreté de l’Etat a condamné Marc Hatzfeld à 3 ans de prison avec sursis.

Nous savions avant le commencement du procès que le pouvoir voulait donner de la prison ferme. Il a dû reculer car au procès a éclaté d’une manière irréfutable le scandaleux trafic de l’embauche de la région de Flins.

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“Spartacus ou la révolte des esclaves”

Supplément réalisé par les comités liberté paru dans Tout !, n° 4, 16 novembre 1970

76 Turkish guest workers who were illegally immigrated and had no work permit being brought to the Düsseldorf airport to fly back to their home country on 1st August 1970. The men got arrested in the barracks of a Duisburg construction company during a raid of the foreign nationals office in Duisburg. | usage worldwide (Photo by Wilhelm Bertram/picture alliance via Getty Images)

VILLENEUVE-LA-GARENNE : ILS ONT DETRUIT LA MAISON DU PEUPLE

DANS LE XVe, NOUS EN OUVRONS UNE AUTRE

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Procès de Meulan : Contre les marchands d’hommes

Textes parus dans Tout !, n° 3, 29 octobre 1970, p. 1-2

Immigrant factory workers protest along an assembly line at the Renault automobile factory in Flins, France. (Photo by © Jacques Pavlovsky/Sygma/CORBIS/Sygma via Getty Images)

SI LA JUSTICE ETAIT JUSTE ÇA SE SAURAIT

Il y a les faits et ils parlent en notre faveur même s’ils sont tombés dans l’oubli. Le texte de l’accusation, publié dans « TOUT » n° 2, avoue lui-même l’existence de la « traite des nègres » à Meulan et l’impuissance naïve de la justice à frapper ceux qu’elle est faite pour aider. Là-dessus donc pas de problèmes pour justifier l’action de propagande du 6 mars (peinturlurages sur la mairie, distribution de tracts. invasion du bureau d’embauche qui abritait une partie du trafic, prise de parole sur la place du marché). Nous pouvons tous donc crier : NOUS ETIONS TOUS A MEULAN ; on ne se privera pas de le dire à tous ceux qui voudraient nous juger et qui sont embrouillés eux-mêmes dans la barbarie trop voyante de leur “civilisation”.

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Voix des femmes algériennes

Déclaration parue dans Tribune algérienne, n° 15, mai 1978, p. 44-46

“Favoriser les conditions propres à l’émancipation de la femme” (photo publiée dans El Djeich, n° 182, juillet 1978, p. 47)

Pourquoi avons-nous décidé de nous regrouper dans une organisation de femmes ?

Parce que nous vivons dans une oppression spécifique due à notre rôle traditionnel dans le cadre de la famille, et que nous voulons lutter contre cela, d’où la nécessité d’un mouvement spécifique autonome, où les femmes, travaillant à l’usine, au bureau, à la maison puissent s’organiser entre elles, se conscientiser, et avancer elles-mêmes leurs revendications. En effet, nous pensons que la libération de la femme se ne fera pas par décret le jour de la Révolution (les exemples dans l’histoire sont nombreux) mais ne sera pas possible que, si dès aujourd’hui, les femmes s’organisent entre elles et éprouvent leurs forces contre ce qui les opprime.

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Alain : La peur de l’autre

Articles parus dans Informations et réflexions libertaires, n° 58, janvier-février 1985, p. 4-8

Arrivée de la marche anti-raciste Convergence 84 a Paris composée de plusieurs milliers de personnes le 1er décembre 1984 a Paris, France. (Photo by Patrick AVENTURIER/Gamma-Rapho via Getty Images)

Car il savait (…) que le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, qu’il peut rester pendant des dizaines d’années endormi dans les meubles et le linge, qu’il attend patiemment dans les chambres, les caves, les malles, les mouchoirs et les paperasses, et que, peut-être, le jour viendrait où, pour le malheur et l’enseignement des hommes, la peste réveillerait ses rats et les enverrait mourir dans une cité heureuse.
Albert Camus (La Peste)

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Liliane : Le retour au pays

Article de Liliane paru dans Informations et réflexions libertaires, n° 54, février-mars 1984, p. 3

Manifestation des ouvriers et de la CFDT de Talbot le 11 janvier 1984 à Poissy, France. (Photo by Patrick AVENTURIER/Gamma-Rapho via Getty Images)

Lors du conflit Talbot-Poissy a resurgi une idée déjà développée sous l’ancien gouvernement de droite par L. Stoléru, en 1977 : celle du retour au pays pour les travailleurs immigrés. Il est d’ailleurs à noter que ce principe de retour au pays avait, à l’époque, provoqué l’indignation des partis de gauche et des organisations syndicales (“lois Stoléru = lois scélérates”) alors qu’il recueille aujourd’hui l’adhésion de ces mêmes partis et organisations.

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Abdel : Les immigrés cible de la droite-gauche ou comment lutter pour une France française

Textes parus dans Informations et réflexions libertaires, n° 52, octobre-novembre 1983, p. 3-4 et p. 19-23

Demonstration after the murder of Toufik, a ten-year old child at the “Cite des 3000” in La Courneuve, France on July 13, 1983. (Photo by Mohamed LOUNES/Gamma-Rapho via Getty Images)

Le programme commun anti-immigrés des grandes familles politiques est de plus en plus d’actualité. Il se précise et prend corps non seulement à travers les mesures prises par la mairie de Paris, mais aussi par un accord Mauroy-Chirac pour un « consensus national » sur l’immigration. En quelques mois, la xénophobie latente et douce apparaît au grand jour avec les attentats racistes de cet été, la victoire du front droite-extrême-droite à Dreux et l’alliance gauche-droite. En quoi la xénophobie de la société française nous interpelle et quel obstacle pose t-elle au projet libertaire ?

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Abdel : L’expulsion des femmes immigrées

Article d’Abdel paru dans Informations et réflexions libertaires, n° 48, décembre 1982 – janvier 1983, p. 6-7

Élèves d’un cours de langue française pour femmes immigrées à Chenôve, en Côte-d’Or, en 1983, France. (Photo by Danielle DAILLOUX/Gamma-Rapho via Getty Images)

Malgré la reconnaissance du droit d’association, les immigrés sont les premières victimes de la crise économique qui pour les besoins de la cause réanime les sentiments racistes. La politique qui fait venir l’immigré (la droite) est la même qui le fait repartir (la gauche). A la non régularisation des « sans-papiers » (dont certains sont en train de faire une grève de la faim depuis octobre), à la reconduction aux frontières, à l’interdiction de séjour à des maghrébins en possession de leurs papiers, à l’imposition des visas aux pays sud-américains, s’ajoute l’expulsion des femmes immigrées, venues dans le cadre du regroupement familial. Le migrant est cet homme robot, cette main-d’œuvre célibataire et tournante sans affectivité, ni attaches. Marginaliser dans la perspective du retour ou assimiler dans le cadre de l’homogénéisation. Voilà ce que nous impose le pouvoir.

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Zaâma de banlieue

Articles parus dans Informations rassemblées à Lyon, n° 40, été 1981, p. 5-11

Jeunes issus de l’immigration jouant au pied de leur immeuble dans la cité des Minguettes en juillet 1981 à Vénissieux, France. (Photo by Dominique BARRIER/Gamma-Rapho via Getty Images)

” Un jour, un jeune immigré discutait avec le BON DIEU.
– Pourquoi tu m’as fait les cheveux noirs et frisés ?
– Pour te protéger des rayons brillants du soleil…
– Pourquoi tu m’as fait la peau bronzée ?
– C’est pour te protéger des rayons du soleil…
– Pourquoi tu m’as fait de grandes jambes ?
– C’est pour que tu puisses courir dans la savane quand un lion veut t’attaquer…
– Mais alors, pourquoi tu m’as fait naître à Villeurbanne ?”