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Guy Martin : L’enfer colonial. Les futurs maîtres

Article de Guy Martin paru dans Le Libertaire, n° 278, 3 août 1951

Algeria, French Army Recruiting Headquarters In The Fifties (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

EXTRAIT d’un article intitulé « La Patrie », paru dans l’organe nationaliste « La République Algérienne » du 1er juin 1951 :

« …Soyons très fiers d’être Algériens musulmans, rendons à notre pays le tribut d’admiration que les étrangers eux-mêmes ne lui refusent pas. Soyons fiers de notre origine ; nul peuple ne descend d’une race plus vaillante et plus généreuse… Algérien… quand, dans un très proche avenir, ton pays sera débarrassé entièrement de l’odieux joug colonial qui l’opprime, jeune soldat, tu t’exerceras dans le métier militaire, tu défendras le drapeau, tu te feras craindre et respecter… tu entoureras d’un culte reconnaissant la mémoire des martyrs de la liberté, tu obéiras aux lois, tu payeras l’impôt sans murmurer, tu honoreras les magistrats, tu voteras avec réflexion et conscience… » (1).

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Guy Martin : Avenir algérien

Article de Guy Martin paru dans Le Libertaire, n° 262, 30 mars 1951

In Paris in April 1950, North African immigrants talk in front of a hotel named LA VILLE D’ORAN (The City of Oran) where furnished rooms are rented out to immigrants, who are for the most part Algerian. (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

AUCUN élément marquant en Algérie. Rien de nouveau outre-mer, si ce n’est le retour au calme après la fièvre électorale. Là encore, nos prévisions — la prophétie était sans risque — se sont réalisées : truquages et violence d’une part, d’autre part, abstentions considérables (30 à 40 %, selon les centres) et enfin infime représentation de “gauche”. Autre événement : la démission du proconsul Naegelen Marcel-Edmond. En bref, rien qui vaille la peine qu’on en parle. Cela me permet de reprendre ce projet que j’avais fait, de reparler du problème nationaliste Dans le “Lib” du 16 février 1951, notre camarade Saïl Mohamed, au long d’un excellent article (La mentalité Kabyle), mettait en relief la duperie nationaliste et le farouche fonds d’individualisme tempéré de fédéralisme du peuple kabyle.

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Guy Martin : Elections en Algérie

Article de Guy Martin suivi d’un manifeste du Mouvement libertaire nord-africain parus dans Le Libertaire, n° 255, 9 février 1951, p. 1 et 4

Ouvriers agricoles dans un champs, Algérie, circa 1950. (Photo by Keystone-France/Gamma-Rapho via Getty Images)

Les bateleurs s’agitent sur les tréteaux électoraux. Sur les journaux, le dernier discours de Truman ou de Staline, et le crime du jour se sont rétrécis pour faire place aux promesses mirobolantes des charlatans en quête d’une banquette à l’Assemblée algérienne dont sonne l’heure du renouvellement partiel. L’Algérie va voter ; quand ces lignes paraîtront, les jeux seront faits… Et tout continuera comme par le passé. Les Agrariens au pouvoir, vinassiers et céréaliculteurs continueront de défendre leurs intérêts de maîtres de la glèbe. Avocats et professeurs en rupture de barreau ou de chaire auront trouvé un nouvel auditoire. Quelques échantillons staliniens — il faut de tout pour faire un monde — défendront les intérêts du prolétariat et de la hiérarchie réunis. Quelques nationalistes bourgeois ou maraboutiques, passés, Allah sait comme, au travers des urnes à double fond, continueront de bercer leurs rêves de République algérienne, fromagère, à l’imitation des grandes sœurs française ou égyptienne.

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Guy Martin : Problèmes coloniaux

Article de Guy Martin paru dans Le Libertaire, n° 251, 12 janvier 1951

Charles Urschel and his wife admiring the local life of Algerian citizens. (Photo by Nat Farbman/The LIFE Picture Collection via Getty Images)

L’ETABLISSEMENT des grands empires coloniaux qui atteignirent leur apogée dans la seconde moitié du siècle passé obéit à des causes presque essentiellement économiques que le marxisme définit d’ailleurs valablement. Les puissances dites coloniales, une fois installées sur le sol conquis, qu’ont-elles fait ? Quelle sera la résultante de l’action divergente des colonisateurs et des colonisés ?

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Guy Martin : L’Eglise islamique et l’Etat colonialiste

Article de Guy Martin paru dans Le Libertaire, n° 237, 11 août 1950, p. 1-2

Around 1950 in a school in Algeria, Algerian children doing their schoolwork. In a context where all hope of social advancement had to pass through learning the colonizer’s culture, these children learned and idealized the French language and culture. (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

LE statut de l’Algérie (article 56) reconnaît l’autonomie du culte musulman et délègue à l’assemblée algérienne pouvoir d’assurer la séparation de l’Eglise et de l’Etat.

Toutes les religions, jusques et y compris l’Islam (nous devons cette vérité crue à nos camarades musulmans) sont des doctrines de résignation, de paternalisme et de respect du Chef. Il importe aux Etats de s’assurer l’alliance de cette force cauteleuse d’asservissement. (La séparation, en France, de l’Eglise et de l’Etat, n’a pas rompu l’alliance antique et traditionnelle inaugurée par saint Augustin en Africa-Romana.) Cette vérité est valable pour l’Islam et pour les trois subdivisions arbitraires de l’Afrique du Nord (Algérie-Tunisie-Maroc).

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Guy Martin : “Civilisation” colonialiste

Textes parus dans Le Libertaire, n° 235, 14 juillet 1950, p. 1, 2 et 4

Personnes attendant un train sur le quai d’une gare, à El Affroun, Algérie, circa 1950. (Photo by Keystone-France/Gamma-Rapho via Getty Images)

LE 8 mai 1945, alors qu’à la drôle de guerre allait succéder la drôle de paix, les zélateurs de Pétain, et ceux de De Gaulle, réconciliés sur le dos de « l’Arabe », célébraient en un gigantesque autodafé de 40.000 victimes, la renaissance de l’impérialisme français et de son article d’exportation d’outre-mer : le colonialisme. Le peuple algérien, qui avait copieusement payé l’impôt du sang, commençait à s’agiter et las de jouer alternativement le rôle de sale bicot et de valeureux héros (selon des circonstances indépendantes de sa volonté) manifestait sa volonté au moins partielle, de se refuser au destin de chair à canon ou de chair à travail. Il fallait bien montrer aux frères de ceux tombés à Cassino que la France ne saurait abandonner sa tutelle civilisatrice… 40.000 nord-africains purent juger de l’efficacité libératrice des bombardiers Hunderbolts et des tanks Shermans. Pendant ce temps, le brave “prolo” français applaudissait la Sainte Trinité : De Gaulle-Bidault-Thorez, et toute une vertueuse littérature aragonisante jetait l’anathème sur les nazis qui appliquaient les barbares principes de la responsabilité collective et des expéditions punitives.